{"id":81450,"date":"2025-02-19T07:36:21","date_gmt":"2025-02-19T07:36:21","guid":{"rendered":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/2025\/02\/19\/spengler-et-la-sterilite-des-europeens-circa-1920\/"},"modified":"2025-02-19T07:36:21","modified_gmt":"2025-02-19T07:36:21","slug":"spengler-et-la-sterilite-des-europeens-circa-1920","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/2025\/02\/19\/spengler-et-la-sterilite-des-europeens-circa-1920\/","title":{"rendered":"Spengler et la st\u00e9rilit\u00e9 des Europ\u00e9ens, <em>circa <\/em>1920"},"content":{"rendered":"<p><h2 class=\"titleset_b.deepgreen\" style=\"color:#75714d;font-size:1.65em;font-variant:small-caps;\"><strong>Spengler et la st\u00e9rilit\u00e9 des Europ\u00e9ens, <em>circa <\/em>1920<\/strong><\/h2>\n<\/p>\n<p><p>On va parler de Spengler mais je voudrais faire quelques rappels pour expliquer pourquoi les Europ\u00e9ens sont morts depuis longtemps. Nietzsche en a parl\u00e9, et Yockey et Drieu&hellip;<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Dans mon recueil sur les penseurs allemands j&rsquo;ai soulign\u00e9 cette haine et cette peur du monde moderne et de la catastrophe qu&rsquo;il am\u00e8ne ; on les retrouve chez tous les grands penseurs allemands ou autrichiens, y compris les juifs.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Dans son petit texte sur la guerre, voici ce Freud \u00e9crit sur la culture :=<\/p>\n<\/p>\n<p><p>&laquo; Et voici ce que j&rsquo;ajoute : depuis des temps imm\u00e9moriaux, l&rsquo;humanit\u00e9 subit le ph\u00e9nom\u00e8ne du d\u00e9veloppement de la culture (d&rsquo;aucuns pr\u00e9f\u00e8rent, je le sais, user ici du terme de civilisation.) C&rsquo;est \u00e0 ce ph\u00e9nom\u00e8ne que nous devons le meilleur de ce dont nous sommes faits et une bonne part de ce dont nous souffrons. Ses causes et ses origines sont obscures, son aboutissement est incertain, et quelques-uns de ses caract\u00e8res sont ais\u00e9ment discernables.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Voici les cons\u00e9quences de ce d\u00e9veloppement culturel si nocif \u00e0 certains \u00e9gards, et auxquelles nos \u00e9lites actuelles se consacrent grandement :<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Peut-\u00eatre conduit-il \u00e0 l&rsquo;extinction du genre humain, car il nuit par plus d&rsquo;un c\u00f4t\u00e9 \u00e0 la fonction sexuelle, et actuellement d\u00e9j\u00e0 les races incultes et les couches arri\u00e9r\u00e9es de la population s&rsquo;accroissent dans de plus fortes proportions que les cat\u00e9gories raffin\u00e9es.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Goethe lui r\u00eavait d\u00e9j\u00e0 du paysan, pas encore trop pollu\u00e9 par la civilisation :<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Notre population des campagnes, en effet, r\u00e9pondit Goethe, s&rsquo;est toujours conserv\u00e9e vigoureuse, et il faut esp\u00e9rer que pendant longtemps encore elle sera en \u00e9tat non seulement de nous fournir des cavaliers, mais aussi de nous pr\u00e9server d&rsquo;une d\u00e9cadence absolue ; elle est comme un d\u00e9p\u00f4t o&ugrave; viennent sans cesse se refaire et se retremper les forces alanguies de l&rsquo;humanit\u00e9. Mais allez dans nos grandes villes, et vous aurez une autre impression&hellip;<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Et il insiste encore, au d\u00e9but du tome deuxi\u00e8me de ses entretiens avec Eckermann (voyez mes textes), sur l&rsquo;affaiblissement des hommes modernes :<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Causez avec un nouveau Diable boiteux, ou liez-vous avec un m\u00e9decin ayant une client\u00e8le consid\u00e9rable &ndash; il vous racontera tout bas des histoires qui vous feront tressaillir en vous montrant de quelles mis\u00e8res, de quelles infirmit\u00e9s souffrent la nature humaine et la soci\u00e9t\u00e9&hellip;<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Venons-en au d\u00e9clin de l&rsquo;occident de Spengler. Dans le tome II et le chapitre sur les villes, notre auteur \u00e9crit des lignes admirables sur la fin du tact cosmique. On \u00e9coute le ma&icirc;tre :<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Ce qui rend le citadin de la ville mondiale incapable de vivre ailleurs que sur ce terrain artificiel, c&rsquo;est la r\u00e9gression du tact cosmique de son \u00eatre, tandis que les tensions de son \u00eatre \u00e9veill\u00e9 deviennent chaque jour plus dangereuses. N&rsquo;oublions pas que le c\u00f4t\u00e9 animal du microcosme, l&rsquo;\u00eatre \u00e9veill\u00e9, s&rsquo;ajoute \u00e0 l&rsquo;\u00eatre v\u00e9g\u00e9tal, mais non inversement. Tact et tension, sang et esprit, destin et causalit\u00e9 sont entre eux comme la campagne fleurie et la ville p\u00e9trifi\u00e9e, comme l&rsquo;\u00eatre et ce qui d\u00e9pend de lui. La tension sans le tact cosmique qui l&rsquo;anime est le passage au n\u00e9ant.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Comme Mirbeau, Spengler se rend compte que dans les grandes villes &laquo; toutes les t\u00eates se ressemblent &raquo; :<\/p>\n<\/p>\n<p><p>L&rsquo;intelligence est le substitut de l&rsquo;exp\u00e9rience inconsciente de la vie, l&rsquo;exercice magistral d&rsquo;une pens\u00e9e squelettique et d\u00e9charn\u00e9e. Les visages intelligents se ressemblent chez tous les peuples. C&rsquo;est la race elle-m\u00eame qui se retire d&rsquo;eux. Moins l&rsquo;\u00eatre sent le n\u00e9cessaire et l&rsquo;\u00e9vident, plus il s&rsquo;habitue \u00e0 vouloir tout&laquo; \u00e9clairer&raquo;, plus l&rsquo;\u00eatre \u00e9veill\u00e9 calme sa phobie par la causalit\u00e9. D&rsquo;o&ugrave; l&rsquo;identification par l&rsquo;homme du savoir et de la d\u00e9monstration; d&rsquo;o&ugrave; la substitution aussi du mythe causal ou th\u00e9orie scientifique au mythe religieux; d&rsquo;o&ugrave; enfin la notion d&rsquo;argent abstrait, consid\u00e9r\u00e9 comme pure causalit\u00e9 de la vie \u00e9conomique, par opposition au commerce d&rsquo;\u00e9changes ruraux qui est tact et non syst\u00e8me de tensions.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Et comme je citais Mirbeau :<\/p>\n<\/p>\n<p><p>&hellip;j&rsquo;ai remarqu\u00e9, \u00e0 quelques exceptions pr\u00e8s, que les villes, surtout les villes de travail et de richesses, qui, comme Anvers, sont des d\u00e9versoirs de toutes les humanit\u00e9s, ont vite fait d&rsquo;unifier, en un seul type, le caract\u00e8re des visages&hellip; Il semble maintenant que, dans les grandes agglom\u00e9rations, tous les riches se ressemblent, et aussi tous les pauvres.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>C&rsquo;est dans La 628-E8, un livre prodigieux dont l&rsquo;h\u00e9ro\u00efne est une automobile.<\/p>\n<p>Maigre divertissement urbaine (Spengler de nouveau) :<\/p>\n<\/p>\n<p><p>La seule forme de r\u00e9cr\u00e9ation, sp\u00e9cifique \u00e0 la ville mondiale, que connaisse la tension intellectuelle est la d\u00e9tente, la &laquo; distraction &raquo;.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Et tout am\u00e8ne logiquement \u00e0 la st\u00e9rilit\u00e9 qui frappe toutes les races et tous les peuples du monde en ce vingt-et-uni\u00e8me \u00e9pris de grands remplacements et d&rsquo;inintelligence artificielle. Spengler :<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Et de ce d\u00e9racinement croissant de l&rsquo;\u00eatre, de cette tension croissante de l&rsquo;\u00eatre \u00e9veill\u00e9 il r\u00e9sulte, comme cons\u00e9quence supr\u00eame, un ph\u00e9nom\u00e8ne pr\u00e9par\u00e9 de longue date, sourdement, qui se manifeste soudain \u00e0 la claire lumi\u00e8re de l&rsquo;histoire pour mettre fin \u00e0 tout ce spectacle : la st\u00e9rilit\u00e9 du civilis\u00e9.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Ce n&rsquo;est pas la culture de mort du pape polonais, c&rsquo;est &laquo; le tournant m\u00e9taphysique vers la mort &raquo; qu&rsquo;incrimine plus justement Spengler (cela explique pourquoi les renaissances chr\u00e9tiennes envisag\u00e9es depuis deux si\u00e8cles ont toutes \u00e9chou\u00e9) :<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Ce ph\u00e9nom\u00e8ne est impossible \u00e0 comprendre par la causalit\u00e9 physiologique, comme l&rsquo;a tent\u00e9, par exemple, journellement la science moderne. Car il implique absolument un tournant m\u00e9taphysique vers la mort. Certes oui comme individu, mais comme type, comme collectivit\u00e9, le dernier homme des villes mondiales ne veut plus vivre : la phobie de la mort est \u00e9teinte dans cet organisme collectif. La crainte profonde et obscure qui s&#8217;empare du paysan, l&rsquo;id\u00e9e de la mort de sa famille et de son nom, ont perdu leur sens. Dans la continuit\u00e9 du sang, proche parent du monde int\u00e9rieur visible; on ne sent plus un devoir du sang, la condition derni\u00e8re de l&rsquo;\u00eatre, une fatalit\u00e9.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Spengler sera rejoint par Freud sur ce point pr\u00e9cis :<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Les enfants manquent non seulement parce que leur naissance devient impossible, mais parce que l&rsquo;intelligence extr\u00eamement avanc\u00e9e ne trouve plus de raisons pour sa propre existence.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Probl\u00e8me auquel furent d\u00e9j\u00e0 expos\u00e9s les grecs et les romains (voyez mon recueil sur leur d\u00e9cadence) et dont parla abondamment Ibn Khaldun. On voit bien du reste cette impossibilit\u00e9 &ndash; en Russie actuelle comme ailleurs &ndash; de repeupler. Les gens ne veulent\/peuvent plus. Le d\u00e9peuplement venu de la civilisation nihiliste occidentale n&rsquo;est pas ce besoin dont a parl\u00e9 Hitler \u00e0 Rauschning : c&rsquo;est devenu un destin.<\/p>\n<\/p>\n<p><p><a href=\"https:\/\/nicolasbonnal.wordpress.com\/\">Nicolas Bonnal<\/a> sur <a href=\"https:\/\/www.amazon.fr\/Nicolas-Bonnal\/e\/B001K7A4X0\">Amazon.fr<\/a><\/p><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Spengler et la st\u00e9rilit\u00e9 des Europ\u00e9ens, circa 1920 On va parler de Spengler mais je voudrais faire quelques rappels pour expliquer pourquoi les Europ\u00e9ens sont morts depuis longtemps. 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