{"id":81644,"date":"2025-07-17T11:58:06","date_gmt":"2025-07-17T11:58:06","guid":{"rendered":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/2025\/07\/17\/une-croisee-des-incertitudes-geopolitiques-1\/"},"modified":"2025-07-17T11:58:06","modified_gmt":"2025-07-17T11:58:06","slug":"une-croisee-des-incertitudes-geopolitiques-1","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/2025\/07\/17\/une-croisee-des-incertitudes-geopolitiques-1\/","title":{"rendered":"Une crois\u00e9e des incertitudes g\u00e9opolitiques"},"content":{"rendered":"<p><h2 class=\"titleset_b.deepgreen\" style=\"color:#75714d; font-size:1.65em; font-variant:small-caps\"><strong>Une crois\u00e9e des incertitudes g\u00e9opolitiques<\/strong><\/h2>\n<\/p>\n<blockquote>\n<p><p>&bull; Cette crois\u00e9e concerne trois pays, L&rsquo;Iran, la Chine et la Russie. &bull; L&rsquo;Iran s&rsquo;interroge  sur la position et l&rsquo;action des deux autres. &bull; Par Peiman Salehi, analyste et th\u00e9oricien iranien de la philosophie politique.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>_________________________<\/p>\n<\/p>\n<\/blockquote>\n<p><\/p>\n<p>Depuis plus de quatre d\u00e9cennies, l&rsquo;Iran tient t\u00eate \u00e0 l&rsquo;ordre mondial domin\u00e9 par l&rsquo;Occident. Malgr\u00e9 les sanctions \u00e9conomiques, l&rsquo;isolement diplomatique et les campagnes m\u00e9diatiques, le pays a non seulement surv\u00e9cu, mais est parvenu \u00e0 projeter une influence militaire, id\u00e9ologique et g\u00e9opolitique significative dans la r\u00e9gion. Cette trajectoire de r\u00e9sistance fait de l&rsquo;Iran un acteur central dans la recomposition actuelle du syst\u00e8me international &ndash; une recomposition dans laquelle la Chine et la Russie jouent \u00e9galement un r\u00f4le majeur.<\/p>\n<p><\/p>\n<p>Cependant, ces deux puissances &ndash; bien qu&rsquo;elles se positionnent comme les piliers d&rsquo;un monde multipolaire &ndash; n&rsquo;ont pas encore clarifi\u00e9 leur position strat\u00e9gique vis-\u00e0-vis de l&rsquo;Iran. Sont-elles pr\u00eates \u00e0 assumer un partenariat profond et assum\u00e9, ou se contentent-elles d&rsquo;une coop\u00e9ration pragmatique et circonstancielle ? Cette ambigu\u00eft\u00e9 strat\u00e9gique soul\u00e8ve de nombreuses questions.<\/p>\n<p><\/p>\n<p>Le cas de l&rsquo;attaque isra\u00e9lienne contre les infrastructures iraniennes au printemps 2025 est r\u00e9v\u00e9lateur. En r\u00e9ponse \u00e0 l&rsquo;assassinat de hauts responsables iraniens, T\u00e9h\u00e9ran a lanc\u00e9 une attaque directe contre Isra\u00ebl &ndash; une premi\u00e8re historique. Or, ni la Russie ni la Chine n&rsquo;ont manifest\u00e9 un soutien clair ou op\u00e9rationnel. Ce silence a \u00e9t\u00e9 interpr\u00e9t\u00e9 par certains analystes \u00e0 T\u00e9h\u00e9ran comme une prise de distance calcul\u00e9e.<\/p>\n<p><\/p>\n<p>Il est vrai que ni Moscou ni P\u00e9kin ne souhaitent un affrontement frontal avec Washington ou Tel-Aviv. Mais cette posture prudente limite consid\u00e9rablement la possibilit\u00e9 de construire une alliance solide face \u00e0 l&rsquo;unilat\u00e9ralisme occidental. Contrairement \u00e0 l&rsquo;OTAN, o&ugrave; une attaque contre un membre \u00e9quivaut \u00e0 une attaque contre tous, le BRICS n&rsquo;offre aucun m\u00e9canisme de s\u00e9curit\u00e9 ou de solidarit\u00e9 de ce type.<\/p>\n<p><\/p>\n<p>La Russie et la Chine continuent \u00e9galement d&rsquo;entretenir des relations \u00e9conomiques et diplomatiques avec Isra\u00ebl, ce qui limite leur marge de man&oelig;uvre. Dans le cas de la guerre d&rsquo;Ukraine, T\u00e9h\u00e9ran a fourni \u00e0 Moscou un soutien militaire discret &ndash; notamment des drones &ndash; mais Moscou n&rsquo;a jamais officialis\u00e9 cette coop\u00e9ration ni manifest\u00e9 un appui \u00e9quivalent lors des tensions entre l&rsquo;Iran et Isra\u00ebl.<\/p>\n<p><\/p>\n<p>Quant \u00e0 la Chine, elle mise surtout sur sa diplomatie \u00e9conomique pour \u00e9tendre son influence. Le fameux accord strat\u00e9gique sino-iranien de 25 ans, bien qu&rsquo;ambitieux sur le papier, tarde \u00e0 se traduire par des projets concrets. P\u00e9kin semble \u00e9viter toute confrontation directe avec l&rsquo;Occident sur le dossier iranien, pr\u00e9f\u00e9rant jouer un r\u00f4le de m\u00e9diateur silencieux, comme cela a \u00e9t\u00e9 le cas dans la reprise des relations entre l&rsquo;Iran et l&rsquo;Arabie saoudite.<\/p>\n<p><\/p>\n<p>Face \u00e0 cette prudence, certains \u00e0 T\u00e9h\u00e9ran s&rsquo;interrogent : la Chine et la Russie sont-elles vraiment engag\u00e9es dans une logique de rupture avec l&rsquo;ordre occidental, ou cherchent-elles simplement \u00e0 n\u00e9gocier une meilleure place dans le syst\u00e8me existant ? Si leur engagement envers un monde multipolaire est sinc\u00e8re, l&rsquo;Iran repr\u00e9sente alors un test d\u00e9cisif.<\/p>\n<p><\/p>\n<p>L&rsquo;axe Iran-Chine-Russie pourrait devenir le noyau dur d&rsquo;une alternative g\u00e9opolitique si &ndash; et seulement si &ndash; une v\u00e9ritable strat\u00e9gie commune est mise en &oelig;uvre. Cela impliquerait de d\u00e9passer les coop\u00e9rations sectorielles pour instaurer une architecture de s\u00e9curit\u00e9 collective, de coordination diplomatique et de solidarit\u00e9 \u00e9conomique. &Agrave; d\u00e9faut, le BRICS risque de ressembler davantage \u00e0 une r\u00e9union de gestionnaires qu&rsquo;\u00e0 une force politique transformatrice.<\/p><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Une crois\u00e9e des incertitudes g\u00e9opolitiques &bull; Cette crois\u00e9e concerne trois pays, L&rsquo;Iran, la Chine et la Russie. &bull; L&rsquo;Iran s&rsquo;interroge sur la position et l&rsquo;action des deux autres. &bull; Par Peiman Salehi, analyste et th\u00e9oricien iranien de la philosophie politique. _________________________ Depuis plus de quatre d\u00e9cennies, l&rsquo;Iran tient t\u00eate \u00e0 l&rsquo;ordre mondial domin\u00e9 par l&rsquo;Occident.&hellip;&nbsp;<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"","ping_status":"","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"neve_meta_sidebar":"","neve_meta_container":"","neve_meta_enable_content_width":"","neve_meta_content_width":0,"neve_meta_title_alignment":"","neve_meta_author_avatar":"","neve_post_elements_order":"","neve_meta_disable_header":"","neve_meta_disable_footer":"","neve_meta_disable_title":"","_jetpack_memberships_contains_paid_content":false,"footnotes":""},"categories":[30],"tags":[11035,3977,2773,2776,2730,2777],"class_list":["post-81644","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-les-carnets-de-peiman-salehi","tag-brics","tag-chine","tag-iran","tag-peiman","tag-russie","tag-salehi"],"jetpack_featured_media_url":"","jetpack_sharing_enabled":true,"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/81644","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=81644"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/81644\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=81644"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=81644"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=81644"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}