{"id":80478,"date":"2023-01-10T16:00:08","date_gmt":"2023-01-10T16:00:08","guid":{"rendered":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/2023\/01\/10\/2014-2022-23-4\/"},"modified":"2023-01-10T16:00:08","modified_gmt":"2023-01-10T16:00:08","slug":"2014-2022-23-4","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/2023\/01\/10\/2014-2022-23-4\/","title":{"rendered":"2014-2022 &amp; 23"},"content":{"rendered":"<p><h2 class=\"titleset_b.deepgreen\" style=\"color:#75714d; font-size:1.65em; font-variant:small-caps\">2014-2022 &#038; 23<\/h2>\n<\/p>\n<p><p>10 janvier 2023 (16H00) &ndash; Un mien ami me faisait remarquer hier soir qu&rsquo;il y avait eu, en 2014, lors du coup de Kiev et de ce qui suivit imm\u00e9diatement, un frisson terrifiant qui nous avait tous saisis, &ndash; je parle de ceux qui sont capables de frissonner \u00e0 partir d&rsquo;une pens\u00e9e ind\u00e9pendante qu&rsquo;ils ont et non pas en attente d&rsquo;une consigne-Syst\u00e8me de leurs gouvernants : \u00ab\u00a0Vous frissonnerez quand on vous le dira\u00a0\u00bb. Il s&rsquo;agissait du spectre de la Grande Guerre de la Fin des Temps que la crise ukrainienne avait soudain fait surgir \u00e0 nos yeux brutalement d\u00e9cill\u00e9s. Ce m\u00eame ami me rappelait un texte de ce site qui en avait parl\u00e9, et je ne tardai pas \u00e0 m&rsquo;en souvenir.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>C&rsquo;\u00e9tait ce texte du <a href=\"https:\/\/www.dedefensa.org\/article\/la-guerre-est-en-reparation-durgence\">3 mars 2014<\/a>, sous le titre &laquo; <em>La guerre est en r\u00e9paration d&rsquo;urgence<\/em> &raquo;. D&rsquo;abord, il y \u00e9tait question de l&rsquo;\u00e9volution doctrinale du Pentagone, &ndash; qui se foutait bien des dingueries des <em>neocons <\/em>et de leurs d\u00e9lires chroniques, &ndash; qui venait d&rsquo;annoncer l&rsquo;abandon des \u00ab\u00a0grandes guerres conventionnelles de haut niveau\u00a0\u00bb. Ce n&rsquo;\u00e9tait plus d&rsquo;actualit\u00e9 et, mon Dieu, je dirais que c&rsquo;\u00e9tait fort bien vu lorsqu&rsquo;on se balade du c\u00f4t\u00e9 de Bakmouth et de Soledar, n&rsquo;est-il pas ?&#8230;<\/p>\n<\/p>\n<blockquote class=\"normal\" style=\"font-size:1.05em\">\n<p><p>&laquo; <em>Techniquement et op\u00e9rationnellement, le secr\u00e9taire \u00e0 la d\u00e9fense Hagel annonce que le Pentagone a d\u00e9cid\u00e9 d&rsquo;abandonner le mod\u00e8le d&rsquo;une \u00ab\u00a0guerre consistant en des op\u00e9rations stables, tr\u00e8s amples et de longue dur\u00e9e (\u00ab\u00a0&#8230;long and large stability operations\u00a0\u00bb), &ndash; c&rsquo;est-\u00e0-dire tout ce qui se rapproche de la guerre conventionnelle de haut niveau, et a fortiori du \u00ab\u00a0mod\u00e8le pur de &lsquo;guerre conventionnelle de haut niveau'\u00a0\u00bb<\/em>. &raquo;<\/p>\n<\/p>\n<\/blockquote>\n<p><p>Ces remarques illustraient quelques r\u00e9flexions de la premi\u00e8re partie du texte, autour de l&rsquo;id\u00e9e, que certains \u00e9voquaient alors, d&rsquo;une \u00e9volution vers une sorte de &lsquo;n\u00e9o-isolationnisme&rsquo; (c&rsquo;est dire qu&rsquo;on \u00e9tait loin des dingueries <em>neocon<\/em>nes). A cette \u00e9poque, le Pentagone sortait d&rsquo;une premi\u00e8re phase syrienne o&ugrave; il avait failli aller au feu dans les grands tirs d&rsquo;artifice (printemps-\u00e9t\u00e9 2013), et il avait frein\u00e9 sec au dernier moment.<\/p>\n<\/p>\n<blockquote class=\"normal\" style=\"font-size:1.05em\">\n<p><p>&laquo; <em>Tout se faisant aujourd&rsquo;hui en mode d&rsquo;inversion marquant terriblement la psychologie, le propos continue \u00e0 nous conduire \u00e0 des observations paradoxales et contradictoires, qui s&rsquo;accordent fort bien \u00e0 la dynamique surpuissance-autodestruction d&rsquo;effondrement du Syst\u00e8me. La sortie de l&rsquo;isolationnisme de1940 se fit, au travers de divers avatars et manigances int\u00e9rieurs US, dans la dynamique d&rsquo;un conflit passant \u00e0 la dimension mondiale (la d\u00e9claration de guerre de septembre 1939, la chute de la France de juin 1940, l&rsquo;attaque contre l&rsquo;URSS du 21 juin 1941 et Pearl Harbor le 7 d\u00e9cembre 1941). La sortie de l&rsquo;isolationnisme r\u00e9pondait \u00e0 une logique objective, quelles que fussent les intentions qui la caract\u00e9risaient, d&rsquo;une guerre mondiale o&ugrave; les USA, dans tous les cas o&ugrave; Roosevelt et son parti interventionniste, jugeaient vitale leur participation. Le retour, par le biais d&rsquo;un neo-isolationnisme type-\u00ab\u00a0retour \u00e0 la case-d\u00e9part\u00a0\u00bb se fait <\/em>[actuellement] <em>alors que surgit une crise (la crise ukrainienne) qui est <strong>la premi\u00e8re de la s\u00e9quence<\/strong> (depuis 9\/11 et surtout depuis 9\/15 et 2008) portant en elle les \u00e9l\u00e9ments potentiels d&rsquo;un conflit, non pas r\u00e9gional mais au plus haut niveau concevable, &ndash; et l\u00e0, \u00ab\u00a0n\u00e9o-iso\u00a0\u00bb ou pas, les USA \u00e9tant rattrap\u00e9s par leur effondrement, &ndash; et alors la crise \u00ab\u00a0premi\u00e8re de la s\u00e9quence\u00a0\u00bb pourrait devenir la crise <strong>d\u00e9cisive de la s\u00e9quence<\/strong>, elle-m\u00eame avec tout pour s&rsquo;imposer comme <strong>la s\u00e9quence d\u00e9cisive<\/strong><\/em>&#8230; &raquo;<\/p>\n<\/p>\n<\/blockquote>\n<p><p>Ces remarques nos conduisaient \u00e0 la seconde partie du texte qui, elle, entrait dans le dur comme nous en ressent&icirc;mes alors le frisson : la perspective d&rsquo;un conflit direct avec la Russie \u00e0 cause de la crise ukrainienne. D\u00e9j\u00e0, les accents \u00e9taient terribles et m\u00e9taphysiques du c\u00f4t\u00e9 des commentateurs russes, la direction restant dans une attitude prudente&#8230; (Toujours ce texte du <a href=\"https:\/\/www.dedefensa.org\/article\/la-guerre-est-en-reparation-durgence\">3 mars 2014<\/a>.)<\/p>\n<\/p>\n<blockquote class=\"normal\" style=\"font-size:1.05em\">\n<p><p>&laquo; &#8230;<em>\u00ab\u00a0Dans le cas qui nous occupe, les choses de la dynamique de l&rsquo;instabilit\u00e9 ne s&rsquo;arr\u00eateront pas \u00e0 la Syrie, ni \u00e0 la r\u00e9gion autour de la Syrie, ni \u00e0 l&rsquo;Iran, mais, par les contrecoups d\u00e9clench\u00e9s dans les situations int\u00e9rieures, notamment celles des pays du <\/em><em><a href=\"https:\/\/www.dedefensa.org\/article\/glossairedde-bloc-bao-1\">bloc-BAO<\/a><\/em><em>, elles iront au c&oelig;ur du sort du Syst\u00e8me dans son enti\u00e8ret\u00e9. Elles poseront la question essentielle de l&rsquo;effondrement du Syst\u00e8me.<\/em>\u00ab\u00a0<\/p>\n<\/p>\n<p><p>&raquo; <em>L&rsquo;Ukraine, c&rsquo;est un peu le r\u00e9sultat de cette \u00e9volution, &ndash; et peut-\u00eatre, par cons\u00e9quent, des \u00ab\u00a0m\u00e9ditations de Poutine\u00a0\u00bb conduites \u00e0 leur terme ; cette fois, \u00e9volution proche de la r\u00e9alisation op\u00e9rationnelle du choix de ce terme de l&rsquo;alternative, et d&rsquo;une fa\u00e7on, pour les Russes, non plus passive mais active parce que l&rsquo;Ukraine telle-qu&rsquo;elle-est aujourd&rsquo;hui est un pistolet braqu\u00e9 sur le c&oelig;ur et sur l&rsquo;\u00e2me de la Russie. Plus rien \u00e0 voir avec la Syrie, enjeu strat\u00e9gique et tout cela, avec ce qui appara&icirc;trait comme rien de moins que <strong>l&rsquo;enjeu existentiel<\/strong> dans toute sa crudit\u00e9. L&rsquo;esprit se rapproche, si l&rsquo;on veut, de celui qu&rsquo;implique cette remarque de Elena Ponomareva, dans Strategic-Culture.org, le <a href=\"http:\/\/www.strategic-culture.org\/news\/2014\/03\/02\/ukraine-on-radar-screen-of-world-politics.html\">2 mars 2014<\/a>&#8230; C&rsquo;est-\u00e0-dire que si la direction russe, la psychologie russe, voire l&rsquo;\u00e2me historique de la Russie, acceptent la situation prospective envisag\u00e9e ici, alors les \u00ab\u00a0m\u00e9ditations de Poutine\u00a0\u00bb sont effectivement \u00e0 leur terme parce que le probl\u00e8me se pose en termes absolument radicaux de vie ou de mort<\/em>.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>&laquo; <em>\u00ab\u00a0Aujourd&rsquo;hui encore, la Russie est le principal obstacle sur le chemin de la domination mondiale par l&rsquo;\u00e9lite mondiale. Leonid Chebarchine, ancien chef du service de renseignement ext\u00e9rieur sovi\u00e9tique, a not\u00e9 un jour  <\/em>[apr\u00e8s la chute de l&rsquo;URSS] que <em>\u00ab\u00a0l&rsquo;Occident ne veut qu&rsquo;une chose de la Russie : <strong>que la Russie n&rsquo;existe plus<\/strong>\u00ab\u00a0. L&rsquo;Occident veut que la Russie cesse de faire partie de la g\u00e9opolitique, il ne peut accepter son existence psychologiquement et historiquement et il peut infliger des dommages en arrachant l&rsquo;Ukraine \u00e0 la Russie, en divisant en fait une seule et m\u00eame nation\u00a0\u00bb.<\/em> &raquo;<\/p>\n<\/p>\n<\/blockquote>\n<p><p>Ces paroles \u00e9taient terribles ! Elles nous rest\u00e8rent un temps \u00e0 l&rsquo;esprit puis les frissons s&rsquo;apais\u00e8rent. Le temps commen\u00e7a alors \u00e0 passer et m\u00eame si des innocents mouraient dans le Donbass, l&rsquo;Occident, avant de devenir &lsquo;<em>Collective West<\/em>&lsquo; et selon une attitude bien ancr\u00e9e dans ses jugements moraux, s&rsquo;en foutait non pas royalement mais d\u00e9mocratiquement. D&rsquo;ailleurs, deux archers de grande valeur, la <a href=\"https:\/\/www.dedefensa.org\/article\/notre-peche-est-notre-honte\">Merkel<\/a> et l&rsquo;Hollande, s&rsquo;\u00e9taient mis au travail avec la plus franche bonne foi du monde pour nous construire une paix aux petits oignons, sans arri\u00e8re-pens\u00e9es inutiles. La feinte MinskI-MinskII, c&rsquo;est un peu le mod\u00e8le des cath\u00e9drales du XXI\u00e8me si\u00e8cle, je veux dire du point de vue o&ugrave; l&rsquo;esth\u00e9tique divine qui se pare de la morale d\u00e9mocratique \u00e0 deux balles des pr\u00e9-postmodernes est parvenu \u00e0 son \u00ab\u00a0<em><a href=\"https:\/\/www.dedefensa.org\/article\/notes-sur-leffet-benghazi\">Point-Om\u00e9ga inverti<\/a><\/em>\u00ab\u00a0. Bref, on s&rsquo;entendit comme larrons en foire et <a href=\"https:\/\/www.dedefensa.org\/article\/hollande-merkel-marions-les-marions-les\">Merkel-Hollande<\/a> durent concevoir quelque ranc&oelig;ur de n&rsquo;avoir pas \u00e9t\u00e9 honor\u00e9 du Nobel de la Paix. Un autre Prix Nobel, celui de 2008 avant d&rsquo;avoir lev\u00e9 le petit doigt, exp\u00e9diait aux oubliettes toute id\u00e9e de guerre s\u00e9rieuse.<\/p>\n<\/p>\n<blockquote class=\"normal\" style=\"font-size:1.05em\">\n<p><p>&laquo; <em>&lsquo;The Independent&rsquo;<\/em><em> titre son \u00e9ditorial de ce <a href=\"http:\/\/www.independent.co.uk\/voices\/editorials\/we-dont-want-a-war-with-russia-9162731.html\">2 mars 2014<\/a> par cette formule lapidaire qui lui aurait fait risquer le lynch pour \u00ab\u00a0\u00e9tat d&rsquo;esprit munichois\u00a0\u00bb il y a 5 ans ou 10 ans : \u00ab\u00a0We don&rsquo;t want a war with Russia\u00a0\u00bb, &ndash; et il termine son texte, quels que soient par ailleurs les arguments, avec ceci, et avec <\/em>[quelques-uns des]<em> derniers mots que nous soulignons en gras :<\/em><\/p>\n<\/p>\n<p><p><em>&raquo; \u00ab\u00a0&lsquo;The Independent on Sunday&rsquo; n&rsquo;est pas oppos\u00e9 \u00e0 toutes les guerres, quels que soient les discours \u00e0 la mode sur le fait de vivre dans un monde &quot;post-interventionniste&quot;. Nous sommes,<strong> comme le pr\u00e9sident Obama<\/strong>, oppos\u00e9s aux guerres stupides. Une guerre avec la Russie serait une guerre stupide <strong>pour mettre fin \u00e0 toutes les guerres stupides<\/strong>\u00ab\u00a0<\/em>. &raquo;<\/p>\n<\/p>\n<\/blockquote>\n<p><p>Moi-m\u00eame, j&rsquo;y crus compl\u00e8tement au coup de \u00ab\u00a0la guerre stupide m\u00e8re de toutes les guerres stupides\u00a0\u00bb, celle qui mettrait face \u00e0 face \u00e0 les USA et la Russie (combien de t\u00eates nucl\u00e9aires \u00e0 eux deux ?). Si j&rsquo;y pensai un instant, sans dote posai-je la m\u00eame question que tout esprit sens\u00e9 ne peut que se poser depuis soixante-dix ans : \u00ab\u00a0Mais comment peut-on concevoir de seulement risquer d&rsquo;avoir face \u00e0 face des soldats russes et des soldats am\u00e9ricains ?\u00a0\u00bb. Cette question, je me la pose encore en \u00e9corchant mon esprit avec cette simple remarque : \u00ab\u00a0Mais comment en sont-ils arriv\u00e9s l\u00e0 ?\u00a0\u00bb.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Moi-m\u00eame \u00e9galement, j&rsquo;oubliai en bonne partie l&rsquo;Ukraine et les gens innocents du Donbass qui se faisaient canonner comme on a dit. On s&rsquo;habitue aux crises m\u00eame les plus graves accompagn\u00e9es des actes les plus inf\u00e2mes, quand on dispose de cette terrifiante machine de la communication qui allonge le temps crisique jusqu&rsquo;\u00e0 le faire para&icirc;tre comme la norme, qui saisit tous les esprits, absolument tous les esprits, qui tue les \u00e2mes et au mieux (!) aveugle les meilleures avant qu&rsquo;elles ne se retrouvent.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Lorsque j&rsquo;appris l&rsquo;attaque russe, je dus avoir quelques minutes de flottement avant de toucher du regard cette incroyable <a href=\"https:\/\/www.dedefensa.org\/article\/glossairedde-verite-de-situation-verite\">v\u00e9rit\u00e9-de-situation<\/a>. Tout de m\u00eame, la chose \u00e9tait ingurgit\u00e9e et r\u00e9alis\u00e9e, bien avant qu&rsquo;un imb\u00e9cile d\u00e9guis\u00e9 en ministre vienne nous ass\u00e9ner que l&rsquo;\u00e9conomie russe allait s&rsquo;effondrer dans les prochaines 48 heures, tout comme les derniers missiles que les Russes gaspillaient dans leur d\u00e9sespoir seraient tir\u00e9s vers le 2-3 mars (2022).<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Ce que je veux dire, c&rsquo;est que malgr\u00e9 notre vue per\u00e7ante et notre nez fin, nous n&rsquo;avons rien vu venir, non pas de l&rsquo;\u00e9v\u00e9nement, mais de l&rsquo;ampleur cosmique de l&rsquo;\u00e9v\u00e9nement, ni de sa hauteur m\u00e9taphysique qui est en train de renverser le monde. Nous sommes comme des provinciaux du XIX\u00e8me si\u00e8cle qui \u00ab\u00a0montons\u00a0\u00bb \u00e0 Paris dans notre beau costume du dimanche, et d\u00e9couvrons ce qu&rsquo;est en v\u00e9rit\u00e9 le monde-vrai. (Vous savez, ce mot, &ndash; \u00ab\u00a0provincial\u00a0\u00bb, &ndash; avec tout le m\u00e9pris qu&rsquo;un Balzac ou un Stendhal pouvait mettre dans la bouche d&rsquo;un bourgeois de Paris, &lsquo;bobo&rsquo; du temps, le pronon\u00e7ant.)<\/p>\n<\/p>\n<p><p>C&rsquo;est bien cette nuance-l\u00e0 que j&rsquo;ai beaucoup aim\u00e9e dans le texte de Rachel Marsden qui nous raconter 2022 et sa guerre du 24 f\u00e9vrier, cette nuance o&ugrave; le mot \u00ab\u00a0r\u00e9gional\u00a0\u00bb raisonne comme le mot \u00ab\u00a0provincial\u00a0\u00bb. (Ca leur va bien, \u00e0 toutes nos excellences aux pantalons serr\u00e9s aux fesses, aux manchettes qui d\u00e9passent et \u00e0 la paille pour sniffer un coup, d&rsquo;\u00eatre identifi\u00e9s comme des \u00ab\u00a0provinciaux de la diplomatie\u00a0\u00bb) :<\/p>\n<\/p>\n<blockquote class=\"normal\" style=\"font-size:1.05em\">\n<p><p>&laquo; <em>Jusqu&rsquo;\u00e0 ce que le conflit entre la Russie et l&rsquo;Ukraine s&#8217;emballe en f\u00e9vrier 2022, il \u00e9tait consid\u00e9r\u00e9 par l&rsquo;opinion publique occidentale comme un simple conflit r\u00e9gional \u00e0 l&rsquo;autre bout du monde<\/em>&#8230; [&#8230;]<\/p>\n<\/p>\n<p><p>&raquo; &#8230;<em>Et dire que tout a commenc\u00e9 par une escarmouche loin de notre regard, \u00e0 la fronti\u00e8re entre la Russie et l&rsquo;Ukraine<\/em>. &raquo;<\/p>\n<\/p>\n<\/blockquote>\n<p><p>Ainsi ai-je lu <a href=\"https:\/\/www.msn.com\/en-us\/news\/opinion\/rachel-marsden-2022-the-year-a-regional-conflict-sparked-a-new-world-order\/ar-AA15VVwl\">son texte simple<\/a>, \u00e0 Rachel ; elle ne nous apprend rien, elle ne nous fait pas des r\u00e9v\u00e9lations, elles ne complotise pas ni ne dramatise vraiment, elle ne se censure pas ni ne r\u00e9clame l&rsquo;approbation du clown de Kiev et de la ballerine-<em>reggae<\/em> de l&rsquo;&Eacute;lys\u00e9e. Elle nous raconte, tr\u00e8s simplement, comment une seule ann\u00e9e a totalement boulevers\u00e9 l&rsquo;histoire du monde.<\/p>\n<\/p>\n<p><h4>PhG &ndash; <em>Semper Phi<\/em><\/h4>\n<\/p>\n<p><p>__________________________<\/p>\n<\/p>\n<\/p>\n<p><h2 class=\"titleset_b.deepgreen\" style=\"color:#75714d; font-size:1.65em; font-variant:small-caps\">D&rsquo;un conflit r\u00e9gional au nouvel ordre mondial<\/h2>\n<\/p>\n<p><p>PARIS &#8211; C&rsquo;est l&rsquo;ancienne chanceli\u00e8re allemande Angela Merkel qui a vendu la m\u00e8che. Les accords de paix de l&rsquo;accord de Minsk entre la Russie et l&rsquo;Ukraine sign\u00e9s en 2014, avec les nations europ\u00e9ennes que sont la France et l&rsquo;Allemagne comme garants pour s&rsquo;assurer que l&rsquo;accord \u00e9tait respect\u00e9, n&rsquo;\u00e9taient consid\u00e9r\u00e9s que comme un moyen de &quot;donner du temps \u00e0 l&rsquo;Ukraine&quot; pour un renforcement militaire contre la Russie, a d\u00e9clar\u00e9 Merkel au magazine Zeit le mois dernier. Les Russes, stupides, ont probablement pens\u00e9 qu&rsquo;un accord de paix signifiait en fait garantir la paix &#8211; et non l&rsquo;utiliser comme un pr\u00e9texte \u00e0 la pr\u00e9paration de la guerre. Si l&rsquo;objectif ultime \u00e9tait que l&rsquo;Ukraine affronte la Russie, comme le sugg\u00e8re Mme Merkel, elle a obtenu exactement ce qu&rsquo;elle voulait.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Jusqu&rsquo;\u00e0 ce que le conflit entre la Russie et l&rsquo;Ukraine s&#8217;emballe en f\u00e9vrier 2022, il \u00e9tait consid\u00e9r\u00e9 par l&rsquo;opinion publique occidentale comme un simple conflit r\u00e9gional \u00e0 l&rsquo;autre bout du monde. Les pertes civiles se limitant essentiellement \u00e0 la population ukrainienne russophone, les armes occidentales ayant afflu\u00e9 dans la zone &#8211; et se retrouvant entre les mains de combattants n\u00e9onazis soutenus par l&rsquo;Occident, selon les rapports de la presse occidentale -, la pr\u00e9occupation et l&#8217;empathie mondiales \u00e9taient rares. Pendant des ann\u00e9es, la Russie a peu r\u00e9agi \u00e0 l&rsquo;augmentation du mat\u00e9riel militaire et des combattants le long de sa fronti\u00e8re.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Lorsque le pr\u00e9sident russe Vladimir Poutine a r\u00e9pondu militairement, certains analystes ont pens\u00e9 que cela ferait voler en \u00e9clats l&rsquo;alliance transatlantique, ne serait-ce que parce que l&rsquo;\u00e9conomie de l&rsquo;Europe est beaucoup plus \u00e9troitement li\u00e9e \u00e0 celle de la Russie et qu&rsquo;elle ne pourrait finalement pas supporter le co&ucirc;t des ambitions de Washington. Ce que tr\u00e8s peu de gens avaient pr\u00e9vu, c&rsquo;est que l&rsquo;Europe choisirait l&rsquo;id\u00e9ologie aveugle plut\u00f4t que le pragmatisme pour s&rsquo;aligner sur Washington. Les imb\u00e9ciles ont en fait sanctionn\u00e9 leur propre approvisionnement en gaz &#8211; parce qu&rsquo;il \u00e9tait russe. Plus tard, ils ont sanctionn\u00e9 leur propre approvisionnement en p\u00e9trole pour la m\u00eame raison. Alors que le co&ucirc;t de la vie et les prix de l&rsquo;\u00e9nergie montaient en fl\u00e8che dans toute l&rsquo;Europe, et que les menaces de coupures de courant et de d\u00e9sindustrialisation planaient, les dirigeants europ\u00e9ens ont dit aux pl\u00e9b\u00e9iens de prendre des douches plus courtes, d&rsquo;utiliser des chats de goutti\u00e8re pour se chauffer et de porter plusieurs cols roul\u00e9s.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Le pr\u00e9sident am\u00e9ricain Joe Biden a visit\u00e9 l&rsquo;Europe en mars dernier et a promis de remplacer le gaz russe. Ce qu&rsquo;il n&rsquo;a pas dit, c&rsquo;est que le prix serait \u00e9lev\u00e9, et bien plus cher que le carburant russe. Apr\u00e8s avoir parcouru le monde en frappant aux portes pour demander &quot;Vous avez du gaz ?&quot;, les dirigeants europ\u00e9ens n&rsquo;ont eu d&rsquo;autre choix que de se contenter d&rsquo;une d\u00e9pendance excessive \u00e0 l&rsquo;\u00e9gard du march\u00e9 am\u00e9ricain. Ironie du sort, puisque c&rsquo;est Washington qui les avait mis en garde contre une trop grande d\u00e9pendance vis-\u00e0-vis de la Russie.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Apr\u00e8s avoir r\u00e9ussi \u00e0 convaincre l&rsquo;Europe de divorcer de la Russie, Washington a ensuite saisi l&rsquo;occasion de l&rsquo;\u00e9loigner de son principal partenaire commercial &#8211; la Chine &#8211; en utilisant \u00e0 nouveau l&rsquo;argument selon lequel il vaut mieux d\u00e9pendre des amis de Washington (le ph\u00e9nom\u00e8ne est litt\u00e9ralement appel\u00e9 &quot;friendshoring&quot;) plut\u00f4t que du grand m\u00e9chant P\u00e9kin autoritaire. En 2023, nous saurons si l&rsquo;UE obtient \u00e9galement le divorce avec la Chine.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>En attendant, l&rsquo;Europe a r\u00e9cemment adopt\u00e9 son neuvi\u00e8me train de sanctions contre Moscou, puisque les huit premiers ont si bien fonctionn\u00e9. Le probl\u00e8me lorsqu&rsquo;on pense pouvoir imposer un embargo et isoler l&rsquo;une des principales stations-service du monde &#8211; ce qu&rsquo;est finalement la Russie &#8211; c&rsquo;est que tout le monde en a besoin. C&rsquo;est pourquoi le fait que le diplomate en chef de l&rsquo;UE, Josep Borrell, ait sembl\u00e9 surpris d&rsquo;apprendre que des nations ext\u00e9rieures au monde occidental ne partageaient pas son point de vue sur la Russie ou son int\u00e9r\u00eat pour les sanctions montre \u00e0 quel point les \u00e9lites europ\u00e9ennes sont ignorantes.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>La grandeur de l&rsquo;Europe s&rsquo;est construite sur l&rsquo;\u00e9nergie russe bon march\u00e9. En 2023, nous verrons \u00e0 quel point elle sera grande sans cette \u00e9nergie, notamment lorsqu&rsquo;elle sera \u00e0 court de r\u00e9serves de gaz russe qu&rsquo;elle s&rsquo;est empress\u00e9e de remplir avant de couper le cordon ombilical. Cela leur permettra peut-\u00eatre de passer un hiver, mais pas deux. L&rsquo;ann\u00e9e 2022 pourrait rester dans les annales comme l&rsquo;ann\u00e9e o&ugrave; l&rsquo;Europe est pass\u00e9e du statut de puissance \u00e0 celui de vassal.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Ce conflit a fini par diviser la plan\u00e8te entre l&rsquo;Est et l&rsquo;Ouest, la mondialisation c\u00e9dant la place \u00e0 la r\u00e9gionalisation. &Agrave; l&rsquo;horizon 2023, la bataille entre les deux h\u00e9misph\u00e8res portera sur les c&oelig;urs et les esprits de l&rsquo;Afrique et de l&rsquo;Am\u00e9rique latine. Les &Eacute;tats-Unis tentent de s\u00e9duire les pays africains en leur proposant des investissements, tout en les mena\u00e7ant de sanctions pour avoir trait\u00e9 avec leurs adversaires, comme la Chine et la Russie. Et \u00e0 la lumi\u00e8re des sanctions am\u00e9ricaines sur le p\u00e9trole russe, il n&rsquo;a pas fallu longtemps pour que Washington se pr\u00e9cipite au Venezuela pour proposer un accord p\u00e9trolier au pr\u00e9sident Nicolas Maduro &#8211; le m\u00eame Maduro pour lequel le d\u00e9partement d&rsquo;&Eacute;tat am\u00e9ricain offre une r\u00e9compense allant jusqu&rsquo;\u00e0 15 millions de dollars pour toute information menant \u00e0 son arrestation et \u00e0 sa condamnation pour &quot;narcoterrorisme&quot;. Il suffit peut-\u00eatre de demander \u00e0 l&rsquo;un des cadres de Chevron qui a sign\u00e9 l&rsquo;accord avec le gouvernement de Chavez o&ugrave; il se trouve ?<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Et dire que tout a commenc\u00e9 par une escarmouche loin de notre regard, \u00e0 la fronti\u00e8re entre la Russie et l&rsquo;Ukraine.<\/p>\n<\/p>\n<p><h4>Rachel Marsden<\/h4><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>2014-2022 &#038; 23 10 janvier 2023 (16H00) &ndash; Un mien ami me faisait remarquer hier soir qu&rsquo;il y avait eu, en 2014, lors du coup de Kiev et de ce qui suivit imm\u00e9diatement, un frisson terrifiant qui nous avait tous saisis, &ndash; je parle de ceux qui sont capables de frissonner \u00e0 partir d&rsquo;une pens\u00e9e&hellip;&nbsp;<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"","ping_status":"","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"neve_meta_sidebar":"","neve_meta_container":"","neve_meta_enable_content_width":"","neve_meta_content_width":0,"neve_meta_title_alignment":"","neve_meta_author_avatar":"","neve_post_elements_order":"","neve_meta_disable_header":"","neve_meta_disable_footer":"","neve_meta_disable_title":"","_jetpack_memberships_contains_paid_content":false,"footnotes":""},"categories":[25],"tags":[12298,2625,2631,16991,2645,3203,2797,2622,3049,4633,3004,6208,3048,2730,1296],"class_list":["post-80478","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-journal-ddecrisis-de-philippe-grasset","tag-12298","tag-coup","tag-de","tag-detruire","tag-guerre","tag-hollande","tag-kiev","tag-la","tag-marsden","tag-merkel","tag-nucleaire","tag-obama","tag-rachel","tag-russie","tag-ukraine"],"jetpack_featured_media_url":"","jetpack_sharing_enabled":true,"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/80478","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=80478"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/80478\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=80478"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=80478"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=80478"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}