{"id":81243,"date":"2024-09-13T09:58:00","date_gmt":"2024-09-13T09:58:00","guid":{"rendered":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/2024\/09\/13\/dictature-digitale-et-servitude-volontaire\/"},"modified":"2024-09-13T09:58:00","modified_gmt":"2024-09-13T09:58:00","slug":"dictature-digitale-et-servitude-volontaire","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/2024\/09\/13\/dictature-digitale-et-servitude-volontaire\/","title":{"rendered":"Dictature digitale et servitude volontaire"},"content":{"rendered":"<p><h2 class=\"titleset_b.deepgreen\" style=\"color:#75714d; font-size:1.65em; font-variant:small-caps\"><strong>Dictature digitale et servitude volontaire<\/strong><\/h2>\n<\/p>\n<p><p>Deux th\u00e8mes n\u00e9glig\u00e9s ressortent du chef-d&rsquo;&oelig;uvre de La Bo\u00e9tie : un, il est facile de contr\u00f4ler les gens ; deux, il est n\u00e9cessaire pour ce faire de les abrutir. La d\u00e9t\u00e9rioration du mat\u00e9riel humain est essentielle. Le mot &laquo; abruti &raquo; ressort quatre fois du bref texte, il est insultant, et je me vois tr\u00e8s satisfait de l&rsquo;indiquer \u00e0 ceux qui m&rsquo;accusent d&rsquo;abuser du terme &laquo; fronc\u00e9 &raquo; ou autre. En r\u00e9alit\u00e9 pour jouer au tyran il faut \u00eatre deux et il faut que la masse obtemp\u00e8re et m\u00eame participe, voir &laquo; le conglom\u00e9rat de solitudes sans illusions &raquo; (Guy Debord) qui existe d\u00e9j\u00e0 dans l&rsquo;Antiquit\u00e9 d\u00e9peinte par Platon. Le livre VIII de la R\u00e9publique est un des textes politiques les plus importants du monde &#8211; voyez mon texte sur Platon et celui sur Bloom, qui me le fit red\u00e9couvrir. Debord recourt au terme d&rsquo;imb\u00e9cile aussi et Gunther Anders \u00e0 celui de serf. Dans la civilisation de la t\u00e9l\u00e9, le t\u00e9l\u00e9spectateur-auditeur devient un serf (le mot est le m\u00eame en allemand, rappelle le traducteur de Gunther Anders), un type qui \u00e9coute les ordres. Qu&rsquo;il s&rsquo;agisse de guerre, de vaccin, de climat, de reset, d&rsquo;\u00e9cologie, de chasse au Trump ou au Musk ou au Kennedy ou au Poutine ou au complotiste ou au climato-n\u00e9gationniste (mazette&hellip;), le serf d&rsquo;aujourd&rsquo;hui, fanatis\u00e9 et dangereux, \u00e9coute toute ou\u00efe et adopte la position de &laquo; l&rsquo;imb\u00e9cillit\u00e9 qui croit que tout est clair &raquo; (Commentaires sur la Soci\u00e9t\u00e9 du Spectacle).  Il est pr\u00eat pour toutes les croisades.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>La d\u00e9t\u00e9rioration du mat\u00e9riel humain est \u00e9vidente. Rufin a parl\u00e9 des trois kilos par an que prend un d\u00e9put\u00e9, c&rsquo;est dire. On a l&rsquo;ob\u00e9sit\u00e9, la baisse du QI, l&rsquo;effondrement des codes vestimentaires ou autres, l&rsquo;effondrement des attitudes (Platon parle d\u00e9j\u00e0 des enfants et des animaux qui ont pris le pouvoir), on a l&rsquo;inaptitude militaire occidentale, qui ne peut m\u00eame plus recruter de soldats. Tout cela est li\u00e9 \u00e9videmment \u00e0 l&rsquo;abrutissement t\u00e9l\u00e9-smartphone et je rappelle que cet abrutissement existe d\u00e9j\u00e0 dans les &laquo; forums &raquo; et &laquo; agoras &raquo; de notre bonne vieille cit\u00e9 antique (livre de Fustel \u00e0 relire pour se glacer) : voyez mon texte sur Platon et Cnn, qui remarque que les chasseurs de news existent d\u00e9j\u00e0 : ils sont d\u00e9nonc\u00e9s par Th\u00e9ophraste (les bons vieux Caract\u00e8res), les Actes des ap\u00f4tres (l&rsquo;arriv\u00e9e \u00e0 Ath\u00e8nes), Juv\u00e9nal ou S\u00e9n\u00e8que. Si seulement on avait voulu les lire&hellip; Fichte ensuite d\u00e9noncera la drogue du journal, Thoreau celle du t\u00e9l\u00e9graphe (mon texte, toujours), et Villiers la cr\u00e9tinisation par la presse et l&rsquo;\u00e9lectricit\u00e9, productrice de fanfares, de nationalisme festif et donc de guerre g\u00e9nocidaire. Zweig souligne le r\u00f4le affolant du bruit et de la propagande dans son Monde d&rsquo;hier, et il rappelle qu&rsquo;on ne peut plus y \u00e9chapper. Le d\u00e9veloppement ant\u00e9christique est ubiquitaire, avait dit Mgr Gaume. Tout cela je l&rsquo;ai d&ucirc;ment r\u00e9f\u00e9renc\u00e9.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Citons trois ma&icirc;tres :<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Or S\u00e9n\u00e8que \u00e9crit d\u00e9j\u00e0 :<\/p>\n<\/p>\n<blockquote class=\"normal\" style=\"font-size:1.05em\">\n<p><p><em>&laquo; De la curiosit\u00e9 provient un vice affreux : celui d&rsquo;\u00e9couter tout ce qui se raconte, de s&rsquo;enqu\u00e9rir indiscr\u00e8tement des petites nouvelles (auscultatio et publicorum secretorumque inquisitio), tant intimes que publiques, et d&rsquo;\u00eatre toujours plein d&rsquo;histoires. &raquo;<\/em><\/p>\n<\/p>\n<\/blockquote>\n<p><p>Dans sa Satire VI, Juv\u00e9nal se moque des comm\u00e8res :<\/p>\n<\/p>\n<blockquote class=\"normal\" style=\"font-size:1.05em\">\n<p><p><em>&laquo; Celle-ci saura dire de qui telle veuve est enceinte et de quel mois, les mots et les positions de telle autre quand elle fait l&rsquo;amour&#8230;  Elle guette aux portes de la ville les nouvelles, les rumeurs toutes fra&icirc;ches ; au besoin elle en fabrique : le Niphates vient de submerger les populations, un d\u00e9luge couvre les campagnes, les villes chancellent, le sol s&rsquo;affaisse. Voil\u00e0 ce qu&rsquo;aux carrefours, pour le premier venu, elle d\u00e9bite ! &raquo;<\/em><\/p>\n<\/p>\n<\/blockquote>\n<p><p>On lit dans les Caract\u00e8res de Th\u00e9ophraste, \u00e9crits quatre si\u00e8cles auparavant, que le bavardage d\u00e9mocratique a d\u00e9j\u00e0 \u00e9puis\u00e9 la v\u00e9rit\u00e9 avec les sophismes <em>:<\/em><\/p>\n<\/p>\n<blockquote class=\"normal\" style=\"font-size:1.05em\">\n<p><p><em> &laquo; Il s&rsquo;\u00e9chauffe ensuite dans la conversation, d\u00e9clame contre le temps pr\u00e9sent, et soutient que les hommes qui vivent pr\u00e9sentement ne valent point leurs p\u00e8res. De l\u00e0 il se jette sur ce qui se d\u00e9bite au march\u00e9, sur la chert\u00e9 du bl\u00e9, sur le grand nombre d&rsquo;\u00e9trangers qui sont dans la ville ; il dit que le si\u00e8cle est dur, et qu&rsquo;on a bien de la peine \u00e0 vivre. &raquo;<\/em><\/p>\n<\/p>\n<\/blockquote>\n<p><p>Mais revoyons La Bo\u00e9tie. Lui aussi parle de cette m\u00e9moire de poisson rouge qui fascine tant aujourd&rsquo;hui :<\/p>\n<\/p>\n<blockquote class=\"normal\" style=\"font-size:1.05em\">\n<p><p><em>&laquo; On ne saurait s&rsquo;imaginer jusqu&rsquo;\u00e0 quel point un peuple ainsi assujetti par la fourberie d&rsquo;une tra&icirc;tre, tombe dans l&rsquo;avilissement, et m\u00eame dans un tel profond oubli de tous ses droits, qu&rsquo;il est presque impossible de le r\u00e9veiller de sa torpeur pour les reconqu\u00e9rir, servant si bien et si volontiers qu&rsquo;on dirait, \u00e0 la voir, qu&rsquo;il n&rsquo;a pas perdu seulement sa libert\u00e9, mais encore sa propre servitude, pour s&rsquo;engourdir dans le plus abrutissant esclavage&hellip; &raquo;<\/em><\/p>\n<\/p>\n<\/blockquote>\n<p><p>Mais bon, citons le premier point : le contr\u00f4le d&rsquo;une populace est facile, plus facile qu&rsquo;on ne croit pas, et il repose sur un &laquo;ensorc\u00e8lement&raquo; (manipulation ?) :<\/p>\n<\/p>\n<blockquote class=\"normal\" style=\"font-size:1.05em\">\n<p><p><em>&laquo; Pour le moment, je d\u00e9sirerais seulement qu&rsquo;on me fit comprendre comment il se peut que tant d&rsquo;hommes, tant de villes, tant de nations supportent quelquefois tout d&rsquo;un Tyran seul, qui n&rsquo;a de puissance que celle qu&rsquo;on lui donne, qui n&rsquo;a de pouvoir de leur nuire, qu&rsquo;autant qu&rsquo;ils veulent bien l&rsquo;endurer, et qui ne pourrait leur faire aucun mal, s&rsquo;ils n&rsquo;aimaient mieux tout souffrir de lui, que de le contredire. Chose vraiment surprenante (et pourtant si commune, qu&rsquo;il faut plut\u00f4t en g\u00e9mir que s&rsquo;en \u00e9tonner) ! c&rsquo;est de voir des millions de millions d&rsquo;hommes, mis\u00e9rablement asservis, et soumis t\u00eate baiss\u00e9e, \u00e0 un joug d\u00e9plorable, non qu&rsquo;ils y soient contraints par une force majeure, mais parce qu&rsquo;ils sont fascin\u00e9s et, pour ainsi dire, ensorcel\u00e9s par le seul nom d&rsquo;un qu&rsquo;ils ne devraient redouter, puisqu&rsquo;il est seul, ni ch\u00e9rir puisqu&rsquo;il est, envers eux tous, inhumain et cruel. &raquo;<\/em><\/p>\n<\/p>\n<\/blockquote>\n<p><p>Il y a en effet une magie. Un mot qui revient chez Tocqueville, Gu\u00e9non (qui parle d&rsquo;hallucination et de suggestion) ou Baudrillard, c&rsquo;est celui d&rsquo;h\u00e9b\u00e9tude. Joly parlera de prostration, Drumont d&rsquo;anesth\u00e9sie. L&rsquo;opinion est soit fanatis\u00e9e soit anesth\u00e9si\u00e9e. Chasse au virus, au non vaccin\u00e9, au russe, puis grand silence quand on passe au fascisme rose en Angleterre (m\u00eame Boris Johnson s&rsquo;en plaint !) ou \u00e0 une tyrannie m\u00e9diatique-affairiste d\u00e9finitive en France sur fond d&rsquo;arrestations des rares g\u00eaneurs.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Il est important, rappelle le jeune ma&icirc;tre, de souligner le r\u00f4le des r\u00e9seaux (sic) de contr\u00f4le ; et depuis qu&rsquo;internet existe on a pu constater un effondrement physique et intellectuel de la r\u00e9sistance. Elle a \u00e9t\u00e9 liquid\u00e9e (ou contr\u00f4l\u00e9e et r\u00e9cup\u00e9r\u00e9e, voyez les enqu\u00eates sur Trump ou Musk) par le syst\u00e8me, au sens de Bauman. Le r\u00e9seau marche sur une base de six (voir le 666 et bien s&ucirc;r mon titre : le WWW signifie le six en h\u00e9breu) :<\/p>\n<\/p>\n<blockquote class=\"normal\" style=\"font-size:1.05em\">\n<p><p><em>&laquo; Ce ne sont pas les bandes de gens \u00e0 cheval, les compagnies de gens \u00e0 pied, en un mot ce ne sont pas les armes qui d\u00e9fendent un tyran, mais bien toujours (on aura quelque peine \u00e0 le croire d&rsquo;abord, quoique ce soit exactement vrai) quatre ou cinq hommes qui le soutiennent et qui lui assujettissent tout le pays. Il en a toujours \u00e9t\u00e9 ainsi que cinq \u00e0 six ont eu l&rsquo;oreille du tyran et s&rsquo;y sont approch\u00e9s d&rsquo;eux-m\u00eames ou bien y ont \u00e9t\u00e9 appel\u00e9s par lui pour \u00eatre les complices de ses cruaut\u00e9s, les compagnons de ses plaisirs, les complaisants de ses sales volupt\u00e9s et les co-partageants de ses rapines. Ces six dressent si bien leur chef, qu&rsquo;il devient, envers la soci\u00e9t\u00e9, m\u00e9chant, non seulement de ses propres m\u00e9chancet\u00e9s mais, encore des leurs. Ces six, en tiennent sous leur d\u00e9pendance six mille qu&rsquo;ils \u00e9l\u00e8vent en dignit\u00e9, auxquels ils font donner, ou le gouvernement des provinces, ou le maniement des deniers publics, afin qu&rsquo;ils favorisent leur avarice ou leur cruaut\u00e9&hellip; &raquo;<\/em><\/p>\n<\/p>\n<\/blockquote>\n<p><p>On pensera avec profit \u00e0 l&rsquo;arrestation de Pavel&hellip; Quant \u00e0 Twitter, Kit Knightley (Off Guardian) a soulign\u00e9 son r\u00f4le de contr\u00f4le et de censure des oppositions (il vaut mieux les contr\u00f4ler). J&rsquo;ajouterais aussi que X a fait baisser le niveau de tout le monde ou presque dans l&rsquo;opposition. On clique, on se marre ou on r\u00e2le, on reclique.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>La rage de La Bo\u00e9tie se fait sentir ; car la populace est contente qu&rsquo;on lui laisse quelque chose (elle va perdre son cash et sa maison apr\u00e8s sa sant\u00e9 et sa libert\u00e9 comme on sait) :<\/p>\n<\/p>\n<blockquote class=\"normal\" style=\"font-size:1.05em\">\n<p><p><em>&laquo; Pauvres gens et mis\u00e9rables, peuples insens\u00e9s, nations opini\u00e2tres en votre mal et aveugles en votre bien, vous vous laissez enlever, sous vos propres yeux, le plus beau et le plus clair de votre revenu, piller vos champs, d\u00e9vaster vos maisons et les d\u00e9pouiller des vieux meubles de vos anc\u00eatres ! vous vivez de telle sorte que rien n&rsquo;est plus \u00e0 vous. Il semble que vous regarderiez d\u00e9sormais comme un grand bonheur qu&rsquo;on vous laiss\u00e2t seulement la moiti\u00e9 de vos biens, de vos familles, de vos vies. &raquo;<\/em><\/p>\n<\/p>\n<\/blockquote>\n<p><p>Et toute la puissance du tyran vient de la masse :<\/p>\n<\/p>\n<blockquote class=\"normal\" style=\"font-size:1.05em\">\n<p><p><em>&laquo; Et tout ce d\u00e9g\u00e2t, ces malheurs, cette ruine enfin, vus viennent, non pas des ennemis, mais bien certes de l&rsquo;ennemi et de celui-l\u00e0 m\u00eame que vous avez fait ce qu&rsquo;il est, pour qui vous allez si courageusement  \u00e0 la guerre et pour la vanit\u00e9 duquel vos personnes y bravent \u00e0 chaque instant la mort. Ce ma&icirc;tre n&rsquo;a pourtant que deux yeux, deux mains, un corps et rien de plus que n&rsquo;a le dernier des habitants du nombre infini de nos villes. Ce qu&rsquo;il a de plus que vous, ce sont les moyens que vous lui fournissez pour vous d\u00e9truire. &raquo;<\/em><\/p>\n<\/p>\n<\/blockquote>\n<p><p>Deux citations de Bloy pour rire en plein marasme r\u00e9publicain vers 1900 :<\/p>\n<\/p>\n<blockquote class=\"normal\" style=\"font-size:1.05em\">\n<p><p><em>&laquo; C&rsquo;est tout de m\u00eame ahurissant de penser \u00e0 l&rsquo;inexplicable survie du r\u00e9gime r\u00e9publicain&hellip;Atrophie universelle des intelligences, avachissement inou\u00ef des caract\u00e8res, ex\u00e9cration end\u00e9mique de la Beaut\u00e9 et de la Grandeur, obs\u00e8ques nationales de toute autorit\u00e9 humaine ou divine, boulimie furieuse de jouissances, destruction de la famille et vivisection de la patrie, m&oelig;urs de cochons enrag\u00e9s, empoisonnement syst\u00e9matique de l&rsquo;enfance, \u00e9lection et s\u00e9lection de chenapans ou de goitreux dans les cavernes de la politique ou sur le trottoir des candidatures, tels sont les fruits de l&rsquo;arbre de la Libert\u00e9&hellip;Le cur\u00e9 nous dit que ses paroissiens sont \u00e0 un tel degr\u00e9 d&rsquo;abrutissement qu&rsquo;ils cr\u00e8vent comme des bestiaux, sans agonie, ayant d\u00e9truit en eux tout ce qui pourrait \u00eatre l&rsquo;occasion d&rsquo;un litige d&rsquo;Ame, \u00e0 leur derni\u00e8re heure. &raquo;<\/em><\/p>\n<\/p>\n<\/blockquote>\n<p><p>Et cette p\u00e9pite :<\/p>\n<\/p>\n<blockquote class=\"normal\" style=\"font-size:1.05em\">\n<p><p><em>&laquo; Et ce cort\u00e8ge est contempl\u00e9 par un peuple immense, mais si prodigieusement imb\u00e9cile qu&rsquo;on peut lui casser les dents \u00e0 coups de maillet et l&rsquo;\u00e9masculer avec des tenailles de forgeur de fer, avant qu&rsquo;il s&rsquo;aper\u00e7oive seulement qu&rsquo;il a des ma&icirc;tres, &mdash; les \u00e9pouvantables ma&icirc;tres qu&rsquo;il tol\u00e8re et qu&rsquo;il s&rsquo;est choisis. &raquo;<\/em><\/p>\n<\/p>\n<\/blockquote>\n<p><p>Rappelons que chez les cathos tout le monde se fout de Bergoglio et du pauvre Vigano qui sera sans doute liquid\u00e9 : le complexe m\u00e9diatique-mondial saluera la mort m\u00e9rit\u00e9e d&rsquo;un \u00e9ni\u00e8me complotiste&hellip;<\/p>\n<\/p>\n<p><p>La Bo\u00e9tie parle de perte de m\u00e9moire  (le poisson rouge toujours) et de torpeur (pensez \u00e0 nos consommations d&rsquo;anxiolytiques, d&rsquo;antid\u00e9presseurs, de somnif\u00e8res&hellip;) :<\/p>\n<\/p>\n<blockquote class=\"normal\" style=\"font-size:1.05em\">\n<p><p><em>&laquo; Ainsi donc, puisque tout \u00eatre, qui a le sentiment de son existence, sent le malheur de la suj\u00e9tion et recherche la libert\u00e9 : puisque les b\u00eates, celles-l\u00e0 m\u00eame cr\u00e9\u00e9es pour le service de l&rsquo;homme, ne peuvent s&rsquo;y soumettre qu&rsquo;apr\u00e8s avoir protest\u00e9 d&rsquo;un d\u00e9sir contraire ; quel malheureux vice a donc pu tellement d\u00e9naturer l&rsquo;homme, seul vraiment n\u00e9 pour vivre libre, jusqu&rsquo;\u00e0 lui faire perdre la souvenance de son premier \u00e9tat et le d\u00e9sir m\u00eame de le reprendre ? &raquo;<\/em><\/p>\n<\/p>\n<\/blockquote>\n<p><p>Il en r\u00e9sulte cette d\u00e9t\u00e9rioration quantitative et qualitative :<\/p>\n<\/p>\n<blockquote class=\"normal\" style=\"font-size:1.05em\">\n<p><p><em>&laquo; On ne saurait s&rsquo;imaginer jusqu&rsquo;\u00e0 quel point un peuple ainsi assujetti par la fourberie d&rsquo;une tra&icirc;tre, tombe dans l&rsquo;avilissement, et m\u00eame dans un tel profond oubli de tous ses droits, qu&rsquo;il est presque impossible de le r\u00e9veiller de sa torpeur pour les reconqu\u00e9rir, servant si bien et si volontiers qu&rsquo;on dirait, \u00e0 la voir, qu&rsquo;il n&rsquo;a pas perdu seulement sa libert\u00e9, mais encore sa propre servitude, pour s&rsquo;engourdir dans le plus abrutissant esclavage&hellip; &raquo;<\/em><\/p>\n<\/p>\n<\/blockquote>\n<p><p>Apr\u00e8s c&rsquo;est la g\u00e9n\u00e9ration z\u00e9ro. Debord :<\/p>\n<\/p>\n<blockquote class=\"normal\" style=\"font-size:1.05em\">\n<p><p><em>&laquo; Le changement qui a le plus d&rsquo;importance, dans tout ce qui s&rsquo;est pass\u00e9 depuis vingt ans, r\u00e9side dans la continuit\u00e9 m\u00eame du spectacle. Cette importance ne tient pas au perfectionnement de son instrumentation m\u00e9diatique, qui avait d\u00e9j\u00e0 auparavant atteint un stade de d\u00e9veloppement tr\u00e8s avanc\u00e9 : c&rsquo;est tout simplement que la domination spectaculaire ait pu \u00e9lever une g\u00e9n\u00e9ration pli\u00e9e \u00e0 son influence. &raquo;<\/em><\/p>\n<\/p>\n<\/blockquote>\n<p><p>La Bo\u00e9tie constate n&ucirc;ment que tout devient facile ensuite :<\/p>\n<\/p>\n<blockquote class=\"normal\" style=\"font-size:1.05em\">\n<p><p><em>&laquo; Ainsi les hommes qui naissent sous le joug ; nourris et \u00e9lev\u00e9s dans le servage sans regarder plus avant, se contentent de vivre comme ils sont n\u00e9s, et ne pensant point avoir d&rsquo;autres droits, ni d&rsquo;autres biens que ceux qu&rsquo;ils ont trouv\u00e9s \u00e0 leur entr\u00e9e dans la vie, ils prennent pour leur \u00e9tat de nature, l&rsquo;\u00e9tat m\u00eame de leur naissance. &raquo;<\/em><\/p>\n<\/p>\n<\/blockquote>\n<p><p>C&rsquo;est que la nature humaine est  fragile et vite ab\u00e2tardie :<\/p>\n<\/p>\n<blockquote class=\"normal\" style=\"font-size:1.05em\">\n<p><p><em>&laquo; Les semences de bien que la nature met en nous sont si fr\u00eales et si minces, qu&rsquo;elles ne peuvent r\u00e9sister au moindre choc des passions ni \u00e0 l&rsquo;influence d&rsquo;une \u00e9ducation qui les contrarie. Elles ne se conservent pas mieux, s&rsquo;ab\u00e2tardissent aussi facilement et m\u00eame d\u00e9g\u00e9n\u00e8rent ; comme il arrive \u00e0 ces arbres fruitiers qui ayant tous leur propre, la conservent tant qu&rsquo;on les laisse venir naturellement ; mais la perdent, pour porter des fruits tout \u00e0 fait diff\u00e9rents, d\u00e8s qu&rsquo;on les a greff\u00e9s. &raquo;<\/em><\/p>\n<\/p>\n<\/blockquote>\n<p><p>Je rappelle pour \u00eatre clair (autant \u00eatre &laquo; complotiste &raquo; jusqu&rsquo;au bout) que pour Machiavel (le Prince, III), le meilleur moyen pour un prince de contr\u00f4ler une sienne population est de la&hellip; faire coloniser :<\/p>\n<\/p>\n<blockquote class=\"normal\" style=\"font-size:1.05em\">\n<p><p><em>&laquo; Le meilleur moyen qui se pr\u00e9sente ensuite est d&rsquo;\u00e9tablir des colonies dans un ou deux endroits qui soient comme les clefs du pays : sans cela, on est oblig\u00e9 d&rsquo;y entretenir un grand nombre de gens d&rsquo;armes et d&rsquo;infanterie. L&rsquo;\u00e9tablissement des colonies est peu dispendieux pour le prince; il peut, sans frais ou du moins presque sans d\u00e9pense, les envoyer et les entretenir ; il ne blesse que ceux auxquels il enl\u00e8ve leurs champs et leurs maisons pour les donner aux nouveaux habitants. &raquo;<\/em><\/p>\n<\/p>\n<\/blockquote>\n<p><p>Rassurons nos \u00e9lites, \u00e7a r\u00e9siste toujours tr\u00e8s peu. En effet, rassure Machiavel :<\/p>\n<\/p>\n<blockquote class=\"normal\" style=\"font-size:1.05em\">\n<p><p><em>&laquo; &hellip;ainsi offens\u00e9s n&rsquo;\u00e9tant qu&rsquo;une tr\u00e8s faible partie de la population, et demeurant dispers\u00e9s et pauvres, ne peuvent jamais devenir nuisibles ; tandis que tous ceux que sa rigueur n&rsquo;a pas atteints demeurent tranquilles par cette seule raison; ils n&rsquo;osent d&rsquo;ailleurs se mal conduire, dans la crainte qu&rsquo;il ne leur arrive aussi d&rsquo;\u00eatre d\u00e9pouill\u00e9s. &raquo;<\/em><\/p>\n<\/p>\n<\/blockquote>\n<p><p>Point essentiel  et politiquement tr\u00e8s incorrect : il faut eff\u00e9miner les populations, car elles seront soumises comme ces femmes qu&rsquo;on n&rsquo;avait pas lib\u00e9r\u00e9es. La Bo\u00e9tie explique :<\/p>\n<\/p>\n<blockquote class=\"normal\" style=\"font-size:1.05em\">\n<p><p><em>&laquo; Mais revenant \u00e0 mon sujet que j&rsquo;avais quasi perdu de vue ; la premi\u00e8re raison pour laquelle les hommes servent volontairement, c&rsquo;est qu&rsquo;ils naissent serfs et qu&rsquo;ils sont \u00e9lev\u00e9s dans la servitude. De celle-l\u00e0 d\u00e9coule naturellement cette autre : que, sous les tyrans, les hommes deviennent n\u00e9cessairement l\u00e2ches et eff\u00e9min\u00e9s, ainsi que l&rsquo;a fort judicieusement, \u00e0 mon avis, fait remarquer le grand Hippocrate, le p\u00e8re de la m\u00e9decine&hellip; &raquo;<\/em><\/p>\n<\/p>\n<\/blockquote>\n<p><p>On ne va pas rappeler ce qui se passe en ce moment. Le m\u00e2le blanc et bourgeois tanc\u00e9 par Sartre dans son immonde Plaidoyer pour les intellectuels n&rsquo;existe plus ! Le monde f\u00e9minin, f\u00e9ministe, LGBTQ, gay, festif a pris le pouvoir en occident et il lui faudra peur de temps pour en finir (\u00e0 mon avis c&rsquo;est d\u00e9j\u00e0 fait, mais bon&hellip;).<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Il faut aussi devenir festif. Ici La Bo\u00e9tie annonce Philippe Muray, \u00e0 qui j&rsquo;en avais parl\u00e9 :<\/p>\n<\/p>\n<blockquote class=\"normal\" style=\"font-size:1.05em\">\n<p><p><em>&laquo; Mais cette ruse des tyrans d&rsquo;ab\u00eatir leurs sujets, n&rsquo;a jamais \u00e9t\u00e9 plus \u00e9vidente que dans la conduite de Cyrus envers les Lydiens, apr\u00e8s qu&rsquo;il se fut empar\u00e9 de Sardes, capitale de Lydie et qu&rsquo;il e&ucirc;t pris et emmen\u00e9 captif Cr\u00e9sus, ce tant riche roi, qui s&rsquo;\u00e9tait rendu et remis \u00e0 sa discr\u00e9tion. On lui apporta la nouvelle que les habitants de Sardes s&rsquo;\u00e9taient r\u00e9volt\u00e9s. Il les e&ucirc;t bient\u00f4t r\u00e9duits \u00e0 l&rsquo;ob\u00e9issance. Mais en voulant pas saccager une aussi belle ville, ni \u00eatre toujours oblig\u00e9 d&rsquo;y tenir une arm\u00e9e pour la ma&icirc;triser, il s&rsquo;avisa d&rsquo;un exp\u00e9dient extraordinaire pour s&rsquo;en assurer la possession : il \u00e9tablit des maisons de d\u00e9bauches et de prostitution, des tavernes et des jeux publics et rendit une ordonnance qui engageait les citoyens \u00e0 se livrer \u00e0 tous ces vices. Il se trouva si bien de cette esp\u00e8ce de garnison, que, par la suite, il ne f&ucirc;t plus dans le cas de tirer l&rsquo;\u00e9p\u00e9e contre les Lydiens. Ces mis\u00e9rables gens s&rsquo;amus\u00e8rent \u00e0 inventer toutes sortes de jeux, si bien, que de leur nom m\u00eame les latins form\u00e8rent le mot par lequel ils d\u00e9signaient ce que nous appelons passe-temps, qu&rsquo;ils nommaient, eux, Lundi, par corruption de Lydie. &raquo;<\/em><\/p>\n<\/p>\n<\/blockquote>\n<p><p>D&rsquo;apr\u00e8s Michael Snyder (le collapse n&rsquo;est pas qu&rsquo;\u00e9conomique, Michael, il est surtout spirituel&hellip;) le porno repr\u00e9sente 40% du web. Quant \u00e0 la bourse et aux casinos en ligne&hellip;<\/p>\n<\/p>\n<p><p>La Bo\u00e9tie revient (le facho) sur l&rsquo;eff\u00e9mination :<\/p>\n<\/p>\n<blockquote class=\"normal\" style=\"font-size:1.05em\">\n<p><p>&laquo; Tous les tyrans n&rsquo;ont pas d\u00e9clar\u00e9 aussi express\u00e9ment qu&rsquo;ils voulussent eff\u00e9miner leurs sujets ; mais de fait ce que celui-l\u00e0 ordonna si formellement, la plupart d&rsquo;entre eux l&rsquo;ont fait occultement. A vrai dire, c&rsquo;est assez le penchant naturel de la portion ignorante du peuple qui d&rsquo;ordinaire, est plus nombreuse dans les villes. Elle est soup\u00e7onneuse envers celui qui l&rsquo;aime et se d\u00e9voue pour elle, tandis qu&rsquo;elle est confiante envers celui qui la trompe et la trahit. &raquo;<\/p>\n<\/p>\n<\/blockquote>\n<p><p>Rappelons le r\u00f4le traditionnel des eunuques dans la tyrannie chinoise (voyez mon texte sur Etienne Balasz \u00e0 ce sujet)&hellip; Zweig souligne aussi le r\u00f4le des homosexuels dans l&rsquo;av\u00e8nement de la tyrannie nazie (Zweig, facho aussi). On lira le livre incroyable le Rose et le brun de Philippe Simonnot \u00e0 ce sujet. Et on ne dira rien de Davos, des Young Leaders et du reste.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Philippe Muray avait bien vu que la soci\u00e9t\u00e9 festive se d\u00e9veloppe avec un &laquo; besoin de p\u00e9nal &raquo;. La Bo\u00e9tie aussi, qui use encore (facho, La Bo\u00e9tie) du terme d&rsquo;abruti :<\/p>\n<\/p>\n<blockquote class=\"normal\" style=\"font-size:1.05em\">\n<p><p><em>&laquo; C&rsquo;est vraiment chose merveilleuse qu&rsquo;ils se laissent aller si promptement, pour peu qu&rsquo;on les chatouille. Les th\u00e9\u00e2tres, les jeux, les farces, les spectacles, les gladiateurs, les b\u00eates curieuses, les m\u00e9dailles, les tableaux et autres drogues de cette esp\u00e8ces \u00e9taient pour les peuples anciens les app\u00e2ts de la servitude, la compensation de leur libert\u00e9 ravie, les instruments de la tyrannie. Ce syst\u00e8me, cette pratique, ces all\u00e8chements \u00e9taient les moyens qu&#8217;employaient les anciens tyrans pour endormir leurs sujets dans la servitude. Ainsi, les peuples abrutis, trouvant beau tous ces passe-temps, amus\u00e9s d&rsquo;un vain plaisir qui les \u00e9blouissait, s&rsquo;habituaient \u00e0 servir aussi niaisement mais plus mal encore que les petits enfants n&rsquo;apprennent \u00e0 lire avec des images enlumin\u00e9es. Les tyrans romains rench\u00e9rirent encore sur ces moyens, en festoyant souvent et en gorgeant ces gens abrutis et les flattant par o&ugrave; ils \u00e9taient plus faciles \u00e0 prendre, le plaisir de la bouche. Les tyrans romains rench\u00e9rirent encore sur ces moyens, en festoyant souvent les hommes des d\u00e9curies&hellip; &raquo;<\/em><\/p>\n<\/p>\n<\/blockquote>\n<p><p>Ici on se rapproche de Marx. Dix-huit Brumaire (le livre le plus important, avec ceux de Joly, pour comprendre leur France moderne) :<\/p>\n<\/p>\n<blockquote class=\"normal\" style=\"font-size:1.05em\">\n<p><p><em>&laquo; Ce n&rsquo;est que sous le second Bonaparte que l&rsquo;&Eacute;tat semble \u00eatre devenu compl\u00e8tement ind\u00e9pendant. La machine d&rsquo;&Eacute;tat s&rsquo;est si bien renforc\u00e9e en face de la soci\u00e9t\u00e9 bourgeoise qu&rsquo;il lui suffit d&rsquo;avoir \u00e0 sa t\u00eate le chef de la soci\u00e9t\u00e9 du 10 D\u00e9cembre, chevalier de fortune venu de l&rsquo;\u00e9tranger, \u00e9lev\u00e9 sur le pavois par une soldatesque ivre, achet\u00e9e avec de l&rsquo;eau-de-vie et du saucisson, et \u00e0 laquelle il lui faut constamment en jeter \u00e0 nouveau. C&rsquo;est ce qui explique le morne d\u00e9sespoir, l&rsquo;effroyable sentiment de d\u00e9couragement et d&rsquo;humiliation qui oppresse la poitrine de la France et entrave sa respiration. Elle se sent comme d\u00e9shonor\u00e9e. &raquo;<\/em><\/p>\n<\/p>\n<\/blockquote>\n<p><p>Ce d\u00e9couragement ne concernait qu&rsquo;une minorit\u00e9 r\u00e9publicaine qui vite aussi pourrit le pays quand elle arrive au pouvoir. Car le r\u00e9gime militariste, boutefeu, festif, d\u00e9cadent (lisez la Cur\u00e9e de Zola, c&rsquo;est sur l&rsquo;obsession sexuelle et l&rsquo;immobilier), socialiste (d\u00e9clara justement Guizot, cit\u00e9 par Marx) et cocardier devint vite populaire. Le 8 mais 1870 il triomphe encore dans les sondages-urnes et 7.5 millions de votants pl\u00e9biscitent le r\u00e9gime aussi b\u00e2ti sur le putsch et le sang du 2 d\u00e9cembre. Le tout sur rumeur d&rsquo;attentats. Il faudra Sedan pour le faire tomber, et pour le remplacer par la r\u00e9publique opportuniste : Victor Hugo annon\u00e7ait dans Napol\u00e9on-le-Petit qu&rsquo;on se r\u00e9veillerait. On ne s&rsquo;est jamais r\u00e9veill\u00e9. La tourbe canaille et imb\u00e9cile de Flaubert avait pris le relais&#8230;<\/p>\n<\/p>\n<p><p>La Bo\u00e9tie ajoute attrist\u00e9 :<\/p>\n<\/p>\n<blockquote class=\"normal\" style=\"font-size:1.05em\">\n<p><p><em>&laquo; Le peuple ignorant et abruti a toujours \u00e9t\u00e9 le m\u00eame. Il est, au plaisir qu&rsquo;il ne peut honn\u00eatement recevoir, tout dispos et dissolu ; au tort et \u00e0 la douleur qu&rsquo;il ne peut raisonnablement supporter, tout \u00e0 fait insensible. &raquo;<\/em><\/p>\n<\/p>\n<\/blockquote>\n<p><p>Et enfin, comme il est connu pour son amiti\u00e9 avec Montaigne, cette envol\u00e9e sur l&rsquo;amiti\u00e9 perdue et remplac\u00e9e par les complicit\u00e9s :<\/p>\n<\/p>\n<blockquote class=\"normal\" style=\"font-size:1.05em\">\n<p><p><em>&laquo; Certainement le tyran n&rsquo;aime jamais et jamais n&rsquo;est aim\u00e9. L&rsquo;amiti\u00e9, c&rsquo;est un nom sacr\u00e9, c&rsquo;est une chose sainte : elle ne peut exister qu&rsquo;entre gens de bien, elle na&icirc;t d&rsquo;une mutuelle estime, et s&rsquo;entretient non tant par les bienfaits que par bonne vie et m&oelig;urs. Ce qui rend un ami assur\u00e9 de l&rsquo;autre, c&rsquo;est la connaissance de son int\u00e9grit\u00e9. Il a, pour garants, son bon naturel, sa foi, sa constance ; il ne peut y avoir d&rsquo;amiti\u00e9 o&ugrave; se trouvent la cruaut\u00e9, la d\u00e9loyaut\u00e9, l&rsquo;injustice. Entre m\u00e9chants, lorsqu&rsquo;ils s&rsquo;assemblent, c&rsquo;est un complot et non une soci\u00e9t\u00e9. Ils ne s&rsquo;entretiennent pas, mais s&rsquo;entre-craignent. Ils ne sont pas amis, mais complices. &raquo;<\/em><\/p>\n<\/p>\n<\/blockquote>\n<p><p>Juste un bref rappel : dans mon livre titr\u00e9 ironiquement Internet nouvelle voie initiatique, j&rsquo;avais d\u00e9crit dans la quatri\u00e8me partie tout ce qui est trait\u00e9 ci-dessus : les r\u00e9seaux, le contr\u00f4le, la surveillance, le festif, les jeux, le sexe, la l\u00e9thargie, le confinement (mais oui !), la prostration, l&rsquo;anesth\u00e9sie, tout ce qui allait rendre la vie au pouvoir totalitaire des globalistes de plus en plus facile, sauf peut-\u00eatre en Am\u00e9rique. Le fond libertarien local (cf. Tocqueville, qui \u00e9tait beaucoup moins pessimiste finalement pour l&rsquo;Am\u00e9rique que pour l&rsquo;Europe), la culture parano\u00efaque (Richard Hofstader toujours) antigouvernementale, la meilleure utilisation de la technologie (le fronc\u00e9 ne sait que regarder sa t\u00e9l\u00e9), tout en fait pr\u00e9destinait les USA \u00e0 une timide r\u00e9sistance au globalisme imp\u00e9rial. Mais bon, on a pass\u00e9 l&rsquo;\u00e2ge des grandes esp\u00e9rances. La servitude volontaire s&rsquo;\u00e9panouit pleinement au sein de la dictature digitale et du capitalisme de surveillance.<\/p><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Dictature digitale et servitude volontaire Deux th\u00e8mes n\u00e9glig\u00e9s ressortent du chef-d&rsquo;&oelig;uvre de La Bo\u00e9tie : un, il est facile de contr\u00f4ler les gens ; deux, il est n\u00e9cessaire pour ce faire de les abrutir. La d\u00e9t\u00e9rioration du mat\u00e9riel humain est essentielle. 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