{"id":81303,"date":"2024-10-27T06:37:30","date_gmt":"2024-10-27T06:37:30","guid":{"rendered":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/2024\/10\/27\/sur-nietzsche-et-sa-russophilie-paradoxale\/"},"modified":"2024-10-27T06:37:30","modified_gmt":"2024-10-27T06:37:30","slug":"sur-nietzsche-et-sa-russophilie-paradoxale","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/2024\/10\/27\/sur-nietzsche-et-sa-russophilie-paradoxale\/","title":{"rendered":"Sur Nietzsche et sa russophilie paradoxale"},"content":{"rendered":"<p><h2 class=\"titleset_b.deepgreen\" style=\"color:#75714d; font-size:1.65em; font-variant:small-caps\"><strong>Sur Nietzsche et sa russophilie paradoxale<\/strong><\/h2>\n<\/p>\n<p><p>Peut-on admirer les russes sans les aimer ? C&rsquo;est ce que fait Nietzsche, et plus d&rsquo;une fois. En feuilletant pour la milli\u00e8me fois de ma vie le Cr\u00e9puscule des idoles, je tombe sur des phrases qui marquent une certaine admiration de Nietzsche pour la Russie, et qui rejoint le fondamental &sect; 251 de Par-del\u00e0 le bien et le mal ; et \u00e7a donne (&sect; 22) :<\/p>\n<\/p>\n<blockquote class=\"normal\" style=\"font-size:1.05em\">\n<p><p>&laquo; Les hommes m\u00e9chants n&rsquo;ont point de chants. &raquo; D&rsquo;o&ugrave; vient que les Russes aient des chants ? &raquo;<\/p>\n<\/p>\n<\/blockquote>\n<p><p>C&rsquo;est en plus la grande \u00e9poque de la musique russe avec Moussorgski, Borodine, Rimski-Korsakov qui ont du reste inspir\u00e9  avec Wagner toute la grande musique de film hollywoodienne &ndash; celle de l&rsquo;\u00e2ge d&rsquo;or s&rsquo;entend (cela vaudrait un essai). Russophile paradoxal, Nietzsche qui pr\u00e9f\u00e8re de loin les Fran\u00e7ais ou les italiens, admire cette &laquo; race &raquo; plus solide et tellurique que le reste du troupeau indo-europ\u00e9en.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>L&rsquo;id\u00e9e implicite de Nietzsche  est que les russes sont des durs et de m\u00e9chants, qu&rsquo;ils ne sont pas comme les autres occidentaux qui se croient bons. Nietzsche semble aussi penser qu&rsquo;ils le resteront, qu&rsquo;il y a une exception russe, et il va expliquer pourquoi : la Russie n&rsquo;est pas une nation (Nietzsche m\u00e9prise cette notion), mais un empire. Et Nietzsche qui m\u00e9prise l&#8217;empire allemand (ses raisons ne me semblent pas toujours convaincantes, il avait une certaine grandeur et un certain m\u00e9rite cet empire) admire l&#8217;empire russe.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Mais revenons \u00e0 Par-del\u00e0 le bien et le mal (le prodigieux &sect; 251 donc), quand notre g\u00e9nie explique le futur champ de forces :<\/p>\n<\/p>\n<blockquote class=\"normal\" style=\"font-size:1.05em\">\n<p><p>&laquo; <em>Or, les juifs sont incontestablement la race la plus \u00e9nergique, la plus tenace et la plus pure qu&rsquo;il y ait dans l&rsquo;Europe actuelle ; ils savent tirer parti des pires conditions &mdash; mieux peut-\u00eatre que des plus favorables, &mdash; et ils le doivent \u00e0 quelqu&rsquo;une de ces vertus dont on voudrait aujourd&rsquo;hui faire des vices, ils le doivent surtout \u00e0 une foi robuste qui n&rsquo;a pas de raison de rougir devant les &laquo; id\u00e9es modernes &raquo; ; ils se transforment, quand ils se transforment, comme l&#8217;empire russe conquiert : la Russie \u00e9tend ses conqu\u00eates en empire qui a du temps devant lui et qui ne date pas d&rsquo;hier, &mdash; eux se transforment suivant la maxime : &laquo; Aussi lentement que possible ! &raquo; Le penseur que pr\u00e9occupe l&rsquo;avenir de l&rsquo;Europe doit, dans toutes ses sp\u00e9culations sur cet avenir, compter avec les juifs et les Russes comme avec les facteurs les plus certains et les plus probables du jeu et du conflit des forces.<\/em> &raquo;<\/p>\n<\/p>\n<\/blockquote>\n<p><p>L&#8217;empire russe r\u00eave toujours de terre et de conqu\u00eate. Custine a dit la m\u00eame chose (cf. notre texte) : l&rsquo;occident fait des guerres de propagande, la Russie des guerres de conqu\u00eate.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Comme Marshall Macluhan plus tard (on y reviendra), Nietzsche constate que la nation est une &laquo; chose fabriqu\u00e9e &raquo; :<\/p>\n<\/p>\n<blockquote class=\"normal\" style=\"font-size:1.05em\">\n<p><p>&laquo; <em>Ce que, dans l&rsquo;Europe d&rsquo;aujourd&rsquo;hui, on appelle une &laquo; nation &raquo; est chose fabriqu\u00e9e plut\u00f4t que chose de nature, et a bien souvent tout l&rsquo;air d&rsquo;\u00eatre une chose artificielle et fictive ; mais, \u00e0 coup s&ucirc;r, les &laquo; nations &raquo; actuelles sont choses qui deviennent, choses jeunes et ais\u00e9ment modifiables, ne sont pas encore des &laquo; races &raquo;, et n&rsquo;ont \u00e0 aucun degr\u00e9 ce caract\u00e8re d&rsquo;\u00e9ternit\u00e9, qui est le propre des juifs (&sect; 251)&hellip;<\/em><\/p>\n<\/p>\n<\/blockquote>\n<p><p>Retour au Cr\u00e9puscule des idoles. Nietzsche y d\u00e9nonce comme on sait notre d\u00e9cadence, th\u00e8me parfois incertain qu&rsquo;on retrouve alors chez Maupassant, Tolsto\u00ef ou Max Nordau (cf. texte encore). Il voit la sensibilit\u00e9 humanitaire et n\u00e9o-chr\u00e9tienne tout bousiller dans cet occident :<\/p>\n<\/p>\n<blockquote class=\"normal\" style=\"font-size:1.05em\">\n<p><p><em>37. SOMMES-NOUS DEVENUS PLUS MORAUX ? &mdash; Contre ma notion &laquo; par-del\u00e0 le bien et le mal &raquo;, il fallait s&rsquo;y attendre, toute la f\u00e9rocit\u00e9 de l&rsquo;ab\u00eatissement moral, qui, comme on sait, passe en Allemagne pour la morale m\u00eame &mdash; s&rsquo;est ru\u00e9e \u00e0 l&rsquo;assaut : j&rsquo;aurais de jolies histoires \u00e0 conter l\u00e0-dessus. Avant tout on a voulu me faire comprendre &laquo; l&rsquo;ind\u00e9niable sup\u00e9riorit\u00e9 &raquo; de notre temps en mati\u00e8re d&rsquo;opinion morale, notre v\u00e9ritable progr\u00e8s sur ce domaine : impossible d&rsquo;accepter qu&rsquo;un C\u00e9sar Borgia, compar\u00e9 avec nous, puisse \u00eatre pr\u00e9sent\u00e9, ainsi que je l&rsquo;ai fait, comme un &laquo; homme sup\u00e9rieur &raquo;, comme une esp\u00e8ce de surhumain&#8230;<\/em> &raquo;<\/p>\n<\/p>\n<\/blockquote>\n<p><p>Nietzsche aime l&rsquo;homme dur et cruel, celui qu&rsquo;il a c\u00e9l\u00e9br\u00e9 dans Zarathoustra : Borgia, Napol\u00e9on, le for\u00e7at russe (on y revient)&hellip; et il comprend que cet humanitarisme occidental est la source de la criminelle arrogance et des guerres humanitaires \u00e0 venir (&laquo; faire un monde un lieu s&ucirc;r pour la d\u00e9mocratie &raquo; comme en Palestine). L&rsquo;occident se croit sup\u00e9rieur moralement, et cela lui vient de son jud\u00e9o-christianisme chevronn\u00e9 : il peut donc tout exterminer. L&rsquo;excellent John Hobson parlait d&rsquo;une certaine inconsistance dans son chef-d&rsquo;&oelig;uvre sur l&rsquo;imp\u00e9rialisme, livre de chevet de L\u00e9nine (une myriade de citations orne l&rsquo;Imp\u00e9rialisme stade supr\u00eame du capitalisme) :<\/p>\n<\/p>\n<blockquote class=\"normal\" style=\"font-size:1.05em\">\n<p><p>&laquo; <em>Nous autres hommes modernes, tr\u00e8s d\u00e9licats, tr\u00e8s susceptibles, ob\u00e9issant \u00e0 cent consid\u00e9rations diff\u00e9rentes, nous nous figurons en effet que ces tendres sentiments d&rsquo;humanit\u00e9 que nous repr\u00e9sentons, cette unanimit\u00e9 acquise dans l&rsquo;indulgence, dans la disposition \u00e0 secourir, dans la confiance r\u00e9ciproque est un progr\u00e8s r\u00e9el et que nous sommes par-l\u00e0 bien au-dessus des hommes de la Renaissance (&sect; 37 toujours).<\/em> &raquo;<\/p>\n<\/p>\n<\/blockquote>\n<p><p>Ce faisant nous devenons des&hellip; comiques :<\/p>\n<\/p>\n<blockquote class=\"normal\" style=\"font-size:1.05em\">\n<p><p>&laquo; <em>Ne doutons pas, d&rsquo;autre part, que nous autres modernes, avec notre humanitarisme \u00e9pais et ouat\u00e9 qui craindrait m\u00eame de se heurter \u00e0 une pierre, nous offririons aux contemporains de C\u00e9sar Borgia une com\u00e9die qui les ferait mourir de rire. En effet, avec nos &laquo; vertus &raquo; modernes, nous sommes ridicules au-del\u00e0 de toute mesure<\/em>&#8230; &raquo;<\/p>\n<\/p>\n<\/blockquote>\n<p><p>La vertu du gentil c&rsquo;est une vertu de faible, de d\u00e9cadent (on a la m\u00eame intuition chez Schiller, cf. lien).<\/p>\n<\/p>\n<blockquote class=\"normal\" style=\"font-size:1.05em\">\n<p><p>&laquo; <em>La diminution des instincts hostiles et qui tiennent la d\u00e9fiance en \u00e9veil &mdash; et ce serait l\u00e0 notre &laquo; progr\u00e8s &raquo; &mdash; ne repr\u00e9sente qu&rsquo;une des cons\u00e9quences de la diminution g\u00e9n\u00e9rale de la vitalit\u00e9 : cela co&ucirc;te cent fois plus de peine, plus de pr\u00e9cautions de faire aboutir une existence si d\u00e9pendante et si tardive.<\/em> &raquo;<\/p>\n<\/p>\n<\/blockquote>\n<p><p>Plus n&ucirc;ment le ma&icirc;tre \u00e9crit :<\/p>\n<\/p>\n<blockquote class=\"normal\" style=\"font-size:1.05em\">\n<p><p>&laquo; <em>Notre adoucissement des m&oelig;urs &mdash; c&rsquo;est l\u00e0 mon id\u00e9e, c&rsquo;est l\u00e0 si l&rsquo;on veut mon innovation &mdash; est une cons\u00e9quence de notre affaiblissement ; la duret\u00e9 et l&rsquo;atrocit\u00e9 des m&oelig;urs peuvent \u00eatre, au contraire, la suite d&rsquo;une surabondance de vie<\/em>. &raquo;<\/p>\n<\/p>\n<\/blockquote>\n<p><p>Puis Nietzsche revient \u00e0 sa Russie pure et dure et cite Dosto\u00efevski, le seul comme on sait qui lui ait &laquo; appris quelque chose en psychologie &raquo; (il y en eut un autre, c&rsquo;est notre Stendhal) :<\/p>\n<\/p>\n<blockquote class=\"normal\" style=\"font-size:1.05em\">\n<p><p>&laquo; <em>Cet homme profond, qui a eu dix fois raison de faire peu de cas de ce peuple superficiel que sont les Allemands, a v\u00e9cu longtemps parmi les for\u00e7ats de Sib\u00e9rie, et il a re\u00e7u de ces vrais criminels, pour lesquels il n&rsquo;y avait pas de retour possible dans la soci\u00e9t\u00e9, une impression toute diff\u00e9rente de celle qu&rsquo;il attendait; &mdash; ils lui sont apparus taill\u00e9s dans le meilleur bois que porte peut-\u00eatre la terre russe, dans le bois le plus dur et le plus pr\u00e9cieux<\/em>. &raquo;<\/p>\n<\/p>\n<\/blockquote>\n<p><p>C&rsquo;est presque du Pinocchio ce passage : l&rsquo;important c&rsquo;est le bois, la mati\u00e8re brute. Et Dosto\u00efevski qui d\u00e9nonce r\u00e9guli\u00e8rement l&rsquo;homoncule d\u00e9g\u00e9n\u00e9r\u00e9 de Saint-P\u00e9tersbourg c\u00e9l\u00e8bre son homme dur des bois. On le cite sur sa Sib\u00e9rie presque natale (Souvenirs de la maison des morts, p. 29) :<\/p>\n<\/p>\n<blockquote class=\"normal\" style=\"font-size:1.05em\">\n<p><p>&laquo; <em>Ceux qui savent r\u00e9soudre le probl\u00e8me de la vie restent presque toujours en Sib\u00e9rie et s&rsquo;y fixent d\u00e9finitivement. Les fruits abondants et savoureux qu&rsquo;ils r\u00e9coltent plus tard les d\u00e9dommagent amplement ; quant aux autres, gens l\u00e9gers et qui ne savent pas r\u00e9soudre ce probl\u00e8me, ils s&rsquo;ennuient bient\u00f4t en Sib\u00e9rie et se demandent avec regret pourquoi ils ont fait la b\u00eatise d&rsquo;y venir. C&rsquo;est avec impatience qu&rsquo;ils tuent les trois ans, &ndash; terme l\u00e9gal de leur s\u00e9jour ; &ndash; une fois leur engagement expir\u00e9, ils sollicitent leur retour et reviennent chez eux en d\u00e9nigrant la Sib\u00e9rie et en s&rsquo;en moquant. Ils ont tort, car c&rsquo;est un pays de b\u00e9atitude, non seulement en ce qui concerne le service public, mais encore \u00e0 bien d&rsquo;autres points de vue. Le climat est excellent ; les marchands sont riches et hospitaliers ; les Europ\u00e9ens ais\u00e9s y sont nombreux. Quant aux jeunes filles, elles ressemblent \u00e0 des roses fleuries ; leur moralit\u00e9 est irr\u00e9prochable. Le gibier court dans les rues et vient se jeter contre le chasseur<\/em>&hellip; &raquo;<\/p>\n<\/p>\n<\/blockquote>\n<p><p>C&rsquo;est humoristique bien s&ucirc;r, mais quel dommage que les russes n&rsquo;aient pas brav\u00e9 cet excellent climat pour peupler et d\u00e9velopper ces d\u00e9serts sib\u00e9riens !<\/p>\n<\/p>\n<p><p>J&rsquo;ai expliqu\u00e9 dans mon livre toute la critique occidentale de Dosto\u00efevski. Il a tout vu venir notamment dans le Crocodile, pi\u00e8ce g\u00e9niale et comique et proph\u00e9tique \u00e0 la fois.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Revenons \u00e0 Nietzsche qui attaque l&#8217;empire (le pire) allemand :<\/p>\n<\/p>\n<blockquote class=\"normal\" style=\"font-size:1.05em\">\n<p><p><em>39. CRITIQUE DE LA MODERNIT&Eacute;. &mdash; Nos institutions ne valent plus rien : l\u00e0-dessus tout le monde est d&rsquo;accord. Pourtant la faute n&rsquo;en est pas \u00e0 elles, mais \u00e0 nous. Tous les instincts d&rsquo;o&ugrave; sont sorties les institutions s&rsquo;\u00e9tant \u00e9gar\u00e9s, celles-ci \u00e0 leur tour nous \u00e9chappent, parce que nous ne nous y adaptons plus. De tous temps le d\u00e9mocratisme a \u00e9t\u00e9 la forme de d\u00e9composition de la force organisatrice : dans Humain, trop humain, 1, 318, j&rsquo;ai d\u00e9j\u00e0 caract\u00e9ris\u00e9, comme une forme de d\u00e9cadence de la force organisatrice, la d\u00e9mocratie moderne ainsi que ses palliatifs, tel &laquo; l&rsquo;Empire allemand &raquo;<\/em>. &raquo;<\/p>\n<\/p>\n<\/blockquote>\n<p><p>Sous des dehors guerriers et militaristes la brave Allemagne bismarckienne cache une belle d\u00e9g\u00e9n\u00e9rescence :<\/p>\n<\/p>\n<blockquote class=\"normal\" style=\"font-size:1.05em\">\n<p><p>&laquo; <em>Pour qu&rsquo;il y ait des institutions, il faut qu&rsquo;il y ait une sorte de volont\u00e9, d&rsquo;instinct, d&rsquo;imp\u00e9ratif, antilib\u00e9ral jusqu&rsquo;\u00e0 la m\u00e9chancet\u00e9 : une volont\u00e9 de tradition, d&rsquo;autorit\u00e9, de responsabilit\u00e9, \u00e9tablie sur des si\u00e8cles, de solidarit\u00e9 encha&icirc;n\u00e9e \u00e0 travers des si\u00e8cles, dans le pass\u00e9 et dans l&rsquo;avenir, in infinitum. Lorsque cette volont\u00e9 existe, il se fonde quelque chose comme l&rsquo;imperium Romanum : ou comme la Russie, la seule puissance qui ait aujourd&rsquo;hui l&rsquo;espoir de quelque dur\u00e9e, qui puisse attendre, qui puisse encore promettre quelque chose, &mdash; la Russie, l&rsquo;id\u00e9e contraire de la mis\u00e9rable manie des petits &Eacute;tats europ\u00e9ens, de la nervosit\u00e9 europ\u00e9enne que la fondation de l&rsquo;Empire allemand a fait entrer dans sa p\u00e9riode critique<\/em>&#8230; &raquo;<\/p>\n<\/p>\n<\/blockquote>\n<p><p>On en est toujours l\u00e0 remarquez : la Russie contre les mis\u00e9rables petits \u00e9tats europ\u00e9ens qui n&rsquo;ont pu trouver que le pauvre ukrainien-ex-russe pour lui faire la guerre.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>L&rsquo;occident en un mot c&rsquo;est la fin des instincts (les migrants, l&rsquo;antiracisme, le f\u00e9minisme, l&rsquo;anti-carbonisme, tout ce qu&rsquo;on voudra) :<\/p>\n<\/p>\n<blockquote class=\"normal\" style=\"font-size:1.05em\">\n<p><p>&laquo; <em>Tout l&rsquo;Occident n&rsquo;a plus ces instincts d&rsquo;o&ugrave; naissent les institutions, d&rsquo;o&ugrave; na&icirc;t l&rsquo;avenir : rien n&rsquo;est peut-\u00eatre en opposition plus absolue \u00e0 son &laquo; esprit moderne &raquo;. On vit pour aujourd&rsquo;hui, on vit tr\u00e8s vite, &mdash; on vit sans aucune responsabilit\u00e9 : c&rsquo;est pr\u00e9cis\u00e9ment ce que l&rsquo;on appelle &laquo; libert\u00e9 &raquo;. Tout ce qui fait que les institutions sont des institutions est m\u00e9pris\u00e9, ha\u00ef, \u00e9cart\u00e9 : on se croit de nouveau en danger d&rsquo;esclavage d\u00e8s que le mot &laquo; autorit\u00e9 &raquo; se fait seulement entendre<\/em>. &raquo;<\/p>\n<\/p>\n<\/blockquote>\n<p><p>Remarquons que Nietzsche inspire ou annonce un autre g\u00e9nie dont j&rsquo;ai aussi \u00e9voqu\u00e9 les m\u00e9rites. Je cite mon texte sur Freud politiquement incorrect :<\/p>\n<\/p>\n<blockquote class=\"normal\" style=\"font-size:1.05em\">\n<p><p>&laquo; <em>Et voici ce que j&rsquo;ajoute : depuis des temps imm\u00e9moriaux, l&rsquo;humanit\u00e9 subit le ph\u00e9nom\u00e8ne du d\u00e9veloppement de la culture (d&rsquo;aucuns pr\u00e9f\u00e8rent, je le sais, user ici du terme de civilisation.) C&rsquo;est \u00e0 ce ph\u00e9nom\u00e8ne que nous devons le meilleur de ce dont nous sommes faits et une bonne part de ce dont nous souffrons. Ses causes et ses origines sont obscures, son aboutissement est incertain, et quelques-uns de ses caract\u00e8res sont ais\u00e9ment discernables<\/em>. &raquo;<\/p>\n<\/p>\n<\/blockquote>\n<p><p>Voici les cons\u00e9quences de ce d\u00e9veloppement culturel si nocif \u00e0 certains \u00e9gards, et auxquelles nos \u00e9lites actuelles se consacrent grandement :<\/p>\n<\/p>\n<blockquote class=\"normal\" style=\"font-size:1.05em\">\n<p><p> &laquo; <em>Peut-\u00eatre conduit-il \u00e0 l&rsquo;extinction du genre humain, car il nuit par plus d&rsquo;un c\u00f4t\u00e9 \u00e0 la fonction sexuelle, et actuellement d\u00e9j\u00e0 les races incultes et les couches arri\u00e9r\u00e9es de la population s&rsquo;accroissent dans de plus fortes proportions que les cat\u00e9gories raffin\u00e9es<\/em>. &raquo;<\/p>\n<\/p>\n<\/blockquote>\n<p><p>Cette extinction prend un certain temps c&rsquo;est vrai mais comme elle se pr\u00e9cise enfin on va pouvoir respirer.<\/p>\n<\/p>\n<p><h3 class=\"subtitleset_c.deepgreen\" style=\"color:#75714d; font-size:1.25em\">Sources <\/h3>\n<\/p>\n<p><p><a href=\"https:\/\/fr.wikisource.org\/wiki\/Par_del%C3%A0_le_bien_et_le_mal\/Texte_entier\">https:\/\/fr.wikisource.org\/wiki\/Par_del%C3%A0_le_bien_et_le_mal\/Texte_entier<\/a><\/p>\n<\/p>\n<p><p><a href=\"https:\/\/ekladata.com\/zAQyX0zvTMx50y-0sJwlAhBZ-vI\/Nietzsche-Le-crepuscule-des-idoles.pdf\">https:\/\/ekladata.com\/zAQyX0zvTMx50y-0sJwlAhBZ-vI\/Nietzsche-Le-crepuscule-des-idoles.pdf<\/a><\/p>\n<\/p>\n<p><p><a href=\"https:\/\/www.dedefensa.org\/article\/sigmund-freud-politiquement-incorrect\">https:\/\/www.dedefensa.org\/article\/sigmund-freud-politiquement-incorrect<\/a><\/p>\n<\/p>\n<p><p><a href=\"https:\/\/www.dedefensa.org\/article\/frederic-schiller-et-la-faillite-occidentale\">https:\/\/www.dedefensa.org\/article\/frederic-schiller-et-la-faillite-occidentale<\/a><\/p>\n<\/p>\n<p><p><a href=\"https:\/\/lesakerfrancophone.fr\/la-russophobie-pourquoi-comment-les-russes-sont-devenus-des-automates\">https:\/\/lesakerfrancophone.fr\/la-russophobie-pourquoi-comment-les-russes-sont-devenus-des-automates<\/a><\/p>\n<\/p>\n<p><p><a href=\"https:\/\/www.amazon.fr\/NIETZSCHE-GUERRE-SEXES-Nicolas-Bonnal\/dp\/1977017002\/ref=sr_1_1?__mk_fr_FR=\u00c5M\u00c5\u00d5\u00d1&#038;crid=PYPVUGXDECR3&#038;dib=eyJ2IjoiMSJ9.2f8AR9P8WCPOoBdTPrtpxA.wCz9RVkVmgu4JK7eam1HvtwJLLxrTmkdj-CMvy4LXSc&#038;dib_tag=se&#038;keywords=bonnal+nietzsche&#038;qid=1729421049&#038;s=books&#038;sprefix=bonnal+nietzsche%2Cstripbooks%2C114&#038;sr=1-1\">Nietzsche et la guerre des sexes<\/a> (Bonnal)<\/p>\n<\/p>\n<p><p><a href=\"https:\/\/www.dedefensa.org\/article\/max-nordau-et-lart-degenere-du-goy-1900\">https:\/\/www.dedefensa.org\/article\/max-nordau-et-lart-degenere-du-goy-1900<\/a><\/p><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Sur Nietzsche et sa russophilie paradoxale Peut-on admirer les russes sans les aimer ? 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