{"id":80276,"date":"2022-07-20T13:39:13","date_gmt":"2022-07-20T13:39:13","guid":{"rendered":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/2022\/07\/20\/dans-pc-il-y-a-parti\/"},"modified":"2022-07-20T13:39:13","modified_gmt":"2022-07-20T13:39:13","slug":"dans-pc-il-y-a-parti","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/2022\/07\/20\/dans-pc-il-y-a-parti\/","title":{"rendered":"Dans \u2018P.C.&rsquo;, il y a \u2018Parti&rsquo;"},"content":{"rendered":"<p><h2 class=\"titleset_b.deepgreen\" style=\"color:#75714d; font-size:1.65em; font-variant:small-caps\">Dans &lsquo;P.C.&rsquo;, il y a &lsquo;Parti&rsquo;<\/h2>\n<\/p>\n<blockquote>\n<p><p>&bull; Une analyse profonde de l&rsquo;attaque g\u00e9n\u00e9rale contre la culture : du gramscisme au P.C. (Parti Communiste puis Politiquement Correct), \u00e0 la \u00ab\u00a0cancellation de la culture\u00a0\u00bb. &bull; L&rsquo;exemple italien. &bull; Contributions : <em>dde.org <\/em>et Marcello Veneziani.<\/p>\n<\/p>\n<\/blockquote>\n<p><p>Ci-dessous, nous reprenons un long texte dont nous avons voulu illustrer l&rsquo;esprit en raccourcissant son titre : nous allons du &laquo; <em>De l&rsquo;h\u00e9g\u00e9monie culturelle au politiquement correct<\/em> &raquo; au &laquo; <em>De l&rsquo;h\u00e9g\u00e9monie culturelle au P.C.<\/em> &raquo;, &ndash; car &lsquo;<em>Dans P.C., il y a &lsquo;Parti&rsquo;<\/em>&lsquo;, avec sa &lsquo;ligne&rsquo;, \u00e0 suivre obligatoirement, &ndash; communiste ou pas communiste peu importe ! Il s&rsquo;agit de l&rsquo;\u00e9tat de l&rsquo;esprit prisonnier, ce qui est le caract\u00e8re m\u00eame de la modernit\u00e9 car tout esprit \u00e9vad\u00e9 de cette prison risque de tr\u00e8s vite trouver les arguments qui pulv\u00e9risent la modernit\u00e9. L&rsquo;esprit moderniste doit donc \u00eatre P.C., &ndash; &lsquo;Politiquement Correct&rsquo;, comme c&rsquo;est aujourd&rsquo;hui le cas universel dans notre <a href=\"\/bloc-BAO\">bloc-BAO<\/a>, le PC accompagnant dans une m\u00e9lop\u00e9e obsc\u00e8ne l&rsquo;effondrement de notre civilisation.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>L&rsquo;auteur, Marcello Veneziani (voir <a href=\"http:\/\/www.marcelloveneziani.com\/\">son site<\/a>), est cet \u00e9crivain italien, penseur, aux id\u00e9es proches du conservatisme et de la \u00ab\u00a0r\u00e9volution conservatrice\u00a0\u00bb, et surtout, pour ses r\u00e9f\u00e9rences essentielles, \u00e0 la Tradition. Il s&rsquo;agit d&rsquo;un intellectuel h\u00e9ritier d&rsquo;une riche tradition italienne.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Au d\u00e9part de son analyse, il y a un autre Italien, Gramsci, parti du Parti si l&rsquo;on peut dire, pour enfanter une pens\u00e9e dont le PC n&rsquo;est pas &lsquo;Parti Communiste&rsquo; mais &lsquo;Politiquement Correct&rsquo;. Qu&rsquo;importe, on est dans les m\u00eames eaux troubles et basses \u00e0 la fois. Veneziani d\u00e9crit tout cela avec une minutie sans \u00e9gale, et nous conduit bien entendu au wokenisme, \u00e0 la \u00ab\u00a0culture de l&rsquo;annulation\u00a0\u00bb comme on a l&rsquo;habitude de traduire \u00ab\u00a0<em>cancel culture<\/em>\u00a0\u00bb en respectant le caract\u00e8re insens\u00e9, de contradiction entropique en soi, de l&rsquo;expression<\/p>\n<\/p>\n<blockquote class=\"normal\" style=\"font-size:1.05em\">\n<p><p>&laquo; <em>La cancel culture, qu&rsquo;il faudrait traduire par l&rsquo;effacement de la culture et non pas comme certains le font par la culture de l&rsquo;effacement, car c&rsquo;est un ph\u00e9nom\u00e8ne barbare et destructeur, est l&rsquo;incapacit\u00e9 \u00e0 traiter avec des mondes diff\u00e9rents, \u00e0 confronter des param\u00e8tres autres que les siens, \u00e0 comprendre que chaque \u00e9poque a son propre crit\u00e8re, personne ne peut s&rsquo;\u00e9lever pour \u00eatre le juge final de toutes les autres \u00e9poques et cultures. Et la grandeur et l&rsquo;infamie ne se mesurent pas seulement \u00e0 l&rsquo;aune mesquine de notre manich\u00e9isme actuel. Mais si la condamnation du pass\u00e9 au nom du PC est d\u00e9j\u00e0 aberrante en soi, son effacement ou sa suppression, sans m\u00eame en discuter, devient mis\u00e9rable<\/em>. &raquo;<\/p>\n<\/p>\n<\/blockquote>\n<p><p>Que faire contre ce cancer du Rien, le Rien d\u00e9vorant toute vie de l&rsquo;esprit ? C&rsquo;est un peu la m\u00eame r\u00e9ponse \u00e0 la question qui se pose lorsqu&rsquo;on veut lutter contre le Syst\u00e8me : l\u00e0 aussi, c&rsquo;est un ph\u00e9nom\u00e8ne autodestructeur, et il s&rsquo;agit essentiellement d&rsquo;observer, de t\u00e9moigner, d&rsquo;informer avec vigueur pour permettre aux esprits de rester ouverts ou de s&rsquo;ouvrir (rester vivant, quoi !), de faire ce travail d&rsquo;observateur pressant pour renforcer la dynamique de surpuissance du Syst\u00e8me de fa\u00e7on que l&rsquo;&oelig;uvre d&rsquo;autodestruction se fasse vite, et m\u00eame de plus en plus vite&#8230; Pour le temps pr\u00e9sent et sur  la ligne de vfront elle-m\u00eame, il importe de se mettre \u00ab\u00a0\u00e0 la cape\u00a0\u00bb, comme le voilier dans la temp\u00eate, en attendant que passe la temp\u00eate qui se d\u00e9vore elle-m\u00eame et dont les dieux se chargeront.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>De ce point de vue, nous diff\u00e9rons un peu des regrets de Veneziani qui concernent \u00e0 notre sens un domaine o&ugrave; la dissidence et la r\u00e9sistance ne peuvent rien faire de v\u00e9ritablement organis\u00e9 et pr\u00e9tendument alternatif d&rsquo;une fa\u00e7on d\u00e9cisive, qui ne les conduise \u00e0 entrer dans la collaboration&#8230; Nous ne pouvons qu&rsquo;entretenir et proclamer autant que faire se peut le mat\u00e9riel de l&rsquo;esprit et la spiritualit\u00e9 qui l&rsquo;accompagne, et continuer \u00e0 exister, &ndash;pour les t\u00e2ches \u00e0 venir, qui ne viendront qu&rsquo;apr\u00e8s, qui nous seront peut-\u00eatre confi\u00e9es, ou peut-\u00eatre pas mais \u00e0 d&rsquo;autres \u00e0 venir&#8230; Mais d&rsquo;abord ! La pourriture doit s&rsquo;accomplir jusqu&rsquo;\u00e0 la dissolution, et elle seule peut le faire d&rsquo;elle-m\u00eame.<\/p>\n<\/p>\n<blockquote class=\"normal\" style=\"font-size:1.05em\">\n<p><p>&laquo; <em>Cette soudure, ce blocage, emp\u00eache l&rsquo;opposition d&rsquo;une culture civile et d&rsquo;une sensibilit\u00e9 diff\u00e9rentes, li\u00e9es par exemple au respect de la Nature, des Traditions, de la Qualit\u00e9, des Identit\u00e9s culturelles, populaires, civiles et religieuses. Bien que, il faut \u00e9galement le dire, il n&rsquo;existe pas de forces organis\u00e9es, sans parler des partis, qui ont au moins tent\u00e9 de construire des r\u00e9seaux, des structures et des r\u00e9cits alternatifs pour une r\u00e9ponse organique. Ce qui fait d\u00e9faut, c&rsquo;est la sensibilit\u00e9, la pr\u00e9voyance, la strat\u00e9gie pour une contre-offensive ad\u00e9quate \u00e0 cette domination. Un type de culture conservateur, par exemple, capable de d\u00e9fendre la civilisation, la nature, la r\u00e9alit\u00e9, la qualit\u00e9 et la beaut\u00e9. Il ne reste alors que l&rsquo;utilisation de l&rsquo;intelligence au niveau personnel, des centres et groupes culturels, et la circulation des id\u00e9es.<\/em> &raquo;<\/p>\n<\/p>\n<\/blockquote>\n<p><p>L&rsquo;analyse de Marcello Veneziani est reprise de &lsquo;<em><a href=\"http:\/\/euro-synergies.hautetfort.com\/archive\/2022\/07\/13\/de-l-hegemonie-culturelle-au-politiquement-correct.html\">euro-synergies.hautefort.com<\/a><\/em>&lsquo; du <a href=\"http:\/\/euro-synergies.hautetfort.com\/archive\/2022\/07\/13\/de-l-hegemonie-culturelle-au-politiquement-correct.html\">13 juillet 2022<\/a>, \u00e0 partir du site de l&rsquo;auteur comme <a href=\"http:\/\/www.marcelloveneziani.com\/articoli\/dallegemonia-culturale-al-politically-correct\/\">source originelle<\/a>.<\/p>\n<\/p>\n<p><h4><em>dde.org<\/em><\/h4>\n<\/p>\n<p><p>_________________________<\/p>\n<\/p>\n<\/p>\n<p><h2 class=\"titleset_b.deepgreen\" style=\"color:#75714d; font-size:1.65em; font-variant:small-caps\">De l&rsquo;h\u00e9g\u00e9monie culturelle au P.C.<\/h2>\n<\/p>\n<p><p>Mais quelle est cette fameuse h\u00e9g\u00e9monie culturelle, et en quoi consiste-t-elle ? Pour commencer, le mod\u00e8le id\u00e9ologique de l&rsquo;h\u00e9g\u00e9monie culturelle a \u00e9t\u00e9 trac\u00e9 en Italie par Antonio Gramsci avec son id\u00e9e du Parti comme intellectuel collectif qui conquiert la soci\u00e9t\u00e9 et le consensus populaire par la conqu\u00eate de la culture. Ce mod\u00e8le culturel devient le point de r\u00e9f\u00e9rence avanc\u00e9 de toute la gauche occidentale; il est appliqu\u00e9 dans des pays o&ugrave; il existe, pour le meilleur ou pour le pire, une pluralit\u00e9 de cultures qui sont progressivement vid\u00e9es, d\u00e9l\u00e9gitim\u00e9es et domin\u00e9es. Le mod\u00e8le pratique, cependant, se nourrit de deux exp\u00e9riences non d\u00e9mocratiques: l&rsquo;exp\u00e9rience totalitaire, communiste, sovi\u00e9tique, de L\u00e9nine \u00e0 Trotsky, de Zdanov \u00e0 Luck\u00e0cs, c&rsquo;est-\u00e0-dire le ministre de la culture et le ministre philosophe de Staline dans la Hongrie communiste. Mais il y a aussi une exp\u00e9rience cach\u00e9e comme r\u00e9f\u00e9rence: l&rsquo;exp\u00e9rience autoritaire fasciste italienne, avec l&rsquo;organisation de la culture et des intellectuels, l&rsquo;\u00e9cole et l&rsquo;Encyclop\u00e9die italienne de Giovanni Gentile et Giuseppe Bottai, qui est le seul v\u00e9ritable pr\u00e9c\u00e9dent occidental d&rsquo;h\u00e9g\u00e9monie culturelle (mais l&rsquo;exp\u00e9rience fasciste \u00e9tait tout sauf monochrome, au contraire elle \u00e9tait pleine d&rsquo;h\u00e9r\u00e9sies, de vari\u00e9t\u00e9s et de dissonances). En arri\u00e8re-plan, cependant, il y a aussi un objectif de substitution: pour les masses, il s&rsquo;agit de remplacer l&rsquo;\u00e9ducation catholique, le r\u00e9seau de paroisses, l&#8217;empreinte religieuse par un nouveau cat\u00e9chisme la\u00efc et progressiste, par une empreinte communiste. C&rsquo;est l&rsquo;illumination apport\u00e9e aux masses, selon le projet de Gramsci.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>L&rsquo;histoire de l&rsquo;h\u00e9g\u00e9monie culturelle marxiste et la\u00efque en Italie doit \u00eatre divis\u00e9e en deux phases. La premi\u00e8re remonte \u00e0 Togliatti, qui, dans l&rsquo;imm\u00e9diat apr\u00e8s-guerre, au nom du gramscisme, est parti \u00e0 la conqu\u00eate de la culture, en se servant des intellectuels organiques militants et des maisons d&rsquo;\u00e9dition proches du Parti. Il s&rsquo;agit d&rsquo;une h\u00e9g\u00e9monie qui n&rsquo;est pas encore g\u00e9n\u00e9ralis\u00e9e, qui vise la culture de niveau moyen et sup\u00e9rieur et qui s&rsquo;appuie sur la reconversion de nombreux &quot;rachet\u00e9s&quot; du fascisme ; elle concerne l&rsquo;\u00e9dition, certaines franges de la culture universitaire, la culture publique et historique. Contre cette h\u00e9g\u00e9monie viendra la d\u00e9finition tout aussi n\u00e9faste du &quot;culturame&quot; par le ministre chr\u00e9tien-d\u00e9mocrate Scelba.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>L&rsquo;h\u00e9g\u00e9monie, tant gramscienne que radicale, pr\u00e9sente deux caract\u00e9ristiques \u00e0 souligner. Il ne touche pas, sinon par r\u00e9flexe, les sommets de la culture italienne, mais se soude au fil des ans dans les classes moyennes de la culture, dans le corps enseignant, jusqu&rsquo;\u00e0 conqu\u00e9rir une bonne partie de l&rsquo;universit\u00e9 et de l&rsquo;\u00e9cole, les prix litt\u00e9raires, la presse et l&rsquo;\u00e9dition, ainsi que le cin\u00e9ma et le th\u00e9\u00e2tre, l&rsquo;art et la musique. Rien de comparable, pour ne pas dire plus, avec l&rsquo;h\u00e9g\u00e9monie fasciste sous Gentile et D&rsquo;Annunzio, Pirandello et Marinetti, Marconi et Piacentini, pour ne parler que des Italiens.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Deuxi\u00e8mement, elle touche \u00e0 peine la culture de masse, qui est davantage fa\u00e7onn\u00e9e par les nouveaux moyens de loisirs populaires et de divertissement national-populaire, les sports, la musique pop et la t\u00e9l\u00e9vision commerciale, dans lesquels l&rsquo;influence id\u00e9ologique s&rsquo;insinuera aussi, \u00e0 terme, avec force. Ainsi, le gramscisme est rest\u00e9 une h\u00e9g\u00e9monie d&rsquo;organisation culturelle, de pouvoirs culturels, de cadres interm\u00e9diaires, sans sommets d&rsquo;excellence et sans v\u00e9ritable adh\u00e9sion populaire. Mais les reflets de son influence ont infiltr\u00e9 les th\u00e8mes civils et coutumiers comme une tra&icirc;n\u00e9e de poudre, au point de cr\u00e9er un nouveau canon de totems et de tabous.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>L&rsquo;h\u00e9g\u00e9monie culturelle engloutit les cultures apparent\u00e9es, asservit les cultures opportunistes et tierces, diabolise ou d\u00e9l\u00e9gitime les cultures oppos\u00e9es, qu&rsquo;elles soient catholiques, conservatrices, traditionnelles ou nationales. Elle dresse des cordons sanitaires pour isoler les non-align\u00e9s, elle disqualifie les cultures de droite, tax\u00e9es hier d&rsquo;aristocratiques et d&rsquo;anti-d\u00e9mocratiques, aujourd&rsquo;hui de populistes et de racistes-sexistes; depuis quelques ann\u00e9es, elle pr\u00e9f\u00e8re faire comme si elles n&rsquo;existaient pas, d\u00e9cr\u00e9tant la mort civile de ses auteurs.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>La deuxi\u00e8me h\u00e9g\u00e9monie culturelle est n\u00e9e sur la vague de protestation des jeunes en 1968 ; en Italie, le PCI est devenu le principal r\u00e9f\u00e9rent mais aussi en partie la cible de l&rsquo;extr\u00e9misme rouge. Le d\u00e9tachement de l&rsquo;Union sovi\u00e9tique \u00e9tait motiv\u00e9, m\u00eame au sein du PCI, par la tentative d&rsquo;intercepter cet espace radical, jeune et marxiste qui ne contestait pas l&rsquo;URSS au nom de la libert\u00e9 mais au nom de la Chine de Mao et de sa R\u00e9volution culturelle, de Che Guevara et de la R\u00e9volution cubaine, de Ho Chi Min et de l&rsquo;anti-am\u00e9ricanisme, et d&rsquo;autres mythes exotiques et r\u00e9volutionnaires. Il en va de m\u00eame pour la gauche europ\u00e9enne et la Nouvelle Gauche, la gauche am\u00e9ricaine.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Apr\u00e8s 68, les jeunes qui \u00e9taient jusqu&rsquo;alors des manifestants, puis des assistants et bient\u00f4t des n\u00e9o-barons universitaires sont entr\u00e9s en sc\u00e8ne. La soudure entre les deux gauches se fait \u00e0 travers certains organes de presse, certaines maisons d&rsquo;\u00e9dition, et la transformation, non seulement en Italie mais dans toute l&rsquo;Europe, de la gauche du communisme au radical-progressisme. Cette fois, l&rsquo;h\u00e9g\u00e9monie s&rsquo;\u00e9tend bien au-del\u00e0 de la haute culture, elle touche les \u00e9coles et les universit\u00e9s, mais aussi le cin\u00e9ma, la t\u00e9l\u00e9vision, le th\u00e9\u00e2tre, l&rsquo;art, la langue. Le projet politique consiste \u00e0 muter, moderniser, s\u00e9culariser le vieux PCI en un projet de parti radical de masse. Mais en pr\u00e9servant son h\u00e9g\u00e9monie, son r\u00f4le de leader et son paradigme.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Sur le plan culturel, Gramsci a fusionn\u00e9 avec des auteurs de la tradition socialiste et lib\u00e9rale-socialiste, comme la lign\u00e9e qui va de Piero Gobetti \u00e0 Norberto Bobbio en passant par Umberto Eco, et applique la nouvelle h\u00e9g\u00e9monie culturelle au monde des m\u00e9dias de masse et \u00e0 la soci\u00e9t\u00e9 contemporaine. Mais Gramsci est toujours consid\u00e9r\u00e9 comme le nouveau pape s\u00e9culier de l&rsquo;h\u00e9g\u00e9monie, bien qu&rsquo;\u00e0 titre posthume ; la d\u00e9finition de pape s\u00e9culier a \u00e9t\u00e9 utilis\u00e9e par Gramsci lui-m\u00eame pour indiquer le r\u00f4le du philosophe lib\u00e9ral Benedetto Croce dans la transition du fascisme \u00e0 l&rsquo;antifascisme. Dans les ann\u00e9es de plomb, c&rsquo;est-\u00e0-dire les ann\u00e9es 1970, la marque communiste de l&rsquo;h\u00e9g\u00e9monie gramscienne a coexist\u00e9 avec l&rsquo;h\u00e9g\u00e9monie radicale qui a pris sa place, \u00e0 laquelle ont contribu\u00e9 les v\u00e9t\u00e9rans de 68 et de nombreux groupes d&rsquo;extr\u00eame ou de gauche radicale, du Manifesto \u00e0 Potere Operaio et Lotta Continua. Si avant c&rsquo;\u00e9tait le Parti qui menait la danse, maintenant c&rsquo;est le Collectif Intellectuel qui donne la r\u00e9plique \u00e0 la Gauche et la m\u00e8ne sur le plan de la primaut\u00e9 culturelle.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Cette deuxi\u00e8me phase a un d\u00e9bouch\u00e9 plus r\u00e9cent, issu des exp\u00e9riences nord-am\u00e9ricaines et nord-europ\u00e9ennes (Su\u00e8de, par exemple) : la transformation de l&rsquo;h\u00e9g\u00e9monie communiste en h\u00e9g\u00e9monie du politiquement correct. Maintenant que le communisme n&rsquo;est plus, du moins en Occident, \u00e0 sa place se trouve un autre PC, qui ne signifie plus Parti communiste mais Politiquement correct. C&rsquo;est le canon id\u00e9ologique qui impose une nouvelle bigoterie en faveur des gays, de l&rsquo;avortement, des f\u00e9ministes, des migrants, des Noirs, des immigr\u00e9s clandestins, qui mesure et censure le vocabulaire, qui d\u00e9signe des mod\u00e8les de r\u00e9f\u00e9rence conformes \u00e0 l&rsquo;id\u00e9ologie correcte.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>J&rsquo;ai consacr\u00e9 de nombreuses pages de mon dernier livre La Cappa, \u00e0 la critique du pr\u00e9sent, \u00e0 approfondir la question de la culture de l&rsquo;annulation (cancel culture) et de son ant\u00e9c\u00e9dent, le politiquement correct. Le principal mal des deux est la r\u00e9duction de l&rsquo;histoire au pr\u00e9sent, du diff\u00e9rent au conforme, de la r\u00e9alit\u00e9 au sch\u00e9ma id\u00e9ologique pr\u00e9fabriqu\u00e9. La cancel culture, qu&rsquo;il faudrait traduire par l&rsquo;effacement de la culture et non pas comme certains le font par la culture de l&rsquo;effacement, car c&rsquo;est un ph\u00e9nom\u00e8ne barbare et destructeur, est l&rsquo;incapacit\u00e9 \u00e0 traiter avec des mondes diff\u00e9rents, \u00e0 confronter des param\u00e8tres autres que les siens, \u00e0 comprendre que chaque \u00e9poque a son propre crit\u00e8re, personne ne peut s&rsquo;\u00e9lever pour \u00eatre le juge final de toutes les autres \u00e9poques et cultures. Et la grandeur et l&rsquo;infamie ne se mesurent pas seulement \u00e0 l&rsquo;aune mesquine de notre manich\u00e9isme actuel. Mais si la condamnation du pass\u00e9 au nom du PC est d\u00e9j\u00e0 aberrante en soi, son effacement ou sa suppression, sans m\u00eame en discuter, devient mis\u00e9rable.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>L&rsquo;effacement de la culture est l&rsquo;extension r\u00e9troactive du politiquement correct, qui se jette plut\u00f4t sur les comportements, la langue et les coutumes actuels. J&rsquo;ai d\u00e9fini le politiquement correct comme la cape id\u00e9ologique de notre \u00e9poque : c&rsquo;est le moralisme en l&rsquo;absence de moralit\u00e9, le racisme \u00e9thique en l&rsquo;absence d&rsquo;\u00e9thique, le sectarisme en l&rsquo;absence de religion et l&rsquo;antifascisme en l&rsquo;absence de fascisme. L&rsquo;objectif d\u00e9clar\u00e9 \u00e9tait \u00e0 l&rsquo;origine de prot\u00e9ger les minorit\u00e9s les plus faibles, les plus offens\u00e9es et les plus opprim\u00e9es, mais il a \u00e9t\u00e9 progressivement retourn\u00e9, au point de cr\u00e9er une armure d&rsquo;immunit\u00e9, c&rsquo;est-\u00e0-dire de non-critique pour certaines cat\u00e9gories, d\u00e9j\u00e0 indiqu\u00e9es, un supr\u00e9macisme invers\u00e9, pour finalement se retourner contre tout ce qui ne rel\u00e8ve pas de ces diversit\u00e9s prot\u00e9g\u00e9es : \u00e0 commencer par la famille, les peuples, les traditions, la nature, la r\u00e9alit\u00e9, l&rsquo;homme commun. Mais il fonctionne \u00e9galement comme un terrible &quot;niveleur&quot;, car il punit et d\u00e9prime toute excellence, toute grandeur, toute beaut\u00e9. Le politiquement correct tue la r\u00e9alit\u00e9 et d\u00e9motive toute recherche de qualit\u00e9, de v\u00e9rit\u00e9, d&rsquo;excellence. Dans La Cappa, j&rsquo;ai traduit ces nouveaux canons d&rsquo;hypocrisie en une v\u00e9ritable manipulation culturelle, en une usine d&rsquo;opinions pr\u00e9emball\u00e9es, et surtout, j&rsquo;ai vu la censure qui s&rsquo;ensuit contre ceux qui ne rentrent pas dans le rang.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Nous ne vivons pas seulement en Italie un retour de la censure militante, du contr\u00f4le id\u00e9ologique et parfois m\u00eame judiciaire, de la surveillance totale qui fait rage sur les opinions libres, sur les jugements historiques divergeant des pr\u00e9jug\u00e9s, sur les diff\u00e9rences de canons et de pens\u00e9es, sur les opinions exprim\u00e9es sur les r\u00e9seaux sociaux. Et si cette vague r\u00e9pressive est ensuite combin\u00e9e aux dispositifs d&rsquo;urgence approuv\u00e9s maintenant pour la pand\u00e9mie et maintenant pour la propagande de guerre en Ukraine, les r\u00e9sultats sont un r\u00e9gime de surveillance et l&rsquo;antichambre d&rsquo;un syst\u00e8me totalitaire, bien que sous une forme douce et \u00e9dulcor\u00e9e, avec l&rsquo;apparence rh\u00e9torique de la d\u00e9mocratie lib\u00e9rale. Nous avons gliss\u00e9 de la soci\u00e9t\u00e9 ouverte dont parlait Karl Popper \u00e0 la soci\u00e9t\u00e9 couverte, sous contr\u00f4le, surveill\u00e9e par les gardiens du politiquement correct. L&rsquo;Union europ\u00e9enne a largement adopt\u00e9 ce nouveau canon et l&rsquo;impose par le biais de ses directives, des arr\u00eats des tribunaux europ\u00e9ens et d&rsquo;autres formes d&rsquo;orientation.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>La censure est toujours inacceptable ; les codes civil et p\u00e9nal sont suffisants pour combattre la falsification, la calomnie et la diffamation.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>L&rsquo;h\u00e9g\u00e9monie culturelle fait du mal \u00e0 la culture, il va sans dire qu&rsquo;elle porte atteinte non seulement \u00e0 sa libert\u00e9 mais aussi \u00e0 sa qualit\u00e9, sa dignit\u00e9 et sa vari\u00e9t\u00e9. Mais la culture est \u00e9galement mise \u00e0 mal par la m\u00e9connaissance, le m\u00e9pris et la sous-estimation. Au final, ceux qui ne sont pas align\u00e9s sur l&rsquo;h\u00e9g\u00e9monie se retrouvent entre le feu des intol\u00e9rants et le gel des indiff\u00e9rents.  La pression psychologique est forte, et la tentation d&rsquo;\u00e9viter la confrontation, d&rsquo;accepter pour le bien d&rsquo;une vie tranquille, les nouveaux codes id\u00e9ologiques est fr\u00e9quente.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Ces derniers temps, deux choses se sont produites : l&rsquo;h\u00e9g\u00e9monie s&rsquo;est assombrie, son intol\u00e9rance punitive s&rsquo;est aiguis\u00e9e. Et sa signification culturelle est devenue sous-culturelle, m\u00e9diatique, non th\u00e9orique mais \u00e9thique, non pensante mais corrective, id\u00e9ologique mais sans \u00e9laboration d&rsquo;id\u00e9es. Son champ s&rsquo;est \u00e9largi pour inclure tous les autres m\u00e9dias, au point de fournir une narration unique du pr\u00e9sent et du pass\u00e9.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>En quoi consiste l&rsquo;h\u00e9g\u00e9monie culturelle aujourd&rsquo;hui ? Dans une mentalit\u00e9 dominante qui h\u00e9rite du communisme la revendication de la V\u00e9rit\u00e9 in\u00e9luctable (c&rsquo;est-\u00e0-dire le Progr\u00e8s, vous ne pouvez pas \u00e9chapper \u00e0 son issue) et son monopole par ceux qui repr\u00e9sentent ce camp. Ils sont toujours du bon c\u00f4t\u00e9 de l&rsquo;histoire, m\u00eame lorsqu&rsquo;ils se trompent de mani\u00e8re retentissante ; et ils peuvent prendre des positions qui, hier encore, \u00e9taient condamn\u00e9es sans avoir \u00e0 justifier ce changement. Parce qu&rsquo;ils sont du &quot;bon&quot; c\u00f4t\u00e9 de l&rsquo;histoire. Cette mentalit\u00e9 est devenue un code id\u00e9ologique et une \u00e9tiquette sociale, connus sous le nom de politiquement correct, d&rsquo;intol\u00e9rance permissive et de bigoterie progressive.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Ceux qui sont en dehors doivent se sentir mal, doivent se justifier, sont consid\u00e9r\u00e9s comme hors de propos et hors du temps, r\u00e9duits \u00e0 un vestige du pass\u00e9 ou \u00e0 une anomalie pathologique. Mais laissons de c\u00f4t\u00e9 les d\u00e9nonciations et les condamnations et posons-nous la question fondamentale : mais qu&rsquo;a produit cette h\u00e9g\u00e9monie culturelle en termes d&rsquo;&oelig;uvres et d&rsquo;intelligence, quelle empreinte a-t-elle laiss\u00e9e sur la culture, la soci\u00e9t\u00e9 et les individus ? J&rsquo;ai du mal \u00e0 me souvenir d&rsquo;&oelig;uvres vraiment m\u00e9morables et significatives de cette marque sur la culture et la soci\u00e9t\u00e9. Et le jugement devient encore plus tranchant si l&rsquo;on compare les auteurs et les &oelig;uvres identifi\u00e9s \u00e0 tort ou \u00e0 raison \u00e0 l&rsquo;h\u00e9g\u00e9monie culturelle et les auteurs et les &oelig;uvres qui ont caract\u00e9ris\u00e9 le si\u00e8cle. Toutes les excellences dans tous les domaines, de la philosophie aux arts, de la science \u00e0 la litt\u00e9rature, ne font pas partie de l&rsquo;h\u00e9g\u00e9monie culturelle et s&rsquo;y opposent souvent. Je pourrais faire une liste longue et d\u00e9taill\u00e9e d&rsquo;auteurs et d&rsquo;&oelig;uvres en dehors de l&rsquo;id\u00e9ologie radicale, autrefois marxiste-progressiste, sinon contre elle.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>L&rsquo;h\u00e9g\u00e9monie culturelle a fonctionn\u00e9 comme une domination et un ostracisme mais n&rsquo;a pas produit et promu de grandes id\u00e9es, de grandes &oelig;uvres, de grands auteurs. Au contraire, on soup\u00e7onne \u00e0 juste titre qu&rsquo;il existe un lien entre la d\u00e9gradation culturelle de notre soci\u00e9t\u00e9 et l&rsquo;h\u00e9g\u00e9monie culturelle exerc\u00e9e et impos\u00e9e par ces radicaux. Les cercles culturels, les lobbies et les sectes intellectuelles dominantes ont laiss\u00e9 la soci\u00e9t\u00e9 \u00e0 la merci de l&rsquo;h\u00e9g\u00e9monie subculturelle et du vernaculaire. Et l&rsquo;intellectuel organique et collectif a produit comme r\u00e9action et effet l&rsquo;intellectuel individualiste et autiste qui n&rsquo;affecte pas la r\u00e9alit\u00e9 mais se r\u00e9fugie dans son narcissisme d\u00e9pressif. Mais pourquoi cela s&rsquo;est-il produit, peut-\u00eatre parce qu&rsquo;un clerg\u00e9 intellectuel de fonctionnaires m\u00e9diocres, quoique universitaires, a pr\u00e9valu ? Le racisme culturel, qui est d&rsquo;ailleurs tr\u00e8s pratiqu\u00e9 \u00e0 gauche, nous est \u00e9tranger, et nous ne pensons donc pas qu&rsquo;il s&rsquo;agisse d&rsquo;une question &quot;ethnique&quot; concernant la race ma&icirc;tresse de la culture. Le probl\u00e8me est un probl\u00e8me de contenu : l&rsquo;h\u00e9g\u00e9monie culturelle n&rsquo;a pas v\u00e9hicul\u00e9 des id\u00e9es, des valeurs et des mod\u00e8les positifs mais a r\u00e9ussi \u00e0 dissoudre les id\u00e9es, les valeurs et les mod\u00e8les positifs sur lesquels notre civilisation est fond\u00e9e. Elle n&rsquo;a pas fonctionn\u00e9 sur un plan constructif, ses utopies ont sombr\u00e9, \u00e0 commencer par le communisme ; mais elle a fonctionn\u00e9 sur un plan destructeur. Elle a corrod\u00e9 les traditions et les cultures, les civilisations et les principes de vie, le bon sens et les racines populaires. Et il s&rsquo;est \u00e9cras\u00e9 contre les principes fondamentaux de la vie personnelle et communautaire, li\u00e9s au sens religieux, au lien social et aux liens familiaux. Dieu, la patrie et la famille, pour r\u00e9sumer.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Si l&rsquo;\u00e9mancipation a \u00e9t\u00e9 sa valeur fondatrice et la lib\u00e9ration son principal crit\u00e8re, le r\u00e9sultat a \u00e9t\u00e9 une formidable d\u00e9molition quotidienne des cultures et des mod\u00e8les li\u00e9s \u00e0 la famille, \u00e0 la nature, \u00e0 la coutume, \u00e0 la vie et \u00e0 la naissance, au sens religieux et \u00e0 la perception mythique et symbolique de la r\u00e9alit\u00e9, au lien communautaire, aux identit\u00e9s et aux racines, aux m\u00e9rites et aux capacit\u00e9s personnelles. Elle a r\u00e9ussi \u00e0 dissoudre un monde, \u00e0 d\u00e9primer et \u00e0 marginaliser des cultures antagonistes, mais n&rsquo;a pas r\u00e9ussi \u00e0 g\u00e9n\u00e9rer de nouveaux mondes. Le r\u00e9sultat de cette d\u00e9sertification est qu&rsquo;il n&rsquo;existe pas d&rsquo;&oelig;uvres, d&rsquo;id\u00e9es, d&rsquo;auteurs qui soient des mod\u00e8les de r\u00e9f\u00e9rence, des points de d\u00e9part et des sources de naissance et de renaissance. L&rsquo;h\u00e9g\u00e9monie culturelle a fonctionn\u00e9 comme une dissolution, et non comme une solution. M\u00eame au niveau social, elle a produit davantage d&rsquo;ali\u00e9nation, d&rsquo;isolement, de d\u00e9sint\u00e9gration.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Aujourd&rsquo;hui, le communisme n&rsquo;est plus, la gauche semble avoir disparu, mais ce manteau \u00e9touffant persiste, m\u00eame si c&rsquo;est une coquille vide d&rsquo;id\u00e9es, de valeurs, d&rsquo;&oelig;uvres et d&rsquo;auteurs. Le r\u00e9sultat final est que l&rsquo;h\u00e9g\u00e9monie culturelle est un pouvoir fort avec une pens\u00e9e faible (et pas dans le sens indiqu\u00e9 par Vattimo et Rovatti) ; tandis que l&rsquo;arbre de notre civilisation, avec ses racines, son tronc mill\u00e9naire et ses ramifications dans la vie r\u00e9elle, est une pens\u00e9e forte mais avec des pouvoirs faibles pour sa d\u00e9fense.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>La premi\u00e8re est une \u00e9glise avec un \u00e9piscopat en place et un vaste clerg\u00e9 mais qui n&rsquo;a plus de doctrine, de religion et de perspective de salut ; \u00e0 l&rsquo;inverse, la seconde est une pens\u00e9e forte, avec une tradition mill\u00e9naire, mais sans dioc\u00e8ses et sans paroisses&#8230; Nous vivons ainsi une guerre asym\u00e9trique entre un pouvoir fort mais en voie de dissolution et une civilisation non encore d\u00e9compos\u00e9e sur le plan spirituel mais sans d\u00e9fense et succombant sur le plan pratique et m\u00e9diatique. La pr\u00e9valence actuelle du retour de la barbarie d\u00e9coule en grande partie de ce d\u00e9s\u00e9quilibre entre une culture h\u00e9g\u00e9monique mais nihiliste et une civilisation en perte de vitesse ou peut-\u00eatre d\u00e9j\u00e0 perdue. Le renouveau a deux adversaires : la culture nihiliste h\u00e9g\u00e9monique et le nihilisme sans culture de la vulgarit\u00e9 de masse.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Plus difficile est la question des rem\u00e8des possibles, des r\u00e9ponses possibles \u00e0 cette domination &quot;mondialiste&quot;. Parce que ce qui est en jeu, c&rsquo;est l&rsquo;h\u00e9g\u00e9monie id\u00e9ologique impos\u00e9e depuis des d\u00e9cennies, dans un sens radical-progressiste, qui domine la soci\u00e9t\u00e9 comme un d\u00f4me, m\u00eame dans un sens mafieux, et qui s&rsquo;\u00e9tend au-del\u00e0 des fronti\u00e8res nationales ; et ce qui est en jeu, ce sont les liens, les relations tr\u00e8s fortes entre cette h\u00e9g\u00e9monie et les pouvoirs li\u00e9s au domaine de l&rsquo;information, de la communication, de la culture, mais aussi au pouvoir judiciaire, \u00e0 l&rsquo;establishment \u00e9conomique-financier et bureaucratique-manag\u00e9rial transnational.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Cette soudure, ce blocage, emp\u00eache l&rsquo;opposition d&rsquo;une culture civile et d&rsquo;une sensibilit\u00e9 diff\u00e9rentes, li\u00e9es par exemple au respect de la Nature, des Traditions, de la Qualit\u00e9, des Identit\u00e9s culturelles, populaires, civiles et religieuses. Bien que, il faut \u00e9galement le dire, il n&rsquo;existe pas de forces organis\u00e9es, sans parler des partis, qui ont au moins tent\u00e9 de construire des r\u00e9seaux, des structures et des r\u00e9cits alternatifs pour une r\u00e9ponse organique. Ce qui fait d\u00e9faut, c&rsquo;est la sensibilit\u00e9, la pr\u00e9voyance, la strat\u00e9gie pour une contre-offensive ad\u00e9quate \u00e0 cette domination. Un type de culture conservateur, par exemple, capable de d\u00e9fendre la civilisation, la nature, la r\u00e9alit\u00e9, la qualit\u00e9 et la beaut\u00e9. Il ne reste alors que l&rsquo;utilisation de l&rsquo;intelligence au niveau personnel, des centres et groupes culturels, et la circulation des id\u00e9es.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Pour percer la \u00ab\u00a0cappa\u00a0\u00bb, il faut l&rsquo;\u00e9p\u00e9e de l&rsquo;intelligence, de l&rsquo;esprit critique et de ceux qui ne se contentent pas de ce que le couvent fournit. La Capuche et l&rsquo;\u00e9p\u00e9e, pour utiliser un langage mythique. Et avec cette \u00e9p\u00e9e, faire un assaut sur le ciel, cette fois-ci non pas pour abattre les dieux et d\u00e9molir tout principe sup\u00e9rieur, comme ce fut le cas pour Marx au moment de la Commune de Paris et plus r\u00e9cemment au moment de la contestation de 68 ; mais pour le d\u00e9barrasser de la couverture d&rsquo;hypocrisie, d&rsquo;uniformit\u00e9 et de surveillance qui nous opprime et nous emp\u00eache de voir le ciel librement et enti\u00e8rement.<\/p>\n<\/p>\n<p><h4>Marcello Veneziani<\/h4><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Dans &lsquo;P.C.&rsquo;, il y a &lsquo;Parti&rsquo; &bull; Une analyse profonde de l&rsquo;attaque g\u00e9n\u00e9rale contre la culture : du gramscisme au P.C. (Parti Communiste puis Politiquement Correct), \u00e0 la \u00ab\u00a0cancellation de la culture\u00a0\u00bb. &bull; L&rsquo;exemple italien. &bull; Contributions : dde.org et Marcello Veneziani. 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