{"id":81387,"date":"2025-01-01T10:37:13","date_gmt":"2025-01-01T10:37:13","guid":{"rendered":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/2025\/01\/01\/vision-de-toynbee-i\/"},"modified":"2025-01-01T10:37:13","modified_gmt":"2025-01-01T10:37:13","slug":"vision-de-toynbee-i","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/2025\/01\/01\/vision-de-toynbee-i\/","title":{"rendered":"Vision de Toynbee -I"},"content":{"rendered":"<p><h2 class=\"titleset_b.deepgreen\" style=\"color:#75714d; font-size:1.65em; font-variant:small-caps\"><strong>Vision de Toynbee -I<\/strong><\/h2>\n<\/p>\n<blockquote>\n<p><p>&bull; L&rsquo;\u00e9volution de l&rsquo;URSS en \u00ab\u00a0nouvelle\u00a0\u00bb Russie (celle de Poutine) \u00e9tait d\u00e9j\u00e0 appr\u00e9hend\u00e9e par le philosophe de l&rsquo;histoire anglais Arnold Toynbee. &bull; La logique du parcours de Poutine correspond \u00e0 une fonction m\u00e9tahistorique.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>_________________________<\/p>\n<\/p>\n<\/blockquote>\n<p><\/p>\n<p>Arnold Toynbee fait partie de cette \u00ab\u00a0\u00e9cole\u00a0\u00bb, &ndash; ou disons plut\u00f4t, cette \u00ab\u00a0cat\u00e9gorie\u00a0\u00bb d&rsquo;historiens qui abordent l&rsquo;histoire en philosophe et refusent absolument le moindre chantage de la part des id\u00e9ologies en vogue ou de tout autre sentiment d&rsquo;<a href=\"https:\/\/www.dedefensa.org\/article\/glossairedde-laffectivisme-postmoderne\">affectivisme<\/a>. Toynbee, comme un Spengler par exemple m\u00eame si selon une approche qui diff\u00e8re, est alors naturellement un antimoderne et un  traditionnaliste dont les jugements philosophiques concernent la m\u00e9taphysique de l&rsquo;histoire (m\u00e9tahistoire) plus que l&rsquo;histoire des faits apparents.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Cette position de nature philosophique, mais devenue une position de pol\u00e9mique politique \u00e0 cause de la mont\u00e9e du terrorisme id\u00e9ologique de la modernit\u00e9 exerc\u00e9e contre toute critique adverse, s&rsquo;est affirm\u00e9e d\u00e9cisivement sur la fin de la vie de Toynbee, dans son livre de 1948 &lsquo;<em>Civilisation on trial<\/em>&lsquo; (nous traduirions beaucoup plus par &lsquo;<em>La civilisation en proc\u00e8s<\/em>&lsquo; que par &lsquo;<em>La civilisation \u00e0 l&rsquo;\u00e9preuve<\/em>&lsquo;, comme le firent les \u00e9ditions Gallimard en 1949). Toynbee ne parlait plus de l&rsquo;histoire des civilisations mais bien de notre civilisation, apr\u00e8s avoir constat\u00e9 que des caract\u00e9ristiques d&rsquo;une puissance \u00e9norme <a href=\"https:\/\/www.dedefensa.org\/article\/la-civilisation-imposture\">emp\u00eachaient son renouvellement<\/a> y compris par effondrement, alors que son niveau spirituel (civilisationnel) \u00e9tait d&rsquo;une bassesse sans pr\u00e9c\u00e9dent.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Pour autant, le propos de Toynbee n&rsquo;\u00e9tait pas que pessimiste, et donc nihiliste. V\u00e9ritable traditionnaliste, il ne pouvait perdre espoir dans la puissance de r\u00e9silience et de r\u00e9sistance des principes fondamentaux de l&rsquo;esp\u00e8ce. Ainsi envisage-t-il, en 1948, l&rsquo;avenir de l&rsquo;URSS qu&rsquo;il voit revenir \u00e0 la Russie originelle, un peu \u00e0 la mani\u00e8re de De Gaulle qui ne nomma jamais l&rsquo;URSS mais employa toujours le mot \u00ab\u00a0Russie\u00a0\u00bb .<\/p>\n<\/p>\n<blockquote class=\"normal\" style=\"font-size:1.05em\">\n<p><p>&laquo; <em>Le Grand-Duch\u00e9 de Moscou a \u00e9t\u00e9 la forge de cette exp\u00e9rience politique. La t\u00e2che accomplie par Moscou, ainsi que sa r\u00e9compense, \u00e9tait la consolidation, sous son autorit\u00e9, d&rsquo;un groupe de faibles principaut\u00e9s en une grande puissance. Cet \u00e9difice politique moscovite a \u00e9t\u00e9 dot\u00e9 \u00e0 deux reprises d&rsquo;une nouvelle fa\u00e7ade, d&rsquo;abord par Pierre le Grand, puis par L\u00e9nine, mais la structure essentielle est rest\u00e9e inchang\u00e9e et l&rsquo;Union sovi\u00e9tique d&rsquo;aujourd&rsquo;hui reproduit, comme le Grand-Duch\u00e9 de Moscou au 14\u00e8me si\u00e8cle, les traits saillants de l&rsquo;Empire romain d&rsquo;Orient m\u00e9di\u00e9val<\/em>. &raquo; (Toynbee)<\/p>\n<\/p>\n<\/blockquote>\n<p><p>Le philosophe <a href=\"https:\/\/www.barbadillo.it\/117638-la-visione-di-arnold-toy...\">Paolo Becchi<\/a> reprend ce passage du livre de Toynbee et l&rsquo;applique \u00e0 l&rsquo;histoire de l&rsquo;URSS redevenue Russie jusqu&rsquo;\u00e0 la guerre d&rsquo;Ukraine. Il fait de Poutine la troisi\u00e8me \u00ab\u00a0fa\u00e7ade\u00a0\u00bb de la Russie apr\u00e8s Pierre le Grand et Staline. (Traduction &lsquo;<em><a href=\"http:\/\/euro-synergies.hautetfort.com\/archive\/2024\/12\/30\/la-vision-d-arnold-toynbee-moscou-heritiere-de-l-empire-romain-d-orient.html\">euro-synergies.hautefor.com<\/a><\/em>&lsquo;)<\/p>\n<\/p>\n<p><h4><em>dde.org<\/em><\/h4>\n<\/p>\n<p><p>_________________________<\/p>\n<\/p>\n<\/p>\n<p><h2 class=\"titleset_b.deepgreen\" style=\"color:#75714d; font-size:1.65em; font-variant:small-caps\"><strong>Moscou h\u00e9riti\u00e8re de l&rsquo;Empire romain d&rsquo;Orient<\/strong><\/h2>\n<\/p>\n<p><p>La Russie retrouve la dignit\u00e9 qu&rsquo;elle semblait avoir perdue avec la dissolution de l&rsquo;URSS. Cette Union a pris fin et, avec elle, le r\u00e9cit du communisme (seulement celui-l\u00e0: en URSS, le &laquo; communisme &raquo;, au sens de Marx et de Bordiga, n&rsquo;a jamais exist\u00e9). Mais la civilisation russe, son h\u00e9ritage byzantin, gr\u00e9co-chr\u00e9tien, ne pouvait pas dispara&icirc;tre. Cette civilisation, s&oelig;ur de la n\u00f4tre, n&rsquo;a pas non plus disparu avec l&rsquo;URSS. Comme l&rsquo;a soulign\u00e9 Arnold J. Toynbee en 1948 dans Civilisation on Trial (traduit en italien par Bompiani), la Russie a toujours cherch\u00e9 son salut dans cette institution politique qu&rsquo;\u00e9tait l&rsquo;Empire romain d&rsquo;Orient.<\/p>\n<\/p>\n<p><h3 class=\"subtitleset_c.deepgreen\" style=\"color:#75714d; font-size:1.25em\"><strong>Sauver la fa\u00e7ade<\/strong><\/h3>\n<\/p>\n<p><p>&laquo; Le Grand-Duch\u00e9 de Moscou a \u00e9t\u00e9 la forge de cette exp\u00e9rience politique. La t\u00e2che accomplie par Moscou, ainsi que sa r\u00e9compense, \u00e9tait la consolidation, sous son autorit\u00e9, d&rsquo;un groupe de faibles principaut\u00e9s en une grande puissance. Cet \u00e9difice politique moscovite a \u00e9t\u00e9 dot\u00e9 \u00e0 deux reprises d&rsquo;une nouvelle fa\u00e7ade, d&rsquo;abord par Pierre le Grand, puis par L\u00e9nine, mais la structure essentielle est rest\u00e9e inchang\u00e9e et l&rsquo;Union sovi\u00e9tique d&rsquo;aujourd&rsquo;hui reproduit, comme le Grand-Duch\u00e9 de Moscou au 14\u00e8me si\u00e8cle, les traits saillants de l&rsquo;Empire romain d&rsquo;Orient m\u00e9di\u00e9val &raquo; (p. 259).<\/p>\n<\/p>\n<p><h3 class=\"subtitleset_c.deepgreen\" style=\"color:#75714d; font-size:1.25em\"><strong>Selon Carl Schmitt<\/strong><\/h3>\n<\/p>\n<p><p>La fa\u00e7ade, pour la troisi\u00e8me fois, c&rsquo;est Poutine. Cet h\u00e9ritage byzantin, avec ses valeurs et traditions chr\u00e9tiennes-orthodoxes, ne pouvait pas \u00e9chouer et a \u00e9t\u00e9 r\u00e9affirm\u00e9 en contraste avec un Occident (ou plut\u00f4t avec l&rsquo;&laquo; h\u00e9misph\u00e8re occidental &raquo;, comme Carl Schmitt l&rsquo;a d\u00e9fini) de plus en plus corrompu dans ses coutumes, d\u00e9cadent et profane.<\/p>\n<\/p>\n<p><h3 class=\"subtitleset_c.deepgreen\" style=\"color:#75714d; font-size:1.25em\"><strong>La capitulation \u00e0 l&rsquo;Ouest<\/strong><\/h3>\n<\/p>\n<p><p>En 1989, le mur de Berlin s&rsquo;effondre. L&rsquo;ann\u00e9e suivante, avec la r\u00e9unification de l&rsquo;Allemagne, un &Eacute;tat du Pacte de Varsovie, la R\u00e9publique d\u00e9mocratique allemande, est annex\u00e9 \u00e0 la R\u00e9publique f\u00e9d\u00e9rale d&rsquo;Allemagne. Cet &Eacute;tat dispara&icirc;t et devient membre de l&rsquo;OTAN.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>En 1991, l&rsquo;Union sovi\u00e9tique a implos\u00e9, d&rsquo;une mani\u00e8re qui attend peut-\u00eatre encore d&rsquo;\u00eatre reconstitu\u00e9e historiquement dans tous ses d\u00e9tails. Le jour de No\u00ebl de cette ann\u00e9e-l\u00e0, Gorbatchev a d\u00e9missionn\u00e9 parce que l&rsquo;URSS n&rsquo;existait plus et que le &laquo; processus de d\u00e9mocratisation &raquo; avait commenc\u00e9, ce qui signifiait alors la capitulation devant l&rsquo;Occident. Mais le peuple sovi\u00e9tique souhaitait-il cette dissolution ?<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Les n\u00e9gociations occidentales avec Gorbatchev ont au moins laiss\u00e9 entendre, pour autant que nous le sachions, que l&rsquo;OTAN n&rsquo;irait pas plus loin. L&rsquo;annexion de l&rsquo;Allemagne de l&rsquo;Est aurait pu suffire. Mais nous savons ce qu&rsquo;il en est advenu.<\/p>\n<\/p>\n<p><h3 class=\"subtitleset_c.deepgreen\" style=\"color:#75714d; font-size:1.25em\"><strong>L&rsquo;esprit de Vladimir<\/strong><\/h3>\n<\/p>\n<p><p>Boris Eltsine achevait le travail commenc\u00e9 par Gorbatchev en vendant le pays. D&rsquo;aucuns, aux &Eacute;tats-Unis, parlaient m\u00eame de la fin de l&rsquo;histoire, c&rsquo;est-\u00e0-dire de la fin de la Russie, alors m\u00eame que Poutine mettait fin au processus de dissolution. Le destin a voulu qu&rsquo;un homme incarne de mani\u00e8re h\u00e9g\u00e9lienne l&rsquo;esprit de son monde, le sens d&rsquo;une civilisation mill\u00e9naire et s&rsquo;oppose \u00e0 sa disparition.<\/p>\n<\/p>\n<p><h3 class=\"subtitleset_c.deepgreen\" style=\"color:#75714d; font-size:1.25em\"><strong>Multiethnique, multiculturel<\/strong><\/h3>\n<\/p>\n<p><p>Poutine se devait de r\u00e9agir lorsque, dans la perspective de l&rsquo;adh\u00e9sion de l&rsquo;Ukraine \u00e0 l&rsquo;OTAN, alors que l&rsquo;Alliance atlantique avait d\u00e9j\u00e0 int\u00e9gr\u00e9 les r\u00e9publiques baltes, la s\u00e9curit\u00e9 non seulement de la Russie, mais aussi de la F\u00e9d\u00e9ration tout enti\u00e8re, aurait \u00e9t\u00e9 mise en p\u00e9ril. Une F\u00e9d\u00e9ration multiethnique et multiculturelle, compos\u00e9e de populations dont la cohabitation est garantie par la Russie. En effet, le phare de la F\u00e9d\u00e9ration est toujours le m\u00eame : Moscou.<\/p>\n<\/p>\n<p><h3 class=\"subtitleset_c.deepgreen\" style=\"color:#75714d; font-size:1.25em\"><strong>Le si\u00e8ge et la sortie<\/strong><\/h3>\n<\/p>\n<p><p>Apr\u00e8s la chute de l&rsquo;URSS, l&rsquo;Occident a tent\u00e9 de frapper la Russie, de l&rsquo;asservir, de lui faire perdre son \u00e2me : la Russie ne pouvait que se d\u00e9fendre. Poutine a attendu, accept\u00e9 des n\u00e9gociations qui, avec le recul, ne visaient qu&rsquo;\u00e0 affaiblir le pays. Finalement, il a d&ucirc; r\u00e9agir et peut-\u00eatre a-t-il r\u00e9agi trop tard.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Pour comprendre le sens de la guerre et pourquoi elle ne peut se terminer qu&rsquo;avec la capitulation de l&rsquo;Ukraine, il faut renverser la perspective dominante. La Russie se sent assi\u00e9g\u00e9e, elle n&rsquo;a pas d&rsquo;autre choix que de se d\u00e9fendre et de d\u00e9fendre sa civilisation. Et elle le fera. Moscou est la troisi\u00e8me Rome, pas la quatri\u00e8me Washington.<\/p>\n<\/p>\n<p><h4>Paolo Becchi<\/h4><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Vision de Toynbee -I &bull; L&rsquo;\u00e9volution de l&rsquo;URSS en \u00ab\u00a0nouvelle\u00a0\u00bb Russie (celle de Poutine) \u00e9tait d\u00e9j\u00e0 appr\u00e9hend\u00e9e par le philosophe de l&rsquo;histoire anglais Arnold Toynbee. &bull; La logique du parcours de Poutine correspond \u00e0 une fonction m\u00e9tahistorique. _________________________ Arnold Toynbee fait partie de cette \u00ab\u00a0\u00e9cole\u00a0\u00bb, &ndash; ou disons plut\u00f4t, cette \u00ab\u00a0cat\u00e9gorie\u00a0\u00bb d&rsquo;historiens qui abordent l&rsquo;histoire&hellip;&nbsp;<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"","ping_status":"","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"neve_meta_sidebar":"","neve_meta_container":"","neve_meta_enable_content_width":"","neve_meta_content_width":0,"neve_meta_title_alignment":"","neve_meta_author_avatar":"","neve_post_elements_order":"","neve_meta_disable_header":"","neve_meta_disable_footer":"","neve_meta_disable_title":"","footnotes":""},"categories":[14],"tags":[2631,4390,8386,2622,6954,916,9966,5630],"class_list":["post-81387","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-ouverture-libre","tag-de","tag-et","tag-lhistoire","tag-la","tag-philosophie","tag-poutine","tag-rome","tag-troisieme"],"jetpack_featured_media_url":"","_links":{"self":[{"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/81387","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=81387"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/81387\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=81387"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=81387"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=81387"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}