{"id":78870,"date":"2019-09-27T11:20:15","date_gmt":"2019-09-27T11:20:15","guid":{"rendered":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/2019\/09\/27\/dun-chirac-lautre\/"},"modified":"2019-09-27T11:20:15","modified_gmt":"2019-09-27T11:20:15","slug":"dun-chirac-lautre","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/2019\/09\/27\/dun-chirac-lautre\/","title":{"rendered":"D&rsquo;un Chirac l&rsquo;autre"},"content":{"rendered":"<p><h2 class=\"titleset_b.deepgreen\" style=\"color:#75714d; font-size:1.65em; font-variant:small-caps\">D&rsquo;un Chirac l&rsquo;autre<\/h2>\n<\/p>\n<p><p>Signalons d&rsquo;abord que nous nous situons \u00e0 c\u00f4t\u00e9, plut\u00f4t sur la rive de ce fleuve tumultueux, ce stup\u00e9fiant d\u00e9ferlement d&rsquo;exclamations d&rsquo;extase, de longues salutations hagiographiques, d&rsquo;acclamations miraculeuses qui ont accompagn\u00e9 la mort du pr\u00e9sident Chirac. \u00ab\u00a0Apr\u00e8s Johnny, pourquoi pas ?\u00a0\u00bb, observerait quelque esprit sceptique sinon cynique&#8230; On s&rsquo;autorisera aussit\u00f4t, pour lever toute ambigu\u00eft\u00e9,  m\u00eame d&rsquo;observer tout de m\u00eame que la chose relev\u00e9e ici nous en dit plus, beaucoup plus sur l&rsquo;\u00e9poque que sur un \u00e9ventuel Saint-Chirac. Pour ceux qui ont le privil\u00e8ge pesant d&rsquo;avoir v\u00e9cu avec une conscience politique nette et und\u00e9pendante, tout en en gardant aujourd&rsquo;hui bonne m\u00e9moire, du temps du Chirac des ann\u00e9es 1970 ou 1980, voire des ann\u00e9es 1990, la stup\u00e9faction est effectivement de mise car nul n&rsquo;\u00e9pargna Chirac et ses multiples voltefaces, et une haine solide des milieux \u00ab\u00a0comme-il-faut\u00a0\u00bb (PC aujourd&rsquo;hui, toujours caviar et poil-de-chameau) l&rsquo;accompagna tout du long, souvent exag\u00e9r\u00e9e mais pas toujours imm\u00e9rit\u00e9e. Le traitement dont b\u00e9n\u00e9ficie aujourd&rsquo;hui Chirac \u00e9gale par exemple, dans le stup\u00e9fiant, le culte dont est entour\u00e9 aujourd&rsquo;hui \u00e9galement dans notre monde-PC le dialoguiste, cin\u00e9aste et artiste Michel Audiard, qui fut en son temps le sujet d&rsquo;une haine \u00e0 peu pr\u00e8s similaire chez les \u00ab\u00a0comme-il-faut\u00a0\u00bb.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Mais l&rsquo;analogie sugg\u00e9r\u00e9e ici concerne effectivement les \u00e9poques et leurs contrepieds, leurs slaloms entre principes et simulacres. Elle s&rsquo;arr\u00eate l\u00e0 et ne concerne pas les sujets ; donc, il n&rsquo;est pas lieu de comparer un Chirac \u00e0 un Audiard en aucune fa\u00e7on, ni pr\u00e9cis\u00e9ment au niveau des id\u00e9es (Audiard en avait beaucoup).<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Pour caract\u00e9riser l&rsquo;homme et l&rsquo;homme politique successivement, nous avons emprunt\u00e9 deux textes, &ndash; peut-\u00eatre avant que PhG ne se d\u00e9cide \u00e0 sortir son artillerie, ce qui est dans la zone des possibles temp\u00eates&#8230; L&rsquo;un, \u00e0 notre sens, illustre plut\u00f4t le personnage symbolique et l&rsquo;ind\u00e9niable sympathie, presque instinctive, dont il \u00e9tait effectivement entour\u00e9 au niveau du \u00ab\u00a0populo\u00a0\u00bb disons dans le langage d&rsquo;alors, et qui s&rsquo;impose aujourd&rsquo;hui comme une \u00e9trange vertu, comme si nous regrettions nos vertus perdues ; puisque, apr\u00e8s tout, il s&rsquo;agit d&rsquo;un personnage \u00ab\u00a0bien fran\u00e7ais\u00a0\u00bb, type-\u00ab\u00a0m\u00e2le blanc&#8230;\u00a0\u00bb etc., gouailleur, franc du collier, \u00e9nergique et ripailleur, ne m\u00e2chant pas ses mots pour exprimer les sentiments des fans du Michel Sardou des <em>Bals populaires<\/em>&#8230; Bref, diraient certains contradicteurs \u00e0 l&rsquo;image facile, une sorte de Gilet-Jaune qui ne serait pas encore malheureux, un populiste vieux style (apr\u00e8s tout, Victor Hugo \u00e9tait bien un \u00ab\u00a0populiste\u00a0\u00bb et c&rsquo;\u00e9tait sa vertu de g\u00e9ant du <em>G\u00e9nie fran\u00e7ais<\/em>, selon R\u00e9gis Debray), celui qui force au constat que <em>La nostalgie n&rsquo;est plus ce qu&rsquo;elle \u00e9tait <\/em>(auteure Simone Signoret)&#8230;<\/p>\n<\/p>\n<p><p>L&rsquo;autre texte est plus concret, plus politique, venu d&rsquo;un gaulliste sourcilleux qui jauge l&rsquo;action politique avec une certaine s\u00e9v\u00e9rit\u00e9 qui n&rsquo;est pas sans justification. Le constat est celui d&rsquo;un va-et-vieux entre approbation et d\u00e9nonciation, ce parcours incertain d&rsquo;un Chirac pr\u00e9occup\u00e9 de la dur\u00e9e politique plus que de la dur\u00e9e d&rsquo;une politique, illustrant fort bien le cheminement fran\u00e7ais dans ces d\u00e9cennies \u00e0 la fois chaotiques et am\u00e8res, souvent cr\u00e9pusculaires dans la pente suivie, &ndash; mais parfois, il est vrai, \u00e9clair\u00e9es sinon illumin\u00e9es d&rsquo;un \u00e9clair de lumi\u00e8re. Pour Chirac et pour terminer sur le meilleur, il faut donc lui reconna&icirc;tre qu&rsquo;il en eut un qui surgit comme une \u00e9trange surprise, &ndash; \u00ab\u00a0divine surprise\u00a0\u00bb sans lendemain ? &ndash; au milieu d&rsquo;un quinquennat sommeillant ; tout le monde l&rsquo;a reconnu puisqu&rsquo;il s&rsquo;agit du sursaut de 2003 et l&rsquo;opposition tragique et sublime \u00e0 la guerre contre l&rsquo;Irak. La chose est, d&rsquo;une mani\u00e8re assez \u00e9trange par rapport au courant politique dominant de l&rsquo;\u00e9poque qui est cette \u00e9poque que nous vivons, retenue presque unanimement comme l&rsquo;acte h\u00e9ro\u00efque pur, effectivement sursaut d&rsquo;une intuition purement fran\u00e7aise contre la catastrophe s&rsquo;abattant sur le monde.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Le premier texte (titre originel : &laquo; <em>Pourquoi les Fran\u00e7ais ont tant aim\u00e9 Chirac<\/em> &raquo;) est de Arnaud Benedetti, professeur associ\u00e9 \u00e0 la Sorbonne, sp\u00e9cialiste en communication, auteur du  <a href=\"https:\/\/www.editionsducerf.fr\/librairie\/livre\/18435\/le-coup-de-com-permanent\">Coup de com&rsquo; permanent<\/a>  (&Eacute;d. du Cerf, 2017), dans <em>FigaroVox <\/em><a href=\"http:\/\/www.lefigaro.fr\/vox\/politique\/pourquoi-les-francais-ont-tant-aime-chirac-20190926\">le 26 septembre 2019<\/a>. Le second (titre originel : &laquo; <em>Chirac : \u00ab\u00a0quand il \u00e9tait l\u00e0, la France ne passait pas inaper\u00e7ue\u00a0\u00bb<\/em> &raquo;) est une interview par Maxime Perrotin de Roland Hureaux, ancien diplomate et homme politique, pr\u00e9sident de \u00ab\u00a0Mouvance France\u00a0\u00bb et auteur du livre <em>L&rsquo;actualit\u00e9 du gaullisme<\/em>, dans <em>Spoutnik-<\/em>fran\u00e7ais, le m\u00eame <a href=\"https:\/\/fr.sputniknews.com\/france\/201909261042164150-chirac-la-france-ne-passait-pas-inapercue\/\">26 septembre 2019<\/a>.<\/p>\n<\/p>\n<p><h4><em>dde.org<\/em><\/h4>\n<\/p>\n<p><p>________________________<\/p>\n<\/p>\n<\/p>\n<p><h2 class=\"titleset_a.deepgreen\" style=\"color:#75714d; font-size:2em\">Pourquoi ils ont tant aim\u00e9 Chirac<\/h2>\n<\/p>\n<p><p>Une France des cantons et des march\u00e9s, une France du \u00ab\u00a0cursus honorum\u00a0\u00bb r\u00e9publicain et des poign\u00e9es de mains, une fa\u00e7on virile et cordiale de proc\u00e9der \u00e0 l&rsquo;exercice politique. Chirac dont il est trop t\u00f4t pour \u00e9tablir un bilan politique \u00e9tait une synth\u00e8se: son ambition \u00e9tait le pouvoir ; son ambition au pouvoir \u00e9tait de s&rsquo;y maintenir ; son pouvoir \u00e9tait la sympathie qui \u00e9manait du personnage.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Pompidolien par son go&ucirc;t de la simplicit\u00e9, travailliste par nostalgie progressiste de jeunesse, gaulliste par socialisation militante, Chirac \u00e9tait d&rsquo;abord un radical-socialiste. Il respirait une r\u00e9publique des terroirs avant la France des p\u00e9riph\u00e9ries.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Rien en lui n&rsquo;allergisait. Il respirait le pays, il en \u00e9tait le reflet: opportuniste quand il le fallait, vell\u00e9itaire parfois quand, &ndash; au bord de la r\u00e9forme et de ses pr\u00e9cipices d&rsquo;opinion, &ndash; il se cabrait au moindre souffle d&rsquo;une opinion qu&rsquo;il jugeait r\u00e9tive pour mieux reculer et se r\u00e9server, incantatoire quand il s&rsquo;agissait de d\u00e9noncer \u00ab\u00a0le parti de l&rsquo;\u00e9tranger\u00a0\u00bb ou de vouloir d\u00e9fier la \u00ab\u00a0fracture sociale\u00a0\u00bb, retors aussi quand il s&rsquo;agissait d&rsquo;\u00e9liminer un concurrent, inspir\u00e9 enfin lorsqu&rsquo;il opposa le refus du \u00ab\u00a0vieux pays\u00a0\u00bb \u00e0 suivre les boys de l&rsquo;US army dans un raid irakien dont on n&rsquo;a pas fini de solder dans la souffrance les cons\u00e9quences.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Les Fran\u00e7ais aim\u00e8rent Chirac pour l&rsquo;imaginaire de contradictions et parfois de faiblesses qu&rsquo;il incarnait, pour l&rsquo;\u00e9nergie \u00e0 la hussarde qu&rsquo;il d\u00e9ployait quasi physiquement. Cet athl\u00e8te de la politique, qui avait travers\u00e9 les d\u00e9serts de l&rsquo;impopularit\u00e9 aussi, qui avait \u00e9chou\u00e9 souvent dans son irr\u00e9pressible envie du pouvoir, qui s&rsquo;\u00e9tait mu de jeune loup carnassier de la chose publique en vieux fauve des rings \u00e9lectoraux, ne portait pas une id\u00e9e \u00e0 l&rsquo;instar d&rsquo;un De Gaulle mais une intuition. L&rsquo;intuition d&rsquo;un pays bless\u00e9 qui n&rsquo;\u00e9tait plus ce qu&rsquo;il fut, d&rsquo;un pays qui avait s\u00e9diment\u00e9 tant de traumas qu&rsquo;il ne fallait pas bousculer au-del\u00e0 du n\u00e9cessaire, ni blesser par une s\u00e9mantique excessive. <\/p>\n<\/p>\n<p><p>Chirac sentait le pays, ne le transforma pas fondamentalement, l&rsquo;accompagna dans des changements impos\u00e9s plus par le cours des \u00e9v\u00e9nements que par volontarisme personnel, l&rsquo;habita comme on habite une vieille maison dont la fa\u00e7ade dissimule l&rsquo;usure des temps. Chirac fut de son temps, de son peuple, et des h\u00e9sitations de ce dernier. En ce sens il fut l&rsquo;homme du destin de son \u00e9poque. C&rsquo;est \u00e0 cela que l&rsquo;on reconna&icirc;t l&rsquo;animal d\u00e9mocratique. Chirac en fut un: sans conteste, avec ses asp\u00e9rit\u00e9s, ses spontan\u00e9it\u00e9s \u00e9galement, et cette infatigable capacit\u00e9 \u00e0 ne jamais renoncer, \u00e0 \u00ab\u00a0tarauder les planches de bois dur\u00a0\u00bb dont Max Weber fait la matrice de celui qui a \u00ab\u00a0la vocation\u00a0\u00bb de la politique .<\/p>\n<\/p>\n<p><h4>Arnaud Benedetti<\/h4>\n<\/p>\n<p><p>_________________________<\/p>\n<\/p>\n<\/p>\n<p><h2 class=\"titleset_a.deepgreen\" style=\"color:#75714d; font-size:2em\">Quand &laquo; <em>la France ne passait pas inaper\u00e7ue<\/em> &raquo;<\/h2>\n<\/p>\n<p><p>H\u00e9ritier ou liquidateur de l&rsquo;h\u00e9ritage gaullien? Affirmation de la France \u00e0 l&rsquo;international, mais r\u00e9formateur timide, Europ\u00e9en convaincu, mais fervent d\u00e9fenseur des paysans&hellip; Jacques Chirac a laiss\u00e9 des &laquo; <em>souvenirs mitig\u00e9s<\/em> &raquo; aux Fran\u00e7ais, d\u00e9taille Roland Hureaux, ancien diplomate et homme politique. <\/p>\n<\/p>\n<p><p>&laquo; <em>Il a \u00e9t\u00e9 le dernier des chefs d&rsquo;&Eacute;tat occidentaux \u00e0 jeter un d\u00e9fi \u00e0 l&rsquo;Am\u00e9rique, avec un refus de participer \u00e0 la guerre contre l&rsquo;Irak. <\/em>[&#8230;]<em>C&rsquo;est un dernier t\u00e9moignage aussi du fait que la France pouvait avoir dans des circonstances exceptionnelles et graves une politique ind\u00e9pendante.<\/em> &raquo;<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Roland Hureaux, ancien haut fonctionnaire, diplomate et homme politique proche de Philippe S\u00e9guin puis de Jean-Pierre Chev\u00e8nement, revient pour Sputnik sur la figure politique que fut Jacques Chirac. &laquo;<em>Il a \u00e9t\u00e9 incontestablement le chef de la droite sur le plan politique, de 1981 jusqu&rsquo;\u00e0 la fin de sa carri\u00e8re politique en 2007.<\/em>&raquo; L&rsquo;ancien locataire de l&rsquo;&Eacute;lys\u00e9e, de Matignon et l&rsquo;H\u00f4tel de Ville de Paris s&rsquo;est \u00e9teint ce jeudi 26 septembre au matin, \u00e0 l&rsquo;\u00e2ge de 86 ans, des suites d&rsquo;une longue maladie \u00e9volutive.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Des douze ann\u00e9es qu&rsquo;il passa \u00e0 la t\u00eate de l&rsquo;ex\u00e9cutif, son opposition \u00e0 la Guerre du Golfe de 2003, est sans conteste le premier \u00e9l\u00e9ment qui vient \u00e0 l&rsquo;esprit des Fran\u00e7ais, mais aussi des \u00e9trangers, interrog\u00e9s \u00e0 son sujet. Un rayonnement international &laquo; <em>largement <\/em>&raquo; acquis par ce refus d&#8217;embo&icirc;ter le pas \u00e0 Georges W. Bush dans un conflit qui perdure, ce que &laquo; <em>les Fran\u00e7ais ne soup\u00e7onnent pas toujours <\/em>&raquo;, estime Roland Hureaux.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Un coup d&rsquo;\u00e9clat qui a \u00e9clips\u00e9 dans la m\u00e9moire collective le pr\u00e9c\u00e9dent alignement de Jacques Chirac sur les positions am\u00e9ricaines, durant la  guerre de Yougoslavie [\u00ab\u00a0guerre du Kosovo\u00a0\u00bb] \u00e0 la fin des ann\u00e9es 90. Une position &laquo; <em>d\u00e9sastreuse <\/em>&raquo; aux yeux de notre intervenant, &laquo; <em>o&ugrave; la France s&rsquo;est li\u00e9e aux &Eacute;tats-Unis contre un ami historique qu&rsquo;\u00e9tait la Serbie <\/em>&raquo;, rappelant l&rsquo;engagement de Paris aux c\u00f4t\u00e9s des forces de l&rsquo;Otan. Roland Hureaux souligne qu&rsquo;\u00e0 l&rsquo;\u00e9poque, le fils et le petit-fils du G\u00e9n\u00e9ral de Gaulle, respectivement au S\u00e9nat et \u00e0 l&rsquo;Assembl\u00e9e nationale, s&rsquo;\u00e9taient oppos\u00e9s \u00e0 cette intervention militaire de la France.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>&laquo; <em>Je pense que si la France avait refus\u00e9 de participer, cette guerre n&rsquo;aurait pas eu lieu. <\/em>[&hellip;]<em>Fran\u00e7ois Mitterrand, qui pourtant n&rsquo;\u00e9tait pas gaulliste, avait dit de son vivant \u00ab\u00a0Tant que je serais Pr\u00e9sident, je ne ferai pas la guerre \u00e0 la Serbie\u00a0\u00bb, c&rsquo;est un engagement que Chirac n&rsquo;a pas tenu. <\/em>&raquo;<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Il faut dire que s&rsquo;il s&rsquo;est distingu\u00e9 sur la sc\u00e8ne internationale et qu&rsquo;il fut &laquo; <em>une figure embl\u00e9matique tr\u00e8s pr\u00e9cieuse <\/em>&raquo; pour la droite, l&rsquo;ancien chef d&rsquo;&Eacute;tat a &laquo; <em>d\u00e9\u00e7u incontestablement <\/em>&raquo; dans son camp sur le plan de la politique int\u00e9rieure, en premier lieu ceux qui voyaient en lui un r\u00e9formateur, souligne notre intervenant. Ce dernier dresse ainsi les diff\u00e9rents \u00e9l\u00e9ments qui contribuent au souvenir &laquo; <em>un peu interm\u00e9diaire, pour ne pas dire mitig\u00e9 <\/em>&raquo; que gardent les Fran\u00e7ais de son passage au pouvoir.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>&laquo;<em> Sous ses allures cheveux courts, \u00ab\u00a0fana mili\u00a0\u00bb autoritaire, il masquait un radical-socialiste pr\u00eat \u00e0 tous les compromis, qui voulait rester proche des syndicats, m\u00eame proche d&rsquo;une certaine gauche et qui n&rsquo;a pas voulu remettre en cause l&rsquo;h\u00e9ritage social &ndash;il faut bien dire&ndash; un petit peu lourd de la France. <\/em>&raquo;<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Roland Hureaux dresse ainsi le parall\u00e8le entre ceux qui estiment que Jacques Chirac a permis au gaullisme de se survivre et ceux qui estiment qu&rsquo;il a \u00e9t\u00e9 le &laquo; <em>liquidateur <\/em>&raquo; de l&rsquo;h\u00e9ritage gaullien. Un dernier point de vue qu&rsquo;il estime &laquo; <em>sans doute exag\u00e9r\u00e9 <\/em>&raquo;.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>&laquo; <em>Il y avait au moins dans son allure physique, sa mani\u00e8re de parler de la France, des \u00e9chos de ce qu&rsquo;avait \u00e9t\u00e9 et de ce qu&rsquo;avait voulu le G\u00e9n\u00e9ral de Gaulle. <\/em>&raquo;<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Quoi qu&rsquo;il en soit, Jacques Chirac fut un &laquo; <em>Pr\u00e9sident de transition <\/em>&raquo; dans la Ve R\u00e9publique, entre ceux de l&rsquo;\u00e8re gaullienne (de Gaulle et Pompidou) et ses successeurs qui ont &laquo; <em>incontestablement tourn\u00e9 le dos <\/em>&raquo; \u00e0 l&rsquo;h\u00e9ritage du G\u00e9n\u00e9ral de Gaulle.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Un h\u00e9ritage auquel Jacques Chirac tourna parfois lui-m\u00eame le dos, &laquo; <em>d&rsquo;abord par rapport \u00e0 l&rsquo;Europe <\/em>&raquo;, estime Roland Hureaux. Il rappelle son &laquo; <em>m\u00e9nagement <\/em>&raquo; \u00e0 l&rsquo;\u00e9gard des centristes &laquo; <em>attach\u00e9s \u00e0 la construction europ\u00e9enne <\/em>&raquo;, Jacques Chirac prenant position en faveur du \u00ab\u00a0Oui\u00a0\u00bb aux r\u00e9f\u00e9rendums de 1992 puis de 2005 &ndash;respectivement pour le trait\u00e9 de Maastricht instaurant l&rsquo;euro et pour le trait\u00e9 \u00e9tablissant une Constitution pour l&rsquo;Europe. Ce dernier sera toutefois rejet\u00e9 \u00e0 plus de 54,6% par les Fran\u00e7ais.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>&laquo;<em> On pourrait dire que lui croyait en toute sinc\u00e9rit\u00e9 que les Fran\u00e7ais \u00e9taient acquis \u00e0 l&rsquo;Europe et qu&rsquo;il y aurait un vote massif, ce qui t\u00e9moignait d&rsquo;un certain d\u00e9calage avec l&rsquo;opinion publique, qu&rsquo;il avait tr\u00e8s, tr\u00e8s bien ressentie en d\u00e9but de carri\u00e8re et qu&rsquo;il ressentait moins bien en fin de carri\u00e8re. <\/em>&raquo;<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Autre r\u00e9f\u00e9rendum, celui de la r\u00e9forme sur le quinquennat \u00e0 l&rsquo;automne 2000, qui r\u00e9duisit la dur\u00e9e du mandat pr\u00e9sidentiel de sept \u00e0 cinq ans. Aux yeux de Roland Hureaux, ce remaniement constitutionnel n&rsquo;a pas eu seulement pour effet d&rsquo;affaiblir l&rsquo;image pr\u00e9sidentielle en faisant du pr\u00e9sident un homme de parti plut\u00f4t qu&rsquo;un homme au-dessus des partis:<\/p>\n<\/p>\n<p><p>&laquo;<em> Paradoxalement, le passage du septennat au quinquennat a aussi abouti &ndash;ce que Chirac n&rsquo;avait pas du tout pr\u00e9vu&ndash; \u00e0 l&rsquo;abaissement du r\u00f4le du Parlement, puisque depuis, il est toujours \u00e9lu dans la foul\u00e9e de l&rsquo;\u00e9lection pr\u00e9sidentielle, donc il a tr\u00e8s peu d&rsquo;autonomie par rapport au Pr\u00e9sident de la R\u00e9publique \u00e9lu, qui obtient g\u00e9n\u00e9ralement une majorit\u00e9. <\/em>&raquo;<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Pour autant, Jacques Chirac conserve aupr\u00e8s de nos concitoyens une image &laquo; <em>tr\u00e8s fran\u00e7aise <\/em>&raquo;, notamment par ses origines qu&rsquo;il ne trahira jamais, conservant une gouaille et un style qui le rendaient tr\u00e8s attachant pour de nombreux Fran\u00e7ais:<\/p>\n<\/p>\n<p><p>&laquo;<em> Il aimait la bi\u00e8re, il aimait les femmes, il avait tout un c\u00f4t\u00e9 conforme \u00e0 l&rsquo;image qu&rsquo;on se fait g\u00e9n\u00e9ralement de la France et puis il avait une pr\u00e9sence physique qui faisait que quand il \u00e9tait l\u00e0, le repr\u00e9sentant de la France ne passait pas inaper\u00e7u. <\/em>&raquo;<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Roland Hureaux rappelle enfin qu&rsquo;au premier rang de ceux qui regrettent le plus l&rsquo;ancien Pr\u00e9sident de la R\u00e9publique figurent les agriculteurs, rappelant son tact et sa bonhomie quand il s&rsquo;adressait \u00e0 eux et surtout<\/p>\n<\/p>\n<p><p>&laquo;<em> En tout d\u00e9but de carri\u00e8re, il s&rsquo;\u00e9tait taill\u00e9 une grande popularit\u00e9 chez les \u00e9leveurs du Massif central, en obtenant de Bruxelles, par des coups d&rsquo;\u00e9clat, dont beaucoup ont encore la m\u00e9moire, des avantages tout \u00e0 fait consid\u00e9rables. <\/em>&raquo;<\/p>\n<\/p>\n<p><h4>Roland Hureaux, interview de Maxime Perrotin<\/h4><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>D&rsquo;un Chirac l&rsquo;autre Signalons d&rsquo;abord que nous nous situons \u00e0 c\u00f4t\u00e9, plut\u00f4t sur la rive de ce fleuve tumultueux, ce stup\u00e9fiant d\u00e9ferlement d&rsquo;exclamations d&rsquo;extase, de longues salutations hagiographiques, d&rsquo;acclamations miraculeuses qui ont accompagn\u00e9 la mort du pr\u00e9sident Chirac. \u00ab\u00a0Apr\u00e8s Johnny, pourquoi pas ?\u00a0\u00bb, observerait quelque esprit sceptique sinon cynique&#8230; On s&rsquo;autorisera aussit\u00f4t, pour lever toute&hellip;&nbsp;<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"","ping_status":"","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"neve_meta_sidebar":"","neve_meta_container":"","neve_meta_enable_content_width":"","neve_meta_content_width":0,"neve_meta_title_alignment":"","neve_meta_author_avatar":"","neve_post_elements_order":"","neve_meta_disable_header":"","neve_meta_disable_footer":"","neve_meta_disable_title":"","_jetpack_memberships_contains_paid_content":false,"footnotes":""},"categories":[14],"tags":[7282,18655,18724,779,3037,6696,2651,2645,19377,3085,5454,12219,19378,16139],"class_list":["post-78870","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-ouverture-libre","tag-7282","tag-arnaud","tag-benedetti","tag-chirac","tag-contre","tag-deces","tag-du","tag-guerre","tag-hureaux","tag-kosovo","tag-lirak","tag-maxime","tag-perrotin","tag-roland"],"jetpack_featured_media_url":"","jetpack_sharing_enabled":true,"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/78870","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=78870"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/78870\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=78870"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=78870"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=78870"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}