{"id":81515,"date":"2025-04-09T07:44:14","date_gmt":"2025-04-09T07:44:14","guid":{"rendered":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/2025\/04\/09\/joseph-kessel-et-le-mirage-hollywoodien\/"},"modified":"2025-04-09T07:44:14","modified_gmt":"2025-04-09T07:44:14","slug":"joseph-kessel-et-le-mirage-hollywoodien","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/2025\/04\/09\/joseph-kessel-et-le-mirage-hollywoodien\/","title":{"rendered":"Joseph Kessel et le mirage hollywoodien"},"content":{"rendered":"<p><h2 class=\"titleset_b.deepgreen\" style=\"color:#75714d; font-size:1.65em; font-variant:small-caps\"><strong>Joseph Kessel et le mirage hollywoodien<\/strong><\/h2>\n<\/p>\n<p><p>On a d\u00e9j\u00e0 \u00e9voqu\u00e9 ici le livre de Roger sur l&rsquo;antiam\u00e9ricanisme promu crime contre l&rsquo;humanit\u00e9. Mais c&rsquo;est ce m\u00eame Roger qui indique au passage un extraordinaire livre de Kessel sur Hollywood et ses simulacres. Kessel comprend g\u00e9nialement que nous entrons dans la MATRICE.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>1936 : l&rsquo;aventurier des enfants Joseph Kessel passe en Am\u00e9rique et travaille \u00e0 Hollywood avec Anatole Litvak. On est \u00e0 l&rsquo;\u00e9poque de Duhamel, d&rsquo;Aron et de C\u00e9line et notre enfant g\u00e2t\u00e9 va cracher dans la soupe et \u00e9crire un bref essai sur le mirage hollywoodien qui d\u00e9nonce \u00e0 sa fa\u00e7on l&rsquo;Am\u00e9rique et la matrice qu&rsquo;elle met en branle avec son culte de la technique et de la perfection. Un monde de simulacre et d&rsquo;intelligence (et de sensibilit\u00e9) artificielle appara&icirc;t, qui le choque et le fascine \u00e0 la fois. Comme Baudrillard apr\u00e8s lui, venu lui pour enseigner, Kessel d\u00e9couvre le vrai mirage am\u00e9ricain, le d\u00e9sert, d\u00e9cor (sic) naturel des films et des westerns. Ce d\u00e9sert est magique et bien enchant\u00e9, il est le fruit aussi d&rsquo;un truquage, comme il \u00e9crit incroyablement au d\u00e9but de son livre. Kessel comprend que le monde devient un artifice sous la pression de l&rsquo;activit\u00e9 et de la cr\u00e9ativit\u00e9 am\u00e9ricaines. Il ne sera plus humain. Mais est-ce si grave ?<\/p>\n<\/p>\n<p><p>On fera comme Baudrillard dans ces cas-l\u00e0 qui cite Borges et son texte essentiel sur les cartes : <\/p>\n<\/p>\n<blockquote class=\"normal\" style=\"font-size:1.05em\">\n<p><p>&laquo; <em>En cet empire, l&rsquo;Art de la Cartographie fut pouss\u00e9 \u00e0 une telle Perfection que la Carte d&rsquo;une seule Province occupait toute une Ville et la Carte de l&rsquo;Empire toute une Province. Avec le temps, ces Cartes D\u00e9mesur\u00e9es cess\u00e8rent de donner satisfaction et les Coll\u00e8ges de Cartographes lev\u00e8rent une Carte de l&rsquo;Empire, qui avait le Format de l&rsquo;Empire et qui co\u00efncidait avec lui, point par point. Moins passionn\u00e9es pour l&rsquo;&Eacute;tude de la Cartographie, les G\u00e9n\u00e9rations Suivantes r\u00e9fl\u00e9chirent que cette Carte Dilat\u00e9e \u00e9tait inutile et, non sans impi\u00e9t\u00e9, elles l&rsquo;abandonn\u00e8rent \u00e0 l&rsquo;Incl\u00e9mence du Soleil et des Hivers. Dans les D\u00e9serts de l&rsquo;Ouest, subsistent des Ruines tr\u00e8s ab&icirc;m\u00e9es de la Carte. Des Animaux et des Mendiants les habitent. Dans tout le Pays, il n&rsquo;y a plus d&rsquo;autre trace des Disciplines g\u00e9ographiques.<\/em> &raquo;<\/p>\n<\/p>\n<\/blockquote>\n<p><p>Un monde survient, celui du simulacre, qui n&rsquo;est plus un monde r\u00e9el &ndash; il sera hyper-r\u00e9el si possible. <\/p>\n<\/p>\n<p><p>Kessel voit le sanatorium \u00e0 venir : <\/p>\n<\/p>\n<blockquote class=\"normal\" style=\"font-size:1.05em\">\n<p><p>&laquo; <em>Les boulevards sont tir\u00e9s au cordeau. Les quartiers se suivent, d\u00e9coup\u00e9s g\u00e9om\u00e9triquement, enfermant des maisons tranquilles et muettes. On a l&rsquo;impression d&rsquo;un asile pour retrait\u00e9s de grand luxe ou d&rsquo;un immense sanatorium distribu\u00e9 en pavillons somptueux.<\/em><\/p>\n<\/p>\n<p><p><em>Pas de vie populaire, pas de cohue pittoresque. Seules roulent les automobiles qui portent des gens dignes et press\u00e9s<\/em>. &raquo;<\/p>\n<\/p>\n<\/blockquote>\n<p><p>Il ajoute sur cet univers myst\u00e9rieusement pacifique (sorti de S\u00e9govie, des alcazars, de l&rsquo;Alhambra et d&rsquo;un conte de f\u00e9es hispano-mauresque en fait) : <\/p>\n<\/p>\n<blockquote class=\"normal\" style=\"font-size:1.05em\">\n<p><p>&laquo; <em>Mais dans ces all\u00e9es f\u00e9eriques, on n&rsquo;entend pas un cri d&rsquo;enfant, pas un aboiement de chien, on n&rsquo;aper\u00e7oit pas une silhouette aux fen\u00eatres&hellip;<\/em><\/p>\n<\/p>\n<p><p><em>Mais dans ces maisons, o&ugrave; le confort int\u00e9rieur est \u00e9gal \u00e0 la simplicit\u00e9 somptueuse des fa\u00e7ades, on ne sent pas de vie.<\/em><\/p>\n<\/p>\n<p><p><em>Elles sont, m\u00eame habit\u00e9es par dix personnes, comme vides et interchangeables. <\/em>&raquo;<\/p>\n<\/p>\n<\/blockquote>\n<p><p>L&rsquo;habitat c\u00e9l\u00e9br\u00e9 par Heidegger n&rsquo;est plus l\u00e0, on est dans la machine \u00e0 habiter, dans la bo&icirc;te de conserves humaines. Baudrillard sera moins dur : ce vide, cette f\u00e9\u00e9rie, cette luminosit\u00e9, cette glissade il la c\u00e9l\u00e9brera lui !<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Pas Kessel : <\/p>\n<\/p>\n<blockquote class=\"normal\" style=\"font-size:1.05em\">\n<p><p>&laquo; <em>Mais dans les plus grandes art\u00e8res, il n&rsquo;y a pas de passants. Les automobiles roulent, roulent sans arr\u00eat les unes derri\u00e8re les autres, comme les anneaux d&rsquo;une cha&icirc;ne sans fin, entre les trottoirs d\u00e9serts. C&rsquo;est la seule ville au monde o&ugrave; l&rsquo;on voit les camelots vendre les journaux au milieu de la rue, aux carrefours o&ugrave; les signaux lumineux et les bras m\u00e9caniques arr\u00eatent, pour quelques secondes, le flux des voitures<\/em>. &raquo;<\/p>\n<\/p>\n<\/blockquote>\n<p><p>Ce monde r\u00e9colte la distance (on se rapproche de Debord&hellip;) : <\/p>\n<\/p>\n<blockquote class=\"normal\" style=\"font-size:1.05em\">\n<p><p>&laquo; <em>Mais pour voir un ami, pour acheter un grapefruit- dans ces march\u00e9s aux piles rigoureuses qui ressemblent \u00e0 des halls d&rsquo;usine -, il faut faire des kilom\u00e8tres et des kilom\u00e8tres<\/em>. &raquo;<\/p>\n<\/p>\n<\/blockquote>\n<p><p>Il ajoute : <\/p>\n<\/p>\n<blockquote class=\"normal\" style=\"font-size:1.05em\">\n<p><p>&laquo; <em>Vitesse, rendement, pr\u00e9cision, correction: voil\u00e0 les caract\u00e9ristiques essentielles de l&rsquo;existence<\/em>. &raquo;<\/p>\n<\/p>\n<\/blockquote>\n<p><p>On passe au choc \u00e9prouv\u00e9 et d\u00e9crit par C\u00e9line et Duhamel (voir nos textes). On est dans la technique et dans l&rsquo;artifice, plus dans la r\u00e9alit\u00e9. Et le cin\u00e9ma pr\u00e9cipite notre petit monde europ\u00e9en dans cette matrice. <\/p>\n<\/p>\n<p><p>Heureusement il y a le d\u00e9sert, et c&rsquo;est l\u00e0 ce qui va rapprocher Kessel de Baudrillard : c&rsquo;est encore le d\u00e9sert de Saint-Exup\u00e9ry ou de Monfreid, celui du p\u00e8re de Foucauld et d&rsquo;Alerte au sud. <\/p>\n<\/p>\n<blockquote class=\"normal\" style=\"font-size:1.05em\">\n<p><p>&laquo; <em>Un monde s&rsquo;\u00e9tait \u00e9vanoui tandis que je reposais. Un autre \u00e9tait n\u00e9, et combien diff\u00e9rent<\/em>.<\/p>\n<\/p>\n<p><p><em>Les \u00e9toiles scintillaient plus vigoureuses, plus drues, plus nues, dans un ciel plus lisse et plus sec. La lune \u00e9clairait une terre vierge, sans un arbre, sans une herbe, qui s&rsquo;\u00e9tendait en vallonnements ombreux jusqu&rsquo;\u00e0 des monts st\u00e9riles, d&rsquo;un profil si pur, si sauvage qu&rsquo;ils semblaient dress\u00e9s par les anges farouches de cette incomparable solitude. Et tout \u00e0 coup dans le grain du sol, dans son ind\u00e9finissable respiration, dans le souffle de libert\u00e9 qui amplifiait la nuit au-del\u00e0 d&rsquo;elle-m\u00eame, je reconnus le sceau \u00e9mouvant entre tous des espaces qui \u00e9chappent au contr\u00f4le de l&rsquo;homme, le sceau que j&rsquo;avais surpris de Palmyre \u00e0 l&rsquo;Euphrate, au Rio de Oro, le long des c\u00f4tes de la mer Rouge. C&rsquo;\u00e9tait, vraiment, le d\u00e9sert<\/em>. &raquo;<\/p>\n<\/p>\n<\/blockquote>\n<p><p>Kessel pressent le devenir spatial de ce d\u00e9sert : la conqu\u00eate de l&rsquo;espace c&rsquo;est la conqu\u00eate de ce d\u00e9sert, la nuit en fait. La premi\u00e8re partie de 2001, celle du d\u00e9sert et de la transformation sur fond de Richard Strauss et du Zarathoustra reste l&rsquo;essentielle. Kessel : <\/p>\n<\/p>\n<blockquote class=\"normal\" style=\"font-size:1.05em\">\n<p><p>&laquo; <em>La voiture silencieuse roulait sur la piste luisante, mais elle avait beau augmenter sa vitesse, le d\u00e9sert \u00e9tait toujours l\u00e0, autour de nous, en nous, tragique, auguste, fascinant<\/em>. &raquo;<\/p>\n<\/p>\n<\/blockquote>\n<p><p>Kessel oppose donc ces deux mondes : le d\u00e9sertique et l&rsquo;artificiel. On a d\u00e9j\u00e0 ce pressentiment chez Tocqueville dans ses Quinze jours de d\u00e9sert. Le voyage d\u00e9voile notre arraisonnement du monde, notre an\u00e9antissement du monde ant\u00e9rieur. Car la civilisation est devenue ce qui an\u00e9antit le monde &ndash; pas seulement physiquement, ontologiquement. Kessel :<\/p>\n<\/p>\n<blockquote class=\"normal\" style=\"font-size:1.05em\">\n<p><p>&laquo; Il faisait sentir bien au contraire, il n&rsquo;est pas de pays en Europe o&ugrave; la nature ait si fortement gard\u00e9 ses droits et sa vertu primitive, que les villes g\u00e9antes sont perdues comme des &icirc;lots parmi les savanes, les montagnes, les for\u00eats, les plaines et les sables et que toute leur civilisation m\u00e9canique &#8211; automobiles rapides, avions d\u00e9vorants, appareils de TSF raffin\u00e9s ne sont que des instruments d&rsquo;une lutte encore in\u00e9gale contre l&rsquo;\u00e9tendue et contre l&rsquo;\u00e9l\u00e9ment. &raquo;<\/p>\n<\/p>\n<\/blockquote>\n<p><p>Kessel est heureux de quitter les artifices : <\/p>\n<\/p>\n<p><p>Trois heures auparavant j&rsquo;avais quitt\u00e9 le lieu le plus artificiel du monde, qui convertissait en industrie colossale les visages et les sentiments, qui les d\u00e9bitait pour le monde entier, comme des conserves, et voici que je me trouvais aussi loin des hommes que si des oc\u00e9ans m&rsquo;en avaient s\u00e9par\u00e9. &raquo;<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Et le d\u00e9sert lui semble tout-puissant : <\/p>\n<\/p>\n<blockquote class=\"normal\" style=\"font-size:1.05em\">\n<p><p>&laquo; <em>Mais ces baraques branlantes, mis\u00e9rables, \u00e0 l&rsquo;humilit\u00e9 desquelles le glaive des phares \u00e9tait impitoyable, recroquevill\u00e9es sans un abri, sans une ombre, \u00e0 la lisi\u00e8re de ce sol aride et myst\u00e9rieux, ne faisaient qu&rsquo;ajouter \u00e0 la muette victoire du d\u00e9sert.<\/em> &raquo;<\/p>\n<\/p>\n<\/blockquote>\n<p><p>En fait le d\u00e9sert devient aussi un artifice : les villes champignons poussent, tout le monde a de l&rsquo;eau et on construit des condominiums de luxe. Kessel cite Palm Springs et la Quinta, lieux qui l&rsquo;enchantent, mais qui se sont surd\u00e9velopp\u00e9s depuis son passage. <\/p>\n<\/p>\n<p><p>Baudrillard \u00e9crit dans son po\u00e8me en prose sur l&rsquo;Am\u00e9rique ces lignes g\u00e9niales : <\/p>\n<\/p>\n<blockquote class=\"normal\" style=\"font-size:1.05em\">\n<p><p>&laquo; <em>Ce qui est neuf en Am\u00e9rique, c&rsquo;est le choc du premier niveau (primitif et sauvage) et du troisi\u00e8me type (le simulacre absolu). Pas de second degr\u00e9<\/em>. &raquo;<\/p>\n<\/p>\n<\/blockquote>\n<p><p>Mais comme on sait au lieu de s&rsquo;en prendre \u00e0 l&rsquo;Am\u00e9rique parce qu&rsquo;elle est le lieu du simulacre et de l&rsquo;inauthentique, Baudrillard la c\u00e9l\u00e8bre &ndash; on se souvient qu&rsquo;il prend le contrepied de Guillaume Faye dans ces lignes que j&rsquo;ai \u00e9tudi\u00e9es dans un autre texte : <\/p>\n<\/p>\n<blockquote class=\"normal\" style=\"font-size:1.05em\">\n<p><p>&quot;<em>Pourquoi pas une parodie de la ville avec Los Angeles? Une parodie de la technique \u00e0 Silicon Valley ? Une parodie de la sociabilit\u00e9, de l&rsquo;\u00e9rotisme et de la drogue, voire une parodie de la mer (trop bleue !) et du soleil (trop blanc !). Sans parler des et de la culture. Bien s&ucirc;r, tout cela est une parodie! Si toutes ces valeurs ne supportent pas d&rsquo;\u00eatre parodi\u00e9es, c&rsquo;est qu&rsquo;elles n&rsquo;ont plus d&rsquo;importance. Oui, la Californie (et l&rsquo;Am\u00e9rique avec elle) est le miroir de notre d\u00e9cadence, mais elle n&rsquo;est pas d\u00e9cadente du tout, elle est d&rsquo;une vitalit\u00e9-hyperr\u00e9elle, elle toute l&rsquo;\u00e9nergie du simulacre&quot;.<\/em><\/p>\n<\/p>\n<\/blockquote>\n<p><p>Il faut \u00eatre honn\u00eate : le simulacre a gagn\u00e9. Baudrillard :<\/p>\n<\/p>\n<blockquote class=\"normal\" style=\"font-size:1.05em\">\n<p><p> &laquo; <em>C&rsquo;est le jeu mondial de l&rsquo;inauthentique &raquo; bien s&ucirc;r: c&rsquo;est \u00e7a qui fait son originalit\u00e9 et sa puissance. Cette mont\u00e9e en puissance du simulacre, vous l&rsquo;\u00e9prouvez ici sans effort<\/em>. &raquo;<\/p>\n<\/p>\n<\/blockquote>\n<p><p>On comprend que comme chez Baudrillard ou Artaud on ait alors ce penchant pour le Mexique : d&rsquo;ailleurs quel aventurier am\u00e9ricain ne r\u00eave de s&rsquo;y r\u00e9fugier au Mexique ? <\/p>\n<\/p>\n<blockquote class=\"normal\" style=\"font-size:1.05em\">\n<p><p>&laquo; <em>Le Mexique \u00e9tait l\u00e0, voisin, pressant, le Mexique \u00e0 qui cette r\u00e9gion avait \u00e9t\u00e9 arrach\u00e9e, \u00e0 qui elle tenait par tout &#8211; son profil, son climat, son odeur. Et l&rsquo;on comprenait soudain pourquoi les Am\u00e9ricains, apr\u00e8s avoir conquis ce d\u00e9sert, lui accordaient une telle vertu. Ils cherchaient inconsciemment dans sa nudit\u00e9, dans ses flancs st\u00e9riles, un rem\u00e8de \u00e0 leur agitation, une arme contre eux-m\u00eames, une halte dans la cadence infernale qui r\u00e9glait leur vie et la vidait de toute substance. Sans se l&rsquo;avouer, ils enviaient la nonchalance des hommes qui passent des heures immobiles \u00e0 nourrir d&rsquo;incompr\u00e9hensibles r\u00eaves, pour qui le temps est une mesure indiff\u00e9rente<\/em>&hellip; &raquo;<\/p>\n<\/p>\n<\/blockquote>\n<p><p>C&rsquo;\u00e9tait avant que le Mexique ne dev&icirc;nt un &laquo; satellite industriel &raquo; de l&rsquo;Am\u00e9rique, comme l&rsquo;a remarqu\u00e9 Todd dans son livre. Le Mexique maintenant c&rsquo;est une banlieue.<\/p>\n<\/p>\n<blockquote class=\"normal\" style=\"font-size:1.05em\">\n<p><p>&laquo; <em>Tout est loin, tout est glac\u00e9, tout s&rsquo;engr\u00e8ne automatiquement<\/em>&hellip; &raquo;<\/p>\n<\/p>\n<\/blockquote>\n<p><p>Ecrivain populaire par excellence, g\u00e9nial et simple \u00e0 la fois, Kessel rejoint Pagnol et surtout Alphonse Daudet qui remarque d\u00e9j\u00e0 dans Tartarin dans les Alpes : <\/p>\n<\/p>\n<p><p>Tartarin dans les Alpes donc, chapitre V :<\/p>\n<\/p>\n<blockquote class=\"normal\" style=\"font-size:1.05em\">\n<p><p>&laquo; <em>La Suisse, \u00e0 l&rsquo;heure qu&rsquo;il est, v\u00e9 ! monsieur Tartarin, n&rsquo;est plus qu&rsquo;un vaste Kursaal, ouvert de juin en septembre, un casino panoramique, o&ugrave; l&rsquo;on vient se distraire des quatre parties du monde et qu&rsquo;exploite une compagnie richissime \u00e0 centaines de millions de milliasses, qui a son si\u00e8ge \u00e0 Gen\u00e8ve et \u00e0 Londres. Il en fallait de l&rsquo;argent, figurez-vous bien, pour affermer, peigner et pomponner tout ce territoire, lacs, for\u00eats, montagnes et cascades, entretenir un peuple d&#8217;employ\u00e9s, de comparses, et sur les plus hautes cimes installer des h\u00f4tels mirobolants, avec gaz, t\u00e9l\u00e9graphes, t\u00e9l\u00e9phones !&hellip;<\/em><\/p>\n<\/p>\n<p><p><em>&ndash; C&rsquo;est pourtant vrai, songe tout haut Tartarin qui se rappelle le Rigi.<\/em><\/p>\n<\/p>\n<p><p><em>&ndash; Si c&rsquo;est vrai !&hellip; Mais vous n&rsquo;avez rien vu&hellip; Avancez un peu dans le pays, vous ne trouverez pas un coin qui ne soit truqu\u00e9, machin comme les dessous de l&rsquo;Op\u00e9ra ; des cascades \u00e9clair\u00e9es \u00e0 giorno, des tourniquets \u00e0 l&rsquo;entr\u00e9e des glaciers, et, pour les ascensions, des tas de chemins de fer hydrauliques ou funiculaires<\/em>. &raquo;<\/p>\n<\/p>\n<\/blockquote>\n<p><p>Le monde moderne a \u00e9crit Feuerbach c&rsquo;est celui qui pr\u00e9c\u00e8de la copie \u00e0 la r\u00e9alit\u00e9. Dont acte. <\/p>\n<\/p>\n<p><p>Celui qui comprend tout avait d\u00e9j\u00e0 \u00e9crit : <\/p>\n<\/p>\n<blockquote class=\"normal\" style=\"font-size:1.05em\">\n<p><p>&laquo; <em>A mesure que nous avancions, le but de notre voyage semblait fuir devant nous<\/em> (Tocqueville). &raquo;<\/p>\n<\/p>\n<\/blockquote>\n<p><\/p>\n<p><strong>Sources principales :<\/strong> <\/p>\n<\/p>\n<p><p><a href=\"http:\/\/euro-synergies.hautetfort.com\/archive\/2023\/09\/20\/jean-baudrillard-et-guillaume-faye-face-au-simulacre-americain.html\">http:\/\/euro-synergies.hautetfort.com\/archive\/2023\/09\/20\/jean-baudrillard-et-guillaume-faye-face-au-simulacre-americain.html<\/a><\/p>\n<\/p>\n<p><p><a href=\"https:\/\/www.amazon.fr\/Hollywood-ville-mirage-Joseph-Kessel\/dp\/2373852047\/ref=sr_1_1?__mk_fr_FR=%C3%85M%C3%85%C5%BD%C3%95%C3%91&#038;crid=3SUD7ED589GZ9&#038;dib=eyJ2IjoiMSJ9.sl0B4nmpp3KjvSsjszcZoA.Xdt_XsXl_dLxBF0zbgRJs9V8YsXpkvbqz7RzdImLk3A&#038;dib_tag=se&#038;keywords=kessel+hollywood&#038;qid=1743067393&#038;sprefix=kessel+hollywood%2Caps%2C112&#038;sr=8-1\">Hollywood, ville mirage<\/a>, Jospeh Kessel<\/p>\n<\/p>\n<p><p><a href=\"https:\/\/fr.wikipedia.org\/wiki\/De_la_rigueur_de_la_science\">https:\/\/fr.wikipedia.org\/wiki\/De_la_rigueur_de_la_science<\/a><\/p>\n<\/p>\n<p><p><a href=\"https:\/\/www.dedefensa.org\/article\/tartarin-de-tarascon-et-la-conspiration-touristique\">https:\/\/www.dedefensa.org\/article\/tartarin-de-tarascon-et-la-conspiration-touristique<\/a><\/p>\n<\/p>\n<p><p><a href=\"https:\/\/www.dedefensa.org\/article\/tocqueville-et-la-fin-du-voyage-en-amerique\">https:\/\/www.dedefensa.org\/article\/tocqueville-et-la-fin-du-voyage-en-amerique<\/a><\/p><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Joseph Kessel et le mirage hollywoodien On a d\u00e9j\u00e0 \u00e9voqu\u00e9 ici le livre de Roger sur l&rsquo;antiam\u00e9ricanisme promu crime contre l&rsquo;humanit\u00e9. 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