{"id":81839,"date":"2026-02-22T00:00:00","date_gmt":"2026-02-21T22:00:00","guid":{"rendered":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/2026\/02\/22\/leurope-et-la-bombe-aujourdhui-et-hier\/"},"modified":"2026-02-27T17:21:23","modified_gmt":"2026-02-27T15:21:23","slug":"leurope-et-la-bombe-aujourdhui-et-hier","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/2026\/02\/22\/leurope-et-la-bombe-aujourdhui-et-hier\/","title":{"rendered":"L&rsquo;Europe et la Bombe, aujourd&rsquo;hui et hier"},"content":{"rendered":"<p><h2 class=\"titleset_b.deepgreen\" style=\"color:#75714d; font-size:1.65em; font-variant:small-caps\">L<strong>&lsquo;Europe et la Bombe, aujourd&rsquo;hui et hier<\/strong><\/h2>\n<\/p>\n<blockquote>\n<p><p>&bull; L&rsquo;Europe est en \u00e9bullition depuis qu&rsquo;elle a d\u00e9cid\u00e9, gr\u00e2ce \u00e0 une repr\u00e9sentation de simulacre, que <strong>la Russie \u00e9tait son ennemie <em>ad vitam aeternam <\/em>et devait \u00eatre, sinon d\u00e9truite, au moins battue \u00e0 plate-couture<\/strong>. &bull; Patatras, en attendant les USA s&rsquo;av\u00e8rent de moins en moins amicaux. &bull; <strong>Qui donc couvrira l&rsquo;Europe lors de sa glorieuse croisade ?<\/strong> &bull; Autrement dit : d&rsquo;o&ugrave; peut venir la Bombe (nucl\u00e9aire) ? &bull; <strong>De France certes<\/strong>, et le d\u00e9bat s&rsquo;ouvre, surtout pour l&rsquo;Allemagne. &bull; C&rsquo;est une qu\u00eate d\u00e9j\u00e0 ancienne entre les deux pays. &bull; Avec Elena Fritz et Franz-Joseph Strauss.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>_________________________<\/p>\n<\/p>\n<\/blockquote>\n<p><\/p>\n<p>22 f\u00e9vrier 2026 (20H30) &ndash; Dans une analyse synth\u00e9tique pr\u00e9cise et fortement argument\u00e9e, Elena Fritz d\u00e9crit, \u00e0 partir de l&rsquo;Allemagne, un d\u00e9bat qui prend forme en Europe, principalement en France et en Allemagne, autour de trois points :<\/p>\n<\/p>\n<p><p>&bull; La perception du retrait am\u00e9ricaniste et de l&rsquo;effacement cons\u00e9cutif de la protection de sa force nucl\u00e9aire pour l&rsquo;Europe.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>&bull; La n\u00e9cessit\u00e9 pour l&rsquo;Europe de trouver une force nucl\u00e9aire de remplacement pour assurer une base acceptable de dissuasion (\u00ab\u00a0tous azimuts\u00a0\u00bb ou pas ? Seulement la Russie ou quelque autre puissance ?)<\/p>\n<\/p>\n<p><p>&bull; Le probl\u00e8me pos\u00e9, notamment \u00e0 l&rsquo;Allemagne, par la n\u00e9cessit\u00e9 de se tourner vers la France pour jouer ce r\u00f4le europ\u00e9en (le Royaume-Uni \u00e9tant peu cr\u00e9dible dans ce r\u00f4le du fait de sa d\u00e9pendance des USA pour l&rsquo;usage de sa force nucl\u00e9aire).<\/p>\n<\/p>\n<p><p>On lit ci-apr\u00e8s le texte d&rsquo;Elena Fritz (<a href=\"https:\/\/t.me\/global_affairs_byelena\">original<\/a> et <a href=\"http:\/\/euro-synergies.hautetfort.com\/archive\/2026\/02\/21\/debat-nucleaire-en-europe-qui-serait-vraiment-pret-a-mourir-pour-qui.html\">traduction<\/a>) nous pr\u00e9sentant ce d\u00e9bat qui vient de s&rsquo;ouvrir sur cette question cruciale. Elle \u00e9voque les probl\u00e8mes fondamentaux qui sous-tendent et rendent tr\u00e8s d\u00e9licate l&rsquo;orientation \u00e9voqu\u00e9e :<\/p>\n<\/p>\n<blockquote class=\"normal\" style=\"font-size:1.05em\">\n<p><h3 class=\"subtitleset_d.deepgreen\" style=\"color:#75714d; font-size:1.05em\"><\/p>\n<p>&laquo;<em> <\/em>D\u00e9bat nucl\u00e9aire en Europe<em>: <\/em><\/h3>\n<\/p>\n<p><h3 class=\"subtitleset_c.deepgreen\" style=\"color:#75714d; font-size:1.25em\">&raquo; <strong>Qui serait vraiment pr\u00eat \u00e0 mourir pour qui ?<\/strong><\/h3>\n<\/p>\n<p><p>&raquo; En Europe, un d\u00e9bat <a href=\"https:\/\/www.faz.net\/aktuell\/politik\/sicherheitskonferenz\/...\">a commenc\u00e9<\/a>, qui aurait \u00e9t\u00e9 impensable il y a seulement quelques ann\u00e9es. Des politiciens de premier plan parlent d\u00e9sormais ouvertement d&rsquo;un &laquo;parapluie nucl\u00e9aire&raquo; europ\u00e9en. Le pr\u00e9sident polonais Karol Nawrocki le r\u00e9clame, le chancelier f\u00e9d\u00e9ral Friedrich Merz en discute avec Emmanuel Macron, et lors de la Conf\u00e9rence sur la s\u00e9curit\u00e9 \u00e0 Munich, ce sujet n&rsquo;\u00e9tait plus un tabou. Le fait m\u00eame que cette question soit pos\u00e9e montre surtout une chose: la confiance dans les garanties de s\u00e9curit\u00e9 actuelles s&rsquo;\u00e9mousse. Le point de d\u00e9part est moins id\u00e9ologique que strat\u00e9gique. Dans de nombreuses capitales europ\u00e9ennes, l&rsquo;incertitude grandit quant \u00e0 savoir si, en cas d&rsquo;urgence, les &Eacute;tats-Unis seraient vraiment pr\u00eats \u00e0 risquer leur propre survie pour l&rsquo;Europe. Cette inqui\u00e9tude ne date pas de la politique int\u00e9rieure am\u00e9ricaine actuelle. D\u00e9j\u00e0 pendant la Guerre froide, la m\u00eame question se posait. Lorsque l&rsquo;Union sovi\u00e9tique a d\u00e9velopp\u00e9 des missiles intercontinentaux dans les ann\u00e9es 1950, il est devenu \u00e9vident pour les &Eacute;tats-Unis qu&rsquo;une attaque contre l&rsquo;Europe menacerait in\u00e9vitablement la population am\u00e9ricaine. Washington a alors r\u00e9agi avec une nouvelle strat\u00e9gie: pas de repr\u00e9sailles automatiques et massives, mais une r\u00e9ponse flexible. En d&rsquo;autres termes: une marge de man&oelig;uvre plut\u00f4t qu&rsquo;un auto-engagement.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>&raquo; Aujourd&rsquo;hui, cette logique revient. Le monde est devenu multipolaire, les risques sont plus complexes, et la politique am\u00e9ricaine se concentre davantage sur l&rsquo;Indo-Pacifique. Pour des &Eacute;tats comme la Pologne ou les pays baltes, cela signifie une r\u00e9alit\u00e9 d\u00e9sagr\u00e9able: en cas d&rsquo;urgence, l&rsquo;Europe pourrait se retrouver seule strat\u00e9giquement. Le fait que Varsovie tourne d\u00e9sormais son regard vers Paris est rationnel.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>&raquo; Mais c&rsquo;est ici que commence le vrai probl\u00e8me. La France est une puissance nucl\u00e9aire, mais son arsenal est limit\u00e9 et surtout con\u00e7u pour sa propre dissuasion nationale. Une extension \u00e0 toute l&rsquo;Europe ferait de la France la principale cible d&rsquo;une contre-attaque. Il en d\u00e9coule une question cruciale, rarement pos\u00e9e dans le d\u00e9bat politique jusqu&rsquo;\u00e0 pr\u00e9sent:<\/p>\n<\/p>\n<p><p>&raquo; <strong>La France serait-elle pr\u00eate \u00e0 risquer sa propre existence pour la Pologne, l&rsquo;Allemagne ou la Finlande ?<\/strong><\/p>\n<\/p>\n<p><p>&raquo; Cette question est inconfortable, car elle touche au c&oelig;ur de toute dissuasion. La dissuasion ne fonctionne que si l&rsquo;adversaire croit qu&rsquo;un &Eacute;tat est pr\u00eat \u00e0 vraiment commencer une politique d&rsquo;escalade en cas de crise. Mais cette cr\u00e9dibilit\u00e9 ne peut pas \u00eatre remplac\u00e9e par des trait\u00e9s ou des d\u00e9clarations politiques. Elle repose sur la culture politique, la r\u00e9flexion strat\u00e9gique et les int\u00e9r\u00eats nationaux.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>&raquo; On peut pousser cette logique plus loin. Si la France devait prendre cette d\u00e9cision, elle serait existentielle. Une contre-attaque nucl\u00e9aire ne viserait pas seulement l&rsquo;infrastructure militaire, mais aussi les fondements de l&rsquo;&Eacute;tat fran\u00e7ais. Aucun syst\u00e8me politique ne d\u00e9cide \u00e0 la l\u00e9g\u00e8re de sa propre destruction. C&rsquo;est pr\u00e9cis\u00e9ment pour cette raison que la fiabilit\u00e9 d&rsquo;une telle garantie reste incertaine.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>&raquo; Cela met en lumi\u00e8re une deuxi\u00e8me question, encore plus difficile:<\/p>\n<\/p>\n<p><p>&raquo; <strong>D&rsquo;autres &Eacute;tats europ\u00e9ens seraient-ils pr\u00eats \u00e0 ce que la France prenne ce risque pour eux?<\/strong><\/p>\n<\/p>\n<p><p>&raquo; Car une garantie de protection nucl\u00e9aire implique toujours une d\u00e9pendance politique. Celui qui est prot\u00e9g\u00e9 doit c\u00e9der du pouvoir. Celui qui prot\u00e8ge exige une influence. Un parapluie de protection europ\u00e9en ne concernerait donc pas seulement la s\u00e9curit\u00e9 militaire, mais aussi la r\u00e9organisation des rapports de force en Europe. La France deviendrait le centre politique de la s\u00e9curit\u00e9. Les d\u00e9cisions concernant toute politique d&rsquo;escalade, le risque et la guerre seraient finalement prises \u00e0 Paris.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>&raquo; Pour l&rsquo;Allemagne, cette situation serait particuli\u00e8rement sensible. D&rsquo;un c\u00f4t\u00e9, la pression cro&icirc;t pour rendre la politique de s\u00e9curit\u00e9 plus efficace. De l&rsquo;autre, l&rsquo;Allemagne deviendrait, dans un tel syst\u00e8me, un acteur central \u00e0 la fois financier et politique, sans en avoir le contr\u00f4le ultime. La d\u00e9pendance aux &Eacute;tats-Unis serait en partie remplac\u00e9e par une d\u00e9pendance \u00e0 la France. &raquo;<\/p>\n<\/p>\n<\/blockquote>\n<p><h3 class=\"subtitleset_c.deepgreen\" style=\"color:#75714d; font-size:1.25em\"><\/p>\n<p><strong>Question d\u00e9j\u00e0 pos\u00e9e en 1955-1960<\/strong><\/h3>\n<\/p>\n<p><p>Nous vaudrions apporter un commentaire inhabituel \u00e0 l&rsquo;\u00e9v\u00e9nement \u00e9voqu\u00e9,, qui serait plut\u00f4t une remarque documentaire pr\u00e9cise, montrant la fa\u00e7on dont l&rsquo;Europe s&rsquo;est toujours arrang\u00e9e, responsabilit\u00e9s des uns et des autres m\u00eal\u00e9es, pour ne pas r\u00e9soudre cette question cruciale.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Nous remontons aux ann\u00e9es 1950, alors que la France s&rsquo;\u00e9tait lanc\u00e9e en 1954, \u00e0 l&rsquo;initiative du premier ministre Mend\u00e8s-France, dans la fabrication d&rsquo;une bombe atomique, recevant un ultime \u00e9lan pour son d\u00e9veloppement du fait de la crise de Suez, o&ugrave; les USA, de concert avec l&rsquo;URSS, menac\u00e8rent les Europ\u00e9ens (Fran\u00e7ais &#038; Anglais) \u00e0 l&rsquo;aide de l&rsquo;\u00e9vocation de leurs armements nucl\u00e9aires s&rsquo;ils ne cessaient pas leur invasion de l&rsquo;&Eacute;gypte et du Canal de Suez. De ce fait, cette crise :<\/p>\n<\/p>\n<p><p>&bull; convainquit les Britanniques qu&rsquo;ils ne devraient jamais plus se trouver, lors d&rsquo;une crise, dans une position non pr\u00e9alablement approuv\u00e9e par les USA (politique pour la premi\u00e8re fois modifi\u00e9e pour <a href=\"https:\/\/www.rt.com\/news\/632809-uk-us-trump-iran\/\">cette crise actuelle<\/a> USA-Isra\u00ebl versus Iran, &ndash; comme on se retrouve&#8230;) ;<\/p>\n<\/p>\n<p><p>&bull; convainquit les Fran\u00e7ais du contraire et les poussa \u00e0 acc\u00e9l\u00e9rer le d\u00e9veloppement de leur propre force nucl\u00e9aire ind\u00e9pendante, le plus rapidement possible.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Ici intervient un \u00e9pisode assez peu connu, qui renvoie d&rsquo;une curieuse fa\u00e7on au d\u00e9bat dont Elena Fritz rend compte. On mesure alors tout le chemin parcouru par l&rsquo;Europe, et par France-Allemagne, &ndash; chemin absolument \u00e0 reculons et en marche arri\u00e8re au pas cadenc\u00e9, sous la pouss\u00e9e de la soumission, de l&rsquo;europ\u00e9anisme-UE align\u00e9 sur les USA, de la globalisation d\u00e9truisant toutes les positions identitaires et les politiques souveraines, de la succession extraordinaire de pr\u00e9sidents de la r\u00e9publique fran\u00e7aise faisant assaut de m\u00e9diocrit\u00e9 et d&rsquo;esprit de d\u00e9mission et de soumission m\u00e9lang\u00e9es :<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Nous vous rappelons cet \u00e9pisode dans un extrait d&rsquo;un texte du <a href=\"\">27 novembre 2021<\/a> :<\/p>\n<\/p>\n<blockquote class=\"normal\" style=\"font-size:1.05em\">\n<p><h3 class=\"subtitleset_c.deepgreen\" style=\"color:#75714d; font-size:1.25em\"><\/p>\n<p>&laquo; L&rsquo;\u00e9quip\u00e9e Chaban-Strauss bute sur de Gaulle<\/h3>\n<\/p>\n<p><p>&raquo; &#8230;Pour autant, il faut dire que le terrain \u00e9tait bien pr\u00e9par\u00e9. La relation franco-allemande fut, depuis l&rsquo;apr\u00e8s-guerre, en tous points une succession \u00e9minemment catastrophique. L&rsquo;\u00e9pisode le plus \u00e9tonnant et le plus mal interpr\u00e9t\u00e9 fut celui de la tentative gaulliste de 1958-1963, avec l&rsquo;\u00e9chec retentissant que l&rsquo;on sait. De Gaulle joua sur Adenauer, qu&rsquo;il s\u00e9duisit magnifiquement, alors qu&rsquo;Adenauer \u00e9tait en bout de course et sur le d\u00e9part, et ne put lui donner qu&rsquo;un Trait\u00e9 de Paris, imm\u00e9diatement amend\u00e9 par la cabale proam\u00e9ricaniste du Bundestag et vid\u00e9 de toute substance. Jusque-l\u00e0, rien \u00e0 dire, sinon la fatalit\u00e9 des hommes qui passent et de la vieillesse qui l&#8217;emporte.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>&raquo; Ce qui m&rsquo;importe beaucoup plus, c&rsquo;est ce qui se passa juste avant, \u00e0 cheval sur la fin de la IV\u00e8me R\u00e9publique (1957-58) et le d\u00e9but de la V\u00e8me (1958-1964), car sur ce point de Gaulle l\u00e2cha d&rsquo;une mani\u00e8re assez \u00e9trange la proie qui \u00e9tait si vigoureuse (Franz-Joseph Strauss), pour l&rsquo;ombre qui \u00e9tait si fuyante (Adenauer). A cet \u00e9gard, les &lsquo;<em>M\u00e9moires<\/em>&lsquo; (*) de Strauss sont une mine d&rsquo;enseignement bien peu utilis\u00e9e par les historiens conventionnels, y compris ceux du gaullisme.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>&raquo; La grande affaire \u00e0 laquelle je voudrais me rapporter est celle qui d\u00e9bute fin 1957, lors d&rsquo;une visite de Jacques Chaban-Delmas, alors ministre de la D\u00e9fense du gouvernement Felix Gaillard mais \u00e9galement fid\u00e8le gaulliste, au ministre allemand de la d\u00e9fense, le solide et puissant Bavarois Strauss. Dans le cours de l&rsquo;entretien, Chaban propose rien de moins qu&rsquo;une coop\u00e9ration nucl\u00e9aire \u00e0 l&rsquo;Allemagne, avec participation minoritaire de l&rsquo;Italie. Cette coop\u00e9ration commencerait par une participation conjointe (France 45%, Allemagne 45% et Italie 10%) \u00e0 la construction de la centrale nucl\u00e9aire de Pierrelatte, et elle promettait de d\u00e9boucher sur la fabrication de l&rsquo;arme nucl\u00e9aire. Chaban expliqua que la crise de Suez avait convaincu les Fran\u00e7ais de s&rsquo;en doter, devant l&rsquo;attitude des USA qui les avait abandonn\u00e9s dans cette affaire face aux menaces sovi\u00e9tiques. Sa proposition impliquait que les Allemands s&rsquo;en doteraient \u00e9galement (tandis que la part laiss\u00e9e aux Italiens n&rsquo;est pas explicit\u00e9e et il m&rsquo;\u00e9tonnerait que l&rsquo;on eut song\u00e9 pour eux \u00e0 la bombe).<\/p>\n<\/p>\n<p><p>&raquo; Stup\u00e9fait par la proposition, ayant eu confirmation qu&rsquo;elle venait du gouvernement fran\u00e7ais et non du seul Chaban, Strauss communiqua aussit\u00f4t avec Adenauer. Le chancelier r\u00e9agit bien dans sa mani\u00e8re, selon Strauss : &laquo; <em>Faites-le, mais s&rsquo;il y a des probl\u00e8mes je ne suis pas au courant&hellip; &raquo;<\/em> L&rsquo;affaire se poursuivit au grand galop jusqu&rsquo;\u00e0 une n\u00e9gociation cruciale, \u00e0 Rome, \u00e0 P\u00e2ques 1958. Assez curieusement, les Allemands poursuivaient avec confiance, alors que les Italiens, inquiets du climat de crise de r\u00e9gime en France, cherchaient des assurances aupr\u00e8s de celui dont tout le monde parlait&#8230;. L&rsquo;ambassadeur italien \u00e0 Paris Quaroni demanda donc audience au g\u00e9n\u00e9ral de Gaulle qui le re\u00e7ut \u00e0 Colombey. Strauss \u00e9crit :<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\u00ab\u00a0<em>Par la suite, Quaroni me fit, entre quatre yeux, un r\u00e9cit d\u00e9taill\u00e9 de cette mission <\/em>[en avril 1958]<em>. Il demanda, premi\u00e8rement, si le g\u00e9n\u00e9ral savait que le gouvernement fran\u00e7ais avait fait cette offre. Deuxi\u00e8mement, s&rsquo;il serait favorable \u00e0 cet accord dans le cas o&ugrave; il prendrait le pouvoir, ce qu&rsquo;on supposait en Italie. Rome ne voulait pas conclure un accord avec un gouvernement qui ne serait plus en place le lendemain et dont les successeurs ne respecteraient peut-\u00eatre pas les engagements. La r\u00e9ponse nette de De Gaulle, qui ne correspond d&rsquo;aucune mani\u00e8re \u00e0 ce qui arriva par la suite, avait \u00e9t\u00e9 : &lsquo;Monsieur l&rsquo;ambassadeur, non seulement j&rsquo;approuve cette offre du gouvernement fran\u00e7ais \u00e0 l&rsquo;Allemagne et \u00e0 l&rsquo;Italie, mais c&rsquo;est moi qui l&rsquo;ai souhait\u00e9e express\u00e9ment&rsquo;. Je ne pus comprendre que ce m\u00eame de Gaulle torpill\u00e2t cet accord par la suite.\u00a0\u00bb<\/em><\/p>\n<\/p>\n<p><p>&raquo; La suite fut en effet un \u00e9trange imbroglio, alors que Strauss, dans l&rsquo;euphorie d&rsquo;une telle perspective, avait envisag\u00e9 de commander 750 <em>Mirage <\/em>III au lieu des 750 <em>Starfighter <\/em>am\u00e9ricains choisis pour l&rsquo;\u00e9quipement complet de la nouvelle Luftwaffe, ce qui aurait compl\u00e9t\u00e9 une compl\u00e8te union strat\u00e9gique franco-allemande. En effet, dans les pages 410-418 de ses m\u00e9moires, il d\u00e9taille les avatars rocambolesques de l&rsquo;affaire, qu&rsquo;on peut ainsi \u00e9voquer :<\/p>\n<\/p>\n<p><p>&raquo; &bull; Les deux ministres de la d\u00e9fense qui succ\u00e9d\u00e8rent \u00e0 Chaban \u00e0 partir de juin 1958 (on passait de la IV\u00e8me \u00e0 la V\u00e8me R\u00e9publique), Guillaumat et Messmer, tous les deux assez peu germanophiles, assur\u00e8rent successivement \u00e0 Strauss que de Gaulle abandonnait l&rsquo;affaire (Guillaumat, au d\u00e9tour d&rsquo;une conversation \u00e0 b\u00e2tons rompus !) ; puis qu&rsquo;en r\u00e9alit\u00e9 il la laissait en suspens pour v\u00e9rifier si, du c\u00f4t\u00e9 sovi\u00e9tique, on envisageait ou non une r\u00e9unification allemande, de Gaulle ne semblant envisager que l&rsquo;Allemagne dispos\u00e2t d&rsquo;une arme nucl\u00e9aire que si elle (l&rsquo;Allemagne) restait divis\u00e9e. Curieuse diversit\u00e9 de ces ministres si r\u00e9galiens, surtout du temps de De Gaulle et dans une affaire d&rsquo;une telle importance ; on est conduit \u00e0 penser \u00e0 un d\u00e9sordre bien inattendue en cette mati\u00e8re.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>&raquo; &bull; Furieux d&rsquo;abord (et abandonnant la perspective d&rsquo;acheter des <em>Mirage<\/em>), puis avec un regain d&rsquo;espoir, Strauss rappela \u00e0 plusieurs reprises \u00e0 Adenauer de parler de l&rsquo;accord nucl\u00e9aire \u00e0 de Gaulle lors de ses entretiens, mais Adenauer se d\u00e9roba \u00e0 chaque fois sous un pr\u00e9texte \u00e9trange&#8230;<\/p>\n<\/p>\n<p><p> \u00ab\u00a0<em>Il me r\u00e9pondait que l&rsquo;ambiance <\/em>[avec de Gaulle] <em>avait \u00e9t\u00e9 si harmonieuse que la rencontre s&rsquo;\u00e9tait d\u00e9roul\u00e9e si amicalement qu&rsquo;il n&rsquo;avait pas voulu compromettre l&rsquo;excellent climat en pr\u00e9sentant cette demande. Adenauer partait du point de vue , &ndash; il me le dit plusieurs reprises, &ndash; que pour les Fran\u00e7ais, d\u00e9tenir la bombe animique repr\u00e9sentait pour ainsi dire un monopole vis-\u00e0-vis des Allemands , une sorte de compensation pour l&rsquo;humiliation de la d\u00e9faite de 1940 et, en m\u00eame temps, une garantie pour que cela ne se reproduise pas&#8230;\u00a0\u00bb<\/em><\/p>\n<\/p>\n<p><p>&raquo; Ces \u00e9tonnants arguments, de part et d&rsquo;autre finalement, auraient eu quelques cr\u00e9dits si, en 1964, apr\u00e8s le d\u00e9part d&rsquo;Adenauer, de Gaulle lui-m\u00eame n&rsquo;\u00e9tait revenu sur la question d&rsquo;une fa\u00e7on inattendue. Mais cette fois, avec le chancelier Erhard, il se heurtait \u00e0 un mur compl\u00e8tement acquis aux Am\u00e9ricains.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\u00ab\u00a0<em>Lors de sa visite en R\u00e9publique f\u00e9d\u00e9rale de 1964, le g\u00e9n\u00e9ral de Gaulle utilisa des termes qui, une fois encore, ouvraient largement la porte. Il \u00e9tait pr\u00eat \u00e0 faire cause commune avec les Allemands dans tous les domaines, &ndash; cette d\u00e9claration \u00e9tait si large que je ne fus pas le seul \u00e0 l&rsquo;interpr\u00e9ter en ce sens que l&rsquo;armement nucl\u00e9aire ferait \u00e9galement partie de cette coop\u00e9ration. Le chancelier Erhard resta sourd&#8230;\u00a0\u00bb<\/em><\/p>\n<\/p>\n<p><p>&raquo; Et Strauss, le seul Allemand qui envisageait une coop\u00e9ration franco-allemande fondamentale, l&rsquo;Allemand que l&rsquo;ultra-gaulliste F.G. Dreyfus qualifie dans sa pr\u00e9face aux &lsquo;<em>M\u00e9moires<\/em>&lsquo; de &laquo; <em>gaulliste allemand<\/em> &raquo;, &ndash; et Strauss de noter : &laquo; <em>&#8230; on avait gaspill\u00e9 une chance historique<\/em> &raquo;<\/p>\n<\/p>\n<p><p>&raquo; C&rsquo;est une \u00e9trange histoire, o&ugrave; la confusion, les quiproquos, les caract\u00e8res singuliers des acteurs, et m\u00eame l&rsquo;attitude \u00e9tonnante de De Gaulle acceptant le nucl\u00e9aire franco-allemand comme il avait promis l&rsquo;Alg\u00e9rie fran\u00e7aise, nous pr\u00e9sentent la possibilit\u00e9 d&rsquo;une &laquo; <em>occasion historique <\/em>&raquo; g\u00e2ch\u00e9e par un entrelacs de circonstances dont personne ne semble disposer d&rsquo;une vision claire, ni justifier d&rsquo;une cause imp\u00e9rative. M\u00eame l&rsquo;argument semblant absolu de la souverainet\u00e9 et du \u00ab\u00a0le nucl\u00e9aire ne se partage pas\u00a0\u00bb est largement contredit par l&rsquo;attitude de De Gaulle en 1964, telle que la rapporte Strauss. Dreyfus, encore lui, dit de Strauss, tr\u00e8s antiam\u00e9ricaniste, qu&rsquo;il fut le seul Allemand (avec un Adenauer r\u00eaveur et surtout pusillanime et ind\u00e9cis) \u00e0 vouloir r\u00e9ellement une \u00ab\u00a0union franco-allemande\u00a0\u00bb qui aurait \u00e9t\u00e9 bas\u00e9e sur l&rsquo;autonomie strat\u00e9gique affirm\u00e9e vis-\u00e0-vis des USA.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>&raquo; Strauss est litt\u00e9ralement, dans le cas allemand l&rsquo;exception qui confirme la r\u00e8gle :<\/p>\n<\/p>\n<p><p>&laquo; <em>&lsquo;Exceptio probat regulam in casibus non exceptis&rsquo;, ou, litt\u00e9ralement &lsquo;l&rsquo;exception prouve la r\u00e8gle dans les cas non exclus&rsquo;, c&rsquo;est-\u00e0-dire que le fait que certaines exceptions soient faites confirme que la r\u00e8gle est valide dans tous les autres cas.<\/em> &raquo;<\/p>\n<\/p>\n<p><p>&raquo; Ainsi, et tel qu&rsquo;il est per\u00e7u dans l&rsquo;\u00e9pisode fondamental qui nous est d\u00e9crit, Strauss nous indique ce que furent les autres interlocuteurs allemands des Fran\u00e7ais ; ceux-l\u00e0 qui, comme Erhard, furent compl\u00e8tement convaincus, &ndash; non pas \u00ab\u00a0mis \u00e0 jour\u00a0\u00bb mais psychologiquement assur\u00e9s d&rsquo;eux-m\u00eames par eux-m\u00eames, &ndash; d&rsquo;\u00eatre compl\u00e8tement d\u00e9pendants des USA, et par cons\u00e9quent ceux-l\u00e0 qui se soumirent \u00e0 l&rsquo;am\u00e9ricanisme \u00e0 mesure, sans restriction aucune. J&rsquo;en serais en effet bien \u00e0 me demander si cette soumission, loin d&rsquo;\u00eatre une obligation que les USA auraient impos\u00e9e aux dirigeants allemands par un moyen ou l&rsquo;autre (lequel, d&rsquo;ailleurs, lorsqu&rsquo;on voit la libert\u00e9 naturelle du comportement de Strauss ?) ; si cette soumission, enfin, ne fut pas d&rsquo;abord une sorte de distorsion psychologique h\u00e9rit\u00e9e de la d\u00e9faite de 1945, et constituant d\u00e9cisivement l&rsquo;impuissance allemande accentu\u00e9e par un caract\u00e8re tr\u00e8s sp\u00e9cifique de discipline report\u00e9e dans ce cas \u00e0 la bienpensance moderniste. &raquo;<\/p>\n<\/p>\n<p><p>(*) F.J. Strauss, &lsquo;<em>M\u00e9moires<\/em>&lsquo;, Crit\u00e9rion Histoire, 1991 Paris (original paru en 1989 \u00e0 Berlin).<\/p>\n<\/p>\n<\/blockquote>\n<p><h3 class=\"subtitleset_c.deepgreen\" style=\"color:#75714d; font-size:1.25em\"><\/p>\n<p><strong> L&rsquo;Europe apr\u00e8s et depuis Suez<\/strong><\/h3>\n<\/p>\n<p><p>On observera combien les cons\u00e9quences de la crise de Suez furent \u00e9tonnantes, et \u00e9tonnantes \u00e9galement les positions successives et changeantes du g\u00e9n\u00e9ral de Gaulle sur le projet franco-allemand. Aucune explication, \u00e0 notre connaissance, n&rsquo;a \u00e9t\u00e9 donn\u00e9e, et les &lsquo;<em>M\u00e9moires<\/em>&lsquo; de Strauss furent \u00e9dit\u00e9es bien trop tard pour que les d\u00e9fenseurs de la m\u00e9moire du g\u00e9n\u00e9ral montassent au cr\u00e9neau : tout cela barbotait dans l&rsquo;oubli et l&rsquo;euphorie g\u00e9n\u00e9r\u00e9s par la chute du Mur&#8230; Dans tous les cas, la personnalit\u00e9 de Strauss, et donc la pertinence et la v\u00e9racit\u00e9 de ses \u00e9crits, sont largement couvertes par la pr\u00e9face d&rsquo;un gaulliste de la trempe de Dreyfus, qui le qualifie de rien de moins que de &laquo; <em>gaulliste allemand<\/em> &raquo;, &ndash; une sorte de l&rsquo;apr\u00e8s-guerre de &lsquo;Compagnon de la Lib\u00e9ration&rsquo; d&rsquo;outre-Rhin.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Il nous semblerait qu&rsquo;une explication de circonstance puisse \u00eatre envisag\u00e9e. De Gaulle prit \u00ab\u00a0le train en marche\u00a0\u00bb pour la bombe atomique d\u00e9j\u00e0 en cours de d\u00e9veloppement en France, et il le fit sous le magist\u00e8re du g\u00e9n\u00e9ral Gallois, partisan extr\u00eame de la dissuasion impliquant la souverainet\u00e9 nationale qui ne peut \u00eatre en aucun cas partag\u00e9e, m\u00eame dans le seul esprit de la chose (le bouton nucl\u00e9aire restant \u00ab\u00a0\u00e0 un doigt\u00a0\u00bb). La passion de De Gaulle pour le nucl\u00e9aire \u00e9tait \u00e9gale \u00e0 sa perception politique et souveraine de l&rsquo;engin, et cadrait \u00e9videmment avec son projet en cours d&rsquo;\u00e9laboration de quitter l&rsquo;organisation int\u00e9gr\u00e9e de l&rsquo;OTAN.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>On peut alors d\u00e9velopper l&rsquo;hypoth\u00e8se qu&rsquo;il serait revenu sur l&rsquo;id\u00e9e de coop\u00e9ration avec l&rsquo;Allemagne en 1964, &ndash; par ailleurs sans grand \u00ab\u00a0risque\u00a0\u00bb vue la personnalit\u00e9 de Erhard, &ndash; une fois que les premiers instruments de dissuasion (missiles, &lsquo;<em>Mirage<\/em>&lsquo; IV) \u00e9taient en voie d&rsquo;\u00eatre op\u00e9rationnels et fermement dans des mains fran\u00e7aises. Ce serait dans ce cas envisager une situation assez similaire \u00e0 celle d&rsquo;aujourd&rsquo;hui.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>&#8230; &Eacute;videmment, on parlait \u00e0 l&rsquo;\u00e9poque d&rsquo;une \u00ab\u00a0vraie\u00a0\u00bb dissuasion nucl\u00e9aire ; c&rsquo;est-\u00e0-dire une situation o&ugrave; l&#8217;emploi du nucl\u00e9aire ne peut \u00eatre envisag\u00e9 par l&rsquo;un et l&rsquo;autre des adversaires potentiels.<\/p><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>&bull;&nbsp;L&rsquo;Europe est en &eacute;bullition depuis qu&rsquo;elle a d&eacute;cid&eacute;, gr&acirc;ce &agrave; une repr&eacute;sentation de simulacre, que <strong>la Russie &eacute;tait son ennemie <em>ad vitam aeternam <\/em>et devait &ecirc;tre, sinon d&eacute;truite, au moins battue &agrave; plate-couture<\/strong>. &bull;&nbsp;Patatras, en attendant les USA s&rsquo;av&egrave;rent de moins en moins amicaux. &bull;&nbsp;<strong>Qui donc couvrira l&rsquo;Europe lors de sa glorieuse croisade&nbsp;?<\/strong> &bull;&nbsp;Autrement dit&nbsp;: d&rsquo;o&ugrave; peut venir la Bombe (nucl&eacute;aire)&nbsp;? &bull;&nbsp;<strong>De France certes<\/strong>, et le d&eacute;bat s&rsquo;ouvre avec l&rsquo;Allemagne. &bull;&nbsp;C&rsquo;est une qu&ecirc;te d&eacute;j&agrave; ancienne entre les deux pays. &bull;&nbsp;Avec Elena Fritz et Franz-Joseph Strauss<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"closed","ping_status":"","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"neve_meta_sidebar":"","neve_meta_container":"","neve_meta_enable_content_width":"","neve_meta_content_width":0,"neve_meta_title_alignment":"","neve_meta_author_avatar":"","neve_post_elements_order":"","neve_meta_disable_header":"","neve_meta_disable_footer":"","neve_meta_disable_title":"","_jetpack_memberships_contains_paid_content":false,"footnotes":""},"categories":[14],"tags":[21294,2748,2631,14455,3318,22401,3605,14476,2685,867],"class_list":["post-81839","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-ouverture-libre","tag-adenauer","tag-allemagne","tag-de","tag-elena","tag-force","tag-franz-joseph","tag-frappe","tag-fritz","tag-gaulle","tag-strauss"],"jetpack_featured_media_url":"","jetpack_sharing_enabled":true,"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/81839","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=81839"}],"version-history":[{"count":1,"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/81839\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":81859,"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/81839\/revisions\/81859"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=81839"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=81839"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=81839"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}