{"id":78961,"date":"2019-11-20T05:44:20","date_gmt":"2019-11-20T05:44:20","guid":{"rendered":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/2019\/11\/20\/le-commando-bariloche-en-hommage-a-evo\/"},"modified":"2019-11-20T05:44:20","modified_gmt":"2019-11-20T05:44:20","slug":"le-commando-bariloche-en-hommage-a-evo","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/2019\/11\/20\/le-commando-bariloche-en-hommage-a-evo\/","title":{"rendered":"Le commando Bariloche (en hommage \u00e0 Evo)"},"content":{"rendered":"<p><h2 class=\"titleset_b.deepgreen\" style=\"color:#75714d; font-size:1.65em; font-variant:small-caps\">Le commando Bariloche (en hommage \u00e0 Evo)<\/h2>\n<\/p>\n<p><p>J&rsquo;ai v\u00e9cu en Am\u00e9rique du sud six ans, de 2003 \u00e0 2009, voyageant et explorant &ndash; mais aussi s\u00e9journant, \u00e0 La Paz, Arequipa, Mendoza, Olinda. Ce furent les plus belles ann\u00e9es de ma vie. Je vivais une \u00e9poque tr\u00e8s heureuse de ce contient continuellement martyris\u00e9 par le gringo (celui qui parle grec, litt\u00e9ralement) et le triomphe indig\u00e8ne et socialiste accompagnait une g\u00e9n\u00e9reuse libert\u00e9 et une belle prosp\u00e9rit\u00e9. La Bolivie fut formidablement heureuse sous Evo et regrettera de ne pas l&rsquo;avoir mieux d\u00e9fendu. Oh servitude volontaire&hellip;<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Dans le recueil de contes que je publiais en 2009 (Ed. Michel de Maule, mais les contes se lisent \u00e7\u00e0 et l\u00e0 sur le r\u00e9seau), j&rsquo;ins\u00e9rai cette vision apocalyptique, le nazisme (f&ucirc;t-ce \u00e0 la sauce soci\u00e9tale)  et le lib\u00e9ralisme ayant toujours fait l\u00e0-bas bon m\u00e9nage.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>_______________________<\/p>\n<\/p>\n<p><h2 class=\"titleset_c.deepgreen\" style=\"color:#75714d; font-size:1.25em\">Le commmando Bariloche<\/h2>\n<\/p>\n<p><p>J&rsquo;avais entendu parler du commando Bariloche bien avant que ses funestes exploits fussent connus du public ou m\u00eame des professionnels de l&rsquo;information. Moi-m\u00eame ai sans doute quelque part de responsabilit\u00e9 dans leur av\u00e8nement pour ne pas avoir su mesurer leur degr\u00e9 de nuisance, et pour n&rsquo;avoir pas averti les autorit\u00e9s comp\u00e9tentes. Il est vrai qu&rsquo;elles-m\u00eames ont su, ont vu venir, et laiss\u00e9 faire. Il me reste \u00e0 laisser ce maigre t\u00e9moignage, \u00e0 l&rsquo;heure o&ugrave; les plans presque cosmiques de ces trois garnements sont pr\u00eats de se r\u00e9aliser, au nez et \u00e0 la barbe d&rsquo;un monde d\u00e9bord\u00e9 par ses folies mat\u00e9rielles et sa servitude volontaire.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Les trois comp\u00e8res du commando s&rsquo;\u00e9taient connus \u00e0 Bariloche, pr\u00e8s de San Carlos dans un coll\u00e8ge priv\u00e9 r\u00e9serv\u00e9 aux enfants de militaires et de puissants patrons. Sous couvert de catholicisme, on y professait des croyances pa\u00efennes et des vertus guerri\u00e8res germaniques. La m\u00e8re d&rsquo;Osvaldo \u00e9tait d&rsquo;origine chilienne, et son grand-oncle d&rsquo;origine allemande avait navigu\u00e9 le long des fjords avec le jeune Canaris. Les parents d&rsquo;Augusto avaient abrit\u00e9 leur famille autrichienne au lendemain de la d\u00e9faite de 1945 ; nul ne savait comment ils \u00e9taient arriv\u00e9s jusque-l\u00e0. Certains t\u00e9moins \u00e9voquaient les fameux sous-marins de la p\u00e9ninsule de Valdez, venus du Nord du monde comme d&rsquo;une autre plan\u00e8te, comme pour red\u00e9couvrir notre continent d\u00e9peupl\u00e9. Quant \u00e0 Maurizio, il garda jusqu&rsquo;\u00e0 une date tr\u00e8s r\u00e9cente de tr\u00e8s nombreux contacts avec l&rsquo;Italie qui lui permirent de se livrer \u00e0 ses si lucratives activit\u00e9s. Plusieurs membres de sa famille exerc\u00e8rent de hautes fonctions avant et apr\u00e8s la guerre, dans le cadre des loges qui se sont partag\u00e9 le destin de cet \u00e9trange pays.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Tout \u00e9tait r\u00e9uni pour que ces trois h\u00e9ritiers de grandes fortunes f\u00e9odales accomplissent de grands exploits. D\u00e8s leur plus jeune \u00e2ge, ils se distingu\u00e8rent par leur intelligence, leur force et leur courage. Ils dominaient les autres sans effort, quand ils ne les maltraitaient pas. Ils voyaient les vains efforts du vieux continent pour se sortir de l&rsquo;orni\u00e8re et du cr\u00e9puscule historique, et ils le d\u00e9daign\u00e8rent. Je crois qu&rsquo;ils m\u00e9prisaient l&rsquo;Europe, sauf ce qui venait des Alpes, al\u00e9maniques pour l&rsquo;essentiel. Ils r\u00eavaient d&rsquo;un nouvel empire de conquistadores, et en m\u00eame temps, dans leur m\u00e9pris foncier du gringo, ils se voyaient aussi reconstructeurs de l&#8217;empire inca, une fois que le Tahuantinsuyo se serait d\u00e9barrass\u00e9 des inconvenants \u00e9trangers.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Un jour pourtant, leur destin\u00e9e bascula inexplicablement. Ils se perdirent au cours d&rsquo;un trekking en haute montagne, et on ne les retrouva qu&rsquo;au bout de trois jours d&rsquo;intenses recherches. Ils avaient chang\u00e9; ils avaient souffert, maigri, ils regardaient le monde d&rsquo;un air amer et ironique. Ils avaient brav\u00e9 de terribles dangers, dont ils ne parl\u00e8rent pas. Certains pensent qu&rsquo;ils avaient trouv\u00e9 un tr\u00e9sor au fond d&rsquo;un lac : on savait la richesse de leur famille, mais leur puissance et leur prodigalit\u00e9 cr&ucirc;t beaucoup depuis ce temps. D&rsquo;autres disent qu&rsquo;ils s&rsquo;\u00e9taient perdus apr\u00e8s le refuge Otto et avaient connu le bunker, un lieu myst\u00e9rieux et d\u00e9ment o&ugrave; de terribles secrets leur avaient \u00e9t\u00e9 confi\u00e9s. Mais d&rsquo;eux nous ne s&ucirc;mes rien. C&rsquo;est apr\u00e8s cette escapade que leur comportement devint diff\u00e9rent : ils :\u00e9taient brutaux, ils d\u00e9fiaient les autorit\u00e9s, ils refusaient d&rsquo;assister aux offices. Ils se voulaient par-del\u00e0 le bien et le mal, cr\u00e9ateurs de mondes et d&#8217;empires nouveaux. Inquiets, leurs parents les envoy\u00e8rent dans le nord. Osvaldo fut m\u00eame envoy\u00e9 au Br\u00e9sil. C&rsquo;est l\u00e0 qu&rsquo;il accomplit le premier de leurs grands exploits.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>J&rsquo;avais perdu leur trace. Au cours d&rsquo;une attaque de bus dans l&rsquo;\u00e9tat du Paran\u00e0, pr\u00e8s de Curitiba, trois malandrins entr\u00e8rent dans le v\u00e9hicule et commenc\u00e8rent \u00e0 d\u00e9rober leurs possessions aux passagers. Les trois furent tu\u00e9s par Osvaldo, sans que l&rsquo;on p&ucirc;t savoir si lui-m\u00eame \u00e9tait arm\u00e9 ou s&rsquo;il avait pu arracher son arme \u00e0 l&rsquo;un des nocifs idiots. Toujours est-il qu&rsquo;il les ex\u00e9cuta et les acheva froidement de plusieurs balles dans la nuque. La police ne l&rsquo;arr\u00eata pas, les passagers et l&rsquo;opinion le f\u00eat\u00e8rent comme un h\u00e9ros.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>&mdash; S&rsquo;il y avait plus d&rsquo;hommes comme lui dans le continent, disait-on, nous serions vite d\u00e9barrass\u00e9s de tous nos maux. Pendant ce temps Maurizio et Augusto \u00e9tudiaient et s\u00e9journaient \u00e0 Corrientes, o&ugrave; ils s&rsquo;amusaient \u00e0 attaquer et piller de riches villas. On dit m\u00eame qu&rsquo;ils revendaient au Paraguay des limousines vol\u00e9es dans cette province aussi renomm\u00e9e pour ses filles. Mais les autorit\u00e9s ne les mena\u00e7aient gu\u00e8re : l&rsquo;un \u00e9tait d&rsquo;une famille de militaires, l&rsquo;autre de juges, alors&hellip; mais toujours ils exer\u00e7aient ce talent \u00e9trange d&rsquo;aller d\u00e9fier une autorit\u00e9 sup\u00e9rieure ; et de la m\u00eame mani\u00e8re ils maintenaient une grande activit\u00e9 physique qui les faisait resplendir dans la presse des sports de l&rsquo;extr\u00eame. Ils pratiquaient d\u00e9j\u00e0 couramment quatre langues.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>On d\u00e9cida de les envoyer en Europe, estimant que la vieille civilisation-continent pourrait temp\u00e9rer leur ardeur latine. Ce fut l&rsquo;inverse qui se produisit. Ils arriv\u00e8rent en pleine d\u00e9liquescence du communisme, au moment o&ugrave; ce petit cap qui se targue de discipline et de mod\u00e9ration livrait des peuples entiers aux trafics de toutes sortes. Leur audace, leur brutalit\u00e9, leurs dons des langues et je ne sais quelle gr\u00e2ce leur assura un grand succ\u00e8s. Ils revinrent d&rsquo;Europe avec trois \u00e9pouses superbes venues de l&rsquo;est, des dipl\u00f4mes et plus d&rsquo;argent. Ils \u00e9taient pour prendre le pouvoir \u00e0 leurs parents. C&rsquo;est ici qu&rsquo;une autre fois leur histoire se brouille.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Je les imaginais avocats d&rsquo;affaires ou riches entrepreneurs, profitant du mercosur 1 naissant et de leur savoirfaire. Mais ils disparurent encore, au cours cette fois d&rsquo;une navigation dans les Cara\u00efbes. Les prometteurs affairistes \u00e9taient promis \u00e0 un avenir plus brillant encore d&rsquo;aventuriers du poker g\u00e9ostrat\u00e9gique qui se produit en ces temps de la Fin. Un de nos ma&icirc;tres avait c\u00e9l\u00e9br\u00e9 des th\u00e9ories venues d&rsquo;Europe, de Haushofer \u00e0 Parvulesco et un autre ma&icirc;tre dont j&rsquo;ai oubli\u00e9 le nom. C&rsquo;est Patricio Ravarino, un de mes anciens camarades de classe, qui me r\u00e9v\u00e9la les dessous de l&rsquo;affaire des ann\u00e9es plus tard, dans le caf\u00e9 Ewers, \u00e0 Rio de Janeiro. Avec le myst\u00e8re qui seyait \u00e0 leur vocation, les trois Tigres, comme ils s&rsquo;\u00e9taient eux-m\u00eames baptis\u00e9s, avaient \u00e9t\u00e9 enlev\u00e9s pr\u00e8s des &icirc;les Cayman. L\u00e0, ils avaient contact\u00e9 des puissances, ils s&rsquo;\u00e9taient instruits aux forces noires de la finance, destin\u00e9e plus qu&rsquo;aucun monstre de la terre, \u00e0 d\u00e9truire ce pauvre monde. Et on leur avait demand\u00e9 &ndash; un certain Melqart, je crois, mais est-ce un nom si utile &ndash; de participer \u00e0 un projet continental nomm\u00e9 Erinnya. Notre commando &ndash; que je peux maintenant nommer le commando Bariloche &ndash; \u00e9tait invit\u00e9, avec l&rsquo;appui d&rsquo;une branche encore plus secr\u00e8te des services secrets am\u00e9ricains \u00e0 r\u00e9pandre la peur, dans le but de d\u00e9sorganiser les \u00e9tats et de diviser les esprits. Mais Ravarino m&rsquo;ajouta que le projet avait une autre facette, plus secr\u00e8te et plus monstrueuse peut-\u00eatre et d\u00e9sign\u00e9e du nom de code Mitmac.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>C&rsquo;est l\u00e0 que j&rsquo;arrive \u00e0 ce dont je doute moi-m\u00eame: des hommes riches et puissants, craints et c\u00e9l\u00e9br\u00e9s se lancent dans la pire des aventures, aux confins de th\u00e9ories imp\u00e9riales : celle du d\u00e9placement inca de population (le mitmac, pr\u00e9cis\u00e9ment), et celle bien s&ucirc;r de l&rsquo;espace vital h\u00e9rit\u00e9 de leurs sombres anc\u00eatres. Voyant le d\u00e9veloppement \u00e9conomique venir, la concentration des populations qui facilite leur exploitation, voyant surtout la crise climatique venir, ils se mirent \u00e0 d\u00e9clencher ici des attentats, l\u00e0 des \u00e9pid\u00e9mies (c&rsquo;est du moins ce que j&rsquo;en ai d\u00e9duit), et \u00e0 acheter de la terre. Leur fortune terrienne, leur fortune f\u00e9odale, leur fortune fonci\u00e8re fut leur plus grand objectif. Il fallait vider le continent ou du moins une de ses grandes portions, pour \u00e9tablir un embryon d&#8217;empire destin\u00e9, le moment venu, \u00e0 remplacer un vieux monde.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>La crise financi\u00e8re arriva, qui pr\u00e9cipita la redistribution des terres et de la richesse dans maints pays. Eux qui avaient initi\u00e9 \u00e0 l&rsquo;art de la sp\u00e9culation dans ces &icirc;les flibustiers y furent tout \u00e0 leur avantage. Se peut-il m\u00eame qu&rsquo;ils aient acc\u00e9l\u00e9r\u00e9 certains processus ? Dans ce monde domin\u00e9 par la main invisible, on sait que la main se cache surtout. La d\u00e9cennie suivante, qui d\u00e9cida du sort du monde, avec ses attentats extraordinaires et si mal expliqu\u00e9s, ses guerres incertaines, ses croissances folles et son ab\u00eatissement veule, les vit cro&icirc;tre en richesse et sans doute en folie. Osvaldo devient un le directeur administratif d&rsquo;un laboratoire pharmaceutique sp\u00e9cialis\u00e9 dans la recherche des virus et des \u00e9pid\u00e9mies. Ils restaient des sportifs consomm\u00e9s, et je sus qu&rsquo;ils pratiquaient l&rsquo;alpinisme et l&rsquo;aviation, sur de vieux appareils de la guerre qu&rsquo;eux n&rsquo;avaient pas oubli\u00e9s. La providence leur donna m\u00eame une descendance de patriarches. Les Tigres semblaient rassasi\u00e9s. Ils se constituaient m\u00eame des zoos priv\u00e9s, mieux des r\u00e9serves comme s&rsquo;ils avaient pens\u00e9 qu&rsquo;il valait mieux sauver des animaux que des humains. Mais toujours demeurait en eux cette nostalgie de l&#8217;empire inca, puisqu&rsquo;on ne les surprit jamais maltraitant les tribus d&rsquo;Indiens qui traversaient leurs terres sans le savoir.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>J&rsquo;avais atteint un haut poste dans un grand journal de Buenos Aires. Je d\u00e9p\u00eachai quelques journalistes enqu\u00eater sur leur puissance ; plusieurs n&rsquo;en revinrent pas. Je fus moi-m\u00eame averti, non sans humour (n&rsquo;\u00e9tais-je pas un condisciple apr\u00e8s tout ?), et j&rsquo;en restai l\u00e0. Et puis se produisit l&rsquo;incroyable, cette cha&icirc;ne de catastrophes climatiques insens\u00e9es ces \u00e9pid\u00e9mies \u00e0 r\u00e9p\u00e9tition, cet affolement des march\u00e9s financiers puis de soci\u00e9t\u00e9s tout enti\u00e8res, l&rsquo;humanit\u00e9 ayant compris un peu tard, et confus\u00e9ment, qu&rsquo;elle allait \u00e0 sa fin. Et c&rsquo;est l\u00e0 que le commando Bariloche d\u00e9clencha son offensive terminale : en quelques semaines, ils chass\u00e8rent avec leur aviation et leurs milices priv\u00e9es les riches propri\u00e9taires europ\u00e9ens et am\u00e9ricains qui les avaient d\u00e9fi\u00e9s sur leurs terres patagoniques, magellaniques comme nous disions \u00e0 l&rsquo;\u00e9cole. On retrouvait des familles massacr\u00e9es, des estancias incendi\u00e9es qu&rsquo;ils rachetaient ou occupaient. Le monde avait trop \u00e0 faire par ailleurs, avec les diff\u00e9rentes op\u00e9rations de diversion que menaient certaines puissances de par le monde, pour s&rsquo;opposer \u00e0 leurs men\u00e9es. Et l&rsquo;on vit en quelques mois o&ugrave; \u00e9tait la vraie puissance, et que la quatri\u00e8me guerre mondiale se m\u00e8nerait \u00e0 coups de terres et de mati\u00e8res premi\u00e8res, \u00e0 la recherche de l&rsquo;eau et du bois, de la for\u00eat et des espaces. <\/p>\n<\/p>\n<p><p>Nos gouvernements ruin\u00e9s par leurs dettes et des monnaies avilies, et des arm\u00e9es de pacotille, ne pouvaient r\u00e9sister \u00e0 cet assaut ultime des forces du d\u00e9sordre. Il leur \u00e9tait facile d&rsquo;acheter ou d&rsquo;\u00e9liminer un adversaire, un opposant: n&rsquo;en \u00e9tais-je pas moi-m\u00eame un vibrant t\u00e9moin?<\/p>\n<\/p>\n<p><p>J&rsquo;ignore o&ugrave; les m\u00e8nera leur folle puissance. Ils s&rsquo;\u00e9taient sentis, \u00e0 l&rsquo;invitation de ce myst\u00e9rieux professeur d&rsquo;histoire de notre vieille \u00e9cole, venu avant la guerre d&rsquo;Allemagne, le grand devoir de d\u00e9peupler. Et le projet Mitmac qu&rsquo;ils menaient \u00e0 bien en terrorisant les rares landlords qui s&rsquo;\u00e9taient crus un temps ma&icirc;tres de nos terres, r\u00e9v\u00e9lait ses terribles desseins. Je reste moi-m\u00eame sur ma faim, n&rsquo;ayant que des \u00e9chos de leur formidable aventure: ces trois monstres que j&rsquo;avais c\u00f4toy\u00e9s sans les conna&icirc;tre se r\u00e9v\u00e9laient les ma&icirc;tres du nouveau cycle \u00e0 venir, qui verrait une humanit\u00e9 r\u00e9duite et choisie, par l&rsquo;argent et par les laboratoires, les services secrets et les noyaux durs des arm\u00e9es, rena&icirc;tre des cendres de notre civilisation d\u00e9catie. &Agrave; l&rsquo;heure o&ugrave; je prends tard la parole, et o&ugrave; un mal myst\u00e9rieux me ronge, comme il ronge tant de gens innocents, je ne peux me retenir de sourire en pensant que les trois Tigres seront les divinit\u00e9s fondatrices ou les h\u00e9ros civilisateurs du prochain monde. Et je regrette presque de n&rsquo;avoir fait partie de l&rsquo;\u00e9pop\u00e9e du commando Bariloche.<\/p><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Le commando Bariloche (en hommage \u00e0 Evo) J&rsquo;ai v\u00e9cu en Am\u00e9rique du sud six ans, de 2003 \u00e0 2009, voyageant et explorant &ndash; mais aussi s\u00e9journant, \u00e0 La Paz, Arequipa, Mendoza, Olinda. Ce furent les plus belles ann\u00e9es de ma vie. 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