{"id":81584,"date":"2025-05-31T22:55:26","date_gmt":"2025-05-31T22:55:26","guid":{"rendered":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/2025\/05\/31\/faye-et-notre-occident-humanitaire-totalitaire\/"},"modified":"2025-05-31T22:55:26","modified_gmt":"2025-05-31T22:55:26","slug":"faye-et-notre-occident-humanitaire-totalitaire","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/2025\/05\/31\/faye-et-notre-occident-humanitaire-totalitaire\/","title":{"rendered":"Faye et notre occident humanitaire-totalitaire"},"content":{"rendered":"<p><h2 class=\"titleset_b.deepgreen\" style=\"color:#75714d; font-size:1.65em; font-variant:small-caps\"><strong>Faye et notre occident humanitaire-totalitaire<\/strong><\/h2>\n<\/p>\n<p><p>Je ne sais pas si quelqu&rsquo;un est assez stupide encore pour se r\u00e9clamer du grand Occident ou de la vieille Europe, ou du christianisme de grand-maman, mais il est s&ucirc;r qu&rsquo;il y a quarante ans d\u00e9j\u00e0 Guillaume Faye y avait mis bon ordre. Sur les conseils de Robert (Steuckers) j&rsquo;ai donc red\u00e9couvert le livre de Guillaume dont je ne cite que quelques passages, comme des tapas gourmands pour donner l&rsquo;envie (comme dit Saint Paul) de retrouver des nourritures solides en marge de Twitter et des lectures rapides. Pr\u00e9cisons que pour lui l&rsquo;Occident c&rsquo;est le d\u00e9clin alors que l&rsquo;Europe est la d\u00e9cadence.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Et commen\u00e7ons :<\/p>\n<\/p>\n<blockquote class=\"normal\" style=\"font-size:1.05em\">\n<p><p>&laquo; <em>L&rsquo;Occident donc, devient &laquo; quelque chose&raquo; de plan\u00e9taire. Il se pr\u00e9sente comme un ensemble flou fait de r\u00e9seaux de d\u00e9cisions, de zones territoriales dispers\u00e9es, de blocs culturels et humains r\u00e9partis dans tous les pays<\/em>. &raquo;<\/p>\n<\/p>\n<\/blockquote>\n<p><p>Etre occidental c&rsquo;est n&rsquo;\u00eatre rien : de ma jeunesse occidentale je n&rsquo;ai gard\u00e9 que ma condition de touriste (voir mon Apocalypse touristique pr\u00e9fac\u00e9e par mon t\u00e9moin de mariage et globe-trotter Kevin Hin) ; le reste c&rsquo;\u00e9tait hors de France et de l&rsquo;\u00e9toffe dont sont fait les r\u00eaves : les grandes lectures et la cin\u00e9philie hauturi\u00e8re (Schroeder &ndash; l&rsquo;ami de Parvulesco, Boorman et bien s&ucirc;r Milius). On savait tous que nous serions remplac\u00e9s \u00e0 br\u00e8ve \u00e9ch\u00e9ance sans r\u00e9sistance aucune ; et on savait gr\u00e2ce \u00e0 Debord (et \u00e0 Faye aussi comme on va voir) que ce syst\u00e8me aberrant allait prendre un tour plus tyrannique pour acc\u00e9l\u00e9rer le suicide. Les ann\u00e9es 70 avaient un charme confus : tout \u00e9tait foutu mais on pouvait trouver de quoi nourrir nos r\u00eaves.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Faye donc :<\/p>\n<\/p>\n<blockquote class=\"normal\" style=\"font-size:1.05em\">\n<p><p>&laquo; <em>Parall\u00e8lement, si le centre est partout et que &laquo; partout &raquo; c&rsquo;est au fond nulle part, l&rsquo;Occident est appel\u00e9 \u00e0 perdre toute vertu sp\u00e9cifiante ; \u00eatre occidental, c&rsquo;est se voir d\u00e9qualifi\u00e9 plut\u00f4t que qualifi\u00e9. Et singuli\u00e8rement pour les Europ\u00e9ens, qui perdent dans l&rsquo;affaire la possibilit\u00e9 m\u00eame de se d\u00e9signer valablement en se disant occidentaux. Si l&rsquo;indien, par exemple, peut demeurer &laquo; Indien &raquo; et Occidental, l&rsquo;Allemand ou le Hollandais sont appel\u00e9s \u00e0 ne plus \u00eatre qu&rsquo;Occidentaux, c&rsquo;est-\u00e0-dire au fond plus rien.<\/em> &raquo;<\/p>\n<\/p>\n<\/blockquote>\n<p><p>L&rsquo;occident a tu\u00e9 l&rsquo;espace. Debord en a parl\u00e9 (&laquo; dans un monde unifi\u00e9 on ne peut s&rsquo;exiler &raquo;), et Marx avant lui. Le manifeste du parti communiste c\u00e9l\u00e8bre la fin de la grande muraille.<\/p>\n<\/p>\n<blockquote class=\"normal\" style=\"font-size:1.05em\">\n<p><p>&laquo; <em>N\u00e9gligeant les fronti\u00e8res, les &Eacute;tats, les religions, l&rsquo;Occident recouvre beaucoup plus qu&rsquo;une r\u00e9alit\u00e9 g\u00e9opolitique ou qu&rsquo;une solidarit\u00e9 diplomatique avec le &laquo; monde libre&raquo;. Il d\u00e9borde largement ce cadre. Il est, dans son essence, l&rsquo;installation mondiale d&rsquo;un type de soci\u00e9t\u00e9, celui de l&rsquo; &laquo; am\u00e9ricanosph\u00e8re &raquo;&hellip;<\/em> &raquo;<\/p>\n<\/p>\n<\/blockquote>\n<p><p>Lecteur peut-\u00eatre du remarquable Jacques Lacarri\u00e8re Guillaume ajoute au nom de la Gr\u00e8ce tellurique et non antique :<\/p>\n<\/p>\n<blockquote class=\"normal\" style=\"font-size:1.05em\">\n<p><p>&laquo; <em>En Gr\u00e8ce, et \u00e0 un moindre degr\u00e9 dans tous les autres pays europ\u00e9ens, la norme occidentale rend le peuple&laquo; \u00e9tranger \u00e0 lui-m\u00eame&raquo;, \u00e9tranger \u00e0 sa propre culture, celle-ci devenant objet d&rsquo;ethnologie, ou se trouvant sectoris\u00e9e et neutralis\u00e9e dans le &laquo;folklore&raquo;<\/em>. &raquo;<\/p>\n<\/p>\n<\/blockquote>\n<p><p>Une sous-culture mondiale arrive, et l\u00e0 Faye reconna&icirc;t sa dette :<\/p>\n<\/p>\n<blockquote class=\"normal\" style=\"font-size:1.05em\">\n<p><p>&laquo; <em>Cette&laquo; domestication&raquo; s:exprime, entre autres, par une culture mondiale de masse, bien analys\u00e9e dans le domaine artistique par Th\u00e9odore Adorno<\/em> &raquo;&hellip;<\/p>\n<\/p>\n<\/blockquote>\n<p><p>Notre auteur remet ensuite enfin le christianisme \u00e0 sa place. Alors que nous assistons \u00e0 Gaza \u00e0 l&rsquo;\u00e9mergence du christianisme globalis\u00e9 et idiot utile de l&rsquo;\u00e9nergique songe biblique, certains devraient m\u00e9diter ces lignes (qui ne le feront pas) :<\/p>\n<\/p>\n<blockquote class=\"normal\" style=\"font-size:1.05em\">\n<p><p>&laquo; <em>Dans la mesure o&ugrave; l&rsquo;id\u00e9ologie occidentale est reconnaissable comme aboutissement la\u00efcis\u00e9 du christianisme, on pourrait tenter une comparaison entre la logique normative de l&rsquo;Occident et celle de l&rsquo;ancienne Chr\u00e9tient\u00e9, qui avait aussi vocation \u00e0 l&rsquo;universalisme: l&rsquo;appartenance \u00e0 la chr\u00e9tient\u00e9 \u00e9tait envisag\u00e9e comme l&rsquo;aboutissement normal du destin de chaque groupe culturel et religieux, dont la sp\u00e9cificit\u00e9 devait \u00eatre mise entre parenth\u00e8se au b\u00e9n\u00e9fice de l&rsquo;unicit\u00e9 de la &laquo; vraie religion&raquo;. Cette normalit\u00e9 de la&laquo; vraie religion &raquo; ne pr\u00e9figurait-elle pas celle, actuelle, de la &laquo; vraie civilisation &raquo; ?<\/em> &raquo;<\/p>\n<\/p>\n<\/blockquote>\n<p><p>Le fanatisme occidental, cette conviction d&rsquo;avoir raison lui vient de son style crois\u00e9 et de son christianisme de combat ; de sa rage aussi de vouloir tout homog\u00e9n\u00e9iser. On y reviendra un jour avec Nietzsche et C\u00e9line, \u00e0 l&rsquo;heure o&ugrave; l&rsquo;Eglise se couche au pied de la B\u00eate mondialiste et ne nous demande que d&rsquo;\u00eatre remplac\u00e9s ou vaccin\u00e9s. Son r\u00eave \u00e9purateur \u00e0 travers les si\u00e8cles se fait grandiose dans les Territoires occup\u00e9s.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Guillaume cite le toujours passionnant Maffesoli (qui attend un peu vainement sans doute la saine r\u00e9action populaire&hellip;) ; mais le ma&icirc;tre confirme une chose : on peut parfaitement s&rsquo;autod\u00e9truire en d\u00e9truisant le reste du monde, comme \u00e7a, joyeusement, sans crier gare :<\/p>\n<\/p>\n<blockquote class=\"normal\" style=\"font-size:1.05em\">\n<p><p>&laquo; <em>Michel Maffesoli voit dans ce&laquo; progr\u00e8s&raquo; une doctrine de rationalisation et de normalisation de l&rsquo;histoire, transposant \u00e0 la fois l&rsquo;eschatologie chr\u00e9tienne et l&rsquo;id\u00e9ologie prom\u00e9th\u00e9enne dans le social; il \u00e9crit, d\u00e9crivant la g\u00e9n\u00e9alogie du progr\u00e8s : l&rsquo;Occident, avec pour seules armes la science et le progr\u00e8s en arrive \u00e0 s&rsquo;autod\u00e9truire apr\u00e8s avoir broy\u00e9 les civilisations traditionnelles<\/em>. &raquo;<\/p>\n<\/p>\n<\/blockquote>\n<p><p>S&rsquo;il ne se d\u00e9truit par la guerre, l&rsquo;occident (apr\u00e8s donc avoir d\u00e9truit tout le monde par les conqu\u00eates ou le tourisme) s&rsquo;autod\u00e9truira n&ucirc;ment :<\/p>\n<\/p>\n<blockquote class=\"normal\" style=\"font-size:1.05em\">\n<p><p>&laquo; <em>Apr\u00e8s l&rsquo;euphorie du d\u00e9veloppement sans bornes (&hellip;) l&rsquo;amertume et la morosit\u00e9 pr\u00e9valent (&hellip;) De la logique \u00e0 l&rsquo;absurde, tel est le mouvement qui de Descartes \u00e0 Sartre peut sp\u00e9cifier l&rsquo;Occident et l&rsquo;imposition de ses valeurs \u00e0 l&rsquo;univers entier. Cependant si le capitalisme marque le point d&rsquo;ach\u00e8vement du d\u00e9senchantement affirm\u00e9 du monde, on peut dire que l&rsquo;on assiste de nos jours aux d\u00e9senchantements progressifs des mythologies progressistes<\/em>. &raquo;<\/p>\n<\/p>\n<\/blockquote>\n<p><p>D\u00e9senchantement du monde qui a quand m\u00eame via Max Weber plus d&rsquo;un bon si\u00e8cle. Au moment o&ugrave; l&rsquo;ahuri Kipling (Chesterton le ha\u00efssait&hellip;) parle de l&rsquo;abject fardeau de l&rsquo;homme blanc avant de pr\u00eacher les guerres d&rsquo;extermination contre les Allemands, Durkheim parle de l&rsquo;anomie, du suicide, et l&rsquo;excellent australien Pearson (voyez mes textes) du fardeau de la personnalit\u00e9. Une g\u00e9n\u00e9ration avant Freud&hellip;<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Et relisons ce que dit Bloy dans un \u00e9ni\u00e8me \u00e9clair de g\u00e9nie (Journal, 1913) : &laquo;C&rsquo;est tout de m\u00eame ahurissant de penser \u00e0 l&rsquo;inexplicable survie du r\u00e9gime r\u00e9publicain&hellip;<\/p>\n<\/p>\n<blockquote class=\"normal\" style=\"font-size:1.05em\">\n<p><p>&laquo; <em>Atrophie universelle des intelligences, avachissement inou\u00ef des caract\u00e8res, ex\u00e9cration end\u00e9mique de la Beaut\u00e9 et de la Grandeur, obs\u00e8ques nationales de toute autorit\u00e9 humaine ou divine, boulimie furieuse de jouissances, destruction de la famille et vivisection de la patrie, m&oelig;urs de cochons enrag\u00e9s, empoisonnement syst\u00e9matique de l&rsquo;enfance, \u00e9lection et s\u00e9lection de chenapans ou de goitreux dans les cavernes de la politique ou sur le trottoir des candidatures, tels sont les fruits de l&rsquo;arbre de la Libert\u00e9&hellip;<\/em><\/p>\n<\/p>\n<p><p><em>Le cur\u00e9 nous dit que ses paroissiens sont \u00e0 un tel degr\u00e9 d&rsquo;abrutissement qu&rsquo;ils cr\u00e8vent comme des bestiaux, sans agonie, ayant d\u00e9truit en eux tout ce qui pourrait \u00eatre l&rsquo;occasion d&rsquo;un litige d&rsquo;Ame, \u00e0 leur derni\u00e8re heure<\/em>.&raquo;<\/p>\n<\/p>\n<\/blockquote>\n<p><p>Bernanos \u00e9crira quinze ans plus dans son Journal d&rsquo;un cur\u00e9 de campagne : &laquo; ma paroisse est d\u00e9vor\u00e9e par l&rsquo;ennui &raquo;.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Vive la t\u00e9l\u00e9 alors.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Sur la m\u00e9gapole Los Angeles, Faye, dont les propos seront repris par Baudrillard en personne dans son ph\u00e9nom\u00e9nal Am\u00e9rique, note que :<\/p>\n<\/p>\n<blockquote class=\"normal\" style=\"font-size:1.05em\">\n<p><p>&laquo; <em>L&rsquo;humanisme apolitique, en revanche, comme tout ce qui rel\u00e8ve de la raison \u00e9galitaire, s&rsquo;av\u00e8re obsc\u00e8ne et castrateur. Los Angeles : monstrueuse verrue du bout de l&rsquo;Occident, mod\u00e8le de la future civilisation mondiale et californienne, o&ugrave; le mode de vie remplacera le politique. Rien d&rsquo;\u00e9tonnant, dans de telles conditions, que nous assistions \u00e0 une d\u00e9politisation de la classe politicienne bien plus, contrairement aux plaintes des politiciens qui ne conna&icirc;tront d\u00e9cid\u00e9ment jamais leur peuple, qu&rsquo;\u00e0 une d\u00e9politisation de la soci\u00e9t\u00e9 civile<\/em>. &raquo;<\/p>\n<\/p>\n<\/blockquote>\n<p><p>Voir aussi Kessel et mon texte \u00e0 ce sujet. Los Angeles c&rsquo;est le territoire de l&rsquo;automobile (voir D\u00e9tour d&rsquo;Ulmer), c&rsquo;est la ville qui met fin \u00e0 la ville et \u00e0 l&rsquo;Homme, l&rsquo;a\u00e9roport fait cosmos, le d\u00e9racinement ontologique promu t\u00e9l\u00e9ologique, le d\u00e9bile simulacre terminal (Baudrillard prend \u00e0 rebours notre auteur, disant qu&rsquo;il fait admettre et m\u00eame admirer cette cr\u00e9ation t\u00e9ratologique ultime)&#8230;<\/p>\n<\/p>\n<p><p>En pleine \u00e9closion (on est vers 1984) Faye met comme Debord fin au chantage de la r\u00eaverie politique ; il \u00e9tait temps.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Comme s&rsquo;il voyait l&rsquo;entropie (il adore ce mot, comme tout le monde alors, moi compris) des Le Pen et du reniement national il \u00e9crit :<\/p>\n<\/p>\n<blockquote class=\"normal\" style=\"font-size:1.05em\">\n<p><p>&laquo; <em>Membres d&rsquo;une classe politique solidaire, les leaders des partis sont plus proches les uns des autres qu&rsquo;ils ne sont proches de leurs militants<\/em>.<\/p>\n<\/p>\n<\/blockquote>\n<p><p>Entre&laquo; la salle&raquo; et&laquo; la tribune&raquo;, le foss\u00e9 est immense. Les dirigeants des partis ont une double fonction: man&oelig;uvrer et se mettre en spectacle. Leurs militants et leur \u00e9lectorat ont peu de chance de voir les id\u00e9es auxquelles ils croient r\u00e9ellement appliqu\u00e9es par &laquo;leur&raquo; parti. Ils sont, au sens propre, exploit\u00e9s par la classe politique. &raquo;<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Le cirque politique tourne au jeu de r\u00f4le m\u00e9diatique :<\/p>\n<\/p>\n<blockquote class=\"normal\" style=\"font-size:1.05em\">\n<p><p>&laquo; &#8230;<em>on peut rappeler la r\u00e8gle sch\u00e9matique : les politiciens ont besoin des m\u00e9dias pour se mettre en sc\u00e8ne et les m\u00e9dias ont besoin des politiciens pour disposer d&rsquo;un spectacle sensationnel \u00e0 vendre \u00e0 l&rsquo;&laquo;opinion&raquo;. Mais &#8211; deuxi\u00e8me r\u00e8gle de ce jeu &ndash; les M\u00e9dia ont pour fonction, et pour int\u00e9r\u00eat, de pr\u00e9senter aux politiciens l&rsquo;image d&rsquo;une &laquo;opinion publique&raquo; qui ne correspond pas \u00e0 l&rsquo;&laquo;opinion du public<\/em>&raquo;.<\/p>\n<\/p>\n<\/blockquote>\n<p><p>Faye \u00e9vite d&rsquo;encenser le gaullisme et constate au contraire que :<\/p>\n<\/p>\n<blockquote class=\"normal\" style=\"font-size:1.05em\">\n<p><p>&laquo; &hellip;<em>une r\u00e9bellion civique de grande ampleur casserait la machine \u00e9tatique pourvoyeuse de consommation, d&rsquo;assistance et de prestations. Bref, la l\u00e9gitimit\u00e9 de l&rsquo;Etat cesse d&rsquo;\u00eatre politique : elle devient a-l\u00e9gale, \u00e9conomique et technique. En clair : l&rsquo;Etat politique cesse d&rsquo;exister en Europe depuis une trentaine d&rsquo;ann\u00e9es<\/em>. &raquo;<\/p>\n<\/p>\n<\/blockquote>\n<p><p>On voit le basculement \u00e0 la fin des ann\u00e9es cinquante en France. La certaine r\u00e9alit\u00e9 de la France va dispara&icirc;tre gr\u00e2ce aux coups de boutoir de la nouvelle soci\u00e9t\u00e9 des gaullistes, de Pompidou ou de Chaban-Delmas. La France de papa &ndash; pour parler comme les louveteaux de mai 68 &#8211; c&rsquo;est termin\u00e9, on se retrouve face \u00e0 la machine, machine \u00e0 jouir et \u00e0 d\u00e9truire. Audiard nous a tout expliqu\u00e9, voyez son documentaire.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Enfin arrive l&rsquo;essentiel : on va arriver \u00e0 un totalitarisme effr\u00e9n\u00e9 sur fond de soci\u00e9t\u00e9 cool et curatrice. Il se peut que Faye comme d&rsquo;autres ait sous-estim\u00e9 le p\u00e9ril europ\u00e9en \u00e0 cette \u00e9poque ce dit.<\/p>\n<\/p>\n<blockquote class=\"normal\" style=\"font-size:1.05em\">\n<p><p>&laquo; &#8230;<em>En revanche, l&rsquo;humanisme apolitique est totalitaire. Lorsque le lieu du pouvoir a disparu, lorsque la censure et l&rsquo;oppression sont partout et nulle part, lorsque la l\u00e9gitimit\u00e9 des techno-pseudo-Etats se fonde sur la non-violence et le concept de Libert\u00e9, c&rsquo;est le d\u00e9cha&icirc;nement de la pire des violences, c&rsquo;est l&rsquo;immersion de toute libert\u00e9. Face \u00e0 la soci\u00e9t\u00e9 occidentale mondialis\u00e9e, ir\u00e9nique, humanitaire et \u00e9conomiste, individualiste et \u00e9galitaire comme la r\u00eavent les belles \u00e2mes de l&rsquo;id\u00e9ologie antipolitique des Droits de l&rsquo;Homme, aucune r\u00e9volte, aucune auto-affirmation n&rsquo;est possible. Le Grand Fr\u00e8re omnipr\u00e9sent remplace les princes. L&rsquo;id\u00e9ologie unique entre dans les cerveaux; chacun devient son propre censeur, son propre oppresseur. <\/em>&raquo;<\/p>\n<\/p>\n<\/blockquote>\n<p><p>On a parl\u00e9 de Big Other (Raspail), de Big Mother (Le Vigan), ici de l&rsquo;in\u00e9vitable Big Brother. Notons que Faye pr\u00e9voit le retour de b\u00e2ton russophobe en cas de chute du communisme.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>On a \u00e9t\u00e9 servis.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Chesterton annonce la nursery f\u00e9ministe dans son g\u00e9nial reportage Ce que j&rsquo;ai vu en Am\u00e9rique. Faye voit pointer \u00e0 son tour la soci\u00e9t\u00e9 covidiste :<\/p>\n<\/p>\n<blockquote class=\"normal\" style=\"font-size:1.05em\">\n<p><p>&laquo; <em>Or, dans ce processus, la s\u00e9curit\u00e9 joue un grand r\u00f4le, \u00e0 la fois id\u00e9ologique et pratique. La technostructure \u00e9tatique, non seulement ne se donne plus comme autoritaire et r\u00e9pressive, mais fonde sa l\u00e9gitimit\u00e9 sur la protection ; c&rsquo;est elle qui formule et globalise les revendications sociales en les reprenant \u00e0 son compte, comme l&rsquo;a vu Lucien Sfez; c&rsquo;est elle qui ordonnance les r\u00e9seaux de protection \u00e9conomique et sociaux, mais surtout c&rsquo;est elle qui produit une tr\u00e8s puissante r\u00e9glementation de la s\u00e9curit\u00e9 qui innerve la soci\u00e9t\u00e9; cette r\u00e8glementation est si pr\u00e9sente que nous n&rsquo;en percevons souvent plus l&rsquo;extraordinaire autoritarisme<\/em>. &raquo;<\/p>\n<\/p>\n<\/blockquote>\n<p><p>Cet autoritarisme ira de pair avec le bellicisme lui aussi d&rsquo;origine chr\u00e9tienne ; fondamentalement fanatique, l&rsquo;occident-camp-du Bien extermine pour accomplir sa mission (raison pourquoi les jours de Trump arch\u00e9ofuturiste et de Vance sont compt\u00e9s par les s\u00e9nateurs US) :<\/p>\n<\/p>\n<blockquote class=\"normal\" style=\"font-size:1.05em\">\n<p><p>&laquo; <em>A moins &#8211; et c&rsquo;est le deuxi\u00e8me cas &#8211; que le conflit ne soit reconnu comme croisade, guerre sainte; ce qui aura pour effet de briser toute codification morale et d&rsquo;encourager le fanatisme. Se battant pour la v\u00e9rit\u00e9 et non &laquo; par jeu &raquo; ou &laquo; par habitude &raquo;, les hommes en proie \u00e0 une telle mentalit\u00e9 retrouvent une agressivit\u00e9 pulsionnelle; paradoxalement, le conflit devient &laquo;inhumain&raquo;.<\/em> &raquo;<\/p>\n<\/p>\n<\/blockquote>\n<p><p>C&rsquo;est un oxymore de Venise cet occident avec sa religion d&rsquo;amour qui aime exterminer pour assurer la paix partout (quand tout sera mort nous aurons la paix) ; mais c&rsquo;\u00e9tait comme \u00e7a mille ans avant les USA :<\/p>\n<\/p>\n<blockquote class=\"normal\" style=\"font-size:1.05em\">\n<p><p>&laquo; &#8230;<em>Il est int\u00e9ressant de constater que notre civilisation a v\u00e9cu les conflits les plus meurtriers lorsque ceux-ci \u00e9taient provoqu\u00e9s par les religions ou les id\u00e9ologies universalistes, humanitaires, pacifistes, etc. Les monoth\u00e9ismes de l&rsquo;Amour absolu ou du fraternalisme dogmatique donnent tr\u00e8s classiquement lieu au fanatisme guerrier. Lorsque l&rsquo;ennemi est l&rsquo;ennemi absolu, le non-homme, le&laquo; fauteur de guerre&raquo;, le dernier coupable \u00e0 \u00e9liminer avant la paix universelle &ndash; sch\u00e9ma commun par exemple au christianisme et au communisme ; le  conflit devient croisade meurtri\u00e8re. Des guerres de religions aux g\u00e9nocides du XX\u00e8me si\u00e8cle, la responsabilit\u00e9 du christianisme ou des id\u00e9ologies qui en d\u00e9rivent est majoritaire.<\/em> &raquo;<\/p>\n<\/p>\n<\/blockquote>\n<p><p>Certains critiqueront ou injurieront ces propos ; ce n&rsquo;est pas tr\u00e8s grave. Quand on a pu supporter Fran\u00e7ois quinze ans, on peut supporter tout.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Finalement les fans de J\u00e9rusalem vont triompher, nous annonce Guillaume Faye :<\/p>\n<\/p>\n<blockquote class=\"normal\" style=\"font-size:1.05em\">\n<p><p>&laquo; <em>Ainsi, toute enti\u00e8re organis\u00e9e autour du refus du conflit, projetant de l&rsquo;\u00e9radiquer d\u00e9finitivement de l&rsquo;esp\u00e8ce humaine, la civilisation occidentale, prolongement du christianisme, s&rsquo;instaure comme figure centrale du D\u00e9clin. La J\u00e9rusalem c\u00e9leste, d\u00e9clin de l&rsquo;ici-bas, d\u00e9clin de la vie, est bien en train de descendre sur terre<\/em>&hellip; &raquo;<\/p>\n<\/p>\n<\/blockquote>\n<p><p>Mais continuons, m\u00eame si nous nous rapprochons des trois mille mots (combien d&rsquo;amateurs ?). Faye tord gentiment le cou \u00e0 Spengler. Mais Spengler s&rsquo;est bien rattrap\u00e9 dans ses ouvrages ult\u00e9rieurs comme je l&rsquo;ai montr\u00e9 r\u00e9cemment : l&rsquo;homme et la technique ou ann\u00e9es d\u00e9cisives ; et on peut tout \u00e0 fait appeler d\u00e9clin une crise ontologique qui gagne le monde. La d\u00e9perdition ontologique ou qualitative, Gu\u00e9non en a parl\u00e9 \u00e0 la m\u00eame \u00e9poque, je crois ? Je dirais m\u00eame que plus un syst\u00e8me est pourri et canc\u00e9reux, plus il est victorieux. Il n&rsquo;a plus besoin d&rsquo;\u00eatre bon militairement, Hollywood nous le dit dans Top Gun II et dans 13 hours. La gangr\u00e8ne triomphe. De ce point de vue les lignes qui suivent sont g\u00e9niales :<\/p>\n<\/p>\n<blockquote class=\"normal\" style=\"font-size:1.05em\">\n<p><p>&laquo; <em>Premier paradoxe: alors que l&rsquo;id\u00e9ologie occidentale entre dans son d\u00e9clin &#8211; d\u00e9clin des th\u00e9ories progressistes, r\u00e9volutionnaires, d\u00e9mocratistes etc. &#8211; la civilisation occidentale connait, m\u00eame sur le plan politique, une expansion irr\u00e9sistible de ses r\u00e9gimes \u00e9conomiques et politiques, qu&rsquo;ils soient socialistes ou capitalistes, au d\u00e9triment des traditions locales de souverainet\u00e9 et de culture. Deuxi\u00e8me paradoxe: alors que l&rsquo;Europe semble entamer, h\u00e9las, en tant qu&rsquo;ensemble continental, un d\u00e9p\u00e9rissement dans un nombre impressionnant de domaines, l&rsquo;Occident qui constitue, pour Abellio comme pour Heidegger, le fils m\u00e9taphysique et g\u00e9opolitique de cette Europe, explose \u00e0 l&rsquo;\u00e9chelle de la plan\u00e8te enti\u00e8re<\/em>. &raquo;<\/p>\n<\/p>\n<\/blockquote>\n<p><p>Cerise sur le catho :<\/p>\n<\/p>\n<blockquote class=\"normal\" style=\"font-size:1.05em\">\n<p><p>&laquo; <em>Comme si la civilisation occidentale \u00e9tait une machine devenue folle, son centre implose tandis que sa p\u00e9riph\u00e9rie explose. L&rsquo;Europe r\u00e9gresse, l&rsquo;Occident se r\u00e9pand. Le sens dispara&icirc;t, les formes croissent. Le&laquo; sang&raquo; s&rsquo;\u00e9vapore, mais les veines se ramifient en r\u00e9seaux de plus en plus vides. De moins en moins de cerveau, mais de plus en plus de corps et de muscles<\/em>&hellip; &raquo;<\/p>\n<\/p>\n<\/blockquote>\n<p><p>Conclusion logique :<\/p>\n<\/p>\n<blockquote class=\"normal\" style=\"font-size:1.05em\">\n<p><p>&laquo; <em>Tout cela ressemble \u00e9trangement \u00e0 une prolif\u00e9ration canc\u00e9reuse. Un cancer, en effet, c&rsquo;est le d\u00e9clin de la diff\u00e9renciation qualitative des cellules au profit du triomphe de la reproduction quantitative.<\/em> &raquo;<\/p>\n<\/p>\n<\/blockquote>\n<p><p>Idem pour les dipl\u00f4mes. On vient d&rsquo;apprendre qu&rsquo;une b\u00e9casse dot\u00e9e de cinq ans d&rsquo;\u00e9tudes nullissimes ne trouve pas \u00e0 se caser professionnellement m\u00eame au bout de 150 CV&hellip;<\/p>\n<\/p>\n<p><p>La suite est moins marrante, la masse se rapprochant du camp de concentration \u00e9lectronique :<\/p>\n<\/p>\n<blockquote class=\"normal\" style=\"font-size:1.05em\">\n<p><p>&laquo; <em>On peut consid\u00e9rer que l&rsquo;uniformisation de la Terre enti\u00e8re sous la loi d&rsquo;une seule civilisation &#8211; politique, \u00e9conomique et culturelle-est un processus bio-cybern\u00e9tique, puisqu&rsquo;il s&rsquo;agit, comme le montr\u00e8rent Lupasco et Nicolescu, d&rsquo;une homog\u00e9n\u00e9isation d&rsquo;\u00e9nergies. Pour l&rsquo;instant cette entropie est &laquo;expansive&raquo;; elle sera un jour, comme toute entropie dans sa phase n&deg; 2, implosive. Et n&rsquo;allons pas croire, comme l&rsquo;imagine L\u00e9vi-Strauss, que de &laquo; nouvelles diff\u00e9rences&raquo; et de nouvelles h\u00e9t\u00e9rog\u00e9n\u00e9it\u00e9s puissent surgir au sein d&rsquo;une civilisation mondiale devenue occidentale. Il ne s&rsquo;agirait que de sp\u00e9cificit\u00e9s superficielles, des folklores ou des&laquo; variantes<\/em>&raquo;. &raquo;<\/p>\n<\/p>\n<\/blockquote>\n<p><p>Faye essaie sans conclure (&laquo; la b\u00eatise revient \u00e0 conclure &raquo;, a dit un Ma&icirc;tre nomm\u00e9 Flaubert qui comprend tout dans sa Correspondance vers 1850) de se montrer optimiste :<\/p>\n<\/p>\n<blockquote class=\"normal\" style=\"font-size:1.05em\">\n<p><p>&laquo; <em>L&rsquo;Occident a un principe, abstrait, c&rsquo;est l&rsquo;id\u00e9ologie (am\u00e9ricanisme ou sovi\u00e9tisme, tous deux s\u00e9cularisations du christianisme). Or l&rsquo;Europe n&rsquo;est pas un principe, mais un peuple, une civilisation, une histoire, de nature vivante et organique et non pas m\u00e9canique. En ce sens l&rsquo;Europe n&rsquo;est qu&rsquo;en d\u00e9cadence. Elle traverse un \u00e2ge sombre dont elle peut se remettre<\/em>. &raquo;<\/p>\n<\/p>\n<\/blockquote>\n<p><p>Les putschs partout de la bureaucratie bruxelloise devraient-ils nous remonter le moral ? On verra&hellip;<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Faye \u00e9crit comme H\u00e9raclite, Heidegger ou H\u00f6lderlin, moiti\u00e9 po\u00e8te, moiti\u00e9 philosophe. Et il cite pour terminer ce film qui nous fit tous r\u00eaver \u00e0 l&rsquo;or\u00e9e des ann\u00e9es 80 qui \u00e9taient si catastrophiques en France, si prometteuses en Grande-Bretagne (John Boorman, Hugh Hudson, Ridley Scott&hellip;) :<\/p>\n<\/p>\n<blockquote class=\"normal\" style=\"font-size:1.05em\">\n<p><p>&laquo; <em>Ce futur possible, que nous ne pouvons envisager que comme la fin de l&rsquo;h\u00e9g\u00e9monie mill\u00e9naire de la conscience occidentale sera, comme l&rsquo;enchanteur Merlin dans le film Excalibur de John Boorman, &laquo;pour certains un r\u00eave, mais pour d&rsquo;autres un cauchemar<\/em>.<\/p>\n<\/p>\n<p><p><em>Mais il se peut aussi &#8211; c&rsquo;est la libert\u00e9 de l&rsquo;histoire- que ce qui est le jour pour certains ne r\u00e9apparaisse plus jamais, que notre histoire trouve d\u00e9finitivement sa fin, que Jamais aucun Roi ne vienne recueillir l&rsquo;\u00e9p\u00e9e enfouie au fond des eaux<\/em>. &raquo;<\/p>\n<\/p>\n<\/blockquote>\n<p><p>Il y a une certaine beaut\u00e9 \u00e0 voir tout se terminer, \u00e0 assister \u00e0 un naufrage. On le sait par le mage Taliesin.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Et tout le reste est litt\u00e9rature, petit scrutin \u00e9lectoral.<\/p><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Faye et notre occident humanitaire-totalitaire Je ne sais pas si quelqu&rsquo;un est assez stupide encore pour se r\u00e9clamer du grand Occident ou de la vieille Europe, ou du christianisme de grand-maman, mais il est s&ucirc;r qu&rsquo;il y a quarante ans d\u00e9j\u00e0 Guillaume Faye y avait mis bon ordre. Sur les conseils de Robert (Steuckers) j&rsquo;ai&hellip;&nbsp;<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"","ping_status":"","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"neve_meta_sidebar":"","neve_meta_container":"","neve_meta_enable_content_width":"","neve_meta_content_width":0,"neve_meta_title_alignment":"","neve_meta_author_avatar":"","neve_post_elements_order":"","neve_meta_disable_header":"","neve_meta_disable_footer":"","neve_meta_disable_title":"","_jetpack_memberships_contains_paid_content":false,"footnotes":""},"categories":[27],"tags":[2640,2899,2898,2655,2901,2900],"class_list":["post-81584","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-les-carnets-de-nicolas-bonnal-1","tag-bonnal","tag-declin","tag-desintegration","tag-modernite","tag-pareil","tag-sans"],"jetpack_featured_media_url":"","jetpack_sharing_enabled":true,"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/81584","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=81584"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/81584\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=81584"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=81584"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=81584"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}