{"id":79516,"date":"2020-11-10T14:32:45","date_gmt":"2020-11-10T14:32:45","guid":{"rendered":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/2020\/11\/10\/initiation-au-desespoir-relatif\/"},"modified":"2020-11-10T14:32:45","modified_gmt":"2020-11-10T14:32:45","slug":"initiation-au-desespoir-relatif","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/2020\/11\/10\/initiation-au-desespoir-relatif\/","title":{"rendered":"Initiation au d\u00e9sespoir relatif"},"content":{"rendered":"<p><h2 class=\"titleset_b.deepgreen\" style=\"color:#75714d; font-size:1.65em; font-variant:small-caps\">Initiation au d\u00e9sespoir relatif<\/h2>\n<\/p>\n<p><p>10 novembre 2020 &ndash; Ici, \u00e0 ce point, je marque un temps d&rsquo;arr\u00eat par rapport aux \u00e9v\u00e9nement extr\u00eamement rapides des Temps-Courants (Tr\u00e8s-Vite). Il s&rsquo;agit d&rsquo;un  texte qui me renvoie \u00e0 mes souvenirs mais dont on verra qu&rsquo;il n&rsquo;est pas sans int\u00e9r\u00eat pour ces m\u00eames Temps Courants.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Ce qui m&rsquo;attache et me fascine, ce sont les engagements des uns et des autres, au travers de l&rsquo;imbroglio du simulacre qui est devenu la nature m\u00eame du monde. Il faut savoir naviguer, comme au milieu d&rsquo;une mer d\u00e9cha&icirc;n\u00e9e sur les brisants du Cao Horn, ce lieu mythique des mers perdues qui terrorise tous les marins du monde. Nous sommes effectivement au c&oelig;ur d&rsquo;une s\u00e9quence mythique de l&rsquo;histoire du monde, une sorte de Cap Horn de l&rsquo;histoire de notre pseudo-civilisation, qui pourrait s&rsquo;\u00e9carteler comme sur un iceberg, et se volatiliser en une ferraille \u00e0 deux balles comme celle du <em>Titanic<\/em> apr\u00e8s un si\u00e8cle et 20 000 lieues sous les mers<em>.<\/em> Il y a \u00e0 la fois la m\u00e9diocre impuissance humaine, les arnaques et les ambitions des faiseurs, des Biden et des Macron, de leurs discours, de leurs sourires, de leurs masques ; et puis, il y a les \u00e2mes po\u00e9tiques, celles qui vibrent en regardant une cath\u00e9drale ou une sculpture de Rodin.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Le texte auquel je me r\u00e9f\u00e8re, du <a href=\"http:\/\/www.tomdispatch.com\/post\/176769\/tomgram%3A_engelhardt%2C_we%27ve_been_on_donald_trump%27s_road_for_a_long%2C_long_time\/#more\">1er novembre 2020<\/a> dans <em>TomDispatch.com<\/em> (et le <a href=\"https:\/\/www.counterpunch.org\/2020\/11\/03\/beyond-our-control-america-in-the-mid-70s-and-2020\/\">3 novembre<\/a>, dans une version plus courte, sur <em>CounterPunch<\/em>), me renvoie assez curieusement aux \u00e9v\u00e9nements de deux p\u00e9riodes, &ndash; ceux des ann\u00e9es1960-1970,  et des proximit\u00e9s ou des amiti\u00e9s litt\u00e9raires et initiatiques, &ndash; ceux des ann\u00e9es 1999-2008 et des proximit\u00e9s ou des amiti\u00e9s politiques et initiatiques. Il y a au d\u00e9part de cette courte r\u00e9flexion, un auteur am\u00e9ricain, bloggeur de grand talent sur son site <em>TomDispatch<\/em>, Tom Engelhardt, qui doit avoir mon \u00e2ge \u00e0 peu pr\u00e8s ; et les multiples croisements, engagements, solidarit\u00e9s variables selon les tournants inattendus d&rsquo;une \u00e9poque qui est enti\u00e8rement, totalement, eschatologiquement faite de simulacres.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Ce sont des remarques qui ne sont pas m\u00e9lancoliques mais qui ont un certain appr\u00eat de la nostalgie, &ndash; dont on sait que, chez moi, le mot est charg\u00e9 <a href=\"https:\/\/www.dedefensa.org\/article\/de-la-nostalgie-infinie\">d&rsquo;esp\u00e9rances d&rsquo;au-del\u00e0<\/a> de l&rsquo;horizon et d&rsquo;au-dessus de notre ciel trop limit\u00e9 et qui ne peut pr\u00e9tendre \u00eatre &lsquo;des cieux&rsquo;. Il y a comme un m\u00e9lange de tristesse, de fatalit\u00e9, et aussi de cette nostalgie si roboratives chez moi, et autant d&rsquo;instruments qui permettent de mesurer l&rsquo;incroyable m\u00e9diocrit\u00e9 \u00e0-la-Mordor \u00e0 laquelle sacrifient les cr\u00e9atures, de droite ou de gauche, trumpistes ou antitrumpistes qu&rsquo;importe, qui sont les ennemis jur\u00e9s parce qu&rsquo;esclaves du Mordor, de la haute culture, de l&rsquo;\u00e2me po\u00e9tique, de tout ce qui vous fait et nous fait supporter d&rsquo;\u00eatre ce que nous sommes.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>J&rsquo;ai connu Engelhardt sans jamais le rencontrer, et je suis \u00e0 peu pr\u00e8s s&ucirc;r, &ndash; disons \u00e0 105%-110%, &ndash; qu&rsquo;il ne me conna&icirc;t pas. Ce n&rsquo;est rien, <em>nothing personal<\/em>. Quoi qu&rsquo;il en soit, entre 1999-2002 et 2008-2009, Engelhardt fut une de mes grandes r\u00e9f\u00e9rences politico-culturelles sur le net, disons au niveau de mes plus proches inconnus, les Raimondo et quelques autres amis que nous ne conn&ucirc;mes jamais. A partir de 2010-2011, nos chemins, celui d&rsquo;Engelhardt et le mien, ont commenc\u00e9 \u00e0 diverger. Engelhardt est un homme r\u00e9solument, d\u00e9finitivement \u00ab\u00a0\u00e0 gauche\u00a0\u00bb, mais comme on peut l&rsquo;\u00eatre d&rsquo;une certaine fa\u00e7on aux USA, c&rsquo;est-\u00e0-dire \u00e0 la fois \u00ab\u00a0de gauche\u00a0\u00bb et dissident, ce qui est une cat\u00e9gorie pratiquement introuvable en France o&ugrave;, depuis Robespierre et la guillotine et <a href=\"https:\/\/www.dedefensa.org\/article\/mon-18-juin\">jusqu&rsquo;\u00e0 la collaboration<\/a> (le fait majoritairement de la gauche radicale-socialiste et des dreyfusards, et du PCF jusqu&rsquo;au 21 juin 1941) et au communisme-stalinien, la gauche est du c\u00f4t\u00e9 des institutions \u00e9tablies et tr\u00e8s occup\u00e9es \u00e0 trahir dans la continuit\u00e9 la nation-fran\u00e7aise, pour en fournir avec constance et d\u00e9votion les rangs toujours grouillants du \u00ab\u00a0parti de l&rsquo;\u00e9tranger\u00a0\u00bb.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Voici un passage, dans le texte d&rsquo;Engelhardt du 3 novembre 2020, qui m&rsquo;arr\u00eate. On le lit, si vous le voulez bien, apr\u00e8s que j&rsquo;en ai fait mon beurre, en esp\u00e9rant que nous en ferez le v\u00f4tre&#8230;<\/p>\n<\/p>\n<p><p>&laquo; <em>C&rsquo;\u00e9tait l&rsquo;\u00e9t\u00e9, il y a pr\u00e8s d&rsquo;un demi-si\u00e8cle, quand je suis mont\u00e9 dans cette camionnette Volkswagen et que j&rsquo;ai commenc\u00e9 mon voyage \u00e0 travers le pays avec Peter, un ami photographe. Je le faisais officiellement en tant que reporter pour une petite agence d&rsquo;information de San Francisco, ayant \u00e9t\u00e9 envoy\u00e9 pour rendre compte de l&rsquo;humeur de la nation dans un moment si politiquement charg\u00e9. La guerre du Vietnam, avec toutes ses protestations et ses troubles int\u00e9rieurs, venait de se terminer <\/em>[avec l&rsquo;accord de Paris de janvier 1973] [et se terminerait officiellement en avril 1975] <em> lorsque les troupes nord-vietnamiennes <\/em>[entreraient]<em> dans la capitale sud-vietnamienne, Saigon. Le pr\u00e9sident des &Eacute;tats-Unis, Richard Nixon, \u00e9tait alors pris au pi\u00e8ge d&rsquo;un scandale de plus en plus grave appel\u00e9 &lsquo;Watergate&rsquo;<\/em>.<\/p>\n<p>&raquo; <em>Et voici une chose bien \u00e9trange. Je me sentais pi\u00e9g\u00e9, moi aussi. D&rsquo;une certaine fa\u00e7on, je me sentais perdu. Comme je l&rsquo;ai dit \u00e0 l&rsquo;\u00e9poque (et cela devrait vous rappeler quelque chose, m\u00eame si, en 1973, je ne parlais que de la version t\u00e9l\u00e9vis\u00e9e du journal t\u00e9l\u00e9vis\u00e9), \u00ab\u00a0Ce qui semblait un film projet\u00e9 sur l&rsquo;\u00e9cran a hant\u00e9 toute ma vie. D&rsquo;une certaine mani\u00e8re, je voulais l&rsquo;interrompre et d\u00e9couvrir de nouveaux points de r\u00e9f\u00e9rence plus humains, un v\u00e9ritable centre de gravit\u00e9\u00a0\u00bb. J&rsquo;avais envie de sortir de ce monde et d&rsquo;accomplir l&rsquo;initiation de la vraie Am\u00e9rique, l&rsquo;initiation selon Jack Kerouac : partir &lsquo;On the Road&rsquo;<\/em> [\u00ab\u00a0<em>Sur la route<\/em>\u00ab\u00a0]. &raquo;<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Dans cette introduction, rien ne m&rsquo;est \u00e9tranger, ni incompr\u00e9hensible (avec cette petite erreur que Engelhardt situe la chute de Saigon en 1973 alors qu&rsquo;elle eut lien en 1975, et qu&rsquo;entretemps on avait chang\u00e9 d&rsquo;\u00e9poque, &ndash; et peut-\u00eatre ce changement d&rsquo;\u00e9poque, que je situe avec l&rsquo;ann\u00e9e 1974 et la crise p\u00e9troli\u00e8re, le &lsquo;Watergate&rsquo; et la d\u00e9mission de Nixon, etc., joue-t-il un r\u00f4le dans ce lapsus<em>.<\/em>). Ce qui est \u00e9trange, \u00e9galement, c&rsquo;est que le jeune homme am\u00e9ricain, d\u00e9senchant\u00e9 par l&rsquo;issue de ces terribles ann\u00e9es, que ce soit cette vraie-fausse paix du Vietnam ou le d\u00e9bat du &lsquo;Watergate&rsquo;, d\u00e9cide de partir \u00ab\u00a0<em>On the Road<\/em>\u00a0\u00bb pour retrouver l&rsquo;\u00e2me de l&rsquo;Am\u00e9rique, \u00e0 l&rsquo;imitation d&rsquo;un Am\u00e9ricain-<a href=\"https:\/\/fr.wikipedia.org\/wiki\/Acadie\">Acadien<\/a> d&rsquo;origine fran\u00e7aise, et si Fran\u00e7ais par certains aspects, Jacques \u00ab\u00a0Ti Jean&rsquo; <a href=\"https:\/\/www.dedefensa.org\/article\/cannes-au-soleil-noir-de-la-beat-generation\">Kerouac<\/a> (du clan breton des Jean-Louis Le Bris de Kerouac). Kerouac \u00e9tait venu auparavant en Bretagne, en 1965, alors que, &ndash; co\u00efncidence ou autre \u00e0 propos de laquelle le Ciel, qu&rsquo;Il en prenne note, aurait quelques comptes \u00e0 nous rendre, &ndash; je faisais moi-m\u00eame mes classes de matelot de la Marine Nationale, au Centre de Formation Maritime de Brest. Moi, je rendais mon service national \u00e0 la France, &lsquo;Ti Jean, entendait, lui, rendre son service m\u00e9moriel pour retrouver les racines de sa propre famille. (Kerouac fit de cette visite en France le th\u00e8me de son dernier livre, &lsquo;<em>Satori \u00e0 Paris<\/em>&lsquo;, avant de mourir en 1969.)<\/p>\n<\/p>\n<p><p>&#8230; D&rsquo;ailleurs, et cela fera l&rsquo;objet d&rsquo;une autre \u00e9chapp\u00e9e, j&rsquo;ai ma th\u00e8se, moi, sur cette symbolique pr\u00e9sence d&rsquo;un gar\u00e7on si fran\u00e7ais et breton dans l&rsquo;origine, Kerouac, comme mythe et animateur d&rsquo;un mouvement si peu am\u00e9ricaniste et si authentiquement am\u00e9ricain, &ndash; les <em>Beatniks<\/em>, &ndash; pour soi-disant &lsquo;retrouver&rsquo; l&rsquo;\u00e2me de l&rsquo;Am\u00e9rique. On peut d\u00e9j\u00e0 lire un peu de cette r\u00e9flexion <a href=\"https:\/\/www.dedefensa.org\/article\/le-soleil-noir-de-la-beat-generation\">par ailleurs<\/a>&#8230;<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Quoi qu&rsquo;il en soit, Engelhardt s&rsquo;en alla \u00ab\u00a0<em>On the Road<\/em>\u00a0\u00bb avec l&rsquo;un ou l&rsquo;autre compagnon. Les ann\u00e9es pass\u00e8rent, les choses ne s&rsquo;am\u00e9lior\u00e8rent que dans des simulacres vains. Il y eut le compagnonnage entre lui et moi dont j&rsquo;ai parl\u00e9 plus haut, quand des gens de fortunes, d&rsquo;origines et de langues, de cultures si diff\u00e9rentes, se trouv\u00e8rent r\u00e9unis sans se conna&icirc;tre ni s&rsquo;\u00eatre jamais vus devant les agressions terribles que lan\u00e7ait contre eux le Syst\u00e8me. Et puis, le temps continuait \u00e0 passer, vous savez&#8230;<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Il faut dire qu&rsquo;apr\u00e8s 2008-2010, j&rsquo;ai \u00e9t\u00e9 moins souvent rendre visite \u00e0 Engelhardt, et presque plus du tout \u00e0 partir de 2015, lorsque Trump est apparu sur la sc\u00e8ne. Trump nous a s\u00e9par\u00e9s, c&rsquo;est vrai, nullement parce que nous y croyions ou pas, antitrumpiste ou trumpiste, mais parce qu&rsquo;il croyait aux contines id\u00e9ologiques contre Trump et que je croyais \u00e0 l&rsquo;analyse du faiseur de chaos pour-Trump. Sur le fond, je crois que ni lui ni moi n&rsquo;avions choisi de destination nouvelle ; mais nous avions choisi des chemins de traverse diff\u00e9rents.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>J&rsquo;ai peu de go&ucirc;t de devoir le dire, mais je crois qu&rsquo;il n&rsquo;a pas eu raison dans cette fausse querelle, cette non-querelle qui nous opposa. Lui, il fut tout de m\u00eame oblig\u00e9 de s&rsquo;engager sous une vraie banni\u00e8re (contraire de \u00ab\u00a0fausse-banni\u00e8re&rsquo;), cette banni\u00e8re <em>false-flag<\/em> de \u00ab\u00a0la gauche\u00a0\u00bb, selon les pitreries d&rsquo;\u00e9tiquette encore en vigueur. Engelhardt est surout sensible \u00e0 l&rsquo;effondrement du monde, la crise de l&rsquo;environnement et toutes ces choses, et il y avait des attitudes de Trump \u00e0 cet \u00e9gard qui le h\u00e9rissaient absolument ; je ne peux pas dire qu&rsquo;elles me satisfassent, moi, et je les trouve m\u00eame, comme Engelhardt, absolument ignobles et d\u00e9gueulasses, que l&rsquo;on aille du <em>fracking <\/em>\u00e0 cette sorte d&rsquo;adduction si am\u00e9ricaniste du p\u00e9trole, en passant par les mamours faites aux Saoudiens, et les guerres de clown sanglant faites aux Y\u00e9m\u00e9nites.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Mais je ne crois pas qu&rsquo;un Biden, ou son ersatz un peu noirci de peau qui va le remplacer vite-fait si on leur fait polace nette, y changera quoi que ce soit. Simplement, il le fera croire, et les nombreux et malheureux Engelhardt du monde entier tomberont \u00e0 nouveau dans le pi\u00e8ge. Tandis que ne pas \u00eatre contre Trump dans cette affaire comme dans tant d&rsquo;autres des cinq derni\u00e8res ann\u00e9es, mais sans lui \u00e9pargner la moindre critique, le moindre signe de m\u00e9pris, ce ne fut et ce n&rsquo;est en aucun cas \u00eatre pour tout ce que j&rsquo;ai critiqu\u00e9 et m\u00e9pris\u00e9. En n&rsquo;\u00e9tant pas pour Biden et en \u00e9tant quelquefois, quand il me pla&icirc;t, pour Trump, et surtout en \u00e9tant pour le d\u00e9sordre qu&rsquo;il suscite et la troiuille qu&rsquo;il leur cause, eh bien moi je suis libre et j&rsquo;accomplis ma Mission autant que faire se peut.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>C&rsquo;est tout de m\u00eame attristant ; lui qui souhaitait la victoire de Biden, y compris sa &lsquo;victoire&rsquo;-simulacre, il \u00e9crivait, deux jours avant que l&rsquo;on ne vot\u00e2t :<\/p>\n<\/p>\n<p><p>&laquo; <em>Pendant ce temps, la corporatisation, &ndash; j&rsquo;aurais pu alors la consid\u00e9rer comme une fast-foodatisation, &ndash; du pays que Peter, Nancy et moi traversions \u00e9tait d\u00e9j\u00e0 bien engag\u00e9e. Dans le m\u00eame temps, un nouveau type d&rsquo;in\u00e9galit\u00e9 entre tous les Am\u00e9ricains commen\u00e7ait \u00e0 peine \u00e0 se faire sentir dans ces ann\u00e9es-l\u00e0. Aujourd&rsquo;hui, alors que le premier milliardaire de la Maison-Blanche et d&rsquo;autres milliardaires, m\u00eame en pleine pand\u00e9mie, continuent \u00e0 faire des ravages alors que tant d&rsquo;Am\u00e9ricains souffrent, l&rsquo;in\u00e9galit\u00e9 qui a laiss\u00e9 Frank Nelson et ses pairs si d\u00e9sesp\u00e9r\u00e9ment mal \u00e0 l&rsquo;aise n&rsquo;a jamais cess\u00e9 de s&rsquo;accro&icirc;tre pour atteindre des niveaux vraiment stup\u00e9fiants. <\/em><\/p>\n<p>&raquo; <em>Croyez-moi, m\u00eame si Donald Trump doit quitter le Bureau ovale le 20 janvier 2021, nous serons toujours dans son Am\u00e9rique. Et 47 ans apr\u00e8s mon long et \u00e9trange voyage, je pense pouvoir vous garantir une chose : s&rsquo;il n&rsquo;y avait pas eu la pand\u00e9mie qui a frapp\u00e9 ce pays et qui a \u00e9cart\u00e9 tant d&rsquo;entre nous de tout chemin, un jeune reporter, fou et malheureux, pourrait encore se lancer &lsquo;On the Road&rsquo; dans ce XXIe si\u00e8cle et trouver des versions actualis\u00e9es de Frank Nelson \u00e0 foison (dont un nombre surprenant pourrait \u00eatre bien arm\u00e9 et en col\u00e8re).<\/em><\/p>\n<p>&raquo; <em>Bienvenue en Am\u00e9rique ! Il ne fait aucun doute que, si longtemps apr\u00e8s que Peter, Nancy et moi ayons emprunt\u00e9 cette route pas si ouverte que l&rsquo;on dit, nos vies et ce pays sont bien au-del\u00e0 de notre contr\u00f4le.<\/em><\/p>\n<p>&raquo; <em>En \u00e9crivant sur les personnes que j&rsquo;avais alors interview\u00e9es, [&#8230;] j&rsquo;ai dit \u00ab\u00a0Je ne doute pas qu&rsquo;ils se dirigent encore, comme moi, \u00e0 contrec&oelig;ur vers un avenir qui fera para&icirc;tre l&rsquo;\u00e9t\u00e9 1973 vraiment irr\u00e9el et nous laissera tous perplexes en nous demandant : la vie a-t-elle vraiment \u00e9t\u00e9 telle que nous l&rsquo;avons v\u00e9cue ?\u00a0\u00bb<\/em><\/p>\n<p>&raquo; <em>Dans l&rsquo;Am\u00e9rique de Covid-19, o&ugrave; la c\u00f4te ouest br&ucirc;le toujours, dans le Colorado emport\u00e9s dans des flammes d&rsquo;une dimension historique, o&ugrave; un nombre record de 11 temp\u00eates ont frapp\u00e9 la c\u00f4te du Golfe et ailleurs en cette saison des ouragans, o&ugrave; des crises naturelles ou pas s&rsquo;\u00e9l\u00e8vent de toutes parts, ne croyez pas une seconde que l&rsquo;expression \u00ab\u00a0hors de contr\u00f4le\u00a0\u00bb ne pourrait pas prendre un nouveau sens dans les d\u00e9cennies \u00e0 venir.<\/em><\/p>\n<p>&raquo; <em>Bienvenue dans une version plus extr\u00eame du monde que Frank Nelson et moi avons d\u00e9j\u00e0 habit\u00e9 en 1973<\/em>. &raquo;<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Comment ne pas mesurer sa tristesse et son d\u00e9sarroi, celui qui jeta l&rsquo;anath\u00e8me contre Donald Trump et qui \u00e9crit, deux jours avant l&rsquo;\u00e9lection : &laquo; <em>Croyez-moi, m\u00eame si Donald Trump doit quitter le Bureau ovale le 20 janvier 2021, nous serons toujours dans son Am\u00e9rique<\/em> &raquo; ?<\/p><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Initiation au d\u00e9sespoir relatif 10 novembre 2020 &ndash; Ici, \u00e0 ce point, je marque un temps d&rsquo;arr\u00eat par rapport aux \u00e9v\u00e9nement extr\u00eamement rapides des Temps-Courants (Tr\u00e8s-Vite). 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