{"id":80860,"date":"2023-12-14T16:21:40","date_gmt":"2023-12-14T16:21:40","guid":{"rendered":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/2023\/12\/14\/notes-sur-moby-dick\/"},"modified":"2023-12-14T16:21:40","modified_gmt":"2023-12-14T16:21:40","slug":"notes-sur-moby-dick","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/2023\/12\/14\/notes-sur-moby-dick\/","title":{"rendered":"Notes sur \u2018<em>Moby Dick<\/em>&lsquo;"},"content":{"rendered":"<p><h2 class=\"titleset_a.deepblue\" style=\"color:#0f3955; font-size:2em\">Notes sur &lsquo;<em>Moby Dick<\/em>&lsquo;<\/h2>\n<\/p>\n<blockquote>\n<p><p>&bull; Pour un imm\u00e9diat rafra&icirc;chissement des m\u00e9moires, s&rsquo;il y en a : &lsquo;<em>Moby Dick<\/em>&lsquo;, <strong>c&rsquo;est le chef d&rsquo;&oelig;uvre de Melville, mais c&rsquo;est aussi le surnom donn\u00e9 au Pentagone<\/strong>, \u00e0 la fin des ann\u00e9es 1990 par le secr\u00e9taire \u00e0 la d\u00e9fense (et po\u00e8te) Cohen. &bull; Et que peut &lsquo;<em>Moby Dick<\/em>&lsquo; aujourd&rsquo;hui ? <strong>Pas grand&rsquo;chose, \u00e0 vrai dire<\/strong>. &bull; Une analyse comme bien d&rsquo;autre, &ndash; celle de Michael Maloof, ancien analyste principal de la politique de s\u00e9curit\u00e9 au Pentagone, &ndash; rencontre un sentiment g\u00e9n\u00e9ral : les Etats-Unis &laquo; <em>ne seraient <strong>pas en mesure de mener une guerre sur un seul front \u00e0 l&rsquo;heure actuelle<\/strong>, \u00e9tant donn\u00e9 l&rsquo;\u00e9puisement de nos ressources et de nos r\u00e9serves<\/em>. &raquo; &bull; Du temps de la Guerre froide, un tel constat \u00e9tait <strong>impossible, impensable et relaps<\/strong>. &bull; Aujourd&rsquo;hui, c&rsquo;est une mesure de l&rsquo;effondrement des &Eacute;tats-Unis, une telle analyse ayant d&rsquo;autre part <strong>un impact direct sur la strat\u00e9gie qu&rsquo;on n&rsquo;est plus capable de mener<\/strong>, par crainte, par panique, par souci de sa position bureaucratique. &bull; Or, il se trouve que <strong>le symbolisme spirituel de &lsquo;<em>Moby Dick<\/em>&lsquo; est au milieu de tout la<\/strong>. et qu&rsquo;il est tout \u00e0 fait \u00e0 sa place, <strong>comme un r\u00e9v\u00e9lateur<\/strong>.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8211;<\/p>\n<\/p>\n<\/blockquote>\n<p><p>14 d\u00e9cembre 2023 (16H15) &ndash; Les forces arm\u00e9es des &Eacute;tats-Unis sont exsangues ; et elles le sont, quelles que soient les missions assez courantes pour elles qu&rsquo;elles ex\u00e9cutent, avec un budget annuel de pr\u00e8s de mille $milliards et un budget r\u00e9el de 1 500 $milliards. Plus encore, deux de ces missions, &ndash; les engagements en Ukraine et en Isra\u00ebl \u00ab\u00a0tous frais pay\u00e9s\u00a0\u00bb puisque des sommes hors-budget ont servi \u00e0 financer cette aide,&ndash; ont montr\u00e9 la faiblesse dramatique d&rsquo;une base industrielle de production pour des situations de guerre. Il en r\u00e9sulte que les forces arm\u00e9es n&rsquo;ont m\u00eame plus de r\u00e9serves ad\u00e9quates pour des engagements soutenus d&rsquo;une guerre de haute intensit\u00e9 d\u00e9passant, disons, trois-quatre semaines.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Andre\u00ef Dergaline, de &lsquo;<em>SputnikNews<\/em>&lsquo;, <a href=\"https:\/\/sputnikglobe.com\/20231213\/us-unable-to-fight-one-front-war-after-ukraine-supplies-depletes-weapon-stocks-1115560867.html\">s&rsquo;adresse ici<\/a> \u00e0 un bon sp\u00e9cialiste des  questions de gestion budg\u00e9taires et politique du Pentagone, Michael Maloof, ancien analyste principal de la politique de s\u00e9curit\u00e9 au Pentagone, attach\u00e9 au cabinet du secr\u00e9taire am\u00e9ricain \u00e0 la D\u00e9fense. &Eacute;voquant une comptabilit\u00e9 complexe dans les imbroglios bureaucratiques du Pentagone et du Congr\u00e8s, &ndash; on se passera des d\u00e9tails, \u00e9puisants \u00e0 suivre, &ndash;  Maloof aborde une situation que tout le monde s&rsquo;entend \u00e0 consid\u00e9rer comme extr\u00eamement et extraordinairement d\u00e9licate pour ce minist\u00e8re mythique, et de cette importance globale. C&rsquo;est-\u00e0-dire que le Pentagone est dans une phase o&ugrave; il ne parvient m\u00eame pas \u00e0 r\u00e9unir les fonds n\u00e9cessaires pour reconstituer ce qu&rsquo;il peut de ses r\u00e9serves, selon la production de la base industrielle, alors que ces ponctions ont \u00e9t\u00e9 faites sur ordre du pouvoir politique, sans donner les moyens directs de reconstituer les mat\u00e9riels ainsi ponctionn\u00e9s.<\/p>\n<\/p>\n<blockquote class=\"normal\" style=\"font-size:1.05em\">\n<p><p>&laquo; <em>Cependant, le minist\u00e8re am\u00e9ricain de la D\u00e9fense ne dispose que d&rsquo;un milliard de dollars pour remplacer les anciens \u00e9quipements, a not\u00e9 Bloomberg, ajoutant qu&rsquo;envoyer des armes en Ukraine sans garantir leur remplacement est une \u00ab\u00a0strat\u00e9gie risqu\u00e9e\u00a0\u00bb.<\/em><\/p>\n<\/p>\n<p><p>&raquo; <em>Selon Maloof, le Pentagone doit donc peser soigneusement ses options, \u00e9tant parfaitement conscient du fait que \u00ab\u00a0le Congr\u00e8s lui-m\u00eame n&rsquo;est pas inclin\u00e9 d&rsquo;envoyer davantage de fonds en ce moment pour diverses raisons\u00a0\u00bb<\/em>. &raquo;<\/p>\n<\/p>\n<\/blockquote>\n<p><p>Ainsi pos\u00e9e et \u00e9tant d\u00e9velopp\u00e9e, l&rsquo;analyse en arrive au principal que veut nous dire Maloof, qui est un point fondamental extr\u00eamement pr\u00e9cis qui concerne les capacit\u00e9s militaires des USA, qui n&rsquo;est \u00e9videmment ni officiel, ni reconnu : l&rsquo;actuelle incapacit\u00e9 de cette puissance \u00e0 mener une guerre, &ndash; et disant cela, il faut \u00eatre pr\u00e9cis : une seule et unique guerre de haut niveau fonctionnel (on laisse \u00e0 part le facteur nucl\u00e9aire, qui est sp\u00e9cifique et d\u00e9pend d&rsquo;une autre logique)&#8230; Cela signifierait, par exemple, mener un conflit direct et contre la Russie, tel qu&rsquo;il s&rsquo;est d\u00e9roul\u00e9, avec l&rsquo;arm\u00e9e US \u00e0 la place de l&rsquo;arm\u00e9e ukrainienne et sans les restriction de connivence des Russes voulant \u00e9viter un encha&icirc;nement d&rsquo;affrontement avec les USA<\/p>\n<\/p>\n<blockquote class=\"normal\" style=\"font-size:1.05em\">\n<p><p>&laquo; <em>Avec l&rsquo;\u00e9clatement du conflit isra\u00e9lo-palestinien en octobre, qui a incit\u00e9 les &Eacute;tats-Unis \u00e0 venir en aide \u00e0 Isra\u00ebl, les &Eacute;tats-Unis se retrouvent d\u00e9sormais \u00e0 bout de forces, a not\u00e9 Maloof, ajoutant que c&rsquo;\u00e9tait une bonne chose que les &Eacute;tats-Unis \u00ab\u00a0ne s&rsquo;engagent pas directement\u00a0\u00bb avec leurs pays. propres troupes, car il n&rsquo;est nullement assur\u00e9 que Washington serait en mesure de \u00ab\u00a0financer cela un tel effort\u00a0\u00bb<\/em>.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>&raquo; <em>\u00ab\u00a0En r\u00e9alit\u00e9, les &Eacute;tats-Unis ne peuvent absolument pas financer une guerre sur deux fronts. Ils ne seraient m\u00eame pas en mesure de mener une guerre sur un seul front \u00e0 l&rsquo;heure actuelle, \u00e9tant donn\u00e9 l&rsquo;\u00e9puisement de nos ressources et de nos r\u00e9serves. Et c&rsquo;est juste la r\u00e9alit\u00e9 des choses. Biden et son \u00e9quipe ne veulent tout simplement pas se r\u00e9veiller et reconna&icirc;tre cette r\u00e9alit\u00e9\u00a0\u00bb.<\/em> &raquo;<\/p>\n<\/p>\n<\/blockquote>\n<p><h3 class=\"subtitleset_c.deepblue\" style=\"color:#0f3955; font-size:1.25em\">Faire deux guerres et demi<\/h3>\n<\/p>\n<p><p>Cette id\u00e9e de conduire un conflit de haute intensit\u00e9, ou plut\u00f4t de ne plus pouvoir, a une tr\u00e8s forte signification pour les USA. Au contraire de la plupart, sinon de tous les pays du monde, les USA, se percevant effectivement comme un \u00ab\u00a0empire\u00a0\u00bb avec projection des forces du point de vue militaire, ponctu\u00e8rent triomphalement la Deuxi\u00e8me Guerre mondiale avec la doctrine des \u00ab\u00a0deux guerres et demi\u00a0\u00bb. Cela signifiait la capacit\u00e9 de mener simultan\u00e9ment deux guerres de haute intensit\u00e9 (deux guerres mondiales, comme ils avaient fait avec le Pacifique et l&rsquo;Europe), en gardant une capacit\u00e9 annexe de faire une \u00ab\u00a0demi-guerre\u00a0\u00bb en plus, comme le fut la guerre de Cor\u00e9e en 1950. C&rsquo;\u00e9tait, pour les USA, la marque m\u00eame du sceau imp\u00e9rial et la pr\u00e9tention d&rsquo;une puissance militaire absolument globale.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Il faut aussi admettre que ce fut d\u00e8s le d\u00e9part, et avant tout sinon rien d&rsquo;autre, de la communication. D\u00e8s 1946-1947, les USA n&rsquo;avaient plus aucune capacit\u00e9 de mener une seule vraie guerre mondiale, \u00e0 cause d&rsquo;un effondrement de la production (il faut lire absolument <a href=\"https:\/\/www.dedefensa.org\/article\/glossairedde-le-trou-noir-du-xxeme-siecle\">notre s\u00e9rie de textes<\/a> sur &laquo; <em>Le Trou Noir du XX\u00e8me si\u00e8cle<\/em> &raquo;). Bien entendu, la situation d&rsquo;alors n&rsquo;avait rien \u00e0 voir avec celle d&rsquo;aujourd&rsquo;hui car, en fait, personne n&rsquo;\u00e9tait capable de soutenir une guerre mondiale de haute intensit\u00e9 apr\u00e8s l&rsquo;\u00e9puisement terrifiant de 1939-1945 et l&rsquo;armement atomique, ou sa perspective, jouait alors un r\u00f4le th\u00e9orique interm\u00e9diaire. N\u00e9anmoins, l&rsquo;affirmation th\u00e9orique des \u00ab\u00a0deux guerres et demi\u00a0\u00bb s&rsquo;installa fermement tandis que les USA r\u00e9armaient \u00e0 une cadence extraordinaire, pour sauver leur base industrielle et technologique et nullement \u00e0 cause du danger sovi\u00e9tique largement fantasm\u00e9, \u00e9quivalent ext\u00e9rieur du McCarthysme int\u00e9rieur.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>La guerre de Cor\u00e9e ayant \u00e9tabli le mod\u00e8le de la demie-guerre ou \u00ab\u00a0petite guerre\u00a0\u00bb (tout de m\u00eame, plus de deux millions de morts <a href=\"https:\/\/www.dedefensa.org\/article\/la-terre-brulee-venue-du-ciel\">type-LeMay <\/a>, horreur coutumi\u00e8re de la guerre am\u00e9ricaniste qui nous sert de modeler), ce n&rsquo;est que dans les ann\u00e9es 1950 que les USA dispos\u00e8rent d&rsquo;une r\u00e9elle puissance correspondant \u00e0 la th\u00e9orie de leur puissance g\u00e9n\u00e9rale. La formule \u00e9tait bien entendu celle des puissances maritimes : projection de forces par les forces navales et a\u00e9riennes, occupation du terrain, directe ou indirecte, par les arm\u00e9es de terre.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Pendant les 20-30 ann\u00e9es qui suivirent, on assista \u00e0 une \u00e9rosion de la sup\u00e9riorit\u00e9 militaire US, pour descendre jusqu&rsquo;\u00e0 la formule \u00ab\u00a0une guerre et demi\u00a0\u00bb \u00e0 la fin de la Guerre froide. Du c\u00f4t\u00e9 sovi\u00e9tique, la puissance augmentait bien entendu, entretenant des acc\u00e8s de panique revigorants et bienvenus. Mais le plus caract\u00e9ristique, des deux c\u00f4t\u00e9s, et suivant un destin parall\u00e8le qui fit parfois penser aux dirigeants civils \u00e0 une complicit\u00e9 tacite mais extr\u00eamement ferme, les deux complexes  militaro industriels (CMI) se d\u00e9veloppaient en deux \u00e9normes n\u00e9buleuses, &ndash; et le Pentagone, mod\u00e8le exemplaire de la chose, on s&rsquo;en doute. Puis, nous sommes \u00e0 un point o&ugrave; les chemins diverg\u00e8rent&#8230;<\/p>\n<\/p>\n<p><h3 class=\"subtitleset_c.deepblue\" style=\"color:#0f3955; font-size:1.25em\">Faussaires et imposteurs<\/h3>\n<\/p>\n<p><p>En 2004, Gorbatchev, &ndash; aujourd&rsquo;hui ha\u00ef en Russie pour les plus mauvaises raisons du monde, &ndash; expliquait \u00e0 James Carroll, auteur de &lsquo;<em>The House of War<\/em>&lsquo;, ce qu&rsquo;il consid\u00e9rait comme l&rsquo;essentiel de sa pr\u00e9sidence, le d\u00e9mant\u00e8lement du complexe militaro-industriel russe. Carroll expliqua <a href=\"https:\/\/www.dedefensa.org\/article\/regarder-le-monstre-dans-les-yeux\">dans une interview<\/a> :<\/p>\n<\/p>\n<blockquote class=\"normal\" style=\"font-size:1.05em\">\n<p><p>&laquo; <em>Et regardez le plus grand exemple de ce changement &#8211; il a eu lieu en Union sovi\u00e9tique, qui s&rsquo;est d\u00e9mantel\u00e9e elle-m\u00eame. Au lieu de tout mettre sur le dos de l&rsquo;ennemi ext\u00e9rieur, elle a fait face \u00e0 ses propres corruptions et s&rsquo;est d\u00e9mantel\u00e9e. Ce grand \u00e9v\u00e9nement du 20e si\u00e8cle, &ndash; la disparition non violente de l&rsquo;Union sovi\u00e9tique, &ndash; est une source d&rsquo;espoir que nous, Am\u00e9ricains, devrions examiner de plus pr\u00e8s. Notre insistance superficielle sur le fait que nous avons \u00ab\u00a0gagn\u00e9\u00a0\u00bb la guerre froide signifie que nous n&rsquo;avons pas besoin de regarder ce qui s&rsquo;est pass\u00e9 de l&rsquo;autre c\u00f4t\u00e9. Sous la direction de Mikha\u00efl Gorbatchev, en particulier, mais pas seulement lui, et en r\u00e9ponse aux pressions exerc\u00e9es par la base, la r\u00e9volution de velours, l&rsquo;Union sovi\u00e9tique nous a offert un moyen de prendre du recul par rapport \u00e0 la pulsion totalitaire. Et nous devrions comprendre que nous pouvons le faire, nous aussi. Nous pouvons d\u00e9manteler la structure d&rsquo;une \u00e9conomie militaire. Nous pouvons transformer notre identit\u00e9 nationale. Nous pouvons cesser d&rsquo;\u00eatre une nation fond\u00e9e sur la pr\u00e9paration \u00e0 la guerre. Tout cela est possible. Cela s&rsquo;est produit au 20e si\u00e8cle et cela peut se produire au 21e si\u00e8cle<\/em>. &raquo;<\/p>\n<\/p>\n<\/blockquote>\n<p><p>Car les USA, bien entendu, se d\u00e9clar\u00e8rent \u00ab\u00a0vainqueurs\u00a0\u00bb de la Guerre Froide (il s&rsquo;agit l\u00e0 d&rsquo;une <a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article\/narrative-us-lurss-defaite-en-1989-comme-lallemagne-en-1945-6\">pure imposture<\/a> de <a href=\"https:\/\/www.dedefensa.org\/article\/glossairedde-le-trou-noir-de-la-postmodernite\">l&rsquo;histoire contemporaine<\/a>). Ils d\u00e9clar\u00e8rent que d\u00e9sormais la th\u00e9orie du nombre de guerres \u00e0 remporter n&rsquo;avait plus de valeur, devant la sup\u00e9riorit\u00e9 absolue des USA et la <a href=\"https:\/\/www.dedefensa.org\/article\/auto-cancellation-droit-devant\">cancellisation<\/a> de l&rsquo;URSS-Russie, tandis que l&rsquo;orientation \u00e9tait prise vers les \u00ab\u00a0demi-guerres\u00a0\u00bb, les \u00ab\u00a0petites guerres\u00a0\u00bb, du Kosovo \u00e0 l&rsquo;Irak et la suite&#8230; Aujourd&rsquo;hui, l&rsquo;Ukraine a remis tout cela \u00e0 sa vraie place.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>En fait, le vrai probl\u00e8me des USA n&rsquo;\u00e9tait pas \u00e0 propos de ses capacit\u00e9s ext\u00e9rieures mais bien \u00e0 propos de sa structuration int\u00e9rieure avec un Pentagone devenu monstrueux et absolument incontr\u00f4lable. L&rsquo;industrie de l&rsquo;armement, regroup\u00e9e en monopoles avec des monstres financiers bien plus qu&rsquo;industriels (Lockheed Martin, Raytheon, Boeing, etc.), sans aucune rentabilit\u00e9 pour les clients (le gouvernement) et des dividendes massifs pour ses actionnaires, organisait le pillage de l&rsquo;\u00e9conomie aux USA. Comme on le sait, le Pentagone et son CMI d\u00e9vorant le pouvoir politique venaient de loin, comme Carroll l&rsquo;avait <a href=\"https:\/\/www.dedefensa.org\/article\/regarder-le-monstre-dans-les-yeux\">\u00e9galement not\u00e9<\/a>  \u00e0 propos <a href=\"https:\/\/www.dedefensa.org\/article\/un-general-president-nous-parle-du-cmi\">d&rsquo;Eisenhower<\/a> :<\/p>\n<\/p>\n<blockquote class=\"normal\" style=\"font-size:1.05em\">\n<p><p>&laquo; <em>Ce qui est int\u00e9ressant dans l&rsquo;avertissement d&rsquo;Eisenhower, qui intervient quelques jours avant qu&rsquo;il ne quitte ses fonctions en janvier 1961, c&rsquo;est que la chose contre laquelle il met en garde est celle-l\u00e0 m\u00eame qu&rsquo;il a pr\u00e9sid\u00e9e en tant que pr\u00e9sident. Il a permis la cr\u00e9ation du complexe militaro-industriel<\/em> [CMI]<em>. Rappelez-vous ce qui s&rsquo;\u00e9tait pass\u00e9 au cours de la d\u00e9cennie pr\u00e9c\u00e9dente. En 1950, l&rsquo;arsenal nucl\u00e9aire des &Eacute;tats-Unis \u00e9tait compos\u00e9 d&rsquo;environ 200 bombes atomiques. En 1960, lorsque Eisenhower a quitt\u00e9 ses fonctions, l&rsquo;arsenal nucl\u00e9aire des &Eacute;tats-Unis \u00e9tait pass\u00e9 \u00e0 pr\u00e8s de 19 000 armes nucl\u00e9aires, dont la plupart \u00e9taient des bombes \u00e0 hydrog\u00e8ne. Eisenhower a compris plus que quiconque, je crois, la futilit\u00e9 de cette accumulation, son danger, son absurdit\u00e9, son insignifiance. Et pourtant, il l&rsquo;a permis<\/em>. [&#8230;] <em>Lorsque Eisenhower l&rsquo;a vraiment vu \u00e0 son apog\u00e9e en 1959-1960 &#8211; il a vu l&rsquo;\u00e9lection pr\u00e9sidentielle d\u00e9termin\u00e9e par les avertissements de Kennedy sur le soi-disant &lsquo;missiles gap\u00a0\u00bb et ainsi de suite &#8211; Eisenhower a r\u00e9alis\u00e9 quel monstre avait \u00e9t\u00e9 lib\u00e9r\u00e9. C&rsquo;est de cela qu&rsquo;il s&rsquo;agissait. La le\u00e7on pour nous est que m\u00eame quelqu&rsquo;un qui voit ce monstre pour ce qu&rsquo;il est, est relativement impuissant \u00e0 influencer son d\u00e9veloppement. Nous voyons cette histoire se r\u00e9p\u00e9ter encore et encore au fil des d\u00e9cennies.<\/em> &raquo;<\/p>\n<\/p>\n<\/blockquote>\n<p><p>C&rsquo;est ainsi que James Carroll, lors d&rsquo;un voyage de presse et se trouvant assis \u00e0 c\u00f4t\u00e9 du secr\u00e9taire \u00e0 la d\u00e9fense William Cohen, c&rsquo;\u00e9tait en 1997, &ndash; l&rsquo;on philosopha un peu. C&rsquo;\u00e9tait facile avec Cohen qui, en plus de diriger le Pentagone, avait l&rsquo;habitude remarquable d&rsquo;\u00e9crire et de publier des po\u00e8mes.<\/p>\n<\/p>\n<blockquote class=\"normal\" style=\"font-size:1.05em\">\n<p><p>&laquo; <em>A un moment, <\/em>explique Carroll, <em>Cohen devint r\u00eaveur, puis il me dit : \u00ab\u00a0Vous savez, le Pentagone c&rsquo;est Moby Dick comme tout le monde le dit, c&rsquo;est bien cela, c&rsquo;est exactement gigantesque et indomptable comme cela. Et moi, comme tout secr\u00e9taire \u00e0 la d\u00e9fense, je ne suis que le pauvre Achab de service, un Achab de plus&#8230; <\/em>&raquo;<\/p>\n<\/p>\n<\/blockquote>\n<p><p>Ainsi est introduit le nom qui nous sert de r\u00e9f\u00e9rence dans cette analyse. Il l&rsquo;est par l&rsquo;intervention d&rsquo;un secr\u00e9taire \u00e0 la d\u00e9fense peu commun qui, comme ses pr\u00e9d\u00e9cesseurs et ses successeurs &ndash; sauf peut-\u00eatre Austin, qui ne s&rsquo;est encore aper\u00e7u de rien sinon que &lsquo;<em>Moby Dicvk<\/em>&lsquo; est une la baleine blanche, donc ne respectant pas les quotas de la diversit\u00e9 des couleurs &ndash;, ressent confus\u00e9ment comme une mal\u00e9diction attach\u00e9e \u00e0 cet \u00e9norme b\u00e2timent dont la premi\u00e8re pierre fut pos\u00e9e le 11 septembre 1941, soixante exactement avant&#8230;<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Voici encore Carroll, lui aussi personnage singulier puisque pr\u00eatre au d\u00e9but de sa vie alors que son p\u00e8re \u00e9tait g\u00e9n\u00e9ral au Pentagone et cr\u00e9ateur de la DIA, qui demanda \u00e0 son fils pourtant devenu son ennemi politique de lui d\u00e9livrer l&rsquo;extr\u00eame-onction en 1972, alors qu&rsquo;il agonisait d&rsquo;un cancer, &ndash; Voici Carroll \u00e9crivant en 2009 \u00e0 propos du d\u00e9c\u00e8s de Robert McNamara, le ministre qui ne s&rsquo;\u00e9tait jamais remis de la catastrophe sanglante et monstrueuse du Vietnam qu&rsquo;il avait couvert de ses mensonges de convenance :<\/p>\n<\/p>\n<blockquote class=\"normal\" style=\"font-size:1.05em\">\n<p><p> &laquo; <em>\u00ab\u00a0&lsquo;Moby Dick&rsquo; est la saga de l&rsquo;\u00e2me am\u00e9ricaine, un combat cosmique avec une \u00ab\u00a0malignit\u00e9 intangible\u00a0\u00bb. Le monstre marin est \u00ab\u00a0l&rsquo;incarnation monomaniaque de toutes ces agences malveillantes&#8230; de tous les d\u00e9mons subtils de la vie et de la pens\u00e9e, de tout le mal&#8230; de toute la rage et la haine g\u00e9n\u00e9rales ressenties par la race humaine \u00ab\u00a0depuis Adam et les origines\u00a0\u00bb. Emport\u00e9 sur cet ennemi dans les profondeurs, le capitaine Achab a fait \u00e9clater la coquille de son c&oelig;ur br&ucirc;lant \u00ab\u00a0comme si sa poitrine avait \u00e9t\u00e9 un mortier&#8230;\u00a0\u00bb<\/em><\/p>\n<\/p>\n<p><p>&raquo; <em>Le cadavre d&rsquo;Achab a fini par \u00eatre attach\u00e9 \u00e0 la bosse de son ennemi jur\u00e9, mais aussi&#8230; Et si Herman Melville avait termin\u00e9 son roman diff\u00e9remment ? Et si, dans la d\u00e9faite, Achab avait \u00e9t\u00e9 maudit pour survivre encore des d\u00e9cennies, errant dans les ruelles et les fronts de mer des villes baleini\u00e8res, comme une incarnation de l&rsquo;impuissance et de l&rsquo;orgueil, comme une figure vivante moins tragique que path\u00e9tique ? L&rsquo;histoire n&rsquo;aurait alors pas \u00e9t\u00e9 celle d&rsquo;Achab, mais celle de Robert S. McNamara<\/em>.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>&raquo; <em>Un clich\u00e9 de Washington d\u00e9signe le Pentagone comme la Grande Baleine Blanche, le L\u00e9viathan du Potomac. Pourtant, quelque chose de monstrueux s&rsquo;y \u00e9tait effectivement d\u00e9cha&icirc;n\u00e9, comme on l&rsquo;a laiss\u00e9 entendre en 1949 lorsque le premier secr\u00e9taire \u00e0 la D\u00e9fense, James Forrestal, tomba dans un \u00e9tat catatonique \u00e0 son bureau, pour se suicider quelques semaines plus tard<\/em>. &raquo;<\/p>\n<\/p>\n<\/blockquote>\n<p><h3 class=\"subtitleset_b.deepblue\" style=\"color:#0f3955; font-size:1.65em; font-variant:small-caps\">Lire (ou relire) &lsquo;Moby Dick&rsquo;<\/h3>\n<\/p>\n<p><p>En conclusion de cette analyse politico-militaire qui ressemble \u00e9galement \u00e0 une saga monstrueuse, myst\u00e9rieuse et maudite, il nous a sembl\u00e9 tout \u00e0 fait opportun de publier ici un texte qui <a href=\"https:\/\/www.bloccostudentesco.org\/2023\/11\/21\/bs-leggere-moby-dick\/\">vient d&rsquo;\u00eatre \u00e9crit<\/a>, sur le grand chef d&rsquo;&oelig;uvre d&rsquo;Herman Melville. Il est sign\u00e9 &lsquo;Enrico&rsquo;, du site &lsquo;<em>Blocco Studentesco<\/em>&lsquo;, et sous le titre de &laquo; <em>Pourquoi vous devriez lire (ou relire) Moby Dick<\/em> &raquo; ; on le lira avec le Pentagone sous le coude, et l&rsquo;ombre de James Carroll comme inspiratrice dans ces temps de catastrophe pour l&rsquo;appareil militaire am\u00e9ricaniste<\/p>\n<\/p>\n<blockquote class=\"normal\" style=\"font-size:1.05em\">\n<p><p>&laquo; <em>Non, Moby Dick n&rsquo;est pas un gros pav\u00e9 d\u00e9guis\u00e9 en livre pour enfants.<\/em><\/p>\n<\/p>\n<p><p><em>Levez la main si vous n&rsquo;avez jamais entendu de telles affirmations au moins une fois. Il est tr\u00e8s difficile de classer le roman d&rsquo;Herman Melville dans les genres classiques de la litt\u00e9rature. Peut-\u00eatre est-ce d&ucirc; \u00e0 l&rsquo;extr\u00eame complexit\u00e9 de ce texte du milieu du 19\u00e8me si\u00e8cle : s&rsquo;agit-il d&rsquo;un roman d&rsquo;aventures, d&rsquo;un roman sur la religion ou d&rsquo;un r\u00e9cit &quot;journalistique&quot; tr\u00e8s d\u00e9taill\u00e9 de la vie des baleiniers au 19\u00e8me si\u00e8cle ? Il s&rsquo;agit probablement de tout cela \u00e0 la fois ou de rien du tout.<\/em><\/p>\n<\/p>\n<p><p><em>Le chef-d&rsquo;&oelig;uvre de Melville est souvent consid\u00e9r\u00e9 comme le point de d\u00e9part de la p\u00e9riode culturelle connue sous le nom de \u00ab\u00a0Renaissance am\u00e9ricaine\u00a0\u00bb, qui compte parmi ses repr\u00e9sentants des po\u00e8tes de la trempe de Walt Whitman. Mais au-del\u00e0, les influences qu&rsquo;apporte ce roman sont beaucoup plus complexes et vari\u00e9es.<\/em><\/p>\n<\/p>\n<p><p><em>Tout d&rsquo;abord, de nombreux th\u00e8mes directement h\u00e9rit\u00e9s du romantisme sont \u00e9vidents, \u00e0 commencer par l&rsquo;une des deux figures principales du r\u00e9cit: le capitaine Achab, d\u00e9rang\u00e9 et assoiff\u00e9 de vengeance. En effet, il est d&rsquo;une part un &quot;h\u00e9ros romantique&quot; \u00e0 part enti\u00e8re qui d\u00e9fie la force de la nature et la puissance divine (incarn\u00e9e par la baleine blanche), tel un titan moderne, mais il est d&rsquo;autre part l&rsquo;arch\u00e9type de l&rsquo;infatigable desperado: tellement aveugl\u00e9 par sa soif de vengeance contre l&rsquo;animal qui lui a mutil\u00e9 la jambe quelque temps auparavant, qu&rsquo;il ne se rend pas compte qu&rsquo;il s&rsquo;agit d&rsquo;un exploit impossible \u00e0 r\u00e9aliser. Comme Icare qui, enivr\u00e9 par l&rsquo;exp\u00e9rience du vol, s&rsquo;approche trop du soleil et tombe dans la mer.<\/em><\/p>\n<\/p>\n<p><p><em>L&rsquo;autre aspect profond\u00e9ment romantique du livre est bien s&ucirc;r la repr\u00e9sentation de la nature, consid\u00e9r\u00e9e comme l&rsquo;exemple m\u00eame du sublime : quelque chose qui peut vous tuer et qui est en m\u00eame temps extr\u00eamement fascinant, comme le sentiment qu&rsquo;\u00e9prouvent les marins lorsqu&rsquo;ils voient l&#8217;embrun de la baleine. Un sentiment de terreur m\u00eal\u00e9 d&rsquo;admiration.<\/em><\/p>\n<\/p>\n<p><p><em>Ce n&rsquo;est pas un hasard si le symbole de la nature, la baleine, est d\u00e9crite comme d&rsquo;une blancheur inhabituelle et effrayante : la blancheur de la baleine, sa couleur neutre, symbolise l&rsquo;indiff\u00e9rence de la nature \u00e0 l&rsquo;\u00e9gard de l&rsquo;homme.<\/em><\/p>\n<\/p>\n<p><p><em>Cette dimension romanesque et titanesque trouve ensuite son d\u00e9bouch\u00e9 dans l&rsquo;aspect biblico-religieux de ce livre. Pensez au protagoniste, \u00e0 son nom et \u00e0 l&rsquo;incipit embl\u00e9matique du roman : \u00ab\u00a0Call me Ishmael\u00a0\u00bb. Dans le r\u00e9cit biblique, Isma\u00ebl est un fils ill\u00e9gitime d&rsquo;Abraham qui est exil\u00e9 ; par cons\u00e9quent, en disant \u00ab\u00a0Appelez-moi Isma\u00ebl\u00a0\u00bb, Melville nous dit \u00ab\u00a0appelez-moi exil\u00e9\u00a0\u00bb, \u00ab\u00a0appelez-moi vagabond\u00a0\u00bb ou \u00ab\u00a0appelez-moi aventurier\u00a0\u00bb si vous pr\u00e9f\u00e9rez.<\/em><\/p>\n<\/p>\n<p><p><em>D&rsquo;autres r\u00e9f\u00e9rences religieuses sont visibles, par exemple, dans une sc\u00e8ne des premiers chapitres : lorsque Isma\u00ebl, accompagn\u00e9 de son ami le harponneur Queequeg, va \u00e9couter le pr\u00e9dicateur quaker s&rsquo;adresser aux chasseurs en partance: comme il s&rsquo;agit d&rsquo;un sermon adress\u00e9 aux baleiniers, Melville fait astucieusement raconter au pr\u00e9dicateur l&rsquo;histoire biblique de Jonas, puni par Dieu au moyen d&rsquo;une baleine.<\/em><\/p>\n<\/p>\n<p><p><em>Dans le symbolisme de Moby Dick, c&rsquo;est un th\u00e8me r\u00e9current : l&rsquo;association de la baleine \u00e0 la force divine qui peut an\u00e9antir les \u00eatres humains comme et quand elle le veut, un L\u00e9viathan. Mais si, dans le r\u00e9cit biblique, Jonas, apr\u00e8s avoir demand\u00e9 pardon \u00e0 Dieu pendant trois jours et trois nuits, est recrach\u00e9 par la baleine, dans Moby Dick, il n&rsquo;y a pas de repentir. Le capitaine Achab veut mourir en chassant l&rsquo;impitoyable baleine : Achab est en fait en train de chasser Dieu.<\/em><\/p>\n<\/p>\n<p><p><em>Ce m\u00eame Dieu qui, des ann\u00e9es plus t\u00f4t, ne lui a m\u00eame pas fait la \u00ab\u00a0courtoisie\u00a0\u00bb de le tuer directement, mais l&rsquo;a forc\u00e9 \u00e0 marcher avec une jambe qui n&rsquo;\u00e9tait m\u00eame pas en bois mais en os de baleine : \u00e0 ce stade, le vieux capitaine n&rsquo;a plus rien \u00e0 perdre et se jette d\u00e9sesp\u00e9r\u00e9ment corps et \u00e2me dans la recherche de la vengeance pour le mal qu&rsquo;il a subi.<\/em><\/p>\n<\/p>\n<p><p><em>Le mal, dans ce sens, est peut-\u00eatre le v\u00e9ritable protagoniste du roman : en fait, Melville lui-m\u00eame a appel\u00e9 son Moby Dick \u00ab\u00a0le livre du mal\u00a0\u00bb. Le mal repr\u00e9sent\u00e9 ici est \u00e0 la fois celui commis par les hommes et celui commis par la nature. Un mal, cependant, que l&rsquo;auteur prend soin de ne pas connoter \u00e9motionnellement, de ne pas juger du point de vue des valeurs.<\/em><\/p>\n<\/p>\n<p><p><em>Bref, \u00e0 la lumi\u00e8re de ce que nous venons de dire, sommes-nous vraiment s&ucirc;rs que ce chef-d&rsquo;&oelig;uvre doive encore \u00eatre qualifi\u00e9 de mani\u00e8re r\u00e9ductrice de \u00ab\u00a0livre d&rsquo;aventures pour enfants\u00a0\u00bb <\/em>? &raquo;<\/p>\n<\/p>\n<\/blockquote>\n<p><h3 class=\"subtitleset_c.deepblue\" style=\"color:#0f3955; font-size:1.25em\">Melville, Dieu et l&rsquo;Ukraine<\/h3>\n<\/p>\n<p><p>La Pentagone est-il l&rsquo;incarnation du Mal \u00e0 la lumi\u00e8re de cette lecture de Melville, mais d&rsquo;un Mal que les hommes ont eux-m\u00eames d\u00e9cha&icirc;n\u00e9 et retourn\u00e9 contre eux-m\u00eames en construisant cet \u00e9norme b\u00e2timent d&rsquo;o&ugrave; partent tant de fureurs sanglantes et de folies obsessionnelles, qui nous tient prisonniers et dont Dieu s&rsquo;est empar\u00e9 pour nous punir comme il se doit ? Nous sommes donc en plein r\u00e9visionnisme am\u00e9ricaniste, au temps des passions religieuses d\u00e9cha&icirc;n\u00e9es sans autre raison que l&rsquo;hubris m\u00eame des croyants qui se heurte aux dures r\u00e9alit\u00e9s de la nature du monde (et de la nature du Russe).<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Pourtant, nous dit Maloof en concluant ses r\u00e9flexions d&rsquo;aujourd&rsquo;hui et de maintenant sur le Pentagone, qui vient de subir son Waterloo, sa B\u00e9r\u00e9zina, son Trafalgar sur les terres d&rsquo;Ukraine, &ndash; pourtant 55% des Am\u00e9ricains, redescendant ainsi sur terre, transcrivent tout ce remue-m\u00e9nage en cette affirmation qu&rsquo;ils ne veulent plus, &ndash; \u00f4 surprise, &ndash; financer Zelenski, en observant de fa\u00e7on tr\u00e8s prosa\u00efque, sous le regard \u00e9nigmatique et ironique, &ndash; surprise, surprise, &ndash; de la Grande Baleine Blanche :<\/p>\n<\/p>\n<blockquote class=\"normal\" style=\"font-size:1.05em\">\n<p><p>&laquo; <em>Et pourquoi financer d&rsquo;autres guerres et d&rsquo;autres personnes alors que nous ne pouvons m\u00eame pas prendre soin des n\u00f4tres ? Et je pense que c&rsquo;est l\u00e0 l&rsquo;essentiel pour ce qui nous concerne, pour le public&#8230;<\/em> &raquo;.<\/p>\n<\/p>\n<\/blockquote>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Notes sur &lsquo;Moby Dick&lsquo; &bull; Pour un imm\u00e9diat rafra&icirc;chissement des m\u00e9moires, s&rsquo;il y en a : &lsquo;Moby Dick&lsquo;, c&rsquo;est le chef d&rsquo;&oelig;uvre de Melville, mais c&rsquo;est aussi le surnom donn\u00e9 au Pentagone, \u00e0 la fin des ann\u00e9es 1990 par le secr\u00e9taire \u00e0 la d\u00e9fense (et po\u00e8te) Cohen. &bull; Et que peut &lsquo;Moby Dick&lsquo; aujourd&rsquo;hui ?&hellip;&nbsp;<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"","ping_status":"","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"neve_meta_sidebar":"","neve_meta_container":"","neve_meta_enable_content_width":"","neve_meta_content_width":0,"neve_meta_title_alignment":"","neve_meta_author_avatar":"","neve_post_elements_order":"","neve_meta_disable_header":"","neve_meta_disable_footer":"","neve_meta_disable_title":"","_jetpack_memberships_contains_paid_content":false,"footnotes":""},"categories":[3],"tags":[19052,4279,3369,4255,3483,2891,3966,2622,11441,3899,3194,2671],"class_list":["post-80860","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-analyse","tag-baleine","tag-blanche","tag-carroll","tag-defaite","tag-gorbatchev","tag-grande","tag-james","tag-la","tag-maloof","tag-melville","tag-pentagone","tag-us"],"jetpack_featured_media_url":"","jetpack_sharing_enabled":true,"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/80860","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=80860"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/80860\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=80860"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=80860"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=80860"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}