{"id":79974,"date":"2021-11-18T17:52:41","date_gmt":"2021-11-18T17:52:41","guid":{"rendered":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/2021\/11\/18\/mergitur-nec-fluctuat\/"},"modified":"2021-11-18T17:52:41","modified_gmt":"2021-11-18T17:52:41","slug":"mergitur-nec-fluctuat","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/2021\/11\/18\/mergitur-nec-fluctuat\/","title":{"rendered":"\u201c<em>Mergitur Nec Fluctuat<\/em>\u201d"},"content":{"rendered":"<p><h2 class=\"titleset_b.deepgreen\" style=\"color:#75714d; font-size:1.65em; font-variant:small-caps\">\u00ab\u00a0<em>Mergitur Nec Fluctuat<\/em>\u00ab\u00a0<\/h2>\n<\/p>\n<p><p>18 novembre 2021 &ndash; C&rsquo;\u00e9tait bien une de ces rencontres qu&rsquo;on n&rsquo;imagine pas, d&rsquo;apprendre que le colonel Pat Lang, ancien officier de la Defense Intelligence Agency et du site anciennement &lsquo;<em>Sic Semper Tyrannis<\/em>&lsquo; devenu &lsquo;<em>Turcopolier.com<\/em>&lsquo; (j&rsquo;ignore la signification), n&rsquo;est rien de moins qu&rsquo;un &lsquo;<em>fan<\/em>&lsquo; de St\u00e9phane Bern&#8230;<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Contrairement \u00e0 ce qu&rsquo;on pourrait croire trop vite, nous ne sommes pas, dans ce cas avec St\u00e9phane Bern, ni dans la paillette ni dans la rubrique des t\u00eates couronn\u00e9es. Nous sommes dans la rubrique d&rsquo;une immense tristesse de ces personnes, \u00e9trang\u00e8res \u00e0 la France, souvent anglo-saxonnes voire am\u00e9ricaines, qui ont toujours eu pour ce pays, et particuli\u00e8rement la \u00ab\u00a0Ville-Lumi\u00e8re\u00a0\u00bb qui brillait (temps pass\u00e9) en son sommet, une de ces affections qui transcendent l&rsquo;histoire et les nations pour s&rsquo;exprimer au nom du patrimoine de l&rsquo;art de la civilisation, comme un trait liant toutes les civilisations constitutives de la m\u00e9moire de l&rsquo;esp\u00e8ce, de sa gloire, de sa justification et de sa raison d&rsquo;\u00eatre.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>C&rsquo;est un emprunt d&rsquo;article que Lang inscrit dans sa rubrique, de Anne-Elizabeth Moutet, cette journaliste fran\u00e7aise devenue quasiment britannique, presque avec l&rsquo;accent, \u00e0 force de collaborer avec les journaux britanniques. Pr\u00e9sentement et depuis 2007, elle est &lsquo;<em>columnist<\/em>&lsquo; au &lsquo;<em>Daily Telegraph<\/em>&lsquo;, et le texte cit\u00e9 est un commentaire du <a href=\"https:\/\/www.telegraph.co.uk\/news\/2021\/11\/16\/people-fleeing-paris-city-ruined-french-left\/\">16 novembre 2021<\/a>sur &laquo; <em>Les gens<\/em>[qui] <em>fuient un Paris d\u00e9vast\u00e9 par la gauche<\/em> &raquo;, sur le site de Lang, le <a href=\"https:\/\/turcopolier.com\/is-paris-dying\/\">17 novembre 2021<\/a>, termin\u00e9 par un rapide commentaire du colonel&#8230;<\/p>\n<\/p>\n<blockquote class=\"normal\" style=\"font-size:1.05em\">\n<p><p>&laquo; <em>Confront\u00e9s \u00e0 leur passion autrefois magnifique mais de plus en plus malodorante, jonch\u00e9e de d\u00e9tritus, envahie par la criminalit\u00e9 et mal g\u00e9r\u00e9e, les Parisiens fuient vers les campagnes avoisinantes, &ndash; ou, \u00e0 d\u00e9faut, vers la C\u00f4te d&rsquo;Azur ou les verts bocages de Normandie.<\/em><\/p>\n<\/p>\n<p><p>&raquo; <em>Le dernier en date de ces d\u00e9parts a suscit\u00e9 stup\u00e9faction et interrogations. Il est difficile d&rsquo;imaginer une figure plus consensuelle dans la France moderne que St\u00e9phane Bern. Le reporteur vedette des affaires des royales au magazine &lsquo;Paris Match&rsquo; est un habitu\u00e9 de la t\u00e9l\u00e9vision, c\u00e9l\u00e8bre pour ses somptueux documentaires &lsquo;Secrets d&rsquo;Histoire&rsquo;. Il a pr\u00e9sent\u00e9 le concours de l&rsquo;Eurovision et les bals des d\u00e9butantes et a \u00e9t\u00e9 nomm\u00e9 par le pr\u00e9sident Macron (un grand fan) \u00e0 la t\u00eate d&rsquo;une mission officieuse non r\u00e9mun\u00e9r\u00e9e visant \u00e0 cataloguer les monuments historiques fran\u00e7ais ayant un besoin urgent de r\u00e9paration.<\/em><\/p>\n<\/p>\n<p><p>&raquo; <em>\u00ab\u00a0Dans notre R\u00e9publique, l&rsquo;attrait de cet homme de 58 ans pour tous les partis et toutes les classes sociales est aussi proche que possible des personnages de la Royaut\u00e9. Si vous voulez une image sociale de lui, pensez au Prince Charles ou \u00e0 David Attenborough. Cela devrait vous donner une id\u00e9e du tremblement de terre qu&rsquo;a provoqu\u00e9 sa d\u00e9cision de quitter Paris. Et il ne part pas sur la pointe des pieds.<\/em><\/p>\n<\/p>\n<p><p>&raquo; <em>\u00ab\u00a0&lsquo;Paris est devenue une poubelle&rsquo;, a-t-il d\u00e9clar\u00e9 cette semaine au quotidien populaire &lsquo;Le Parisien&rsquo;. &lsquo;Le mobilier urbain embl\u00e9matique, des bancs aux kiosques \u00e0 journaux en passant par les rampes en fer forg\u00e9, est remplac\u00e9 par d&rsquo;affreux \u00e9l\u00e9ments modernes.<\/em><\/p>\n<\/p>\n<p><p>&raquo; <em>\u00ab\u00a0&lsquo;Je n&rsquo;ai jamais vu autant d&rsquo;arbres sci\u00e9s, autant de parterres de fleurs arrach\u00e9s. Comment pouvez-vous pr\u00e9tendre que la ville construit de nouveaux &lsquo;quartiers \u00e9cologiques&rsquo; alors que cela commence par l&rsquo;arrachage de tous les arbres ? La ville est bruyante, sale, violente ; les rues et les trottoirs sont pleins de nids de poule ; les monuments historiques sont vendus \u00e0 des entreprises commerciales&rsquo;.\u00a0\u00bb<\/em><\/p>\n<\/p>\n<p><p>&raquo; <em>Commentaire : Moi aussi, je suis un fan de Bern. \u00ab\u00a0Paris br&ucirc;le-t-il ?&quot; avait demand\u00e9 Hitler \u00e0 von Choltitz, le gouverneur militaire. Choltitz avait menti ou l&rsquo;avait ignor\u00e9, ne voulant pas que l&rsquo;histoire se souvienne de lui comme du destructeur de la &lsquo;Ville Lumi\u00e8re&rsquo;. Mais, maintenant, le flot des destructeurs semble gagner. PL<\/em> &raquo;<\/p>\n<\/p>\n<\/blockquote>\n<p><p>Je ne vais certainement pas m&rsquo;\u00e9pancher sur ce que fut Paris, pour esquisser la catastrophe qui est en train de s&rsquo;installer. Je n&rsquo;ai rien vu de mes yeux car je n&rsquo;ai plus vu Paris depuis 2011, pour l&rsquo;enterrement d&rsquo;un ami qui \u00e9tait comme un fr\u00e8re, comme si j&rsquo;avais \u00e9t\u00e9 averti par un signe secret que la disparition de ce vieux Parisien annon\u00e7ait la catastrophe de cette ville que j&rsquo;aimais tant, et de fait m&rsquo;enlevait le go&ucirc;t d&rsquo;y jamais revenir. (Pardonnez l&#8217;emploi du pass\u00e9 mais \u00ab\u00a0<a href=\"https:\/\/genius.com\/Charles-aznavour-la-boheme-lyrics\">je vous parle d&rsquo;un temps<\/a>que les moins de vingt ans&#8230;\u00a0\u00bb, etc.)<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Je vais plut\u00f4t m&rsquo;attarder sur le symbole que forme cette \u00e9trange rencontre ; dans le cadre s\u00e9rieux du site d&rsquo;un vieux colonel-espion aux lourds secrets, et d&rsquo;un saltimbanque de haute vol\u00e9e qui parlait aux c&oelig;urs des jeunes filles, dans le cadre du \u00ab\u00a0spectacle\u00a0\u00bb de la soci\u00e9t\u00e9 du m\u00eame nom. Pourtant et quoiqu&rsquo;\u00e9trange, &ndash; mais ne sont-ce pas nos temps qui sont \u00ab\u00a0\u00e9tranges\u00a0\u00bb ? &ndash; cette sorte de rencontre n&rsquo;est plus insolite et d\u00e9plac\u00e9e, tant les \u00e9v\u00e9nements transcendent les cat\u00e9gories et les milieux si \u00e9loign\u00e9s d&rsquo;ordinaire, pour rassembler ceux qui ressentent la m\u00eame morsure du Sacril\u00e8ge. Je crois que ce qui arrive \u00e0 Paris, quels que soient les &laquo; <em>destructeurs <\/em>&raquo; qui ne sont que d\u00e9constructeurs et d\u00e9structurateurs, leurs intentions et leurs vanit\u00e9s, leurs id\u00e9es brandissant la gloire de la b\u00eatise ferm\u00e9e \u00e0 toute lumi\u00e8re, mais tous barbares de la modernit\u00e9-tardive sans aucun doute, &ndash; je crois que ce qui arrive \u00e0 Paris ne doit point \u00e9tonner dans cette f\u00eate \u00e0 la bienpensance, ce &lsquo;<em><a href=\"https:\/\/www.babelio.com\/livres\/Paraz-Le-Gala-des-vaches-Valsez-saucisse-Le-menuet-d\/4739\">Valsez, saucisses !<\/a><\/em>&lsquo; qui vous fait suivre, comme autant de saucissonnage, la ligne g\u00e9n\u00e9rale qui \u00e9branle le monde.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>On peut op\u00e9rationnaliser ce ph\u00e9nom\u00e8ne sismique et syst\u00e9mique en disant que Paris est d\u00e9construit-d\u00e9structur\u00e9 par la crasse, le d\u00e9sordre de l&rsquo;autorit\u00e9 qui se hait elle-m\u00eame, la vanit\u00e9 des id\u00e9ologies v\u00e9cues comme des pathologies, la haine totalitaire de la beaut\u00e9, &ndash; la haine de l&rsquo;ordre, de l&rsquo;harmonie et de l&rsquo;\u00e9quilibre, et des formes divines qui naissent de cet assemblage, et lequel, plus d&rsquo;une fois, caract\u00e9risa Paris dans les si\u00e8cles pass\u00e9es, comme la \u00ab\u00a0ville-Lumi\u00e8re\u00a0\u00bb du monde. La lumi\u00e8re s&rsquo;\u00e9teint. C&rsquo;est un symbole et une cons\u00e9quence parmi d&rsquo;autres de nos temps-devenus-fous.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Et remarquez bien combien les courants qui animent cette ligne g\u00e9n\u00e9rale de d\u00e9construction du monde sont souvent artificiellement oppos\u00e9s pour nous faire prendre leur simulacre pour le Nouveau-Monde de l&rsquo;&Eacute;galit\u00e9, alors qu&rsquo;ils sont en fait intimement complices, comme fr\u00e8res-siamois, comme escrocs-transgenres. Bern le dit, sans plus y pr\u00eater attention, peut-\u00eatre ou peut-\u00eatre pas je ne sais, lorsqu&rsquo;il d\u00e9nonce le saccage du &laquo; <em>mobilier urbain embl\u00e9matique<\/em> &raquo;, o&ugrave; les sublimes vieilleries parisiennes de la voie publique et charg\u00e9es d&rsquo;histoire et de civilisation sont remplac\u00e9es par &laquo; <em>d&rsquo;affreux \u00e9l\u00e9ments modernes<\/em> &raquo;, lorsqu&rsquo;il mentionne &laquo; <em>les monuments historiques&#8230; vendus \u00e0 des entreprises commerciales<\/em> &raquo;.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Ce n&rsquo;est rien de moins que la c\u00e9l\u00e9bration du mariage des id\u00e9ologues-devenus-fous du wokenisme, de la migration comme une mar\u00e9e du soir, de la haine de l&rsquo;entre-soi dans les labyrinthe des entresols du <em>Mordor<\/em>, avec l&rsquo;hypercapitalisme expert dans la \u00ab\u00a0chosification\u00a0\u00bb de tout ce que le pass\u00e9 nous transmet de haute culture et de civilisation. Ces deux-l\u00e0 s&rsquo;entendent si bien dans leur bacchanale effr\u00e9n\u00e9e et mondialiste-globaliste o&ugrave; plus rien est tout et o&ugrave; tout se r\u00e9duit \u00e0 plus rien du tout. <\/p>\n<\/p>\n<p><p>J&rsquo;ai repris la chose dans l&rsquo;urgence et sans souci des bonnes r\u00e8gles, avec mon latin si loin derri\u00e8re moi ; mais j&rsquo;entendais dire dans ce titre qui fait satire du \u00ab\u00a0<em>Fluctuat Nec Mergitur<\/em>\u00a0\u00bb de Paris, qu&rsquo;avec Hidalgo et sa bande, et tout le reste des rats d&rsquo;\u00e9gout et autres barbares modernis\u00e9s sans l&rsquo;aval de Rome et de sa grandeur, point n&rsquo;est besoin de tanguer pour couler : on coule direct sous le poids de l&rsquo;ordure, Paris-<em>Titanic <\/em>et voies sur berges pour les postmodernes qui marchent sur l&rsquo;eau &ndash; et \u00ab\u00a0<em>Mergitur Nec Fluctuat<\/em>\u00ab\u00a0&#8230;<\/p>\n<\/p>\n<p><h2 class=\"titleset_c.deepgreen\" style=\"color:#75714d; font-size:1.25em\">Note d&rsquo;authentification<\/h2>\n<\/p>\n<p><p>&#8230; Rendez-vous compte : pourrais-je encore <a href=\"https:\/\/www.dedefensa.org\/article\/deuxieme-partie-le-reve-americain-et-vice-versa\">\u00e9crire cela<\/a>si je n&rsquo;avais gard\u00e9 au fond de mon \u00e2me po\u00e9tique des images qui h\u00e9ritent de la gr\u00e2ce de l&rsquo;immortalit\u00e9 puisqu&rsquo;elles sont le signe <a href=\"https:\/\/www.dedefensa.org\/article\/de-la-nostalgie-infinie\">de l&rsquo;\u00e9ternit\u00e9<\/a> ? Tant pis pour madame Hidalgo, pi\u00e8tre h\u00e9ro\u00efne des temps-parisiens-devenus-fous : effectivement, j&rsquo;\u00e9crivis bien ces lignes, il y a plus d&rsquo;une d\u00e9cennie d\u00e9sormais, dans &lsquo;<em>La Gr\u00e2ce de l&rsquo;Histoire<\/em>&lsquo; (Tome-I), o&ugrave; justement se m\u00e9langent ces deux fr\u00e8res-ennemis r\u00e9concili\u00e9s, s\u00e9par\u00e9s et retrouv\u00e9s, que tout relie secr\u00e8tement lorsque l&rsquo;artiste am\u00e9ricain d\u00e9couvre Paris, &ndash; \u00ab\u00a0d\u00e9couvrait Paris\u00a0\u00bb, devrais-je \u00e9crire, dans tous les cas pour le temps que durera cette incursion diabolique (il s&rsquo;agit bien du diable) des temps-devenus-fous et jusqu&rsquo;\u00e0 ce que Bern, applaudi par le colonel Lang de la DIA, ou leurs h\u00e9ritiers dans tous les cas, ne d\u00e9cide de revenir \u00e0 Paris :<\/p>\n<\/p>\n<blockquote class=\"normal\" style=\"font-size:1.05em\">\n<p><p>&laquo; <em>Dans le film &lsquo;Great Expectations&rsquo;, d&rsquo;Alphonso Cuaron, qui date de 1997, dans une ann\u00e9e de la p\u00e9riode o&ugrave; l&rsquo;on conna&icirc;t le triomphe am\u00e9ricaniste de l&rsquo;apr\u00e8s-Guerre Froide et l&rsquo;in\u00e9vitable effacement fran\u00e7ais qui l&rsquo;accompagne, &ndash; principe des vases communicants, rien de moins, &ndash; il y a l&rsquo;irr\u00e9sistible occasion, pour l&rsquo;auteur de l&rsquo;&oelig;uvre, d&rsquo;une tirade exalt\u00e9e confi\u00e9e \u00e0 l&rsquo;acteur Robert De Niro. Le r\u00f4le est celui d&rsquo;un vieux truand-bienfaiteur dissimul\u00e9, avec un visage mang\u00e9 d&rsquo;une barbe grise hirsute, un peu comme l&rsquo;aurait \u00e9t\u00e9 un Monte-Cristo ou son abb\u00e9 Farias (ou comme Howard Hughes au bout de sa r\u00e9clusion, dit un comparse du film qui n&rsquo;a pas le sens des images litt\u00e9raires). Ce bagnard \u00e9vad\u00e9 est revenu \u00e0 New York quinze ans, vingt ans apr\u00e8s (c&rsquo;est presque du Dumas). En plein c&oelig;ur d&rsquo;une action dramatique o&ugrave; il va mourir brutalement, perc\u00e9 du coup de couteau d&rsquo;un truand dont il est le tra&icirc;tre, il recommande \u00e0 son prot\u00e9g\u00e9, jeune artiste peintre qui a r\u00e9ussi \u00e0 New York et qui est le h\u00e9ros de la bande, de l&rsquo;accompagner, de partir avec lui pour un s\u00e9jour \u00e0 Paris, pour s&rsquo;y faire reconna&icirc;tre. On dirait un vieux sage provincial (de New York, rien que \u00e7a) recommandant \u00e0 un artiste confirm\u00e9 de sa province (de New York, lui aussi) d&rsquo;aller chercher la cons\u00e9cration parisienne. \u00ab\u00a0La ville des lumi\u00e8res, tu veux venir ?, s&rsquo;exclame De Niro. Viens avec moi, tu vas adorer Paris &#8230; Paris est une belle ville, tr\u00e8s belle. C&rsquo;est la ville de la culture, une ville magnifique. Et il y a tout, l&rsquo;\u00e9l\u00e9gance, la beaut\u00e9, il faut que tu ailles \u00e0 Paris, pas une seconde tu ne regretteras d&rsquo;avoir fait le voyage. Tout artiste doit aller au moins une fois dans sa vie \u00e0 Paris. Tu dois y aller. Les rues, l&rsquo;atmosph\u00e8re, les femmes &#8230; Oh, les femmes&hellip; \u00a0\u00bb Les images ont la vie dure, surtout lorsqu&rsquo;elles sont d&rsquo;un conformisme aussi d\u00e9routant, et chez De Niro en plus, ou lorsqu&rsquo;elles deviennent symboles et miroir de l&rsquo;Histoire. Pourquoi sinon pour saluer une \u00e9vidence qui transcende les modes, les politiques et les si\u00e8cles &ndash; pourquoi penser \u00e0 cette autre image rest\u00e9e au fond de ma m\u00e9moire, comme la m\u00e8re nourrici\u00e8re dispose sa terre fertile, de l&rsquo;actrice am\u00e9ricaine Lauren Bacall, plus vieille de tout le temps de sa carri\u00e8re et \u00e0 peine vieillie, et devenue une autre femme, devenue v\u00e9ritablement une femme internationale, qui passe \u00e0 l&rsquo;\u00e9mission &lsquo;Inside the Actor&rsquo;s Studio&rsquo; en 1999, o&ugrave; la question lui est pos\u00e9e, extraite du rituel o&ugrave; l&rsquo;on d\u00e9roule le \u00ab\u00a0questionnaire de Bernard Pivot\u00a0\u00bb, selon la pr\u00e9sentation immuable du pr\u00e9sentateur et r\u00e9alisateur de l&rsquo;\u00e9mission James Lipton : \u00ab\u00a0Qu&rsquo;est-ce qui vous fascine par-dessus tout ?\u00a0\u00bb De cette voix br\u00e8ve et qui semble m\u00e9tallique mais qui se r\u00e9v\u00e8le \u00eatre une voix de gorge, sans trembler ni ciller, Bacall r\u00e9pond comme cela va de soi, comme une fl\u00e8che se fiche dans la cible et au c&oelig;ur, sans un souffle, presque sans un mot, comme si la r\u00e9ponse \u00e9tait inscrite dans le vent et dans l&rsquo;histoire du monde :<\/em><\/p>\n<\/p>\n<p><p>&raquo; <em>&ndash; Paris.<\/em><\/p>\n<\/p>\n<p><p>&raquo; <em>Les images ne veulent pas mourir, dans ce cas parce qu&rsquo;elles tiennent d&rsquo;une parent\u00e9 magique, d&rsquo;une symbiose qui d\u00e9passe le seul r\u00e8gne de la raison. Elles parlent au c&oelig;ur de l&rsquo;homme, se transmettent d&rsquo;esprit en esprit, transportent une \u00e2me vers l&rsquo;autre ; les images de Paris se tiennent au c&oelig;ur de l&rsquo;artiste am\u00e9ricain, comme si la ville, et le pays, et son prestige culturel, \u00e9taient siens, en-dehors de la g\u00e9ographie, de l&rsquo;histoire et de la politique. Il y a une sociologie hors du temps et des al\u00e9as sociaux de l&rsquo;\u00e9migration artistique am\u00e9ricaine vers la France, de la dissidence am\u00e9ricaine toujours avec un pied \u00e0 Paris, comme s&rsquo;il s&rsquo;agissait d&rsquo;un \u00e9v\u00e9nement sociologique unique, qui se joue de l&rsquo;histoire et du temps, qui unit les deux pays distants de milliers de kilom\u00e8tres en effa\u00e7ant leur sp\u00e9cificit\u00e9, comme s&rsquo;ils ne formaient qu&rsquo;un, et que cela serait quelque chose de compl\u00e8tement diff\u00e9rent, et qu&rsquo;en fait les deux pays ainsi intimement unis ne le seraient pas pour autant puisque ce lien serait devenu une chose en soi, \u00e9trang\u00e8re \u00e0 l&rsquo;un et \u00e0 l&rsquo;autre&#8230; M\u00eame avec les artistes am\u00e9ricains et la France, nous ne quittons pas les voies myst\u00e9rieuses, qu&rsquo;il nous faut explorer, de la transcendance historique ; m\u00eame avec les artistes am\u00e9ricains semblent sourdre d&rsquo;improbables songes o&ugrave; ces hommes-l\u00e0 trouveraient en France ce qui manque, malgr\u00e9 les antiennes folkloriques et les \u00e9gouts de la d\u00e9cadence, pour faire de l&rsquo;Am\u00e9rique une nation<\/em>.  [&#8230;]<\/p>\n<\/p>\n<p><p>&raquo; <em>Les Am\u00e9ricains de Paris n&rsquo;ont jamais eu l&rsquo;impression, en s&rsquo;installant \u00e0 Paris ou en revenant de Paris, de passer d&rsquo;un pays \u00e0 l&rsquo;autre. La v\u00e9rit\u00e9 est qu&rsquo;ils n&rsquo;ont jamais quitt\u00e9 leur \u00ab\u00a0immense Am\u00e9rique\u00a0\u00bb (Fr\u00e9d\u00e9ric Prokosch), parce qu&rsquo;en partant \u00e0 Paris ils allaient y retrouver une \u00e2me qui conservait le souvenir de l&rsquo;Am\u00e9rique originelle et le confrontait sans barguigner \u00e0 ce que ce r\u00eave \u00e9tait devenu<\/em>&hellip; &raquo;<\/p>\n<\/p>\n<\/blockquote>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>\u00ab\u00a0Mergitur Nec Fluctuat\u00ab\u00a0 18 novembre 2021 &ndash; C&rsquo;\u00e9tait bien une de ces rencontres qu&rsquo;on n&rsquo;imagine pas, d&rsquo;apprendre que le colonel Pat Lang, ancien officier de la Defense Intelligence Agency et du site anciennement &lsquo;Sic Semper Tyrannis&lsquo; devenu &lsquo;Turcopolier.com&lsquo; (j&rsquo;ignore la signification), n&rsquo;est rien de moins qu&rsquo;un &lsquo;fan&lsquo; de St\u00e9phane Bern&#8230; Contrairement \u00e0 ce qu&rsquo;on pourrait&hellip;&nbsp;<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"","ping_status":"","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"neve_meta_sidebar":"","neve_meta_container":"","neve_meta_enable_content_width":"","neve_meta_content_width":0,"neve_meta_title_alignment":"","neve_meta_author_avatar":"","neve_post_elements_order":"","neve_meta_disable_header":"","neve_meta_disable_footer":"","neve_meta_disable_title":"","_jetpack_memberships_contains_paid_content":false,"footnotes":""},"categories":[25],"tags":[21283,21278,3969,21280,2622,6416,21282,35,7876,17579],"class_list":["post-79974","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-journal-ddecrisis-de-philippe-grasset","tag-bacall","tag-bern","tag-grace","tag-hidalgo","tag-la","tag-lang","tag-lauren","tag-paris","tag-pat","tag-stephane"],"jetpack_featured_media_url":"","jetpack_sharing_enabled":true,"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/79974","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=79974"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/79974\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=79974"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=79974"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=79974"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}