{"id":80973,"date":"2024-03-09T10:44:45","date_gmt":"2024-03-09T10:44:45","guid":{"rendered":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/2024\/03\/09\/jouvenel-du-totalitarisme-en-democratie\/"},"modified":"2024-03-09T10:44:45","modified_gmt":"2024-03-09T10:44:45","slug":"jouvenel-du-totalitarisme-en-democratie","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/2024\/03\/09\/jouvenel-du-totalitarisme-en-democratie\/","title":{"rendered":"Jouvenel\u00a0: du totalitarisme en d\u00e9mocratie"},"content":{"rendered":"<p><h2 class=\"titleset_b.deepgreen\" style=\"color:#75714d; font-size:1.65em; font-variant:small-caps\"><strong>Jouvenel : du totalitarisme en d\u00e9mocrati<\/strong>e<\/h2>\n<\/p>\n<p><p>Le grand chapitre de Du pouvoir est celui sur la d\u00e9mocratie totalitaire. Comment se fait-il qu&rsquo;en termes de tyrannie, r\u00e8gles, lois, guerres et conqu\u00eates (coloniales ou autres), la d\u00e9mocratie puisse tout se permettre ?<\/p>\n<\/p>\n<p><p>R\u00e9ponse : le droit de vote. Bitru supporte tout depuis qu&rsquo;on lui a donn\u00e9 le droit de vote &ndash; \u00e0 commencer par la conscription et la guerre ad mortem contre les &laquo; tyrans &raquo;. Jouvenel cite Taine (voyez mes textes sur cet auteur extraordinaire) :<\/p>\n<\/p>\n<p><p>&laquo; Sous les menaces et les souffrances de l&rsquo;invasion, observe Taine, le peuple a consenti \u00e0 la conscription: Il la croyait accidentelle et temporaire. Apr\u00e8s la victoire et la paix, son gouvernement continue \u00e0 la r\u00e9clamer: elle devient permanente et d\u00e9finitive; apr\u00e8s les trait\u00e9s de Lun\u00e9ville et d&rsquo;Amiens, Napol\u00e9on la maintient en France; apr\u00e8s les trait\u00e9s de Paris et de Vienne, le gouvernement prussien la maintient en Prusse. &raquo;<\/p>\n<\/p>\n<p><p>La gangr\u00e8ne fran\u00e7aise a gagn\u00e9 le monde :<\/p>\n<\/p>\n<p><p>&laquo; De guerre en guerre, l&rsquo;institution s&rsquo;est aggrav\u00e9e: comme une contagion elle s&rsquo;est propag\u00e9e d&rsquo;&Eacute;tat en &Eacute;tat; \u00e0 pr\u00e9sent elle a gagn\u00e9 toute l&rsquo;Europe continentale, et elle y r\u00e8gne avec le compagnon naturel qui toujours la pr\u00e9c\u00e8de ou la suit, avec son fr\u00e8re jumeau, avec le suffrage universel, chacun des deux plus ou moins produit au jour et tirant apr\u00e8s soi l&rsquo;autre, plus ou moins incomplet ou d\u00e9guis\u00e9, tous les deux conducteurs ou r\u00e9gulateurs aveugles et formidables de l&rsquo;histoire future, l&rsquo;un mettant dans les mains de chaque adulte un bulletin de vote, l&rsquo;autre mettant sur le dos de chaque adulte un sac de soldat&hellip; &raquo;<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Taine entrevoit les charniers de Quatorze et de quarante :<\/p>\n<\/p>\n<p><p>&laquo; &#8230;avec quelles promesses de massacre et de banqueroute pour le XX\u00e8me si\u00e8cle, avec quelle exasp\u00e9ration des rancunes et des d\u00e9fiances internationales, avec quelle d\u00e9perdition du travail humain, par quelle perversion des d\u00e9couvertes productives, par quel recul vers les formes inf\u00e9rieures et malsaines des vieilles soci\u00e9t\u00e9s militantes, par quel pas r\u00e9trograde vers les instincts \u00e9go\u00efstes et brutaux, vers les sentiments, les m&oelig;urs et la morale de la cit\u00e9 antique et de la tribu barbare, nous le savons&hellip; &raquo;<\/p>\n<\/p>\n<p><p> Ensuite il y a un probl\u00e8me : en d\u00e9mocratie ce n&rsquo;est jamais le peuple qui d\u00e9cide ou qui gouverne ; Jouvenel cite aussi Montesquieu<\/p>\n<\/p>\n<p><p>&laquo; Comme dans les d\u00e9mocraties le peuple para&icirc;t faire \u00e0 peu pr\u00e8s ce qu&rsquo;il veut, on a mis la libert\u00e9 dans ces sortes de gouvernements, et on a confondu le pouvoir du peuple avec la libert\u00e9 du peuple.&raquo;<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Il en tire vite une conclusion essentielle ; la souverainet\u00e9 du peuple est une fiction.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>&laquo; Cette confusion est le principe du despotisme moderne. On peut, par des institutions sagement combin\u00e9es, assurer la garantie effective de chaque personne contre le Pouvoir. Mais il n&rsquo;y a point d&rsquo;institutions qui permettent de faire concourir chaque personne \u00e0 l&rsquo;exercice du Pouvoir, car le Pouvoir est commandement et tous ne peuvent commander. La souverainet\u00e9 du peuple n&rsquo;est donc qu&rsquo;une fiction et c&rsquo;est une fiction qui ne peut \u00eatre \u00e0 la longue que destructive des libert\u00e9s individuelles. &raquo;<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Jouvenel est un nostalgique subtil de la royaut\u00e9 traditionnelle :<\/p>\n<\/p>\n<p><p>&laquo; La volont\u00e9 royale \u00e9tait connue pour celle du personnage couronn\u00e9, de son favori, de son ministre: elle \u00e9tait par-l\u00e0 humaine et particuli\u00e8re, de plain-pied avec les autres volont\u00e9s. La volont\u00e9 du Pouvoir d\u00e9mocratique se dit g\u00e9n\u00e9rale. Elle accable chaque individu sous le poids de la totalit\u00e9 des individus qu&rsquo;elle repr\u00e9sente, et opprime chaque int\u00e9r\u00eat particulier au nom d&rsquo;un int\u00e9r\u00eat g\u00e9n\u00e9ral qui s&rsquo;incarne en elle. &raquo;<\/p>\n<\/p>\n<p><p> En d\u00e9mocratie ce qui dirige, c&rsquo;est l&rsquo;abstraction, c&rsquo;est le tout :<\/p>\n<\/p>\n<p><p>&laquo; La fiction d\u00e9mocratique pr\u00eate aux r\u00e9gents l&rsquo;autorit\u00e9 du Tout. C&rsquo;est le Tout qui veut, c&rsquo;est le Tout qui agit. &raquo;<\/p>\n<\/p>\n<p><p>La royaut\u00e9 prot\u00e9geait les pouvoirs locaux. Cet heureux temps n&rsquo;est plus, comme dirait Racine &ndash; qui n&rsquo;avait pas vu Bruxelles ou Washington.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>A ce sujet Jouvenel cite aussi Tocqueville :<\/p>\n<\/p>\n<p><p>&laquo; Les vieux pouvoirs locaux disparaissent sans se rajeunir ou \u00eatre remplac\u00e9s par rien, et partout \u00e0 leur place le gouvernement central prend la direction des affaires. Toute l&rsquo;Allemagne donnerait plus ou moins le m\u00eame spectacle, je puis dire tout le continent. Partout on sort de la libert\u00e9 du Moyen Age, non pour entrer dans la libert\u00e9 moderne mais pour retourner au despotisme antique, car la centralisation, ce n&rsquo;est autre chose que l&rsquo;administration de l&#8217;empire romain modernis\u00e9e (Lettre \u00e0 H. de Tocqueville dans &OElig;uvres, t. VII, p. 322-323).&raquo;<\/p>\n<\/p>\n<p><p>D\u00e8s le d\u00e9but de la R\u00e9volution on va tout balayer. Jouvenel cite Siey\u00e8s :<\/p>\n<\/p>\n<p><p>&laquo; La France ne doit point \u00eatre un assemblage de petites nations qui se gouverneraient s\u00e9par\u00e9ment en d\u00e9mocraties, elle n&rsquo;est point une collection d&rsquo;&Eacute;tats; elle est un tout unique, compos\u00e9 de parties int\u00e9grantes; ces parties ne doivent point avoir s\u00e9par\u00e9ment une existence compl\u00e8te parce qu&rsquo;elles ne sont point des touts simplement unis, mais des parties formant un seul tout. Cette diff\u00e9rence est grande, elle nous int\u00e9resse essentiellement. Tout est perdu si nous nous permettons de consid\u00e9rer les Municipalit\u00e9s qui s&rsquo;\u00e9tablissent, ou les Districts ou les Provinces, comme autant de r\u00e9publiques unies seulement sous les rapports de force et de protection commune. &raquo;<\/p>\n<\/p>\n<p><p>La chasse aux centrifuges (la Vend\u00e9e&hellip;) commence et la d\u00e9mocratie g\u00e9nocidaire sait s&rsquo;illustrer :<\/p>\n<\/p>\n<p><p>&laquo; Tout pouvoir fait n\u00e9cessairement la guerre aux tendances centrifuges. Mais la conduite du Pouvoir d\u00e9mocratique offre des particularit\u00e9s remarquables. Il se pr\u00e9sente comme venant lib\u00e9rer l&rsquo;homme des contraintes que faisait peser sur lui l&rsquo;ancien Pouvoir, issu plus ou moins directement de la conqu\u00eate. Pourtant la Convention guillotine les f\u00e9d\u00e9ralistes, le Parlement d&rsquo;Angleterre \u00e9crase, sous des r\u00e9pressions qui sont parmi les plus sanglantes de l&rsquo;Histoire, le s\u00e9paratisme national irlandais, le Gouvernement de Washington d\u00e9cha&icirc;ne une guerre telle que l&rsquo;Europe n&rsquo;en avait pas encore vu pour \u00e9touffer les tentatives des &Eacute;tats du Sud de s&rsquo;organiser en corps s\u00e9par\u00e9. Faut-il citer encore l&rsquo;action de la R\u00e9publique espagnole en 1934 contre la volont\u00e9 d&rsquo;ind\u00e9pendance catalane? &raquo;<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Voil\u00e0 pour la cruaut\u00e9 d\u00e9mocratique. Ensuite, il y a le fait que le peuple n&rsquo;a pas le pouvoir &#8211; et que certains n&rsquo;auraient pas d&ucirc; attendre la r\u00e9\u00e9lection de Macron pour le savoir :<\/p>\n<\/p>\n<p><p>&laquo; Loin que le peuple soit seul auteur des lois, il ne lui est m\u00eame pas permis de se prononcer sur les plus g\u00e9n\u00e9rales, qui affectent le plus profond\u00e9ment son existence. Quoiqu&rsquo;il existe un mode de consultation populaire, le r\u00e9f\u00e9rendum, qui a fait ses preuves en Suisse, le Pouvoir d\u00e9mocratique n&rsquo;a garde d&rsquo;y recourir. &raquo;<\/p>\n<\/p>\n<p><p>On fait la chasse au local :<\/p>\n<\/p>\n<p><p>&laquo; Le vocable m\u00eame d&rsquo;int\u00e9r\u00eat particulier est alors devenu et demeur\u00e9 une mani\u00e8re d&rsquo;injure, \u00e9volution du langage qui refl\u00e8te, pour peu qu&rsquo;on y r\u00e9fl\u00e9chisse, la perp\u00e9tuelle mobilisation de l&rsquo;opinion sociale contre les fractions constituantes de la communaut\u00e9. &raquo;<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Comme chez Platon (voyez nos textes sur Bloom et Platon), l&rsquo;avilissement d\u00e9mocratique d\u00e9bouche sur la tyrannie :<\/p>\n<\/p>\n<p><p>&laquo; L&rsquo;Autorit\u00e9 n&rsquo;est plus alors qu&rsquo;un enjeu, elle perd toute stabilit\u00e9, toute consid\u00e9ration. Le caract\u00e8re de ceux qui l&rsquo;exercent va sans cesse s&rsquo;abaissant jusqu&rsquo;\u00e0 ce qu&rsquo;enfin le Palais du Commandement ait un occupant qui d\u00e9cide de ne point s&rsquo;en laisser chasser: c&rsquo;est le tyran. &raquo;<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Et puis il y a un probl\u00e8me : la d\u00e9mocratie a une \u00e9lite de gens tr\u00e8s occup\u00e9s par les fonctions et les commissions et cette \u00e9lite m\u00e9prise le peuple &laquo; pas assez \u00e9clair\u00e9 &raquo; depuis toujours ; cette fois Jouvenel cite Kant :<\/p>\n<\/p>\n<p><p>&laquo;  Le philosophe rangeait parmi les passifs &laquo; tous ceux qui pour la conservation de leur existence, leur nourriture ou leur protection, d\u00e9pendent d&rsquo;un autre particulier &raquo;, c&rsquo;est-\u00e0-dire qu&rsquo;il aurait refus\u00e9 le droit de vote \u00e0 tout le personnel salari\u00e9 d&rsquo;une usine. Ce n&rsquo;est pas, chez d&rsquo;autres penseurs, l&rsquo;ind\u00e9pendance mais le loisir qui est le crit\u00e8re des droits civiques. Et ici l&rsquo;on sent l&rsquo;influence d&rsquo;Aristote: c&rsquo;est le loisir de r\u00e9fl\u00e9chir aux affaires publiques qui fait le citoyen, point de loisir point de citoyen. On trouve chez Siey\u00e8s et m\u00eame chez Rousseau comme un regret honteux des facilit\u00e9s que l&rsquo;esclavage antique donnait \u00e0 l&rsquo;homme libre pour former une opinion \u00e9clair\u00e9e. &raquo;<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Les parlements d\u00e9g\u00e9n\u00e8rent vite (cf. l&rsquo;actuel, driv\u00e9 par M\u00e9lenchon et Le Pen, qui est presque comique dans sa volont\u00e9 &ndash; on pense au deus otiosus d&rsquo;Eliade &ndash; de ne rien foutre) :<\/p>\n<\/p>\n<p><p>&laquo; L&rsquo;avilissement de l&rsquo;\u00e9lecteur et l&rsquo;abaissement de l&rsquo;\u00e9lu ne sont encore qu&rsquo;accidentels. Ils vont progressivement devenir syst\u00e9matiques. Des syndicats d&rsquo;int\u00e9r\u00eats et d&rsquo;ambitions se formeront qui, regardant l&rsquo;assembl\u00e9e comme une simple attributrice du Pouvoir et le peuple comme un simple remplisseur de l&rsquo;assembl\u00e9e, s&rsquo;ing\u00e9nieront \u00e0 capter les suffrages pour investir des d\u00e9put\u00e9s dociles qui rapporteront \u00e0 leurs ma&icirc;tres l&rsquo;enjeu de toute l&rsquo;op\u00e9ration; le commandement de la Soci\u00e9t\u00e9. &raquo;<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Jouvenel d\u00e9couvre comme Cochin Ostrogorski qui a tr\u00e8s bien d\u00e9crit la &laquo; machine &raquo; administrative et politique. Et cela donne quelque chose de d\u00e9plorable la machine :<\/p>\n<\/p>\n<p><p>&laquo;C&rsquo;\u00e9taient de grands esprits, les Rousseau, les Jefferson. Les techniciens de la machine n&rsquo;ont pas de si hautes pr\u00e9tentions; mais ils connaissent l&rsquo;homme r\u00e9el, qui veut de la chaleur, de la camaraderie, de l&rsquo;esprit d&rsquo;\u00e9quipe, et qui est capable pour son clan de nobles sacrifices. Fond\u00e9e sur une psychologie empirique, la machine r\u00e9duit au n\u00e9ant et au ridicule les pr\u00e9tentions de la philosophie politique. &raquo;<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Toujours aussi implacable Jouvenel ajoute :<\/p>\n<\/p>\n<p><p>&laquo; Loin d&rsquo;\u00e9veiller la capacit\u00e9 citoyenne chez ceux qui ne la poss\u00e8dent pas encore, on l&rsquo;\u00e9teint chez ceux qui l&rsquo;ont acquise. &raquo;<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Les partis \u00e9tablissent leur tyrannie (voyez nos textes sur Roberto Michels) et Jouvenel \u00e9tablit un parall\u00e8le entre d\u00e9mocratie et discipline militaire en citant cette fois Baudelaire :<\/p>\n<\/p>\n<p><p>&laquo; Pour \u00e9touffer la curiosit\u00e9 que peut inspirer un orateur \u00e9minent du bord adverse, pour combattre l&rsquo;envie de s&rsquo;instruire par la connaissance d&rsquo;arguments diff\u00e9rents, pour an\u00e9antir cette gentillesse naturelle qui pr\u00e9dispose l&rsquo;homme en faveur de son prochain, on fait vibrer la corde du loyalisme. C&rsquo;est trahison de lire le journal de l&rsquo;ennemi, de se rendre \u00e0 ses r\u00e9unions sinon pour couvrir sa voix et ensuite le r\u00e9futer d&rsquo;apr\u00e8s un canevas passe-partout. Car la bataille politique est une v\u00e9ritable guerre. Baudelaire s&rsquo;\u00e9tonnait d\u00e9j\u00e0 d&rsquo;y trouver un langage militaire: &laquo; L&rsquo;avant-garde de la d\u00e9mocratie \u00ab\u00a0, &laquo; \u00e0 la pointe du combat r\u00e9publicain \u00ab\u00a0, et autres. Le po\u00e8te avait raison. On a transform\u00e9 les \u00e9lecteurs en soldats, en &laquo; militants \u00ab\u00a0. C&rsquo;est que leurs meneurs sont des conqu\u00e9rants du Pouvoir. &raquo;<\/p>\n<\/p>\n<p><p>La politique n&rsquo;attire donc que les nuls et les soumis &ndash; ou les rou\u00e9s (cf. Cochin sur Choderlos de Laclos) :<\/p>\n<\/p>\n<p><p>&laquo; La machine a commenc\u00e9 d&rsquo;\u00e9carter les intelligences et les caract\u00e8res. Maintenant ils s&rsquo;\u00e9cartent d&rsquo;eux-m\u00eames. Le ton et l&rsquo;allure de l&rsquo;assembl\u00e9e vont s&rsquo;abaissant. Elle perd toute consid\u00e9ration. La puissance effective quitte d&rsquo;ailleurs l&rsquo;assembl\u00e9e \u00e0 mesure que les partis gagnent en consistance et en discipline. Si l&rsquo;un d&rsquo;eux dispose d&rsquo;assez de si\u00e8ges pour dominer l&rsquo;assembl\u00e9e, elle n&rsquo;est plus qu&rsquo;une chambre d&rsquo;enregistrement de ses d\u00e9cisions. Dans ces conditions aucun gouvernement n&rsquo;est possible que celui voulu par le parti, que celui du parti. &raquo;<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Le r\u00e9sultat c&rsquo;est (par exemple)  la tyrannie de Macron et de son parti :<\/p>\n<\/p>\n<p><p>&laquo; Ainsi la pratique des partis a fait passer la Souverainet\u00e9 du Parlement \u00e0 la Machine victorieuse et les \u00e9lections ne sont plus qu&rsquo;un pl\u00e9biscite par lequel tout un peuple se remet entre les mains d&rsquo;une \u00e9quipe. &raquo;<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Magnifique conclusion : &laquo; Les citoyens acceptent cette tyrannie et ne la ha\u00efssent que trop tard. &raquo;<\/p>\n<\/p>\n<p><p>On se consolera si l&rsquo;on peut avec cette derni\u00e8re observation :<\/p>\n<\/p>\n<p><p>&laquo; Mais on remarque que l\u00e0 m\u00eame o&ugrave; la pouss\u00e9e du Pouvoir ne les d\u00e9poss\u00e8de point, les citoyens se d\u00e9chargent eux-m\u00eames. &raquo;<\/p>\n<\/p>\n<p><h3 class=\"subtitleset_c.deepgreen\" style=\"color:#75714d; font-size:1.25em\"><strong>Sources :<\/strong><\/h3>\n<\/p>\n<p><p>Jouvenel &ndash; Du pouvoir (\u00e9ditions Pluriel)<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Bonnal &ndash; Chroniques sur la fin de l&rsquo;Histoire ; petits \u00e9crits libertariens (Amazon.fr)<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Taine &ndash; Les origines de la France contemporaine (Archive.org)<\/p><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Jouvenel : du totalitarisme en d\u00e9mocratie Le grand chapitre de Du pouvoir est celui sur la d\u00e9mocratie totalitaire. 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