{"id":78934,"date":"2019-11-04T10:10:36","date_gmt":"2019-11-04T10:10:36","guid":{"rendered":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/2019\/11\/04\/metahistoire-dun-mot\/"},"modified":"2019-11-04T10:10:36","modified_gmt":"2019-11-04T10:10:36","slug":"metahistoire-dun-mot","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/2019\/11\/04\/metahistoire-dun-mot\/","title":{"rendered":"M\u00e9tahistoire d&rsquo;un mot"},"content":{"rendered":"<p><h2 class=\"titleset_b.deepgreen\" style=\"color:#75714d; font-size:1.65em; font-variant:small-caps\">M\u00e9tahistoire d&rsquo;un mot<\/h2>\n<\/p>\n<p><p>4 novembre 2019 &ndash; J&rsquo;avais choisi pour le titre de  <a href=\"https:\/\/www.dedefensa.org\/article\/la-cataracte-boeing\">l&rsquo;article d&rsquo;hier<\/a> sur Boeing, presque sans y r\u00e9fl\u00e9chir, le mot de \u00ab\u00a0cataracte\u00a0\u00bb. Pour moi, ce mot \u00e9tait absolument identifi\u00e9 \u00e0 \u00ab\u00a0cascade\u00a0\u00bb, pour indiquer un mouvement puissant de chute d&rsquo;une intense fluidit\u00e9 et d&rsquo;un puissant emportement dont Boeing est absolument le prisonnier&#8230; Soudain, le texte mis en ligne, et moi-m\u00eame y revenant l&rsquo;une ou l&rsquo;autre fois pour quelques v\u00e9rifications, soudain l&rsquo;irr\u00e9sistible doute me saisit. La m\u00e9moire, \u00e0 mon \u00e2ge, n&rsquo;est pas \u00e0 son aise dans les choses banales et imm\u00e9diates, et elle peut perdre pied en une seconde, temporairement mais sans avertissement ni appel, avant de se retrouver par inadvertance, dix minutes plus tard, lorsqu&rsquo;on n&rsquo;a plus besoin d&rsquo;elle.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>J&rsquo;ai donc \u00e9t\u00e9 saisi d&rsquo;un doute affreux concernant le mot \u00ab\u00a0cataracte\u00a0\u00bb et j&rsquo;allais aussit\u00f4t consulter l&rsquo;ami-qui-sait-tout, le faux-ami, le tra&icirc;tre et le faux-fr\u00e8re, la derni\u00e8re production du diable am\u00e9ricaniste, Google <em>itself. <\/em>Que dit donc Google de \u00ab\u00a0cataracte\u00a0\u00bb ? Mes doutes les plus affreux sont confirm\u00e9s. Il n&rsquo;est question que de cette affection de l&rsquo;&oelig;il, nullement de \u00ab\u00a0cascade\u00a0\u00bb comme je pensais qu&rsquo;on en trouve sous ce nom dans les fleuves tumultueux, cela constituant l&rsquo;image que je cherchais initialement pour Boeing (un \u00e9norme \u00ab\u00a0long fleuve tranquille du capitalisme\u00a0\u00bb soudain transform\u00e9 en une &lsquo;cataracte&rsquo; \u00e9videmment crisique et incontr\u00f4lable).<\/p>\n<\/p>\n<p><p>L&rsquo;in\u00e9vitable <em><a href=\"https:\/\/fr.wikipedia.org\/wiki\/Cataracte_(maladie)\">Wikip\u00e9dia<\/a> <\/em>nous ass\u00e8ne ainsi, et doctement :<\/p>\n<\/p>\n<blockquote class=\"normal\" style=\"font-size:1.05em;\">\n<p><p>&laquo; <em>La cataracte est l&rsquo;opacification partielle ou totale du cristallin, lentille convergente situ\u00e9e \u00e0 l&rsquo;int\u00e9rieur de l&rsquo;&oelig;il. Cette opacification est responsable d&rsquo;une baisse progressive de la vue, au d\u00e9but accompagn\u00e9e de g\u00eane \u00e0 la lumi\u00e8re (photophobie). Cette baisse de la vision peut \u00eatre rapide (quelques semaines) si elle est caus\u00e9e par un traumatisme.<\/em> &raquo;<\/p>\n<\/p>\n<\/blockquote>\n<p><p>Diablement troubl\u00e9, voire un instant affol\u00e9, dans tous les cas oubliant ma s&ucirc;ret\u00e9 initiale, je me pr\u00e9parais \u00e0 changer le titre en \u00ab\u00a0La cascade de Boeing\u00a0\u00bb ; tout de m\u00eame, une derni\u00e8re v\u00e9rification avant l&rsquo;application de la peine&#8230; Je vais voir \u00e0 \u00ab\u00a0cascade\u00a0\u00bb, toujours chez Google, en en cherchant <a href=\"http:\/\/www.synonymo.fr\/synonyme\/cascade\">les synonymes<\/a> ; et j&rsquo;y trouve effectivement \u00ab\u00a0cataracte\u00a0\u00bb, et mon humeur est \u00e0 nouveau boulevers\u00e9e, dans l&rsquo;autre sens, tandis que ma v\u00e9n\u00e9rable m\u00e9moire fait la faraude, dans le genre \u00ab\u00a0Je te l&rsquo;avais bien dit, vieil homme qui doute de tout et surtout de moi\u00a0\u00bb. J&rsquo;obtins ceci, une autre <a href=\"http:\/\/www.cosmovisions.com\/cataracte.htm\">d\u00e9finition<\/a> (dont je conserve les liens \u00e0 la diff\u00e9rence de la d\u00e9finition pr\u00e9c\u00e9dente qui ne nous int\u00e9resse pas dans ses entrelacs m\u00e9dicaux), pour le m\u00eame mot, exactement \u00e0 ma convenance :<\/p>\n<\/p>\n<blockquote class=\"normal\" style=\"font-size:1.05em;\">\n<p><p><strong>&laquo; <em>Cataracte<\/em><\/strong><em> (du grec kata, en bas, et rass\u00f4, briser), nom donn\u00e9 \u00e0 la chute d&rsquo;un  <a href=\"http:\/\/www.cosmovisions.com\/fleuve.htm\">fleuve<\/a>, lorsque, une d\u00e9pression subite de son lit amenant une grande diff\u00e9rence de niveau, les eaux tombent avec fracas d&rsquo;une hauteur consid\u00e9rable et sur une grande largeur. Il est synonyme de catadoupe, mot emprunt\u00e9 \u00e9galement aux Anciens, et du mot chute, et doit \u00eatre r\u00e9serv\u00e9 aux fleuves dans lesquels ce ph\u00e9nom\u00e8ne se produit avec une grande puissance. La plus belle cataracte est le  <a href=\"http:\/\/www.cosmovisions.com\/Niagara.htm\">Niagara<\/a>, en  <a href=\"http:\/\/www.cosmovisions.com\/Amerique-Nord.htm\">Am\u00e9rique du Nord<\/a><\/em>. &raquo;<\/p>\n<\/p>\n<\/blockquote>\n<p><p>Ainsi \u00e9tais-je rassur\u00e9, et le titre pouvait donc rester en l&rsquo;\u00e9tat, \u00f4 combien : Boeing confront\u00e9 au Niagara par la gr\u00e2ce du titre, voil\u00e0 qui correspondait parfaitement au sens du texte. Cependant, je ne m&rsquo;en tins pas l\u00e0. L&rsquo;incident apais\u00e9 et r\u00e9flexion rapidement faite, un autre constat s&rsquo;imposa \u00e0 moi. Je r\u00e9alisai alors que, non seulement \u00ab\u00a0cataracte\u00a0\u00bb (cascade massive) convenait mais bien plus encore, que les deux sens du mot \u00ab\u00a0cataracte\u00a0\u00bb se compl\u00e9taient \u00e0 merveille pour parfaitement rendre compte du sens du  texte :<\/p>\n<p>d&rsquo;une part, cette description physique et dynamique de la crise Boeing par une image parfaite de roulement et de chute,<\/p>\n<\/p>\n<blockquote class=\"normal\" style=\"font-size:1.05em;\">\n<p><p>&laquo; <em>une d\u00e9pression subite de son lit amenant une grande diff\u00e9rence de niveau, les eaux tombent avec fracas d&rsquo;une hauteur consid\u00e9rable et sur une grande largeur &raquo; <\/em>;<\/p>\n<\/p>\n<\/blockquote>\n<p><p>d&rsquo;autre part, une description pathologique symbolisant parfaitement un \u00e9tat psychologique lui-m\u00eame pathologique d&rsquo;aveuglement de la perception, compl\u00e9tant la d\u00e9finition de la crise : <\/p>\n<\/p>\n<blockquote class=\"normal\" style=\"font-size:1.05em;\">\n<p><p><em>&laquo; une baisse progressive de la vue, au d\u00e9but accompagn\u00e9e de g\u00eane \u00e0 la lumi\u00e8re (photophobie). Cette baisse de la vision peut \u00eatre rapide (quelques semaines) si elle est caus\u00e9e par un traumatisme <\/em>&raquo;.<\/p>\n<\/p>\n<\/blockquote>\n<p><p>Les mots du langage nous guident dans la nuit des temps et le fracas du monde, dit le logocrate que je suis. Comme ne cesse de le rappeler dans le <em>Forum <\/em>notre inlassable chroniqueur \u00ab\u00a0JC\u00a0\u00bb virevoltant entre Thom et Gu\u00e9non, effectivement je suis invinciblement convoqu\u00e9 par le sens m\u00eame et si profond que George Steiner donne du logocrate (citation que ne cesse de rappeler \u00ab\u00a0J.C.\u00a0\u00bb \u00e0 mon propos) :<\/p>\n<\/p>\n<blockquote class=\"normal\" style=\"font-size:1.05em;\">\n<p><p>&laquo; <em>Le point de vue \u00ab\u00a0logocratique\u00a0\u00bb est beaucoup plus rare et presque par d\u00e9finition, \u00e9sot\u00e9rique. Il radicalise le postulat de la source divine, du myst\u00e8re de l&rsquo;<strong>incipit<\/strong>, dans le langage de l&rsquo;homme. Il part de l&rsquo;affirmation selon laquelle le <strong>logos<\/strong> pr\u00e9c\u00e8de l&rsquo;homme, que \u00ab\u00a0l&rsquo;usage\u00a0\u00bb qu&rsquo;il fait de ses pouvoirs numineux est toujours, dans une certaine mesure, une usurpation. Dans cette optique, l&rsquo;homme n&rsquo;est pas le ma&icirc;tre de la parole, mais son serviteur. Il n&rsquo;est pas propri\u00e9taire de la \u00ab\u00a0maison du langage\u00a0\u00bb (<strong>die Behausung der Sprache<\/strong>), mais un h\u00f4te mal \u00e0 l&rsquo;aise, voire un intrus<\/em>&hellip; &raquo;<\/p>\n<\/p>\n<\/blockquote>\n<p><p>M\u00eame si les sens ne distinguent pas aussit\u00f4t les signes puissants et le poids symbolique consid\u00e9rable que souffle l&rsquo;esprit divin aux mots du langage dans des situations particuli\u00e8res qui y invitent, l&rsquo;esprit humain, inconsciemment, finit par se soumettre par intuition \u00e0 leur rangement harmonieux qui est effectivement celui de la lumi\u00e8re jaillissant dans la nuit et du fracas soudain ordonn\u00e9 dans l&rsquo;\u00e9quilibre retrouv\u00e9 du monde. L&rsquo;exp\u00e9rience si impr\u00e9vue et si involontaire de \u00ab\u00a0la cataracte Boeing\u00a0\u00bb, qui para&icirc;trait si d\u00e9risoire \u00e0 certains, me para&icirc;t joliment et \u00e9l\u00e9gamment convenir \u00e0 cet \u00e9gard. C&rsquo;est comme si, apr\u00e8s tout, cet \u00e9pisode significatif que je viens de conter donnait une grande v\u00e9racit\u00e9, une  <a href=\"https:\/\/www.dedefensa.org\/article\/glossairedde-verite-de-situation-verite\">v\u00e9rit\u00e9-de-situation<\/a> d\u00e9cisive \u00e0 l&rsquo;\u00e9v\u00e9nement d\u00e9crit (la crise mortelle de la mythologie am\u00e9ricaniste au travers de la crise d&rsquo;effondrement de Boeing, tout cela m\u00eal\u00e9 en tourbillon crisique). <\/p><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>M\u00e9tahistoire d&rsquo;un mot 4 novembre 2019 &ndash; J&rsquo;avais choisi pour le titre de l&rsquo;article d&rsquo;hier sur Boeing, presque sans y r\u00e9fl\u00e9chir, le mot de \u00ab\u00a0cataracte\u00a0\u00bb. Pour moi, ce mot \u00e9tait absolument identifi\u00e9 \u00e0 \u00ab\u00a0cascade\u00a0\u00bb, pour indiquer un mouvement puissant de chute d&rsquo;une intense fluidit\u00e9 et d&rsquo;un puissant emportement dont Boeing est absolument le prisonnier&#8230; Soudain,&hellip;&nbsp;<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"","ping_status":"","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"neve_meta_sidebar":"","neve_meta_container":"","neve_meta_enable_content_width":"","neve_meta_content_width":0,"neve_meta_title_alignment":"","neve_meta_author_avatar":"","neve_post_elements_order":"","neve_meta_disable_header":"","neve_meta_disable_footer":"","neve_meta_disable_title":"","_jetpack_memberships_contains_paid_content":false,"footnotes":""},"categories":[25],"tags":[3192,19464,19463,3228,5734,18526,14157,3741,7872],"class_list":["post-78934","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-journal-ddecrisis-de-philippe-grasset","tag-boeing","tag-cascade","tag-cataracte","tag-crise","tag-dynamique","tag-jc","tag-logocrate","tag-psychologique","tag-steiner"],"jetpack_featured_media_url":"","jetpack_sharing_enabled":true,"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/78934","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=78934"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/78934\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=78934"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=78934"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=78934"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}