{"id":80969,"date":"2024-03-06T15:10:46","date_gmt":"2024-03-06T15:10:46","guid":{"rendered":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/2024\/03\/06\/mattelart-les-jo-et-la-destruction-de-paris-sur-ordre-us\/"},"modified":"2024-03-06T15:10:46","modified_gmt":"2024-03-06T15:10:46","slug":"mattelart-les-jo-et-la-destruction-de-paris-sur-ordre-us","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/2024\/03\/06\/mattelart-les-jo-et-la-destruction-de-paris-sur-ordre-us\/","title":{"rendered":"Mattelart, les JO et la destruction de Paris sur ordre US"},"content":{"rendered":"<p><h2 class=\"titleset_b.deepgreen\" style=\"color:#75714d; font-size:1.65em; font-variant:small-caps\"><strong>Mattelart, les JO et la destruction de Paris sur ordre US<\/strong><\/h2>\n<\/p>\n<p><p>On vient de d\u00e9couvrir l&rsquo;image illustrant l&rsquo;ectoplasme Paris pour les JO : un \u00e9norme conglom\u00e9rat h\u00f4telier au bord de l&rsquo;eau : toute r\u00e9f\u00e9rence historique ou culturelle ou spirituelle a \u00e9t\u00e9 effac\u00e9e, comme dans un film de science-fiction inspir\u00e9 par Dick. Il ne reste plus rien de la France.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Cela m\u00e9rite quelques \u00e9claircissements. Debord, Mattelard, Louis Chevalier, Audiard l&rsquo;avaient vu venir cette liquidation.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Lisez de Mattelart l&rsquo;admirable et in\u00e9puisable Histoire de l&rsquo;utopie plan\u00e9taire qui est surtout l&rsquo;histoire de la folie anglo-am\u00e9ricaine. <\/p>\n<\/p>\n<p><p>Une des cibles \u00e9tait la capitale parisienne. Comme disait Guy Debord de Paris (Pan\u00e9gyrique, I) : <\/p>\n<\/p>\n<p><p>&laquo;Toujours bri\u00e8vement dans ma jeunesse, lorsqu&rsquo;il m&rsquo;a fallu risquer quelques courtes incursions \u00e0 l&rsquo;\u00e9tranger, pour porter plus loin la perturbation ; mais ensuite beaucoup plus longuement, quand la ville a \u00e9t\u00e9 saccag\u00e9e, et d\u00e9truit int\u00e9gralement le genre de vie qu&rsquo;on y avait men\u00e9. Ce qui arriva \u00e0 partir de 1970. Je crois que cette ville a \u00e9t\u00e9 ravag\u00e9e un peu avant toutes les autres parce que ses r\u00e9volutions toujours recommenc\u00e9es n&rsquo;avaient que trop inqui\u00e9t\u00e9 et choqu\u00e9 le monde ; et parce qu&rsquo;elles avaient malheureusement toujours \u00e9chou\u00e9&hellip;Qui voit les rives de la Seine voit nos peines : on n&rsquo;y trouve plus que les colonnes pr\u00e9cipit\u00e9es d&rsquo;une fourmili\u00e8re d&rsquo;esclaves motoris\u00e9s.&raquo;<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Contrairement \u00e0 ce qu&rsquo;on supposerait Paris a fait les frais du gaullisme et de Pompidou (qui faillit la raser &ndash; voyez le livre de mon ami Paucard sur les Criminels du b\u00e9ton).<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Dans l&rsquo;utopie plan\u00e9taire, Armand Mattelart nous explique tout : <\/p>\n<\/p>\n<p><p>&laquo;Peu apr\u00e8s la secousse politique de Mai 68, une agence de planification d&rsquo;un minist\u00e8re fran\u00e7ais commanditait \u00e0 Howard V. Perlmutter et Hasan Ozbekhan, responsables de recherches \u00e0 la Wharton School, une \u00e9tude prospective sur les chances de Paris de devenir une global-city ou un world-center, une plaque tournante dans le global industrial system des ann\u00e9es quatre-vingt. Dans un de leurs sc\u00e9narios, les deux experts futurologues recommandent \u00e0 l&rsquo;administration fran\u00e7aise de tout faire pour &laquo;d\u00e9nationaliser&raquo; la ville afin de la rendre &laquo;moins fran\u00e7aise&raquo; et de corriger l&rsquo;image x\u00e9nophobe et ethnocentrique qu&rsquo;elle projette \u00e0 l&rsquo;ext\u00e9rieur &raquo;. Car, &laquo;dans la ville globale de l&rsquo;avenir, personne ne doit se sentir \u00e9tranger&raquo;. Et d&rsquo;accompagner cette recommandation volontariste d&rsquo;un traitement de choc. Hors l&rsquo;am\u00e9lioration d&rsquo;un syst\u00e8me de t\u00e9l\u00e9communications \u00e0 la tra&icirc;ne, figure en bonne place dans le d\u00e9calogue des mesures la globalisation des \u00e9v\u00e9nements culturels, que les deux consultants illustrent en proposant l&rsquo;organisation de festivals de rock supranationaux &laquo;antidotes \u00e0 la culture exag\u00e9r\u00e9ment nationale et parfois franchement nationaliste&raquo;&#8230; <\/p>\n<\/p>\n<p><p>L&rsquo;\u00e9limination fran\u00e7aise s&rsquo;est donc enclench\u00e9e sous De Gaulle et Pompidou. Voyez mon livre sur la destruction de la France au cin\u00e9ma, o&ugrave; j&rsquo;ai repris mes textes sur cette catastrophique et soi-disant glorieuse \u00e9poque. Vous d\u00e9couvrirez que les conservateurs et autres souverainistes courent toujours apr\u00e8s les subversifs et les mondialistes quand il s&rsquo;agit de d\u00e9pecer le pays. Le gaullisme aura \u00e9t\u00e9 et continue d&rsquo;\u00eatre une escroquerie et un attrape-gogo sans \u00e9quivalent. <\/p>\n<\/p>\n<p><p>Et je vous invite \u00e0 relire mon texte sur JMLP et mai 68 : <\/p>\n<\/p>\n<p><p>Tout le monde fait de son mieux pour commenter ou f\u00eater le cinquantenaire de mai 68. Alors laissons parler un po\u00e8te. Dans ses M\u00e9moires JMLP y va de son interpr\u00e9tation et de sa m\u00e9taphore (mai 68 comme&hellip; eau-forte) :<\/p>\n<\/p>\n<p><p>&laquo; &hellip;le dommage de Mai 68 est encore plus vaste, car au d\u00e9sastre de l&rsquo;\u00e9cole s&rsquo;ajoute celui des m\u00e9dias, de la litt\u00e9rature, des arts, du cin\u00e9ma et de la t\u00e9l\u00e9vision, de tout ce qui sous le mot impropre de culture influe sur la mentalit\u00e9 des hommes, et dont la ma&icirc;trise, le philosophe italien Gramsci l&rsquo;a rappel\u00e9 \u00e0 toute une g\u00e9n\u00e9ration de r\u00e9volutionnaires, permet de prendre le pouvoir sans peine.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Cela ne s&rsquo;est pas fait en un jour. Consid\u00e9r\u00e9 sous l&rsquo;angle de la violence physique, Mai 68 fut une parodie de r\u00e9volution, une mascarade, mais il a engag\u00e9 subrepticement un processus que rien n&rsquo;arr\u00eate. Je chercherai dans la technique de la gravure la comparaison propre \u00e0 me faire comprendre. La gravure n&rsquo;est pas un art mineur, elle demande une r\u00e9flexion technique et philosophique non n\u00e9gligeable, comme la r\u00e9volution. En gros, vous pouvez entailler la plaque de cuivre que l&rsquo;on va encrer pour imprimer, de deux mani\u00e8res. Soit directement avec un burin, c&rsquo;est long, difficile et cela demande de la force : c&rsquo;est la r\u00e9volution \u00e0 l&rsquo;ancienne, brutale et al\u00e9atoire. Soit vous choisissez ce que l&rsquo;on appelle l&rsquo;eau-forte. Sur la plaque de cuivre vous passez un vernis qui r\u00e9siste \u00e0 l&rsquo;acide, puis vous entaillez cette couche protectrice avec une pointe fine d&rsquo;un maniement souple qui permet un dessin fin, avant de plonger la plaque dans un bain d&rsquo;acide. En quelques heures les parties dont vous avez \u00f4t\u00e9 la protection sont attaqu\u00e9es par l&rsquo;acide et pr\u00eates \u00e0 recevoir l&rsquo;encre. Ainsi a proc\u00e9d\u00e9 la r\u00e9volution de Mai 68.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Avec son slogan directeur, il est interdit d&rsquo;interdire, elle a plong\u00e9 la civilisation europ\u00e9enne dans un bain d&rsquo;acide o&ugrave; nous sommes rest\u00e9s durant toutes les ann\u00e9es soixante-dix, puis, au fil des ann\u00e9es quatre-vingt, on a sorti la plaque, on l&rsquo;a essuy\u00e9e, et la gravure \u00e0 l&rsquo;eau-forte est apparue, l&rsquo;image de la nouvelle civilisation, avec sa nouvelle morale, sa nouvelle esth\u00e9tique, ses nouveaux fondements politiques, dans laquelle nous vivons. Le monde ancien, l&rsquo;homme ancien, ont \u00e9t\u00e9 dissous, et se dessinent maintenant l&rsquo;homme nouveau et ses valeurs nouvelles. Aux h\u00e9ros et aux saints qu&rsquo;on nous montrait en exemple a succ\u00e9d\u00e9 l&rsquo;\u00e9cocitoyen LGBT friendly et phobophobe, ouvert au vivre ensemble, au culte de la terre m\u00e8re, qui ne fume pas, accueille le migrant et se pr\u00e9pare \u00e0 rouler en voiture autonome.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Toutes nocives qu&rsquo;aient \u00e9t\u00e9 leurs cons\u00e9quences, 1830, 1848, 1789 et m\u00eame 1793 et la Commune, toutes ces r\u00e9volutions fran\u00e7aises eurent quelque chose de grand, parfois m\u00eame de beau : avec Mai 68, pour la premi\u00e8re fois, une r\u00e9volution fran\u00e7aise ne se proposa rien de grand, rien de sacr\u00e9. Elle postulait l&rsquo;av\u00e8nement du m\u00e9diocre. &raquo;<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Certains grands textes ne m\u00e9ritent pas de commentaire ; je me contenterai de rappeler \u00e0 nos lecteurs l&rsquo;importance de l&rsquo;&oelig;uvre de Philippe Muray sur cet homo peu sapiens, festif et surtout censeur universel.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Ajoutons un splendide et intuitif passage sur le remplacement culturel de la France.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Le massacre urbain de Paris n&rsquo;a pas \u00e9chapp\u00e9 \u00e0 JMLP. Il \u00e9voque Les Halles, &oelig;uvre au noir destin\u00e9e \u00e0 mondialiser Paris et sa population r\u00e9trograde et agit\u00e9e, selon l&rsquo;excellent sociologue de gauche Armand Mattelart.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>JM Le Pen :<\/p>\n<\/p>\n<p><p>&laquo; Le ventre de Paris \u00e9tait tout pr\u00e8s, le pouvoir gaulliste avait d\u00e9cid\u00e9 en 1960 de transf\u00e9rer les Halles \u00e0 La Villette et Rungis, mais le d\u00e9m\u00e9nagement ne devait se faire qu&rsquo;en 1969. On disait adieu au vieux Paris. Tout un peuple de vivandiers venus des banlieues et des provinces approvisionnait la capitale depuis le XIIe si\u00e8cle dans un d\u00e9cor que le dix-neuvi\u00e8me avait rationalis\u00e9 sans le changer en profondeur. Ce peuple qui avait fait nagu\u00e8re un triomphe \u00e0 Poujade allait se trouver remplac\u00e9 par un m\u00e9lange de petits-bourgeois consum\u00e9ristes le jour et de zonards la nuit. Les mots disent tout : un Forum remplacerait les Halles, des bobos multicolores \u00e0 pr\u00e9tention intello en prendraient possession. &raquo;<\/p>\n<\/p>\n<p><p>C&rsquo;est Debord qui souligne l&rsquo;importance du livre de Louis Chevalier sur la destruction de Paris. Et dans mon livre sur la com\u00e9die musicale j&rsquo;ai expliqu\u00e9 cette disparition de Paris comme muse des artistes et des danseurs. Apr\u00e8s Dr\u00f4le de frimousse (Funny face), il n&rsquo;y a plus rien ou presque. <\/p>\n<\/p>\n<p><h3 class=\"subtitleset_c.deepgreen\" style=\"color:#75714d; font-size:1.25em\"><strong>Sources :<\/strong> <\/h3>\n<\/p>\n<p><p><a href=\"https:\/\/www.les4verites.com\/produit\/fils-de-nation\" target=\"_blank\">JMLP &ndash; Fils de la nation, \u00e9ditions Muller.<\/a><\/p>\n<p>Armand Mattelart &ndash; Histoire de l&rsquo;utopie plan\u00e9taire (La D\u00e9couverte)<\/p>\n<p>Philippe Muray &ndash; &OElig;uvres compl\u00e8tes (Les Belles Lettres)<\/p>\n<p>Nicolas Bonnal &ndash; La destruction de la France au cin\u00e9ma (Amazon.fr)<\/p>\n<p>Pierre Le Vigan &ndash; METAMPORPHOSES DE LA VILLE (Barque d&rsquo;or)<\/p><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Mattelart, les JO et la destruction de Paris sur ordre US On vient de d\u00e9couvrir l&rsquo;image illustrant l&rsquo;ectoplasme Paris pour les JO : un \u00e9norme conglom\u00e9rat h\u00f4telier au bord de l&rsquo;eau : toute r\u00e9f\u00e9rence historique ou culturelle ou spirituelle a \u00e9t\u00e9 effac\u00e9e, comme dans un film de science-fiction inspir\u00e9 par Dick. 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