{"id":81800,"date":"2026-01-14T10:34:16","date_gmt":"2026-01-14T10:34:16","guid":{"rendered":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/2026\/01\/14\/trump-est-il-le-dernier-homme-de-nietzsche\/"},"modified":"2026-01-14T10:34:16","modified_gmt":"2026-01-14T10:34:16","slug":"trump-est-il-le-dernier-homme-de-nietzsche","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/2026\/01\/14\/trump-est-il-le-dernier-homme-de-nietzsche\/","title":{"rendered":"Trump est-il le \u00ab\u00a0<em>dernier homme<\/em>\u00a0\u00bb de Nietzsche\u00a0?"},"content":{"rendered":"<p><h2 class=\"titleset_b.deepgreen\" style=\"color:#75714d; font-size:1.65em; font-variant:small-caps\"><strong>Trump est-il le &laquo; <em>dernier homme<\/em> &raquo; de Nietzsche ?<\/strong><\/h2>\n<\/p>\n<p><p>14 janvier 2026 &ndash; C&rsquo;est <a href=\"https:\/\/www.unz.com\/acrooke\/the-rubicon-crossed-team-trumps-nihilistic-anti-values-paradigm\/\">ce texte<\/a> d&rsquo;Alastair Crooke qui m&rsquo;a donn\u00e9 l&rsquo;id\u00e9e \u00e0 moi-m\u00eame de demander \u00e0 PhG en personne, de reprendre quelques extraits d&rsquo;un texte qu&rsquo;il \u00e9crivit en son temps, \u00e0 propos du &laquo; <em>dernier homme<\/em> &raquo; d\u00e9busqu\u00e9 par le Zarathoustra de Nietzsche. Il nous vint, \u00e0 la lecture de Crooke (qui cite Nietzsche, bien s&ucirc;r) la question : Trump, avec son absolu nihilisme et sa compl\u00e8te ignorance des valeurs humaines, est-il peut-\u00eatre bien le &laquo; <em>dernier homme<\/em> &raquo; de Nietzsche ? Cette phrase superbe de Nietzsche d\u00e9finissant ce &laquo; <em>dernier homme<\/em> &raquo; ne va-t-elle pas comme un gant \u00e0 notre &lsquo;<em>The Donald<\/em>&lsquo;, d&rsquo;autant plus s&rsquo;il est en mauvais \u00e9tat puisqu&rsquo;\u00e9ventuellement atteint d&rsquo;une sorte de <a href=\"https:\/\/www.youtube.com\/watch?v=zG7Irersy08\">d\u00e9mence s\u00e9nile<\/a> qui ne serait alors qu&rsquo;un moyen diabolique de renforcer son caract\u00e8re de &laquo; <em>dernier homme<\/em> &raquo; ? Poser la question, comme on dit en clignant de l&rsquo;oeil&#8230; &Eacute;coutez cela, o&ugrave; Zarathoustra nous parle de ce trop fameux &laquo; <em>dernier homme<\/em> &raquo; :<\/p>\n<\/p>\n<blockquote class=\"normal\" style=\"font-size:1.05em\">\n<p><p>&laquo; <em>Les temps sont proches du plus m\u00e9prisable des hommes, qui ne sait pas se m\u00e9priser lui-m\u00eame<\/em>&hellip; &raquo;<\/p>\n<\/p>\n<\/blockquote>\n<p><p>La suffisance tambourinesque et le narcissisme abracadabrantesque de Trump l&rsquo;occupent bien assez pour \u00eatre seulement effleur\u00e9 par cette absurde proposition de &laquo; <em>se m\u00e9priser lui-m\u00eame<\/em>&hellip; &raquo;, &ndash; ce qui est pourtant le fondement m\u00eame de l&rsquo;incertitude humaine, de l&rsquo;interrogation existentielle, du doute salvateur et de l&rsquo;esprit-critique qui nourrit la joie inimaginable de la libert\u00e9 de l&rsquo;esprit vis-\u00e0-vis de soi-m\u00eame. Qui n&rsquo;a rien ni jamais \u00e9prouv\u00e9 de tout cela, r\u00e9pond effectivement \u00e0 la vision nietzsch\u00e9enne.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Ainsi \u00e9tait-il dit dans ce &lsquo;<em>Journal<\/em>&lsquo;, en d&rsquo;autres temps (<a href=\"https:\/\/www.dedefensa.org\/article\/nietzsche-et-la-bataille-du-nutella\">28 f\u00e9vrier 2018<\/a>) :<\/p>\n<\/p>\n<blockquote class=\"normal\" style=\"font-size:1.05em\">\n<p><p>&laquo; &#8230; <em><a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article\/full-circle\">Full Circle<\/a> l\u00e0 aussi.<\/em><\/p>\n<\/p>\n<p><p>&raquo; \u00ab\u00a0<em>Les temps sont proches du plus m\u00e9prisable des hommes, qui ne sait pas se m\u00e9priser lui-m\u00eame<\/em>&hellip;\u00a0\u00bb,<\/p>\n<\/p>\n<p><p>&raquo;  <em>\u00e9crit Nietzsche dans une de ses ouvertures d&rsquo;Ainsi parlait Zarathoustra, consacr\u00e9e au &laquo; dernier homme &raquo;. C&rsquo;est \u00e0 la fois juste pour notre \u00e9poque, mais aussi incomplet et tr\u00e8s instable comme jugement, &ndash; je veux dire \u00e0 chaque instant proche d&rsquo;\u00eatre d\u00e9menti. Ce serait totalement juste si nous \u00e9tions dans Le Meilleur des Mondes ou bien dans 1984, avec chacun dans notre poche notre exemplaire de La Servitude volontaire de l&rsquo;ami La Bo\u00e9tie, tout cela \u00e9tablissant et institutionnalisant ce &laquo; dernier homme &raquo; de Nietzsche. (&laquo; \u00ab\u00a0Nous avons invent\u00e9 le bonheur\u00a0\u00bb, &ndash; disent les derniers hommes, et ils clignent de l&rsquo;&oelig;il. &raquo;) Cette situation n&rsquo;est nullement une description compl\u00e8te de notre \u00e9poque ; certes, \u00e9poque d&rsquo;une seule id\u00e9ologie, d&rsquo;une seule non-pens\u00e9e r\u00e9duite \u00e0 la narrative de l&rsquo;inversion, d&rsquo;un seul jugement \u00e9lev\u00e9 \u00e0 la vanit\u00e9 de l&rsquo;accomplissement de la m\u00e9diocrit\u00e9 abyssale maquill\u00e9e en \u00ab\u00a0bonheur\u00a0\u00bb ; et pourtant \u00e9poque compl\u00e8tement \u00e9clat\u00e9e, agit\u00e9e furieusement, chamaillerie perp\u00e9tuelle \u00e0 l&rsquo;int\u00e9rieur m\u00eame d&rsquo;elle-m\u00eame, grondante d&rsquo;insatisfaction contestatrice&#8230; &Eacute;poque totalement instable, \u00e0 la fois acceptant ce destin avec l&#8217;empressement du zombie satisfait de sa servilit\u00e9 aveugle, \u00e0 la fois le contestant rageusement et furieusement, et sans perspective d&rsquo;en \u00eatre satisfait<\/em>.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>&raquo; <em>Tous ces grands anciens, avec tant d&rsquo;autres de cette cohorte puissante qui a distingu\u00e9 la perspective catastrophique de la modernit\u00e9, ne se sont pas tromp\u00e9s sur la monstruosit\u00e9 formelle de l&rsquo;\u00e9volution, mais ils ne savaient pas tout parce que nul dans l&rsquo;univers des hommes ne peut tout savoir. Le grand perturbateur de ce destin \u00e9pouvantable, le joker qui peut faire basculer la partie qui semblait impossible \u00e0 faire basculer, qui m\u00e9nage ainsi une si grande part d&rsquo;inconnu, c&rsquo;est le syst\u00e8me de la communication et la multiplicit\u00e9 extraordinaire de son effet-Janus<\/em>&#8230;<\/p>\n<\/p>\n<p><p>&raquo; <em>\u00ab\u00a0Aujourd&rsquo;hui, le syst\u00e8me de la communication est entr\u00e9 dans des convulsions r\u00e9volutionnaires et dans une formidable phase d&rsquo;inversion vertueuse. C&rsquo;est ce que nous nommons le \u00ab\u00a0mod\u00e8le-Janus\u00a0\u00bb avec son op\u00e9rationnalisation qui est l'\u00a0\u00bb<a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article\/glossairedde-technologisme-versus-communication-1\">effet-Janus<\/a>\u00ab\u00a0, auquel nous nous sommes d\u00e9j\u00e0 souvent r\u00e9f\u00e9r\u00e9 sur ce site, \u00e0 l&rsquo;occasion de <a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article-desarroi_des_mal-voyants_17_02_2011.html\">tel<\/a> ou <a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article-janus_au_grand_galop_09_04_2012.html\">tel<\/a> \u00e9v\u00e9nement<\/em>.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>&raquo; <em>\u00ab\u00a0Le syst\u00e8me de la communication est plus puissant qu&rsquo;il n&rsquo;a jamais \u00e9t\u00e9, gr\u00e2ce \u00e0 l&rsquo;apport massif de nouveaux moyens et de nouvelles possibilit\u00e9s d&rsquo;arrangement du mat\u00e9riel diversit\u00e9\/complexit\u00e9. Il a d\u00e9montr\u00e9 dans son histoire son savoir-faire, son extraordinaire capacit\u00e9 \u00e0 donner le \u00ab\u00a0cr\u00e9dit de la v\u00e9rit\u00e9\u00a0\u00bb \u00e0 l&rsquo;univers dont il p\u00e9n\u00e8tre ceux qu&rsquo;ils touchent, en faisant en sorte que tout se passe comme si ces \u00ab\u00a0\u00e9lus\u00a0\u00bb y p\u00e9n\u00e9traient \u00e0 leur fa\u00e7on et en toute libert\u00e9. Mais cet univers est changeant, selon les circonstances et la puissance des sources qui alimentent ce syst\u00e8me, c&rsquo;est-\u00e0-dire que le syst\u00e8me ne d\u00e9termine des univers qu&rsquo;en fonction des impulsions qu&rsquo;il re\u00e7oit, sans se soucier du sens des choses. Ainsi le syst\u00e8me de la communication est-il <strong>par-del\u00e0 le Bien et le Mal<\/strong>, notamment par rapport \u00e0 l&rsquo;\u00e9chelle de valeurs du Syst\u00e8me dont il devrait \u00eatre pourtant la cr\u00e9ature ; il se r\u00e9v\u00e8le, au bout du compte, pour le Syst\u00e8me, trompeur et d\u00e9loyal dans des occasions importantes (tout en restant n\u00e9cessaire au Syst\u00e8me) <\/em>&#8230; \u00a0\u00bb <em>(<a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article\/glossairedde-technologisme-versus-communication-1\">14 d\u00e9cembre 2012<\/a>, Glossaire.dde.)<\/em><\/p>\n<\/p>\n<p><p>&raquo; <em>Le texte sur &laquo; le dernier homme &raquo; est admirable d&rsquo;\u00e9quilibre et de stabilit\u00e9 dans sa critique de la m\u00e9diocrit\u00e9 moderniste. Mais Nietzsche ne pouvait pas savoir qu&rsquo;il y aurait le syst\u00e8me de la communication et son sublime effet-Janus. Ce texte est toujours \u00e0 relire et j&rsquo;ai r\u00e9alis\u00e9 qu&rsquo;il a n\u00e9cessairement sa place dans nos archives, avec la n\u00e9cessit\u00e9 de le ressortir r\u00e9guli\u00e8rement pour nous rafra&icirc;chir l&rsquo;esprit<\/em>&#8230; &raquo;<\/p>\n<\/p>\n<\/blockquote>\n<p><p>En fait, je ne reptroche rien \u00e0 Nietzsche, notamment de n&rsquo;avoir pas pre\u00e9vu le syst\u00e8me de la communication. Lui-m\u00eame devait sentir qu&rsquo;il se passerait quelque chose&#8230;  Certes, il annon\u00e7ait &laquo;<em> le dernier homme <\/em>&raquo; pour un \u00e0 deux si\u00e8cles \u00e0 partir de ses \u00e9crits de la fin du XIX\u00e8me si\u00e8cle ; de ce point de vue, il n&rsquo;a pas touch\u00e9 loin de sa cible. Mais pour montrer tant d&rsquo;\u00e9nergie, tant de puissance malgr\u00e9 ses affreuses faiblesses physiques, jusqu&rsquo;\u00e0 la folie de 1880-1890, il fallait bien qu&rsquo;il cr&ucirc;t \u00e0 l&rsquo;esp\u00e9rance. Agissant comme il fit, \u00e9crivant ce qu&rsquo;il \u00e9crivit qui conduisait n\u00e9cessairement son esprit \u00e0 la folie, il fallait qu&rsquo;il gard\u00e2t toute sa confiance, sa <em>fides<\/em>, sa foi.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>C&rsquo;est dans cette tension sublime qu&rsquo;il \u00e9crivit son &oelig;uvre. Ainsi de son Zarathoustra nous d\u00e9crivant &laquo;<em> le dernier homme <\/em>&raquo;. Simplement, il ne pouvait imaginer que nous l&rsquo;aurions siu parfaitement, jusqu&rsquo;\u00e0 \u00eatre la caricature grotesque, bouffonne de ce qu&rsquo;est le &laquo;<em> le dernier homme <\/em>&raquo;&#8230;<\/p>\n<\/p>\n<p><h4>PhG &ndash; <em>Semper Phi<\/em><\/h4>\n<\/p>\n<p><p>_________________________<\/p>\n<\/p>\n<\/p>\n<p><h2 class=\"titleset_b.deepgreen\" style=\"color:#75714d; font-size:1.65em; font-variant:small-caps\"><strong>Zarathoustra rencontre \u00ab\u00a0<em>le dernier homme<\/em>\u00ab\u00a0<\/strong><\/h2>\n<\/p>\n<p><p>Quand Zarathoustra eut dit ces mots, il consid\u00e9ra de nouveau le peuple et se tut, puis il dit \u00e0 son c&oelig;ur : &laquo; Les voil\u00e0 qui se mettent \u00e0 rire ; ils ne me comprennent point, je ne suis pas la bouche qu&rsquo;il faut \u00e0 ces oreilles.<\/p>\n<p>Faut-il d&rsquo;abord leur briser les oreilles, afin qu&rsquo;ils apprennent \u00e0 entendre avec les yeux ? Faut-il faire du tapage comme les cymbales et les pr\u00e9dicateurs de car\u00eame ? Ou n&rsquo;ont-ils foi que dans les b\u00e8gues ?<\/p>\n<p>Ils ont quelque chose dont ils sont fiers. Comment nomment-ils donc ce dont ils sont fiers ? Ils le nomment civilisation, c&rsquo;est ce qui les distingue des chevriers.<\/p>\n<p>C&rsquo;est pourquoi ils n&rsquo;aiment pas, quand on parle d&rsquo;eux, entendre le mot de &laquo; m\u00e9pris &raquo;. Je parlerai donc \u00e0 leur fiert\u00e9.<\/p>\n<p>Je vais donc leur parler de ce qu&rsquo;il y a de plus m\u00e9prisable : je veux dire le <em>dernier homme<\/em>. &raquo;<\/p>\n<p>Et ainsi Zarathoustra se mit \u00e0 parler au peuple :<\/p>\n<p>Il est temps que l&rsquo;homme se fixe \u00e0 lui-m\u00eame son but. Il est temps que l&rsquo;homme plante le germe de sa plus haute esp\u00e9rance.<\/p>\n<p>Maintenant son sol est encore assez riche. Mais ce sol un jour sera pauvre et st\u00e9rile et aucun grand arbre ne pourra plus y cro&icirc;tre.<\/p>\n<p>Malheur ! Les temps sont proches o&ugrave; l&rsquo;homme ne jettera plus par-dessus les hommes la fl\u00e8che de son d\u00e9sir, o&ugrave; les cordes de son arc ne sauront plus vibrer !<\/p>\n<p>Je vous le dis : il faut porter encore en soi un chaos, pour pouvoir mettre au monde une \u00e9toile dansante. Je vous le dis : vous portez en vous un chaos.<\/p>\n<p>Malheur ! Les temps sont proches o&ugrave; l&rsquo;homme ne mettra plus d&rsquo;\u00e9toile au monde. Malheur ! Les temps sont proches du plus m\u00e9prisable des hommes, qui ne sait plus se m\u00e9priser lui-m\u00eame.<\/p>\n<p>Voici ! Je vous montre le <em>dernier homme<\/em>.<\/p>\n<p>&laquo; Amour ? Cr\u00e9ation ? D\u00e9sir ? &Eacute;toile ? Qu&rsquo;est cela ? &raquo; &mdash; Ainsi demande le dernier homme et il cligne de l&rsquo;&oelig;il.<\/p>\n<p>La terre sera alors devenue plus petite, et sur elle sautillera le dernier homme, qui rapetisse tout. Sa race est indestructible comme celle du puceron ; le dernier homme vit le plus longtemps.<\/p>\n<p>&laquo; Nous avons invent\u00e9 le bonheur, &raquo; &mdash; disent les derniers hommes, et ils clignent de l&rsquo;&oelig;il.<\/p>\n<p>Ils ont abandonn\u00e9 les contr\u00e9es o&ugrave; il \u00e9tait dur de vivre : car on a besoin de chaleur. On aime encore son voisin et l&rsquo;on se frotte \u00e0 lui : car on a besoin de chaleur.<\/p>\n<p>Tomber malade et \u00eatre m\u00e9fiant passe chez eux pour un p\u00e9ch\u00e9 : on s&rsquo;avance prudemment. Bien fou qui tr\u00e9buche encore sur les pierres et sur les hommes !<\/p>\n<p>Un peu de poison de-ci de-l\u00e0, pour se procurer des r\u00eaves agr\u00e9ables. Et beaucoup de poisons enfin, pour mourir agr\u00e9ablement.<\/p>\n<p>On travaille encore, car le travail est une distraction. Mais l&rsquo;on veille \u00e0 ce que la distraction ne d\u00e9bilite point.<\/p>\n<p>On ne devient plus ni pauvre ni riche : ce sont deux choses trop p\u00e9nibles. Qui voudrait encore gouverner ? Qui voudrait ob\u00e9ir encore ? Ce sont deux choses trop p\u00e9nibles.<\/p>\n<p>Point de berger et un seul troupeau ! Chacun veut la m\u00eame chose, tous sont \u00e9gaux : qui a d&rsquo;autres sentiments va de son plein gr\u00e9 dans la maison des fous.<\/p>\n<p>&laquo; Autrefois tout le monde \u00e9tait fou, &raquo; &mdash; disent ceux qui sont les plus fins, et ils clignent de l&rsquo;&oelig;il.<\/p>\n<p>On est prudent et l&rsquo;on sait tout ce qui est arriv\u00e9 : c&rsquo;est ainsi que l&rsquo;on peut railler sans fin. On se dispute encore, mais on se r\u00e9concilie bient\u00f4t &mdash; car on ne veut pas se g\u00e2ter l&rsquo;estomac.<\/p>\n<p>On a son petit plaisir pour le jour et son petit plaisir pour la nuit : mais on respecte la sant\u00e9.<\/p>\n<p>&laquo; Nous avons invent\u00e9 le bonheur, &raquo; &mdash; disent les derniers hommes, et ils clignent de l&rsquo;&oelig;il. &mdash;<\/p>\n<p>Ici finit le premier discours de Zarathoustra, celui que l&rsquo;on appelle aussi &laquo; le prologue &raquo; : car en cet endroit il fut interrompu par les cris et la joie de la foule. &laquo; Donne-nous ce dernier homme, \u00f4 Zarathoustra, &mdash; s&rsquo;\u00e9criaient-ils &mdash; rends-nous semblables \u00e0 ces derniers hommes ! Nous te tiendrons quitte du Surhumain ! &raquo; Et tout le peuple jubilait et claquait de la langue. Zarathoustra cependant devint triste et dit \u00e0 son c&oelig;ur : <\/p>\n<p>&laquo; Ils ne me comprennent pas : je ne suis pas la bouche qu&rsquo;il faut \u00e0 ces oreilles.<\/p>\n<p>Trop longtemps sans doute j&rsquo;ai v\u00e9cu dans les montagnes, j&rsquo;ai trop \u00e9cout\u00e9 les ruisseaux et les arbres : je leur parle maintenant comme \u00e0 des chevriers.<\/p>\n<p>Placide est mon \u00e2me et lumineuse comme la montagne au matin. Mais ils me tiennent pour un c&oelig;ur froid et pour un bouffon aux railleries sinistres.<\/p>\n<p>Et les voil\u00e0 qui me regardent et qui rient : et tandis qu&rsquo;ils rient ils me ha\u00efssent encore. Il y a de la glace dans leur rire. &raquo;<\/p>\n<\/p>\n<p><h4>Fr\u00e9d\u00e9ric Nietzsche<\/h4>\n<\/p>\n<p><h3 class=\"subtitleset_c.deepgreen\" style=\"color:#75714d; font-size:1.25em\"><\/p>\n<p><strong>Note<\/strong><\/h3>\n<\/p>\n<p><p><a href=\"https:\/\/fr.wikisource.org\/wiki\/Ainsi_parlait_Zarathoustra\/Premi%C3%A8re_partie\/Le_prologue_de_Zarathoustra\">Ce texte<\/a> est extrait de <a href=\"https:\/\/fr.wikisource.org\/wiki\/Ainsi_parlait_Zarathoustra\" title=\"Ainsi parlait Zarathoustra\"><em>Ainsi parlait Zarathoustra<\/em><\/a> <em>&ndash; Un livre pour tous et pour personne.<\/em> (<em>Also sprach Zarathustra. Ein Buch f\u00fcr Alle und Keinen<\/em>, po\u00e8me philosophique de Friedrich Nietzsche publi\u00e9 entre 1883 et 1885.) L&rsquo;extrait est de la traduction fran\u00e7aise de <a href=\"https:\/\/fr.wikisource.org\/wiki\/Auteur:Henri_Albert\" title=\"Auteur:Henri Albert\">Henri Albert<\/a>, Soci\u00e9t\u00e9 du Mercure de France, 1903 [sixi\u00e8me \u00e9dition] (<a href=\"https:\/\/fr.wikisource.org\/wiki\/%C5%92uvres_compl%C3%A8tes_de_Fr%C3%A9d%C3%A9ric_Nietzsche\" title=\"uvres compl\u00e8tes de Fr\u00e9d\u00e9ric Nietzsche\">&OElig;uvres compl\u00e8tes de Fr\u00e9d\u00e9ric Nietzsche<\/a>, vol. 9, pp. 7-29). L&rsquo;extrait figure dans \u00ab\u00a0Le prologue de Zarathoustra\u00a0\u00bb, Premi\u00e8re Partie de l&rsquo;&oelig;uvre.<\/p><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Trump est-il le &laquo; dernier homme &raquo; de Nietzsche ? 14 janvier 2026 &ndash; C&rsquo;est ce texte d&rsquo;Alastair Crooke qui m&rsquo;a donn\u00e9 l&rsquo;id\u00e9e \u00e0 moi-m\u00eame de demander \u00e0 PhG en personne, de reprendre quelques extraits d&rsquo;un texte qu&rsquo;il \u00e9crivit en son temps, \u00e0 propos du &laquo; dernier homme &raquo; d\u00e9busqu\u00e9 par le Zarathoustra de Nietzsche.&hellip;&nbsp;<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"","ping_status":"","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"neve_meta_sidebar":"","neve_meta_container":"","neve_meta_enable_content_width":"","neve_meta_content_width":0,"neve_meta_title_alignment":"","neve_meta_author_avatar":"","neve_post_elements_order":"","neve_meta_disable_header":"","neve_meta_disable_footer":"","neve_meta_disable_title":"","_jetpack_memberships_contains_paid_content":false,"footnotes":""},"categories":[25],"tags":[3015,2631,5185,2622,2655,3014,12963],"class_list":["post-81800","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-journal-ddecrisis-de-philippe-grasset","tag-communication","tag-de","tag-decadence","tag-la","tag-modernite","tag-systeme","tag-zarathoustra"],"jetpack_featured_media_url":"","jetpack_sharing_enabled":true,"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/81800","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=81800"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/81800\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=81800"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=81800"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=81800"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}