{"id":79043,"date":"2020-01-07T15:25:12","date_gmt":"2020-01-07T15:25:12","guid":{"rendered":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/2020\/01\/07\/du-pire-des-scenarios-au-chaos\/"},"modified":"2020-01-07T15:25:12","modified_gmt":"2020-01-07T15:25:12","slug":"du-pire-des-scenarios-au-chaos","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/2020\/01\/07\/du-pire-des-scenarios-au-chaos\/","title":{"rendered":"Du \u201cpire des sc\u00e9narios\u201d au chaos&#8230;"},"content":{"rendered":"<p><h2 class=\"titleset_a.deepgreen\" style=\"color:#75714d; font-size:2em\">Du \u00ab\u00a0pire des sc\u00e9narios\u00a0\u00bb au chaos&#8230;<\/h2>\n<\/p>\n<p><p>Il s&rsquo;agit sans le moindre doute, &ndash; nous dirions plus loin pour quelles raisons principales selon nous, &ndash; d&rsquo;un exercice de planification th\u00e9orique : quel serait le pire des sc\u00e9narios d&rsquo;un affrontement direct entre les USA et l&rsquo;Iran dans les circonstances pr\u00e9sentes, avec les forces disponibles pour les deux adversaires ? Il ne fait aucun doute que les USA sont militairement plus puissants que l&rsquo;Iran mais ils ont deux handicaps majeurs :<\/p>\n<p>&bull; Leurs forces sont moins souples, moins adaptables, moins habiles \u00e0 la \u00ab\u00a0guerre hybride\u00a0\u00bb (m\u00eame au plus haut niveau, on peut envisager une \u00ab\u00a0guerre hybride\u00a0\u00bb), alors qu&rsquo;ils ont de nombreux objectifs fixes d\u00e9ploy\u00e9s dans la r\u00e9gion (bases, quartiers-g\u00e9n\u00e9raux, etc.) qui peuvent constituer des cibles de choix pour les Iraniens ;<\/p>\n<p>&bull; Les USA ne partent pas dans une telle hypoth\u00e8se d&rsquo;affrontement majeur dans une guerre pour leur existence, d&rsquo;abord parce qu&rsquo;ils sont loin du front et que ni leur population ni leur direction ne per\u00e7oivent un tel conflit comme existentiel ; cela implique qu&rsquo;ils ne peuvent engager toutes leurs forces, loin de l\u00e0, &ndash; ce qui prendrait d&rsquo;ailleurs \u00e9norm\u00e9ment de temps selon leurs habitudes logistiques, &ndash; parce qu&rsquo;ils doivent maintenir une capacit\u00e9 de d\u00e9fense et m\u00eame de victoire selon eux dans des domaines et contre des adversaires bien plus exigeants qu&rsquo;un conflit avec l&rsquo;Iran ;<\/p>\n<p>&bull; Au contraire, l&rsquo;Iran envisagerait un tel conflit comme une guerre existentielle, ce qui a une forte signification pour ce pays ; dans l&rsquo;atmosph\u00e8re d&rsquo;unit\u00e9 nationale refaite et exalt\u00e9e par l&rsquo;assassinat de Soleimani, cela signifie une volont\u00e9 et des moyens consid\u00e9rables et tr\u00e8s divers mis en &oelig;uvre avec une r\u00e9solution extr\u00eame.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>C&rsquo;est selon ces donn\u00e9es g\u00e9n\u00e9rales qu&rsquo;il nous faut envisager une \u00e9tude int\u00e9ressante sur ce qui serait l&rsquo;hypoth\u00e8se du \u00ab\u00a0pire sc\u00e9nario\u00a0\u00bb, ou d'\u00a0\u00bbun des pires sc\u00e9narios\u00a0\u00bb. Elle est de Scott Ritter, parue  <a href=\"https:\/\/www.rt.com\/op-ed\/477558-iran-trump-nuclear-fordow\/\">hier 6 janvier<\/a>  sur RT.com et que nous reprenons ci-dessous dans sa version originale. Nous avons d\u00e9j\u00e0 dit quelques mots sur Ritter, que nous pr\u00e9cisons pour bien rendre compte de ses capacit\u00e9s : officier (major) du Corps des Marines, sp\u00e9cialis\u00e9 dans le renseignement et la surveillance de l&rsquo;application d&rsquo;accords sur les armements, il a supervis\u00e9 l&rsquo;application des accords FNI de d\u00e9cembre 1987, il a \u00e9t\u00e9 affect\u00e9 \u00e0 l&rsquo;\u00e9tat-major du g\u00e9n\u00e9ral Schwarzkopf en 1990 pour la premi\u00e8re guerre du Golfe, puis il est rest\u00e9 en Irak entre 1991 et 1998 pour la surveillance des accords de l&rsquo;ONU de surveillance des armements irakiens. Comme nous  <a href=\"https:\/\/www.dedefensa.org\/article\/un-assassinat-metahistorique\">l&rsquo;\u00e9crivions hier<\/a>, &laquo; [s]<em>on comportement tr\u00e8s anti-irakien l&rsquo;a tout de suite mis en \u00e9vidence durant cette mission, mais Ritter a ensuite \u00e9volu\u00e9 radicalement jusqu&rsquo;\u00e0 quitter l&rsquo;arm\u00e9e US pour prendre une position de compl\u00e8te dissidence. Ritter fait \u00e9galement partie du groupe dissident d&rsquo;anciens officiers de renseignement et de s\u00e9curit\u00e9 nationale  <a href=\"https:\/\/www.dedefensa.org\/article\/trump-et-le-desordre-bouffesans-fin\">VIPS<\/a><\/em>. &raquo;<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Ces diverses pr\u00e9cisions permettent de penser que Ritter est un sp\u00e9cialiste des questions trait\u00e9es ici, et notamment dans cette r\u00e9gion d&rsquo;une part ; que sa longue carri\u00e8re dans les milieux du renseignement militaire, puis sa pr\u00e9sence au sein du groupe VIPS, impliquent qu&rsquo;il a gard\u00e9 de tr\u00e8s nombreux contacts, autant chez les militaires en activit\u00e9 que chez les dissidents du renseignement qui ont eux-m\u00eames leurs contacts. On peut donc en d\u00e9duire que le sc\u00e9nario que d\u00e9veloppe Ritter est fond\u00e9, non seulement sur ses r\u00e9flexions et sur son exp\u00e9rience, mais \u00e9galement sur des contacts \u00e9ventuels avec des planificateurs du Pentagone.  <\/p>\n<\/p>\n<p><p>Ritter s&rsquo;appuie d&rsquo;abord, pour \u00e9valuer la riposte iranienne, sur une d\u00e9claration du g\u00e9n\u00e9ral Dehghan ce week-end. Cet ancien officier g\u00e9n\u00e9ral et ministre de la d\u00e9fense est aujourd&rsquo;hui conseiller sp\u00e9cial de l&rsquo;ayatollah Khamenei. Par cons\u00e9quent, Ritter estime d&rsquo;une fa\u00e7on justifi\u00e9e qu&rsquo;il s&rsquo;agit d&rsquo;une d\u00e9claration de Khamenei lui-m\u00eame :<\/p>\n<\/p>\n<p><p>&laquo; <em>\u00ab\u00a0Notre r\u00e9action\u00a0\u00bb a dit le g\u00e9n\u00e9ral iranien Hossein Dehghan ce week-end, \u00ab\u00a0sera sage, bien r\u00e9fl\u00e9chie et, \u00e0 terme, avec un effet dissuasif d\u00e9cisif.\u00a0\u00bb<\/em><\/p>\n<p>&raquo; <em>M. Dehghan a \u00e9galement not\u00e9 que l&rsquo;Iran ne cherchait pas \u00e0 \u00e9largir la confrontation avec les Etats-Unis.<\/em><\/p>\n<p>&raquo; <em>\u00ab\u00a0Ce sont les USA qui ont commenc\u00e9 la guerre. Par cons\u00e9quent, ils devraient accepter des r\u00e9actions appropri\u00e9es \u00e0 leurs actions. La seule chose qui peut mettre fin \u00e0 cette p\u00e9riode de guerre est que les Am\u00e9ricains re\u00e7oivent un coup \u00e9gal \u00e0 celui qu&rsquo;ils ont inflig\u00e9.\u00a0\u00bb <\/em>&raquo;<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Ritter fait, \u00e0 partir de cette d\u00e9claration, les hypoth\u00e8ses suivantes pour d\u00e9crire ce qui serait le \u00ab\u00a0pire\u00a0\u00bb des sc\u00e9narios possibles selon lui.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>&bull; Les Iraniens ne veulent pas employer un interm\u00e9diaire pour riposter : ils le feront eux-m\u00eames. Ils veulent un objectif purement militaire, donc ils \u00e9cartent des attaques comme celle de l&rsquo;ARAMCO ou un blocus du d\u00e9troit d&rsquo;Ormouz. Ils ne veulent pas un objectif US en Irak, pour ne pas compliquer la situation  de ce pays et respecter le vote du Parlement proscrivant les op\u00e9rations de forces \u00e9trang\u00e8res sur le territoire irakien.<\/p>\n<p>&bull; Consid\u00e9rant toutes ces conditions, Ritter s\u00e9lectionne trois cibles \u00ab\u00a0faciles\u00a0\u00bb (du point de vue de la distance) pour les Iraniens, soit avec des engins balistiques, soit avec des drones : les forces US bas\u00e9es au Kowe\u00eft, le QG de la 5<sup>\u00e8me<\/sup>Flotte \u00e0 Bahre\u00efn, la base a\u00e9rienne de Al-Udeid au Qatar. Ritter penche pour la troisi\u00e8me puisque c&rsquo;est \u00e0 partir de cette base qu&rsquo;op\u00e8rent les vols de drones US dans la r\u00e9gion, et notamment celui qui a assassin\u00e9 le g\u00e9n\u00e9ral Soleimani.<\/p>\n<p>&bull; Bien entendu, poursuit Ritter, Trump a promis des ripostes terribles si une attaque \u00e9tait lanc\u00e9 contre une position US, citant 52 sites dont &laquo; <em>certains d&rsquo;une grande importance pour l&rsquo;Iran et la culture iranienne <\/em>&raquo;. D&rsquo;une part, objecte Ritter, il n&rsquo;est nullement assur\u00e9 que ces ordres seraient ex\u00e9cut\u00e9s d\u00e8s lors qu&rsquo;ils constituent \u00e0 l&rsquo;\u00e9vidence des \u00ab\u00a0crimes de guerre\u00a0\u00bb (la section 5.16.2 du Manuel des Lois de la Guerre du d\u00e9partement de la d\u00e9fense, pr\u00e9cise Ritter, interdit des menaces de destruction d&rsquo;objets culturels dans le but affirm\u00e9 d&rsquo;interdire des op\u00e9rations de l&rsquo;ennemi : dans un tel cas, les commandants militaires sont autoris\u00e9s \u00e0 refuser d&rsquo;ex\u00e9cuter l&rsquo;ordre). D&rsquo;autre part, il y a surtout le fait qu&rsquo;en cas de riposte US  contre le territoire iranien, il est \u00e0 pr\u00e9voir que les Iraniens riposteront \u00e0 leur tour avec toutes leurs capacit\u00e9s ; le cas s&rsquo;\u00e9tait d\u00e9j\u00e0 pr\u00e9sent\u00e9 en mai, apr\u00e8s la destruction d&rsquo;un drone strat\u00e9gique US, et Trump avait supprim\u00e9 son ordre d&rsquo;attaque lorsque &laquo; <em>ses chefs militaires l&rsquo;avertirent que les USA manquaient des moyens n\u00e9cessaires pour contrer une riposte de toute la puissance militaire iranienne<\/em>. &raquo;<\/p>\n<p>&bull; Ainsi Ritter peut-il \u00e9crire en titre : &laquo; <em>L&rsquo;Iran a toutes les cartes en main dans le conflit avec les USA qui se dessine au Moyen-Orient, &ndash; sauf si Trump est pr\u00eat \u00e0 utiliser une arme NUCLEAIRE tactique<\/em>. &raquo; D&rsquo;une fa\u00e7on assez contestable, Ritter estime que les Iraniens ont eu le tort d&rsquo;annoncer qu&rsquo;ils abandonnaient toutes les contraintes du trait\u00e9 JCPOA parce qu&rsquo;ils se sont ainsi &laquo; <em>offert par inadvertance \u00e0 une frappe nucl\u00e9aire tactique pr\u00e9ventive des USA <\/em>&raquo;. Il est certain que Trump n&rsquo;a pas besoin de cet argument de la d\u00e9cision des Iraniens, d&rsquo;ailleurs r\u00e9versible et d\u00e9pendant d&rsquo;un trait\u00e9 qu&rsquo;eux-m\u00eames (les USA) ont d\u00e9nonc\u00e9, pour justifier une attaque contre le centre de production d&rsquo;uranium enrichi, pr\u00e8s de Fordow&#8230; Et aucune arme conventionnelle ne peut d\u00e9truire ces installations souterraines et fortement prot\u00e9g\u00e9es, seule une arme nucl\u00e9aire tactique (une bombe B-61) peut le faire. Si cela \u00e9tait fait, on entrerait dans une  <em>terra incognita  <\/em>absolument effrayante pour la suite.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>&laquo; <em>C&rsquo;est le pire des sc\u00e9narios d&rsquo;un conflit de riposte en riposte entre l&rsquo;Iran et les USA, et sa possibilit\u00e9 n&rsquo;est pas si \u00e9loign\u00e9e que certains veulent bien le croire <\/em>&raquo;, conclut Ritter. On voit bien que, derri\u00e8re les hypoth\u00e8ses strat\u00e9giques et les attitudes coutumi\u00e8res dont  <a href=\"https:\/\/www.rt.com\/op-ed\/477605-soleimani-killing-trump-empire\/\">la position obsc\u00e8ne<\/a>  des \u00ab\u00a0puissances\u00a0\u00bb europ\u00e9ennes condamnant quasiment l&rsquo;Iran dans cette affaire est la plus remarquable, il y a surtout une question psychologique qui concerne le caract\u00e8re de Trump, et sa d\u00e9termination dans sa hargne anti-iranienne. (Cette hargne est une des rares constantes politiques chez lui puisqu&rsquo;elle apparaissait m\u00eame pendant la campagne \u00e9lectorale de 2016 o&ugrave; il annon\u00e7ait qu&rsquo;il voulait abandonner les conflits ext\u00e9rieurs&#8230; mais aussi d\u00e9noncer le trait\u00e9 JCPOA, &oelig;uvre majeure d&rsquo;Obama que Trump d\u00e9teste.)<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Bien entendu, la perspective est effrayante mais il s&rsquo;agit bien de la pire possible, et surtout il s&rsquo;agit d&rsquo;une hypoth\u00e8se qui n&rsquo;envisage que les comportements des deux acteurs principaux, avec l&rsquo;un des deux concentr\u00e9 sur un homme qui est tr\u00e8s isol\u00e9 dans l&rsquo;<em>establishment <\/em>de s\u00e9curit\u00e9 nationale mais qui entend user de tout son pouvoir, et qui constitue sans nul doute un cas psychologique \u00e0 la fois \u00e9chevel\u00e9 et \u00e9nigmatique. Par ailleurs, on reconna&icirc;t qu&rsquo;il est difficile de faire autre chose que des hypoth\u00e8ses, \u00e9videmment parce qu&rsquo;il est quasiment impossible d&rsquo;envisager ce que seraient les effets d&rsquo;une escalade sur les positions des uns et des autres. Ritter ne dit pas un mot de l&rsquo;attitude des pays riverains de l&rsquo;Iran, d&rsquo;Isra\u00ebl, de la Russie et de la Chine, voire de l&rsquo;Europe si un miracle conduisait cette entit\u00e9 suspecte \u00e0 affirmer son existence ; c&rsquo;est-\u00e0-dire qu&rsquo;il ne prend pas en compte le \u00ab\u00a0<em>fog of the war<\/em>\u00ab\u00a0, cette situation d&rsquo;incertitude totale qui s&#8217;empare des uns et des autres d\u00e8s lors qu&rsquo;un conflit est d\u00e9clench\u00e9, surtout dans une \u00e9poque o&ugrave; la vitesse des communications autant que les capacit\u00e9s des technologies peuvent conduire \u00e0 des changements tr\u00e8s rapides.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>A Washington m\u00eame d&rsquo;ailleurs, qui est aussi \u00ab\u00a0D.C.-la-folle\u00a0\u00bb, il existe de tr\u00e8s nombreux facteurs d&rsquo;incertitude tr\u00e8s inhabituels dans ce cas de la possibilit\u00e9 d&rsquo;un affrontement de cette importance. On a  <a href=\"https:\/\/www.dedefensa.org\/article\/le-brouillard-de-la-guerre-folle-enveloppe-washington\">d\u00e9j\u00e0 vu<\/a> de quelle fa\u00e7on apparaissaient ces divisions, et l&rsquo;on y reviendra sans nul doute, mais on apportera ici des pr\u00e9cisions qui signalent deux des plus importantes parmi ces incertitudes.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>&bull; Il y a d&rsquo;abord l&rsquo;affrontement avec les d\u00e9mocrates qui pourrait prendre une allure institutionnelle nous ramenant au champ de bataille interne habituel. En effet, la pr\u00e9sidente (la  <em>Speaker<\/em>) de la Chambre Nancy Pelosi, avec sa gauche anti-Trump tonitruante, voudrait un vote de la Chambre pour rappeler et r\u00e9affirmer les limites des pouvoirs de guerre de l&rsquo;ex\u00e9cutif (<em>War Powers Act <\/em>de 1974). La d\u00e9put\u00e9e du Minnesota Omar, l&rsquo;une des filles  <a href=\"https:\/\/www.dedefensa.org\/article\/leur-fascination-les-fascine\">du <em>Squad<\/em><\/a>, a d\u00e9pos\u00e9 avec quelques coll\u00e8gues d\u00e9mocrates une motion condamnant l&rsquo;assassinat de Soleimani et conditionnant d\u00e9sormais toute action militaire US \u00e0 une autorisation du Congr\u00e8s. Si la Chambre pourrait voter une telle motion, l&rsquo;affaire serait tr\u00e8s diff\u00e9rente au S\u00e9nat o&ugrave; existe une majorit\u00e9 r\u00e9publicaine. Dans tous les cas, s&rsquo;il devait y avoir un conflit sur ce terrain, on pourrait aller jusqu&rsquo;\u00e0 une sorte de situation de crise institutionnelle majeure qui se grefferait avec gr\u00e2ce et \u00e9l\u00e9gance sur la question toujours en suspens de la mise en accusation\/destitution, pour accentuer le chaos institutionnel.<\/p>\n<p>&bull; Un autre cas est une autre et \u00e9trange <a href=\"applewebdata:\/\/763FD36A-0979-4144-845B-C5792C218F46\/Pelosi%E2%80%99s%20move%20comes%20as%20Minnesota%20U.S.%20Rep.%20Ilhan%20Omar%20and%20other%20Democrats%20already%20have%20jumped%20ahead%20with%20a%20similar%20resolution%20condemning%20the%20Trump-ordered%20killing%20of%20Gen.%20Qassem%20Soleimani%20and%20blocking%20the%20use%20of%20further%20U.S.%20military%20force%20against%20Iran%20without%20congressional%20authorization.\">situation de chaos<\/a>  qui a r\u00e9gn\u00e9 hier au Pentagone. D&rsquo;une part, il y a eu un article du New York  <em>Times  <\/em>affirmant que l&rsquo;assassinat de Soleimani \u00e9tait une \u00ab\u00a0option-bidon\u00a0\u00bb du Pentagone, c&rsquo;est-\u00e0-dire une option mise pour impressionner le pr\u00e9sident mais dont on n&rsquo;imaginait pas une seconde qu&rsquo;il oserait la choisir, &ndash; ce qui montrerait qu&rsquo;on le conna&icirc;t mal&#8230; Interrog\u00e9 sur cette affaire qui est assez cr\u00e9dible du fait des rapports compliqu\u00e9s de Trump avec tout l&rsquo;appareil de s\u00e9curit\u00e9 nationale, et du fait de l&rsquo;extr\u00eame complication psychologique de Trump, le secr\u00e9taire \u00e0 la d\u00e9fense Esper a r\u00e9pondu s\u00e8chement : &laquo; <em>Nous ne mettons pas sur la table une option dans laquelle nous ne croyons pas<\/em>. &raquo;<\/p>\n<p>&bull; &#8230;Cette affaire accompagnait une autre \u00ab\u00a0fuite\u00a0\u00bb du m\u00eame jour (au profit de l&rsquo;AFP, et confirm\u00e9e ensuite), et du m\u00eame Pentagone. Cela concerne une vraie-fausse lettre du g\u00e9n\u00e9ral (US) des Marines William H. Seely III, chef des forces de la coalition (quasiment-OTAN) anti-<em>Daesh <\/em>pr\u00e9sentes en Irak, lettre adress\u00e9e au minist\u00e8re de la d\u00e9fense irakien et annon\u00e7ant le prochain d\u00e9part, ou le \u00ab\u00a0red\u00e9ploiement\u00a0\u00bb des forces de la coalition, comme demand\u00e9e par le Parlement irakien. Esper et le pr\u00e9sident du Comit\u00e9 des chefs d&rsquo;\u00e9tat-major ont eu bien des difficult\u00e9s \u00e0 expliquer que cette &laquo; <em>lettre mal \u00e9crite<\/em>&raquo;, &ndash; une sorte de brouillon si l&rsquo;on veut, et un peu trop respectueux pour les Irakiens par rapport \u00e0 ce que Trump pense des Irakiens, &ndash; &laquo; <em>avait \u00e9t\u00e9 envoy\u00e9e par erreur<\/em> &raquo;, etc&#8230; &Eacute;trange affaire tranch\u00e9e par une autre affirmation s\u00e8che de Esper, une de plus : &laquo; <em>Il n&rsquo;y a pas eu de d\u00e9cision de quitter l&rsquo;Irak, point final<\/em>. &raquo;<\/p>\n<\/p>\n<blockquote>\n<p><p>En fait, on est bien loin du \u00ab\u00a0point final\u00a0\u00bb, notamment d&rsquo;ailleurs concernant les relations entre le Pentagone et Trump sur cette question d&rsquo;un conflit avec l&rsquo;Iran. Les deux incidents rapport\u00e9s sugg\u00e8rent \u00e0 tout le moins qu&rsquo;il y a des divergences de conception s\u00e9rieuse, notamment chez les militaires, par rapport aux d\u00e9cisions de Trump. Il y a d\u00e9j\u00e0 eu beaucoup de chaos \u00e0 cet \u00e9gard, y compris des d\u00e9clarations de certains g\u00e9n\u00e9raux sur  <a href=\"https:\/\/www.dedefensa.org\/article\/stratcom-usaf-en-etat-insurrectionnel\">la l\u00e9galit\u00e9 d&rsquo;une insubordination<\/a>  dans certains cas o&ugrave; des ordres donn\u00e9s par Trump d&rsquo;utiliser du nucl\u00e9aire sont jug\u00e9s ill\u00e9gaux, et  <a href=\"https:\/\/www.dedefensa.org\/article\/trump-la-cabale-des-generaux\">une atmosph\u00e8re g\u00e9n\u00e9rale<\/a>  d\u00e9l\u00e9t\u00e8re au moment de la d\u00e9mission de Mattis. L&rsquo;ensemble fait beaucoup, beaucoup d&rsquo;inconnues au-del\u00e0 du \u00ab\u00a0point final\u00a0\u00bb.<\/p>\n<\/p>\n<\/blockquote>\n<p><p>(Ci-dessous,  <a href=\"https:\/\/www.rt.com\/op-ed\/477558-iran-trump-nuclear-fordow\/\">le texte<\/a> de Scott Ritter, dont nous avons raccourci le titre initial [&laquo; <em>Iran holds all the cards in coming Middle East conflict with US, &ndash; unless Trump is ready to drop a tactical NUKE<\/em> &raquo;].)<\/p>\n<\/p>\n<p><h4><em>dedefensa.org<\/em><\/h4>\n<\/p>\n<p><p>_________________________<\/p>\n<\/p>\n<\/p>\n<p><h2 class=\"titleset_b.deepgreen\" style=\"color:#75714d; font-size:1.65em; font-variant:small-caps\">Iran Holds the Cards Unless Trump Goes Nuke<\/h2>\n<\/p>\n<p><p>Iran has promised retaliation for the assassination of Qassem Suleimani. Donald Trump said this will lead to a disproportionate response from the US. One side can deliver on its threats, the other can&rsquo;t, unless it goes nuclear.<\/p>\n<\/p>\n<p><h3 class=\"subtitleset_c.deepgreen\" style=\"color:#75714d; font-size:1.25em\">Iran means business<\/h3>\n<\/p>\n<p><p>\u00ab\u00a0Our reaction,\u00a0\u00bb Iranian general Hossein Dehghan said at the weekend, \u00ab\u00a0will be wise, well considered and, in time, with decisive deterrent effect.\u00a0\u00bb<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Dehghan also noted that Iran was not seeking a wider confrontation with the US.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\u00ab\u00a0It was America that has started the war. Therefore, they should accept appropriate reactions to their actions. The only thing that can end this period of war is for the Americans to receive a blow that is equal to the blow they have inflicted.\u00a0\u00bb<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Dehghan is no run-of-the-mill former Iranian general officer, but was one of the major decision makers within the Islamic Revolutionary Guard Corps (IRGC) during the Iran-Iraq War, and later went on to command the IRGC Air Force, before eventually being appointed Iran&rsquo;s minister of defense. After stepping down from that position, Dehghan became a special advisor to the Supreme Leader of the Islamic Republic Ali Khamenei.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>His words must be viewed as representing those of Khamenei himself.<\/p>\n<\/p>\n<p><h3 class=\"subtitleset_c.deepgreen\" style=\"color:#75714d; font-size:1.25em\">Iran&rsquo;s three likely targets<\/h3>\n<\/p>\n<p><p>A closer assessment of Dehghan&rsquo;s statement, when considered in the context of the vote by the Iraqi Parliament this Sunday to remove all foreign troops from Iraq, provides clarity as to what the US and the Middle East can expect from Tehran.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>First and foremost, the response will not be carried out by proxy.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>The attack will be military in nature. Assaults on the oil and gas infrastructure of America&rsquo;s Gulf Arab allies, similar in nature to the drone attacks on Saudi oil production facilities last May, are not in the works. The same holds true for shipping transiting the strategic Strait of Hormuz, as well as US diplomatic facilities in the region.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Likewise, Iran must respect the will of the Iraqi Parliament regarding the operation of foreign troops on its soil, which means that the response will most probably not be conducted against US military forces currently stationed in Iraq.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>This does not mean US troops and facilities in Iraq will be immune to attack; Khaitab Hezbollah, the Iraqi militia whose leader, Abu Mahdi al-Muhandis, was killed in the same attack that took Qassem Suleimani&rsquo;s life, have pledged their own retaliatory attacks separate from those promised by Iran.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>There are a host of viable US military targets in the Persian Gulf region that are of high enough stature as to qualify as \u00ab\u00a0an equal blow\u00a0\u00bb in the eyes of Tehran.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Three come to mind; the concentration of US forces based in Kuwait, the headquarters of the 5th Fleet in Bahrain, and the Al Udeid Air Base in Qatar.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Of these three, only one, Al Udeid Air Base, has a direct connection to the Suleimani assassination; the drones that fired the missiles that killed Suleimani were operated from there. Al Udeid is host to critical US command and control facilities, as well as the bulk of the American combat aircraft operating in the region. It is well within the range of Iranian ballistic missiles and armed drones, which could be expected to operate in concert with one another to defeat air defenses and then saturate the base with precision strikes which could destroy hundreds of millions of dollars of aircraft and equipment, and potentially kill and wound hundreds of US service members.<\/p>\n<\/p>\n<p><h3 class=\"subtitleset_c.deepgreen\" style=\"color:#75714d; font-size:1.25em\">Trump&rsquo;s all tweets, no capacity<\/h3>\n<\/p>\n<p><p>President Trump has promised that the US will not tolerate any attack against its personnel or facilities. \u00ab\u00a0If they do anything,\u00a0\u00bb he told reporters, referring to Iran, \u00ab\u00a0there will be major retaliation.\u00a0\u00bb<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Earlier, Trump had tweeted a very explicit warning, telling Iran that he had already designated some 52 sites inside Iran, \u00ab\u00a0some at a very high level &#038; important to Iran &#038; the Iranian culture,\u00a0\u00bb for destruction. \u00ab\u00a0[T]hose targets,\u00a0\u00bb Trump declared, \u00ab\u00a0and Iran itself, WILL BE HIT VERY FAST AND VERY HARD. The USA wants no more threats!\u00a0\u00bb<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Trump&rsquo;s threat, however, rings hollow. First, his tweet constitutes de facto evidence of a war crime (Section 5.16.2 of the US Department of Defense Law of War Manual prohibits threats to destroy cultural objects for the express purpose of deterring enemy operations), and as such would likely not be implemented by US military commanders for whom niceties such as the law of war, which forbids the execution of an unlawful order, are serious business.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Of more relevance, however, is the fact that Trump has been down this road before, when he threatened massive military retaliation against Iran for shooting down an unarmed drone over the Strait of Hormuz last May. At that time, he was informed by his military commanders that the US lacked the military wherewithal to counter what was expected to be a full-spectrum response by Iran if the US were to attack targets inside Iran.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>In short, Iran was able to inflict massive harm on US and allied targets in the Middle East region, and there was nothing the US could do to prevent this outcome.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Little has changed since May that would alter the military balance of power between the US and Iran. If Iran were to strike a US facility such as the Al Udeid Air Base, and Trump were to order a response, then Iran would most likely unleash the totality of its military capability, and those of its regional proxies, to devastate the military and economic capabilities of those targeted. These strikes would most likely include oil production facilities in Kuwait, Saudi Arabia, and the UAE, in addition to US military facilities and diplomatic missions.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Seen in this light, Trump&rsquo;s threats of retaliation appear to be little more than words that cannot be backed up by reality.<\/p>\n<\/p>\n<p><h3 class=\"subtitleset_c.deepgreen\" style=\"color:#75714d; font-size:1.25em\">Pushing the red button for Fordow<\/h3>\n<\/p>\n<p><p>However, there was a second significant development in the region on Sunday, in addition to the vote by the Iraqi Parliament to cut ties with the US military.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>The Iranian government announced that it was ending all restrictions on the enrichment of uranium, in effect nullifying the Iran nuclear agreement (the Joint Comprehensive Program of Action, or JCPOA), which the US withdrew from in May 2018. While Iran has stated that these measures were reversible if the US returned to the agreement, the newly unconstrained enrichment capability puts Iran well inside the one year \u00ab\u00a0breakout\u00a0\u00bb window (i.e. the time needed by Iran to produce enough fissile material for a single nuclear device) of one year that underpinned the prime purpose of the JCPOA.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>In doing so, Iran has inadvertently opened itself up to a preemptive nuclear attack by the US.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>The centrifuges that could be used by Iran to produce enriched uranium capable of being used in a fissile device are housed in a hardened underground facility located near the town of Fordow. No conventional munition currently in the US arsenal can destroy Fordow.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Only a modified B-61 nuclear bomb can do the job.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Trump has hinted that any future war with Iran would not be a drawn-out affair. And while the law of war might curtail his commanders from executing any retaliation that includes cultural sites, it does not prohibit the US from using a nuclear weapon against a known nuclear facility deemed to pose a threat to national security.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>This is the worst-case scenario of any tit-for-tat retaliation between Iran and the US, and it is not as far-fetched as one might believe.<\/p>\n<\/p>\n<p><h4>Scott Ritter<\/h4><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Du \u00ab\u00a0pire des sc\u00e9narios\u00a0\u00bb au chaos&#8230; Il s&rsquo;agit sans le moindre doute, &ndash; nous dirions plus loin pour quelles raisons principales selon nous, &ndash; d&rsquo;un exercice de planification th\u00e9orique : quel serait le pire des sc\u00e9narios d&rsquo;un affrontement direct entre les USA et l&rsquo;Iran dans les circonstances pr\u00e9sentes, avec les forces disponibles pour les deux&hellip;&nbsp;<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"","ping_status":"","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"neve_meta_sidebar":"","neve_meta_container":"","neve_meta_enable_content_width":"","neve_meta_content_width":0,"neve_meta_title_alignment":"","neve_meta_author_avatar":"","neve_post_elements_order":"","neve_meta_disable_header":"","neve_meta_disable_footer":"","neve_meta_disable_title":"","_jetpack_memberships_contains_paid_content":false,"footnotes":""},"categories":[14],"tags":[13725,2773,3004,6934,19612,2800,7147,19613],"class_list":["post-79043","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-ouverture-libre","tag-esper","tag-iran","tag-nucleaire","tag-option","tag-option-bidon","tag-ritter","tag-scott","tag-solemeini"],"jetpack_featured_media_url":"","jetpack_sharing_enabled":true,"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/79043","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=79043"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/79043\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=79043"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=79043"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=79043"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}