{"id":79129,"date":"2020-03-01T14:42:38","date_gmt":"2020-03-01T14:42:38","guid":{"rendered":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/2020\/03\/01\/2020-bien-pire-que1983\/"},"modified":"2020-03-01T14:42:38","modified_gmt":"2020-03-01T14:42:38","slug":"2020-bien-pire-que1983","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/2020\/03\/01\/2020-bien-pire-que1983\/","title":{"rendered":"2020 bien pire que\u00a01983"},"content":{"rendered":"<p><h2 class=\"titleset_a.deepgreen\" style=\"color:#75714d; font-size:2em\">2020 bien pire que 1983<\/h2>\n<\/p>\n<p><p>Scott Ritter, nouveau et int\u00e9ressant (bien inform\u00e9) collaborateur de RT.com, a donn\u00e9 hier  <a href=\"https:\/\/www.rt.com\/op-ed\/481959-nuclear-war-russia-nato\/\">29 f\u00e9vrier 2020<\/a> un article qui doit retenir notre attention sur la question (le doctrine) de \u00ab\u00a0l&rsquo;usage en premier du nucl\u00e9aire\u00a0\u00bb. C&rsquo;est une question essentielle que cette doctrine puisqu&rsquo;elle d\u00e9termine de fond en comble toute la strat\u00e9gie nucl\u00e9aire des deux principales puissances nucl\u00e9aires (USA et Russie), puisque c&rsquo;est \u00e0 elles deux essentiellement sinon exclusivement qu&rsquo;est pos\u00e9e la question de l&#8217;emploi de cette doctrine, &ndash; dont on jugeait en g\u00e9n\u00e9ral, depuis la Guerre froide qu&rsquo;elle \u00e9tait implicitement ou explicitement rejet\u00e9e par ces deux principales puissances. Mais l&rsquo;attaque 9\/11 a tout chang\u00e9 et pos\u00e9 fermement et de fa\u00e7on visible, dans une ambigu\u00eft\u00e9 jusqu&rsquo;alors latente, la question de l&#8217;emploi du nucl\u00e9aire en premier.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Tr\u00e8s r\u00e9cemment, plusieurs faits principalement ont alarm\u00e9 la Russie par rapport \u00e0 l&rsquo;\u00e9volution ou \u00e0 la planification du Pentagone.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>&bull; Le premier est un exercice de planification d&rsquo;un affrontement nucl\u00e9aire (un \u00ab\u00a0jeu de guerre\u00a0\u00bb), auquel assistait le secr\u00e9taire \u00e0 la d\u00e9fense US Esper, dans lequel l'\u00a0\u00bbennemi\u00a0\u00bb n&rsquo;\u00e9tait pas d\u00e9sign\u00e9 comme c&rsquo;est la coutume par un choix de couleur ou un nom invent\u00e9, mais le mot bien connu de \u00ab\u00a0Russie\u00a0\u00bb. Symboliquement, il s&rsquo;agit d&rsquo;un signal extr\u00eamement agressif, qui a  <a href=\"https:\/\/www.rt.com\/op-ed\/481737-us-nuclear-drills-russia\/\">alert\u00e9 fortement<\/a> les Russes.<\/p>\n<p>&bull; En m\u00eame temps, on sait que les USA mettent au point et d\u00e9ploient des armes nucl\u00e9aires de tactiques <a href=\"https:\/\/www.rt.com\/op-ed\/480160-low-yield-nuclear-submarine\/\">de tr\u00e8s faible puissance<\/a>, ce type d&rsquo;arme qu&rsquo;on peut envisager d&#8217;employer, selon certains, sans d\u00e9clencher une escalade nucl\u00e9aire vers le strat\u00e9gique d&rsquo;an\u00e9antissement r\u00e9ciproque. (Les Russes sont \u00e9videmment en complet d\u00e9saccord.)<\/p>\n<p>&bull; Enfin, les Russes sont tr\u00e8s inquiets \u00e0 propos de l&rsquo;exercice OTAN <em>Defender 2020 <\/em>qui est en train d&rsquo;\u00eatre pr\u00e9par\u00e9 et ex\u00e9cut\u00e9 dans des zones de l&rsquo;OTAN proches de la fronti\u00e8re russe, et dont le sc\u00e9nario indique clairement qu&rsquo;il s&rsquo;agit d&rsquo;un exercice qui prend  <a href=\"https:\/\/www.rt.com\/op-ed\/478810-nato-defender-eruope-russia-war\/\">comme mod\u00e8le<\/a> une guerre contre la Russie, et qui est alors per\u00e7u comme  <a href=\"https:\/\/www.rt.com\/op-ed\/480044-nato-defender-europe-russia\/\">une provocation<\/a> par la Russie.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Ce qui alarme particuli\u00e8rement Ritter dans l&rsquo;article ci-dessous, c&rsquo;est une tr\u00e8s r\u00e9cente audition au S\u00e9nat o&ugrave; le SACEUR (commandant en chef supr\u00eame des forces alli\u00e9es [OTAN] en Europe), le g\u00e9n\u00e9ral US Wolters, a affirm\u00e9 \u00eatre un \u00ab\u00a0partisan enthousiaste\u00a0\u00bb d&rsquo;une &laquo; <em>politique d&rsquo;utilisation flexible du nucl\u00e9aire en premier<\/em> &raquo;. Cette d\u00e9claration s&rsquo;est faite dans un cadre solennel, o&ugrave; il ne peut \u00eatre question de \u00ab\u00a0<em>off-the-record<\/em>\u00ab\u00a0, de parole malheureuse ou maladroite ni rien de la sorte. On peut voir, \u00e0 la lecture du passage qui d\u00e9crit l&rsquo;occasion, combien Wolters p\u00e8se ses mots et dit ce qu&rsquo;il a compl\u00e8tement l&rsquo;intention de dire, &ndash; sans qu&rsquo;aucune correction, ni mise au point n&rsquo;est venue, depuis, en att\u00e9nuer toute la force de signification d&rsquo;une volont\u00e9 US d&rsquo;utiliser le nucl\u00e9aire en premier si les conditions sont \u00ab\u00a0favorables\u00a0\u00bb.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>&laquo; <em>C&rsquo;est l&rsquo;un des  <a href=\"https:\/\/www.c-span.org\/video\/?469657-1\/us-european-transportation-commands\" target=\"_blank\">dialogues<\/a> les plus remarquables et les moins rapport\u00e9s de l&rsquo;histoire r\u00e9cente des auditions au S\u00e9nat. Au d\u00e9but de cette semaine, lors du t\u00e9moignage devant la commission s\u00e9natoriale des services arm\u00e9s du g\u00e9n\u00e9ral Tod Wolters, commandant des forces US en Europe <\/em>[EUROCOM]<em>et, simultan\u00e9ment commandant supr\u00eame des forces alli\u00e9es en Europe <\/em>[SACEUR]<em>, \u00e9galement chef militaire de toutes les forces arm\u00e9es de l&rsquo;OTAN, le g\u00e9n\u00e9ral Wolters a eu un \u00e9change court mais instructif avec la s\u00e9natrice Deb Fischer, r\u00e9publicaine de l&rsquo;&Eacute;tat du Nebraska<\/em>.  <\/p>\n<p>&raquo; <em>Apr\u00e8s quelques questions et r\u00e9ponses initiales portant sur l&rsquo;alignement de la strat\u00e9gie militaire de l&rsquo;OTAN sur la strat\u00e9gie de d\u00e9fense nationale des &Eacute;tats-Unis de 2018, qui op\u00e9rationnalise la riposte \u00e0 ce que Wolters appelle \u00ab\u00a0l&rsquo;influence malveillante de la Russie\u00a0\u00bb sur la s\u00e9curit\u00e9 europ\u00e9enne, le s\u00e9nateur Fischer s&rsquo;est enquis de la reconnaissance croissante de la part de l&rsquo;OTAN du r\u00f4le important de la dissuasion nucl\u00e9aire am\u00e9ricaine dans le maintien de la paix. \u00ab\u00a0Nous comprenons tous que notre force de dissuasion, la &lsquo;Triade&rsquo;<\/em>[les trois composants op\u00e9rationnels des forces strat\u00e9giques nucl\u00e9aires US]<em>, est le fondement de la s\u00e9curit\u00e9 de ce pays\u00a0\u00bb, a not\u00e9 M. Fischer. \u00ab\u00a0Pouvez-vous nous parler de ce que vous disent&#8230; nos partenaires de l&rsquo;OTAN au sujet de cette dissuasion ?\u00a0\u00bb<\/em><\/p>\n<p>&raquo; <em>Wolters a r\u00e9pondu en liant la dissuasion fournie \u00e0 l&rsquo;Europe par la &lsquo;Triade&rsquo; nucl\u00e9aire am\u00e9ricaine \u00e0 la paix dont a b\u00e9n\u00e9fici\u00e9 le continent europ\u00e9en au cours des sept derni\u00e8res d\u00e9cennies. Fischer a demand\u00e9 si le parapluie nucl\u00e9aire am\u00e9ricain \u00e9tait \u00ab\u00a0vital pour la libert\u00e9 des membres de l&rsquo;OTAN\u00a0\u00bb ; Wolters a r\u00e9pondu par l&rsquo;affirmative. Il est remarquable que Wolters ait \u00e9tabli un lien entre le r\u00f4le de la dissuasion nucl\u00e9aire et les missions de l&rsquo;OTAN en Irak, en Afghanistan et ailleurs en dehors du continent europ\u00e9en. La mission de l&rsquo;OTAN, dit-il, est \u00ab\u00a0d&rsquo;\u00e9tendre g\u00e9ographiquement la couverture de la dissuasion dans toute la mesure du possible pour parvenir \u00e0 une paix plus assur\u00e9e\u00a0\u00bb.<\/em><\/p>\n<p>&raquo; <em>Puis vint la pi\u00e8ce de r\u00e9sistance de l&rsquo;audience. \u00ab\u00a0Quel est votre point de vue, Monsieur,\u00a0\u00bb a demand\u00e9 la s\u00e9natrice Fischer, \u00ab\u00a0sur l&rsquo;adoption d&rsquo;une politique dite de non-utilisation du nucl\u00e9aire en premier. Pensez-vous que cela renforcerait la dissuasion ?\u00a0\u00bb<\/em><\/p>\n<p>&raquo; <em>La r\u00e9ponse du g\u00e9n\u00e9ral Wolters est all\u00e9e droit au but. \u00ab\u00a0S\u00e9natrice, je suis un partisan enthousiaste de la politique d&rsquo;utilisation flexible du nucl\u00e9aire en premier\u00a0\u00bb<\/em>. &raquo;<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Ritter d\u00e9crit dans son texte les pr\u00e9occupations et les r\u00e9actions des Russes, y compris lors d&rsquo;une rencontre entre Wolters et le g\u00e9n\u00e9ral russe Gerasimov, chef d&rsquo;\u00e9tat-major g\u00e9n\u00e9ral. Il est \u00e9vident que le Pentagone est d\u00e9mang\u00e9, surtout depuis 9\/11, un peu comme au temps du  <a href=\"https:\/\/www.dedefensa.org\/article\/ecrire-la-guerre-froide\">g\u00e9n\u00e9ral LeMay<\/a>, par la perspective exaltante d&rsquo;une attaque nucl\u00e9aire strat\u00e9gique en premier, &ndash; une \u00ab\u00a0<em><a href=\"https:\/\/www.dedefensa.org\/article\/notes-sur-le-retour-de-folamour\">first strike<\/a><\/em>\u00ab\u00a0, &ndash;  de la Russie (URSS dans le temps), \u00e0 laquelle il (le Pentagone) ajoute d\u00e9sormais la folie de l&rsquo;autre c\u00f4t\u00e9 du spectre, qui est l&rsquo;utilisation, toujours \u00ab\u00a0en premier\u00a0\u00bb \u00e9ventuellement, du nucl\u00e9aire tactique sur le champ de bataille, en toute impunit\u00e9, c&rsquo;est-\u00e0-dire sans risque disent les planificateurs du Pentagone, de monter \u00e0 l&rsquo;extr\u00eame de l&rsquo;\u00e9change strat\u00e9gique de l&rsquo;an\u00e9antissement r\u00e9ciproque. Les Russes ne partagent pas cette humeur joyeuse d&rsquo;un Pentagone qui se demande constamment \u00e0 quoi il sert s&rsquo;il ne peut pas r\u00e9aliser sa <em>fiesta <\/em>nucl\u00e9aire et d&rsquo;entropisation g\u00e9n\u00e9rale ; pour eux, pour les Russes, tout ce qui est nucl\u00e9aire, m\u00eame \u00ab\u00a0mini\u00a0\u00bb, conduit, via l&rsquo;escalade, \u00e0 l&rsquo;an\u00e9antissement r\u00e9ciproque..<\/p>\n<\/p>\n<blockquote>\n<p><p>Dans son texte, Ritter fait appel avec une extr\u00eame justesse, pour la r\u00e9f\u00e9rence permettant de situer la gravit\u00e9 de la situation, non pas \u00e0 la crise de Cuba de 1962 o&ugrave; les deux parties avaient une attitude de contr\u00f4le de soi dans leur conscience du danger\/de la folie nucl\u00e9aire, mais \u00e0 l&rsquo;\u00e9pisode de l&rsquo;exercice <em>Able Archer <\/em>de 1983. Cet \u00e9pisode se situe dans la p\u00e9riode 1981-1985, extr\u00eamement sombre, marqu\u00e9e par des pics de tension extr\u00eame, dans la plus compl\u00e8te incertitude et l&rsquo;angoisse d&rsquo;un conflit nucl\u00e9aire, &ndash; p\u00e9riode brusquement interrompue par la d\u00e9signation de Gorbatchev \u00e0 la t\u00eate du PC de l&rsquo;URSS le 9 mars 1985, aussit\u00f4t suivie d&rsquo;effets (d\u00e8s mai-juin 1985 et le d\u00e9part du ministre des affaires \u00e9trang\u00e8res de la Guerre froide Gromyko, remplac\u00e9 par Chevardnadze).<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Le sommet de cette p\u00e9riode pleine d&rsquo;angoisse et d&rsquo;incertitude se situe entre septembre 1983 (destruction le 1<sup>er<\/sup>septembre du Boeing 747 de la Korean Airlines par la chasse sovi\u00e9tique) et novembre 1983 (d\u00e9ploiement des premiers <em>euromissiles <\/em>US en Europe, des <em>Pershing <\/em>II et des <em>Glicom<\/em>). C&rsquo;est justement en novembre 1983 qu&rsquo;eut lieu <em>Able Archer <\/em>qui comprenait un exercice de simulation de guerre nucl\u00e9aire organis\u00e9 par l&rsquo;OTAN et auquel devait participer les chefs d&rsquo;&Eacute;tat et de gouvernement concern\u00e9s.<\/p>\n<\/p>\n<\/blockquote>\n<p><p>Les circonstances sont extr\u00eamement complexes et ambigu\u00ebs, m\u00eame pour les divers services de renseignement, avec notamment l&rsquo;intervention d&rsquo;un transfuge du KGB (Oleg Gordievski) dont le message central \u00e9tait : \u00ab\u00a0Attention, ne faites rien qui puisse \u00eatre pris pour une provocation ou la pr\u00e9paration d&rsquo;une vraie attaque, la direction sovi\u00e9tique, compl\u00e8tement g\u00e9rontocratique, faite de vieillards terroris\u00e9s, pourrait ordonner une riposte nucl\u00e9aire contre ce qu&rsquo;elle croirait \u00eatre une attaque\u00a0\u00bb. Thatcher et Reagan furent tr\u00e8s attentifs \u00e0 cet avertissement, malgr\u00e9 le scepticisme de certains factions du renseignement. A l&rsquo;\u00e9poque courut le bruit que Reagan avait ordonn\u00e9 l&rsquo;abandon de certaines phases de simulation d&rsquo;une guerre nucl\u00e9aire pour ne pas affoler les vieillards du Kremlin. (*)<\/p>\n<\/p>\n<p><p>L&rsquo;analogie est valable aujourd&rsquo;hui pour les positions et la perception des intentions. Les Sovi\u00e9tiques hier, comme les Russes aujourd&rsquo;hui, craignaient et craignent une attaque nucl\u00e9aire US de \u00ab\u00a0premi\u00e8re frappe\u00a0\u00bb sinon l&#8217;emploi inconsid\u00e9r\u00e9 du nucl\u00e9aire. La diff\u00e9rence compl\u00e8te est dans les attitudes psychologiques des uns et des autres : en 1983, l&rsquo;absence de contr\u00f4le de soi \u00e9tait sans aucun doute du c\u00f4t\u00e9 de l&rsquo;URSS, et les USA ne cherchaient pas \u00e0 avoir une attitude provocatrice, m\u00eame si leur politique \u00e9tait offensive ; aujourd&rsquo;hui, ce sont les Russes qui montrent de loin le plus grand contr\u00f4le d&rsquo;eux-m\u00eames, tandis que la d\u00e9sorganisation, le fantasme belliciste et l&rsquo;irresponsabilit\u00e9, le simulacre sont tous et massivement du c\u00f4t\u00e9 d&rsquo;un \u00e9quilibre psychologique US totalement bris\u00e9 et d&rsquo;un pouvoir US compl\u00e8tement fractionn\u00e9. Plus encore : la pathologie de 2020 est beaucoup plus grave que celle de 1983, en plus du grand \u00e2ge de la direction sovi\u00e9tique : les militaires US et leurs divers soutiens ne cessent de r\u00eaver d&rsquo;une guerre nucl\u00e9aire pour \u00e9craser la Russie, tandis que les vieillards du Kremlin de 1983 \u00e9taient terroris\u00e9s par l&rsquo;appr\u00e9hension d&rsquo;une attaque nucl\u00e9aire US qui n&rsquo;\u00e9tait certainement pas envisag\u00e9e.<\/p>\n<\/p>\n<p><h2 class=\"titleset_c.deepgreen\" style=\"color:#75714d; font-size:1.25em\">Note<\/h2>\n<\/p>\n<p><p>(*) Nous disposons d&rsquo;une tr\u00e8s abondante documentation sur cet \u00e9pisode, avec la publication d&rsquo;un long historique de la CIA sur cette crise. La F\u00e9d\u00e9ration des Scientifiques Am\u00e9ricains, qui publia ce document d\u00e9classifi\u00e9 en 1998, exprima ce commentaire extr\u00eamement s\u00e9v\u00e8re pour la CIA :<\/p>\n<\/p>\n<p><p>&laquo; <em>La monographie de Fischer inverse publiquement la position officielle de la CIA selon laquelle les &quot;pr\u00e9occupations&quot; de Moscou n&rsquo;\u00e9taient que de la d\u00e9sinformation. C&rsquo;est un aveu extraordinaire, \u00e0 un moment o&ugrave; la CIA tente encore d&rsquo;expliquer pourquoi elle n&rsquo;a pas reconnu la mort imminente de son ennemi sovi\u00e9tique. Elle reconna&icirc;t maintenant qu&rsquo;elle n&rsquo;a pas r\u00e9alis\u00e9 que l&rsquo;Union sovi\u00e9tique se pr\u00e9parait \u00e0 une guerre nucl\u00e9aire totale pendant la majeure partie de 1983-1984. On peut difficilement imaginer deux &quot;oublis&quot; plus flagrants. Quelle autre institution pourrait survivre \u00e0 un \u00e9chec aussi profond de sa mission ?<\/em>&raquo;<\/p>\n<\/p>\n<p><p>On trouve le texte complet de cette monographie d\u00e9classifi\u00e9e par la CIA sous le titre \u00ab\u00a0<em>Soviet War Scare<\/em>\u00a0\u00bb les <a href=\"https:\/\/www.dedefensa.org\/article\/la-1983-soviet-war-scare-vue-par-la-cia\">19 septembre 2003<\/a> et <a href=\"https:\/\/www.dedefensa.org\/article\/la-1983-soviet-war-scare-vue-par-la-cia-ii\">20 septembre 2003<\/a>.<\/p>\n<\/p>\n<p><h4><em>dedefensa.org<\/em><\/h4>\n<\/p>\n<p><p>_________________________<\/p>\n<\/p>\n<\/p>\n<p><h2 class=\"titleset_b.deepgreen\" style=\"color:#75714d; font-size:1.65em; font-variant:small-caps\">Threat of a nuke war at its greatest since 1983<\/h2>\n<\/p>\n<p><p>When the Commander of NATO says he is a fan of flexible first strike at the same time that NATO is flexing its military muscle on Russia&rsquo;s border, the risk of inadvertent nuclear war is real.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>US Air Force Gen. Tod D Wolters told the Senate this week he \u00ab\u00a0<em>is a fan of flexible first strike<\/em>\u00a0\u00bb regarding NATO&rsquo;s nuclear weapons, thereby exposing the fatal fallacy of the alliance&rsquo;s embrace of American nuclear deterrence policy. <\/p>\n<\/p>\n<p><p>It was one of the most remarkable yet underreported <a href=\"https:\/\/www.c-span.org\/video\/?469657-1\/us-european-transportation-commands\" target=\"_blank\">exchanges<\/a> in recent Senate history. Earlier this week, during the testimony before the Senate Armed Services Committee of General Tod Wolters, the commander of US European Command and, concurrently, as the Supreme Allied Commander in Europe (SACEUR) also the military head of all NATO armed forces, General Wolters engaged in a short yet informative exchange with Senator Deb Fischer, a Republican from the state of Nebraska.  <\/p>\n<\/p>\n<p><p>Following some initial questions and answers focused on the alignment of NATO&rsquo;s military strategy with the 2018 National Defense Strategy of the US, which codified what Wolters called <em>\u00ab\u00a0the malign influence on behalf of Russia<\/em>\u00a0\u00bb toward European security, Senator Fischer asked about the growing recognition on the part of NATO of the important role of US nuclear deterrence in keeping the peace. \u00ab\u00a0<em>We all understand that our deterrent, the TRIAD, is the bedrock of the security of this country<\/em>,\u00a0\u00bb Fischer noted. \u00ab\u00a0<em>Can you tell us about what you are hearing&hellip;from our NATO partners about this deterrent?<\/em>\u00ab\u00a0<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Wolters responded by linking the deterrence provided to Europe by the US nuclear TRIAD with the peace enjoyed on the European continent over the past seven decades. Fischer asked if the US nuclear umbrella was \u00ab\u00a0<em>vital in the freedom of NATO members<\/em>\u00ab\u00a0; Wolters agreed. Remarkably, Wolters linked the role of nuclear deterrence with the NATO missions in Iraq, Afghanistan and elsewhere outside the European continent. NATO&rsquo;s mission, he said, was to \u00ab\u00a0<em>proliferate deterrence to the max extent practical to achieve greater peace<\/em>.\u00a0\u00bb<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Then came the piece de resistance of the hearing. \u00ab\u00a0<em>What are your views, Sir<\/em>,\u00a0\u00bb Senator Fischer asked, \u00ab\u00a0<em>of adopting a so-called no-first-use policy. Do you believe that that would strengthen deterrence?<\/em>\u00ab\u00a0<\/p>\n<\/p>\n<p><p>General Wolters&rsquo; response was straight to the point. \u00ab\u00a0<em>Senator, I&rsquo;m a fan of flexible first use policy.<\/em>\u00ab\u00a0<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Under any circumstance, the public embrace of a \u00ab\u00a0<em>flexible first strike<\/em>\u00a0\u00bb policy regarding nuclear weapons employment by the Supreme Allied Commander in Europe should generate widespread attention. When seen in the context of the recent deployment by the US of a low-yield nuclear warhead on submarine-launched ballistic missiles carried onboard a Trident submarine, however, Wolters&rsquo; statement is downright explosive. Add to the mix the fact the US recently carried out a wargame where the US Secretary of Defense practiced the procedures for launching this very same \u00ab\u00a0<em>low yield<\/em>\u00a0\u00bb weapon against a Russian target during simulated combat between Russia and NATO in Europe, and the reaction should be off the charts. And yet there has been deafening silence from both the European and US press on this topic.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>There is, however, one party that paid attention to what General Wolters had to say&ndash;Russia. In a statement to the press on February 25&ndash;the same date as General Wolters&rsquo; testimony, Sergey Lavrov, the Russian Foreign Minister  <a href=\"https:\/\/tass.com\/politics\/1123545\" target=\"_blank\">stated<\/a>  that \u00ab\u00a0<em>We note with concern that Washington&rsquo;s new doctrinal guidelines considerably lower the threshold of nuclear weapons use.<\/em>\u00a0\u00bb Lavrov added that this doctrine had to be viewed in the light \u00ab\u00a0<em>of the persistent deployment of US nuclear weapons on the territory of some NATO allies and the continued practice of the so-called joint nuclear missions.<\/em>\u00ab\u00a0<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Rather than embracing a policy of \u00ab\u00a0<em>flexible first strike<\/em>\u00ab\u00a0, Lavrov suggested that the US work with Russia to re-confirm \u00ab\u00a0<em>the Gorbachev-Reagan formula, which says that there can be no winners in a nuclear war and it should never be unleashed<\/em>.\u00a0\u00bbThis proposal was made 18 months ago, Lavrov noted, and yet the US has failed to respond.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Complicating matters further are the &lsquo;Defender 2020&rsquo; NATO military exercises underway in Europe, involving tens of thousands of US troops in one of the largest training operations since the end of the Cold War. The fact that these exercises are taking place at a time when the issue of US nuclear weapons and NATO&rsquo;s doctrine regarding their employment against Russia is being actively tracked by senior Russian authorities only highlights the danger posed.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>On February 6, General Valery Gerasimov, the Russian Chief of Staff, met with General Wolters to discuss &lsquo;Defender 2020&prime; and concurrent Russian military exercises to be held nearby to deconflict their respective operations and avoid any unforeseen incidents. This meeting, however, was held prior to the reports about a US\/NATO nuclear wargame targeting Russian forces going public, and prior to General Wolters&rsquo; statement about \u00ab\u00a0flexible first use\u00a0\u00bb of NATO nuclear weapons.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>In light of these events, General Gerasimov met with French General Fan\u00e7ois Lecointre, the Chief of the Defense Staff, to express Russia&rsquo;s concerns over NATO&rsquo;s military moves near the Russian border, especially the Defender 2020 exercise which was, General Gerasimov noted, \u00ab\u00a0held on the basis of anti-Russian scenarios and envisage training for offensive operations.\u00a0\u00bb<\/p>\n<\/p>\n<p><p>General Gerasimov&rsquo;s concerns cannot be viewed in isolation, but rather must be considered in the overall historical context of NATO-Russian relations. Back in 1983, the then-Soviet Union was extremely concerned about a series of realistic NATO exercises, known as &lsquo;Able Archer &rsquo;83,&rsquo; which in many ways mimicked the modern-day Defender 2020 in both scope and scale. Like Defender 2020, Able Archer &rsquo;83 saw the deployment of tens of thousands of US forces into Europe, where they assumed an offensive posture, before transitioning into a command post exercise involving the employment of NATO nuclear weapons against a Soviet target.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>So concerned was Moscow about these exercises, and the possibility that NATO might use them as a cover for an attack against Soviet forces in East Germany, that the Soviet nuclear forces were placed on high alert. Historians have since observed that the threat of nuclear war between the US and the USSR was at that time the highest it had been since the Cuban Missile Crisis in 1962.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>US and NATO officials would do well to recall the danger to European and world security posed by the \u00ab\u00a0Able Archer &rsquo;83\u00a0\u00bb exercise and the potential for Soviet miscalculations when assessing the concerns expressed by General Gerasimov today. The unprecedented concentration of offensive NATO military power on Russia&rsquo;s border, coupled with the cavalier public embrace by General Wolters of a \u00ab\u00a0flexible first strike\u00a0\u00bb nuclear posture by NATO, has more than replicated the threat model presented by Able Archer &rsquo;83. In this context, it would not be a stretch to conclude that the threat of nuclear war between the US and Russia is the highest it has been since Able Archer &rsquo;83.<\/p>\n<\/p>\n<p><h4>Scott Ritter<\/h4><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>2020 bien pire que 1983 Scott Ritter, nouveau et int\u00e9ressant (bien inform\u00e9) collaborateur de RT.com, a donn\u00e9 hier 29 f\u00e9vrier 2020 un article qui doit retenir notre attention sur la question (le doctrine) de \u00ab\u00a0l&rsquo;usage en premier du nucl\u00e9aire\u00a0\u00bb. 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