{"id":81018,"date":"2024-04-08T10:18:41","date_gmt":"2024-04-08T10:18:41","guid":{"rendered":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/2024\/04\/08\/la-destruction-de-la-france-au-cinema\/"},"modified":"2024-04-08T10:18:41","modified_gmt":"2024-04-08T10:18:41","slug":"la-destruction-de-la-france-au-cinema","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/2024\/04\/08\/la-destruction-de-la-france-au-cinema\/","title":{"rendered":"La destruction de la France au cin\u00e9ma"},"content":{"rendered":"<p><h2 class=\"titleset_b.deepgreen\" style=\"color:#75714d; font-size:1.65em; font-variant:small-caps\"><strong>La destruction de la France au cin\u00e9ma <\/strong><\/h2>\n<\/p>\n<p><p>Mon livre commente la destruction &ndash; ou la disparition de la France &ndash; de 1945 aux ann\u00e9es 70. Je consid\u00e8re que si la France est devenue ce que l&rsquo;on sait depuis, elle \u00e9tait d\u00e9j\u00e0 foutue alors &ndash; dans les ann\u00e9es 70. Je l&rsquo;ai per\u00e7ue ainsi enfant d\u00e9j\u00e0 quand j&rsquo;y venais, sorti de ma tranquille Tunisie. Je suis arriv\u00e9 \u00e0 Brest en famille en 1972, ville enti\u00e8rement d\u00e9truite et reconstruite, artificielle au possible. Cela ne parlait que football et t\u00e9l\u00e9 \u00e0 l&rsquo;\u00e9cole et j&rsquo;avais d\u00e9j\u00e0 le caract\u00e8re des trois vieux emmerdeurs des Vieux de la Vieille. Mon seul r\u00e9confort visuel : les classiques US \u00e0 la t\u00e9l\u00e9 encore bien doubl\u00e9s et Chapeau melon et bottes de cuir &ndash; Emma Peel et Tara King. Le reste c&rsquo;\u00e9tait les ZUP et les supermarch\u00e9s. Et la foule &laquo; non encore remplac\u00e9e &raquo; s&rsquo;y engouffrait gaiment, comme si elle n&rsquo;avait jamais connu &ndash; et aim\u00e9 &ndash; que cela. Le litre d&rsquo;essence \u00e0 un franc dix-sept&hellip;<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Ce qui restait de la France c&rsquo;\u00e9tait des bribes : le petit village, la petite campagne vite capt\u00e9e le tourisme industriel avant de servir d&rsquo;investissement immobilier au bourgeois enracin\u00e9. Le reste \u00e9tait promis \u00e0 plus d&rsquo;industrialisation, plus de destruction, plus de remplacement. On avait une \u00e9mission affolante qui s&rsquo;appelait : la France d\u00e9figur\u00e9e (P\u00e9ricard et B\u00e9riot) le samedi je crois, apr\u00e8s manger (IE vite triturer ce qu&rsquo;il y a dans le frigo).<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Le remplacement aussi m&rsquo;est apparu d\u00e8s cette \u00e9poque : on se foutait de l&rsquo;histoire, de la litt\u00e9rature ; on aimait la baise, le tourisme, la gesticulation motoris\u00e9e ; on aimait la destination exotique, la bouffe nouvelle, et la sp\u00e9culation. Et on est pass\u00e9 de mille balles du m\u00e8tre \u00e0 dix mille euros en cinquante ans, et \u00e0 peu pr\u00e8s partout. On s&rsquo;adapte, comme dit C\u00e9line.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Le cin\u00e9ma a bien film\u00e9 tout cela : il est la v\u00e9rit\u00e9 vingt-quatre fois par seconde quand la t\u00e9l\u00e9 est le mensonge vingt-quatre fois par seconde &ndash; conditionnement pour accepter tout \u00e7a et pour la fermer. J&rsquo;ai vu par le cin\u00e9ma la France remplac\u00e9e dans Play Time de Tati, j&rsquo;ai vu la France cybern\u00e9tique et totalitaire dans Alphaville, et j&rsquo;ai vu les Valseuses. J&rsquo;ai vu la fin des \u00e2nes dans le Balthazar de Bresson (tu\u00e9 par le trafic et le v\u00e9lomoteur).<\/p>\n<\/p>\n<p><p>J&rsquo;ai vu disparaitre ce qui restait d&rsquo;Ancien R\u00e9gime : le marquis libertin de la Femme du boulanger, les paysans traditionnels de Farrebique, les chevaliers servants de l&rsquo;Empire dans Alerte au Sud (l&rsquo;admirable film de Devaivre). J&rsquo;ai vu disparaitre les cur\u00e9s aussi : c&rsquo;est l&rsquo;ath\u00e9e Jean Renoir qui filme un chant du cygne antimoderne dans le D\u00e9jeuner sur l&rsquo;herbe. Son cur\u00e9 y est prodigieux et y annonce comme ceux de Pagnol la grande catastrophe. Mais les idiots avancent toujours, les somnambules, dit Hermann Broch.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>A la place est apparue une soci\u00e9t\u00e9 froide et structur\u00e9e autour de nouveaux axiomes : le capitalisme, l&rsquo;Etat-providence, le court terme, le sexe, la violence fantasm\u00e9e, la sottise t\u00e9l\u00e9. Tout cela a suscit\u00e9 au d\u00e9but des r\u00e9sistances (merci \u00e0 Guy Debord qui m&rsquo;aura \u00e9clair\u00e9 pour tout) et puis on s&rsquo;est habitu\u00e9. Va critiquer la t\u00e9l\u00e9 maintenant, va&hellip; Va remettre en cause l&rsquo;usage hypnotique de la technologie, va&hellip; C&rsquo;est Fahrenheit 451 partout (marrant tout de m\u00eame ce film de Truffaut tourn\u00e9 en anglais et pas en fran\u00e7ais).<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Un \u00e9crivain am\u00e9ricain (Thomas Frank) a parl\u00e9 de conqu\u00eate du cool et il dit qu&rsquo;une cinq ans on change un peuple. Patrick McGoohan (le Prisonnier, seule s\u00e9rie \u00e0 conna&icirc;tre) dit qu&rsquo;on ne peut \u00e9chapper ni au pentagone ni \u00e0 Madison ni \u00e0 la t\u00e9l\u00e9. Le peuple &lsquo;fronc\u00e9&rsquo; fut cr\u00e9\u00e9 sous le gaullisme en quelques ann\u00e9es. On peut dire que le ph\u00e9nom\u00e8ne \u00e9tait partout le m\u00eame, mais je tape quand m\u00eame sur le gaullisme, sur son culte ind\u00e9cent, sur sa constitution, sur ses trente glorieuses, sur ses grandes transformations, sur sa soci\u00e9t\u00e9 de consommation. Comme disait Andr\u00e9 Bercoff dans sa Reconqu\u00eate ces technocrates gaullistes et arrogants auraient d&ucirc; lire les situationnistes pour voir dans quel hexagone ils nous mettaient.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Certes la France est coutumi\u00e8re du fait : c&rsquo;est un pays implacable quand il s&rsquo;agit d&rsquo;id\u00e9es neuves, a dit le professeur Paul Hazard. On aime s&rsquo;y refaire \u00e0 neuf. Le bonheur est une id\u00e9e neuve, etc. On aime les nouvelles vagues, etc. On aime se moderniser, se cr\u00e9oliser, se remplacer, se renouveler, etc. C&rsquo;est la Lumi\u00e8re du monde (dixit de Gaulle) donc on peut tout se permettre. Mais franchement c&rsquo;est ici que la technocratie aura fait le plus de d\u00e9g\u00e2ts ; ensuite les \u00e9cologistes ont pris le relais et ont couvert leur hexagone d&rsquo;\u00e9oliennes.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>J&rsquo;en suis rest\u00e9 \u00e0 Nerval et \u00e0 Adrienne moi, et \u00e0 la danse de la Chapelle dans Dr\u00f4le de frimousse, film\u00e9 par un petit juif nomm\u00e9 Stanley Donen, qui avait d\u00e9j\u00e0 r\u00e9alis\u00e9 dix chefs-d&rsquo;&oelig;uvre et qui lui aussi allait affronter l&rsquo;\u00e8re du cool am\u00e9ricaine et ne plus s&rsquo;en remettre &ndash; voyez mon livre sur la com\u00e9die musicale am\u00e9ricaine. Stanley bis (l&rsquo;autre g\u00e9nie juif c&rsquo;est Kubrick) a film\u00e9 la chute de Paris dans Charade : on est en 1963 seulement.  Chute brutale : la ville perd son charisme ; c&rsquo;est une &laquo; commodit\u00e9 &raquo;. Apr\u00e8s c&rsquo;est Open bar, apr\u00e8s c&rsquo;est les drugstores, les a\u00e9roports, les autorit\u00e9s, les banlieues d\u00e9gueulasses pour parler comme Belmondo (Nanterre forever) les bagnoles moches, les camps de vacances (vive les bronz\u00e9s !), apr\u00e8s c&rsquo;est aussi une bonne inconscience de plus abruti par la consommation et par la t\u00e9l\u00e9, abrutissement que filment Godard ou Pierre Etaix au d\u00e9but des ann\u00e9es soixante. Etaix aussi ne s&rsquo;en remettra pas et Godard dispara&icirc;t pour une d\u00e9cennie et sans doute pour toujours &ndash; un peu comme Rimbaud parti pour l&rsquo;Abyssinie et revenu pour se faire amputer &ndash; ici par la commission d&rsquo;avances sur recettes. C&rsquo;est Nina Simone qui d\u00e9clare \u00e0 un Ardisson interloqu\u00e9 qu&rsquo;elle n&rsquo;aime plus venir \u00e0 Paris, ville d\u00e9natur\u00e9e explique-t-elle. <\/p>\n<\/p>\n<p><p>Dans les ann\u00e9es cinquante quand Tati filme mon Oncle, le public fran\u00e7ais r\u00e9agit encore (peut encore r\u00e9agir) et le monde entier aime son film ; et en URSS explique le grand et g\u00e9nial Jacques, le film rencontre un immense succ\u00e8s car la bourgeoisie en prend plein la gueule. Dix ans plus tard le mod\u00e8le am\u00e9ricain a gagn\u00e9, la bourgeoisie am\u00e9ricanis\u00e9e et motoris\u00e9e a gagn\u00e9 et elle a impos\u00e9 son mod\u00e8le. Play Time est un film aussit\u00f4t oubli\u00e9 et ni\u00e9 : on a mieux \u00e0 faire dans les journaux bourgeois, on adore le gauchisme, le cul, la violence, la r\u00e9bellion, notions toutes recycl\u00e9es par nos bourgeois. La soci\u00e9t\u00e9 postmoderne vit de la haine qu&rsquo;elle s&rsquo;inspire comme tel champ vit de la merde de ses paysans.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Mais comme c&rsquo;est au sens figur\u00e9 c&rsquo;est plus grave.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Le syst\u00e8me cr\u00e9e alors d&rsquo;autres mod\u00e8les : ses vieux r\u00e2leurs (Gabin&hellip;), ses nostalgiques (Audiard&hellip;) qu&rsquo;on aime bien et qu&rsquo;on \u00e9voquera ici. Il cr\u00e9e des loubards, des queutards, des r\u00e2leuses, des bobos, des ren\u00e9gats, des richards, des paum\u00e9s, des consommateurs. On est dans la soci\u00e9t\u00e9 de services, les s\u00e9vices se multiplient.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Trois citations pour terminer. On esp\u00e8re qu&rsquo;elles exasp\u00e8reront les imb\u00e9ciles et rafraichiront l&rsquo;imagination des bons chr\u00e9tiens  comme dit L\u00e9on Bloy. Mes fid\u00e8les lecteurs les connaissant d\u00e9j\u00e0 :<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Debord sur la mafia et l&rsquo;avilissement universel :<\/p>\n<\/p>\n<p><p>&laquo; C&rsquo;\u00e9tait une forme de crime organis\u00e9 qui ne pouvait prosp\u00e9rer que sur la &laquo; protection &raquo; de minorit\u00e9s attard\u00e9es, en dehors du monde des villes, l\u00e0 o&ugrave; ne pouvait pas p\u00e9n\u00e9trer le contr\u00f4le d&rsquo;une police rationnelle et des lois de la bourgeoisie. La tactique d\u00e9fensive de la Mafia ne pouvait jamais \u00eatre que la suppression des t\u00e9moignages, pour neutraliser la police et la justice, et faire r\u00e9gner dans sa sph\u00e8re d&rsquo;activit\u00e9 le secret qui lui est n\u00e9cessaire. Elle a par la suite trouv\u00e9 un champ nouveau dans le nouvel obscurantisme de la soci\u00e9t\u00e9 du spectaculaire diffus, puis int\u00e9gr\u00e9 : avec la victoire totale du secret, la d\u00e9mission g\u00e9n\u00e9rale des citoyens, la perte compl\u00e8te de la logique, et les progr\u00e8s de la v\u00e9nalit\u00e9 et de la l\u00e2chet\u00e9 universelles, toutes les conditions favorables furent r\u00e9unies pour qu&rsquo;elle dev&icirc;nt une puissance moderne, et offensive. &raquo;<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Bonald sur la disparition du sol et du peuple :<\/p>\n<\/p>\n<p><p>&laquo; Le sol n&rsquo;est pas la patrie de l&rsquo;homme civilis\u00e9 ; il n&rsquo;est pas m\u00eame celle du sauvage, qui se croit toujours dans sa patrie lorsqu&rsquo;il emporte avec lui les ossements de ses p\u00e8res. Le sol n&rsquo;est la patrie que de l&rsquo;animal; et, pour les renards et les ours, la patrie est leur tani\u00e8re. Pour l&rsquo;homme en soci\u00e9t\u00e9 publique, le sol qu&rsquo;il cultive n&rsquo;est pas plus la patrie, que pour l&rsquo;homme domestique la maison qu&rsquo;il habite n&rsquo;est la famille. L&rsquo;homme civilis\u00e9 ne voit la patrie que dans les lois qui r\u00e9gissent la soci\u00e9t\u00e9, dans l&rsquo;ordre qui y r\u00e8gne, dans les pouvoirs qui la gouvernent, dans la religion qu&rsquo;on y professe, et pour lui son pays peut n&rsquo;\u00eatre pas toujours sa patrie&hellip; D\u00e8s lors, l&rsquo;\u00e9migration fut une n\u00e9cessit\u00e9 pour les uns, un devoir pour les autres, un droit pour tous. &raquo;<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Drumont enfin sur le Fran\u00e7ais et Paris remplac\u00e9s :<\/p>\n<\/p>\n<p><p>&laquo; L&rsquo;\u00eatre qui est l\u00e0 est un moderne, un nihiliste, il ne tient \u00e0 rien. Il n&rsquo;est gu\u00e8re plus patriote que les trois cent mille \u00e9trangers, que l&rsquo;aveuglement de nos gouvernants a laiss\u00e9 s&rsquo;entasser dans ce Paris dont ils seront les ma&icirc;tres quand ils voudront ; il ne se r\u00e9voltera pas comme les a\u00efeux sous l&#8217;empire de quelque excitation passag\u00e8re, sous une influence atmosph\u00e9rique en quelque sorte qui \u00e9chauffe les t\u00eates et fait surgir des barricades instantan\u00e9ment. &raquo; <\/p>\n<\/p>\n<p><p>Cela me parait important pour dire que l&rsquo;immigration et le racisme qui va avec n&rsquo;ont rien \u00e0 faire ici et que le Grand Remplacement \u00e9tait jou\u00e9 dans les seventies sous Pompidou-Giscard. Apr\u00e8s on a cr\u00e9\u00e9 un \u00eatre festif et nul (le bobo) nourri au bio et au cinoche de festival &ndash; et aussi et surtout comme partout ailleurs un maniaque du cin\u00e9ma am\u00e9ricain &ndash; non pas de Walsh, Hawks et Wilder, mais des blockbusters et des films-culte. C&rsquo;est un autre sujet.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>J&rsquo;ai choisi une centaines de films ici et comme dit notre correcteur Franz cela fait notice. C&rsquo;est l&rsquo;effet recherch\u00e9. On a oubli\u00e9 de parler de Melville qui dans plusieurs films a fait mouche : dans l&rsquo;Orchestre rouge, il montre la soci\u00e9t\u00e9 froide et glac\u00e9e et technocratique qui sort du gaullisme (une soci\u00e9t\u00e9 structuraliste) ; dans l&rsquo;Arm\u00e9e des ombres il montre le martyrologue de la R\u00e9sistance (la France antichr\u00e9tienne et assez peu r\u00e9sistante adore se cr\u00e9er des religions de substitution) ; et dans Deux hommes dans Manhattan il d\u00e9voile les dessous sexuels des \u00e9lites fran\u00e7aises \u00e0 New York, la laideur de New York by night sans technicolor et la pourriture de cette ONU qui n&rsquo;a pas fini de nous en faire baver. Le tout sans pr\u00e9tentions, sans y toucher, presque techniquement. Pas \u00e9tonnant qu&rsquo;on l&rsquo;ait oubli\u00e9 : de toute mani\u00e8re il n&rsquo;y a plus de nostalgie. Tout est mort et tr\u00e8s enterr\u00e9 &ndash; y compris les nostalgiques. Je peux en parler moi qui ai pleur\u00e9 \u00e0 la mort de Tati (un russe), de Bu&ntilde;uel (un aragonais) ou de Simone Signoret (autre immigr\u00e9e) qui  l&rsquo;a bien dit : la nostalgie n&rsquo;est plus et ne sera plus ce qu&rsquo;elle \u00e9tait. Le Grand Reset a d\u00e9j\u00e0 eu lieu dans tous les cerveaux  et le fronc\u00e9 pouvait se faire remplacer physiquement. Il ne sait plus s&rsquo;il est vivant le fronc\u00e9 entre sa t\u00e9l\u00e9 et sa pharmacop\u00e9e. Ce n&rsquo;est m\u00eame pas vrai d&rsquo;ailleurs : il est plus vieux, engraiss\u00e9 par la dette, et servi par le tiers-monde apr\u00e8s avoir bien v\u00e9cu apr\u00e8s mai 68 ; mais de quoi se plaint-il ?<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Un grand regret, que les films fran\u00e7ais de cette \u00e9poque damn\u00e9e ne soient pas meilleurs &ndash; mais c&rsquo;est que la France est depuis longtemps un pays surfait et brillant qui vit de sa l\u00e9gende et de sa propagande ; Paris aussi est surestim\u00e9 un peu comme Washington, car c&rsquo;est une ville qui a \u00e9t\u00e9 con\u00e7ue par les bonapartistes et les r\u00e9publicains pour impressionner, et \u00e9pater le touriste bourgeois. Le Grand Meaulnes est un film d&rsquo;italien tourn\u00e9 avec un acteur&hellip; ukrainien ; on n&rsquo;a rien fait sur Nerval et son Adrienne essence de la France druidique et m\u00e9di\u00e9vale enfouie ; du coup on a rajout\u00e9 quelques com\u00e9dies musicales \u00e0 notre convenance qui toutes tourn\u00e9es dans les ann\u00e9es cinquante ont montr\u00e9 au b\u00e9otien hexagonal ce que c&rsquo;\u00e9tait Paris avant son impeccable destruction moderniste et industrielle des ann\u00e9es soixante. Comme dit mon ami Paucard dans ses Criminels du b\u00e9ton on n&rsquo;a plus \u00e9crit de chanson \u00e0 la gloire de Paris depuis cette \u00e9poque, alors&hellip;<\/p>\n<\/p>\n<p><p>J&rsquo;ai donc cit\u00e9 peu de films des ann\u00e9es 80 et d&rsquo;apr\u00e8s. Je consid\u00e8re en effet que le mal \u00e9tait fait. On n&rsquo;avait plus que du cr\u00e9tinisme subventionn\u00e9 \u00e0 pourfendre et notre religion \u00e9tait faite avec JJ Annaud : il valait mieux s&rsquo;exporter que s&rsquo;abonner aux Nuits fauves des huns et des autres. Notre film pr\u00e9f\u00e9r\u00e9 \u00e0 Tetyana et moi ce sont les Visiteurs parce que le serf d&rsquo;adapte tout de suite (normal on est dans une soci\u00e9t\u00e9 de services) \u00e0 l&rsquo;affreux monde (banquiers, bowlings et ch\u00e2teau recycl\u00e9 sans oublier la rocade qui traumatise notre g\u00e9nial dentiste surexcit\u00e9) et parce que le noble Hubert qui trouve que tout pue d\u00e9cide de retourner dans son moyen \u00e2ge, laissant nos contemporains \u00e0 leur kolkhoze fleuri, comme dit Audiard (on a fait pire que le kolkhoze ici comme \u00e0 l&rsquo;ouest du Pecos, Michel, allez&hellip;).<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Notre plan pr\u00e9f\u00e9r\u00e9 ? Gabin, de retour \u00e0 Sarcelles ne reconna&icirc;t pas sa ville.<\/p>\n<\/p>\n<p><h3 class=\"subtitleset_c.deepgreen\" style=\"color:#75714d; font-size:1.25em\"><strong>Sources<\/strong><\/h3>\n<\/p>\n<p><p><iframe loading=\"lazy\" title=\"LA DESTRUCTION DE LA FRANCE AU CINEMA\" type=\"text\/html\" width=\"1200\" height=\"550\" frameborder=\"0\" allowfullscreen style=\"max-width:100%\" src=\"https:\/\/lire.amazon.fr\/kp\/card?preview=inline&#038;linkCode=kpd&#038;ref_=k4w_oembed_bCGltYMJh9dLof&#038;asin=B0C9S8NWXX&#038;tag=kpembed-20\"><\/iframe><\/p><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>La destruction de la France au cin\u00e9ma Mon livre commente la destruction &ndash; ou la disparition de la France &ndash; de 1945 aux ann\u00e9es 70. Je consid\u00e8re que si la France est devenue ce que l&rsquo;on sait depuis, elle \u00e9tait d\u00e9j\u00e0 foutue alors &ndash; dans les ann\u00e9es 70. 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