{"id":81193,"date":"2024-08-05T05:27:03","date_gmt":"2024-08-05T05:27:03","guid":{"rendered":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/2024\/08\/05\/la-culture-comme-arme-de-destruction-massive\/"},"modified":"2024-08-05T05:27:03","modified_gmt":"2024-08-05T05:27:03","slug":"la-culture-comme-arme-de-destruction-massive","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/2024\/08\/05\/la-culture-comme-arme-de-destruction-massive\/","title":{"rendered":"La culture comme arme de destruction massive"},"content":{"rendered":"<p><h2 class=\"titleset_b.deepgreen\" style=\"color:#75714d; font-size:1.65em; font-variant:small-caps\"><strong>La culture comme arme de destruction massive<\/strong><\/h2>\n<\/p>\n<p><p>La c\u00e9r\u00e9monie d&rsquo;ouverture des JO a rappel\u00e9 au monde  \u00e0 quel point la culture en occident (et surtout en France o&ugrave; elle est \u00e9tatis\u00e9e) est un conditionnant et un produit toxique. Douguine a justement rappel\u00e9 que l&rsquo;occident c&rsquo;est le diable. Son instrument c&rsquo;est la culture, depuis des si\u00e8cles.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Cet essai se veut un rappel pour certains, une piste \u00e0 suivre pour d&rsquo;autres. Mais \u00e0 l&rsquo;heure o&ugrave; l&rsquo;\u00e9lecteur-t\u00e9l\u00e9spectateur est conditionn\u00e9 comme jamais, il nous semble important de rappeler comment nous en sommes arriv\u00e9s l\u00e0.<\/p>\n<\/p>\n<p><p> Sun Ts\u00e9  \u00e9crit : <\/p>\n<\/p>\n<blockquote class=\"normal\" style=\"font-size:1.05em\">\n<p><p>&laquo; Un habile g\u00e9n\u00e9ral ne se trouve jamais r\u00e9duit \u00e0 de telles extr\u00e9mit\u00e9s : sans donner de batailles, il sait soumettre l&rsquo;ennemi ; sans r\u00e9pandre une goutte de sang, sans tirer l&rsquo;\u00e9p\u00e9e, il fait tomber les villes ; sans franchir la fronti\u00e8re, il conquiert les royaumes&hellip; &raquo;<\/p>\n<\/p>\n<\/blockquote>\n<p><p>Alexandre Soljenitsyne avait fini par reconna&icirc;tre qu&rsquo;en Union Sovi\u00e9tique &laquo; on donnait une culture classique au peuple &raquo;. Et en occident ? Ne lui donne-t-on pas au contraire une inculture classique, au peuple ou \u00e0 la pl\u00e8be qui le remplace ?<\/p>\n<\/p>\n<p><p>La culture de masse est n\u00e9e dans les ann\u00e9es 1920 aux USA. Elle se fait maintenant \u00e0 coup de cin\u00e9ma pu\u00e9ril en 3D, de livres d&rsquo;\u00e9sot\u00e9risme d\u00e9ments, de jeux vid\u00e9o sadiques, de soap op\u00e9ras pour sourdes-muettes, de drugstores bourr\u00e9s de sucreries et de best-sellers s\u00e9lectionn\u00e9s par le NYT et tous ses relais. Comme disait Adorno :<\/p>\n<\/p>\n<blockquote class=\"normal\" style=\"font-size:1.05em\">\n<p><p>&laquo; La r\u00e9p\u00e9titivit\u00e9, la redondance et l&rsquo;ubiquit\u00e9 qui caract\u00e9risent la culture de masse moderne tendent \u00e0 automatiser les r\u00e9actions et \u00e0 affaiblir les forces de r\u00e9sistance de l&rsquo;individu. &raquo;<\/p>\n<\/p>\n<\/blockquote>\n<p><p>La culture contemporaine post\u00e9rieure \u00e0 la Premi\u00e8re Guerre Mondiale a toujours r\u00e9pugn\u00e9 \u00e0 une \u00e9lite intellectuelle sous sa forme \u00e9litiste ou massifi\u00e9e. Voyez C\u00e9line ou Hermann Hesse&hellip; La culture dans laquelle nous vivons, et qui a tourn\u00e9 le dos \u00e0 notre patrimoine, qu&rsquo;il s&rsquo;agisse de Lady Gaga, du bouquin Millenium, du jazz, du rap, de &laquo; la peinture contemporaine &raquo; ou du film Avatar, n&rsquo;est pas fortuite, elle n&rsquo;est pas le fruit des go&ucirc;ts du public et du g\u00e9nie na\u00eff de ses initiateurs. Cette culture, remarquait le comte Tolsto\u00ef vers 1900, n&rsquo;est plus chr\u00e9tienne, n&rsquo;est plus enracin\u00e9e dans l&rsquo;histoire d&rsquo;un peuple ou dans un sol ; elle est li\u00e9e au conditionnement de masse, elle est abstraite et massifi\u00e9e, elle a des buts abscons et des objectifs pr\u00e9cis, mondialis\u00e9s, qu&rsquo;on peut aussi retracer \u00e0 travers l&rsquo;histoire de &laquo; l&rsquo;alitt\u00e9rature contemporaine &raquo; ou du cin\u00e9ma postclassique. La musique moderne doit rendre fou, disait Adorno. La pollution sonore sert \u00e0 d\u00e9truire la personnalit\u00e9 humaine. Cela s&rsquo;est du reste toujours su : Plutarque \u00e9voque le terrorisme sonore des Parthes avant la bataille, dans sa vie de Crassus.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>On sait que le jazz a \u00e9t\u00e9 fabriqu\u00e9 \u00e0 l&rsquo;\u00e9poque de Gershwin et il a sciemment remplac\u00e9 les negro spirituals traduits par la grande Marguerite Yourcenar. Il a contribu\u00e9 \u00e0 la d\u00e9christianisation des noirs am\u00e9ricains, chose visible aussi dans le biopic de Taylor Hackford sur Ray Charles. Ces noirs US ont \u00e9t\u00e9 rendus amers et d\u00e9pendants par le syst\u00e8me dans les ann\u00e9es 60, et je me souviens qu&rsquo;Alain Dani\u00e9lou, musicologue de l&rsquo;UNESCO, l&rsquo;observait dans ses m\u00e9moires. Quant aux rappeurs, ils ont accompagn\u00e9 le million de jeunes noirs am\u00e9ricains tu\u00e9s en trente ans pour quelques trottoirs de drogue&hellip; A chacun ses vices : le cin\u00e9ma classique hollywoodien lui-m\u00eame devient p\u00e9nible pour qui observe que tout le temps on voit des personnages fumer des Marlboro (dans chaque sc\u00e8ne parfois, pour John Wayne ou Errol Flynn) ou absorber le whisky Seagram des Bronfman, les financiers de l&rsquo;ADL&hellip;<\/p>\n<\/p>\n<p><p>On sait que cette culture a \u00e9t\u00e9 lanc\u00e9e pour contr\u00f4ler les activit\u00e9s de la jeunesse politis\u00e9e. Le marxisme-l\u00e9ninisme a \u00e9t\u00e9 court-circuit\u00e9 de cette mani\u00e8re par la CIA qui promotionnait des agents d&rsquo;influence, des artistes comme Pollock et Kooning. Le film Daddy Long-Legs (1957) d\u00e9crit le conditionnement psychique d&rsquo;une jeune orpheline fran\u00e7aise et sa possession physique et psychique par son m\u00e9c\u00e8ne amateur d&rsquo;art moderne Fred Astaire, clone ici des Rockefeller (tout le cin\u00e9ma de Fred Astaire fut li\u00e9 au soft power US). Dans un texte passionnant Manfred Holler rappelle que la CIA est dirig\u00e9e par les familles Illuminati et richissimes de Wall Street qui orientent l&rsquo;humanit\u00e9 vers leurs go&ucirc;ts modernes ou d\u00e9jant\u00e9s (Tolsto\u00ef fait ce m\u00eame reproche aux \u00e9lites russes de son temps). Pensez \u00e0 Pinault reprochant au grand public de n&rsquo;\u00eatre jamais assez \u00e9duqu\u00e9 pour comprendre le g\u00e9nie de sa collection de Rothko !<\/p>\n<\/p>\n<p><p>On sait depuis eux aussi que l&rsquo;intronisation des drogues et de la contre-culture correspondait \u00e0 un projet policier et politique : on peut citer les projets MK-Ultra, Cointelpro, Artichoke dont Hollywood s&rsquo;inspira peu et mal \u00e0 une \u00e9poque plus rebelle. Ken Kesey, l&rsquo;auteur du Vol au-dessus d&rsquo;un nid de coucous, essayait les drogues pour les programmes de contr\u00f4le mental. Le message libertarien de ce film antisyst\u00e8me dissimulait comme d&rsquo;habitude un agenda plus sinistre et perturbant que pr\u00e9vu. Les univers parall\u00e8les ont \u00e9t\u00e9 plus faciles \u00e0 contr\u00f4ler que les partis politiques \u00e0 noyauter. Tu veux fuir ce monde ? On va t&rsquo;aider et m\u00eame te guider&hellip; c&rsquo;est l&rsquo;arc-en-ciel du magicien d&rsquo;Oz (pauvre destin de Judy Garland) que l&rsquo;on retrouve apr\u00e8s dans le testament de Kubrick Eyes Wide Shut.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Quant \u00e0 la r\u00e9volution sexuelle, elle \u00e9tait per\u00e7ue comme un rem\u00e8de \u00e0 l&rsquo;esprit contestataire par les tyrans antiques. La Bo\u00e9tie parle des tavernes et des bordels pour travailler le contr\u00f4le de la population de Lydie, qui a donn\u00e9 le mot de ludique. A notre \u00e9poque ce contr\u00f4le social a d\u00e9bouch\u00e9 sur une pornographie de masse accessible \u00e0 tous sur le r\u00e9seau mais aussi sur les meutes hargneuses du politiquement correct. Mais le sexe n&rsquo;est pas la seule arme de destruction massive du monde actuel. L&rsquo;&oelig;il du voyeur fusionne avec celui du d\u00e9lateur. Le corps du petit monstre des t\u00e9l\u00e9tubbies, \u00e9mission embl\u00e9matique charg\u00e9 de conditionner les&hellip;b\u00e9b\u00e9s (mondialisme, h\u00e9liotropisme, sociabilit\u00e9 de bonobo, animalisation, consum\u00e9risme) est d\u00e9j\u00e0 orn\u00e9 d&rsquo;un \u00e9norme \u00e9cran blanc. L&rsquo;enfant est un hardware qui marche et qu&rsquo;on programme jusqu&rsquo;\u00e0 l&rsquo;\u00e2ge adulte. Si vous lui demandez plus tard un dessin, il vous dessinera tous les canons lasers du monde destructeur de ses jeux vid\u00e9o.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Dans le m\u00eame esprit bien s&ucirc;r, toute la culture &laquo; sexe drogue et rock&rsquo;n&rsquo;roll &raquo; de la g\u00e9n\u00e9ration du Baby-Boom a eu un seul but : abrutir la jeunesse et pour plusieurs g\u00e9n\u00e9rations, r\u00e9pandre le consum\u00e9risme, l&rsquo;h\u00e9donisme et le nihilisme, d\u00e9tourner et canaliser ainsi toutes ses \u00e9nergies : il faut se transformer en canal, en Ipod (cosse de l&rsquo;oignon, en anglais), en tube (you&hellip;tube ?). Cette possession &ndash; ou connexion &ndash; induit bien s&ucirc;r la r\u00e9f\u00e9rence au satanisme, qui a \u00e9t\u00e9 \u00e9vidente dans la musique heavy metal puis dans la litt\u00e9rature pour enfants (Harry Potter, War Craft, et tout le reste) et la culture pop contemporaine via des bourriques comme Rihanna, Gaga ou Beyonce qu&rsquo;un &oelig;il expert comme celui de Daniel Estulin invite \u00e0 voir d&rsquo;un autre &oelig;il avec leur symbolisme ma\u00e7on Illuminati.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Dans son beau discours de Harvard, Soljenitsyne parle des &laquo; musiques insupportables &raquo; qui nous envahissent et nous ab\u00eatissent de tous c\u00f4t\u00e9s. L&rsquo;auteur du Petit Prince Antoine de Saint-Exup\u00e9ry s&rsquo;\u00e9tait fait insulter pour avoir \u00e9crit que l&rsquo;on pouvait \u00e9couter du Mozart \u00e0 l&rsquo;usine&hellip; mais en Union Sovi\u00e9tique. Ce n&rsquo;est pas un hasard d&rsquo;ailleurs si dans les films hollywoodiens les nazis et les tortionnaires sont pr\u00e9sent\u00e9s comme des hommes cultiv\u00e9s (cf. Hannibal, Shutter Island). Pour \u00eatre bien int\u00e9gr\u00e9 il faut \u00eatre cr\u00e9tin. Le cin\u00e9ma intelligent et artistique \u00e9tait d&rsquo;ailleurs depuis longtemps r\u00e9serv\u00e9 aux ma&icirc;tres russes comme Tarkovsky, Paradjanov ou Sokurov ! Et la critique a fait apr\u00e8s la guerre, de Bogart et son chapeau, notre Ulysse.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Le d\u00e9sarmement moral de la culture de masse am\u00e9ricaine est all\u00e9 de pair avec les d\u00e9localisations et la d\u00e9sindustrialisation forc\u00e9e. On a ainsi liquid\u00e9 avec les syndicats les risques de mobilisation populaire et on a dispers\u00e9 tout le monde avec l&rsquo;automobile (Mumford). Mais le grand outil de l&rsquo;arme silencieuse est rest\u00e9 la t\u00e9l\u00e9vision, avec sa propagande et ses pseudo-\u00e9v\u00e9nements d\u00e9crits par Boorstyn. Comme le cin\u00e9ma, mais en permanence, la t\u00e9l\u00e9vision fournit un mod\u00e8le mim\u00e9tique. Il faut cr\u00e9er le troupeau d&rsquo;animaux bien dociles, comme disait C\u00e9line. L&rsquo;offensive fut men\u00e9e par la publicit\u00e9, issue de la propagande de guerre d&rsquo;Edouard Bernays, puis par l&rsquo;\u00e9cole de Francfort et par exemple sa chasse syst\u00e9matique \u00e0 la figure autoritaire. On a ainsi promu comme l&rsquo;\u00e9crit Adorno la figure de l&rsquo;homosexuel, on a cr\u00e9tinis\u00e9 le p\u00e8re de famille, on a transform\u00e9 la femme en mod\u00e8le Bovary de s\u00e9rie, \u00e9ternellement endett\u00e9e, enamour\u00e9e et divorc\u00e9e, on a cr\u00e9\u00e9 l&rsquo;ado rebelle (conforme) insatisfait et demeur\u00e9 avec sa casquette retourn\u00e9e ; revoyez l&rsquo;\u00e9quip\u00e9e sauvage de Brando qui remplace d\u00e8s 1953, avec le suicidaire James Dean, les h\u00e9ros traditionnels comme John Wayne et James Stewart. On a d\u00e9truit la famille puis l&rsquo;id\u00e9e de nation, jug\u00e9e fascisante par les banquiers, et enfin celle de civilisation. On ne parlera pas de la race ou du sexe puisqu&rsquo;ils n&rsquo;ont (heureusement) jamais exist\u00e9&hellip;<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Pour liquider la contestation de type communiste, il fallait inciter \u00e0 une perte de temps et \u00e0 un d\u00e9sordre mental. Lucien Cerise rappelle que l&rsquo;on a cr\u00e9\u00e9 le mod\u00e8le du jeune voyageur qui veut d\u00e9couvrir le monde, ses plages, ses drogues, ses bi\u00e8res et toutes ses excursions sexuelles ! Pensez \u00e0 Kerouac, \u00e0 la g\u00e9n\u00e9ration tr\u00e8s cr\u00e9tine du routard qui gesticulait pour rien (revoir dans cet esprit la balade inepte des deux motards junkies d&rsquo;Easy rider). Cette bougeotte sans but (Di Caprio toujours, dans The Beach) ne vaut pas mieux que la geste clownesque du touriste massifi\u00e9 qui clique tout le temps sur son appareil num\u00e9rique dans un paysage r\u00e9ifi\u00e9 et recycl\u00e9.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>La culture comme arme de destruction massive est plus redoutable que les bombardements. Elle nous s\u00e9pare de notre histoire, de notre espace, de notre prochain, de nos compatriotes. Elle cr\u00e9e un &laquo; avatar &raquo; d&rsquo;individu en marge de ce monde et pr\u00eat \u00e0 \u00eatre capt\u00e9 par la matrice technologique du commerce am\u00e9ricain qui peut ainsi imposer partout ses projets, ses guerres et ses jouets transform\u00e9s. L&rsquo;usine \u00e0 r\u00eave pr\u00e9pare la prisonplanet.com et le camp de concentration indolore dont parlait Aldous Huxley vingt apr\u00e8s son Meilleur des mondes. Et la matrice virale am\u00e9ricaine est difficile \u00e0 substituer aujourd&rsquo;hui car elle a envahi tous les r\u00e9seaux, tous les cerveaux. Ce n&rsquo;est qu&rsquo;en \u00e9tant arm\u00e9 moralement contre elle que l&rsquo;on peut s&rsquo;en d\u00e9fendre &ndash; avec son \u00e2me, sa famille, sa classe et sa nation.<\/p><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>La culture comme arme de destruction massive La c\u00e9r\u00e9monie d&rsquo;ouverture des JO a rappel\u00e9 au monde \u00e0 quel point la culture en occident (et surtout en France o&ugrave; elle est \u00e9tatis\u00e9e) est un conditionnant et un produit toxique. Douguine a justement rappel\u00e9 que l&rsquo;occident c&rsquo;est le diable. 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