{"id":79074,"date":"2020-01-23T11:41:14","date_gmt":"2020-01-23T11:41:14","guid":{"rendered":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/2020\/01\/23\/notes-sur-boeingversususa\/"},"modified":"2020-01-23T11:41:14","modified_gmt":"2020-01-23T11:41:14","slug":"notes-sur-boeingversususa","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/2020\/01\/23\/notes-sur-boeingversususa\/","title":{"rendered":"Notes sur Boeing\u00a0<em>versus\u00a0<\/em>USA"},"content":{"rendered":"<p><h2 class=\"titleset_a.deepblue\" style=\"color:#0f3955; font-size:2em\">Notes sur Boeing <em>versus <\/em>USA<\/h2>\n<\/p>\n<p><p>23 janvier 2020 &ndash; D&rsquo;une fa\u00e7on g\u00e9n\u00e9rale, les derni\u00e8res semaines et m\u00eame les derniers jours ont vu une d\u00e9t\u00e9rioration pour la premi\u00e8re fois \u00e9vidente de la position politique de Boeing, alors que les probl\u00e8mes du 737Max ne cessent de s&rsquo;accumuler, les nouveaux s&rsquo;ajoutant aux pr\u00e9c\u00e9dents et aux anciens non encore r\u00e9solus. D\u00e9sormais, c&rsquo;est le programme lui-m\u00eame qui est directement menac\u00e9, et par voie d&rsquo;encha&icirc;nement \u00ab\u00a0en cascade\u00a0\u00bb, l&rsquo;on peut confirmer et renforcer l&rsquo;hypoth\u00e8se que nous faisions d\u00e8s le premier jour de cette crise que c&rsquo;est le sort de Boeing qui est en jeu. <\/p>\n<\/p>\n<p><p>(Le  <a href=\"https:\/\/www.dedefensa.org\/article\/notes-sur-lemad-maxde-boeing\">14 mars 2019<\/a> : &laquo; <em>Bien, on dira : m\u00eame au pire de l&rsquo;affaire des 737Max, Boeing ne peut pas s&rsquo;\u00e9crouler, comme on vous assure de la virginit\u00e9 de Marie&hellip; C&rsquo;est ce qu&rsquo;on disait de General Motors, de Lehman Brothers, de Wall Street en 1929, etc. Le probl\u00e8me de Boeing, <strong>c&rsquo;est que son joker-737Max est menac\u00e9<\/strong> et que le m\u00eame Boeing a d\u00e9j\u00e0 suscit\u00e9, par son attitude de d\u00e9ni compl\u00e8tement faussaire d\u00e8s l&rsquo;origine du programme Max, un front international contre lui<\/em>. &raquo;)<\/p>\n<\/p>\n<p><p>&Eacute;voquer une \u00ab\u00a0position politique\u00a0\u00bb de Boeing d\u00e9sormais en cours d&rsquo;\u00e9rosion, voire de d\u00e9gradation, c&rsquo;est \u00e9voquer la place de la principale puissance de ce g\u00e9ant de l&rsquo;industrie a\u00e9rospatiale US dans le pouvoir du syst\u00e8me de l&rsquo;am\u00e9ricanisme : son influence absolument \u00e9norme, sa capacit\u00e9 de corruption sans limites, sa capacit\u00e9 de peser sur les d\u00e9cisions politiques de politique \u00e9trang\u00e8re et de s\u00e9curit\u00e9 nationale les plus importantes en fonction de ses int\u00e9r\u00eats. <\/p>\n<\/p>\n<p><p>L&rsquo;hypoth\u00e8se est que tout cela est d\u00e9j\u00e0 en train de s&rsquo;\u00e9roder alors que la puissance de Boeing est, comme toute puissance au sein du syst\u00e8me de l&rsquo;am\u00e9ricanisme, une \u00ab\u00a0puissance aux st\u00e9ro\u00efdes\u00a0\u00bb, avec une part consid\u00e9rable de communication et donc de simulacre ; et cette puissance constamment menac\u00e9e du fait de cette part de simulacre, par une fragilit\u00e9 latente effectivement dans une mesure inverse aussi importante.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>(\u00ab\u00a0Plus on est puissant, plus on est fragile\u00a0\u00bb \u00e9cririons-nous, comme antith\u00e8se du \u00ab\u00a0<em>too big to fall<\/em>\u00a0\u00bb qui est le slogan d\u00e9crivant le caract\u00e8re m\u00eame du simulacre. La \u00ab\u00a0puissance\u00a0\u00bb accumul\u00e9e est aujourd&rsquo;hui essentiellement dans le domaine de la communication, lorsqu&rsquo;il s&rsquo;agit d&rsquo;une puissance politique, hors du domaine direct d&rsquo;activit\u00e9 de Boeing. Ce qui est communication est, dans l&rsquo;environnement am\u00e9ricaniste et du Syst\u00e8me, n\u00e9cessairement simulacre. Le \u00ab\u00a0<em>too big to fall<\/em>\u00a0\u00bb renvoie directement au simulacre.)<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Par cons\u00e9quent, il nous para&icirc;t juste d&rsquo;\u00e9crire que la crise du 737Max est en train de devenir une crise politique, et qu&rsquo;elle est en train de devenir purement et simplement la \u00ab\u00a0crise Boeing\u00a0\u00bb.<\/p>\n<\/p>\n<p><h3 class=\"subtitleset_b.deepblue\" style=\"color:#0f3955; font-size:1.65em; font-variant:small-caps\">Trump est tellement d\u00e9\u00e7u&#8230;<\/h3>\n<\/p>\n<p><p>Nous \u00e9num\u00e9rons quelques-uns des plus r\u00e9cents \u00e9v\u00e9nements concernant la crise du 737Max, et ce qui justifie notre jugement sur la position (politique notamment, en plus du reste) de plus en plus fragile et vuln\u00e9rable de Boeing. L&rsquo;aspect psychologique de l&rsquo;absence d\u00e9sormais totale de confiance en Boeing joue un r\u00f4le important, comme c&rsquo;est toujours le cas avec la communication.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>&bull; D&rsquo;abord, il y a ce communiqu\u00e9 de Boeing, qui est actuellement \u00e0 la recherche d&rsquo;un emprunt de $5 milliards&#8230; De ce texte, on retiendra une chose : Boeing pense \u00ab\u00a0raisonnablement\u00a0\u00bb que le 737Max sera remis en service en juillet 2020.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Donc, <em>Ecce Boeing<\/em>, ce communiqu\u00e9 du 21 janvier 2020 : &laquo; <em>Comme nous l&rsquo;avons soulign\u00e9, la FAA et d&rsquo;autres r\u00e9gulateurs mondiaux d\u00e9termineront quand le 737 MAX sera remis en service. Cependant, afin d&rsquo;aider nos clients et fournisseurs \u00e0 planifier leurs op\u00e9rations, nous leur fournissons p\u00e9riodiquement notre meilleure estimation du moment o&ugrave; les r\u00e9gulateurs commenceront \u00e0 autoriser la remise en service du 737 MAX. Nous informons nos clients et nos fournisseurs que nous estimons actuellement que la remise en service du 737 MAX commencera au milieu de l&rsquo;ann\u00e9e 2020. Cette estimation actualis\u00e9e est fond\u00e9e sur l&rsquo;exp\u00e9rience que nous avons acquise jusqu&rsquo;\u00e0 pr\u00e9sent dans le cadre du processus de certification.<\/em><\/p>\n<p>&raquo; <em>Elle est soumise \u00e0 nos efforts continus pour faire face aux risques connus li\u00e9s au calendrier et aux d\u00e9veloppements ult\u00e9rieurs qui pourraient survenir dans le cadre du processus de certification. Elle tient \u00e9galement compte de l&rsquo;examen rigoureux que les autorit\u00e9s de r\u00e9gulation appliquent \u00e0 juste titre \u00e0 chaque \u00e9tape de leur examen du syst\u00e8me de contr\u00f4le de vol du 737 MAX et du processus du Conseil d&rsquo;\u00e9valuation des op\u00e9rations conjointes qui d\u00e9termine les besoins en formation des pilotes.<\/em><\/p>\n<p>&raquo; <em>La remise en service du MAX en toute s\u00e9curit\u00e9 est notre priorit\u00e9 num\u00e9ro un, et nous sommes convaincus que cela se fera. Nous reconnaissons et regrettons les difficult\u00e9s persistantes que l&rsquo;immobilisation du 737 MAX a pr\u00e9sent\u00e9es \u00e0 nos clients, nos r\u00e9gulateurs, nos fournisseurs et le public voyageur. Nous fournirons des informations suppl\u00e9mentaires sur nos efforts pour remettre le 737 MAX en service en toute s\u00e9curit\u00e9 dans le cadre de nos publications financi\u00e8res trimestrielles la semaine prochaine<\/em>. &raquo;<\/p>\n<\/p>\n<p><p>&bull; Quelques heures plus tard ce m\u00eame 21 janvier, l&rsquo;autorit\u00e9 f\u00e9d\u00e9rale de r\u00e9gulation de transport a\u00e9rien, la FAA (Federal Aerospace Agency), met les choses au point bien que Boeing ne l&rsquo;ait \u00e0 aucun moment impliqu\u00e9e ni m\u00eame nomm\u00e9e (simplement : &laquo; &#8230; <em>l&rsquo;examen rigoureux que les autorit\u00e9s de r\u00e9gulation appliquent \u00e0 juste titre \u00e0 chaque \u00e9tape de leur examen du syst\u00e8me de contr\u00f4le de vol du 737 MAX&#8230; <\/em>&raquo;). Selon le r\u00e9sum\u00e9 qu&rsquo;en fait <em>ZeroHedge.com <\/em>:<\/p>\n<\/p>\n<p><p>&laquo; <em>L&rsquo;agence suit un processus minutieux et d\u00e9lib\u00e9r\u00e9 pour v\u00e9rifier que toutes les modifications propos\u00e9es au Boeing 737 MAX r\u00e9pondent aux normes de certification les plus \u00e9lev\u00e9es<\/em>&#8230; [&#8230;]<\/p>\n<p>&raquo; <em>Nous <\/em>[dit la FAA] <em>n&rsquo;avons fix\u00e9 aucun d\u00e9lai pour l&rsquo;ach\u00e8vement des travaux<\/em>. &raquo;<\/p>\n<\/p>\n<p><p>&bull; Pendant le cours de cette journ\u00e9e, les actions de Boeing ont naturellement  <a href=\"https:\/\/sputniknews.com\/business\/202001211078097247-boeing-expects-trouble-737-max-to-return-to-flight-during-mid-2020\/\">brusquement chut\u00e9<\/a>  de 6%. Ce qui \u00e9tait une tentative de Boeing de rassurer ses divers interlocuteurs, notamment le monde de la finance, produit imm\u00e9diatement l&rsquo;effet inverse.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>&bull; Pour tenter de rattraper l&rsquo;effet manqu\u00e9 du communiqu\u00e9 annon\u00e7ant la possible reprise des vols en juillet aussit\u00f4t contr\u00e9e par la FAA, le nouveau CEO de Boeing, Dave Calhoun, donne une conf\u00e9rence de presse o&ugrave; il annonce que Boeing recommencera \u00e0 produire des 737Max &laquo; <em>bien avant<\/em> &raquo; la reprise des vols (la production a \u00e9t\u00e9 arr\u00eat\u00e9e en d\u00e9cembre), exprimant ainsi sa confiance dans la d\u00e9cision de recertification de vol pour juillet, justifi\u00e9e selon lui par des rapports tr\u00e8s encourageants de pilotes.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Le  <a href=\"https:\/\/www.rt.com\/usa\/478938-boeing-737-max-pilots-trust\/\">m\u00eame texte<\/a>  de RT.com qui reprend la nouvelle la \u00ab\u00a0compl\u00e8te\u00a0\u00bb par le d\u00e9tail d&rsquo;une avalanche de prises de position d&rsquo;association de pilotes de ligne US en activit\u00e9 extr\u00eamement critiques, l&rsquo;une d&rsquo;elles qualifiant la conduite de Boeing comme &laquo; <em>au-del\u00e0 du pire qu&rsquo;on pouvait craindre<\/em> &raquo;. Dennis Tajer, repr\u00e9sentant l&rsquo;<em>Allied Pilots Association <\/em>qui regroupe 15 000 pilotes d&rsquo;American Airlines, r\u00e9sume la situation psychologique pour le <em>Financial Times<\/em> : &laquo; <em>C&rsquo;est comme le jeu de Jenga,<\/em>[la confiance]<em>est de plus en plus haute, toujours plus haute, et puis tout d&rsquo;un coup elle s&rsquo;effondre compl\u00e8tement, d&rsquo;autant plus compl\u00e8tement qu&rsquo;elle est tr\u00e8s haute<\/em>. &raquo;<\/p>\n<\/p>\n<p><p>&bull; Enfin, fait important sinon d\u00e9cisif pour d\u00e9terminer une nouvelle phase du calvaire de Boeing, une intervention tr\u00e8s s\u00e9v\u00e8re de Trump lors d&rsquo;une interview avec CNBC. Son intervention est pr\u00e9sent\u00e9e par <em><a href=\"https:\/\/www.zerohedge.com\/markets\/trump-says-tesla-must-build-very-big-us-plant-warns-hes-so-disappointed-boeing\">ZeroHedge.com<\/a><\/em>, de plus en plus \u00ab\u00a0trumpiste\u00a0\u00bb en \u00e9voquant une mesure de sauvegarde d&rsquo;une \u00e9trange facture compte tenu de l&rsquo;ampleur du d\u00e9sastre, &ndash; changer le nom du programme, oublier le \u00ab\u00a0737 Max\u00a0\u00bb, comme si le rebaptiser \u00ab\u00a0737 Ph\u00e9nix\u00a0\u00bb ou \u00ab\u00a0737 Extra\u00a0\u00bb suffirait \u00e0 le faire voler en toute s\u00e9curit\u00e9 et r\u00e9tablir la confiance des utilisateurs&#8230;<\/p>\n<\/p>\n<p><p>&laquo; <em>Alors que les appels pour que Boeing change le nom de son 737 Max-8 s&rsquo;intensifient, le pr\u00e9sident Trump a une fois de plus eu raison lorsque, l&rsquo;ann\u00e9e derni\u00e8re, il avait sugg\u00e9r\u00e9 que Boeing change le nom du Max.<\/em><\/p>\n<p>&raquo; <em>Devant le calendrier incertain de remise en service du Max, Trump s&rsquo;est dit \u00ab\u00a0tr\u00e8s d\u00e9\u00e7u\u00a0\u00bb par Boeing, et s&rsquo;est exclam\u00e9 que les difficult\u00e9s de la compagnie pourraient faire perdre aux USA plus d&rsquo;un demi-point de pourcentage au PIB.<\/em><\/p>\n<p>&raquo; <em>\u00ab\u00a0Je suis tellement d\u00e9\u00e7u par Boeing&#8230; leurs probl\u00e8mes ont un impact \u00e9norme<\/em>. [&#8230;] <em>Vous savez, quand vous en parlez en terme de croissance, cette crise est si importante que certains disent qu&rsquo;elle pourrait nous co&ucirc;ter un demi-point de notre PIB. Alors Boeing, hein&#8230; Une grande, grande d\u00e9ception pour moi. Une \u00e9norme d\u00e9ception\u00a0\u00bb<\/em>. &raquo;<\/p>\n<\/p>\n<p><h3 class=\"subtitleset_b.deepblue\" style=\"color:#0f3955; font-size:1.65em; font-variant:small-caps\">Vertige de l&rsquo;effondrement du 737 Max<\/h3>\n<\/p>\n<p><p>D\u00e8s la  <a href=\"https:\/\/www.zerohedge.com\/markets\/boeing-737-max-production-halt-slash-third-q1-gdp\">mi-d\u00e9cembre 2019<\/a>, il est apparu que le manque-\u00e0-exporter (Boeing est le premier exportateur US) r\u00e9sultant de la crise 737Max pourrait effectivement co&ucirc;ter un demi-point du PIB aux USA en 2020 et \u00e9ventuellement faire passer l&rsquo;\u00e9conomie US en r\u00e9cession. L&rsquo;ampleur de la casse est mesurable lorsqu&rsquo;on compare les projections de livraison d&rsquo;avions Boeing en 2019 qui \u00e9tait de 860 avant la crise, et qu&rsquo;en r\u00e9alit\u00e9 Boeing a livr\u00e9 370 avions en 2019.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>L&rsquo;annonce de la d\u00e9cision de relancer la production avant la tr\u00e8s-hypoth\u00e9tique recertification fix\u00e9e par l&rsquo;expertise prospective de Boeing et compl\u00e8tement m\u00e9pris\u00e9e par la FAA est une mesure de panique, pure d\u00e9cision de relations publiques. S&rsquo;il y a quelque chose qui n&rsquo;est pas urgent actuellement, au meilleur cas o&ugrave; la crise serait r\u00e9solue dans les meilleurs d\u00e9lais, c&rsquo;est la relance de la production. Pour l&rsquo;instant, Boeing a 400 bir\u00e9acteurs 737Max sur ses parkings, en attente de livraison, et qui devraient subir des modifications substantielles pour r\u00e9parer toutes les voies d&rsquo;eau avant d&rsquo;\u00eatre livr\u00e9s. Les \u00ab\u00a0experts\u00a0\u00bb qui pontifient autour de Boeing estiment qu&rsquo;il faudra une ann\u00e9e et demie \u00e0 Boeing pour \u00e9couler son stock de non-livr\u00e9s et boucler la crise dans son \u00e9tat actuel.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>&#8230; Et tout cela, dans le meilleur des cas, si la crise est techniquement r\u00e9solue au point o&ugrave; elle en est sans aggravation suppl\u00e9mentaire, si le 737Max redevient apte \u00e0 voler dans des conditions de s\u00e9curit\u00e9 qui seront \u00e9videmment draconiennes. Rien n&rsquo;est assur\u00e9 de ce point de vue, et plus le temps passe, plus le d\u00e9lai de recertification s&rsquo;allonge, plus se renforce la possibilit\u00e9 de l&rsquo;abandon complet du programme&#8230; C&rsquo;est-\u00e0-dire, une catastrophe apocalyptique pour Boeing qui a 5 000 exemplaires du 737Max en commande pour 370 livr\u00e9s, &ndash; et au-del\u00e0, la possibilit\u00e9 d&rsquo; une catastrophe apocalyptique pour les USA. Il y a deux semaines, les analystes de la Bank of America notaient dans une revue interne : &laquo; <em>Nous recevons de plus en plus de signes de pr\u00e9occupation de la part de nos investisseurs concernant la probabilit\u00e9 que le Boeing 737 MAX ne soit jamais remis en service.<\/em> &raquo;<\/p>\n<\/p>\n<p><h3 class=\"subtitleset_b.deepblue\" style=\"color:#0f3955; font-size:1.65em; font-variant:small-caps\">La \u00ab\u00a0crise Boeing\u00a0\u00bb, crise politique<\/h3>\n<\/p>\n<p><p>Lorsque nous disons que la crise du 737Max est devenue \u00e0 la fois une crise politique et la \u00ab\u00a0crise Boeing\u00a0\u00bb, c&rsquo;est \u00e0 partir du constat de l&rsquo;isolement grandissant de Boeing dans le syst\u00e8me de l&rsquo;am\u00e9ricanisme. Deux faits inf\u00e8rent directement dans ce sens :<\/p>\n<\/p>\n<p><p>&bull; La r\u00e9action de la FAA est particuli\u00e8rement r\u00e9v\u00e9latrice, alors que, comme nous l&rsquo;avons soulign\u00e9, \u00e0 aucun moment Boeing ne pr\u00e9tend parler au nom de l&rsquo;organe f\u00e9d\u00e9ral. La mise au point de la FAA est donc inutile du seul point de vue des faits, et si elle est faite c&rsquo;est implicitement pour souligner qu&rsquo;il n&rsquo;y aucune raison d&rsquo;accepter la prospective de Boeing, donc qu&rsquo;il importe d\u00e9sormais de mesurer la confiance qu&rsquo;on peut accorder \u00e0 Boeing pour son expertise et son savoir-faire. <\/p>\n<\/p>\n<p><p>Il y a un an encore, la FAA et Boeing \u00e9tait comme cul et chemise, et l&rsquo;organe f\u00e9d\u00e9ral, absolument corrompu par l&rsquo;avionneur agissait quasiment \u00ab\u00a0sur ordre\u00a0\u00bb de Boeing pour la r\u00e9gulation et les op\u00e9rations de certification. Si la FAA a effectu\u00e9 ce virage \u00e0 180&deg;, c&rsquo;est parce qu&rsquo;il ne fait plus bon du tout \u00eatre \u00ab\u00a0ami de Boeing\u00a0\u00bb aujourd&rsquo;hui, au niveau de la communication et des relations publiques qui r\u00e8glent l&rsquo;essentiel de la position dans le Syst\u00e8me. A partir de cela, on peut aller plus loin dans l&rsquo;hypoth\u00e8se et observer que si l&rsquo;organe f\u00e9d\u00e9ral se montre si agressivement pointilleux avec l&rsquo;avionneur c&rsquo;est qu&rsquo;il en a re\u00e7u l&rsquo;autorisation, voire l&rsquo;incitation \u00e0 le faire de l&rsquo;administration f\u00e9d\u00e9rale.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>&bull; En un sens, les commentaires de Trump compl\u00e8tent l&rsquo;interpr\u00e9tation qu&rsquo;on peut donner de l&rsquo;attitude de la FAA. Le pr\u00e9sident US, qui favorise en g\u00e9n\u00e9ral le <em>Corporate Power <\/em>et particuli\u00e8rement les industries de hautes technologies, et plus encore les industries exportatrices, se devait d&rsquo;\u00eatre un soutien constant de Boeing. Il ne l&rsquo;est plus du tout et place m\u00eame Boeing en position d&rsquo;accus\u00e9.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Il y a l\u00e0 une r\u00e9action assez normale d&rsquo;un pr\u00e9sident qui ne raisonne qu&rsquo;en termes capitalistes d&rsquo;exportation et de march\u00e9, et bien plus encore dans une ann\u00e9e \u00e9lectorale des pr\u00e9sidentielles, o&ugrave; Trump fait porter l&rsquo;essentiel de son argumentation pour sa r\u00e9\u00e9lection sur le <em>boom <\/em>\u00e9conomique que son action a engendr\u00e9. Que l&rsquo;on pense ce qu&rsquo;on veut de cette affirmation de <em>boom <\/em>\u00e9conomique dans le cadre de l&rsquo;\u00e9conomie r\u00e9elle, &ndash; et il y a beaucoup \u00e0 en dire, &ndash; mais il importe pour que le simulacre tienne sa vraisemblance face \u00e0 l&rsquo;\u00e9lectorat d&rsquo;\u00e9carter tout risque, tout soup\u00e7on, toute menace de catastrophe industrielle majeure qui mettrait \u00e9galement en p\u00e9ril le puissance exportatrice des USA, et la situation du pays lui-m\u00eame telle qu&rsquo;elle est pr\u00e9sent\u00e9e dans le simulacre.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>&bull; Par cons\u00e9quent, &ndash; oui, \u00ab\u00a0crise politique\u00a0\u00bb sans aucun doute, \u00e0 la fois pour le paysage politicien le plus sordide, \u00e0 la fois pour la puissance des USA d&rsquo;une fa\u00e7on g\u00e9n\u00e9rale. Qui plus est, il s&rsquo;agit d&rsquo;une crise qu&rsquo;on ne peut r\u00e9soudre par les tours de passe-passe habituels, comme l&rsquo;on fait par exemple pour la finance et Wall Street, en renflouant les banques avec du papier imprim\u00e9 par tonnes. Boeing travaille sur du r\u00e9el, et la r\u00e9alit\u00e9 dans ce cas se trouve dans l&rsquo;absolue n\u00e9cessit\u00e9 de la bonne s\u00e9curit\u00e9 d&rsquo;un avion dont on ne cesse de d\u00e9couvrir les travers, les faiblesses, les vuln\u00e9rabilit\u00e9s structurelles, parce qu&rsquo;il a \u00e9t\u00e9 con\u00e7u dans l&rsquo;urgence pour contrer Airbus et son A-320Neo, pour des raisons financi\u00e8res et comptables, hors de toutes les traditions de l&rsquo;industrie a\u00e9rospatiale.<\/p>\n<\/p>\n<p><h3 class=\"subtitleset_b.deepblue\" style=\"color:#0f3955; font-size:1.65em; font-variant:small-caps\">Solitude de Boeing<\/h3>\n<\/p>\n<p><p>Cette crise devenue politique inf\u00e8re \u00e9galement la tr\u00e8s-grande solitude de Boeing, comme le voit avec l&rsquo;attitude de la FAA et des autorit\u00e9s f\u00e9d\u00e9rales, alors que le reste de l&rsquo;industrie se contente de voir venir sans le moindre souci de solidarit\u00e9.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>(Bien au contraire : s&rsquo;il devait y avoir une pr\u00e9occupation de l&rsquo;un ou l&rsquo;autre concurrent en cas d&rsquo;avatar majeur de Boeing, la pr\u00e9occupation serait d&rsquo;envisager de reprendre si le Pentagone le jugeait souhaitable certaines parties ou plus des activit\u00e9s militaires de l&rsquo;avionneur.)<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Cette \u00ab\u00a0solitude de Boeing\u00a0\u00bb, qui r\u00e9pond \u00e0 sa responsabilit\u00e9 dans la situation o&ugrave; ses pratiques irresponsables l&rsquo;ont mise, se mesure essentiellement au risque que la crise fait courir \u00e0 l&rsquo;\u00e9conomie de l&rsquo;am\u00e9ricanisme. Comme nous l&rsquo;avons d\u00e9j\u00e0 rappel\u00e9, le facteur psychologique est essentiel, dans ce cas par un effet d&rsquo;entra&icirc;nement catastrophique ; non seulement la masse brute en crise du g\u00e9ant industriel qu&rsquo;est Boeing interf\u00e8re sur cette situation \u00e9conomique et bien entendu sur les exportations, mais \u00e9galement la dynamique et l&rsquo;effet catastrophique d&rsquo;entra&icirc;nement en cas d&rsquo;aggravation de la situation. Dans notre citation de ce rappel que nous faisions en  <a href=\"https:\/\/www.dedefensa.org\/article\/notes-sur-lemad-maxde-boeing\">mars 2019<\/a>, il y avait l&rsquo;\u00e9vocation d&rsquo;un pr\u00e9c\u00e9dent que l&rsquo;histoire officielle ignore g\u00e9n\u00e9ralement :<\/p>\n<\/p>\n<p><p>&laquo; <em>Or, il ne s&rsquo;agit pas que de Boeing, <strong>il s&rsquo;agit de bien plus que de Boeing<\/strong>&hellip;<\/em><\/p>\n<p>&raquo; <em>Un rappel d&rsquo;abord, selon cet axiome qui nous gouverne, selon lequel il faut tenir compte de tous les facteurs, <strong>y compris et m\u00eame d&rsquo;abord, avant tous les autres, du facteur psychologique<\/strong>. Dans un des textes de la rubrique &lsquo;Glossaire.dde&rsquo; sur le moment historique fondamental selon nous du \u00ab\u00a0<a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article\/glossairedde-le-trou-noir-du-xxeme-siecle\">Trou noir du XX\u00e8me si\u00e8cle<\/a>\u00a0\u00bb (1945-1948), nous avons rapport\u00e9 comment en 1946-1948, l&rsquo;industrie a\u00e9ronautique US avait failli s&rsquo;effondrer, comment elle avait \u00e9t\u00e9 sauv\u00e9e de justesse <strong>par le gouvernement US et ses commandes militaires apr\u00e8s l&rsquo;interpr\u00e9tation-simulacre par l&rsquo;am\u00e9ricanisme, par Forrestal (Pentagone) et par Marshall (d\u00e9partement d&rsquo;Etat) du \u00ab\u00a0coup de Prague\u00a0\u00bb du 27 f\u00e9vrier 1948<\/strong>. L&rsquo;intervention gouvernementale, bien entendu compl\u00e8tement en opposition aux pratiques capitalistes, &ndash; What else ? &ndash;fut accomplie pour la raison essentielle que cet effondrement imminent de l&rsquo;industrie a\u00e9ronautique risquait  <strong>d&rsquo;entra&icirc;ner les USA dans une nouvelle Grande D\u00e9pression essentiellement par l&rsquo;effet psychologique<\/strong>. L&rsquo;enjeu est consid\u00e9rable et de cet ordre, aujourd&rsquo;hui avec Boeing, &ndash; <strong>beaucoup plus psychologique, presque magique si l&rsquo;on \u00e9voque la puissance et l&rsquo;\u00e9cho du nom de Boeing<\/strong>, que par les simples calculettes et graphiques des comptables-\u00e9conomistes<\/em>. &raquo;<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Aujourd&rsquo;hui, la situation est bien entendu compl\u00e8tement diff\u00e9rente (l&rsquo;industrie a\u00e9rospatiale s&rsquo;est int\u00e9gr\u00e9e en un tr\u00e8s petit nombre d&rsquo;entit\u00e9s, dont les deux g\u00e9ants Boeing et Lockheed-Martin). Il n&rsquo;est pas dit que la puissance publique pourrait intervenir de la m\u00eame fa\u00e7on, ni qu&rsquo;elle le pourrait par ses moyens propres, ni qu&rsquo;elle y parviendrait dans l&rsquo;imbroglio ainsi cr\u00e9\u00e9 : si le programme 737 Max est r\u00e9ellement pourri, rien ne pourra le sauver au stade de d\u00e9veloppement o&ugrave; il en est, et si le programme 737 Max s&rsquo;effondre il sera tr\u00e8s difficile de sauver Boeing&#8230; Au reste et d&rsquo;ici l\u00e0, selon ce sc\u00e9nario-catastrophe, la situation catastrophique sera pass\u00e9e de Boeing seul \u00e0 l&rsquo;ensemble de l&rsquo;industrie, c&rsquo;est-\u00e0-dire de l&rsquo;\u00e9conomie du syst\u00e8me de l&rsquo;am\u00e9ricanisme.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Aujourd&rsquo;hui, la \u00ab\u00a0solitude de Boeing\u00a0\u00bb commence \u00e0 ressembler \u00e0 celle du pestif\u00e9r\u00e9 autour duquel se dessine la question : comment \u00e9viter la contagion ?<\/p><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Notes sur Boeing versus USA 23 janvier 2020 &ndash; D&rsquo;une fa\u00e7on g\u00e9n\u00e9rale, les derni\u00e8res semaines et m\u00eame les derniers jours ont vu une d\u00e9t\u00e9rioration pour la premi\u00e8re fois \u00e9vidente de la position politique de Boeing, alors que les probl\u00e8mes du 737Max ne cessent de s&rsquo;accumuler, les nouveaux s&rsquo;ajoutant aux pr\u00e9c\u00e9dents et aux anciens non encore&hellip;&nbsp;<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"","ping_status":"","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"neve_meta_sidebar":"","neve_meta_container":"","neve_meta_enable_content_width":"","neve_meta_content_width":0,"neve_meta_title_alignment":"","neve_meta_author_avatar":"","neve_post_elements_order":"","neve_meta_disable_header":"","neve_meta_disable_footer":"","neve_meta_disable_title":"","_jetpack_memberships_contains_paid_content":false,"footnotes":""},"categories":[3],"tags":[11495,19647,3192,19646,19645,2631,3795,2662,5597,19197,13745,19648,3099,3725,3833,2639],"class_list":["post-79074","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-analyse","tag-11495","tag-a-320","tag-boeing","tag-calhoun","tag-dave","tag-de","tag-economie","tag-en","tag-exportation","tag-faa","tag-max","tag-neo","tag-psychologie","tag-recession","tag-solitude","tag-trump"],"jetpack_featured_media_url":"","jetpack_sharing_enabled":true,"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/79074","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=79074"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/79074\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=79074"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=79074"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=79074"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}