{"id":79184,"date":"2020-03-30T17:14:40","date_gmt":"2020-03-30T17:14:40","guid":{"rendered":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/2020\/03\/30\/le-temps-du-tout-devenant-rien\/"},"modified":"2020-03-30T17:14:40","modified_gmt":"2020-03-30T17:14:40","slug":"le-temps-du-tout-devenant-rien","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/2020\/03\/30\/le-temps-du-tout-devenant-rien\/","title":{"rendered":"Le temps du \u201cTout devenant Rien\u201d"},"content":{"rendered":"<p><h2 class=\"titleset_a.deepgreen\" style=\"color:#75714d; font-size:2em\">Le temps du \u00ab\u00a0Tout devenant Rien\u00a0\u00bb<\/h2>\n<\/p>\n<p><p>Ainsi empruntons-nous cet exercice linguistique \u00e9pique d&rsquo;un humoriste-amateur jouant au philosophe parlant de la globalisation, et que nous avons plagi\u00e9 pour le titre : &#8230;Et dans ce titre, \u00ab\u00a0&lsquo;Rien&rsquo; signifie effectivement le n\u00e9ant, ou plut\u00f4t la n\u00e9antisation du &lsquo;Tout&rsquo;, et &lsquo;Tout&rsquo; signifiant ce qui apparaissait d&rsquo;abord \u00e0 notre perception tromp\u00e9e et fauss\u00e9e et qui s&rsquo;est trouv\u00e9 r\u00e9duite \u00e0 la catastrophe du &lsquo;Rien&rsquo;, et donc d\u00e9voilant la v\u00e9ritable non-essence du &lsquo;Rien&rsquo; en le r\u00e9duisant infiniment \u00e0 un exercice de n\u00e9antisation.\u00a0\u00bb Tout cela, souffle court, pour introduire notre commentaire au texte de  <a href=\"https:\/\/www.blogger.com\/profile\/16856496814528129633\">Karine Bechet-Golovko<\/a> sur son site <em>Russie Politics <\/em>du  <a href=\"http:\/\/russiepolitics.blogspot.com\/2020\/03\/billet-du-vendredi-coronavirus.html#more\">27 mars 2020<\/a>. <\/p>\n<\/p>\n<p><p>(On a d\u00e9j\u00e0 cit\u00e9 ou repris Bechet-Kolovko \u00e0 plusieurs reprises, comme on peut le voir par exemple le  <a href=\"https:\/\/www.dedefensa.org\/article\/simulacre-le-virus-dans-sa-bulle\">6 f\u00e9vrier 2020<\/a>, d\u00e9j\u00e0 \u00e0 propos de la crise-Covid19. Fran\u00e7aise, avocate r\u00e9sidant \u00e0 Moscou, certainement d&rsquo;une tendance ind\u00e9pendante qui se fait antiSyst\u00e8me \u00e0 diverses occasions, le plus souvent favorable \u00e0 la Russie poutinienne mais ponctuellement critique de sa politique quand elle juge que cela s&rsquo;impose&#8230;)<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Ce texte que nous pr\u00e9sentons est particuli\u00e8rement exemplaire par le rythme implicite, peut \u00eatre involontaire, qu&rsquo;il nous propose, entre des remarques qui mettent en \u00e9vidence la puissance triomphale de la globalisation dont la crise-Covid19 est l&rsquo;affirmation, et la d\u00e9faite catastrophique de la globalisation qu&rsquo;implique ce triomphe de la crise-Covid19, tout simplement parce que cette crise s\u00e8me le d\u00e9sordre, la d\u00e9solation, une v\u00e9ritable pand\u00e9mie d&rsquo;angoisse cosmique et de fin de civilisation, finalement une sorte d'\u00a0\u00bbemprisonnement dans l&rsquo;impossibilit\u00e9 d&rsquo;\u00eatre\u00a0\u00bb qui serait impos\u00e9e \u00e0 l&rsquo;esp\u00e8ce humaine. Cette contradiction en soi, &ndash; dont le sujet ici est la globalisation, mais on y reconna&icirc;tra le Syst\u00e8me en fin de compte, &ndash; ne peut d\u00e9boucher que sur un acte de rupture.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Il sera cette fois tr\u00e8s difficile d&rsquo;\u00e9vacuer la n\u00e9cessaire enqu\u00eate, d\u00e9bouchant \u00e9ventuellement sur le proc\u00e8s de la globalisation \u00e0 la lumi\u00e8re de la crise Covid19, et aussi \u00e0 la lumi\u00e8re qui va se faire de plus en plus exigeantes des crises dites-\u00ab\u00a0collat\u00e9rales\u00a0\u00bb (finance, \u00e9conomie, soci\u00e9t\u00e9, psychologie, etc.) qui sont d\u00e9j\u00e0 en cours de d\u00e9marrage et qui secouent le Syst\u00e8me lui-m\u00eame. Les pressions sont donc parall\u00e8les et compl\u00e9mentaires (la crise Covid19 relay\u00e9e plus tard par les crises \u00ab\u00a0collat\u00e9rales\u00a0\u00bb) en m\u00eame temps qu&rsquo;elles sont antagonistes (la crise Covid-19 emp\u00eachant de prendre toutes les mesures n\u00e9cessaires pour ralentir, voire ma&icirc;triser les crises \u00ab\u00a0collat\u00e9rales\u00a0\u00bb qui se nourrissent d\u00e9sormais de Covid-19). Plus encore, la violence tragique de Codiv-19, son caract\u00e8re presque biblique dans la perception qu&rsquo;on en a, avec la gigantesque communication en action, rendent sa n\u00e9gativit\u00e9 \u00e9ventuellement mortif\u00e8re pour le concept de globalisation encore plus forte et d\u00e9vastatrice.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>C&rsquo;est cette contradiction qui est particuli\u00e8rement importante et redoutable dans l&rsquo;encha&icirc;nement des dynamiques crisiques \u00e0 parti de Covid-19 comme d\u00e9tonateur. Il y a un dilemme crisique (un dilemme pour la crise du Syst\u00e8me\/pour le Syst\u00e8me) \u00e0 cause de l&rsquo;encha&icirc;nement de crises antagonistes dans leur traitement. C&rsquo;est un point que nous avons <a href=\"https:\/\/www.dedefensa.org\/article\/a-lombre-de-la-fin-des-temps\">d\u00e9j\u00e0 soulev\u00e9<\/a>, qui nous para&icirc;t absolument essentiel :<\/p>\n<\/p>\n<p><p>&laquo; [L]<em>a cause de ce gigantesque \u00e9pisode crisique ne r\u00e9pond pas aux normes du Syst\u00e8me, m\u00eame pour lutter contre lui, il n&rsquo;entre pas dans son jeu, moins encore il n&rsquo;y joue pas ; d&rsquo;o&ugrave; cette impression d&rsquo;une paralysie, d&rsquo;une impasse. Vous ne pouvez \u00e9viter de lutter contre Covid-19, bien entendu, mais pour lutter contre lui, \u00e0 l&rsquo;heure de la globalisation et de la vitesse extr\u00eame de toutes les sortes d&rsquo;actes et de pressions de la communication, il importe de prendre des mesures extr\u00eamement contraignantes qui emp\u00eachent de lutter contre les effets destructeurs des autres crises, les crises dites-\u00ab\u00a0<\/em>[collat\u00e9rales]<em>\u00ab\u00a0, <\/em>[et m\u00eame prendre des mesures qui aggravent ces crises dites-\u00ab\u00a0collat\u00e9rales\u00a0\u00bb en contredisant directement et ontologiquement les principes sur lesquels s&rsquo;appuie le Syst\u00e8me, &mdash; donc des mesures] <em>qui touchent le c&oelig;ur du Syst\u00e8me et le menacent<\/em>. &raquo;<\/p>\n<\/p>\n<blockquote>\n<p><p>Cet ensemble de facteurs, qui entrent pareillement dans l&rsquo;observation de la globalisation au moment o&ugrave;, comme l&rsquo;observe Bechet-Kolovko, elle \u00ab\u00a0triomphe\u00a0\u00bb et elle se constitue en catastrophe en m\u00eame temps, et dans les deux cas \u00e0 la lumi\u00e8re de Covid-19, conduit en effet \u00e0 un raisonnement du \u00ab\u00a0Tout et Rien\u00a0\u00bb, &ndash; ou \u00ab\u00a0Tout devient Rien\u00a0\u00bb, &ndash; o&ugrave; effectivement le \u00ab\u00a0Tout\u00a0\u00bb (la globalisation triomphante) devient en m\u00eame temps qu&rsquo;il triomphe, et parce qu&rsquo;il triomphe, la catastrophe (la globalisation catastrophique) que l&rsquo;on d\u00e9signe par le \u00ab\u00a0Rien\u00a0\u00bb puisqu&rsquo;elle se fait par un processus qu&rsquo;on peut, qu&rsquo;on doit juger \u00eatre un processus de n\u00e9antisation.<\/p>\n<\/p>\n<\/blockquote>\n<p><p>Cette contradiction formidable a d\u00e9j\u00e0 souvent montr\u00e9 le bout de son nez mais toujours dans une mesure assez faible, et toujours elle a pu vaille que vaille \u00eatre contenue par des mesures dilatoires, et surtout une communication \u00e0 mesure. Cette fois, la pand\u00e9mie Codiv-19 \u00e9tant ce qu&rsquo;elle est, ou dans tous les cas ce qu&rsquo;elle para&icirc;t \u00eatre en fonction des effets de pathologie et de morbidit\u00e9 importants avec le formidable effort de communication qui accompagne l&rsquo;ensemble, avec sa dur\u00e9e et l&rsquo;extr\u00eame difficult\u00e9 qu&rsquo;il y a \u00e0 la ma&icirc;triser, notamment avec des mesures qui d\u00e9clenchent et aggravent des crises objectivement antiSyst\u00e8me, avec enfin le d\u00e9sordre d\u00e9structurant et quasiment barbare discr\u00e9ditant tous les pouvoirs qui en r\u00e9sulte, les man&oelig;uvres pour sauvegarder la bonne r\u00e9putation et la n\u00e9cessit\u00e9s de la globalisation, de dilatoires deviennent d\u00e9risoires. <\/p>\n<\/p>\n<p><p>C&rsquo;est pour cette raison que le texte de Bechet-Kolovko est bien exemplaire. Cette commentatrice n&rsquo;est en g\u00e9n\u00e9ral pas tr\u00e8s optimiste, par rapport \u00e0 la possibilit\u00e9 de r\u00e9sister au Syst\u00e8me, et mieux encore de l&rsquo;annihiler. Elle mentionne donc sans en rien dissimuler sa puissance qui est \u00e9vidente avec ce cas paradoxal du Covid-19 ; mais en m\u00eame temps, bien entendu, elle ne manque pas de faire alterner ce que ce \u00ab\u00a0triomphe\u00a0\u00bb de la globalisation a de catastrophique pour la globalisation.<\/p>\n<\/p>\n<blockquote>\n<p><p>Cette esp\u00e8ce de rythme contradictoire est aujourd&rsquo;hui une forme de pens\u00e9e qui nous est impos\u00e9e, d&rsquo;autant que les partisans de la globalisation continuent leurs man&oelig;uvres dilatoires-d\u00e9risoires (dilatoires mais de plus en plus d\u00e9risoires). La perception qui alimente notre pens\u00e9e, donc notre jugement, ne doit en aucun cas perdre de vue que la situation ne peut \u00eatre appr\u00e9ci\u00e9e sur un seul domaine, sur une seule crise, sur un seul penchant (positif ou n\u00e9gatif). Tout doit \u00eatre pris en compte, synth\u00e9tis\u00e9 et mesur\u00e9 selon l&rsquo;ensemble obtenu.<\/p>\n<\/p>\n<\/blockquote>\n<p><p>Ci-dessous, le texte de  <a href=\"https:\/\/www.blogger.com\/profile\/16856496814528129633\">Karine Bechet-Golovko<\/a> sur son site <em>Russie Politics <\/em>du  <a href=\"http:\/\/russiepolitics.blogspot.com\/2020\/03\/billet-du-vendredi-coronavirus.html#more\">27 mars 2020<\/a>. Le titre original est : &laquo; <em>Billet du vendredi : Coronavirus, av\u00e8nement et d\u00e9faite du monde global<\/em> &raquo;<\/p>\n<\/p>\n<p><h4><em>dedefensa.org<\/em><\/h4>\n<\/p>\n<p><p>_________________________<\/p>\n<\/p>\n<\/p>\n<p><h2 class=\"titleset_b.deepgreen\" style=\"color:#75714d; font-size:1.65em; font-variant:small-caps\">Covid19, av\u00e8nement et d\u00e9faite du monde global<\/h2>\n<\/p>\n<p><p>A premi\u00e8re vue paradoxalement, m\u00eame si \u00e0 la r\u00e9flexion il n&rsquo;y a pas forc\u00e9ment paradoxe, le coronavirus est \u00e0 la fois l&rsquo;av\u00e8nement et la d\u00e9faite du monde global. Av\u00e8nement, parce que, que ce soit avec enthousiasme ou avec r\u00e9ticence, les puissances se sont soumises, la plupart des pays ont introduit des mesures liberticides, les &Eacute;tats ont suivi des imp\u00e9ratifs ext\u00e9rieurs et abdiqu\u00e9 leur souverainet\u00e9. D\u00e9faite, car le monde global se pr\u00e9sente comme une soci\u00e9t\u00e9 carc\u00e9rale, faible, chaotique et barbare. Mais il n&rsquo;y a pas forc\u00e9ment paradoxe, car l&rsquo;id\u00e9ologie n\u00e9olib\u00e9rale, qui porte le monde global, est une d\u00e9construction, elle n&rsquo;est pas porteuse d&rsquo;une vision positive, ni de l&rsquo;homme qu&rsquo;elle a r\u00e9duit \u00e0 l&rsquo;individu, ni de l&rsquo;&Eacute;tat qu&rsquo;elle combat. Mais elle tente de modifier le syst\u00e8me de valeurs et les comportements sociaux, de modifier donc l&rsquo;homme de l&rsquo;int\u00e9rieur. Ce qui en fait un totalitarisme. Et pose la question de la fin du lib\u00e9ralisme.<\/p>\n<\/p>\n<p><p><strong>A plusieurs points de vue, le coronavirus est le visage du monde global. <\/strong><\/p>\n<\/p>\n<p><p>Sa prolif\u00e9ration a \u00e9t\u00e9 rendue possible par le culte du <strong>mouvement incessant<\/strong>, par cette manie des masses de passer le week-end \u00e0 Venise, les vacances d&rsquo;hiver pour les Chinois \u00e0 Paris par exemple, quand les habitants des pays temp\u00ear\u00e9s ou froids cherchent le soleil et la chaleur. S&rsquo;\u00e9talant sur une plage, marchant sur des montagnes ou dans des rues, agglutin\u00e9s derri\u00e8re des guides. Pour des vacances culturelles ou extr\u00eames. Pour vivre quelques jours des r\u00eaves de Photoshop. &Eacute;changeant leurs appartements \u00e0 travers le monde, car ce monde est Un, il est donc le Tout. Devenu indiff\u00e9renci\u00e9. La circulation intempestive des individus&#8230; et des virus. En pleine spirale d&rsquo;acculturation.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Son ancrage a \u00e9t\u00e9 rendu possible par le <strong>monopole du discours m\u00e9diatique<\/strong>, qui est largement r\u00e9percut\u00e9 et amplifi\u00e9 par les r\u00e9seaux sociaux, caisse de r\u00e9sonance de la globalisation, o&ugrave; la plupart des gens  <em>r\u00e9agissent<\/em>. C&rsquo;est-\u00e0-dire se placent sur le plan de l&rsquo;instinct et du sentiment, ces points faibles par lesquels ils sont magnifiquement manipulables. Et il faut reconna&icirc;tre que la communication de masse a \u00e9t\u00e9 \u00e9lev\u00e9e au niveau de l&rsquo;art.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>La capitulation des puissances et des <strong>&Eacute;tats <\/strong> a, pour sa part, \u00e9t\u00e9 rendue possible par des  <strong>d\u00e9cennies d&rsquo;affaiblissement et de d\u00e9mant\u00e8lement<\/strong>. Apr\u00e8s la Seconde Guerre mondiale, l&rsquo;&Eacute;tat, en tant que tel, est devenu l&rsquo;incarnation du Mal et lui ont \u00e9t\u00e9 accol\u00e9s tous les qualificatifs \u00e0 connotations n\u00e9gatives, tels que l&rsquo;ordre, la r\u00e8gle, la force. Face \u00e0 lui, le culte de l&rsquo;individu, faisant passer la soci\u00e9t\u00e9 du holisme \u00e0 l&rsquo;individualisme, s&rsquo;est structur\u00e9 autour de la soci\u00e9t\u00e9 civile, sacralis\u00e9e comme espace de r\u00e9alisation des libert\u00e9s. Les politiques publiques ont suivi le mouvement, sur la vague de la fausse rationalit\u00e9 du management, les services publics ont \u00e9t\u00e9 d\u00e9structur\u00e9s : car le priv\u00e9 fait <em>a priori <\/em>mieux que l&rsquo;&Eacute;tat, surtout lorsque des conditions d\u00e9favorables sont mises en place pour les structures publiques. Apr\u00e8s d\u00e9structuration, \u00e9videmment, l&rsquo;&Eacute;tat fonctionne mal, il perd donc de sa l\u00e9gitimit\u00e9, il est affaibli et petit \u00e0 petit int\u00e9gr\u00e9 dans un maillage de structures supranationales, &ndash; r\u00e9gionales et internationales, qui, sans fondement d\u00e9mocratique, d\u00e9veloppent une supra-gouvernance. Ce m\u00e9canisme \u00e9tait parfaitement bien huil\u00e9 et l&rsquo;&Eacute;tat m\u00eame lui \u00e9tait n\u00e9cessaire : ce qui \u00e9tait mal fait \u00e9tait de la responsabilit\u00e9 de cet &Eacute;tat encombrant mais que l&rsquo;on gardait par habitude, heureusement les organismes supranationaux \u00e9taient l\u00e0 pour compenser. L&rsquo;image-type en Europe est la CEDH, pr\u00e9sent\u00e9e comme le seul lieu de justice ind\u00e9pendante, qui va apporter la Justice aux populations sous le joug de leur justice \u00e9tatique. Ce mythe a \u00e9t\u00e9 particuli\u00e8rement d\u00e9velopp\u00e9 dans l&rsquo;espace post-sovi\u00e9tique, pour des raisons id\u00e9ologiques \u00e9videntes. Le rapport r\u00e9cent d\u00e9montrant les liens entre cette Cour \u00ab\u00a0ind\u00e9pendante\u00a0\u00bb et les ONG, principalement du r\u00e9seau Soros, soul\u00e8ve de nombreuses questions (voir  <a href=\"https:\/\/russiepolitics.blogspot.com\/2020\/02\/de-la-banque-mondiale-la-cedh-limpasse.html\">notre texte<\/a> sur le dysfonctionnement des temples du monde globalis\u00e9).<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Et le coronavirus est une d\u00e9monstration formidable de tout cela. Les &Eacute;tats ont suivi, certains en tra&icirc;nant la patte, d&rsquo;autres en premiers de cord\u00e9e, mais ils l&rsquo;on fait. &Eacute;videmment sans aucune r\u00e9\u00e9valuation des r\u00e9formes n\u00e9olib\u00e9rales ayant conduit, notamment, \u00e0 la d\u00e9sorganisation du syst\u00e8me de sant\u00e9. Ponctuellement, on peut refinancer, mais aucune r\u00e9flexion syst\u00e9mique n&rsquo;est admise. Le point culminant est le confinement de la population. Qui de toute mani\u00e8re est limit\u00e9 par l&rsquo;impossibilit\u00e9 de confiner les SDF, qui se heurte aux masses de migrants, aux quartiers o&ugrave; la loi r\u00e9publicaine n&rsquo;est m\u00eame plus un vieux souvenir. L&rsquo;on en arrive \u00e0  l&rsquo;<a href=\"http:\/\/www.rfi.fr\/fr\/afrique\/20200326-coronavirus-confinement-total-afrique-sud\" target=\"_blank\">Afrique du Sud<\/a>, premier &Eacute;tat africain \u00e0 d\u00e9cider du confinement. Et comme tout nouveau converti, il veut \u00eatre plus saint que le Pape. M\u00eame les chiens ne doivent pas \u00eatre sortis. Pourtant, 20% de la population vit dans des bidonvilles. <\/p>\n<\/p>\n<p><p>Sauf, que certaines structures supra-\u00e9tatiques sont inefficaces, comme l&rsquo;UE. En revanche d&rsquo;autres, comme l&rsquo;OMS, ont pris du galon. <em>L&rsquo;on passe ici encore d&rsquo;un cran : de la r\u00e9gionalisation \u00e0 la globalisation. <\/em>En ce sens, c&rsquo;est la fin du r\u00eave d&rsquo;un monde multipolaire. Par manque de r\u00e9sistance politique.<\/p>\n<\/p>\n<p><p><strong>Dans le m\u00eame temps, le coronavirus est le signe de la d\u00e9faite du monde global.<\/strong><\/p>\n<\/p>\n<p><p>Certains des mythes globalistes viennent de tomber. Celui du <strong>citoyen du monde<\/strong>. Aux poubelles de l&rsquo;histoire, il est rentr\u00e9 sur un territoire, restreint \u00e0 son logis. Faisant chuter avec lui le culte du d\u00e9placement incessant, <em>Je bouge donc je suis<\/em>. Remplac\u00e9 par <em>Je me terre donc je vis. <\/em>La libert\u00e9 tant attendue, qui soi-disant n&rsquo;\u00e9tait restreinte que parce que l&rsquo;Ettat \u00e9tait fort, vient d&rsquo;\u00eatre sacrifi\u00e9 sur l&rsquo;autel du dieu global. Il n&rsquo;est ni le premier, ni le dernier des dieux, et finalement est aussi exigeant que ses pr\u00e9d\u00e9cesseurs. Et comme eux, sa jeunesse a besoin de beaucoup de sang et de chair fra&icirc;che. Et comme les temps ont chang\u00e9, l&rsquo;arm\u00e9e est utilis\u00e9e non pas pour combattre un ennemi ext\u00e9rieur, mais pour que les populations se sacrifient elles-m\u00eames, sacrifient leur libert\u00e9. A ce nouveau dieu. Sans demander la restauration de l&rsquo;&Eacute;tat. Et comment les grands mouvements de migrants vont-ils se poursuivre ? O&ugrave; en sont-ils au fait ? Plus personne ne coule ? Il n&rsquo;y a plus de conflit \u00e0 fuir, de r\u00e9gime totalitaire et sanguinaire, qui poussent ces jeunes hommes forts sur les routes d&rsquo;Europe ? L&rsquo;on a m\u00eame vu des ph\u00e9nom\u00e8nes de  <strong>r\u00e9immigration  <\/strong>\u00e0 partir de la France.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Par ailleurs, les rares contenus de ce monde globaliste, par exemple la virtualisation, se heurtent aux difficult\u00e9s de la vie r\u00e9elle, m\u00eame dans les pays o&ugrave; le  <strong>num\u00e9rique<\/strong>  est un culte incontest\u00e9. Ainsi, en Russie, la tentative de num\u00e9riser totalement l&rsquo;enseignement et la recherche vient de s&rsquo;\u00e9craser contre le mur de la r\u00e9alit\u00e9. L&rsquo;enseignement \u00e0 distance dans les facs s&rsquo;est transform\u00e9 par la mise en vacances des \u00e9tudiants et des professeurs, qui apr\u00e8s une premi\u00e8re phase d&rsquo;engouement (pour ceux qui croyaient <em>enfin <\/em>avoir acc\u00e8s \u00e0 la technologie du futur, &ndash; tout est question de croyance) ont \u00e9t\u00e9 fortement d\u00e9\u00e7us et regrettaient un v\u00e9ritable enseignement. A l&rsquo;\u00e9cole, la situation n&rsquo;est pas meilleure. Au  <a href=\"https:\/\/tass.ru\/obschestvo\/8093483\" target=\"_blank\">Conseil de la F\u00e9d\u00e9ration<\/a>, l&rsquo;on envisage le prolongement de la p\u00e9riode scolaire apr\u00e8s cette pouss\u00e9e globale, car, je cite : &laquo; <em>Il y a forc\u00e9ment un moment o&ugrave; une communication directe est indispensable. Il est impossible de tout enseigner \u00e0 distance. <\/em>&raquo; <\/p>\n<\/p>\n<p><p><strong>Pour autant, il n&rsquo;est pas forc\u00e9ment paradoxal de consid\u00e9rer concomitantes l&rsquo;av\u00e8nement et la d\u00e9faite du monde global avec le coronavirus. <\/strong><\/p>\n<\/p>\n<p><p>Tout d&rsquo;abord, parce que  <strong>ce virus n&rsquo;est qu&rsquo;une phase de transition<\/strong>. Si l&rsquo;on sait d&rsquo;o&ugrave; l&rsquo;on vient, l&rsquo;on ne sait pas o&ugrave; l&rsquo;on va. D&rsquo;autant plus que la peur a fait abandonner aux populations les r\u00eanes du contr\u00f4le de la gouvernance et les pouvoirs nationaux, rendus \u00e0 leur inexistence, suivent aveugl\u00e9ment les recommandations globalistes. Ils ne sont plus des espaces de d\u00e9cision, mais d&rsquo;ex\u00e9cution. Plus ils sont faibles, et plus ils sont radicaux, sur le fond et sur la forme.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Nous assistons \u00e0 une  <strong>transformation de certaines valeurs<\/strong>. Ainsi,  <em>la libert\u00e9 est le crime; la r\u00e9clusion est la responsabilit\u00e9 <\/em>; etc. De la m\u00eame mani\u00e8re, certains<strong>  comportements sociaux  <\/strong>doivent \u00eatre modifi\u00e9s. Dans nos soci\u00e9t\u00e9s, traditionnellement, les jeunes g\u00e9n\u00e9rations doivent prendre soin des g\u00e9n\u00e9rations plus anciennes, ce qui garantit le cycle de la vie et la transmission interg\u00e9n\u00e9rationnelle. A Moscou, le maire a mis les personnes de plus de 65 ans \u00e0 domicile, demandant aux membres de leur famille de ne pas aller les voir, car ils pourraient les contaminer. Il vaut mieux garder le contact \u00e0 distance, par t\u00e9l\u00e9phone ou par internet. A la place du contact humain et rassurant de ses proches, des siens, un service de b\u00e9n\u00e9voles est pr\u00e9vu, qui peut les aider pour leurs courses, les m\u00e9dicaments, etc. Car il est bien connu que<em>  les volontaires, eux, ne sont pas porteurs de maladies<\/em>. Ce sont des volontaires. A la diff\u00e9rence des enfants et petits-enfants, qui sont extr\u00eamement dangereux. Pour le mod\u00e8le id\u00e9ologique.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Mais surtout, parce que<strong>  ce monde finalement n&rsquo;a rien \u00e0 proposer  <em>aux gens<\/em><\/strong>. La solitude pour une dur\u00e9e ind\u00e9termin\u00e9e. Des visites virtuelles de mus\u00e9es ? Regarder les spectacles \u00e0 la maison ? Vous pensez r\u00e9ellement que des metteurs en sc\u00e8ne vont cr\u00e9er des spectacles qui ne seront jamais jou\u00e9s devant des spectateurs ? Que de v\u00e9ritables acteurs de th\u00e9\u00e2tre vont transformer leur art en pr\u00e9paration de s\u00e9ries pour la t\u00e9l\u00e9 ou le net ? Vous pensez vraiment que de v\u00e9ritables \u00e9crivains n&rsquo;ont pas envie de tenir leur livre dans leurs mains ? Comme toutes les id\u00e9ologies, celle-ci est une n\u00e9gation de la nature humaine.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Finalement, combien de temps la police et l&rsquo;arm\u00e9e vont-elles pouvoir contenir les populations ? <strong>La soci\u00e9t\u00e9 globale n&rsquo;est donc qu&rsquo;un r\u00eave carc\u00e9ral pour la majorit\u00e9<\/strong>. D\u00e8s que la population va relever la t\u00eate, l&rsquo;on pourra toujours trouver un virus pour la confiner. Reste la question \u00e9conomique. C&rsquo;est aussi la fin du lib\u00e9ralisme \u00e9conomique et \u00e0 c\u00f4t\u00e9 de ce qui se profile, la vision communiste \u00e9tait un doux r\u00eave. Au moins, il voulait cr\u00e9er un homme meilleur, d\u00e9gager des contingences du mat\u00e9rialisme pour l&rsquo;\u00e9lever spirituellement et culturellement. C&rsquo;est pourquoi il y a eu l&rsquo;enseignement de masse, l&rsquo;industrialisation massive, ce qui obligeait l&rsquo;Europe. Ce mouvement, qui a fait des puissances, une p\u00e9riode qui est marqu\u00e9e par une cr\u00e9ation litt\u00e9raire, cin\u00e9matographique, musicale, bref artistique que les fadaises actuelles ne peuvent faire oublier.  <strong>C&rsquo;est la fin du lib\u00e9ralisme, comme le communisme a pris fin.<\/strong>  Mais si l&rsquo;on savait dans les ann\u00e9es 90 que les pays de l&rsquo;Est \u00e9taient pris en main par l&rsquo;Occident dit lib\u00e9ral, l&rsquo;on ne sait pas tr\u00e8s bien ce qui s&rsquo;est empar\u00e9 de nos soci\u00e9t\u00e9s. Ce n&rsquo;est pas la fin des id\u00e9ologies, plut\u00f4t la fin de ce que l&rsquo;on conna&icirc;t. <\/p>\n<\/p>\n<p><p><strong>Et l&rsquo;avenir proche, avec ses crises sans fin, sa r\u00e9cession historique, ses crashs, son chaos, sa barbarie, est loin de l&rsquo;image des lendemains qui chantent. C&rsquo;est finalement \u00e0 nous de d\u00e9cider si c&rsquo;est la vision du monde que l&rsquo;on soutient.<\/strong><\/p>\n<\/p>\n<p><h4>Karine Bechet-Golovko<\/h4><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Le temps du \u00ab\u00a0Tout devenant Rien\u00a0\u00bb Ainsi empruntons-nous cet exercice linguistique \u00e9pique d&rsquo;un humoriste-amateur jouant au philosophe parlant de la globalisation, et que nous avons plagi\u00e9 pour le titre : &#8230;Et dans ce titre, \u00ab\u00a0&lsquo;Rien&rsquo; signifie effectivement le n\u00e9ant, ou plut\u00f4t la n\u00e9antisation du &lsquo;Tout&rsquo;, et &lsquo;Tout&rsquo; signifiant ce qui apparaissait d&rsquo;abord \u00e0 notre perception&hellip;&nbsp;<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"","ping_status":"","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"neve_meta_sidebar":"","neve_meta_container":"","neve_meta_enable_content_width":"","neve_meta_content_width":0,"neve_meta_title_alignment":"","neve_meta_author_avatar":"","neve_post_elements_order":"","neve_meta_disable_header":"","neve_meta_disable_footer":"","neve_meta_disable_title":"","_jetpack_memberships_contains_paid_content":false,"footnotes":""},"categories":[14],"tags":[15878,6045,5648,2632,16282,11994,17733,6320,4073],"class_list":["post-79184","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-ouverture-libre","tag-bechet-golovko","tag-catastrophe","tag-covid-19","tag-globalisation","tag-karine","tag-neantisation","tag-non-essence","tag-pandemie","tag-triomphe"],"jetpack_featured_media_url":"","jetpack_sharing_enabled":true,"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/79184","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=79184"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/79184\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=79184"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=79184"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=79184"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}