{"id":81257,"date":"2024-09-23T18:37:59","date_gmt":"2024-09-23T18:37:59","guid":{"rendered":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/2024\/09\/23\/infamie-et-chute-du-journalisme\/"},"modified":"2024-09-23T18:37:59","modified_gmt":"2024-09-23T18:37:59","slug":"infamie-et-chute-du-journalisme","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/2024\/09\/23\/infamie-et-chute-du-journalisme\/","title":{"rendered":"Infamie et chute du journalisme"},"content":{"rendered":"<p><h2 class=\"titleset_b.deepgreen\" style=\"color:#75714d; font-size:1.65em; font-variant:small-caps\"><strong>Infamie et chute du journalisme<\/strong><\/h2>\n<\/p>\n<p><p>23 septembre 2024 (17H20) &ndash; On commence par des compliments et \u00e9changes de bonnes mani\u00e8res. Hier soir, dans son style si caract\u00e9ristique d&rsquo;un impeccable anglais, parfois un peu pompeux, Alexander Mercouris tenait absolument \u00e0 commencer <a href=\"https:\/\/www.youtube.com\/watch?v=a65Ki7Q1STU&#038;t=44s\">son programme<\/a> par une note <a href=\"https:\/\/theduran.com\/ukr-military-crisis-rus-advance-toretsk-collapse-selidovo-encircled-zelensky-begs-us-escalation\/\">toute personnelle<\/a>. Je vous la livre int\u00e9gralement :<\/p>\n<\/p>\n<blockquote class=\"normal\" style=\"font-size:1.05em\">\n<p><p>&laquo; <em>Avant de commencer et avant d&rsquo;aborder les sujets de ce programme, permettez-moi tout d&rsquo;abord d&rsquo;exprimer mes plus sinc\u00e8res remerciements pour les mots extraordinaires et tr\u00e8s bienveillants que Robert Kennedy Jr a dit \u00e0 propos de Duran et d&rsquo;ailleurs de moi-m\u00eame dans un programme qu&rsquo;il a fait avec l&rsquo;excellent Jim Web l&rsquo;autre jour. J&rsquo;ai \u00e9t\u00e9 vraiment extraordinairement \u00e9mu par la gentillesse et la g\u00e9n\u00e9rosit\u00e9 des mots utilis\u00e9s pour d\u00e9crire le travail que nous faisons et mon travail. Ma femme, qui suit de pr\u00e8s la campagne de Robert Kennedy et est une de ses grande admiratrice bien qu&rsquo;ils ne soient pas d&rsquo;accord sur tous les sujets, &ndash; je dis cela sans autre intention que la pr\u00e9cision du propos, &ndash; ma femme a \u00e9t\u00e9 absolument submerg\u00e9e de joie et de gratitude quand elle a entendu ses mots tr\u00e8s bienveillants \u00e0 mon sujet et aussi bien les mots tr\u00e8s bienveillants de Jim Web. Laissez-moi vous dire pour ce d\u00e9but de programme qu&rsquo;ils ont \u00e9t\u00e9 \u00e9norm\u00e9ment appr\u00e9ci\u00e9s et que j&rsquo;en suis tr\u00e8s reconnaissant<\/em>. &raquo;<\/p>\n<\/p>\n<\/blockquote>\n<p><p>Avec Mercouris, l&rsquo;on peut \u00eatre s&ucirc;r de la r\u00e9alit\u00e9 de ce qu&rsquo;il rapporte, et que toutes les pr\u00e9cautions n\u00e9cessaires ont \u00e9t\u00e9 prises ; je veux dire qu&rsquo;il n&rsquo;aurait jamais pris de lui-m\u00eame la d\u00e9cision de citer RFK comme il le fait ici, et donc l&rsquo;on peut \u00eatre s&ucirc;r que RFK a insist\u00e9 pour lui faire savoir ses propos et qu&rsquo;ainsi lui donnant l&rsquo;autorisation tacite, sinon imp\u00e9rative, de les citer. Par cons\u00e9quent, nous nous trouvons devant une occurrence d&rsquo;importance : un homme politique d&rsquo;une dimension conjoncturelle essentielle \u00e0 l&rsquo;heure des pr\u00e9sidentielles, avec une r\u00e9putation d&rsquo;une grande famille politique, complimentant avec tant d&rsquo;\u00e9clats un commentateur ind\u00e9pendant, sans liens avec les forces  puissantes, &ndash; influence, argent, etc., &ndash; du monde m\u00e9diatique de la presseSyst\u00e8me. De plus, complimenter Mercouris c&rsquo;est complimenter un commentateur des plus \u00ab\u00a0s\u00e9rieux\u00a0\u00bb lui aussi, attach\u00e9 aux grandes affaires tr\u00e8s \u00ab\u00a0s\u00e9rieuses\u00a0\u00bb du monde.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Pourquoi s&rsquo;arr\u00eater \u00e0  ce qui para&icirc;trait \u00eatre un \u00e9pisode qui devrait \u00eatre tr\u00e8s courant lorsqu&rsquo;on admet l&rsquo;extr\u00eame talent de Mercouris dans le domaine de l&rsquo;analyse et du commentaire ? Justement, parce qu&rsquo;il n&rsquo;est pas courant. Quoi qu&rsquo;il en soit de la r\u00e9alit\u00e9 indubitable de son extr\u00eame talent, Mercouris appartient \u00e0 un monde mis \u00e0 l&rsquo;index par la m\u00e9canique du Syst\u00e8me, censureuse et faussaire, accusatrice encore plus que simplement soup\u00e7onneuse, qui assure la chasse aux sorci\u00e8res du Syst\u00e8me. Jusqu&rsquo;ici on a vu des journalistes de la presseSyst\u00e8me passer avec succ\u00e8s \u00e0 la presse ind\u00e9pendante  (Chis Hedges, Tucker Carlson), ou bien des ind\u00e9pendants conna&icirc;tre une certaine notori\u00e9t\u00e9 dans des domaines moins aust\u00e8res que l&rsquo;analyse comment\u00e9e et volontairement stricte des affaires internationales tr\u00e8s-\u00ab\u00a0s\u00e9rieuses\u00a0\u00bb. Mercouris est l&rsquo;un des premiers, et l&rsquo;un des meilleurs, \u00e0 s&rsquo;imposer sans venir d&rsquo;une base institutionnelle qu&rsquo;il quitterait volontairement justement par souci d&rsquo;ind\u00e9pendance.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Jusqu&rsquo;ici, cette sorte d&rsquo;appr\u00e9ciation \u00e9logieuse de RFK \u00e9tait r\u00e9serv\u00e9e \u00e0 des grands noms de la presseSyst\u00e8me, et associ\u00e9e \u00e0 la publication o&ugrave; ils travaillaient. C&rsquo;est ici que je veux en venir pr\u00e9cis\u00e9ment, pour constater avec quel fracas cette pratique s&rsquo;est dissip\u00e9e, en m\u00eame temps que l&rsquo;aura qualitative de l&rsquo;objectivit\u00e9 de la presseSyst\u00e8me s&rsquo;est litt\u00e9ralement d\u00e9sint\u00e9gr\u00e9e, &ndash; en un seul nom tout est dit, il suffit de citer le New York &lsquo;<em>Times<\/em>&lsquo; (NYT) dont il est justement question ici. L&rsquo;article que cette courte r\u00e9flexion introduit est en effet un extrait d&rsquo;un livre r\u00e9cemment publi\u00e9, <em>\u00ab\u00a0<\/em><a href=\"https:\/\/www.amazon.com\/Against-Corporate-Media-Forty-two-Press\/dp\/B0CWYYX1CS\/ref=sr_1_1?dib=eyJ2IjoiMSJ9.TTZKxXVDmXs7yKs0NtFJZBugHpXpeoNgiuPazUirm6z3kZQroxQGoWI_41GfZsUb.RQ_s8YR_SdZnJhjjotAFTz1Do7XWtt66fBfixTpf2G8&#038;dib_tag=se&#038;keywords=walsh+against+the+corporate+media&#038;qid=1725885808&#038;sr=8-1\"><em>Against the Corporate Media<\/em><\/a> <em>&ndash; Forty-two Ways the Press Hates You<\/em>\u00ab\u00a0, qui comprend 42 contributions d&rsquo;auteurs concernant l&rsquo;\u00e9volution catastrophique de la  presseSyst\u00e8me. L&rsquo;un des contributeurs, J. Peder Zane, <a href=\"https:\/\/realclearwire.com\/articles\/2024\/09\/18\/the_sins_of_the_gray_lady_151635.html\">a publi\u00e9 sa contribution<\/a> qui concerne l&rsquo;\u00e9volution fulgurante du NYT : \u00ab\u00a0<em>The Sins of the Grey Lady<\/em>\u00ab\u00a0, du v\u00e9n\u00e9rable surnom donn\u00e9 depuis plus d&rsquo;un si\u00e8cle au NYT : \u00ab\u00a0La vieille dame grise\u00a0\u00bb (\u00ab\u00a0<em>The Old Grey Lady<\/em>\u00ab\u00a0).<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Le parcours en dix ans et quelques de la vieille dame est stup\u00e9fiant. Il raconte comment l&rsquo;universel journal de r\u00e9f\u00e9rence est devenu un br&ucirc;lot compl\u00e8tement acquis \u00e0 la cause du wokenisme ultra-gauchisme, allant de l&rsquo;antiracisme syst\u00e9matiquement exprim\u00e9 sous la forme originale du racisme antiblanc \u00e0 toutes les sortes possibles des nuances chatoyantes de l&rsquo;arc-en-ciel des LGTBQ. Parall\u00e8lement, l&rsquo;alignement du NYT sur les th\u00e8ses <em>neocon <\/em>de la <a href=\"https:\/\/www.dedefensa.org\/article\/glossairedde-politiquesysteme-ii\">politiqueSyst\u00e8me<\/a>, d\u00e9j\u00e0 \u00e9vident depuis la guerre du Kosovo, est total, allant volontairement jusqu&rsquo;aux campagnes les plus mensong\u00e8res du <a href=\"https:\/\/www.dedefensa.org\/article\/le-poids-colossal-du-simulacre-russiagate\"><em>Russiagate<\/em><\/a>, \u00e0 propos desquelles le NYT n&rsquo;a jamais rien imprim\u00e9 de rectification ni d&rsquo;excuses concernant tous les mensonges d\u00e9mont\u00e9s et d\u00e9pentis officiellement dont sont cribl\u00e9es ses campagnes. Le \u00ab\u00a0journal de r\u00e9f\u00e9rence\u00a0\u00bb est devenu une feuille furieusement de la n\u00e9o-extr\u00eame-gauche, mariant l&rsquo;extr\u00e9misme soci\u00e9tal sous toutes ses formes et le bellicisme d&rsquo;un imp\u00e9rialisme d\u00e9mocratique sans la moindre retenue.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Cela fait un trou b\u00e9ant qui s&rsquo;est ouvert dans le syst\u00e8me de la communication, que n&rsquo;arrivent pas \u00e0 combler les innombrables organismes auto-proclam\u00e9s \u00ab\u00a0v\u00e9rificateur anti-<em>FakeNewsisme<\/em>\u00ab\u00a0. C&rsquo;est ici que s&rsquo;insinue cette \u00e9volution qui voit des ind\u00e9pendants qui ne pass\u00e8rent pas par l&rsquo;adoubement d&rsquo;un de ces grands titres en plein naufrage devenir des r\u00e9f\u00e9rences pour les rares dirigeants \u00ab\u00a0s\u00e9rieux\u00a0\u00bb survivants dans l&rsquo;oc\u00e9an de notre b\u00eatisier globalis\u00e9. L&rsquo;\u00e9norme succ\u00e8s d\u00e9sormais \u00e9tabli et confirm\u00e9 d&rsquo;un Tucker Carlson qui pr\u00e9f\u00e8re d\u00e9velopper sa propre entreprise de presse plut\u00f4t qu&rsquo;utiliser sa notori\u00e9t\u00e9 pour d&rsquo;autres aventures est \u00e9galement un de ces signes du n\u00e9cessaire changement qui s&rsquo;impose.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Le texte ci-dessous est le fuit d&rsquo;une documentation extr\u00eamement riche sur l&rsquo;\u00e9volution du New York Times. Le plus \u00e9tonnant est que cette \u00e9volution est devenue r\u00e9volution de l&rsquo;int\u00e9rieur m\u00eame, sans que personne n&rsquo;y prenne vraiment garde, fruit d&rsquo;un travail de termites id\u00e9ologis\u00e9es accompli avec une rigueur implacable.<\/p>\n<\/p>\n<p><h4>PhG &ndash; <em>Semper Phi<\/em><\/h4>\n<\/p>\n<p><p><em>_____________________________<\/em><\/p>\n<\/p>\n<\/p>\n<p><h2 class=\"titleset_b.deepgreen\" style=\"color:#75714d; font-size:1.65em; font-variant:small-caps\"><strong>La &lsquo;<em>Grey Lady<\/em>&lsquo; devenue arc-en-cie<\/strong>l<\/h2>\n<\/p>\n<p><p>Les lecteurs du New York Times savent que les informations peuvent changer, mais le message reste toujours le m\u00eame dans leur journal de r\u00e9f\u00e9rence. Il met en avant toutes les querelles r\u00e9publicaines et minimise les scandales d\u00e9mocrates tout en pr\u00e9sentant le choix entre les deux partis comme une lutte manich\u00e9enne entre le bien et le mal. D\u00e9sormais v\u00eatue des couleurs de l&rsquo;arc-en-ciel, la Old Grey Lady va, au nom de l&rsquo;inclusion, c\u00e9l\u00e9brer un large \u00e9ventail de comportements jusqu&rsquo;ici marginaux &ndash; l&rsquo;homosexualit\u00e9, la polygamie et le transgend\u00e9risme &ndash; tout en semant la division des Am\u00e9ricains en deux camps ennemis bas\u00e9s sur la race, le sexe et l&rsquo;ethnicit\u00e9.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>La transformation du Times, et d&rsquo;une grande partie du journalisme am\u00e9ricain, au cours de la derni\u00e8re d\u00e9cennie, d&rsquo;un journal traditionnel qui rapporte principalement l&rsquo;actualit\u00e9 en un journal quotidien de la r\u00e9volution &laquo; woke &raquo; qui cherche \u00e0 saper les piliers traditionnels de la soci\u00e9t\u00e9 am\u00e9ricaine est d\u00e9sormais si compl\u00e8te qu&rsquo;elle peut sembler banale. Ses d\u00e9fenseurs comme ses critiques savent exactement \u00e0 quoi s&rsquo;attendre lorsqu&rsquo;ils ouvrent ses pages. Une telle acceptation, ou r\u00e9signation, est dangereuse car elle normalise le grand p\u00e9ch\u00e9 du New York Times : la trahison des principes journalistiques jusqu&rsquo;ici fondamentaux d&rsquo;\u00e9quit\u00e9, d&rsquo;objectivit\u00e9 et de pluralisme qui ont fait du Quatri\u00e8me pouvoir un pilier de la d\u00e9mocratie am\u00e9ricaine au cours du XXe si\u00e8cle.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>La r\u00e9invention radicale du journal en un outil ax\u00e9 sur les r\u00e9sultats au service du changement social de gauche s&rsquo;est produite rapidement &ndash; le Times de 2010 ne ressemble gu\u00e8re au journal publi\u00e9 aujourd&rsquo;hui. Mais suffisamment de temps s&rsquo;est \u00e9coul\u00e9 pour que nous puissions identifier \u00e0 la fois les incidents cl\u00e9s et les forces politiques, culturelles et \u00e9conomiques dynamiques qui ont transform\u00e9 le journal le plus influent des &Eacute;tats-Unis, et donc la nation elle-m\u00eame.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Cette histoire a commenc\u00e9 \u00e0 prendre de l&rsquo;ampleur le 7 ao&ucirc;t 2016 &ndash; le jour o&ugrave; le journalisme am\u00e9ricain a franchi le Rubicon. C&rsquo;est \u00e0 ce moment-l\u00e0 que le New York Times a publi\u00e9 un article en premi\u00e8re page affirmant que Donald Trump \u00e9tait un candidat tellement &laquo; anormal &raquo; que les &laquo; normes normales &raquo; de couverture de son sujet \u00e9taient d\u00e9sormais &laquo; intenables &raquo;. &Agrave; partir de maintenant, le journal a clairement indiqu\u00e9 que les colonnes d&rsquo;information du Times prendraient parti. &laquo; Si vous consid\u00e9rez la pr\u00e9sidence de Trump comme quelque chose de potentiellement dangereux &raquo;, a \u00e9crit Jim Rutenberg, &laquo; alors vos reportages vont refl\u00e9ter cela. Vous vous rapprocherez plus que jamais de l&rsquo;opposition. &raquo;<\/p>\n<\/p>\n<p><p>L&rsquo;article n&rsquo;explique jamais pourquoi les normes normales d&rsquo;objectivit\u00e9 sont insuffisantes. Si Trump \u00e9tait vraiment un danger pour la R\u00e9publique, un compte rendu honn\u00eate de son comportement ne suffirait-il pas \u00e0 le d\u00e9masquer ? Comme il est devenu \u00e9vident dans les ann\u00e9es qui ont suivi, le v\u00e9ritable danger pour la nation viendrait de la licence que l&rsquo;article de Rutenberg a donn\u00e9 aux journalistes du Times et aux nombreux m\u00e9dias qui ont suivi son exemple pour trahir les principes fondamentaux du journalisme moderne, non seulement en couvrant Trump, mais sur un large \u00e9ventail de questions. &laquo; Toutes les nouvelles qui m\u00e9ritent d&rsquo;\u00eatre imprim\u00e9es &raquo; a \u00e9t\u00e9 red\u00e9fini comme toutes les nouvelles qui font avancer le discours de la gauche sur la race et la criminalit\u00e9, le changement climatique et le genre, le capitalisme et m\u00eame l&rsquo;histoire des &Eacute;tats-Unis.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>L&rsquo;ampleur de cet effort a \u00e9t\u00e9 sugg\u00e9r\u00e9e par le chercheur Zach Goldberg, dont les recherches par mots-cl\u00e9s dans les archives du Times ont r\u00e9v\u00e9l\u00e9 l&rsquo;adoption politiquement correcte par le journal de termes br&ucirc;lants associ\u00e9s au mouvement Black Lives Matter. En 2010, Goldberg a constat\u00e9 que moins de deux cents articles par an mentionnaient le mot &laquo; justice sociale &raquo; ; en 2018, le total enregistr\u00e9 avait plus que quadrupl\u00e9. Il a constat\u00e9 une augmentation similaire des articles mentionnant &laquo; diversit\u00e9 et inclusion &raquo;, &laquo; blancheur &raquo;, &laquo; privil\u00e8ge blanc &raquo;, &laquo; supr\u00e9matie blanche &raquo;, &laquo; racisme syst\u00e9mique &raquo;, &laquo; discrimination &raquo;, &laquo; th\u00e9orie critique de la race &raquo;, &laquo; pr\u00e9jug\u00e9s inconscients &raquo; et &laquo; pr\u00e9jug\u00e9s implicites &raquo;. En 2010, Goldberg a trouv\u00e9 quelque quatre cents articles du Times qui incluaient le mot racisme ; en 2018, le total avait \u00e9t\u00e9 multipli\u00e9 par six.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Le Times n&rsquo;a pas seulement radicalement chang\u00e9 ce qu&rsquo;il couvrait, mais aussi la fa\u00e7on dont il le couvrait. Les opinions sur la race et d&rsquo;autres questions qui \u00e9taient en conflit avec le discours progressiste a \u00e9t\u00e9 de plus en plus per\u00e7ues \u00e0 travers le prisme trumpien comme &laquo; anormales &raquo; et &laquo; potentiellement dangereuses &raquo;. Comme l&rsquo;a sugg\u00e9r\u00e9 Rutenberg, l&rsquo;engagement traditionnel du journalisme en faveur de &laquo; l&rsquo;objectivit\u00e9 &raquo; a \u00e9t\u00e9 r\u00e9duit \u00e0 n\u00e9ant devant l&rsquo;argument selon lequel la diffusion respectueuse d&rsquo;un \u00e9ventail de points de vue sur des questions importantes \u00e9tait la proie du p\u00e9ch\u00e9 de &laquo; bilat\u00e9ralisme &raquo;, de &laquo; whataboutisme &raquo; ou d&rsquo;&laquo; \u00e9quivalence morale &raquo; &ndash; c&rsquo;est-\u00e0-dire donner \u00e0 ceux consid\u00e9r\u00e9s comme des menteurs (les conservateurs) le m\u00eame espace que ceux qui disent la v\u00e9rit\u00e9 (les progressistes).<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Faisant \u00e9cho \u00e0 un langage autrefois limit\u00e9 \u00e0 la discussion de l&rsquo;Holocauste, le Times qualifie de &laquo; n\u00e9gateurs du changement climatique &raquo; et de &laquo; n\u00e9gateurs des \u00e9lections &raquo; quiconque remet en question l&rsquo;orthodoxie du r\u00e9chauffement climatique ou les r\u00e9sultats de l&rsquo;\u00e9lection pr\u00e9sidentielle de 2020. Ceux qui remettent en question la sagesse de permettre \u00e0 de jeunes enfants se d\u00e9clarant atteints de dysphorie de genre de recevoir un &laquo; traitement m\u00e9dical &raquo; irr\u00e9versible ou qui affirment que l&rsquo;Am\u00e9rique a, en fait, supprim\u00e9 les obstacles raciaux \u00e0 l&rsquo;avancement, sont consid\u00e9r\u00e9s comme des bigots.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Oui, le Times a toujours eu un parti pris lib\u00e9ral, et son histoire est remplie d&rsquo;exemples flagrants de couverture d\u00e9form\u00e9e. Comme Ashley Rindsberg l&rsquo;a document\u00e9 dans son livre de 2021, &lsquo;The Gray Lady Winked: How the New York Times&rsquo;s Misreporting, Distortions and Fabrications Radicalement Alter History&rsquo;, il s&rsquo;agit notamment de la minimisation des crimes de Staline dans les ann\u00e9es 1930, de l&rsquo;ignorance g\u00e9n\u00e9rale de l&rsquo;Holocauste pendant la Seconde Guerre mondiale, de la romantisation de Fidel Castro dans les ann\u00e9es 1950 et de la diffusion d&rsquo;une longue histoire de couverture anti-isra\u00e9lienne.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Mais son virage r\u00e9cent est diff\u00e9rent gr\u00e2ce \u00e0 son ambition et \u00e0 sa port\u00e9e agressives. Plut\u00f4t que de servir d&rsquo;interm\u00e9diaire honn\u00eate dont la mission est de fournir aux lecteurs les informations n\u00e9cessaires pour prendre des d\u00e9cisions sur des questions importantes, il met constamment son pouce sur la balance, tant en termes d&rsquo;histoires couvertes que de celles ignor\u00e9es. En rempla\u00e7ant le scepticisme par l&rsquo;id\u00e9ologie, le New York Times ne cherche pas \u00e0 informer, mais \u00e0 persuader. Son objectif n&rsquo;est pas de refl\u00e9ter la soci\u00e9t\u00e9 mais de la transformer, et les opinions contraires sont interdites, au-del\u00e0 des limites du discours acceptable.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Parce que le Times est, de loin, le m\u00e9dia d&rsquo;information le plus influent des &Eacute;tats-Unis, son adh\u00e9sion \u00e0 l&rsquo;id\u00e9ologie progressiste a eu un effet de cascade, transformant la couverture et la sensibilit\u00e9 de milliers de journaux et de sites Web, de stations de t\u00e9l\u00e9vision et de radio, de soci\u00e9t\u00e9s de divertissement et d&rsquo;entreprises qui suivent son exemple. Il a d\u00e9lib\u00e9r\u00e9ment l\u00e9gitim\u00e9 et int\u00e9gr\u00e9 les opinions d&rsquo;extr\u00eame gauche.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Comme l&rsquo;a d\u00e9montr\u00e9 Goldberg, l&rsquo;engagement du Times envers la r\u00e9volution culturelle en cours est profond\u00e9ment ancr\u00e9 dans la sensibilit\u00e9 et les hypoth\u00e8ses de presque tous les articles qu&rsquo;il publie. Il s&rsquo;agit notamment de c\u00e9l\u00e9brations sans nuance du polyamour et des drag queens et de la g\u00e9n\u00e9ralisation de la confusion des genres chez les enfants dans sa section sp\u00e9ciale &laquo; New York Times for Kids &raquo;. Mais deux \u00e9checs particuli\u00e8rement significatifs &ndash; le Projet 1619 et la couverture par le journal de la th\u00e9orie du complot Trump\/Russie &ndash; illustrent le chemin extr\u00eame et dangereux que le journal de r\u00e9f\u00e9rence suit d\u00e9sormais.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>En ao&ucirc;t 2019, le journal a consacr\u00e9 un num\u00e9ro entier du New York Times Magazine au projet 1619. Son &laquo; objectif &raquo; d\u00e9clar\u00e9 \u00e9tait de &laquo; repenser l&rsquo;histoire am\u00e9ricaine en r\u00e9fl\u00e9chissant \u00e0 ce que cela signifierait de consid\u00e9rer 1619 [l&rsquo;ann\u00e9e o&ugrave; les Africains subsahariens r\u00e9duits en esclavage ont d\u00e9barqu\u00e9 pour la premi\u00e8re fois en Am\u00e9rique du Nord] comme la \u00ab\u00a0v\u00e9ritable\u00a0\u00bb ann\u00e9e de naissance de notre nation. Pour ce faire &raquo;, a \u00e9crit le r\u00e9dacteur en chef du magazine Jake Silverstein dans une introduction, &laquo; nous devons placer les cons\u00e9quences de l&rsquo;esclavage et les contributions des Noirs am\u00e9ricains au centre m\u00eame de l&rsquo;histoire que nous nous racontons sur ce que nous sommes en tant que pays. &raquo; &Agrave; travers dix-huit articles et quinze contributions artistiques couvrant toute la dur\u00e9e de l&rsquo;histoire am\u00e9ricaine, le projet a abandonn\u00e9 la mission traditionnelle du journalisme qui consiste \u00e0 pr\u00e9senter la complexit\u00e9 des probl\u00e8mes importants afin de faire valoir que le pass\u00e9, le pr\u00e9sent et l&rsquo;avenir de la nation ont \u00e9t\u00e9 et seront toujours d\u00e9finis par le racisme anti-noir. Il n&rsquo;y a eu aucune opinion dissidente et peu de faits contradictoires. L&rsquo;ambition du Projet 1619 souligne la transformation du Times en un outil de la r\u00e9volution culturelle dont le but est de bouleverser les conceptions et les croyances traditionnelles sur presque tous les aspects de la vie am\u00e9ricaine. L&rsquo;orgueil est stup\u00e9fiant. Alors que les journaux ont souvent revisit\u00e9 des \u00e9pisodes du pass\u00e9 en r\u00e9ponse aux informations nouvelles d\u00e9couvertes par des chercheurs, le Projet 1619 a commenc\u00e9 avec une position id\u00e9ologique sur l&rsquo;ampleur de l&rsquo;histoire am\u00e9ricaine qu&rsquo;il a ensuite entrepris de d\u00e9montrer \u00e0 travers des articles tendancieux. L&rsquo;essai principal n&rsquo;a pas \u00e9t\u00e9 \u00e9crit par un chercheur, mais par une journaliste noire activiste, Nikole Hannah-Jones.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>La r\u00e9action a \u00e9t\u00e9 imm\u00e9diate, car de nombreux historiens de premier plan ont \u00e9crit de longues critiques de presque chaque article. Cela comprenait une lettre au Times sign\u00e9e par cinq \u00e9minents chercheurs &ndash; dont James M. McPherson et Sean Wilentz de l&rsquo;Universit\u00e9 de Princeton et Gordon Wood de l&rsquo;Universit\u00e9 Brown &ndash; qui contestait deux des affirmations les plus radicales de Hannah-Jones concernant la guerre d&rsquo;ind\u00e9pendance et Abraham Lincoln.<\/p>\n<\/p>\n<blockquote class=\"normal\" style=\"font-size:1.05em\">\n<p><p>&laquo; <em>Sur la R\u00e9volution am\u00e9ricaine, \u00e9l\u00e9ment central de tout r\u00e9cit de notre histoire, le projet affirme que les fondateurs ont d\u00e9clar\u00e9 l&rsquo;ind\u00e9pendance des colonies de la Grande-Bretagne \u00ab\u00a0afin de garantir la p\u00e9rennit\u00e9 de l&rsquo;esclavage\u00a0\u00bb. Ce n&rsquo;est pas vrai<\/em>. [&hellip;] <em>Le projet critique les vues d&rsquo;Abraham Lincoln sur l&rsquo;\u00e9galit\u00e9 raciale mais ignore sa conviction que la D\u00e9claration d&rsquo;ind\u00e9pendance proclamait l&rsquo;\u00e9galit\u00e9 universelle, pour les Noirs comme pour les Blancs, une opinion qu&rsquo;il a d\u00e9fendue \u00e0 plusieurs reprises contre les puissants supr\u00e9macistes blancs qui s&rsquo;opposaient \u00e0 lui<\/em>. &raquo;<\/p>\n<\/p>\n<\/blockquote>\n<p><p>Les historiens ont \u00e9crit que &laquo; ces erreurs, qui concernent des \u00e9v\u00e9nements majeurs, ne peuvent pas \u00eatre qualifi\u00e9es d&rsquo;interpr\u00e9tation ou de &laquo; cadrage &raquo;. Ce sont des faits v\u00e9rifiables, qui sont le fondement \u00e0 la fois d&rsquo;une recherche et d&rsquo;un journalisme honn\u00eates. Elles sugg\u00e8rent un remplacement de la compr\u00e9hension historique par l&rsquo;id\u00e9ologie. &raquo;<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Au lieu de s&rsquo;adresser \u00e0 ces \u00e9minents chercheurs, Hannah-Jones les a rejet\u00e9s en les qualifiant d&rsquo;&laquo; historiens blancs &raquo;. Quelques mois plus tard, leur interpr\u00e9tation de l&rsquo;esprit id\u00e9ologique du projet a \u00e9t\u00e9 soulign\u00e9e par Leslie M. Harris, une historienne afro-am\u00e9ricaine de l&rsquo;universit\u00e9 Northwestern qui a aid\u00e9 \u00e0 v\u00e9rifier les faits de l&rsquo;essai d&rsquo;Hannah-Jones. Elle a \u00e9crit dans &lsquo;Politico&rsquo; qu&rsquo;elle \u00e9tait stup\u00e9faite par l&rsquo;affirmation d&rsquo;Hannah-Jones selon laquelle &laquo; les patriotes ont combattu la R\u00e9volution am\u00e9ricaine en grande partie pour pr\u00e9server l&rsquo;esclavage en Am\u00e9rique du Nord &raquo;, car &laquo; j&rsquo;avais vigoureusement argument\u00e9 contre [ce point] aupr\u00e8s de son v\u00e9rificateur des faits &raquo;.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>En r\u00e9ponse \u00e0 une lettre des cinq historiens, Silverstein a admis que &laquo; nous pouvons difficilement pr\u00e9tendre avoir \u00e9tudi\u00e9 la p\u00e9riode r\u00e9volutionnaire aussi longtemps que certains des signataires, et nous ne pr\u00e9tendons pas non plus leur dire quoi que ce soit qu&rsquo;ils ne sachent d\u00e9j\u00e0. [&hellip;] nous ne sommes pas d&rsquo;accord avec leur affirmation selon laquelle notre projet contient d&rsquo;importantes erreurs factuelles et est motiv\u00e9 par l&rsquo;id\u00e9ologie plut\u00f4t que par la compr\u00e9hension historique &raquo;.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Au lieu de s&rsquo;attaquer directement \u00e0 leur \u00e9rudition fond\u00e9e sur des d\u00e9cennies d&rsquo;exp\u00e9rience professionnelle et de recherche, Silverstein a avanc\u00e9 la vision postmoderne selon laquelle il n&rsquo;y a pas de v\u00e9rit\u00e9. &laquo; Comme le savent bien les auteurs de ces cinq lettres, il y a souvent des d\u00e9bats, m\u00eame parmi les experts du domaine, sur la fa\u00e7on de voir le pass\u00e9. La compr\u00e9hension historique n&rsquo;est pas fig\u00e9e ; elle est constamment ajust\u00e9e par de nouvelles recherches et de nouvelles voix. &raquo;<\/p>\n<\/p>\n<p><p>La recherche et le journalisme ne sont cependant pas cens\u00e9s \u00eatre des chambres d&rsquo;\u00e9cho pour une quelconque opinion actuelle, ce sont des disciplines professionnelles car elles utilisent de multiples processus de v\u00e9rification. Elles comparent les interpr\u00e9tations et les opinions \u00e0 l&rsquo;ensemble des faits connus &ndash; qui peuvent changer &ndash; pour d\u00e9terminer la version la plus pr\u00e9cise de la r\u00e9alit\u00e9. Silverstein a rejet\u00e9 cette norme parce que lui et son \u00e9quipe ne voulaient pas rechercher la v\u00e9rit\u00e9, ils voulaient faire valoir un argument. &laquo; Le principe m\u00eame du Projet 1619, en fait, est que de nombreuses in\u00e9galit\u00e9s qui continuent d&rsquo;affliger la nation sont le r\u00e9sultat direct de la blessure non cicatris\u00e9e cr\u00e9\u00e9e par 250 ans d&rsquo;esclavage et un si\u00e8cle suppl\u00e9mentaire de citoyennet\u00e9 de seconde classe et de terrorisme supr\u00e9maciste blanc inflig\u00e9 aux Noirs. &raquo; Cela explique pourquoi le Times a ignor\u00e9 la plupart des \u00e9minents chercheurs de l&rsquo;\u00e9poque lors de la pr\u00e9paration de sa refonte radicale de l&rsquo;histoire am\u00e9ricaine. Dans des interviews apr\u00e8s la publication, Hannah-Jones a \u00e9t\u00e9 encore plus explicite dans la structure ax\u00e9e sur les r\u00e9sultats du Projet 1619 lorsqu&rsquo;elle a d\u00e9clar\u00e9 que son objectif &laquo; est qu&rsquo;un projet de loi sur les r\u00e9parations soit adopt\u00e9 &raquo; pour indemniser les Afro-Am\u00e9ricains pour les mauvais traitements pass\u00e9s. Autre signe du pouvoir du Times, l&rsquo;appel \u00e0 des r\u00e9parations pour les Afro-Am\u00e9ricains, longtemps un mouvement marginal, est devenu un sujet de pr\u00e9occupation majeur \u00e0 la suite de la publication, car de nombreuses communaut\u00e9s et &Eacute;tats ont ouvertement envisag\u00e9 l&rsquo;id\u00e9e, y compris la Californie, qui a r\u00e9uni une commission qui a demand\u00e9 plus de 800 milliards de dollars de paiements.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>L&rsquo;influence et le pouvoir du Times ont \u00e9galement \u00e9t\u00e9 \u00e9vidents lorsque Hannah-Jones a re\u00e7u un prix Pulitzer pour son essai principal malgr\u00e9 ses profondes erreurs.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Le Times a partag\u00e9 un autre prix Pulitzer, avec le Washington Post, en 2018 pour sa couverture de la th\u00e9orie du complot Trump\/Russie. Bien que les rapports de deux procureurs sp\u00e9ciaux, Robert S. Mueller et John Durham, aient rejet\u00e9 l&rsquo;accusation selon laquelle Donald Trump aurait conspir\u00e9 avec Vladimir Poutine pour voler l&rsquo;\u00e9lection de 2016, les deux journaux ont remport\u00e9 le premier prix du journalisme pour ce que le jury du Pulitzer a d\u00e9crit comme leur &laquo; couverture minutieusement sourc\u00e9e et implacablement rapport\u00e9e dans l&rsquo;int\u00e9r\u00eat public, qui a consid\u00e9rablement am\u00e9lior\u00e9 la compr\u00e9hension de la nation de l&rsquo;ing\u00e9rence russe dans l&rsquo;\u00e9lection pr\u00e9sidentielle de 2016 et de ses liens avec la campagne de Trump, l&rsquo;\u00e9quipe de transition du pr\u00e9sident \u00e9lu et son administration finale &raquo;.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Comme pour le Projet 1619, la couverture du Times sur le Russiagate \u00e9tait si unilat\u00e9rale, si motiv\u00e9e par l&rsquo;objectif de monter le dossier contre Trump, que la nouvelle selon laquelle Mueller avait blanchi Trump des principales accusations port\u00e9es contre lui a \u00e9t\u00e9 un choc pour de nombreux lecteurs du Times. Pourtant, sa corruption est facile \u00e0 voir dans le refus de du journal rem\u00e9dier aux manquements et de corriger les erreurs \u00e9videntes.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>D&rsquo;une part, le journal s&rsquo;appuyait souvent sur des sources anonymes pour ses affirmations. Le 14 f\u00e9vrier 2017, le Times a publi\u00e9 l&rsquo;un des articles fondateurs de la th\u00e9orie du complot, dans lequel il rapportait que &laquo; les relev\u00e9s t\u00e9l\u00e9phoniques et les appels intercept\u00e9s montrent que des membres de la campagne pr\u00e9sidentielle de Donald J. Trump en 2016 et d&rsquo;autres associ\u00e9s de Trump ont eu des contacts r\u00e9p\u00e9t\u00e9s avec de hauts responsables du renseignement russe au cours de l&rsquo;ann\u00e9e pr\u00e9c\u00e9dant l&rsquo;\u00e9lection, selon quatre responsables am\u00e9ricains actuels et anciens &raquo;. Quatre mois plus tard, le directeur du FBI de l&rsquo;\u00e9poque, James B. Comey, a d\u00e9clar\u00e9 au Congr\u00e8s que &laquo; dans l&rsquo;ensemble &raquo;, le rapport du Times &laquo; n&rsquo;\u00e9tait pas vrai &raquo;. Des documents d\u00e9classifi\u00e9s en 2020 montrent que Peter Strzok, le principal agent de contre-espionnage du FBI qui a ouvert l&rsquo;enqu\u00eate Trump-Russie, a qualifi\u00e9 l&rsquo;article \u00e0 l&rsquo;\u00e9poque de &laquo; trompeur et inexact &raquo;.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>De m\u00eame, le 30 d\u00e9cembre 2017, le Times a publi\u00e9 un autre article bas\u00e9 sur des sources anonymes qui pr\u00e9tendaient d\u00e9crire l&rsquo;\u00e9v\u00e9nement qui a conduit le FBI \u00e0 ouvrir l&rsquo;enqu\u00eate dirig\u00e9e par Strzok. Il commen\u00e7ait ainsi :<\/p>\n<\/p>\n<blockquote class=\"normal\" style=\"font-size:1.05em\">\n<p><p>&laquo; <em>Au cours d&rsquo;une nuit de beuverie dans un bar chic de Londres en mai 2016, George Papadopoulos, un jeune conseiller en politique \u00e9trang\u00e8re de la campagne Trump, a fait une r\u00e9v\u00e9lation surprenante au chef de la diplomatie australienne en Grande-Bretagne : la Russie avait des informations politiques embarrassantes sur Hillary Clinton. Environ trois semaines plus t\u00f4t, M. Papadopoulos avait \u00e9t\u00e9 inform\u00e9 que Moscou avait des milliers de courriels qui embarrasseraient Mme Clinton, apparemment vol\u00e9s dans le but de nuire \u00e0 sa campagne<\/em>. &raquo;<\/p>\n<\/p>\n<\/blockquote>\n<p><p>Le diplomate australien, Alexander Downer, a directement contredit ces d\u00e9tails dans des interviews ult\u00e9rieures. Il a d\u00e9clar\u00e9 que Papadopoulos et lui avaient chacun bu un verre en d\u00e9but de soir\u00e9e au bar de Londres, au cours duquel Papadopoulos n&rsquo;a jamais mentionn\u00e9 de &laquo; salet\u00e9s &raquo; ou de &laquo; milliers de courriels &raquo;, mais simplement que &laquo; les Russes pourraient utiliser des informations qu&rsquo;ils ont sur Hillary Clinton dans la p\u00e9riode pr\u00e9c\u00e9dant l&rsquo;\u00e9lection, ce qui pourrait \u00eatre pr\u00e9judiciable &raquo;. La communication \u00e9lectronique utilis\u00e9e par le FBI pour ouvrir officiellement l&rsquo;enqu\u00eate le 31 juillet 2016 \u00e9tait encore moins pr\u00e9cise. Elle indiquait que Papadopoulos avait &laquo; sugg\u00e9r\u00e9 que l&rsquo;\u00e9quipe Trump avait re\u00e7u une sorte de suggestion de la part de la Russie selon laquelle elle pourrait aider \u00e0 la publication anonyme d&rsquo;informations pendant la campagne qui seraient pr\u00e9judiciables \u00e0 Mme Clinton (et au pr\u00e9sident Obama). On ne sait pas si lui ou les Russes faisaient r\u00e9f\u00e9rence \u00e0 des informations obtenues publiquement ou par d&rsquo;autres moyens &raquo;. Pour \u00eatre juste envers le New York Times, le canular du Russiagate a \u00e9t\u00e9 foment\u00e9 par des responsables actuels et anciens des plus hautes sph\u00e8res du gouvernement &ndash; y compris la CIA et le FBI &ndash; qui ont presque certainement servi de sources anonymes aux journaux. Comme les journalistes d\u00e9pendent des autres pour obtenir des informations, ils peuvent \u00eatre dup\u00e9s. Mais, une fois que la manipulation est \u00e9vidente, toutes les promesses de confidentialit\u00e9 sont rompues et les journalistes ne sont pas tenus de prot\u00e9ger les sources qui les ont intentionnellement utilis\u00e9s et induits en erreur. En fait, ils ont le devoir public d&rsquo;identifier la source pour de nombreuses raisons. La premi\u00e8re est de rendre leur premi\u00e8re \u00e9bauche de l&rsquo;histoire aussi pr\u00e9cise que possible. Dans le cas du canular du Russiagate, cela signifiait identifier les auteurs de la fraude. Que cherchaient-ils \u00e0 obtenir ? Quelles faiblesses des syst\u00e8mes actuels ont-ils exploit\u00e9es ? Il y a aussi des pr\u00e9occupations journalistiques : pour rester fid\u00e8les \u00e0 leur public, les organes de presse doivent expliquer pourquoi ils ont transmis de fausses informations. Ils ont \u00e9galement un int\u00e9r\u00eat professionnel \u00e0 d\u00e9masquer les menteurs pour dissuader d&rsquo;autres sources de les induire en erreur. Non seulement le Times n&rsquo;a jamais r\u00e9v\u00e9l\u00e9 ses sources trompeuses, mais des ann\u00e9es plus tard, le journal n&rsquo;a toujours pas corrig\u00e9 ces erreurs et d&rsquo;autres qu&rsquo;il a identifi\u00e9es dans ses reportages.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Ce refus d\u00e9lib\u00e9r\u00e9 de r\u00e9tablir les faits est une illustration frappante de la transformation id\u00e9ologique du journal. Le Times, bien s&ucirc;r, publie chaque jour une colonne de rectifications. Au cours de sa longue histoire, il a \u00e9galement, \u00e0 plusieurs reprises, r\u00e9examin\u00e9 et reconnu des lacunes dans son propre travail, notamment une r\u00e9\u00e9valuation tr\u00e8s publique de ses reportages sur la question de savoir si un scientifique atomique ta\u00efwanais-am\u00e9ricain du nom de Wen Ho Lee avait espionn\u00e9 pour les communistes chinois ; et, dans un article de sept mille mots en premi\u00e8re page sur la fa\u00e7on dont un journaliste en difficult\u00e9 de la discrimination positive du nom de Jayson Blair avait produit un certain nombre d&rsquo;articles fabriqu\u00e9s et plagi\u00e9s. Cela a conduit \u00e0 sa d\u00e9mission forc\u00e9e en mai 2003.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Le Times n&rsquo;a cependant pas men\u00e9 une telle introspection au sujet du Russiagate &ndash; m\u00eame apr\u00e8s que l&rsquo;un de ses anciens journalistes vedettes, Jeff Gerth, ait \u00e9crit un article de vingt-quatre mille mots dans la Columbia Journalism Review qui reprochait au journal et \u00e0 d&rsquo;autres m\u00e9dias leur couverture de l&rsquo;affaire Trump-Russie, qui &laquo; comportait de graves d\u00e9fauts &raquo;. Il semble que l&rsquo;histoire \u00e9tait trop importante pour \u00eatre corrig\u00e9e. N\u00e9anmoins, les probl\u00e8mes li\u00e9s \u00e0 la couverture du Russiagate \u00e9taient si \u00e9vidents que le comit\u00e9 Pulitzer a pris la mesure tr\u00e8s inhabituelle de commander ce qu&rsquo;il a appel\u00e9 deux &laquo; examens ind\u00e9pendants &raquo; des articles prim\u00e9s soumis par le Times et le Washington Post. Cependant, dans un autre signe de la fa\u00e7on dont la corruption du Times est devenue une proc\u00e9dure op\u00e9rationnelle standard aux plus hauts niveaux du journalisme am\u00e9ricain, le comit\u00e9 a refus\u00e9 de publier les rapports ou d&rsquo;identifier leurs auteurs. Au lieu de cela, il s&rsquo;est content\u00e9 de publier une br\u00e8ve d\u00e9claration affirmant qu&rsquo;&laquo; aucun passage ou titre, aucune affirmation ou affirmation dans aucun des articles prim\u00e9s n&rsquo;a \u00e9t\u00e9 discr\u00e9dit\u00e9 par des faits apparus apr\u00e8s l&rsquo;attribution des prix &raquo;.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>La dissimulation du Times par le jury Pulitzer montre pourquoi les p\u00e9ch\u00e9s du journal sont particuli\u00e8rement graves et lourds de cons\u00e9quences. En tant que joueur de fl&ucirc;te du journalisme, le Times joue la musique &ndash; \u00e9tablit le r\u00e9cit, normalise les pratiques &ndash; que d&rsquo;autres suivent. Si le Times n&rsquo;avait tout simplement pas rejet\u00e9 les &laquo; normes normales &raquo; du journalisme &ndash; s&rsquo;il avait accept\u00e9 que son r\u00f4le principal est d&rsquo;informer et non de persuader &ndash; notre d\u00e9bat national serait bien moins enflamm\u00e9. Au lieu de cela, les Am\u00e9ricains sont manipul\u00e9s au plus haut niveau, car le Times adopte l&rsquo;approche Rutenberg tout en invoquant les valeurs traditionnelles qu&rsquo;il viole \u00e0 chaque instant. Car m\u00eame si le Times d\u00e9forme l&rsquo;actualit\u00e9, son autorit\u00e9 d\u00e9pend toujours de son image de courtier honn\u00eate en informations &ndash; ce qui est une autre raison pour laquelle il est si r\u00e9ticent \u00e0 admettre de graves erreurs. Comme il trahit cette confiance, il doit redoubler d&rsquo;efforts pour se vanter d&rsquo;\u00eatre digne de confiance. Dans son discours sur l&rsquo;\u00e9tat du Times de 2023, le pr\u00e9sident et \u00e9diteur du journal, A.G. Sulzberger, a d\u00e9clar\u00e9 :<\/p>\n<\/p>\n<blockquote class=\"normal\" style=\"font-size:1.05em\">\n<p><p>&laquo; <em>L&rsquo;\u00e9cosyst\u00e8me de l&rsquo;information a \u00e9t\u00e9 envahi par la d\u00e9sinformation, la propagande, les experts et les pi\u00e8ges \u00e0 clics, ce qui rend plus difficile que jamais de distinguer les faits de la fiction. Et dans cette \u00e9poque de plus en plus polaris\u00e9e, de moins en moins d&rsquo;institutions s&rsquo;engagent dans le difficile travail de recherche de la v\u00e9rit\u00e9 avec un esprit ouvert et un engagement de premier ordre envers l&rsquo;ind\u00e9pendance, l&rsquo;\u00e9quit\u00e9 et l&rsquo;exactitude<\/em>. &raquo;<\/p>\n<\/p>\n<\/blockquote>\n<p><p>Sulzberger a cependant diagnostiqu\u00e9 la maladie sans aucune suggestion sur la mani\u00e8re dont le Times la propage. Au lieu de r\u00e9pondre aux critiques l\u00e9gitimes de sa couverture, le journal continue de les rejeter comme des points de discussion de droite. Cela dit, il serait erron\u00e9 de bl\u00e2mer le Times pour tous ces maux. Malgr\u00e9 son \u00e9norme influence en tant que leader d&rsquo;opinion, il est \u00e9galement un suiveur fragile, essayant de rester rentable \u00e0 une \u00e9poque o&ugrave; le secteur de l&rsquo;information continue de subir des pertes financi\u00e8res importantes pendant une p\u00e9riode de changement social et technologique.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Le Times n&rsquo;a pas invent\u00e9 les critiques post-modernes de l&rsquo;objectivit\u00e9. Il n&rsquo;a pas cr\u00e9\u00e9 les plateformes de m\u00e9dias sociaux qui ont donn\u00e9 du pouvoir aux militants radicaux. Il n&rsquo;a pas corrompu le syst\u00e8me \u00e9ducatif am\u00e9ricain &ndash; de la maternelle \u00e0 la terminale jusqu&rsquo;\u00e0 la plupart des coll\u00e8ges et universit\u00e9s &ndash; qui sont devenus des usines d&rsquo;endoctrinement de gauche. Il n&rsquo;a pas d\u00e9clench\u00e9 le &laquo; Grand R\u00e9veil &raquo;, cette culture de l&rsquo;identit\u00e9 et de la politique tribale, de la rancune et de la culpabilit\u00e9, qui d\u00e9finit de plus en plus la vision du monde de ses lecteurs. Il a, au contraire, capitul\u00e9 et facilit\u00e9 l&rsquo;int\u00e9gration de ces forces dangereuses et malhonn\u00eates.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Cela tient en partie \u00e0 une d\u00e9cision commerciale. Le Times s&rsquo;est transform\u00e9 en une op\u00e9ration num\u00e9rique et d\u00e9pend d\u00e9sormais beaucoup plus des revenus des abonn\u00e9s partisans que des annonceurs qui ont longtemps rechign\u00e9 \u00e0 la controverse. Ces lecteurs exigent de plus en plus que le journal pr\u00e9sente des informations qui confirment leurs opinions. L&rsquo;ancienne r\u00e9dactrice en chef de la rubrique Opinion, Bari Weiss, a d\u00e9crit comment le Times a chang\u00e9 dans sa lettre de d\u00e9mission de 2020 \u00e0 Sulzberger :<\/p>\n<\/p>\n<blockquote class=\"normal\" style=\"font-size:1.05em\">\n<p><p>&laquo; <em>Twitter est devenu son r\u00e9dacteur en chef ultime <\/em>[du journal]<em>. &laquo; &Agrave; mesure que l&rsquo;\u00e9thique et les m&oelig;urs de cette plateforme sont devenues celles du journal, le journal lui-m\u00eame est devenu de plus en plus une sorte d&rsquo;espace de performance. Les histoires sont choisies et racont\u00e9es de mani\u00e8re \u00e0 satisfaire le public le plus restreint, plut\u00f4t que de permettre \u00e0 un public curieux de lire sur le monde et de tirer ensuite ses propres conclusions. On m&rsquo;a toujours appris que les journalistes \u00e9taient charg\u00e9s d&rsquo;\u00e9crire la premi\u00e8re \u00e9bauche de l&rsquo;histoire. Aujourd&rsquo;hui, l&rsquo;histoire elle-m\u00eame est une chose \u00e9ph\u00e9m\u00e8re de plus, model\u00e9e pour r\u00e9pondre aux besoins d&rsquo;un r\u00e9cit pr\u00e9d\u00e9termin\u00e9<\/em>. &raquo;<\/p>\n<\/p>\n<\/blockquote>\n<p><p>Weiss a not\u00e9 que le personnel du journal &ndash; qui, comme les lecteurs du journal, consid\u00e8re de plus en plus le journal comme un instrument de changement social &ndash; a \u00e9galement fait pression sur le journal pour qu&rsquo;il abandonne les valeurs traditionnelles. Le 3 juin 2020, par exemple, le journal a demand\u00e9 au s\u00e9nateur r\u00e9publicain Tom Cotton de l&rsquo;Arkansas d&rsquo;\u00e9crire un article en r\u00e9ponse aux \u00e9meutes qui se propageaient alors \u00e0 travers le pays apr\u00e8s la mort d&rsquo;un homme noir, George Floyd, aux mains d&rsquo;un policier blanc \u00e0 Minneapolis. Cotton a estim\u00e9 que &laquo; ces \u00e9meutiers, s&rsquo;ils ne sont pas ma&icirc;tris\u00e9s, non seulement d\u00e9truiront les moyens de subsistance des citoyens respectueux de la loi, mais prendront \u00e9galement davantage de vies innocentes. &hellip; Une chose par-dessus tout r\u00e9tablira l&rsquo;ordre dans nos rues : une d\u00e9monstration de force \u00e9crasante pour disperser, arr\u00eater et finalement dissuader les contrevenants. &raquo;<\/p>\n<\/p>\n<p><p>La r\u00e9action au sein de la salle de r\u00e9daction a \u00e9t\u00e9 imm\u00e9diate. Des dizaines de journalistes du Times ont tweet\u00e9 une capture d&rsquo;\u00e9cran de l&rsquo;article de Cotton avec le commentaire suivant : &laquo; La publication de cet article met en danger le personnel noir du @NYTimes. &raquo;<\/p>\n<\/p>\n<p><p>L&rsquo;affirmation selon laquelle les mots avec lesquels on n&rsquo;est pas d&rsquo;accord sont une forme de violence est \u00e0 la fois une atteinte au Premier Amendement et un outil de censure courant pour la gauche. Le 4 juin, Sulzberger s&rsquo;est senti oblig\u00e9 de d\u00e9fendre l&rsquo;article de Cotton dans une note de service. &laquo; Je crois au principe d&rsquo;ouverture \u00e0 une gamme d&rsquo;opinions, m\u00eame celles avec lesquelles nous pouvons \u00eatre en d\u00e9saccord, et cet article a \u00e9t\u00e9 publi\u00e9 dans cet esprit &raquo;, a-t-il \u00e9crit. &laquo; Mais il est essentiel que nous \u00e9coutions et que nous r\u00e9fl\u00e9chissions aux pr\u00e9occupations que nous entendons, comme nous le ferions avec tout article faisant l&rsquo;objet de critiques importantes. &raquo;<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Cela n&rsquo;a pas r\u00e9ussi \u00e0 apaiser la foule ; le r\u00e9dacteur en chef de la page \u00e9ditoriale James Bennet, dont le d\u00e9partement avait command\u00e9 l&rsquo;article, a pr\u00e9sent\u00e9 des excuses abjectes lors d&rsquo;une r\u00e9union du personnel le 5 juin. &laquo; Je veux juste commencer par dire que je suis vraiment d\u00e9sol\u00e9, je suis d\u00e9sol\u00e9 pour la douleur que cet article particulier a caus\u00e9e &raquo;, a-t-il d\u00e9clar\u00e9, ajoutant : &laquo; Je pense que c&rsquo;est le moment pour moi et pour nous de remettre en question tout ce que nous faisons dans Opinion. &raquo; Bien que Cotton ait d\u00e9crit un processus rigoureux de va-et-vient qui comprenait au moins trois versions de l&rsquo;\u00e9ditorial et une \u00e9dition ligne par ligne, le Times a affirm\u00e9 qu&rsquo;un examen interne &laquo; a clairement montr\u00e9 qu&rsquo;un processus \u00e9ditorial pr\u00e9cipit\u00e9 a conduit \u00e0 la publication d&rsquo;un \u00e9ditorial qui ne r\u00e9pondait pas \u00e0 nos normes &raquo;.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Le 7 juin, Bennet, qui avait \u00e9t\u00e9 consid\u00e9r\u00e9 comme un candidat s\u00e9rieux pour devenir r\u00e9dacteur en chef du journal, a \u00e9t\u00e9 contraint de d\u00e9missionner. Revenant sur cette exp\u00e9rience dans une interview accord\u00e9e en 2022 au site de m\u00e9dias en ligne Semafor, Bennet a d\u00e9clar\u00e9 :<\/p>\n<\/p>\n<blockquote class=\"normal\" style=\"font-size:1.05em\">\n<p><p>&laquo; <em>Mon regret est la note de l&rsquo;\u00e9diteur. Mon erreur a \u00e9t\u00e9 d&rsquo;essayer d&rsquo;apaiser les gens &raquo;, a-t-il d\u00e9clar\u00e9. Le Times et son \u00e9diteur, a d\u00e9clar\u00e9 Bennet, &laquo; veulent avoir le beurre et l&rsquo;argent du beurre &raquo;. Sulzberger est &laquo; de la vieille \u00e9cole &raquo; dans sa croyance en une publication neutre et h\u00e9t\u00e9rodoxe. Mais &laquo; ils veulent avoir les applaudissements et l&rsquo;accueil de la gauche, et maintenant il y a le probl\u00e8me en plus de cela qu&rsquo;ils ont re\u00e7u tellement de nouveaux abonn\u00e9s au cours des derni\u00e8res ann\u00e9es et que l&rsquo;attente de ces abonn\u00e9s est que le Times soit du &lsquo;<a href=\"https:\/\/fr.wikipedia.org\/wiki\/Mother_Jones\">Mother Jones<\/a>&lsquo; sous st\u00e9ro\u00efdes <\/em>&raquo;.<\/p>\n<\/p>\n<\/blockquote>\n<p><p>Le Times refuse r\u00e9solument de s&rsquo;attaquer aux critiques d&rsquo;anciens initi\u00e9s tels que Bennet et Weiss, qui ont soulign\u00e9 que son engagement d\u00e9clar\u00e9 envers les normes traditionnelles est en contradiction avec le journalisme quotidien qu&rsquo;il produit. Lewis Menand a fait \u00e9cho \u00e0 ces pr\u00e9occupations dans un essai de 2023 dans le New Yorker, &laquo; When Americans Lost Faith in the News &raquo; :<\/p>\n<\/p>\n<blockquote class=\"normal\" style=\"font-size:1.05em\">\n<p><p>&laquo; <em>Ce que les gens veulent, c&rsquo;est un plaidoyer. &hellip; En fin de compte, nous ne nous soucions pas des faits, car il y a toujours plus de faits. On ne peut pas d\u00e9former les faits ; On ne peut que leur donner une autre tournure. Ce que nous voulons, c&rsquo;est voir notre ennemi &ndash; Steve Bannon, Hunter Biden, qui que ce soit &ndash; en combinaison orange. Nous voulons des gagnants et des perdants. C&rsquo;est pourquoi une grande partie de notre politique se d\u00e9roule d\u00e9sormais dans une salle d&rsquo;audience<\/em>. &raquo;<\/p>\n<\/p>\n<\/blockquote>\n<p><p>Au cours de la derni\u00e8re d\u00e9cennie, le Times s&rsquo;est transform\u00e9 en une publication tr\u00e8s diff\u00e9rente. Ce n&rsquo;est pas un interm\u00e9diaire honn\u00eate, mais un organe de d\u00e9fense. Pour ses d\u00e9tracteurs, c&rsquo;est une trag\u00e9die pour le journalisme et la nation. Mais, en tant qu&rsquo;entreprise ind\u00e9pendante, c&rsquo;est aussi son droit. Peut-\u00eatre le Times pourrait-il d\u00e9fendre ces changements. Son refus de le faire, de rendre compte du monde tel qu&rsquo;il est, et non tel qu&rsquo;il voudrait qu&rsquo;il soit, rend un tr\u00e8s mauvais service au journalisme et \u00e0 la nation.<\/p>\n<\/p>\n<p><h4>J. Peder Zane<\/h4><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Infamie et chute du journalisme 23 septembre 2024 (17H20) &ndash; On commence par des compliments et \u00e9changes de bonnes mani\u00e8res. Hier soir, dans son style si caract\u00e9ristique d&rsquo;un impeccable anglais, parfois un peu pompeux, Alexander Mercouris tenait absolument \u00e0 commencer son programme par une note toute personnelle. 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