{"id":80003,"date":"2021-12-17T21:11:53","date_gmt":"2021-12-17T21:11:53","guid":{"rendered":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/2021\/12\/17\/labysse-du-sacre\/"},"modified":"2021-12-17T21:11:53","modified_gmt":"2021-12-17T21:11:53","slug":"labysse-du-sacre","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/2021\/12\/17\/labysse-du-sacre\/","title":{"rendered":"L&rsquo;abysse du Sacr\u00e9"},"content":{"rendered":"<p><h2 class=\"titleset_b.deepgreen\" style=\"color:#75714d; font-size:1.65em; font-variant:small-caps\">L&rsquo;abysse du Sacr\u00e9<\/h2>\n<\/p>\n<p><p>17 d\u00e9cembre 2021 &ndash; C&rsquo;est une sc\u00e8ne dont je m&rsquo;interroge s&rsquo;il est bien utile que je la rapporte ; tant pis, allons-y. C&rsquo;est un poivrot vautr\u00e9 sur le trottoir, d\u00e9j\u00e0 bien avanc\u00e9, et le trottoir et le poivrot. Il me h\u00e8le. Je suis de bonne composition et, pour cette fois, n&rsquo;\u00e9vite pas cette inutile passade.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Il se lance dans un invraisemblable sabir, voue aux g\u00e9monies l&rsquo;\u00e9poque et ses avatars, et le plus affreux de cette sc\u00e8ne est bien qu&rsquo;il n&rsquo;a pas tort. Il affirme p\u00e9remptoirement, pour illustrer son propos :<\/p>\n<\/p>\n<p><p>&ndash; Y&rsquo;avait la Mer des Sargasses, Y&rsquo;a l&rsquo;Oc\u00e9an des Connasses !<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Je lui fais remarquer que, pour ce cas, il est bien temps de relever qu&rsquo;il ne fait pas grand cas de l&rsquo;\u00e9galit\u00e9 des genres, puisqu&rsquo;apr\u00e8s tout dans cette mati\u00e8re-l\u00e0, le genre dit-masculin, &ndash; les \u00ab\u00a0connards\u00a0\u00bb pour ce cas, &ndash; a largement sa place, \u00f4 combien. Alors, il r\u00e9pond, magnifique :<\/p>\n<\/p>\n<p><p>&ndash; C&rsquo;est comme Baudelaire ! Voil\u00e0 pour la rime ! C&rsquo;est comme Cyrano ! Va pour le panache !<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Souriant, je bats en retraite et passe mon chemin, et consid\u00e8re le monde autour de moi : \u00ab\u00a0connasses\u00a0\u00bb ou \u00ab\u00a0connards\u00a0\u00bb, qu&rsquo;importe ; le monde est gris, douteux, masqu\u00e9, pointilleux, trouble et incertain, m\u00e9diocre et vil, menteur et fou, envahi de terreurs innombrables en choisissant ses mots pour ne pas d\u00e9roger \u00e0 la bonne r\u00e8gle, marchant au pas pour ne rien risquer qui \u00e9chapperait \u00e0 l&rsquo;\u00e9quation b\u00e9n\u00e9fice-risque de la bienpensance, calculer son aire d&#8217;emprisonnement, se soumettre \u00e0 soi-m\u00eame quand soi-m\u00eame a \u00e9t\u00e9 soumis. \u00ab\u00a0C&rsquo;est le temps du Covid, le temps des larbins et de la platitude&#8230;\u00a0\u00bb, chantonnai-je dans ma t\u00eate, comme Fran\u00e7ois Hardy chantait, du temps de mon adolescence : &laquo; <em>C&rsquo;est le temps de l&rsquo;amour,  le temps des copains et de l&rsquo;aventure<\/em>&#8230; &raquo;. Il n&rsquo;y a pas de quoi parader ni roucouler : soixante ans pour \u00e7a ! Pour en arriver l\u00e0 ! &laquo; <em>Like a rolling stone<\/em> &raquo;, je suis&#8230;<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Je m\u00e9dite : comment faire pour continuer \u00e0 vivre, \u00e0 \u00ab\u00a0aller de l&rsquo;avant\u00a0\u00bb, \u00e0 \u00ab\u00a0passer \u00e0 autre chose\u00a0\u00bb, comme ils disent pour vous inviter \u00e0 progresser joyeusement, comme dans une pub, dans le marigot gluant et puant des temps-devenus-fous en chantant qu&rsquo;il fait bon vivre, avec un paiement \u00e9chelonn\u00e9 sur \u00e0 peu pr\u00e8s 246 mois. Ce n&rsquo;est m\u00eame pas un temps de suicide, tout juste un temps de naufrage o&ugrave; il faut s&rsquo;accrocher \u00e0 un esquif pour ne pas sombrer en se demandant quelle bonne raison, aujourd&rsquo;hui, vous engagerait \u00e0 ne pas sombrer. Je sais qu&rsquo;en haute mer, lorsqu&rsquo;il m&rsquo;arrivait de faire des croisi\u00e8res dans ma jeunesse, lorsque vous plongiez par beau temps de soleil, avec la lumi\u00e8re qu&rsquo;il dispense par r\u00e9fraction dans l&rsquo;eau et, vous aussi dans l&rsquo;eau, vous regardiez le vide des fonds de mille ou deux mille m\u00e8tres sous la coque, vous vous ressentiez soudain comme flottant dans le vide, vous vous trouviez attir\u00e9 par le vertige des profondeurs. Encore et pour autant, c&rsquo;est une perspective o&ugrave; r\u00e8gne au-dessus de tout la beaut\u00e9 du monde.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Il est des occasions o&ugrave; vous d\u00e9sirez une halte pour ne pas sombrer, o&ugrave; vous n&rsquo;avez temporairement plus le go&ucirc;t de faire le travail auquel les dieux vous ont destin\u00e9. C&rsquo;est un instant maudit, impitoyable, o&ugrave; l&rsquo;amertume prend le dessus, pour vous montrer le monde \u00ab\u00a0gris, douteux, masqu\u00e9, pointilleux, trouble et incertain, m\u00e9diocre et vil, menteur et fou, envahi de terreurs innombrables et basses en choisissant ses mots pour ne pas d\u00e9roger \u00e0 la bonne r\u00e8gle qui vous soumet, marchant au pas pour ne rien risquer qui \u00e9chapperait \u00e0 l&rsquo;\u00e9quation b\u00e9n\u00e9fice-risque de la bienpensance, calculer son aire d&#8217;emprisonnement, se soumettre \u00e0 soi-m\u00eame quand soi-m\u00eame a \u00e9t\u00e9 soumis\u00a0\u00bb. (&laquo; <em>\u00ab\u00a0Le monde est devenu couleur cendre\u00a0\u00bb, disait Stefan Zweig<\/em>. &raquo;)<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Il faut un effort bien rude pour se d\u00e9gager de ces tentations diaboliques lest\u00e9es de la fascinante m\u00e9diocrit\u00e9, comme le Chant divin des Sir\u00e8nes pour le divin Ulysse mais nous sans sir\u00e8nes ni chant divin, ni divin nous-m\u00eames ; avec l&rsquo;insignifiant, le rien et le vide pour nous attirer. L&rsquo;atrocit\u00e9 cruelle de cette situation est qu&rsquo;il est possible de penser que l&rsquo;on puisse \u00eatre attir\u00e9, fascin\u00e9, \u00ab\u00a0enchant\u00e9\u00a0\u00bb par cela. La damnation de ces temps-devenus-fous est le constat de l&rsquo;extr\u00eame m\u00e9diocrit\u00e9, la petitesse, le vide de substance qui est d\u00e9ploy\u00e9 pour nous attirer, nous fasciner, pour nous \u00ab\u00a0enchanter\u00a0\u00bb ; cela mesure l&rsquo;estime dans laquelle nous tient le Malin ; vous voyez bien qu&rsquo;il juge que vous ne m\u00e9ritez ni les divines Sir\u00e8nes ni leur chant divin, ni divin vous-m\u00eame ; avant de vous perdre, il vous d\u00e9choit pour que vous n&rsquo;ayez plus l&rsquo;ardeur et le caract\u00e8re de ne pas supporter de vous perdre.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Alors, vous vous r\u00e9voltez ! Pouss\u00e9 \u00e0 cette extr\u00e9mit\u00e9, il n&rsquo;y a aucune autre voie ! Vous vous saisissez d&rsquo;une page flamboyante, &ndash; il en reste, il y en a toujours, il suffit de les humer et de les reconna&icirc;tre, &ndash; pour ranimer des braises encore rougeoyantes. C&rsquo;est bien ce que je fais ici, me saisissant effectivement d&rsquo;une page de questions lanc\u00e9es \u00e0 un homme que j&rsquo;avoue honteusement ne pas conna&icirc;tre, et qui vous parle du sacr\u00e9 dont nous manquons tant, nous qui nous sommes crus assez grand et assez haut pour nous en passer&#8230; L&rsquo;homme dit :<\/p>\n<\/p>\n<blockquote class=\"normal\" style=\"font-size:1.05em\">\n<p><p>&laquo; <em>Hostile au sacr\u00e9&hellip; et \u00e0 ces hommes qui, cens\u00e9s \u00eatre libres, n&rsquo;aper\u00e7oivent m\u00eame pas l&rsquo;ab&icirc;me o&ugrave; ils sont tomb\u00e9s. Ils l&rsquo;ignorent, car il est recouvert par le mensonge le plus subtil de tous : celui qui pr\u00e9tend que c&rsquo;est l&rsquo;ensemble des hommes qui d\u00e9cident de leur destin, alors que ces hommes &ndash; ces foules atomis\u00e9es &ndash; ne d\u00e9cident que d&rsquo;une seule chose : choisir tous les quatre ou cinq ans s&rsquo;ils vont coiffer un bonnet blanc&hellip; ou un blanc bonnet. Toutes les alternatives d\u00e9mocratiques se d\u00e9ploient exclusivement au sein du Syst\u00e8me, comme on l&rsquo;appelle ; au sein d&rsquo;une seule et m\u00eame vision du monde<\/em>. &raquo;<\/p>\n<\/p>\n<\/blockquote>\n<p><p>J&rsquo;admets que cette pr\u00e9sentation n&rsquo;est pas si originale, qu&rsquo;elle n&rsquo;est l\u00e0 que comme un biais pour introduire le texte en question, mais en marquant combien sa lecture m&rsquo;a tenu un instant la t\u00eate hors de l&rsquo;eau, pendant cet instant o&ugrave; je croyais que se noyer \u00e9tait un destin pr\u00e9f\u00e9rable \u00e0 celui de ce monde \u00ab\u00a0gris, douteux, masqu\u00e9, pointilleux, trouble et incertain, m\u00e9diocre et vil, menteur et fou, envahi de terreurs innombrables&#8230;\u00a0\u00bb.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>L&rsquo;homme est Espagnol, il s&rsquo;appelle Javier Portella. Peut-\u00eatre qu&rsquo;un imb\u00e9cile en embuscade comme les temps-devenus-fous nous en offrent treize \u00e0 la douzaine, trouvera, par exemple, des traces disons de \u00ab\u00a0fascisme\u00a0\u00bb en lui, tout cela d&rsquo;une originale vigilance. (La b\u00eatise de ces imb\u00e9ciles me fascine \u00e9galement, dans mes moments de d\u00e9tente.) Son \u00ab\u00a0interview\u00a0\u00bb, comme on dit, est \u00e9dit\u00e9 sur le site de l&rsquo;excellente revue &lsquo;<em>\u00e9l\u00e9ments<\/em>&lsquo;, <a href=\"https:\/\/www.revue-elements.com\/cherche-un-dieu-desesperement-rencontre-avec-javier-portella\/\">le 13 d\u00e9cembre 2021<\/a>, avec une pr\u00e9sentation de Fran\u00e7ois Bousquet.<\/p>\n<\/p>\n<p><h4>PhG, Semper Phi<\/h4>\n<\/p>\n<p><p>_________________________<\/p>\n<\/p>\n<\/p>\n<p><h2 class=\"titleset_b.deepgreen\" style=\"color:#75714d; font-size:1.65em; font-variant:small-caps\">Cherche un dieu d\u00e9sesp\u00e9r\u00e9ment<\/h2>\n<\/p>\n<p><p>Ah, l&rsquo;Espagne ! Coinc\u00e9e entre la Reconquista et les conquistadors, elle a pouss\u00e9 sa col\u00e8re jusqu&rsquo;au bout du monde, comme Aguirre. Elle est moins europ\u00e9enne que russe, a dit Michel del Castillo, espagnol de naissance. Pour un lib\u00e9ral comme Ortega y Gasset, combien de Miguel de Unamuno et de Don Quichotte a-t-elle produits ? L&rsquo;Espagne d\u00e9raisonne toujours un peu ; chez elle, la raison est port\u00e9e \u00e0 \u00e9bullition ; elle a des visions ; elle ne r\u00e9fl\u00e9chit pas &ndash; elle respire, elle aspire, elle expire. &Agrave; la fois incarn\u00e9e et d\u00e9charn\u00e9e, &laquo; trop catholique pour \u00eatre vraiment chr\u00e9tienne &raquo; (Castillo, encore lui), elle a longtemps fabriqu\u00e9 des matadors et des eccl\u00e9siastiques \u00e0 la cha&icirc;ne, h\u00e9sitant entre le culte de Mithra et celui de Torquemada. Il y a quelque chose d&rsquo;amer en elle, l&rsquo;amer des agrumes et de l&rsquo;amertume. Bien s&ucirc;r, cette Espagne est morte &ndash; en dormition, dirait Dominique Venner &ndash;, p\u00e9trifi\u00e9e derri\u00e8re les murs de l&rsquo;Escurial. C&rsquo;est un songe aussi lointain que celui de Calder&oacute;n. La &laquo; Movida &raquo; est pass\u00e9e par l\u00e0, comme un film de Pedro Almod&oacute;var. S&rsquo;il y a un Espagnol qui en a conscience, c&rsquo;est bien Javier Portella. Journaliste, essayiste, romancier et \u00e9diteur, correspondant d&rsquo;&laquo; &Eacute;l\u00e9ments &raquo; au pays de Jos\u00e9 Antonio Primo de Rivera, il publie aux \u00e9ditions de la Nouvelle Librairie N&rsquo;y a-t-il qu&rsquo;un dieu pour nous sauver ? Nous sommes all\u00e9s \u00e0 sa rencontre.<\/p>\n<\/p>\n<p><h4>@<\/h4>\n<\/p>\n<p><p>&Eacute;L&Eacute;MENTS : Vous avez publi\u00e9 en fran\u00e7ais il y aura bient\u00f4t dix ans &lsquo;<em>Les esclaves heureux de la libert\u00e9<\/em>&lsquo;, bel oxymore. Parlez-nous de ce livre ? Il nous aidera, je crois, \u00e0 comprendre la d\u00e9marche qui vous a conduit \u00e0 vous lancer dans l&rsquo;\u00e9criture de &lsquo;<em>N&rsquo;y a-t-il qu&rsquo;un dieu pour nous sauver ?<\/em>&lsquo;<\/p>\n<\/p>\n<p><p>JAVIER PORTELLA. Cela nous y aidera d&rsquo;autant plus que mon dernier livre est en quelque sorte la suite de ces &lsquo;<em>Esclaves heureux de la libert\u00e9<\/em>&lsquo; que Dominique Venner a qualifi\u00e9, par une hyperbole trop g\u00e9n\u00e9reuse, comme &laquo; une bombe atomique philosophique &raquo;. Une bombe, dans la mesure o&ugrave; la mise en question radicale de notre \u00e9poque s&rsquo;y accompagne de&hellip; son \u00e9loge ; de la reconnaissance, plus exactement, de ses vertus potentielles. Un tel paradoxe est d\u00e9j\u00e0 contenu dans ce titre qui parle d&rsquo;esclaves&hellip; libres. Comprenons : ce qui nous rend esclaves, c&rsquo;est au fond la libert\u00e9 elle-m\u00eame tant qu&rsquo;elle n&rsquo;est pas v\u00e9cue dans ce qu&rsquo;elle a de grand et d&rsquo;aventureux. Ce qui nous encha&icirc;ne, c&rsquo;est la difficult\u00e9 \u00e0 nous tenir debout sur le fond sans fond que la libert\u00e9 implique, sur l&rsquo;\u00e9vanouissement de tout fondement et tr\u00e8s notamment du fondement divin. Dans la mesure o&ugrave; un tel \u00e9vanouissement, une telle ind\u00e9termination, n&rsquo;est pas v\u00e9cue comme l&rsquo;aventure risqu\u00e9e et joyeuse qu&rsquo;elle devrait \u00eatre, l&rsquo;homme moderne se voit attach\u00e9 \u00e0 des cha&icirc;nes (&laquo; heureuses &raquo;) o&ugrave; le grand myst\u00e8re qui fait le sens et la beaut\u00e9 du monde s&#8217;emplit de vacuit\u00e9 et de laideur.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>&Eacute;L&Eacute;MENTS : Le titre espagnol de votre livre est <em>El abismo democr&aacute;tico<\/em>. Point besoin de le traduire, mais de vous demander malgr\u00e9 tout une explication : on ignorait que la d\u00e9mocratie cachait un ab&icirc;me. Serait-elle fondamentalement hostile au sacr\u00e9 ?<\/p>\n<\/p>\n<p><p>JAVIER PORTELLA. Hostile au sacr\u00e9&hellip; et \u00e0 ces hommes qui, cens\u00e9s \u00eatre libres, n&rsquo;aper\u00e7oivent m\u00eame pas l&rsquo;ab&icirc;me o&ugrave; ils sont tomb\u00e9s. Ils l&rsquo;ignorent, car il est recouvert par le mensonge le plus subtil de tous : celui qui pr\u00e9tend que c&rsquo;est l&rsquo;ensemble des hommes qui d\u00e9cident de leur destin, alors que ces hommes &ndash; ces foules atomis\u00e9es &ndash; ne d\u00e9cident que d&rsquo;une seule chose : choisir tous les quatre ou cinq ans s&rsquo;ils vont coiffer un bonnet blanc&hellip; ou un blanc bonnet. Toutes les alternatives d\u00e9mocratiques se d\u00e9ploient exclusivement au sein du Syst\u00e8me, comme on l&rsquo;appelle ; au sein d&rsquo;une seule et m\u00eame vision du monde. Si vous en d\u00e9fendez une tout autre (par exemple, une vision ni mat\u00e9rialiste, ni individualiste, ni \u00e9galitariste ; une vision pr\u00f4nant la beaut\u00e9 et la grandeur de notre destin\u00e9e), vous aurez certes le droit de la d\u00e9fendre ; mais enferm\u00e9s dans la marginalit\u00e9, priv\u00e9s d&rsquo;acc\u00e8s aux grands m\u00e9dias, vous aurez bien peu de chances de la voir triompher.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Sauf si&hellip; sauf si l&rsquo;exception se produit. Car il peut arriver (fait rarissime !) que quelqu&rsquo;un apparaisse qui, cassant le jeu, parvienne \u00e0 imposer une vision des choses tout \u00e0 fait autre. Pl&ucirc;t aux dieux, soulignons-le au passage, qu&rsquo;il en aille ainsi pour la France (et pour nous tous) au mois d&rsquo;avril prochain !<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Tout cela est d&rsquo;ailleurs li\u00e9 \u00e0 cette autre dimension de l&rsquo;ab&icirc;me d\u00e9mocratique que vous \u00e9voquiez et qui est encore plus importante : l&rsquo;hostilit\u00e9 au sacr\u00e9.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>&Eacute;L&Eacute;MENTS : Oui, car votre sujet, ce n&rsquo;est pas tant la religion que le sacr\u00e9. Quelle diff\u00e9rence faites-vous entre les deux ? Qu&rsquo;est-ce que la religion, qu&rsquo;est-ce que le sacr\u00e9 ?<\/p>\n<\/p>\n<p><p>JAVIER PORTELLA. Qu&rsquo;est-ce que le sacr\u00e9 ? Comment le faire sentir aux hommes qui en sont priv\u00e9s depuis si longtemps ? Ils ne jurent que par le concret, le tangible, l&rsquo;utile&hellip; alors que le sacr\u00e9 &ndash; ce quelque chose qui \u00e9clate dans l&rsquo;art, la nature, la cit\u00e9 et le culte du divin &ndash; leur jette \u00e0 la figure ce qu&rsquo;il y a de plus intangible : l&rsquo;ineffable, le merveilleux. Mais peut-\u00eatre vais-je un peu vite : le sacr\u00e9 n&rsquo;est pas &laquo; quelque chose &raquo;, comme je disais. Il ne se laisse ramener ni \u00e0 ceci ni \u00e0 cela. Il est comme une oscillation, comme un va-et-vient incessant entre une pr\u00e9sence et une absence, entre ce que nous avons en main et ce qui glisse de toutes les mains. L&rsquo;\u00e9lan sacr\u00e9 (car c&rsquo;est d&rsquo;un \u00e9lan, d&rsquo;un souffle, qu&rsquo;il s&rsquo;agit) nous offre tout, mais ne nous laisse rien saisir. Il est insaisissable. Aussi ineffable que la beaut\u00e9 de la nature, qui nous frappe, dit Heidegger, quand &laquo; l&rsquo;arbre en fleurs se pr\u00e9sente \u00e0 nous et nous nous pr\u00e9sentons \u00e0 lui &raquo;. Le sacr\u00e9 : aussi ineffable, \u00e9galement, que l&rsquo;autre beaut\u00e9, celle de l&rsquo;art, qui nous frappe dans la mesure o&ugrave; elle montre tout, d\u00e9voile tout, en m\u00eame temps qu&rsquo;elle le voile en nous emp\u00eachant de nous soutenir sur une quelconque v\u00e9rit\u00e9 fondatrice.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Pour la beaut\u00e9 de l&rsquo;art et de la nature, c&rsquo;est clair ; pour l&rsquo;\u00e9nigme de la religion aussi ; mais pourquoi le politique rel\u00e8verait-il, lui aussi, du sacr\u00e9 ? Le sacre du souverain, que je sache, a disparu depuis bien longtemps ; ni magnificence, ni solennit\u00e9, ni rituel n&rsquo;entourent plus le prince. L&rsquo;\u00e9motion qui soul\u00e8ve l&rsquo;esprit d&rsquo;un peuple est tout aussi \u00e9vanouie. La banalit\u00e9 la plus grise, voire la plus hideuse (la langue de bois, par exemple), r\u00e8gne dans la cit\u00e9.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Et alors ? Il en va de m\u00eame pour les trois autres domaines du sacr\u00e9. La nature n&rsquo;est plus qu&rsquo;un d\u00e9p\u00f4t d&rsquo;o&ugrave; l&rsquo;on extrait des mati\u00e8res premi\u00e8res et des divertissements touristiques ; l&rsquo;&laquo; art &raquo; contemporain est le r\u00e8gne de la laideur et du non-art ; quant \u00e0 la religion, d\u00e9sacralis\u00e9e comme elle a \u00e9t\u00e9 au cours des cinquante derni\u00e8res ann\u00e9es&hellip; &laquo; Le monde est devenu couleur cendre &raquo;, disait Stefan Zweig. Mais le sacr\u00e9, pour enfoui qu&rsquo;il soit, n&rsquo;en demeure pas moins : dans les tr\u00e9fonds de la nature et de l&rsquo;art. Dans ceux <em>du <\/em>politique aussi, o&ugrave; l&rsquo;\u00e9nigme se d\u00e9ploie entre ce que nous sommes en tant que peuple et l&rsquo;impossibilit\u00e9 de savoir ce qui nous fait \u00eatre et devenir tels ou tels, &laquo; l&rsquo;impr\u00e9vu dans l&rsquo;histoire &raquo;, comme disait Dominique Venner, \u00e9tant sa cl\u00e9.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>&Eacute;L&Eacute;MENTS : Qu&rsquo;en est-il plus pr\u00e9cis\u00e9ment de la religion ? Une soci\u00e9t\u00e9 peut-elle se passer aussi bien de religion que des autres expressions du sacr\u00e9 ? Convenez que cela ne s&rsquo;est jamais vu dans l&rsquo;histoire, exception faite de notre monde. Pour parler comme Alain de Benoist et Thomas Molnar, si cette &laquo; \u00e9clipse du sacr\u00e9 &raquo; perdure, pouvons-nous, nous hommes et soci\u00e9t\u00e9s, durer ?<\/p>\n<\/p>\n<p><p>JAVIER PORTELLA. Non, c&rsquo;est \u00e9vident. D&rsquo;o&ugrave; la gravit\u00e9 de l&rsquo;heure. Avec &laquo; la mort de dieu &raquo;, comme disait l&rsquo;autre, nous avons pris tous les risques&hellip; et nous en payons toutes les cons\u00e9quences. Mais ne nous trompons pas : ces risques, il fallait les prendre &ndash; o&ugrave; qu&rsquo;ils nous conduisissent. On n&rsquo;avait pas le choix, du reste. Il n&rsquo;y avait plus moyen de continuer \u00e0 croire ni dans la vie \u00e9ternelle, ni dans la fondation du monde par un Dieu tout-puissant, ni dans sa transcendance absolue, ni dans sa pr\u00e9tention \u00e0 r\u00e9gler et juger la conduite des hommes. Il fallait cesser de croire, par l\u00e0 m\u00eame, \u00e0 la r\u00e9alit\u00e9 effective, non imaginaire, du divin, tout en continuant \u00e0 croire \u00e0 son rayonnement sacr\u00e9.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Mais je me suis mal exprim\u00e9 (que voulez-vous, mille cinq cents ans d&rsquo;histoire chr\u00e9tienne p\u00e8sent sur nos \u00e9paules). La question n&rsquo;est pas de croire (la croyance : cet acte intime, cette sp\u00e9culation personnelle, devenue la grande obsession que le christianisme a introduite). La question n&rsquo;est pas d&rsquo;avoir la foi. La question est de c\u00e9l\u00e9brer &ndash; qu&rsquo;on ait ou pas la foi &ndash; le grand myst\u00e8re du monde et de la vie que le divin exprime ; un divin qui, reconnu comme fiction vitale, n&rsquo;a pas d&rsquo;intervention effective &ndash; les \u00e9picuriens le savaient d\u00e9j\u00e0 &ndash; dans les affaires des mortels.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Or, c&rsquo;est tout le contraire qui a \u00e9t\u00e9 fait. Pourquoi ? Parce qu&rsquo;on ne pouvait c\u00e9l\u00e9brer, croyait-on, un dieu con\u00e7u comme une fiction ressortissant de l&rsquo;imaginaire. C&rsquo;est tenir l&rsquo;imaginaire pour peu de chose. Remarquez qu&rsquo;un tel m\u00e9pris ne porte que sur l&rsquo;imaginaire divin. Il en va tout autrement de ces \u00eatres sortis de l&rsquo;imaginaire des hommes et qui ont pour nom Antigone, Don Quichotte, Faust, Julien Sorel, Bardamu et tant d&rsquo;autres ; ces \u00eatres autrement vivants que les mortels (ils ne meurent jamais, eux !) ; ces \u00eatres dont les faits et gestes vivent en nous avec plus d&rsquo;intensit\u00e9 que s&rsquo;ils avaient \u00e9t\u00e9 &laquo; r\u00e9els &raquo; &ndash; ce sans quoi ils ne nous frapperaient jamais. Autrement dit, il en va du divin comme de l&rsquo;art, ce th\u00e9\u00e2tre d&rsquo;ombres et de lumi\u00e8re, cet imaginaire \u00e0 travers le prisme duquel le r\u00e9el se d\u00e9voile dans sa v\u00e9rit\u00e9 la plus haute.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>&Eacute;L&Eacute;MENTS : Mais un dieu qui serait ouvertement reconnu comme imaginaire, pourrait-il mettre sur pied quelque chose comme un culte, comme une religion ? Que r\u00e9pondez-vous \u00e0 Samuel Beckett quand il dit : &laquo; Il est plus facile d&rsquo;\u00e9lever un temple que d&rsquo;y faire descendre l&rsquo;objet du culte &raquo; ?<\/p>\n<\/p>\n<p><p>JAVIER PORTELLA. Je r\u00e9ponds qu&rsquo;il se trompe, mais que, dans un sens, il a raison. Il se trompe, car si &laquo; l&rsquo;objet du culte &raquo; &ndash; le sacr\u00e9, le divin &ndash; n&rsquo;est pas d\u00e9j\u00e0 l\u00e0, on a beau \u00e9lever des temples : on \u00e9chouera toujours. Comment expliquer, sinon, que la modernit\u00e9 soit la seule \u00e9poque incapable d&rsquo;\u00e9lever des temples ? Elle \u00e9l\u00e8ve, certes, des choses qui re\u00e7oivent un tel nom. Mais ce ne sont m\u00eame pas des temples o&ugrave; l&rsquo;on c\u00e9l\u00e8bre, disait Nietzsche, &laquo; les fun\u00e9railles pour la mort de Dieu &raquo;. Ce qu&rsquo;on c\u00e9l\u00e8bre dans les temples-hangars de nos jours, laids \u00e0 vomir, laids \u00e0 dessein, c&rsquo;est une sorte de messe noire de la Laideur et de la Foutaise. Si l&rsquo;esprit, si le sacr\u00e9 n&rsquo;impr\u00e8gne pas l&rsquo;air du temps, le Beau &ndash; non pas comme raffinement esth\u00e9tique : comme \u00e9branlement &ndash; dispara&icirc;t des temples, de la cit\u00e9 et de la vie.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Becket a bien raison si ce qu&rsquo;il veut dire, c&rsquo;est que l&rsquo;av\u00e8nement du divin ne se commande pas. Cela advient ou n&rsquo;advient pas. Rien ne serait plus vain que de pr\u00e9tendre, par une folle proclamation de volontarisme, faire advenir un dieu susceptible de &laquo; nous sauver &raquo;, \u00e9tant entendu qu&rsquo;un tel salut ne doit pas \u00eatre compris au sens chr\u00e9tien de &laquo; rachat des p\u00e9ch\u00e9s &raquo;, mais au sens de r\u00e9enchantement du monde. Et pourtant, me direz-vous, c&rsquo;est bien l&rsquo;av\u00e8nement d&rsquo;un tel dieu que cherche Heidegger &ndash; et moi avec. Certes. Je dis seulement que personne ne peut savoir si un tel dieu adviendra ou pas. Seul le Destin, le Fatum, cette puissance \u00e0 laquelle les dieux eux-m\u00eames \u00e9taient soumis, peut en d\u00e9cider.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Il y a pourtant quelque chose que nous savons, ou que nous devrions savoir. Un tel dieu &ndash; une telle expression du myst\u00e8re instituant de l&rsquo;\u00eatre &ndash; ne saurait advenir qu&rsquo;\u00e0 une condition : que sa nature mythique soit reconnue ; ce qui ne devrait pas emp\u00eacher que le divin reste envelopp\u00e9 d&rsquo;autant de zones d&rsquo;ombre ou de suspension du jugement que l&rsquo;on voudra. Le myst\u00e8re instituant de l&rsquo;\u00eatre doit toujours rester myst\u00e8re. Sinon, c&rsquo;est l&rsquo;\u00eatre lui-m\u00eame qui dispara&icirc;t.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Une telle chose est-elle envisageable ? Est-il possible de reconna&icirc;tre et c\u00e9l\u00e9brer la nature po\u00e9tico-mythique du divin ? Ou cela implique-t-il, au contraire, une impossibilit\u00e9 de principe ? &Agrave; la lumi\u00e8re de notre histoire et de notre sensibilit\u00e9 chr\u00e9tienne, cela semble, certes, impossible. Mais n&rsquo;y a-t-il pas d&rsquo;autres situations historiques o&ugrave; le divin s&rsquo;est pr\u00e9sent\u00e9 de la sorte ? L&rsquo;histoire du paganisme ne l&rsquo;atteste-t-elle pas ? Comme l&rsquo;\u00e9crit Alain de Benoist, &laquo; dans le paganisme, l&rsquo;art ne peut lui-m\u00eame \u00eatre dissoci\u00e9 de la religion. L&rsquo;art est sacr\u00e9 [&hellip;] Non seulement les dieux peuvent \u00eatre repr\u00e9sent\u00e9s, mais c&rsquo;est en tant qu&rsquo;ils peuvent \u00eatre repr\u00e9sent\u00e9s, en tant que les hommes en assurent perp\u00e9tuellement la repr\u00e9sentation, qu&rsquo;ils ont un plein statut d&rsquo;existence &raquo; (<em>Comment peut-on \u00eatre pa\u00efen ?<\/em>).<\/p>\n<\/p>\n<p><p>L&rsquo;entrelacement des hommes et des dieux, de l&rsquo;art et du divin : voil\u00e0 la cl\u00e9. Et entrelacement signifie : les deux termes se requi\u00e8rent, rien n&rsquo;est premier, ni les hommes ni les dieux. Pour exister, les dieux ont besoin des hommes qui les c\u00e9l\u00e8brent et de l&rsquo;art qui les repr\u00e9sente. Pour exister, les hommes ont besoin des dieux, de cette alt\u00e9rit\u00e9, de ce sacr\u00e9 sans lequel les hommes ne seraient plus.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>&Eacute;L&Eacute;MENTS : Fort bien. Mais, et c&rsquo;est vous qui le dites, le surgissement du divin ne se commande pas, pas plus que le retour du paganisme ne se d\u00e9cr\u00e8te&hellip; Que reste-t-il alors ?<\/p>\n<\/p>\n<p><p>JAVIER PORTELLA. Il nous reste la seule religion qui, pour chancelante qu&rsquo;elle soit, sinon m\u00eame d\u00e9g\u00e9n\u00e9r\u00e9e, se tient encore l\u00e0. Je veux parler de ce christianisme dont certains de ses fid\u00e8les &ndash; aujourd&rsquo;hui rejet\u00e9s, peut-\u00eatre demain excommuni\u00e9s &ndash; se situent, quelles que soient nos diff\u00e9rences, du m\u00eame c\u00f4t\u00e9 de la barri\u00e8re o&ugrave; nous nous tenons. <em>A contrario<\/em> du christianisme officiel, tel qu&rsquo;il s&rsquo;est d\u00e9velopp\u00e9 depuis le Concile et qui, loin de sauver ou de r\u00e9enchanter le monde, &oelig;uvre \u00e0 la perte du monde.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Est-ce l\u00e0 quelque chose d&rsquo;in\u00e9luctable ? Je n&rsquo;en sais rien. Je sais seulement qu&rsquo;une fois, une seule fois, certes, les choses se sont d\u00e9roul\u00e9es tout autrement. Lors de la grande aventure de la Renaissance, ce n&rsquo;est pas seulement la soci\u00e9t\u00e9 qui fut \u00e9branl\u00e9e par sa (re)d\u00e9couverte de l&rsquo;Antiquit\u00e9, c&rsquo;est aussi l&rsquo;&Eacute;glise, qui, pendant une bonne centaine d&rsquo;ann\u00e9es, entre le milieu du XV<sup>e <\/sup>et du XVI<sup>e<\/sup> si\u00e8cles, connut un syncr\u00e9tisme pagano-chr\u00e9tien qui rendit possible, entre autres, la plus grande flamb\u00e9e jamais vue de l&rsquo;art. C&rsquo;est pourquoi je consacre \u00e0 ce syncr\u00e9tisme des pages qui me semblent d&rsquo;autant plus n\u00e9cessaires que l&rsquo;affaire est \u00e9tonnamment peu connue.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Qu&rsquo;en reste-t-il ? &Agrave; peu pr\u00e8s rien, j&rsquo;en conviens. N&#8217;emp\u00eache : cela a \u00e9t\u00e9. Et si quelque chose a \u00e9t\u00e9, il n&rsquo;y a aucune impossibilit\u00e9 de principe \u00e0 ce que quelque chose d&rsquo;approchant puisse voir le jour. Ainsi, chaque ann\u00e9e en Espagne, singuli\u00e8rement en Andalousie, les processions de la Semaine Sainte charrient des foules immenses (peu importe qu&rsquo;elles soient &laquo; croyantes &raquo; ou plus s&ucirc;rement &laquo; incroyantes &raquo;) qui s&rsquo;\u00e9meuvent, pleines de ferveur, au passage de Vierges qui ressemblent \u00e0 ces d\u00e9esses dont le nom \u00e9tait accol\u00e9 \u00e0 celui de Marie, tandis que celui de Jupiter \u00e9tait accol\u00e9 \u00e0 Dieu le P\u00e8re et celui d&rsquo;Apollon au Christ dans des textes on ne peut plus officiels de la Rome d&rsquo;Alexandre VI et des autres papes de la Renaissance.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>C&rsquo;est mince, je l&rsquo;admets. Ce ne sont l\u00e0 que des signes : les signes &ndash; non pas les preuves &ndash; que je cherchais afin qu&rsquo;ils nous \u00e9clairent quelque peu le chemin.<\/p><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>L&rsquo;abysse du Sacr\u00e9 17 d\u00e9cembre 2021 &ndash; C&rsquo;est une sc\u00e8ne dont je m&rsquo;interroge s&rsquo;il est bien utile que je la rapporte ; tant pis, allons-y. C&rsquo;est un poivrot vautr\u00e9 sur le trottoir, d\u00e9j\u00e0 bien avanc\u00e9, et le trottoir et le poivrot. Il me h\u00e8le. 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