{"id":78843,"date":"2019-09-11T11:05:43","date_gmt":"2019-09-11T11:05:43","guid":{"rendered":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/2019\/09\/11\/marx-et-le-malin-genie-de-la-dette-americaine\/"},"modified":"2019-09-11T11:05:43","modified_gmt":"2019-09-11T11:05:43","slug":"marx-et-le-malin-genie-de-la-dette-americaine","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/2019\/09\/11\/marx-et-le-malin-genie-de-la-dette-americaine\/","title":{"rendered":"Marx et le malin g\u00e9nie de la dette am\u00e9ricaine"},"content":{"rendered":"<p><h2 class=\"titleset_b.deepgreen\" style=\"color:#75714d; font-size:1.65em; font-variant:small-caps\">Marx et le malin g\u00e9nie de la dette am\u00e9ricaine<\/h2>\n<\/p>\n<p><p>Une \u00e9tude Bloomberg montre que toute la richesse US repose sur la dette.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Certains experts estiment que la dette US est trop \u00e9lev\u00e9e, qu&rsquo;elle coulera donc l&rsquo;Am\u00e9rique et son eschatologique arrogance. Cette dramatisation est ancienne. E<strong>n 1950 le libertarien John T. Flynn se plaint de la dette \u00e9tasunienne qui se monte \u00e0 260  milliards alors (voyez aussi David Stockman et sa &laquo; grande d\u00e9formation &raquo;). Elle est <em>cent fois<\/em>plus \u00e9lev\u00e9e aujourd&rsquo;hui. L<\/strong>es Donald et autres illumin\u00e9s du Deep State la verraient bien deux ou dix fois plus \u00e9lev\u00e9e encore, <strong>histoire de financer guerres, bases, porte-avions rouill\u00e9s, forages p\u00e9troliers bidons, murs-simulacres, emplettes groenlandaises, baisses d&rsquo;imp\u00f4ts, cadeaux, sanctions et postillons.<\/strong>Il serait ainsi possible de voir ce delirium se prolonger longtemps. <strong> Voyez l&rsquo;exemple de l&rsquo;Angleterre, dont la dette valait trois fois le produit national en 1815, et qui passa le dix-neuvi\u00e8me si\u00e8cle \u00e0 rembourser l&rsquo;ardoise de ses bonnes  guerres napol\u00e9oniennes, les enfants et les irlandais martyrs payant les notes aux banquiers.<\/strong><\/p>\n<\/p>\n<p><p><strong>Et comme le monde continue d&rsquo;\u00eatre hypnotis\u00e9 par la d\u00e9cid\u00e9ment trop charismatique imagerie ricaine,<\/strong>les r\u00e9cents navets hollywoodiens sont financ\u00e9s par les fonds d&rsquo;investissement des pays \u00e9mergents. Alors&hellip;<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Mais le monde moderne n&rsquo;est pas n\u00e9 d&rsquo;hier. On va relire Marx qui rappelle dans le plus effrayant chapitre du Capital :<\/p>\n<\/p>\n<p><p>&laquo; Le syst\u00e8me du cr\u00e9dit public, c&rsquo;est-\u00e0-dire des dettes publiques, dont Venise et G\u00eanes avaient, au moyen \u00e2ge, pos\u00e9 les premiers jalons, envahit l&rsquo;Europe d\u00e9finitivement pendant l&rsquo;\u00e9poque manufacturi\u00e8re. Le r\u00e9gime colonial, avec son commerce maritime et ses guerres commerciales, lui servant de serre chaude, il s&rsquo;installa d&rsquo;abord en Hollande. &raquo;<\/p>\n<\/p>\n<p><p><strong>On cultive depuis la dette, preuve de richesse. Marx :<\/strong><\/p>\n<\/p>\n<p><p>&laquo; La dette publique, en d&rsquo;autres termes l&rsquo;ali\u00e9nation de l&rsquo;&Eacute;tat, qu&rsquo;il soit despotique, constitutionnel ou r\u00e9publicain, marque de son empreinte l&rsquo;\u00e8re capitaliste. La seule partie de la soi-disant richesse nationale qui entre r\u00e9ellement dans la possession collective des peuples modernes, c&rsquo;est leur dette publique<strong>. Il n&rsquo;y a donc pas \u00e0 s&rsquo;\u00e9tonner de la doctrine moderne que plus un peuple s&rsquo;endette, plus il s&rsquo;enrichit. Le cr\u00e9dit public, voil\u00e0 le credo du capital. Aussi le manque de foi en la dette publique vient-il, d\u00e8s l&rsquo;incubation de celle-ci, prendre la place du p\u00e9ch\u00e9 contre le Saint-Esprit, jadis le seul impardonnables. &raquo;<\/strong><\/p>\n<\/p>\n<p><p><strong>Le cr\u00e9dit remplace le credo<\/strong>. On n&rsquo;a jamais mieux d\u00e9fini le monde moderne&hellip;<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Marx poursuit sur la magie de <em>la dette immonde<\/em> :<\/p>\n<\/p>\n<p><p><strong>&laquo; La dette publique op\u00e8re comme un des agents les plus \u00e9nergiques de l&rsquo;accumulation primitive. Par un coup de baguette, elle dote l&rsquo;argent improductif de la vertu reproductive<\/strong>et le convertit ainsi en capital, sans qu&rsquo;il ait pour cela \u00e0 subir les risques, les troubles ins\u00e9parables de son emploi industriel et m\u00eame de l&rsquo;usure priv\u00e9e. Les cr\u00e9diteurs publics, \u00e0 vrai dire, ne donnent rien, car leur principal, m\u00e9tamorphos\u00e9 en effets publics d&rsquo;un transfert facile, continue \u00e0 fonctionner entre leurs mains comme autant de num\u00e9raire. &raquo;<\/p>\n<\/p>\n<p><p>La finance contr\u00f4le, qui n&rsquo;a pas attendu Reagan et <em>Wall Street<\/em> :<\/p>\n<\/p>\n<p><p> &laquo; Mais, \u00e0 part la classe de rentiers oisifs ainsi cr\u00e9\u00e9e, \u00e0 part la fortune improvis\u00e9e des financiers interm\u00e9diaires entre le gouvernement et la nation &#8211; de m\u00eame que celle des traitants, marchands, manufacturiers particuliers, auxquels une bonne partie de tout emprunt rend le service d&rsquo;un capital tomb\u00e9 du ciel &#8211; <strong>la dette publique a donn\u00e9 le branle aux soci\u00e9t\u00e9s par actions, au commerce de toute sorte de papiers n\u00e9gociables, aux op\u00e9rations al\u00e9atoires, \u00e0 l&rsquo;agiotage, en somme, aux jeux de bourse et \u00e0 la bancocratie moderne. <\/strong>&raquo;<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Puis Marx d\u00e9finit ces associations de malfaiteurs qui ruinent pauvres et classes moyennes, et qu&rsquo;on nomme ind&ucirc;ment banques centrales :<\/p>\n<\/p>\n<p><p><strong>&laquo; D\u00e8s leur naissance les grandes banques, affubl\u00e9es de titres nationaux, n&rsquo;\u00e9taient que des associations de sp\u00e9culateurs priv\u00e9s s&rsquo;\u00e9tablissant \u00e0 c\u00f4t\u00e9 des gouvernements et, gr\u00e2ce aux privil\u00e8ges qu&rsquo;ils en obtenaient, \u00e0 m\u00eame de leur pr\u00eater l&rsquo;argent du public. &raquo;<\/strong><\/p>\n<\/p>\n<p><p>Retour aux banquiers d&rsquo;Angleterre :<\/p>\n<\/p>\n<p><p>&laquo; Aussi l&rsquo;accumulation de la dette publique n&rsquo;a-t-elle pas de gradim\u00e8tre plus infaillible que la hausse successive des actions de ces banques, dont le d\u00e9veloppement int\u00e9gral date de la fondation de<strong>la Banque d&rsquo;Angleterre, en 1694. Celle-ci commen\u00e7a par pr\u00eater tout son capital argent au gouvernement \u00e0 un int\u00e9r\u00eat de 8 %%, en m\u00eame temps elle \u00e9tait autoris\u00e9e par le Parlement \u00e0 battre monnaie du m\u00eame capital en le pr\u00eatant de nouveau au public sous forme de billets qu&rsquo;on lui permit de jeter en circulatio<\/strong>n, en escomptant avec eux des billets d&rsquo;\u00e9change, en les avan\u00e7ant sur des marchandises et en les employant \u00e0 l&rsquo;achat de m\u00e9taux pr\u00e9cieux. &raquo;<\/p>\n<\/p>\n<p><p>L&rsquo;important est de r\u00e9cup\u00e9rer dix fois ce qu&rsquo;on donne :<\/p>\n<\/p>\n<p><p>&laquo; Bient\u00f4t apr\u00e8s<strong>, cette monnaie de cr\u00e9dit de sa propre fabrique devint l&rsquo;argent avec lequel la Banque d&rsquo;Angleterre effectua ses pr\u00eats \u00e0 l&rsquo;&Eacute;tat et paya pour lui les int\u00e9r\u00eats de la dette publique. Elle donnait d&rsquo;une main, non seulement pour recevoir davantage, mais, tout en recevant, elle restait cr\u00e9anci\u00e8re de la nation \u00e0 perp\u00e9tuit\u00e9, jusqu&rsquo;\u00e0 concurrence du dernier liard donn\u00e9.<\/strong>Peu \u00e0 peu elle devint n\u00e9cessairement le r\u00e9ceptacle des tr\u00e9sors m\u00e9talliques du pays et le grand centre autour duquel gravita d\u00e8s lors le cr\u00e9dit commercial. &raquo;<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Et Marx rappelle, le cr\u00e9dit ayant remplac\u00e9 le credo :<\/p>\n<\/p>\n<p><p><strong>&laquo; Dans le m\u00eame temps qu&rsquo;on cessait en Angleterre de br&ucirc;ler les sorci\u00e8res, on commen\u00e7a \u00e0 y pendre les falsificateurs de billets de banque. &raquo;<\/strong><\/p>\n<\/p>\n<p><p>Au passage, d\u00e9couvrez l&rsquo;Homme qui rit de Victor Hugo, roman pr\u00e9f\u00e9r\u00e9 d&rsquo;Ayn Rand, mod\u00e8le du Joker de Batman, et qui \u00e9claire fantastiquement cette m\u00e9phitique \u00e9poque proto-capitaliste.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Marx poursuit :<\/p>\n<\/p>\n<p><p>&laquo; Il faut avoir parcouru les \u00e9crits de ce temps-l\u00e0, ceux de Bolingbroke, par exemple, pour comprendre tout l&rsquo;effet que produisit sur les contemporains<strong>l&rsquo;apparition soudaine de cette engeance de bancocrates, financiers, rentiers, courtiers, agents de change, brasseurs d&rsquo;affaires et loups-cerviers. &raquo;<\/strong><\/p>\n<\/p>\n<p><p>Apr\u00e8s le monde devint un simple mouvement\/battement d&rsquo;argent :<\/p>\n<\/p>\n<p><p>&laquo; Avec les dettes publiques naquit un syst\u00e8me de cr\u00e9dit international qui cache souvent une des sources de l&rsquo;accumulation primitive chez tel ou tel peuple. C&rsquo;est ainsi, par exemple, que les rapines et les violences v\u00e9nitiennes forment une des bases de la richesse en capital de la Hollande, \u00e0 qui Venise en d\u00e9cadence pr\u00eatait des sommes consid\u00e9rables. A son tour, la Hollande, d\u00e9chue vers la fin du XVII&deg; si\u00e8cle de sa supr\u00e9matie industrielle et commerciale, se vit contrainte \u00e0 faire valoir des capitaux \u00e9normes en les pr\u00eatant \u00e0 l&rsquo;\u00e9tranger et, de 1701 \u00e0 1776, sp\u00e9cialement \u00e0 l&rsquo;Angleterre, sa rivale victorieuse. Et il en est de m\u00eame \u00e0 pr\u00e9sent de l&rsquo;Angleterre et des &Eacute;tats-Unis. <strong>Maint capital qui fait aujourd&rsquo;hui son apparition aux &Eacute;tats-Unis sans extrait de naissance n&rsquo;est que du sang d&rsquo;enfants de fabrique capitalis\u00e9 hier en Angleterre. &raquo;<\/strong><\/p>\n<\/p>\n<p><p>Simple question : le monde pourra-t-il ou voudra-t-il alors se passer de cette fascinante\/prolif\u00e9rante dette am\u00e9ricaine ?<\/p>\n<\/p>\n<p><h2 class=\"titleset_c.deepgreen\" style=\"color:#75714d; font-size:1.25em\">Sources<\/h2>\n<\/p>\n<p><p>Karl Marx &ndash; Le capital, I, chapitre VIII, l&rsquo;accumulation primitive<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Victor Hugo &ndash; L&rsquo;homme qui rit<\/p>\n<\/p>\n<p><p>David Stockman &ndash; the great deformation<\/p>\n<\/p>\n<p><p>John T. Flynn &ndash; The decline of the American republic<\/p><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Marx et le malin g\u00e9nie de la dette am\u00e9ricaine Une \u00e9tude Bloomberg montre que toute la richesse US repose sur la dette. Certains experts estiment que la dette US est trop \u00e9lev\u00e9e, qu&rsquo;elle coulera donc l&rsquo;Am\u00e9rique et son eschatologique arrogance. Cette dramatisation est ancienne. En 1950 le libertarien John T. Flynn se plaint de la&hellip;&nbsp;<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"","ping_status":"","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"neve_meta_sidebar":"","neve_meta_container":"","neve_meta_enable_content_width":"","neve_meta_content_width":0,"neve_meta_title_alignment":"","neve_meta_author_avatar":"","neve_post_elements_order":"","neve_meta_disable_header":"","neve_meta_disable_footer":"","neve_meta_disable_title":"","_jetpack_memberships_contains_paid_content":false,"footnotes":""},"categories":[27],"tags":[3101,3974,6676,2640,7519,19345,5393,2926,6607,3475,19344,4207,11252],"class_list":["post-78843","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-les-carnets-de-nicolas-bonnal-1","tag-angleterre","tag-argent","tag-banques","tag-bonnal","tag-credit","tag-easing","tag-federal","tag-flynn","tag-hugo","tag-marx","tag-quantitative","tag-reserve","tag-victor"],"jetpack_featured_media_url":"","jetpack_sharing_enabled":true,"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/78843","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=78843"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/78843\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=78843"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=78843"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=78843"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}