{"id":81572,"date":"2025-05-22T09:53:16","date_gmt":"2025-05-22T09:53:16","guid":{"rendered":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/2025\/05\/22\/albert-camus-et-la-prostration-du-francais\/"},"modified":"2025-05-22T09:53:16","modified_gmt":"2025-05-22T09:53:16","slug":"albert-camus-et-la-prostration-du-francais","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/2025\/05\/22\/albert-camus-et-la-prostration-du-francais\/","title":{"rendered":"Albert Camus et la prostration du Fran\u00e7ais"},"content":{"rendered":"<p><h2 class=\"titleset_b.deepgreen\" style=\"color:#75714d; font-size:1.65em; font-variant:small-caps\"><strong>Albert Camus et la prostration du Fran\u00e7ais<\/strong><\/h2>\n<\/p>\n<p><p>On sait que Camus aura beaucoup souffert du carcan scolaire. Le red\u00e9couvrir c&rsquo;est le lire en oubliant le fatras id\u00e9ologique (R\u00e9sistance, Vichy, d\u00e9colonisation, communisme, absurde&hellip;) qui l&rsquo;accompagne, certes en le remettant aussi \u00e0 sa modeste &ndash; modeste mais indispensable &#8211; place. Car il ne faut pas oublier que sa mort accidentelle aura arrang\u00e9 tout le monde, surtout \u00e0 gauche. Certains le voyaient mal tourner alors.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>J&rsquo;ai eu comme \u00e7a un besoin de relecture \u00e9tant rest\u00e9 sur des souvenirs lumineux et surpris (on se doute qu&rsquo;il n&rsquo;\u00e9tait pas a priori ma tasse de th\u00e9). Mais en le triangulant avec le roman noir am\u00e9ricain (m\u00eame froideur glaciale, m\u00eame prison de fer que chez Chandler), avec C\u00e9line et avec les r\u00e9flexions du ma&icirc;tre communiste Henri Lefebvre, inspirateur de Debord et d\u00e9couvreur de la vie ordinaire qui allait d\u00e9capiter tous les mouvements politiques (car quel mouvement politique voudrait nous en arracher \u00e0 cette vie ordinaire ?) ; en relisant d&rsquo;une mani\u00e8re behaviouriste l&rsquo;Etranger par exemple, en le consid\u00e9rant comme un documentaire social et non comme une &laquo; all\u00e9gorie &raquo; (les pages de Wikip\u00e9dia sont ridicules, abjectes m\u00eame) et en se rappelant que notre bon esprit fut surtout un d\u00e9couvreur de Dosto\u00efevski, on arrive \u00e0 de curieuses observations. Rappelons au passage que si Visconti a rat\u00e9 l&rsquo;adaptation cin\u00e9ma de l&rsquo;Etranger, il a tr\u00e8s bien r\u00e9ussi celle de D&rsquo;Annunzio (l&rsquo;Innocent est son chef-d&rsquo;&oelig;uvre), ou celle des Nuits blanches de Dosto\u00efevski, ce qui montre que n&rsquo;importe quel ma&icirc;tre du dix-neuvi\u00e8me si\u00e8cle est plus pr\u00e9sent, moderne et contemporain que toutes les babioles du vingti\u00e8me si\u00e8cle.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Je n&rsquo;ai pas trop envie de reprendre le lien entre la Peste et le Covid. Il est d\u00e9j\u00e0 trop \u00e9cul\u00e9 et trop \u00e9vident, m\u00eame si la Peste annonce et d\u00e9crit le pouvoir moderne et la banalit\u00e9 de son mal et de ses m\u00e9thodes qui ont \u00e9t\u00e9 vues par Jouvenel \u00e0 la m\u00eame \u00e9poque (que l&rsquo;Etranger) dans ses analyses sur la d\u00e9mocratie totalitaire.  <\/p>\n<\/p>\n<p><p>Mais prenons le d\u00e9but tout de m\u00eame ; c&rsquo;est ce Camus c\u00e9linien qui me surprend :<\/p>\n<\/p>\n<blockquote class=\"normal\" style=\"font-size:1.05em\">\n<p><p>&laquo; <em>Dans notre petite ville, est-ce l&rsquo;effet du climat, tout cela se fait ensemble, du m\u00eame air fr\u00e9n\u00e9tique et absent. C&rsquo;est-\u00e0-dire qu&rsquo;on s&rsquo;y ennuie et qu&rsquo;on s&rsquo;y applique \u00e0 prendre des habitudes<\/em>. &raquo;<\/p>\n<\/p>\n<\/blockquote>\n<p><p>Comparons ici :<\/p>\n<\/p>\n<blockquote class=\"normal\" style=\"font-size:1.05em\">\n<p><p>&laquo; <em>Au lit ils enlevaient leurs lunettes d&rsquo;abord et leurs r\u00e2teliers ensuite dans un verre et pla\u00e7aient le tout en \u00e9vidence. Ils n&rsquo;avaient pas l&rsquo;air de se parler entre eux, entre sexes, tout \u00e0 fait comme dans la rue. On aurait dit des grosses b\u00eates bien dociles, bien habitu\u00e9es \u00e0 s&rsquo;ennuyer<\/em>&hellip; &raquo;<\/p>\n<\/p>\n<\/blockquote>\n<p><p>Le style de C\u00e9line reste incomparable mais l&rsquo;effet est le m\u00eame.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Impitoyable, Camus observe aussi &ndash; toujours au d\u00e9but de la Peste donc :<\/p>\n<\/p>\n<blockquote class=\"normal\" style=\"font-size:1.05em\">\n<p><p>&laquo; <em>Mais, tr\u00e8s raisonnablement, ils r\u00e9servent ces plaisirs pour le samedi soir et le dimanche, essayant, les autres jours de la semaine, de gagner beaucoup d&rsquo;argent. Le soir, lorsqu&rsquo;ils quittent leurs bureaux, ils se r\u00e9unissent \u00e0 heure fixe dans les caf\u00e9s, ils se prom\u00e8nent sur le m\u00eame boulevard ou bien ils se mettent \u00e0 leurs balcons. Les d\u00e9sirs des plus jeunes sont violents et brefs, tandis que les vices des plus \u00e2g\u00e9s ne d\u00e9passent pas les associations de boulomanes, les banquets des amicales et les cercles o&ugrave; l&rsquo;on joue gros jeu sur le hasard des cartes<\/em>. &raquo;<\/p>\n<\/p>\n<p><p>La suite r\u00e9sonne comme du Henri de Man :<\/p>\n<\/p>\n<\/blockquote>\n<blockquote class=\"normal\" style=\"font-size:1.05em\">\n<p><p>&laquo; <em>On dira sans doute que cela n&rsquo;est pas particulier \u00e0 notre ville et qu&rsquo;en somme tous nos contemporains sont ainsi<\/em>. &raquo;<\/p>\n<\/p>\n<\/blockquote>\n<p><p>La banalit\u00e9 du mal moderne se manifeste partout :<\/p>\n<\/p>\n<blockquote class=\"normal\" style=\"font-size:1.05em\">\n<p><p>&laquo; <em>Ce qu&rsquo;il fallait souligner, c&rsquo;est l&rsquo;aspect banal de la ville et de la vie. Mais on passe ses journ\u00e9es sans difficult\u00e9s aussit\u00f4t qu&rsquo;on a des habitudes<\/em>. &raquo;<\/p>\n<\/p>\n<\/blockquote>\n<p><p>La presse, l&rsquo;information ? On lit ceci plus loin :<\/p>\n<\/p>\n<blockquote class=\"normal\" style=\"font-size:1.05em\">\n<p><p>&laquo; <em>Les journaux, naturellement, ob\u00e9issaient \u00e0 la consigne d&rsquo;optimisme \u00e0 tout prix qu&rsquo;ils avaient re\u00e7ues. &Agrave; les lire, ce qui caract\u00e9risait la situation, c&rsquo;\u00e9tait &laquo; l&rsquo;exemple \u00e9mouvant de calme et de sang-froid &raquo; que donnait la population<\/em>. &raquo;<\/p>\n<\/p>\n<\/blockquote>\n<p><p>La presse n&rsquo;est l\u00e0 que pour programmer sur ordre. Dont acte.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Les cr\u00e9tins font donc de la Peste un produit all\u00e9gorique sur Vichy et la Shoah. En r\u00e9alit\u00e9 on est plus proche d&rsquo;Ionesco-Beckett, de ce d\u00e9sespoir, devant la vie et les hommes modernes, qui a saisi les \u00e9crivains au lendemain de la seconde guerre mondiale : et Camus finit par douter de la r\u00e9alit\u00e9 des hommes qui l&rsquo;entourent. On est ici au d\u00e9but &ndash; d\u00e9but \u00e9pouvantable &ndash; de l&rsquo;Etranger, quand il veille notre h\u00e9ros (meurt et sot comme racines) le cadavre de sa m\u00e8re (il n&rsquo;est donc pas si abominable que cela, il est prostr\u00e9 et fatigu\u00e9 de r\u00e9agir, comme le fronc\u00e9 sous Macron) :<\/p>\n<\/p>\n<blockquote class=\"normal\" style=\"font-size:1.05em\">\n<p><p>&laquo; <em>Je les voyais comme je n&rsquo;ai jamais vu personne et pas un d\u00e9tail de leurs visages ou de leurs habits ne m&rsquo;\u00e9chappait. Pourtant je ne les entendais pas et j&rsquo;avais peine \u00e0 croire \u00e0 leur r\u00e9alit\u00e9<\/em>. &raquo;<\/p>\n<\/p>\n<\/blockquote>\n<p><p>En fait avant la t\u00e9l\u00e9 d\u00e9j\u00e0 l&rsquo;homme moderne ou pour parler comme l&rsquo;extraordinaire Roderick Seidinger l&rsquo;homme post-historique doute de la r\u00e9alit\u00e9 de son prochain, avant m\u00eame qu&rsquo;il ne lui parvienne plus que par \u00e9cran interpos\u00e9 (voyez mon texte sur Nizan et le bourgeois) !<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Il fait des observations prosa\u00efques mais objectives notre \u00e9tranger :<\/p>\n<\/p>\n<blockquote class=\"normal\" style=\"font-size:1.05em\">\n<p><p>&laquo; <em>Je n&rsquo;avais encore jamais remarqu\u00e9 \u00e0 quel point les vieilles femmes pouvaient avoir du ventre. Les hommes \u00e9taient presque tous tr\u00e8s maigres et tenaient des cannes. Ce qui me frappait dans leurs visages, c&rsquo;est que je ne voyais pas leurs yeux, mais seulement une lueur sans \u00e9clat au milieu d&rsquo;un nid de rides. Lorsqu&rsquo;ils se sont assis, la plupart m&rsquo;ont regard\u00e9 et ont hoch\u00e9 la t\u00eate avec g\u00eane, les l\u00e8vres toutes mang\u00e9es par leur bouche sans dents, sans que je puisse savoir s&rsquo;ils me saluaient ou s&rsquo;il s&rsquo;agissait d&rsquo;un tic. Je crois plut\u00f4t qu&rsquo;ils me saluaient<\/em>. &raquo;<\/p>\n<\/p>\n<\/blockquote>\n<p><p>Retour au boulot avec l&rsquo;impeccable patron :<\/p>\n<\/p>\n<blockquote class=\"normal\" style=\"font-size:1.05em\">\n<p><p>&laquo; <em>En me r\u00e9veillant, j&rsquo;ai compris pourquoi mon patron avait l&rsquo;air m\u00e9content quand je lui ai demand\u00e9 mes deux jours de cong\u00e9 : c&rsquo;est aujourd&rsquo;hui samedi. Je l&rsquo;avais pour ainsi dire oubli\u00e9, mais en me levant, cette id\u00e9e m&rsquo;est venue. Mon patron, tout naturellement, a pens\u00e9 que j&rsquo;aurais ainsi quatre jours de vacances avec mon dimanche et cela ne pouvait pas lui faire plaisir<\/em>. &raquo;<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Atmosph\u00e8re de gendarmerie&hellip; Courteline est pass\u00e9 par l\u00e0 il est vrai&hellip; O bureaucratie, \u00f4 r\u00e9publiques !<\/p>\n<\/p>\n<\/blockquote>\n<p><p>Puis l&rsquo;Etranger retrouve sa jolie fille, d&rsquo;ailleurs espagnole, comme tant de gens \u00e0 Oran et ailleurs. Au lieu de venir r\u00e2ler toute leur vie en R\u00e9publique, certains pieds noirs auraient mieux fait de s&rsquo;y rendre et d&rsquo;y vivre en Espagne, m\u00eame &laquo; franquiste &raquo; ! Bazar politique \u00e0 part c&rsquo;\u00e9tait le pays le plus libre et le plus heureux du monde, le moins tax\u00e9 aussi (il y a des restes&hellip;). Vous ne pouvez pas imaginer le bonheur dans un pays o&ugrave; les partis politiques sont interdits. Pas de parti socialiste, communiste, conservateur, r\u00e9publicain, catho, cr\u00e9tin-d\u00e9mocrate, euro-f\u00e9ministe \u00e9cologiste, national-sioniste ou populiste&hellip;<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Et ici on d\u00e9couvre une \u00e9vidence rappel\u00e9e par Revel dans ses tr\u00e8s bonnes M\u00e9moires (le Voleur dans la maison vide) : chaque g\u00e9n\u00e9ration croit avoir invent\u00e9 la r\u00e9volution sexuelle. En r\u00e9alit\u00e9 on se croirait dans les ann\u00e9es soixante-dix (les pr\u00e9sum\u00e9es lib\u00e9ratoires qui impos\u00e8rent surtout avortement, f\u00e9minisme implosion familiale) et comment :<\/p>\n<\/p>\n<blockquote class=\"normal\" style=\"font-size:1.05em\">\n<p><p>&laquo; <em>J&rsquo;ai retrouv\u00e9 dans l&rsquo;eau Marie Cardona, une ancienne dactylo de mon bureau dont j&rsquo;avais eu envie \u00e0 l&rsquo;\u00e9poque.<\/em><\/p>\n<\/p>\n<p><p><em>Elle aussi, je crois. Mais elle est partie peu apr\u00e8s et nous n&rsquo;avons pas eu le temps. Je l&rsquo;ai aid\u00e9e \u00e0 monter sur une bou\u00e9e et, dans ce mouvement, j&rsquo;ai effleur\u00e9 ses seins. J&rsquo;\u00e9tais encore dans l&rsquo;eau quand elle \u00e9tait d\u00e9j\u00e0 \u00e0 plat ventre sur la bou\u00e9e. Elle s&rsquo;est retourn\u00e9e vers moi. Elle avait les cheveux dans les yeux et elle riait. Je me suis hiss\u00e9 \u00e0 c\u00f4t\u00e9 d&rsquo;elle sur la bou\u00e9e. Il faisait bon et, comme en plaisantant, j&rsquo;ai laiss\u00e9 aller ma t\u00eate en arri\u00e8re et je l&rsquo;ai pos\u00e9e sur son ventre. Elle n&rsquo;a rien dit et je suis rest\u00e9 ainsi<\/em>. &raquo;<\/p>\n<\/p>\n<\/blockquote>\n<p><p>Apr\u00e8s on est plus vie ordinaire que jamais (et alors, Ren\u00e9 Gu\u00e9non ? C&rsquo;est un crime ?), et on parle bronzette et cinoche :<\/p>\n<\/p>\n<blockquote class=\"normal\" style=\"font-size:1.05em\">\n<p><p>&laquo; <em>Sur le quai, pendant que nous nous s\u00e9chions, elle m&rsquo;a dit : &laquo; Je suis plus brune que vous. &raquo; Je lui ai demand\u00e9 si elle voulait venir au cin\u00e9ma, le soir. Elle a encore ri et m&rsquo;a dit qu&rsquo;elle avait envie de voir un film avec Fernandel. Quand nous nous sommes rhabill\u00e9s, elle a eu l&rsquo;air tr\u00e8s surprise de me voir avec une cravate noire et elle m&rsquo;a demand\u00e9 si j&rsquo;\u00e9tais en deuil<\/em>. &raquo;<\/p>\n<\/p>\n<\/blockquote>\n<p><p>Atterrissage en douceur mais atterrissage quand m\u00eame :<\/p>\n<\/p>\n<blockquote class=\"normal\" style=\"font-size:1.05em\">\n<p><p>&laquo; <em>Je lui ai dit que maman \u00e9tait morte. Comme elle voulait savoir depuis quand, j&rsquo;ai r\u00e9pondu : &laquo; Depuis hier. &raquo; Elle a eu un petit recul, mais n&rsquo;a fait aucune remarque<\/em>. &raquo;<\/p>\n<\/p>\n<\/blockquote>\n<p><p>Rappelons comme \u00e7a en passant les faux scandales li\u00e9s \u00e0 a canicule de 2004. Survient la fameuse apr\u00e8s-midi sans t\u00e9l\u00e9 pass\u00e9e \u00e0 ne rien foutre donc et \u00e0 mater la rue du balcon puisqu&rsquo;il n&rsquo;y a pas de t\u00e9l\u00e9 :<\/p>\n<\/p>\n<blockquote class=\"normal\" style=\"font-size:1.05em\">\n<p><p>&laquo; <em>J&rsquo;ai pens\u00e9 qu&rsquo;ils allaient aux cin\u00e9mas du centre. C&rsquo;\u00e9tait pourquoi ils partaient si t\u00f4t et se d\u00e9p\u00eachaient vers le tram en riant tr\u00e8s fort. Apr\u00e8s eux, la rue peu \u00e0 peu est devenue d\u00e9serte. Les spectacles \u00e9taient partout commenc\u00e9s, je crois. Il n&rsquo;y avait plus dans la rue que les boutiquiers et les chats<\/em>. &raquo;<\/p>\n<\/p>\n<\/blockquote>\n<p><p>L\u00e0 on est dans Guy Debord !<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Paragraphe premier du l\u00e9gendaire opus :<\/p>\n<\/p>\n<blockquote class=\"normal\" style=\"font-size:1.05em\">\n<p><p>&laquo; <em>Toute la vie des soci\u00e9t\u00e9s dans lesquelles r\u00e8gnent les conditions modernes de production s&rsquo;annonce comme une immense accumulation de spectacles. Tout ce qui \u00e9tait directement v\u00e9cu s&rsquo;est \u00e9loign\u00e9 dans la repr\u00e9sentation<\/em>. &raquo;<\/p>\n<\/p>\n<\/blockquote>\n<p><p>Et comme dit le cin\u00e9phile C\u00e9line (le Voyage, toujours), \u00e9tranger \u00e0 New York :<\/p>\n<\/p>\n<blockquote class=\"normal\" style=\"font-size:1.05em\">\n<p><p>&laquo; <em>Nous sommes, par nature, si futiles, que seules les distractions peuvent nous emp\u00eacher vraiment de mourir. Je m&rsquo;accrochais pour mon compte au cin\u00e9ma avec une ferveur d\u00e9sesp\u00e9r\u00e9e<\/em>. &raquo;<\/p>\n<\/p>\n<\/blockquote>\n<p><p>Ensuite il y a le sport et ses supporters :<\/p>\n<\/p>\n<blockquote class=\"normal\" style=\"font-size:1.05em\">\n<p><p>&laquo; <em>&Agrave; cinq heures, des tramways sont arriv\u00e9s dans le bruit. Ils ramenaient du stade de banlieue des grappes de spectateurs perch\u00e9s sur les marchepieds et, les rambardes. Les tramways suivants ont ramen\u00e9 les joueurs que j&rsquo;ai reconnus \u00e0 leurs petites valises. Ils hurlaient et chantaient \u00e0 pleins poumons que leur club ne p\u00e9rirait pas. Plusieurs m&rsquo;ont fait des signes. L&rsquo;un m&rsquo;a m\u00eame cri\u00e9 : &laquo; On les a eus. &raquo; Et j&rsquo;ai fait : &laquo; Oui &raquo;, en secouant la t\u00eate. &Agrave; partir de ce moment, les autos ont commenc\u00e9 \u00e0 affluer<\/em>. &raquo;<\/p>\n<\/p>\n<\/blockquote>\n<p><p>Petite piqure de rappel avec Henri de Man :<\/p>\n<\/p>\n<blockquote class=\"normal\" style=\"font-size:1.05em\">\n<p><p>&laquo; <em>De Man voit aussi l&rsquo;homog\u00e9n\u00e9isation frapper les esprits gr\u00e2ce aux m\u00e9dias de masse et \u00e0 l&rsquo;adoration du sport ou du people. Il parle de sa vision de pavillons de banlieue et leur audition, \u00e0 ces habitants qu&rsquo;il croyait bien log\u00e9s, d&rsquo;une seule \u00e9mission :<\/em><\/p>\n<\/p>\n<p><p><em>Tous les habitants de ces maisons particuli\u00e8res \u00e9coutaient en m\u00eame temps la m\u00eame retransmission. Je fus pris de cette angoisse&hellip; Aujourd&rsquo;hui ce sont les informations qui jouent ce r\u00f4le par la mani\u00e8re dont elles sont choisies et pr\u00e9sent\u00e9es, par la r\u00e9p\u00e9tition constante des m\u00eames formules et surtout par la force suggestive concentr\u00e9e dans les titres et les manchettes.<\/em> &raquo;<\/p>\n<\/p>\n<\/blockquote>\n<p><p>Retour \u00e0 Camus. Le troupeau rentre de la promenade et du spectacle :<\/p>\n<\/p>\n<blockquote class=\"normal\" style=\"font-size:1.05em\">\n<p><p>&laquo; <em>La journ\u00e9e a tourn\u00e9 encore un peu. Au-dessus des toits, le ciel est devenu rouge\u00e2tre et, avec le soir naissant, les rues se sont anim\u00e9es. Les promeneurs revenaient peu \u00e0 peu. J&rsquo;ai reconnu le monsieur distingu\u00e9 au milieu d&rsquo;autres. Les enfants pleuraient ou se laissaient tra&icirc;ner. Presque aussit\u00f4t, les cin\u00e9mas du quartier ont d\u00e9vers\u00e9 dans la rue un flot de spectateurs. Parmi eux, les jeunes gens avaient des gestes plus d\u00e9cid\u00e9s que d&rsquo;habitude et j&rsquo;ai pens\u00e9 qu&rsquo;ils avaient vu un film d&rsquo;aventures. Ceux qui revenaient des cin\u00e9mas de la ville arriv\u00e8rent un peu plus tard. Ils semblaient plus graves.<\/em> &raquo;<\/p>\n<\/p>\n<\/blockquote>\n<p><p>Apr\u00e8s le sport, un peu de cul comme on disait jadis :<\/p>\n<\/p>\n<p><p>&laquo; <em>Quand nous nous sommes rhabill\u00e9s sur la plage, Marie me regardait avec des yeux brillants. Je l&rsquo;ai embrass\u00e9e. &Agrave; partir de ce moment, nous n&rsquo;avons plus parl\u00e9. Je l&rsquo;ai tenue contre moi et nous avons \u00e9t\u00e9 press\u00e9s de trouver un autobus, de rentrer, d&rsquo;aller chez moi et de nous jeter sur mon lit. J&rsquo;avais laiss\u00e9 ma fen\u00eatre ouverte et c&rsquo;\u00e9tait bon de sentir la nuit d&rsquo;\u00e9t\u00e9 couler sur nos corps bruns<\/em>. &raquo;<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Maupassant parlait d\u00e9j\u00e0 de cette lib\u00e9ration sexuelle en Alg\u00e9rie. Et de ce peu de futur aussi qui nous y attendait :<\/p>\n<\/p>\n<blockquote class=\"normal\" style=\"font-size:1.05em\">\n<p><p>&laquo; <em>Et je pensais \u00e0 ce peuple vaincu au milieu duquel nous campons ou plut\u00f4t qui campe au milieu de nous, dont nous commen\u00e7ons \u00e0 parler la langue, que nous voyons vivre chaque jour sous la toile transparente de ses tentes, \u00e0 qui nous imposons nos lois, nos r\u00e8glements et nos coutumes, et dont nous ignorons tout, mais tout, entendez-vous, comme si nous n&rsquo;\u00e9tions pas l\u00e0, uniquement occup\u00e9s \u00e0 le regarder depuis bient\u00f4t soixante ans<\/em>&hellip;. &raquo;<\/p>\n<\/p>\n<\/blockquote>\n<p><p>L&rsquo;Etranger comme m\u00e9taphore du fronc\u00e9 qui campe ?<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Camus a parl\u00e9 de ces vieux sans r\u00e9alit\u00e9, et Maupassant de ces colonisateurs qui ne sont pas l\u00e0, &laquo; comme si nous n&rsquo;\u00e9tions pas l\u00e0&hellip; &raquo;. J&rsquo;ai eu cette sensation partout o&ugrave; j&rsquo;ai vu  la &laquo; pr\u00e9sence fran\u00e7aise &raquo; en voyageant&hellip; Ne pol\u00e9miquons pas.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Mais continuons, comme dirait Sartre :<\/p>\n<\/p>\n<blockquote class=\"normal\" style=\"font-size:1.05em\">\n<p><p>&laquo; <em>Quand elle a ri, j&rsquo;ai eu encore envie d&rsquo;elle. Un moment apr\u00e8s, elle m&rsquo;a demand\u00e9 si je l&rsquo;aimais. Je lui ai r\u00e9pondu que cela ne voulait rien dire, mais qu&rsquo;il me semblait que non. Elle a eu l&rsquo;air triste. Mais en pr\u00e9parant le d\u00e9jeuner, et \u00e0 propos de rien, elle a encore ri de telle fa\u00e7on que je l&rsquo;ai embrass\u00e9e. C&rsquo;est \u00e0 ce moment que les bruits d&rsquo;une dispute ont \u00e9clat\u00e9 chez Raymond<\/em>. &raquo;<\/p>\n<\/p>\n<\/blockquote>\n<p><p>Comme on sait le Raymond en question est encore plus obs\u00e9d\u00e9 sexuel que notre meurt-sot et c&rsquo;est son obsession pour les filles arabes battues qui va amener le drame.<\/p>\n<\/p>\n<blockquote class=\"normal\" style=\"font-size:1.05em\">\n<p><p>&laquo; <em>Mais Raymond m&rsquo;a demand\u00e9 d&rsquo;attendre et il m&rsquo;a dit qu&rsquo;il aurait pu me transmettre cette invitation le soir, mais qu&rsquo;il voulait m&rsquo;avertir d&rsquo;autre chose. Il avait \u00e9t\u00e9 suivi toute la journ\u00e9e par un groupe d&rsquo;Arabes parmi lesquels se trouvait le fr\u00e8re de son ancienne ma&icirc;tresse. &laquo; Si tu le vois pr\u00e8s de la maison ce soir en rentrant, avertis-moi. &raquo; J&rsquo;ai dit que c&rsquo;\u00e9tait entendu<\/em>. &raquo;<\/p>\n<\/p>\n<\/blockquote>\n<p><p>Sur cet incident se rappeler l&rsquo;essentiel : on va guillotiner un Fran\u00e7ais de souche qui a tu\u00e9 un arabe. C&rsquo;est aussi \u00e7a l&rsquo;Etranger, m\u00eame si tout le monde oublie&#8230; Pour le reste Maupassant avait sans doute raison : le fronc\u00e9 se comporte en touriste et en campeur partout o&ugrave; il passe, et il n&rsquo;a donc rien colonis\u00e9 s\u00e9rieusement. Voyez et revoyez rue case-n\u00e8gres, un des derniers chefs d&rsquo;&oelig;uvre de notre cin\u00e9ma. On voudrait pol\u00e9miquer mais je n&rsquo;en ai aucune envie.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Trop espagnole, la pauvre et romantique Marie se fait encore rembarrer :<\/p>\n<\/p>\n<blockquote class=\"normal\" style=\"font-size:1.05em\">\n<p><p>&laquo; <em>Le soir, Marie est venue me chercher et m&rsquo;a demand\u00e9 si je voulais me marier avec elle. J&rsquo;ai dit que cela m&rsquo;\u00e9tait \u00e9gal et que nous pourrions le faire si elle le voulait. Elle a voulu savoir alors si je l&rsquo;aimais. J&rsquo;ai r\u00e9pondu comme je l&rsquo;avais d\u00e9j\u00e0 fait une fois, que cela ne signifiait rien mais que sans doute je ne l&rsquo;aimais pas. &laquo; Pourquoi m&rsquo;\u00e9pouser alors ? &raquo; a-t-elle dit<\/em>. &raquo;<\/p>\n<\/p>\n<\/blockquote>\n<p><p>Pour divorcer. Comme dit Yockey dans son opus monumental, le divorce remplace le mariage.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Rappel : Maupassant \u00e9voque aussi dans son conte comique Marroca des souvenirs sexuels hispaniques. L&rsquo;autre conte \u00e0 relire est Allouma.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Marie s&rsquo;enfonce, elle est oblig\u00e9e de s&rsquo;enfoncer vu l&rsquo;\u00e9nergum\u00e8ne postmoderne, post-historique et post-tout qui l&rsquo;a s\u00e9duite :<\/p>\n<\/p>\n<blockquote class=\"normal\" style=\"font-size:1.05em\">\n<p><p>&laquo; <em>Apr\u00e8s un autre moment de silence, elle a murmur\u00e9 que j&rsquo;\u00e9tais bizarre, qu&rsquo;elle m&rsquo;aimait sans doute \u00e0 cause de cela mais que peut-\u00eatre un jour je la d\u00e9go&ucirc;terais pour les m\u00eames raisons<\/em>. &raquo;<\/p>\n<\/p>\n<\/blockquote>\n<p><p>Meurt-sot annonce Jean Yanne en fait, celui de Nous ne vieillirons pas ensemble ; et c&rsquo;est Pialat, pas Visconti (le pauvre, car une fois qu&rsquo;on a enlev\u00e9 les costumes&hellip;) qui aurait du &laquo; adapter &raquo; comme on dit en novlangue l&rsquo;Etranger.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Puis on parle de Paris et c&rsquo;est pittoresque :<\/p>\n<\/p>\n<blockquote class=\"normal\" style=\"font-size:1.05em\">\n<p><p>&laquo; <em>Je lui ai parl\u00e9 alors de la proposition du patron et Marie m&rsquo;a dit qu&rsquo;elle aimerait conna&icirc;tre Paris. Je lui ai appris que j&rsquo;y avais v\u00e9cu dans un temps et elle m&rsquo;a demand\u00e9 comment c&rsquo;\u00e9tait. Je lui ai dit : &laquo; C&rsquo;est sale. Il y a des pigeons et des cours noires. Les gens ont la peau blanche<\/em>. &raquo;<\/p>\n<\/p>\n<\/blockquote>\n<p><p>C&rsquo;\u00e9tait avant Hidalgo&hellip;<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Rare allusion heureuse \u00e0 la belle race m\u00e9diterran\u00e9enne de la rue alg\u00e9rienne :<\/p>\n<\/p>\n<blockquote class=\"normal\" style=\"font-size:1.05em\">\n<p><p>&laquo; <em>Puis nous avons march\u00e9 et travers\u00e9 la ville par ses grandes rues. Les femmes \u00e9taient belles et j&rsquo;ai demand\u00e9 \u00e0 Marie si elle le remarquait. Elle m&rsquo;a dit que oui et qu&rsquo;elle me comprenait. Pendant un moment, nous n&rsquo;avons plus parl\u00e9<\/em>. &raquo;<\/p>\n<\/p>\n<\/blockquote>\n<p><p>C\u00e9line dit la m\u00eame chose sur les newyorkaises. Il est plus lyrique naturellement :<\/p>\n<\/p>\n<blockquote class=\"normal\" style=\"font-size:1.05em\">\n<p><p>&laquo; <em>Quelles gracieuses souplesses cependant ! Quelles d\u00e9licatesses incroyables ! Quelles trouvailles d&rsquo;harmonie ! P\u00e9rilleuses nuances ! R\u00e9ussites de tous les dangers ! De toutes les promesses possibles de la figure et du corps parmi tant de blondes ! Ces brunes ! Et ces Titiennes ! Et qu&rsquo;il y en avait plus qu&rsquo;il en venait encore ! C&rsquo;est peut-\u00eatre, pensais-je, la Gr\u00e8ce qui recommence ? J&rsquo;arrive au bon moment !<\/em> &raquo;<\/p>\n<\/p>\n<\/blockquote>\n<p><p>Ces races cr\u00e9oles \u00e9taient belles. Mais revenons sur terre :<\/p>\n<\/p>\n<blockquote class=\"normal\" style=\"font-size:1.05em\">\n<p><p>&laquo; <em>Nous allions partir quand Raymond, tout d&rsquo;un coup, m&rsquo;a fait signe de regarder en face. J&rsquo;ai vu un groupe d&rsquo;Arabes adoss\u00e9s \u00e0 la devanture du bureau de tabac. Ils nous regardaient en silence, mais \u00e0 leur mani\u00e8re, ni plus ni moins que si nous \u00e9tions des pierres ou des arbres morts<\/em>. &raquo;<\/p>\n<\/p>\n<\/blockquote>\n<p><p>Le Fran\u00e7ais qui aime tant moraliser les am\u00e9ricains ferait bien de m\u00e9diter ces lignes &ndash; et celles de Maupassant (inspir\u00e9 non par Dosto\u00efevski mais comme on sait mais par Schopenhauer). M\u00e9taphore de la pression qui monte l&rsquo;Etranger ?<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Apr\u00e8s il faut passer \u00e0 table. Et l\u00e0 on est affam\u00e9s. J&rsquo;ai un ami restaurateur \u00e0 V\u00e9zelay qui me dit que son restau est plein \u00e0 midi dix des fois. Ma s&oelig;ur confirme pour Monaco. Elle sait aussi que dans plein de bleds en France on ne peut plus d&icirc;ner. Pass\u00e9es huit heures c&rsquo;est le couvre-feu annonc\u00e9 par mon Philippe Muray (avec la fin du sexe) il y a trente ans d\u00e9j\u00e0.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>On va voir :<\/p>\n<\/p>\n<blockquote class=\"normal\" style=\"font-size:1.05em\">\n<p><p>&laquo; <em>Quand nous sommes revenus, Masson nous appelait d\u00e9j\u00e0. J&rsquo;ai dit que j&rsquo;avais tr\u00e8s faim et il a d\u00e9clar\u00e9 tout de suite \u00e0 sa femme que je lui plaisais. Le pain \u00e9tait bon, j&rsquo;ai d\u00e9vor\u00e9 ma part de poisson. Il y avait ensuite de la viande et des pommes de terre frites. Nous mangions tous sans parler. Masson buvait souvent du vin et il me servait sans arr\u00eat. Au caf\u00e9, j&rsquo;avais la t\u00eate un peu lourde et j&rsquo;ai fum\u00e9 beaucoup<\/em>. &raquo;<\/p>\n<\/p>\n<\/blockquote>\n<p><p>J&rsquo;ai sympathis\u00e9 une fois avec un jeune serveur \u00e9quatorien (un des pays sinistres o&ugrave; j&rsquo;ai s\u00e9journ\u00e9 le moins longtemps en Am\u00e9rique du Sud) \u00e0 C\u00f4me ; il \u00e9tait impressionn\u00e9 par cette client\u00e8le de retrait\u00e9s qui venait d&icirc;ner \u00e0 dix-neuf heures pour se planter ensuite devant Tik Tok ou la t\u00e9l\u00e9. Tutti quadrati, m&rsquo;a-t-il dit en italien dans cette ville alors submerg\u00e9e de migrants et de son et lumi\u00e8re \u00e9colo-Bergoglio&hellip;<\/p>\n<\/p>\n<p><p>R\u00e9sultat des courses, on a mang\u00e9 un peu t\u00f4t. Il annonce la France \u00e0 Macron notre \u00e9tranger :<\/p>\n<\/p>\n<blockquote class=\"normal\" style=\"font-size:1.05em\">\n<p><p>&laquo; <em>Masson, Raymond et moi, nous avons envisag\u00e9 de passer ensemble le mois d&rsquo;ao&ucirc;t \u00e0 la plage, \u00e0 frais communs. Marie nous a dit tout d&rsquo;un coup : &laquo; Vous savez quelle heure il est ? Il est onze heures et demie. &raquo; Nous \u00e9tions tous \u00e9tonn\u00e9s, mais Masson a dit qu&rsquo;on avait mang\u00e9 tr\u00e8s t\u00f4t, et que c&rsquo;\u00e9tait naturel parce que l&rsquo;heure du d\u00e9jeuner, c&rsquo;\u00e9tait l&rsquo;heure o&ugrave; l&rsquo;on avait faim<\/em>. &raquo;<\/p>\n<\/p>\n<\/blockquote>\n<p><p>Pas de doute, ils se seraient fait vacciner trente fois pour aller au restau \u00e0 dix heures&hellip;<\/p>\n<\/p>\n<p><p>A l&rsquo;heure o&ugrave; j&rsquo;\u00e9cris je vois une \u00e9pid\u00e9mie d&rsquo;ob\u00e9sit\u00e9 irr\u00e9elle se produire en Espagne. Mes amis me garantissent que \u00e7a se produit aussi en France. Bouffer est un but en soi, pas un moyen, rappelait Shamir \u00e0 propos des isra\u00e9liens.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>On a beaucoup parl\u00e9 des grands auteurs du dix-neuvi\u00e8me si\u00e8cle. Un peu de Dominique de Fromentin (peintre d&rsquo;Alg\u00e9rie aussi) :<\/p>\n<\/p>\n<blockquote class=\"normal\" style=\"font-size:1.05em\">\n<p><p>&laquo; <em>Quoiqu&rsquo;il ne f&ucirc;t pas le premier venu autant qu&rsquo;il le pr\u00e9tendait, et qu&rsquo;avant de rentrer dans les effacements de sa province il en f&ucirc;t sorti par un commencement de c\u00e9l\u00e9brit\u00e9, il aimait \u00e0 se confondre avec la multitude des inconnus, qu&rsquo;il appelait les quantit\u00e9s n\u00e9gatives<\/em>. &raquo;<\/p>\n<\/p>\n<\/blockquote>\n<p><p>Allez, encore une r\u00e9p\u00e9tition de ce rare plaisir litt\u00e9raire :<\/p>\n<\/p>\n<blockquote class=\"normal\" style=\"font-size:1.05em\">\n<p><p>&laquo; <em>Pourtant je ne les entendais pas et j&rsquo;avais peine \u00e0 croire \u00e0 leur r\u00e9alit\u00e9<\/em>. &raquo;<\/p>\n<\/p>\n<\/blockquote>\n<p><p>Ma conclusion ? C&rsquo;est facile d&rsquo;accuser l&rsquo;informatique et la t\u00e9l\u00e9. Mon mal vient de plus loin, comme dit Jean Racine.<\/p>\n<\/p>\n<p><h3 class=\"subtitleset_c.deepgreen\" style=\"color:#75714d; font-size:1.25em\"><strong>Sources principales : <\/strong><\/h3>\n<\/p>\n<p><p><a href=\"http:\/\/www.maupassantiana.fr\/Oeuvre\/Les%20Contes%20de%20Maupassant.pdf\">http:\/\/www.maupassantiana.fr\/Oeuvre\/Les%20Contes%20de%20Maupassant.pdf<\/a><\/p>\n<\/p>\n<p><p><a href=\"https:\/\/dissibooks.wordpress.com\/wp-content\/uploads\/2014\/12\/cc3a7line-voyage-au-bout-de-la-nuit.pdf\">https:\/\/dissibooks.wordpress.com\/wp-content\/uploads\/2014\/12\/cc3a7line-voyage-au-bout-de-la-nuit.pdf<\/a><\/p>\n<\/p>\n<p><p><a href=\"http:\/\/datablock.free.fr\/GUY%20DEBORD%20La%20societe%20du%20spectacle.pdf\">http:\/\/datablock.free.fr\/GUY%20DEBORD%20La%20societe%20du%20spectacle.pdf<\/a><\/p>\n<\/p>\n<p><p><a href=\"https:\/\/www.ebooksgratuits.com\/blackmask\/fromentin_dominique.pdf\">https:\/\/www.ebooksgratuits.com\/blackmask\/fromentin_dominique.pdf<\/a><\/p>\n<\/p>\n<p><p><a href=\"https:\/\/lecourrierdesstrateges.fr\/2022\/09\/19\/lecons-libertariennes-n21-bertrand-de-jouvenel-et-la-democratie-totalitaire-par-nicolas-bonnal\/\">https:\/\/lecourrierdesstrateges.fr\/2022\/09\/19\/lecons-libertariennes-n21-bertrand-de-jouvenel-et-la-democratie-totalitaire-par-nicolas-bonnal\/<\/a><\/p>\n<\/p>\n<p><p><a href=\"https:\/\/www.amazon.fr\/Dosto%C3%AFevski-modernit%C3%A9-occidentale-Nicolas-Bonnal\/dp\/1520916736?ref_=ast_author_dp_rw&#038;dib=eyJ2IjoiMSJ9.0Zl6KoU09N05zcgSHE0saOsEk2XYOJgR0Y7BGHI-GJjvHhhEb9HU7jdHQVu162axmdERIl6yQ0BFwOxJ7dzFqT7tRI0vz1mpK3A1vM0kpdOkhJqgpSP-ykELOZ2-22Nu55AGpv_1JwtS_SH5ASsSVbBAsM7m9iXDgh8VrPnVgP2aHTt1WS7x2o9o23obVt5p5Li4i_bi73ZsMFIRmJR_0J980adUJ2R8Tm57ZEY_T9A.aWwrWBwd2EeNKHJaRR6U_7mFL8iq03iUiKZ-l7BUr0s&#038;dib_tag=AUTHOR\">Dosto\u00efevski et la modernit\u00e9 occidentale<\/a>, de Nicolas Bonnal<\/p>\n<\/p>\n<p><p><u><a href=\"https:\/\/www.amazon.fr\/Louis-Ferdinand-C%C3%A9line-pacifiste-enrag%C3%A9-Nicolas\/dp\/1520796005\/ref=sr_1_1?__mk_fr_FR=%C3%85M%C3%85%C5%BD%C3%95%C3%91&#038;crid=4QGQFWF5VVU8&#038;dib=eyJ2IjoiMSJ9.VWXBsoVyoBwK-B5J_H6NZsaSXl1ig4StL50APkleb9LGjHj071QN20LucGBJIEps.alqlObKhrToB6iLrizoPM97fG3nND-2rL8k3GCLAgjA&#038;dib_tag=se&#038;keywords=bonnal+c%C3%A9line&#038;qid=1747241976&#038;s=books&#038;sprefix=bonnal+c%C3%A9line%2Cstripbooks%2C151&#038;sr=1-1-catcorr\">C\u00e9line, le pacifiste enrag\u00e9<\/a><\/u>, de Nicolas Bonnal<\/p>\n<\/p>\n<p><p><a href=\"https:\/\/www.dedefensa.org\/article\/nizan-et-les-caracteres-de-notre-tyrannie-bourgeoise\">https:\/\/www.dedefensa.org\/article\/nizan-et-les-caracteres-de-notre-tyrannie-bourgeoise<\/a><\/p><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Albert Camus et la prostration du Fran\u00e7ais On sait que Camus aura beaucoup souffert du carcan scolaire. Le red\u00e9couvrir c&rsquo;est le lire en oubliant le fatras id\u00e9ologique (R\u00e9sistance, Vichy, d\u00e9colonisation, communisme, absurde&hellip;) qui l&rsquo;accompagne, certes en le remettant aussi \u00e0 sa modeste &ndash; modeste mais indispensable &#8211; place. 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