{"id":81125,"date":"2024-06-18T03:50:42","date_gmt":"2024-06-18T03:50:42","guid":{"rendered":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/2024\/06\/18\/risques-nucleaires-et-election-us\/"},"modified":"2024-06-18T03:50:42","modified_gmt":"2024-06-18T03:50:42","slug":"risques-nucleaires-et-election-us","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/2024\/06\/18\/risques-nucleaires-et-election-us\/","title":{"rendered":"Risques nucl\u00e9aires et \u00e9lection US"},"content":{"rendered":"<p><h2 class=\"titleset_b.deepgreen\" style=\"color:#75714d; font-size:1.65em; font-variant:small-caps\"><strong>Risques nucl\u00e9aires et \u00e9lection US<\/strong><\/h2>\n<\/p>\n<blockquote>\n<p><p>&bull; Cela fait bien entendu longtemps que  les \u00e9v\u00e9nements d&rsquo;Ukraine, depuis \u00ab\u00a0la guerre de 2014\u00a0\u00bb (voir notre article du <a href=\"https:\/\/www.dedefensa.org\/article\/la-guerre-est-en-reparation-durgence\">3 mars 2014<\/a>) , <strong>ont introduit en Europe un risque nucl\u00e9aire direct<\/strong>. &bull; Depuis le 24 f\u00e9vrier 2022, ), il est devenu un risque op\u00e9rationnel direct, dont la partie pro-ukrainienne <strong>semble \u00e0 peine se rendre compte et tout juste s&rsquo;inqui\u00e9ter<\/strong>. &bull; Ce risque explique en grande partie la prudence de Poutine. &bull; Il existe aussi <strong>l&rsquo;inconnue colossale du rapport de ce risque avec l&rsquo;\u00e9lection pr\u00e9sidentielle US de novembre<\/strong>. &bull; Ivan Timofe\u00efev, du Club Valda\u00ef, d\u00e9crit le sc\u00e9nario conduisant  ce risque.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>_________________________<\/p>\n<\/p>\n<\/blockquote>\n<p><\/p>\n<p>Ci-dessous, on trouve un texte de Ivan Timofe\u00efev, directeur programmes du club Valda\u00ef (article d&rsquo;abord publi\u00e9 par le Club de discussion Valda\u00ef, traduit et \u00e9dit\u00e9 par <a href=\"https:\/\/francais.rt.com\/opinions\/111659-ivan-timofeiev-russie-otan-derive-conflit-majeur\">l&rsquo;\u00e9quipe RT<\/a>). Une fois de plus est abord\u00e9 la question, ici sc\u00e9naris\u00e9e pr\u00e9cis\u00e9ment, d&rsquo;un affrontement en Ukraine aboutissant \u00e0 l&rsquo;utilisation d&rsquo;une arme nucl\u00e9aire, puis \u00e0 un conflit nucl\u00e9aire mondial et totalement d\u00e9vastateur. Pour certains th\u00e9oriciens et philosophes qui ont r\u00e9fl\u00e9chi au probl\u00e8me pos\u00e9 par une telle perspective, l&rsquo;avenir au-del\u00e0 d&rsquo;un tel conflit montant au niveau strat\u00e9gique global o&ugrave; il n&rsquo;y a pas de gagnant, est tout simplement impensable.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>C&rsquo;est \u00e9videmment ce qui est la marque, le poids principal de la pens\u00e9e de Poutine, alors qu&rsquo;elle semble totalement absente du c\u00f4t\u00e9 oppos\u00e9, comme s&rsquo;il n&rsquo;y avait pas de pens\u00e9e \u00e0 cet \u00e9gard. (Hypoth\u00e8se enrichissante qui m\u00e9rite exploration.)  Les critiques de plus en plus nombreuses qui sont adress\u00e9es \u00e0 Poutine pour sa \u00ab\u00a0faiblesse\u00a0\u00bb omettent en g\u00e9n\u00e9ral de prendre en compte cette double charge. L\u00e0 o&ugrave; elles parlent de \u00ab\u00a0la faiblesse de Poutine\u00a0\u00bb, elle devrait parler du \u00ab\u00a0sens de la responsabilit\u00e9\u00a0\u00bb de Poutine, lequel sens semble totalement absent du c\u00f4t\u00e9 oppos\u00e9 qui ne raisonne que selon une fausse morale, disons une \u00ab\u00a0strat\u00e9gie de la moraline-irresponsable\u00a0\u00bb.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>&bull; D&rsquo;une part, il doit mener une guerre contre l&rsquo;Ukraine qui s&rsquo;av\u00e8re \u00eatre une guerre contre l&rsquo;OTAN ;<\/p>\n<\/p>\n<p><p>&bull; D&rsquo;autre part, il doit mener cette guerre de fa\u00e7on \u00e0 pouvoir l&#8217;emporter au niveau conventionnel, sans utilisation de l&rsquo;arme nucl\u00e9aire tactique pour \u00e9viter tout risque d&rsquo;escalade catastrophique alors que l&rsquo;adversaire semble totalement d\u00e9pourvu du sens d&rsquo;une telle responsabilit\u00e9.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Ivan Timofe\u00efev d\u00e9crit donc cette possibilit\u00e9 selon la formuler classique que nous venons de tr\u00e8s-rapidement d\u00e9finir :<\/p>\n<\/p>\n<blockquote class=\"normal\" style=\"font-size:1.05em\">\n<p><p>&laquo; <em>Il n&rsquo;est pas impossible que le conflit ukrainien puisse finir par conduire \u00e0 une guerre nucl\u00e9aire dans laquelle il n&rsquo;y aura pas de gagnants<\/em>. &raquo;<\/p>\n<\/p>\n<\/blockquote>\n<p><p>En fait, il n&rsquo;existe gu\u00e8re d&rsquo;autres voies, dans l&rsquo;\u00e9tat actuel des esprits et de leurs faiblardes et soumises convictions, qui ne porte pas un tel risque dans une tr\u00e8s forte proportion, que les deux suivantes que nous voudrions \u00e9voquer :<\/p>\n<\/p>\n<p><p>&bull; La premi\u00e8re, qui vient <a href=\"https:\/\/www.dedefensa.org\/article\/le-meilleur-du-pire-est-toujours-bon-a-prendre\">de s&rsquo;ouvrir<\/a> d&rsquo;une fa\u00e7on \u00e9ventuellement inattendue, \u00e0 la conf\u00e9rence en Suisse, selon l&rsquo;id\u00e9e qu&rsquo;exprime Andrew Korybko. Cette id\u00e9e est dans la  possibilit\u00e9 qu&rsquo;une tierce puissance (Korybko cite l&rsquo;Inde) se retrouve charg\u00e9e d&rsquo;une mission de compromis, \u00e9ventuellement dans la logique d&rsquo;une formule qui serait mise au point par l&rsquo;initiative que la Chine et le Br\u00e9sil pr\u00e9parent pour le prochain G20 de novembre. Cet ensemble de \u00ab\u00a0possibles\u00a0\u00bb se conjuguant implique des puissances  qui ne sont pas aveugl\u00e9es par la puissance pour la Russie mais qui ont de bonnes relations avec elles et qui sont d&rsquo;une importance globale qui ne peut \u00eatre ignor\u00e9e par les pays am\u00e9ricanistes-occidentalistes. Dans tous les cas, cette possibilit\u00e9 est largement dans l&rsquo;esprit de Poutine et explique la prudence et la retenue que certains jugent \u00eatre une faiblesse extr\u00eame de sa strat\u00e9gie.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>&bull; La seconde est plus complexe, mais beaucoup plus radicale. D&rsquo;une fa\u00e7on assez paradoxale, ou \u00e9trange, &ndash; ou tactique, avec la crainte de compromettre Trump, &ndash; la position de Poutine, plusieurs fois r\u00e9p\u00e9t\u00e9e, est que l&rsquo;\u00e9lection pr\u00e9sidentielle aux USA ne changera rien \u00e0 la position am\u00e9ricaniste. Or, deux des trois candidats principaux ont une position tranch\u00e9e sur les questions de s\u00e9curit\u00e9 nationale, dont la guerre en Ukraine fait aujourd&rsquo;hui compl\u00e8tement et activement (et pol\u00e9miquement)  partie. Trump ne cesse de d\u00e9noncer la menace d&rsquo;une Troisi\u00e8me Guerre mondiale, notamment pour les &Eacute;tats-Unis, qu&rsquo;avec lui cette menace n&rsquo;existerait pas puisqu&rsquo;on n&rsquo;aurait pas eu de guerre en Ukraine, et qu&rsquo;il r\u00e9glera la question de cette guerre gr\u00e2ce \u00e0 ses bonnes relations avec Poutine d\u00e8s son \u00e9lection. Robert Kennedy, lui, attaque directement le complexe militaro-industriel en affirmant qu&rsquo;il r\u00e9duira le budget du Pentagone de 50% s&rsquo;il est \u00e9lu, ce qui le met n\u00e9cessairement dans le camp des adversaires de cette guerre.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>On se trouve ainsi devant une situation hypoth\u00e9tique (si Trump est \u00e9lu), si le conflit ukrainien est devenu paroxystique et prend des allures de devenir un conflit nucl\u00e9aire, o&ugrave; les deux hommes seraient pouss\u00e9s \u00e0 chercher un arrangement (par exemple un poste temporaire du plus haut niveau strat\u00e9gique offert \u00e0 Kennedy par le nouveau pr\u00e9sident-\u00e9lu), ne serait-ce que temporaire pour coaliser leurs \u00e9lectorat selon une dynamique antiguerre imm\u00e9diatement op\u00e9rationnelle. Mais comment faire puisque leur pouvoir ne devient effectif que le 20 janvier 2025 ? La crise ext\u00e9rieure devient une crise institutionnelle dans des USA au bord d&rsquo;une explosion majeure, tandis que toutes les forces du <em>DeepState <\/em>se trouveront en plein d\u00e9cha&icirc;nement contre les deux candidats pendant la p\u00e9riode interm\u00e9diaire novembre-janvier, avec des risques \u00e9normes d&rsquo;attentats, de troubles civils, etc.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>&bull; La question devient donc extr\u00eamement pressante et \u00e9nigmatique. Que se passera-t-il d&rsquo;ici le mois de novembre par rapport aux risques d&rsquo;approcher une aggravation tr\u00e8s risqu\u00e9e de la guerre ? Que se passera-t-il si l&rsquo;on se trouve \u00e0 un tournant de la guerre lors de l&rsquo;\u00e9lection et que cette \u00e9lection soit gagn\u00e9e par Trump et aboutisse \u00e0 une alliance temporaire avec Kennedy sur l&rsquo;urgence de la crise  ?<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Dans tous les cas, il nous para&icirc;t extr\u00eamement impossible, sinon impensable, qu&rsquo;un lien direct et explosif ne s&rsquo;\u00e9tablisse pas entre la guerre en Ukraine d&rsquo;une part, l&rsquo;\u00e9lection aux USA elle-m\u00eame et la dynamique nouvelle que cr\u00e9erait une victoire de Trump avec l&rsquo;impossibilit\u00e9 d&rsquo;une indiff\u00e9rence de Robert Kennedy \u00e0 la situation d&rsquo;urgence ainsi cr\u00e9\u00e9e.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Ainsi se trouve concr\u00e9tis\u00e9, au travers du terrible risque d&rsquo;escalade que Timofe\u00efev nous expose, le lien entre la guerre en Ukraine et la politique int\u00e9rieure des USA, &ndash; nous disons bien \u00ab\u00a0int\u00e9rieure\u00a0\u00bb, impliquant la situation  structurelle des USA, &ndash;dont nous avons toujours dit notre conviction qu&rsquo;il \u00e9tait \u00e0 la fois tr\u00e8s puissant et tr\u00e8s in\u00e9dit.<\/p>\n<\/p>\n<p><h4><em>dedefensa.org<\/em><\/h4>\n<\/p>\n<p><p>_________________________<\/p>\n<\/p>\n<\/p>\n<p><h2 class=\"titleset_b.deepgreen\" style=\"color:#75714d; font-size:1.65em; font-variant:small-caps\"><strong>A la d\u00e9rive vers un conflit majeur<\/strong><\/h2>\n<\/p>\n<p><p>Se peut-il que les forces de l&rsquo;OTAN se retrouvent directement impliqu\u00e9es dans le conflit militaire entre la Russie et l&rsquo;Ukraine ? Jusqu&rsquo;\u00e0 r\u00e9cemment, une telle question semblait tr\u00e8s hypoth\u00e9tique, compte tenu des risques \u00e9lev\u00e9s d&rsquo;escalade de la confrontation militaire entre le bloc dirig\u00e9 par les &Eacute;tats-Unis et la Russie vers un conflit arm\u00e9 \u00e0 grande \u00e9chelle. Mais ce sc\u00e9nario doit maintenant \u00eatre pris au s\u00e9rieux.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>La participation directe de certains pays de l&rsquo;OTAN ou de l&rsquo;ensemble du bloc aux hostilit\u00e9s pourrait progressivement \u00e9chapper \u00e0 tout contr\u00f4le. Franchir la ligne rouge peut conduire \u00e0 penser que la participation \u00e0 cette guerre n&rsquo;aura aucune cons\u00e9quence. Le r\u00e9sultat de telles man&oelig;uvres peut se manifester \u00e0 un moment inattendu et entra&icirc;ner une situation beaucoup plus dangereuse que celle d&rsquo;aujourd&rsquo;hui.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>&Agrave; proprement parler, les pays de l&rsquo;OTAN sont impliqu\u00e9s depuis longtemps dans le conflit. Cela rev\u00eat plusieurs formes.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Premi\u00e8rement, les pays occidentaux fournissent \u00e0 Kiev une aide financi\u00e8re et militaire substantielle, notamment des syst\u00e8mes d&rsquo;armes de plus en plus sophistiqu\u00e9s et destructeurs. Comme les stocks d&rsquo;armes de type sovi\u00e9tique dans les arsenaux des anciens alli\u00e9s de l&rsquo;URSS au sein de l&rsquo;Organisation du pacte de Varsovie ont \u00e9t\u00e9 \u00e9puis\u00e9s, l&rsquo;arm\u00e9e ukrainienne re\u00e7oit davantage de syst\u00e8mes et de munitions occidentaux. Jusqu&rsquo;\u00e0 pr\u00e9sent, les livraisons de masse ont \u00e9t\u00e9 limit\u00e9es par les capacit\u00e9s de production de l&rsquo;industrie de d\u00e9fense occidentale et par la taille des stocks existants. Mais si les hostilit\u00e9s tra&icirc;nent en longueur, la capacit\u00e9 industrielle pourrait augmenter. L&rsquo;augmentation des approvisionnements est \u00e9galement in\u00e9vitable en cas de tr\u00eave, ce qui permettrait \u00e0 l&rsquo;Ukraine de se pr\u00e9parer \u00e0 une nouvelle phase des hostilit\u00e9s. La Russie ne peut gu\u00e8re compter sur un manque de volont\u00e9 politique et de ressources en Occident pour accro&icirc;tre le soutien \u00e0 Kiev. Moscou para&icirc;t se pr\u00e9parer au pire des sc\u00e9narios, \u00e0 savoir une augmentation constante de l&rsquo;aide militaire substantielle sur le long terme \u00e0 l&rsquo;Ukraine. Outre la fourniture d&rsquo;armes et de munitions, cette assistance comprend la formation de personnel, l&rsquo;aide au d\u00e9veloppement de l&rsquo;industrie et des infrastructures militaires, ainsi que le remboursement des d\u00e9penses dans d&rsquo;autres domaines qui permettent \u00e0 l&rsquo;Ukraine de concentrer ses ressources sur le secteur de la d\u00e9fense.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Deuxi\u00e8mement, l&rsquo;Ukraine jouit d&rsquo;un large soutien occidental sous forme de renseignements, y compris des donn\u00e9es techniques provenant de satellites, de radars, d&rsquo;avions de reconnaissance, etc. Les informations re\u00e7ues permettent de mener un large \u00e9ventail d&rsquo;op\u00e9rations, de la d\u00e9limitation du th\u00e9\u00e2tre d&rsquo;op\u00e9rations \u00e0 l&rsquo;identification de cibles sp\u00e9cifiques. Les fournisseurs de donn\u00e9es peuvent \u00eatre s\u00e9lectifs pour en octroyer l&rsquo;acc\u00e8s \u00e0 la partie ukrainienne. Mais leur utilisation dans des op\u00e9rations militaires contre la Russie ne fait aucun doute.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Troisi\u00e8mement, des sp\u00e9cialistes militaires citoyens de pays de l&rsquo;OTAN prennent part aux op\u00e9rations militaires. Leur r\u00f4le n&rsquo;est pas toujours officiel. Il peut s&rsquo;agir de volontaires ou simplement de mercenaires sur la participation desquels les autorit\u00e9s de leurs pays ferment les yeux. Selon les estimations de la Russie, leur nombre \u00e9tait d&rsquo;environ 2 000 en octobre 2023. Que cela soit exact ou non, il est clair que des \u00e9trangers se battent du c\u00f4t\u00e9 de l&rsquo;Ukraine, que leur participation est syst\u00e9matique et non fortuite, et qu&rsquo;au moins certains d&rsquo;entre eux sont des citoyens de pays occidentaux.<\/p>\n<\/p>\n<p><h3 class=\"subtitleset_c.deepgreen\" style=\"color:#75714d; font-size:1.25em\"><strong>Escalade : les risques d&rsquo;un d\u00e9ploiement occidental en Ukraine<\/strong><\/h3>\n<\/p>\n<p><p>Leur participation n&rsquo;a pas encore cr\u00e9\u00e9 de risque excessif d&rsquo;affrontement militaire direct entre la Russie et l&rsquo;OTAN. Pour les partenaires occidentaux de Kiev, la lenteur dans l&rsquo;\u00e9volution du conflit permet d&rsquo;am\u00e9liorer progressivement la qualit\u00e9 du soutien \u00e0 l&rsquo;Ukraine. Les livraisons de missiles de croisi\u00e8re sont devenues monnaie courante depuis longtemps. L&rsquo;arriv\u00e9e des avions de combat am\u00e9ricains n&rsquo;est qu&rsquo;une question de temps. L&rsquo;arm\u00e9e russe passe \u00e0 la broyeuse le mat\u00e9riel occidental au fur et \u00e0 mesure qu&rsquo;il arrive. Mais les approvisionnements \u00e9trangers en Ukraine n\u00e9cessitent \u00e9galement une concentration des ressources du c\u00f4t\u00e9 russe.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Un facteur d&rsquo;escalade important qui amplifierait le risque d&rsquo;un affrontement direct entre la Russie et l&rsquo;OTAN pourrait \u00eatre l&rsquo;apparition de contingents militaires des membres du bloc sur le territoire de l&rsquo;Ukraine. La perspective d&rsquo;un tel sc\u00e9nario a d\u00e9j\u00e0 \u00e9t\u00e9 \u00e9voqu\u00e9e par certains responsables occidentaux, bien que leur vision n&rsquo;ait pas \u00e9t\u00e9 soutenue par les &Eacute;tats-Unis et ne constitue pas une position officielle de l&rsquo;OTAN. Un certain nombre de dirigeants du bloc ont pris leurs distances avec l&rsquo;id\u00e9e d&rsquo;envoyer des troupes en Ukraine.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Qu&rsquo;est-ce qui pourrait d\u00e9clencher une telle d\u00e9cision et comment pourrait-elle \u00eatre mise en &oelig;uvre ? Le facteur le plus probable d&rsquo;une intervention directe de certains &Eacute;tats ou de l&rsquo;OTAN dans son ensemble serait un \u00e9ventuel succ\u00e8s militaire majeur de l&rsquo;arm\u00e9e russe. Jusqu&rsquo;\u00e0 pr\u00e9sent, la situation sur le front reste relativement stable. Mais l&rsquo;arm\u00e9e de Moscou a d\u00e9j\u00e0 remport\u00e9 d&rsquo;importantes victoires locales, accru la pression, pris l&rsquo;initiative, \u00e9largi le front offensif et peut-\u00eatre accumul\u00e9 des r\u00e9serves pour des actions plus d\u00e9cisives.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Il n&rsquo;y a aucun signe de reprise de la contre-offensive ukrainienne de l&rsquo;ann\u00e9e derni\u00e8re. Kiev serait \u00e0 court de munitions, bien qu&rsquo;\u00e0 l&rsquo;avenir, ce d\u00e9ficit puisse \u00eatre combl\u00e9 par des fournitures ext\u00e9rieures. Des attaques p\u00e9riodiques sur le territoire russe avec des missiles de croisi\u00e8re, des drones et de l&rsquo;artillerie causent des d\u00e9g\u00e2ts et des victimes, mais ne perturbent pas la stabilit\u00e9 du front.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>De plus, de telles frappes renforcent la d\u00e9termination de la Russie \u00e0 cr\u00e9er des zones tampons, c&rsquo;est-\u00e0-dire des territoires depuis lesquels Kiev ne pourra pas attaquer des cibles dans les r\u00e9gions russes.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Un \u00e9ventuel effondrement de certains secteurs du front ukrainien et des avanc\u00e9es territoriales importantes des forces russes vers l&rsquo;ouest deviennent un sc\u00e9nario de plus en plus r\u00e9aliste.<\/p>\n<\/p>\n<p><h3 class=\"subtitleset_c.deepgreen\" style=\"color:#75714d; font-size:1.25em\"><strong>Des hypoth\u00e8ses improbables \u00e0 la r\u00e9alit\u00e9<\/strong><\/h3>\n<\/p>\n<p><p>Le fait qu&rsquo;aucune avanc\u00e9e ni perc\u00e9e profonde n&rsquo;ait eu lieu depuis un certain temps ne signifie pas que cela ne sera pas possible \u00e0 l&rsquo;avenir. Au contraire, cette probabilit\u00e9 augmente en raison de l&rsquo;exp\u00e9rience au combat de l&rsquo;arm\u00e9e, des fournitures du complexe militaro-industriel au front, des pertes du c\u00f4t\u00e9 ukrainien, des retards dans la livraison du mat\u00e9riel occidental, etc.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>La capacit\u00e9 de l&rsquo;arm\u00e9e russe \u00e0 r\u00e9aliser de telles avanc\u00e9es et perc\u00e9es augmente \u00e9galement. Un sc\u00e9nario catastrophique pour des groupes ukrainiens isol\u00e9s n&rsquo;est pas in\u00e9vitable, mais il est probable. Une perc\u00e9e majeure de l&rsquo;arm\u00e9e russe vers Kharkov, Odessa ou une autre grande ville pourrait devenir un d\u00e9clencheur s\u00e9rieux pour les pays de l&rsquo;OTAN vers une solution pratique de la question de l&rsquo;intervention dans le conflit. Plusieurs perc\u00e9es de ce type, simultan\u00e9es ou cons\u00e9cutives, soul\u00e8veront immanquablement la question.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Ici, chaque pays et le bloc dans son ensemble se heurtent \u00e0 une bifurcation strat\u00e9gique. La premi\u00e8re option est de ne pas intervenir et de soutenir l&rsquo;Ukraine uniquement avec du mat\u00e9riel militaire, de l&rsquo;argent et des &laquo; volontaires &raquo;. Peut-\u00eatre d&rsquo;admettre la d\u00e9faite et de tenter de minimiser les d\u00e9g\u00e2ts par des n\u00e9gociations, \u00e9vitant ainsi une catastrophe encore plus grande. La deuxi\u00e8me option consiste \u00e0 changer radicalement la vision de l&rsquo;implication dans le conflit et \u00e0 permettre une intervention directe.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>L&rsquo;intervention peut prendre plusieurs formes. Elle peut inclure l&rsquo;utilisation d&rsquo;infrastructures, notamment des a\u00e9rodromes des pays de l&rsquo;OTAN. Cela pourrait signifier le d\u00e9ploiement massif de certains d\u00e9tachements de liaison et d&rsquo;ing\u00e9nierie et de syst\u00e8mes de d\u00e9fense antia\u00e9rienne, tout en \u00e9vitant leur pr\u00e9sence sur la ligne de front. Un sc\u00e9nario plus radical consisterait \u00e0 d\u00e9ployer un contingent issu de certains pays de l&rsquo;OTAN \u00e0 la fronti\u00e8re entre l&rsquo;Ukraine et la Bi\u00e9lorussie. Enfin, une option encore plus radicale serait le d\u00e9ploiement de contingents militaires des pays de l&rsquo;OTAN sur la ligne de front, un seuil qui serait sans doute cat\u00e9goriquement inacceptable pour le bloc.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Chacun de ces sc\u00e9narios implique un affrontement direct entre les forces russes et celles de l&rsquo;OTAN. Une telle situation poserait in\u00e9vitablement la question d&rsquo;une implication plus profonde des blocs et, \u00e0 plus long terme, d&rsquo;un transfert du conflit militaire vers d&rsquo;autres zones de contact avec la Russie, notamment la r\u00e9gion baltique. &Agrave; ce stade, il sera encore plus difficile d&rsquo;arr\u00eater l&rsquo;escalade. Plus les pertes seront importantes pour les deux parties, plus le tourbillon des hostilit\u00e9s augmentera et plus elles se rapprocheront du seuil d&rsquo;utilisation des armes nucl\u00e9aires. Et alors il n&rsquo;y aura plus de vainqueurs.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Tout cela ne sont que des options hypoth\u00e9tiques. Mais elles doivent \u00eatre examin\u00e9s maintenant. Apr\u00e8s tout, il n&rsquo;y a pas si longtemps, des livraisons militaires aussi importantes \u00e0 l&rsquo;Ukraine semblaient improbables, tout comme le conflit lui-m\u00eame il y a trois ans. Aujourd&rsquo;hui, c&rsquo;est une r\u00e9alit\u00e9 quotidienne. L&rsquo;\u00e9volution vers une guerre \u00e0 grande \u00e9chelle entre la Russie et l&rsquo;OTAN doit \u00eatre prise au s\u00e9rieux.<\/p>\n<\/p>\n<p><h4>Ivan Timofe\u00efev<\/h4><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Risques nucl\u00e9aires et \u00e9lection US &bull; Cela fait bien entendu longtemps que les \u00e9v\u00e9nements d&rsquo;Ukraine, depuis \u00ab\u00a0la guerre de 2014\u00a0\u00bb (voir notre article du 3 mars 2014) , ont introduit en Europe un risque nucl\u00e9aire direct. &bull; Depuis le 24 f\u00e9vrier 2022, ), il est devenu un risque op\u00e9rationnel direct, dont la partie pro-ukrainienne semble&hellip;&nbsp;<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"","ping_status":"","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"neve_meta_sidebar":"","neve_meta_container":"","neve_meta_enable_content_width":"","neve_meta_content_width":0,"neve_meta_title_alignment":"","neve_meta_author_avatar":"","neve_post_elements_order":"","neve_meta_disable_header":"","neve_meta_disable_footer":"","neve_meta_disable_title":"","_jetpack_memberships_contains_paid_content":false,"footnotes":""},"categories":[14],"tags":[2645,13930,1356,3004,4134,3068,13931,2639,13932],"class_list":["post-81125","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-ouverture-libre","tag-guerre","tag-ivan","tag-kennedy","tag-nucleaire","tag-presidentielle","tag-strategique","tag-timofeiev","tag-trump","tag-usa-2024"],"jetpack_featured_media_url":"","jetpack_sharing_enabled":true,"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/81125","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=81125"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/81125\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=81125"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=81125"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=81125"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}