{"id":81981,"date":"2026-04-06T00:00:00","date_gmt":"2026-04-05T22:00:00","guid":{"rendered":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/2026\/04\/06\/loccident-face-a-ses-croisades\/"},"modified":"2026-04-06T00:00:00","modified_gmt":"2026-04-05T22:00:00","slug":"loccident-face-a-ses-croisades","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/2026\/04\/06\/loccident-face-a-ses-croisades\/","title":{"rendered":"L&rsquo;Occident face \u00e0 ses croisades"},"content":{"rendered":"<p><h2 class=\"titleset_b.deepgreen\" style=\"color:#75714d; font-size:1.65em; font-variant:small-caps\"><strong>L&rsquo;Occident face \u00e0 ses croisades<\/strong><\/h2>\n<\/p>\n<blockquote>\n<p><p>&bull; Ce long article de Laurent Guyenot, sp\u00e9cialiste (docteur) en &Eacute;tudes M\u00e9di\u00e9vales, rend compte du ph\u00e9nom\u00e8ne des Croisades comme mythe fondateur des guerres actuelles, dont celle de l&rsquo;Iran. &bull; &Eacute;clairant et \u00e9crasant.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>_________________________<\/p>\n<\/p>\n<\/blockquote>\n<p><\/p>\n<p>Laurent Guy\u00e9not \u00e0 notamment \u00e9crit &lsquo;<em>La mal\u00e9diction papale, Les origines m\u00e9di\u00e9vales du syndrome occidental<\/em>&lsquo;, apr\u00e8s plusieurs autres livres sur la p\u00e9riode. Ce livre est fondamental, et <a href=\"https:\/\/kosmotheos.substack.com\/p\/la-civilisation-de-la-croisade?utm_source=post-email-title&#038;publication_id=3997140&#038;post_id=193089694&#038;utm_campaign=email-post-title&#038;isFreemail=true&#038;r=b9lp7&#038;triedRedirect=true&#038;utm_medium=email\">l&rsquo;article ci-dessous<\/a> s&rsquo;en inspire \u00e9videmment, pour nous amener \u00e0 cette guerre contre l&rsquo;Iran.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Un coup d&rsquo;&oelig;il sur sa th\u00e8se, on le trouve dans les premi\u00e8res lignes de son livre<\/p>\n<\/p>\n<blockquote class=\"normal\" style=\"font-size:1.05em\">\n<p><p>&laquo; <em>En 1991, Zbigniew Brzezinski estimait, comme Samuel Huntington, que :<\/em><\/p>\n<\/p>\n<p><p>&raquo; <em>\u00ab\u00a0Un monde dans lequel les &Eacute;tats-Unis n&rsquo;auraient pas la primaut\u00e9 conna&icirc;trait plus de violence et de d\u00e9sordres, moins de d\u00e9mocratie et de croissance \u00e9conomique que si les &Eacute;tats-Unis continuaient, comme aujourd&rsquo;hui, \u00e0 avoir plus d&rsquo;influence .<\/em><em>sur les affaires globales que tout autre pays. Le maintien de la primaut\u00e9 des &Eacute;tats-Unis est existentiel non seulement pour le niveau de vie et la s\u00e9curit\u00e9 des Am\u00e9ricains, mais aussi pour l&rsquo;avenir de la libert\u00e9, de la d\u00e9mocratie des \u00e9conomies ouvertes et de l&rsquo;ordre international\u00a0\u00bb.<\/em><\/p>\n<\/p>\n<p><p>&raquo; <em>Un quart de si\u00e8cle plus tard, la proportion de gens pr\u00eats \u00e0 croire une telle affirmation a certainement chut\u00e9 dramatiquement. L&rsquo;instabilit\u00e9 directement caus\u00e9e par les &Eacute;tats-Unis en Yougoslavie, en Afghanistan, en Irak, en Libye, en Syrie, en Ukraine, et en tant d&rsquo;autres r\u00e9gions du monde sous les pr\u00e9textes les plus fallacieux, rend cette id\u00e9e tout simplement grotesque. Elle sonne aujourd&rsquo;hui comme l&rsquo;expression d&rsquo;un hubris d\u00e9lirant qui est pr\u00e9cis\u00e9ment le plus grand danger auquel le monde est confront\u00e9. Ce qui n&rsquo;\u00e9tait encore il y a vingt-cinq ans qu&rsquo;une opinion politique assez radicale est devenue une \u00e9vidence aux yeux de l&rsquo;immense majorit\u00e9 du monde. L&rsquo;Occident collectif est un dangereux malade mental.<\/em><\/p>\n<\/p>\n<p><p>&raquo; <em>Le diagnostic n&rsquo;est pas simple \u00e9tiologique, car les sympt\u00f4mes vont du d\u00e9lire psychologique (wokenisme, etc.) au trouble de la personnalit\u00e9 de type sociopathique, avec une tendance aux meurtres en s\u00e9rie. Le  probl\u00e8me est que l&rsquo;Occident ne peut se diagnostiquer lui-m\u00eame. Il r\u00e9alise vaguement qu&rsquo;il est malade, mais il attribue cette maladie \u00e0 des causes ext\u00e9rieures. M\u00eame les plus lucides parmi les analystes occidentaux ne vont pas au fond des choses. Pire, beaucoup confondent la source du probl\u00e8me avec la cause.<\/em><\/p>\n<\/p>\n<p><p>&raquo; <em>Car selon la th\u00e8se d\u00e9fendue ici, l&rsquo;origine de la pathologie remonte \u00e0 l&rsquo;enfance de la civilisation europ\u00e9enne, lorsque s&rsquo;est form\u00e9 son caract\u00e8re, et laz papaut\u00e9 a influenc\u00e9 ce caract\u00e8re europ\u00e9en plus que tout autre institution, pour le meilleur et pour le pire<\/em>. &raquo;<\/p>\n<\/p>\n<\/blockquote>\n<p><p>Il est peu utile d&rsquo;aller plus loin dans le commentaire. Il reste \u00e0 lire l&rsquo;article et \u00e0 constater que Guyenot n&rsquo;a pu encore trouver un \u00e9diteur pour son livre. Il l&rsquo;a \u00e9dit\u00e9 lui-m\u00eame, en avril 2024&#8230;<\/p>\n<\/p>\n<blockquote class=\"normal\" style=\"font-size:1.05em\">\n<p><p>&laquo; <em>Cet article reprend des \u00e9l\u00e9ments de mon livre La Mal\u00e9diction papale, pour le moment indisponible en fran\u00e7ais (en qu\u00eate d&rsquo;un \u00e9diteur), mais publi\u00e9 en anglais dans une nouvelle \u00e9dition par <a href=\"https:\/\/substack.com\/redirect\/66636438-8213-4e74-80ee-6e725257b29b?j=eyJ1IjoiYjlscDcifQ.pVyX_knIBhpqL_N_0ZcwZa0sFcIWYyh_9O1MMvRH1wc\">Arktos<\/a>, avec une pr\u00e9face d&rsquo;Alain de Benoist<\/em>. &raquo;<\/p>\n<\/p>\n<\/blockquote>\n<p><p>On trouve n\u00e9anmoins le livre de Guyenot, selon sa propre \u00e9dition par &lsquo;<em>Amazon<\/em>&lsquo;, sur le <a href=\"https:\/\/www.amazon.com.be\/mal\u00e9diction-papale-Lorigine-m\u00e9di\u00e9vale-occidental\/dp\/B0CYSPNQHQ\/ref=sr_1_1?crid=37MT8N8EBHGKC&#038;dib=eyJ2IjoiMSJ9.aYFNJ3vduJEH9bs7F7NOIQ.YUWfU2QhpP75oM4KGlHPJ6FiEXovWDOG_4j7acXAyC0&#038;dib_tag=se&#038;keywords=La+mal\u00e9diction+pap\u00e2le&#038;qid=1775476147&#038;s=books&#038;sprefix=la+mal\u00e9diction+pap\u00e2le%2Cstripbooks%2C189&#038;sr=1-1\">lien pr\u00e9sent<\/a>.<\/p>\n<\/p>\n<p><h4><em>dde.org<\/em><\/h4>\n<\/p>\n<p><p>__________________________<\/p>\n<\/p>\n<\/p>\n<p><h2 class=\"titleset_b.deepgreen\" style=\"color:#75714d; font-size:1.65em; font-variant:small-caps\"><strong>La civilisation de la croisade<\/strong><\/h2>\n<\/p>\n<p><p>Dwight Eisenhower avait intitul\u00e9 ses m\u00e9moires de la Seconde Guerre mondiale <em><a href=\"https:\/\/substack.com\/redirect\/18ed5e4e-8fda-4ca0-9c62-0c8acc341093?j=eyJ1IjoiYjlscDcifQ.pVyX_knIBhpqL_N_0ZcwZa0sFcIWYyh_9O1MMvRH1wc\">Croisade en Europe<\/a><\/em>, ce qui est ironique si l&rsquo;on consid\u00e8re que l&rsquo;Europe, qui avait lanc\u00e9 tant de croisades vers l&rsquo;Orient, devenait d\u00e9sormais la cible d&rsquo;une croisade men\u00e9e par le nouvel Occident. La destruction de la Yougoslavie par l&rsquo;OTAN en 1999 s&rsquo;inscrit \u00e9galement dans ce sch\u00e9ma de croisade, comme l&rsquo;a fait remarquer Diana Johnstone dans son livre <em>La Croisades des fous. <\/em>Et ce n&rsquo;est pas innocemment que, en sortant de la messe le dimanche suivant le 11 septembre 2001, George W. Bush a fait cette d\u00e9claration t\u00e9l\u00e9vis\u00e9e, diffus\u00e9e dans le monde entier : &laquo; Cette croisade, cette guerre contre le terrorisme, va prendre du temps. &raquo; Et maintenant, voil\u00e0 que l&rsquo;auteur d&rsquo;un ouvrage intitul\u00e9 <em>American Crusade, <\/em>Pete Hegseth,<em> <\/em>se retrouve \u00e0 la t\u00eate de la machine de guerre am\u00e9ricaine<em>. <\/em><\/p>\n<\/p>\n<p><p>Si donc nous comprenons ce qu&rsquo;est la croisade, peut-\u00eatre comprendrons-nous mieux \u00e0 quoi jouent les &Eacute;tats-Unis.<\/p>\n<\/p>\n<p><h3 class=\"subtitleset_c.deepgreen\" style=\"color:#75714d; font-size:1.25em\"><strong>L&rsquo;impact des croisades<\/strong><\/h3>\n<\/p>\n<p><p>La croisade fut l&rsquo;id\u00e9e r\u00e9volutionnaire que les papes de la fin du XIe si\u00e8cle insuffl\u00e8rent \u00e0 la caste dirigeante europ\u00e9enne. La croisade fut une exp\u00e9rience si puissante que son influence sur la civilisation occidentale surv\u00e9cut \u00e0 la chute de l&rsquo;autocratie papale et se fait encore sentir aujourd&rsquo;hui. La croisade est entr\u00e9e dans l&rsquo;ADN de l&rsquo;Occident collectif il y a mille ans. Sous une nouvelle apparence, elle reste la Grande Id\u00e9e qui d\u00e9finit l&rsquo;Occident : sauver le monde &mdash; et lui-m\u00eame &mdash; par des guerres lointaines men\u00e9es au nom de nobles principes. La plupart des aventures militaires am\u00e9ricaines r\u00e9centes correspondent \u00e0 la d\u00e9finition que donne Christopher Tyerman des croisades m\u00e9di\u00e9vales : &laquo; des guerres justifi\u00e9es par la foi et men\u00e9es contre des ennemis r\u00e9els ou imaginaires, lesquels sont d\u00e9finis par les \u00e9lites religieuses et politiques comme des menaces pour les chr\u00e9tiens &raquo;.<a href=\"https:\/\/substack.com\/redirect\/bab83993-7c5f-41c4-9a2d-da5c3038c890?j=eyJ1IjoiYjlscDcifQ.pVyX_knIBhpqL_N_0ZcwZa0sFcIWYyh_9O1MMvRH1wc\">[1]<\/a> La seule diff\u00e9rence est qu&rsquo;aujourd&rsquo;hui, les croisades sont lanc\u00e9es au nom de la d\u00e9mocratie plut\u00f4t qu&rsquo;au nom du christianisme.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Si vous appr\u00e9ciez mon travail, encouragez-moi en passant \u00e0 l&rsquo;abonnement payant: 50&euro; par an, pour deux articles exclusifs par mois environ. Merci \u00e0 tous mes lecteurs fid\u00e8les.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Tous les historiens s&rsquo;accordent aujourd&rsquo;hui, note Norman Housley, \u00e0 dire que &laquo; les croisades ont jou\u00e9 un r\u00f4le central plut\u00f4t que p\u00e9riph\u00e9rique dans le d\u00e9veloppement de l&rsquo;Europe m\u00e9di\u00e9vale &raquo;<em>.<\/em><a href=\"https:\/\/substack.com\/redirect\/a9d893ed-267a-47e6-8951-dfaf3962a3dd?j=eyJ1IjoiYjlscDcifQ.pVyX_knIBhpqL_N_0ZcwZa0sFcIWYyh_9O1MMvRH1wc\">[2]<\/a><em> <\/em>Plus que tout autre chose<em>, <\/em>pr\u00e9cise Michael Mitterauer, &laquo; le mouvement des croisades a entra&icirc;n\u00e9 un changement radical dans l&rsquo;attitude de la chr\u00e9tient\u00e9 occidentale envers la guerre, marquant un tournant dans l&rsquo;histoire de la pens\u00e9e occidentale &raquo;.<em> <\/em>Les croisades ont \u00e9galement \u00e9tabli le mod\u00e8le de l&rsquo;expansionnisme europ\u00e9en, qui <em>&laquo; <\/em>est une caract\u00e9ristique fondamentale du parcours particulier de l&rsquo;Europe &raquo;.<a href=\"https:\/\/substack.com\/redirect\/90cc6057-35c3-441d-89ef-8532d7fda153?j=eyJ1IjoiYjlscDcifQ.pVyX_knIBhpqL_N_0ZcwZa0sFcIWYyh_9O1MMvRH1wc\">[3]<\/a><\/p>\n<\/p>\n<p><p>La premi\u00e8re croisade<em> <\/em>(1095-1097)<em> <\/em>fut un succ\u00e8s c\u00e9l\u00e9br\u00e9 par la premi\u00e8re campagne de propagande de grande envergure. En l&rsquo;espace de douze ans parurent quatre r\u00e9cits complets par de suppos\u00e9s t\u00e9moins oculaires<em>, <\/em>ainsi que plusieurs versions versifi\u00e9es dans le style des chansons de geste, dont l&rsquo;immens\u00e9ment populaire <em>Chanson d&rsquo;Antioche, <\/em>dont on retrouve l&rsquo;influence dans le <em>Conte du Graal <\/em>de Chr\u00e9tien de Troyes.<a href=\"https:\/\/substack.com\/redirect\/d2a2f9f2-952a-4c0e-959a-b2051f438624?j=eyJ1IjoiYjlscDcifQ.pVyX_knIBhpqL_N_0ZcwZa0sFcIWYyh_9O1MMvRH1wc\">[4]<\/a> &laquo; La plupart de ces &oelig;uvres, note Christopher Tyerman, tissent des r\u00e9cits \u00e9mouvants de foi, de bravoure, de souffrance, de danger, de t\u00e9nacit\u00e9 et de triomphe. Les th\u00e9ologiens en distillaient le message de l&rsquo;immanence de Dieu et du devoir chr\u00e9tien ; les t\u00e9moins oculaires, non moins habiles, fournissaient des t\u00e9moignages de miracles et de carnages. [&hellip;] On n&rsquo;y trouvait aucune <em>repr\u00e9sentation <\/em>r\u00e9aliste<em>.<\/em> &raquo;<a href=\"https:\/\/substack.com\/redirect\/7f470aba-0006-4f88-b42b-ea668d9ab5e2?j=eyJ1IjoiYjlscDcifQ.pVyX_knIBhpqL_N_0ZcwZa0sFcIWYyh_9O1MMvRH1wc\">[5]<\/a> La croisade devint pour les Europ\u00e9ens ce que la guerre de Troie avait \u00e9t\u00e9 pour les Grecs de l&rsquo;Antiquit\u00e9, fit remarquer Oswald Spengler<em>.<\/em><a href=\"https:\/\/substack.com\/redirect\/7f2bf442-cb9c-495c-854e-10dbefb1c32e?j=eyJ1IjoiYjlscDcifQ.pVyX_knIBhpqL_N_0ZcwZa0sFcIWYyh_9O1MMvRH1wc\">[6]<\/a><\/p>\n<\/p>\n<p><h3 class=\"subtitleset_c.deepgreen\" style=\"color:#75714d; font-size:1.25em\"><strong>Une nouvelle religion du salut<\/strong><\/h3>\n<\/p>\n<p><p>L&rsquo;impact de ces r\u00e9cits fut tel que, lorsque la deuxi\u00e8me croisade fut pr\u00each\u00e9e en 1145, la r\u00e9ponse fut massive. &laquo; J&rsquo;ai ouvert la bouche, j&rsquo;ai parl\u00e9, et aussit\u00f4t les crois\u00e9s se sont multipli\u00e9s \u00e0 l&rsquo;infini &raquo;, se vantait Bernard de Clairvaux aupr\u00e8s du pape. &laquo; Les villages et les villes sont d\u00e9sormais d\u00e9serts. On trouve \u00e0 peine un homme pour sept femmes. Partout, on voit des veuves dont les maris sont encore en vie. &raquo;<a href=\"https:\/\/substack.com\/redirect\/47b32e56-1d21-4230-99c7-098ad605eb19?j=eyJ1IjoiYjlscDcifQ.pVyX_knIBhpqL_N_0ZcwZa0sFcIWYyh_9O1MMvRH1wc\">[7]<\/a> On doit \u00e0 saint Bernard la doctrine sot\u00e9riologique de la croisade. Il a \u00e9crit dans <em>&Eacute;loge de la nouvelle chevalerie <\/em>: &laquo; Les chevaliers du Christ peuvent mener en toute s\u00e9curit\u00e9 les batailles de leur Seigneur, ne craignant ni le p\u00e9ch\u00e9 s&rsquo;ils frappent l&rsquo;ennemi, ni le danger de leur propre mort ; car infliger la mort ou mourir pour le Christ n&rsquo;est pas un p\u00e9ch\u00e9, mais plut\u00f4t une source abondante de gloire. Dans le premier cas, on gagne pour le Christ, et dans le second, on gagne le Christ lui-m\u00eame. &raquo;<em> <\/em>B\u00e9ni si tu tues, b\u00e9ni si tu meurs.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>La croisade devint en effet une nouvelle religion du salut. Guibert de Nogent, chroniqueur enthousiaste de la premi\u00e8re croisade, notait qu&rsquo;auparavant, les chevaliers ne pouvaient atteindre le salut qu&rsquo;en renon\u00e7ant \u00e0 leur mode de vie pour se faire moines, mais que<em> <\/em>&laquo; Dieu a institu\u00e9 en notre temps les guerres saintes, afin que l&rsquo;ordre des chevaliers et la foule qui court dans leur sillage [&hellip;] puissent trouver un nouveau moyen de gagner le salut. &raquo;<a href=\"https:\/\/substack.com\/redirect\/4b0afb31-2618-49e3-a645-732f129af534?j=eyJ1IjoiYjlscDcifQ.pVyX_knIBhpqL_N_0ZcwZa0sFcIWYyh_9O1MMvRH1wc\">[8]<\/a> Alors que l&rsquo;&Eacute;glise avait cherch\u00e9 \u00e0 r\u00e9primer les guerres priv\u00e9es par le mouvement de la Paix de Dieu au Xe si\u00e8cle, elle d\u00e9clarait d\u00e9sormais que la seule guerre autoris\u00e9e \u00e9tait celle en Terre Sainte. L&rsquo;&Eacute;glise qui avait d\u00e9cr\u00e9t\u00e9 que m\u00eame les tournois &mdash; &laquo; foires ex\u00e9crables &raquo; selon saint Bernard &mdash; constituaient un p\u00e9ch\u00e9 mortel, et qu&rsquo;y trouver la mort vous envoyait directement en enfer, inventa la guerre sainte qui propulse chaque soldat qui tombe directement au paradis.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>La vengeance, valeur supr\u00eame de l&rsquo;\u00e9thique barbare combattue par l&rsquo;&Eacute;glise, trouva \u00e9galement sa r\u00e9demption chr\u00e9tienne dans la croisade. Pour Raymond d&rsquo;Aguilers, qui participa \u00e0 la premi\u00e8re croisade, celle-ci \u00e9tait &laquo; l&rsquo;entreprise qui visait \u00e0 venger notre Seigneur J\u00e9sus-Christ sur ceux qui s&rsquo;\u00e9taient empar\u00e9s ind&ucirc;ment de la terre natale du Seigneur et de ses ap\u00f4tres &raquo;.<a href=\"https:\/\/substack.com\/redirect\/de1cc22e-09c6-4abc-807c-588dca1d9bb5?j=eyJ1IjoiYjlscDcifQ.pVyX_knIBhpqL_N_0ZcwZa0sFcIWYyh_9O1MMvRH1wc\">[9]<\/a> <em>Vengez J\u00e9sus<\/em>devint l&rsquo;un des cris de guerre des crois\u00e9s fran\u00e7ais.<a href=\"https:\/\/substack.com\/redirect\/62e1c13d-c71c-422f-8cdd-d4b96fd77fce?j=eyJ1IjoiYjlscDcifQ.pVyX_knIBhpqL_N_0ZcwZa0sFcIWYyh_9O1MMvRH1wc\">[10]<\/a><\/p>\n<\/p>\n<p><h3 class=\"subtitleset_c.deepgreen\" style=\"color:#75714d; font-size:1.25em\"><strong>Faire de J\u00e9rusalem la capitale de l&rsquo;Europe<\/strong><\/h3>\n<\/p>\n<p><p>On a dit que les croisades furent &laquo; le premier \u00e9v\u00e9nement unificateur en Europe &raquo;.<a href=\"https:\/\/substack.com\/redirect\/3eaefb32-ebaf-43cc-8099-caff7744b65a?j=eyJ1IjoiYjlscDcifQ.pVyX_knIBhpqL_N_0ZcwZa0sFcIWYyh_9O1MMvRH1wc\">[11]<\/a> C&rsquo;est vrai dans une certaine mesure. Mais il s&rsquo;agissait d&rsquo;unir l&rsquo;Europe autour de J\u00e9rusalem. Les papes ont convaincu les Europ\u00e9ens que le berceau de leur civilisation \u00e9tait une ville situ\u00e9e \u00e0 l&rsquo;extr\u00e9mit\u00e9 orientale de la M\u00e9diterran\u00e9e, d\u00e9j\u00e0 convoit\u00e9e par deux autres civilisations (byzantine et arabo-musulmane), et leur ont demand\u00e9 de se battre pour elle comme si le salut de l&rsquo;Europe en d\u00e9pendait. Il ne peut y avoir de projet plus contraire aux int\u00e9r\u00eats r\u00e9els de l&rsquo;Europe.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>D\u00e8s qu&rsquo;ils eurent &laquo; lib\u00e9r\u00e9 &raquo; J\u00e9rusalem, les Occidentaux se consid\u00e9r\u00e8rent comme les gardiens du centre du monde<em>. <\/em>Cette mission s&rsquo;inscrivit dans<em> <\/em>leur identit\u00e9. Leur obsession ne fit que s&rsquo;intensifier apr\u00e8s la reconqu\u00eate de J\u00e9rusalem par Salah al-Din (Saladin) en 1187, et \u00e0 chaque nouvelle tentative infructueuse de renverser ce cours fatal des \u00e9v\u00e9nements<em>.<\/em> Lorsque le pieux roi Louis IX mourut de dysenterie pendant la huiti\u00e8me croisade en 1270, ses derniers mots furent pour la ville qu&rsquo;il n&rsquo;avait jamais vue : &laquo; J\u00e9rusalem ! J\u00e9rusalem ! &raquo; Il semble que toute l&rsquo;Europe pleure J\u00e9rusalem depuis lors. Tyerman \u00e9crit : &laquo; Les \u00e9lites cl\u00e9ricales et la\u00efques d&rsquo;Europe occidentale trouvaient presque impossible de renoncer \u00e0 la Terre Sainte en tant qu&rsquo;ambition politique ou vision de la perfection. Tout au long des XIVe et XVe si\u00e8cles, gouvernements, moralistes, pr\u00e9dicateurs et lobbyistes sont revenus sans cesse sur un sujet o&ugrave; se confondaient objectifs pratiques et moraux. &raquo;<a href=\"https:\/\/substack.com\/redirect\/a0f01abe-d064-4222-91b8-290d6e488696?j=eyJ1IjoiYjlscDcifQ.pVyX_knIBhpqL_N_0ZcwZa0sFcIWYyh_9O1MMvRH1wc\">[12]<\/a> Lorsque, en 1917, le g\u00e9n\u00e9ral britannique Edmund Allenby entra dans la ville en procession solennelle, il proclama &laquo; la fin des croisades &raquo;, et le<em>Punch <\/em>de Londres publia une illustration montrant Richard C&oelig;ur de Lion contemplant J\u00e9rusalem et hochant la t\u00eate avec satisfaction : &laquo; Mon r\u00eave devient r\u00e9alit\u00e9 ! &raquo;<a href=\"https:\/\/substack.com\/redirect\/e2408fd3-0ff7-4ebd-90fa-d84d6dcd7c45?j=eyJ1IjoiYjlscDcifQ.pVyX_knIBhpqL_N_0ZcwZa0sFcIWYyh_9O1MMvRH1wc\">[13]<\/a><\/p>\n<\/p>\n<p><p>Cette fascination pour J\u00e9rusalem n&rsquo;est bien s&ucirc;r pas sans rapport avec le soutien apport\u00e9 par les Britanniques et les Fran\u00e7ais au sionisme au d\u00e9but du XXe si\u00e8cle. La sacralisation de l&rsquo;Isra\u00ebl biblique dans la culture chr\u00e9tienne a manifestement constitu\u00e9 un facteur cl\u00e9 du soutien apport\u00e9 par les nations chr\u00e9tiennes \u00e0 la &laquo; renaissance &raquo; d&rsquo;Isra\u00ebl entre 1917 et 1948. Mais ce sont les croisades et leur m\u00e9moire dans la culture europ\u00e9enne qui ont jou\u00e9 le r\u00f4le majeur dans la consolidation du lien sacr\u00e9 entre la chr\u00e9tient\u00e9 occidentale et J\u00e9rusalem, lien qui a depuis lors surd\u00e9termin\u00e9 l&rsquo;histoire mondiale.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Les crois\u00e9s se consid\u00e9raient comme les imitateurs du peuple g\u00e9nocidaire de Mo\u00efse. Selon un r\u00e9cit de Robert de Reims, Urbain II aurait d\u00e9clar\u00e9, dans son sermon \u00e0 Clermont : &laquo; Prenez la route du Saint-S\u00e9pulcre, d\u00e9livrez cette terre d&rsquo;une race \u00e9pouvantable et r\u00e9gnez-y vous-m\u00eames, car cette terre o&ugrave;, comme le dit l&rsquo;&Eacute;criture, coule le lait et le miel, a \u00e9t\u00e9 donn\u00e9e par Dieu en possession aux enfants d&rsquo;Isra\u00ebl. &raquo;<a href=\"https:\/\/substack.com\/redirect\/11f77ae0-c996-4635-9910-7ac9b8e7654b?j=eyJ1IjoiYjlscDcifQ.pVyX_knIBhpqL_N_0ZcwZa0sFcIWYyh_9O1MMvRH1wc\">[14]<\/a> Dans la version de son discours rapport\u00e9e par Baudri de Dol, Urbain II qualifiait les Arabes d&rsquo;Amal\u00e9cites, cette tribu que Yahv\u00e9 avait ordonn\u00e9 au roi Sa\u00fcl d&rsquo;exterminer enti\u00e8rement, &laquo; hommes et femmes, enfants et nourrissons, b&oelig;ufs et brebis, chameaux et \u00e2nes &raquo; (1 Samuel 15,3). S&rsquo;adressant aux chevalier, il faisait r\u00e9f\u00e9rence \u00e0 Exode 17,11 : &laquo; Avec Mo\u00efse, nous tendrons vers le Ciel des mains inlassables en pri\u00e8re, tandis que vous irez brandir l&rsquo;\u00e9p\u00e9e, tels des guerriers intr\u00e9pides, contre Amalek. &raquo;<a href=\"https:\/\/substack.com\/redirect\/1955b6a5-31a9-4087-809c-07fac6618ce7?j=eyJ1IjoiYjlscDcifQ.pVyX_knIBhpqL_N_0ZcwZa0sFcIWYyh_9O1MMvRH1wc\">[15]<\/a> (Comme vous le savez, apr\u00e8s les Gazaouis, ce sont les Iraniens qui ont \u00e9t\u00e9 officiellement d\u00e9clar\u00e9s par Netanyahou comme \u00e9tant les nouveaux Amal\u00e9cites.)<\/p>\n<\/p>\n<p><h3 class=\"subtitleset_c.deepgreen\" style=\"color:#75714d; font-size:1.25em\"><strong>Un \u00e9chec d\u00e9sastreux sur toute la ligne<\/strong><\/h3>\n<\/p>\n<p><p>En r\u00e9alit\u00e9, les croisades n&rsquo;ont pas att\u00e9nu\u00e9 les rivalit\u00e9s entre les princes europ\u00e9ens. La troisi\u00e8me croisade, dite la &laquo; croisade des rois &raquo;, en est le meilleur exemple. Avant de partir, les rois de France et d&rsquo;Angleterre \u00e9taient en guerre. Bien que le Pape ait convaincu Philippe II et Richard I<sup>er<\/sup> de signer une tr\u00eave avant de s&#8217;embarquer pour la Terre sainte, leurs relations se sont d\u00e9t\u00e9rior\u00e9es au lieu de s&rsquo;am\u00e9liorer au cours de l&rsquo;exp\u00e9dition. Thomas Tout \u00e9crit : &laquo; L&rsquo;arm\u00e9e occidentale avait emport\u00e9 avec elle en Palestine ses jalousies nationales, et les querelles des pr\u00e9tendants rivaux au tr\u00f4ne de J\u00e9rusalem ont aggrav\u00e9 ces animosit\u00e9s jusqu&rsquo;\u00e0 la rupture. Philippe voyait Richard comme son plus redoutable rival, et lui vouait une haine mortelle<a href=\"https:\/\/substack.com\/redirect\/74e972ed-b9db-4a6b-95d9-ba93a82283ee?j=eyJ1IjoiYjlscDcifQ.pVyX_knIBhpqL_N_0ZcwZa0sFcIWYyh_9O1MMvRH1wc\">[16]<\/a><em>.<\/em> &raquo;<em> <\/em>D\u00e8s leur retour chez eux, ils reprirent leur querelle, qui ne cessera de s&rsquo;aggraver jusqu&rsquo;\u00e0 la guerre de Cent Ans (1337-1453).<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Inversement, l&rsquo;unit\u00e9 du monde islamique n&rsquo;a pas souffert des croisades, bien au contraire. Avant la premi\u00e8re croisade, il s&rsquo;\u00e9tait fragment\u00e9 en deux califats rivaux (Bagdad et Le Caire) et en un certain nombre d&rsquo;\u00e9mirats et de cit\u00e9s-&Eacute;tats ind\u00e9pendants. L&rsquo;agression franque a stimul\u00e9 la r\u00e9unification. L&rsquo;archev\u00eaque Guillaume de Tyr s&rsquo;en plaignait au d\u00e9but des ann\u00e9es 1180 : &laquo; Autrefois, presque chaque ville avait son propre souverain [&hellip;] qui ne d\u00e9pendaient pas les uns des autres [&hellip;] qui craignaient leurs propres alli\u00e9s tout autant que les chr\u00e9tiens [&hellip;] Mais aujourd&rsquo;hui [&hellip;] tous les royaumes adjacents au n\u00f4tre [le Royaume de J\u00e9rusalem fond\u00e9 par les crois\u00e9s] ont \u00e9t\u00e9 plac\u00e9s sous le pouvoir d&rsquo;un seul homme [Nur ed-Din]. &raquo;<a href=\"https:\/\/substack.com\/redirect\/45660f2a-c1d9-4b46-a37c-85f1717be707?j=eyJ1IjoiYjlscDcifQ.pVyX_knIBhpqL_N_0ZcwZa0sFcIWYyh_9O1MMvRH1wc\">[17]<\/a><\/p>\n<\/p>\n<p><p>Pire encore, la croisade a creus\u00e9 un foss\u00e9 d&rsquo;incompr\u00e9hension et de rancune entre les chr\u00e9tiens d&rsquo;Orient (orthodoxes, coptes, nestoriens, arm\u00e9niens, jacobites, etc.) et les Arabes, pour le malheur des premiers. Avant la premi\u00e8re croisade, les Byzantins vivaient en bons termes avec le califat chiite fatimide, dont Le Caire \u00e9tait la capitale. &laquo; Au milieu du XIe si\u00e8cle, la tranquillit\u00e9 du monde m\u00e9diterran\u00e9en oriental semblait assur\u00e9e pour de nombreuses ann\u00e9es \u00e0 venir. Ses deux grandes puissances, l&rsquo;&Eacute;gypte fatimide et Byzance, entretenaient de bonnes relations &raquo;, \u00e9crit Steven Runciman.<a href=\"https:\/\/substack.com\/redirect\/f80fe982-da2f-416f-b55c-b57abcf3c2e6?j=eyJ1IjoiYjlscDcifQ.pVyX_knIBhpqL_N_0ZcwZa0sFcIWYyh_9O1MMvRH1wc\">[18]<\/a>Les chr\u00e9tiens pratiquaient librement leur culte \u00e0 J\u00e9rusalem, et les musulmans avaient leur mosqu\u00e9e juste \u00e0 l&rsquo;ext\u00e9rieur des murs de Constantinople (elle fut incendi\u00e9e par les Francs, et le feu se propagea \u00e0 un tiers de la ville). Les envahisseurs seldjoukides venus de l&rsquo;Est \u00e9taient les ennemis communs des Fatimides et des Byzantins. Mais pour les crois\u00e9s, tous les musulmans se valaient. La politique d&rsquo; &laquo; hostilit\u00e9 normative &raquo; des Francs \u00e0 l&rsquo;\u00e9gard des musulmans a perturb\u00e9 la strat\u00e9gie des Byzantins, qui consistait \u00e0 &laquo; monter les diff\u00e9rents princes musulmans les uns contre les autres et ainsi \u00e0 les isoler tour \u00e0 tour &raquo;.<a href=\"https:\/\/substack.com\/redirect\/1765feae-2aaa-412d-9ad0-d12524f722b7?j=eyJ1IjoiYjlscDcifQ.pVyX_knIBhpqL_N_0ZcwZa0sFcIWYyh_9O1MMvRH1wc\">[19]<\/a><\/p>\n<\/p>\n<p><p>Dans l&rsquo;ensemble, les croisades ont non seulement port\u00e9 un coup fatal \u00e0 l&#8217;empire chr\u00e9tien d&rsquo;Orient qu&rsquo;elles pr\u00e9tendaient sauver (les crois\u00e9s ont pill\u00e9 Constantinople lors de la quatri\u00e8me croisade en 1205, et la ville ne s&rsquo;en est jamais remise). Elles ont \u00e9galement ruin\u00e9 les relations diplomatiques entre Byzance et le califat chiite d&rsquo;&Eacute;gypte, et ont indirectement caus\u00e9 la chute de cet alli\u00e9 de longue date, absorb\u00e9 par Saladin sous la banni\u00e8re sunnite en 1171. Elles ont donc renforc\u00e9 la puissance sunnite qu&rsquo;elles \u00e9taient cens\u00e9es combattre.<\/p>\n<\/p>\n<p><h3 class=\"subtitleset_c.deepgreen\" style=\"color:#75714d; font-size:1.25em\"><strong>La gen\u00e8se du colonialisme<\/strong><\/h3>\n<\/p>\n<p><p>Dans <em>The Latin Kingdom of Jerusalem: European Colonialism in the Middle Ages, <\/em>Joshua Prawer pr\u00e9sente les croisades m\u00e9di\u00e9vales comme un pr\u00e9sage du colonialisme europ\u00e9en ult\u00e9rieur. Selon lui, c&rsquo;est \u00e0 la lumi\u00e8re de leur statut colonial que l&rsquo;on comprend le mieux les institutions et l&rsquo;\u00e9conomie des &Eacute;tats latins fond\u00e9s par les crois\u00e9s au Moyen Orient (le comt\u00e9 d&rsquo;&Eacute;desse, la principaut\u00e9 d&rsquo;Antioche, le comt\u00e9 de Tripoli et le royaume de J\u00e9rusalem). &laquo; Ce n&rsquo;est que depuis les croisades qu&rsquo;il existe une continuit\u00e9 et une filiation entre les mouvements coloniaux. &raquo; Par cons\u00e9quent, &laquo; il est justifi\u00e9 de consid\u00e9rer le royaume des Crois\u00e9s comme la premi\u00e8re soci\u00e9t\u00e9 coloniale europ\u00e9enne. &raquo;<a href=\"https:\/\/substack.com\/redirect\/0ff87ad4-2b21-48c8-92fd-ab8761b33982?j=eyJ1IjoiYjlscDcifQ.pVyX_knIBhpqL_N_0ZcwZa0sFcIWYyh_9O1MMvRH1wc\">[20]<\/a>Les croisades du Nord dans les r\u00e9gions baltes, lanc\u00e9es au d\u00e9but du XIIIe si\u00e8cle en b\u00e9n\u00e9ficiant pleinement des indulgences et des privil\u00e8ges papaux, correspondent \u00e9galement parfaitement aux d\u00e9finitions modernes de la colonisation. L&rsquo;appel de l&rsquo;archev\u00eaque Adalgot de Magdebourg en 1108 le montre clairement :<\/p>\n<\/p>\n<p><p>&laquo; Ces pa\u00efens sont des gens des plus m\u00e9chants, mais leur terre est la meilleure, riche en viande, en miel, en bl\u00e9 et en gibier, et si elle \u00e9tait bien cultiv\u00e9e, nulle autre ne pourrait lui \u00eatre compar\u00e9e pour la richesse de ses produits [&hellip;] Ainsi, Saxons, Fran\u00e7ais, Lorrains et Flamands de renom, vous qui avez conquis le monde, voici l&rsquo;occasion pour vous de sauver vos \u00e2mes et, si vous le souhaitez, d&rsquo;acqu\u00e9rir la meilleure terre o&ugrave; vivre. Que Celui qui, par la force de son bras, a conduit les hommes de Gaule dans leur marche depuis l&rsquo;extr\u00eame Ouest pour triompher de ses ennemis \u00e0 l&rsquo;extr\u00eame Est, vous donne la volont\u00e9 et le pouvoir de vaincre ces pa\u00efens des plus inhumains qui se trouvent \u00e0 proximit\u00e9, et de prosp\u00e9rer en toutes choses. &raquo;<a href=\"https:\/\/substack.com\/redirect\/4fa39680-f825-430a-87f9-7512abf9547f?j=eyJ1IjoiYjlscDcifQ.pVyX_knIBhpqL_N_0ZcwZa0sFcIWYyh_9O1MMvRH1wc\">[21]<\/a><\/p>\n<\/p>\n<p><p>La filiation<em> <\/em>entre croisades et colonisation<em> <\/em>passe par la conqu\u00eate desAm\u00e9riques. Dans <em>Columbus and the Quest for Jerusalem<\/em>, Carol Delaney r\u00e9v\u00e8le un fait peu connu : &laquo; La qu\u00eate de J\u00e9rusalem \u00e9tait la grande passion de Christophe Colomb ; c&rsquo;\u00e9tait la vision qui le soutenait \u00e0 travers toutes les \u00e9preuves et les tribulations. &raquo;<em> <\/em>Il \u00e9crivit dans son journal, le 26 d\u00e9cembre 1492, qu&rsquo;il esp\u00e9rait trouver en Inde de l&rsquo;or &laquo; en telle quantit\u00e9 que les souverains [&#8230;] entreprendront d&rsquo;aller conqu\u00e9rir le Saint-S\u00e9pulcre. &raquo; Car &laquo; L&rsquo;or est un m\u00e9tal excellent entre tous les autres [&#8230;] et celui qui le poss\u00e8de accomplit tout ce qu&rsquo;il veut dans le monde, et l&rsquo;utilise finalement pour envoyer des \u00e2mes au Paradis<em>.<\/em> &raquo;<a href=\"https:\/\/substack.com\/redirect\/3ea49217-1a34-4c22-9a7a-0d0ca47f2327?j=eyJ1IjoiYjlscDcifQ.pVyX_knIBhpqL_N_0ZcwZa0sFcIWYyh_9O1MMvRH1wc\">[22]<\/a><\/p>\n<\/p>\n<p><p>Les conquistadors espagnols et portugais qui ont suivi les traces de Christophe Colomb avaient baign\u00e9 toute leur vie dans l&rsquo;id\u00e9ologie de la Reconquista, une s\u00e9rie de croisades men\u00e9es contre les musulmans de la p\u00e9ninsule ib\u00e9rique. Comme l&rsquo;explique Norman Cantor : &laquo; La Reconquista a \u00e9t\u00e9 le th\u00e8me dominant, voire exclusif, de l&rsquo;histoire chr\u00e9tienne m\u00e9di\u00e9vale espagnole, et certains historiens y ont vu le facteur d\u00e9terminant dans la formation du caract\u00e8re espagnol si particulier. Toute la soci\u00e9t\u00e9 ib\u00e9rique trouve son origine dans une guerre acharn\u00e9e de cinq si\u00e8cles contre l&rsquo;islam, et la structure institutionnelle espagnole s&rsquo;est organis\u00e9e autour du chef de guerre et des n\u00e9cessit\u00e9s d&rsquo;une guerre d&rsquo;agression. &raquo;<a href=\"https:\/\/substack.com\/redirect\/5c34fa8e-18eb-42b5-817d-30eff0a318d5?j=eyJ1IjoiYjlscDcifQ.pVyX_knIBhpqL_N_0ZcwZa0sFcIWYyh_9O1MMvRH1wc\">[23]<\/a> Il n&rsquo;est donc pas \u00e9tonnant que les conquistadors se consid\u00e9raient comme des crois\u00e9s et se comportaient comme tels. <\/p>\n<\/p>\n<p><h3 class=\"subtitleset_c.deepgreen\" style=\"color:#75714d; font-size:1.25em\"><strong>Conclusion<\/strong><\/h3>\n<\/p>\n<p><p>L&rsquo;imaginaire h\u00e9ro\u00efque des croisades est si pr\u00e9gnant en Occident, et tout particuli\u00e8rement en France&mdash;la croisade est une id\u00e9e fran\u00e7aise, pr\u00each\u00e9e pour la premi\u00e8re fois par un pape fran\u00e7ais \u00e0 des chevaliers fran\u00e7ais, et devenue &laquo; l&rsquo;&oelig;uvre de Dieu \u00e0 travers les Francs &raquo; selon le titre de la chronique de Guibert de Nogent&mdash;qu&rsquo;on attendra encore longtemps que le r\u00e9visionnisme sur cette question p\u00e9n\u00e8tre les esprits. Comme tout r\u00e9visionnisme, il s&rsquo;agit de reconsid\u00e9rer l&rsquo;histoire en prenant en compte le r\u00e9cit des perdants. Les Byzantins, trahis par les crois\u00e9s, sont les plus grands perdants, mais ils ne sont plus l\u00e0 pour faire valoir leur version (on peut toutefois lire Steven Runciman pour s&rsquo;en faire une id\u00e9e). Il faut cr\u00e9diter le Libano-Fran\u00e7ais Amin Maalouf d&rsquo;avoir commenc\u00e9 \u00e0 faire conna&icirc;tre la version des Arabes en 1983, avec son premier livre,<em> <a href=\"https:\/\/substack.com\/redirect\/b8569dff-591b-47fa-a161-8964c0a0d57f?j=eyJ1IjoiYjlscDcifQ.pVyX_knIBhpqL_N_0ZcwZa0sFcIWYyh_9O1MMvRH1wc\">Les Croisades vues par les Arabes<\/a><\/em>. Nul doute que les choses s&rsquo;\u00e9clairciront lorsque le monde musulman, gr\u00e2ce \u00e0 l&rsquo;Iran, aura retrouv\u00e9 la voix qui lui revient au chapitre des nations.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Ainsi s&rsquo;ach\u00e8ve ma modeste contribution \u00e0 l&rsquo;\u00e9tude de ce myst\u00e9rieux syndrome occidental aujourd&rsquo;hui en phase terminale. L&rsquo;origine de cette psychopathologie, parfaitement incarn\u00e9e par Pete Hegseth, se trouve dans ce que j&rsquo;ai nomm\u00e9 la &laquo; mal\u00e9diction papale &raquo;, dont la croisade est un aspect central.<\/p>\n<\/p>\n<p><h3 class=\"subtitleset_d.deepgreen\" style=\"color:#75714d; font-size:1.05em\"><strong>Notes<\/strong><\/h3>\n<\/p>\n<p><p><a href=\"https:\/\/kosmotheos.substack.com\/p\/la-civilisation-de-la-croisade?utm_source=post-email-title&#038;publication_id=3997140&#038;post_id=193089694&#038;utm_campaign=email-post-title&#038;isFreemail=true&#038;token=eyJ1c2VyX2lkIjoxODkyMzgwMywicG9zdF9pZCI6MTkzMDg5Njk0LCJpYXQiOjE3NzUzMTc4NjAsImV4cCI6MTc3NzkwOTg2MCwiaXNzIjoicHViLTM5OTcxNDAiLCJzdWIiOiJwb3N0LXJlYWN0aW9uIn0.IlMHqbWcSJziUMmuEEJ6SllGrbMt5N-uziz_KgzrKDA&#038;r=b9lp7&#038;triedRedirect=true&#038;utm_medium=email#_ftnref1\">[1]<\/a> Christopher Tyerman, <em>God&rsquo;s War: A New History of the Crusades, <\/em>Penguin, 2006, p. xiii<em>.<\/em><\/p>\n<\/p>\n<p><p><a href=\"https:\/\/kosmotheos.substack.com\/p\/la-civilisation-de-la-croisade?utm_source=post-email-title&#038;publication_id=3997140&#038;post_id=193089694&#038;utm_campaign=email-post-title&#038;isFreemail=true&#038;token=eyJ1c2VyX2lkIjoxODkyMzgwMywicG9zdF9pZCI6MTkzMDg5Njk0LCJpYXQiOjE3NzUzMTc4NjAsImV4cCI6MTc3NzkwOTg2MCwiaXNzIjoicHViLTM5OTcxNDAiLCJzdWIiOiJwb3N0LXJlYWN0aW9uIn0.IlMHqbWcSJziUMmuEEJ6SllGrbMt5N-uziz_KgzrKDA&#038;r=b9lp7&#038;triedRedirect=true&#038;utm_medium=email#_ftnref2\">[2]<\/a> Norman Housley, <em>Contesting the Crusades, <\/em>Blackwell, 2006, p. 144.<\/p>\n<\/p>\n<p><p><a href=\"https:\/\/kosmotheos.substack.com\/p\/la-civilisation-de-la-croisade?utm_source=post-email-title&#038;publication_id=3997140&#038;post_id=193089694&#038;utm_campaign=email-post-title&#038;isFreemail=true&#038;token=eyJ1c2VyX2lkIjoxODkyMzgwMywicG9zdF9pZCI6MTkzMDg5Njk0LCJpYXQiOjE3NzUzMTc4NjAsImV4cCI6MTc3NzkwOTg2MCwiaXNzIjoicHViLTM5OTcxNDAiLCJzdWIiOiJwb3N0LXJlYWN0aW9uIn0.IlMHqbWcSJziUMmuEEJ6SllGrbMt5N-uziz_KgzrKDA&#038;r=b9lp7&#038;triedRedirect=true&#038;utm_medium=email#_ftnref3\">[3]<\/a> Michael Mitterauer, <em>Why Europe: The Medieval Origins of Its Special Path, <\/em>University of Chicago Press, 2010, pp. 153, 194.<\/p>\n<\/p>\n<p><p><a href=\"https:\/\/kosmotheos.substack.com\/p\/la-civilisation-de-la-croisade?utm_source=post-email-title&#038;publication_id=3997140&#038;post_id=193089694&#038;utm_campaign=email-post-title&#038;isFreemail=true&#038;token=eyJ1c2VyX2lkIjoxODkyMzgwMywicG9zdF9pZCI6MTkzMDg5Njk0LCJpYXQiOjE3NzUzMTc4NjAsImV4cCI6MTc3NzkwOTg2MCwiaXNzIjoicHViLTM5OTcxNDAiLCJzdWIiOiJwb3N0LXJlYWN0aW9uIn0.IlMHqbWcSJziUMmuEEJ6SllGrbMt5N-uziz_KgzrKDA&#038;r=b9lp7&#038;triedRedirect=true&#038;utm_medium=email#_ftnref4\">[4]<\/a> Laurent Guy\u00e9not, <em>La Lance qui saigne. Hypertextes et m\u00e9tatextes du &lsquo;Conte du Graal&rsquo;, <\/em>Honor\u00e9 Champion, 2010.<\/p>\n<\/p>\n<p><p><a href=\"https:\/\/kosmotheos.substack.com\/p\/la-civilisation-de-la-croisade?utm_source=post-email-title&#038;publication_id=3997140&#038;post_id=193089694&#038;utm_campaign=email-post-title&#038;isFreemail=true&#038;token=eyJ1c2VyX2lkIjoxODkyMzgwMywicG9zdF9pZCI6MTkzMDg5Njk0LCJpYXQiOjE3NzUzMTc4NjAsImV4cCI6MTc3NzkwOTg2MCwiaXNzIjoicHViLTM5OTcxNDAiLCJzdWIiOiJwb3N0LXJlYWN0aW9uIn0.IlMHqbWcSJziUMmuEEJ6SllGrbMt5N-uziz_KgzrKDA&#038;r=b9lp7&#038;triedRedirect=true&#038;utm_medium=email#_ftnref5\">[5]<\/a> Tyerman, <em>God&rsquo;s War, op. cit., p. 244.<\/em><\/p>\n<\/p>\n<p><p><a href=\"https:\/\/kosmotheos.substack.com\/p\/la-civilisation-de-la-croisade?utm_source=post-email-title&#038;publication_id=3997140&#038;post_id=193089694&#038;utm_campaign=email-post-title&#038;isFreemail=true&#038;token=eyJ1c2VyX2lkIjoxODkyMzgwMywicG9zdF9pZCI6MTkzMDg5Njk0LCJpYXQiOjE3NzUzMTc4NjAsImV4cCI6MTc3NzkwOTg2MCwiaXNzIjoicHViLTM5OTcxNDAiLCJzdWIiOiJwb3N0LXJlYWN0aW9uIn0.IlMHqbWcSJziUMmuEEJ6SllGrbMt5N-uziz_KgzrKDA&#038;r=b9lp7&#038;triedRedirect=true&#038;utm_medium=email#_ftnref6\">[6]<\/a> Oswald Spengler, <em>The Decline of the West, <\/em>vol. 1, George Allen &#038; Unwin Ltd, 1926, pp. 10, 27<em>.<\/em><\/p>\n<\/p>\n<p><p>[1]Tyerman, <em>God&rsquo;s War, op. cit., p. 244<\/em>, pp. 10, 27<em>.<\/em><\/p>\n<\/p>\n<p><p><a href=\"https:\/\/kosmotheos.substack.com\/p\/la-civilisation-de-la-croisade?utm_source=post-email-title&#038;publication_id=3997140&#038;post_id=193089694&#038;utm_campaign=email-post-title&#038;isFreemail=true&#038;token=eyJ1c2VyX2lkIjoxODkyMzgwMywicG9zdF9pZCI6MTkzMDg5Njk0LCJpYXQiOjE3NzUzMTc4NjAsImV4cCI6MTc3NzkwOTg2MCwiaXNzIjoicHViLTM5OTcxNDAiLCJzdWIiOiJwb3N0LXJlYWN0aW9uIn0.IlMHqbWcSJziUMmuEEJ6SllGrbMt5N-uziz_KgzrKDA&#038;r=b9lp7&#038;triedRedirect=true&#038;utm_medium=email#_ftnref7\">[7]<\/a> Steven Runciman,<em> A History of the Crusades, <\/em>vol. 2<em> : The Kingdom of Jerusalem and the Frankish East, 1100-1187, <\/em>Cambridge UP, 1951, p. 253<em>.<\/em><\/p>\n<\/p>\n<p><p><a href=\"https:\/\/kosmotheos.substack.com\/p\/la-civilisation-de-la-croisade?utm_source=post-email-title&#038;publication_id=3997140&#038;post_id=193089694&#038;utm_campaign=email-post-title&#038;isFreemail=true&#038;token=eyJ1c2VyX2lkIjoxODkyMzgwMywicG9zdF9pZCI6MTkzMDg5Njk0LCJpYXQiOjE3NzUzMTc4NjAsImV4cCI6MTc3NzkwOTg2MCwiaXNzIjoicHViLTM5OTcxNDAiLCJzdWIiOiJwb3N0LXJlYWN0aW9uIn0.IlMHqbWcSJziUMmuEEJ6SllGrbMt5N-uziz_KgzrKDA&#038;r=b9lp7&#038;triedRedirect=true&#038;utm_medium=email#_ftnref8\">[8]<\/a> Tyerman, <em>God&rsquo;s War, op. cit., <\/em>p. 827.<\/p>\n<\/p>\n<p><p><a href=\"https:\/\/kosmotheos.substack.com\/p\/la-civilisation-de-la-croisade?utm_source=post-email-title&#038;publication_id=3997140&#038;post_id=193089694&#038;utm_campaign=email-post-title&#038;isFreemail=true&#038;token=eyJ1c2VyX2lkIjoxODkyMzgwMywicG9zdF9pZCI6MTkzMDg5Njk0LCJpYXQiOjE3NzUzMTc4NjAsImV4cCI6MTc3NzkwOTg2MCwiaXNzIjoicHViLTM5OTcxNDAiLCJzdWIiOiJwb3N0LXJlYWN0aW9uIn0.IlMHqbWcSJziUMmuEEJ6SllGrbMt5N-uziz_KgzrKDA&#038;r=b9lp7&#038;triedRedirect=true&#038;utm_medium=email#_ftnref9\">[9]<\/a> Raymond d&rsquo;Aguilers, <em>Histoire des Francs qui prirent J\u00e9rusalem. Chronique de la premi\u00e8re croisade, <\/em>Les Pers\u00e9ides, 2004, p. 140.<\/p>\n<\/p>\n<p><p><a href=\"https:\/\/kosmotheos.substack.com\/p\/la-civilisation-de-la-croisade?utm_source=post-email-title&#038;publication_id=3997140&#038;post_id=193089694&#038;utm_campaign=email-post-title&#038;isFreemail=true&#038;token=eyJ1c2VyX2lkIjoxODkyMzgwMywicG9zdF9pZCI6MTkzMDg5Njk0LCJpYXQiOjE3NzUzMTc4NjAsImV4cCI6MTc3NzkwOTg2MCwiaXNzIjoicHViLTM5OTcxNDAiLCJzdWIiOiJwb3N0LXJlYWN0aW9uIn0.IlMHqbWcSJziUMmuEEJ6SllGrbMt5N-uziz_KgzrKDA&#038;r=b9lp7&#038;triedRedirect=true&#038;utm_medium=email#_ftnref10\">[10]<\/a> Guy\u00e9not, <em>La Lance qui saigne, <\/em>op. cit., p. 198.<\/p>\n<\/p>\n<p><p><a href=\"https:\/\/kosmotheos.substack.com\/p\/la-civilisation-de-la-croisade?utm_source=post-email-title&#038;publication_id=3997140&#038;post_id=193089694&#038;utm_campaign=email-post-title&#038;isFreemail=true&#038;token=eyJ1c2VyX2lkIjoxODkyMzgwMywicG9zdF9pZCI6MTkzMDg5Njk0LCJpYXQiOjE3NzUzMTc4NjAsImV4cCI6MTc3NzkwOTg2MCwiaXNzIjoicHViLTM5OTcxNDAiLCJzdWIiOiJwb3N0LXJlYWN0aW9uIn0.IlMHqbWcSJziUMmuEEJ6SllGrbMt5N-uziz_KgzrKDA&#038;r=b9lp7&#038;triedRedirect=true&#038;utm_medium=email#_ftnref11\">[11]<\/a> Fran\u00e7ois Guizot, <em>General History of Civilization in Europe<\/em>, 1896, sur oll.libertyfund.org<\/p>\n<\/p>\n<p><p><a href=\"https:\/\/kosmotheos.substack.com\/p\/la-civilisation-de-la-croisade?utm_source=post-email-title&#038;publication_id=3997140&#038;post_id=193089694&#038;utm_campaign=email-post-title&#038;isFreemail=true&#038;token=eyJ1c2VyX2lkIjoxODkyMzgwMywicG9zdF9pZCI6MTkzMDg5Njk0LCJpYXQiOjE3NzUzMTc4NjAsImV4cCI6MTc3NzkwOTg2MCwiaXNzIjoicHViLTM5OTcxNDAiLCJzdWIiOiJwb3N0LXJlYWN0aW9uIn0.IlMHqbWcSJziUMmuEEJ6SllGrbMt5N-uziz_KgzrKDA&#038;r=b9lp7&#038;triedRedirect=true&#038;utm_medium=email#_ftnref12\">[12]<\/a> Tyerman, <em>God&rsquo;s War, op. cit., <\/em>pp. 812, 827.<\/p>\n<\/p>\n<p><p><a href=\"https:\/\/kosmotheos.substack.com\/p\/la-civilisation-de-la-croisade?utm_source=post-email-title&#038;publication_id=3997140&#038;post_id=193089694&#038;utm_campaign=email-post-title&#038;isFreemail=true&#038;token=eyJ1c2VyX2lkIjoxODkyMzgwMywicG9zdF9pZCI6MTkzMDg5Njk0LCJpYXQiOjE3NzUzMTc4NjAsImV4cCI6MTc3NzkwOTg2MCwiaXNzIjoicHViLTM5OTcxNDAiLCJzdWIiOiJwb3N0LXJlYWN0aW9uIn0.IlMHqbWcSJziUMmuEEJ6SllGrbMt5N-uziz_KgzrKDA&#038;r=b9lp7&#038;triedRedirect=true&#038;utm_medium=email#_ftnref13\">[13]<\/a> Elle est reproduite sur la couverture du livre d&rsquo;Eitan Bar-Yosef, <em>The Holy Land in English Culture 1799-1917, <\/em>Clarendon Press, 2005<em>.<\/em><\/p>\n<\/p>\n<p><p><a href=\"https:\/\/kosmotheos.substack.com\/p\/la-civilisation-de-la-croisade?utm_source=post-email-title&#038;publication_id=3997140&#038;post_id=193089694&#038;utm_campaign=email-post-title&#038;isFreemail=true&#038;token=eyJ1c2VyX2lkIjoxODkyMzgwMywicG9zdF9pZCI6MTkzMDg5Njk0LCJpYXQiOjE3NzUzMTc4NjAsImV4cCI6MTc3NzkwOTg2MCwiaXNzIjoicHViLTM5OTcxNDAiLCJzdWIiOiJwb3N0LXJlYWN0aW9uIn0.IlMHqbWcSJziUMmuEEJ6SllGrbMt5N-uziz_KgzrKDA&#038;r=b9lp7&#038;triedRedirect=true&#038;utm_medium=email#_ftnref14\">[14]<\/a> Tyerman, <em>God&rsquo;s War, op. cit., <\/em>p. 84.<\/p>\n<\/p>\n<p><p><a href=\"https:\/\/kosmotheos.substack.com\/p\/la-civilisation-de-la-croisade?utm_source=post-email-title&#038;publication_id=3997140&#038;post_id=193089694&#038;utm_campaign=email-post-title&#038;isFreemail=true&#038;token=eyJ1c2VyX2lkIjoxODkyMzgwMywicG9zdF9pZCI6MTkzMDg5Njk0LCJpYXQiOjE3NzUzMTc4NjAsImV4cCI6MTc3NzkwOTg2MCwiaXNzIjoicHViLTM5OTcxNDAiLCJzdWIiOiJwb3N0LXJlYWN0aW9uIn0.IlMHqbWcSJziUMmuEEJ6SllGrbMt5N-uziz_KgzrKDA&#038;r=b9lp7&#038;triedRedirect=true&#038;utm_medium=email#_ftnref15\">[15]<\/a> August Charles Krey, <em>The First Crusade; the Accounts of Eyewitnesses and Participants, <\/em>Princeton UP, 1921, p. 36.<\/p>\n<\/p>\n<p><p><a href=\"https:\/\/kosmotheos.substack.com\/p\/la-civilisation-de-la-croisade?utm_source=post-email-title&#038;publication_id=3997140&#038;post_id=193089694&#038;utm_campaign=email-post-title&#038;isFreemail=true&#038;token=eyJ1c2VyX2lkIjoxODkyMzgwMywicG9zdF9pZCI6MTkzMDg5Njk0LCJpYXQiOjE3NzUzMTc4NjAsImV4cCI6MTc3NzkwOTg2MCwiaXNzIjoicHViLTM5OTcxNDAiLCJzdWIiOiJwb3N0LXJlYWN0aW9uIn0.IlMHqbWcSJziUMmuEEJ6SllGrbMt5N-uziz_KgzrKDA&#038;r=b9lp7&#038;triedRedirect=true&#038;utm_medium=email#_ftnref16\">[16]<\/a> T. F. Tout, <em>The Empire and the Papacy (918-1273), <\/em>4<sup>e<\/sup> \u00e9d., 1903, p. 302.<\/p>\n<\/p>\n<p><p><a href=\"https:\/\/kosmotheos.substack.com\/p\/la-civilisation-de-la-croisade?utm_source=post-email-title&#038;publication_id=3997140&#038;post_id=193089694&#038;utm_campaign=email-post-title&#038;isFreemail=true&#038;token=eyJ1c2VyX2lkIjoxODkyMzgwMywicG9zdF9pZCI6MTkzMDg5Njk0LCJpYXQiOjE3NzUzMTc4NjAsImV4cCI6MTc3NzkwOTg2MCwiaXNzIjoicHViLTM5OTcxNDAiLCJzdWIiOiJwb3N0LXJlYWN0aW9uIn0.IlMHqbWcSJziUMmuEEJ6SllGrbMt5N-uziz_KgzrKDA&#038;r=b9lp7&#038;triedRedirect=true&#038;utm_medium=email#_ftnref17\">[17]<\/a> Tyerman, <em>God&rsquo;s War, op. cit., <\/em>p. 343.<\/p>\n<\/p>\n<p><p><a href=\"https:\/\/kosmotheos.substack.com\/p\/la-civilisation-de-la-croisade?utm_source=post-email-title&#038;publication_id=3997140&#038;post_id=193089694&#038;utm_campaign=email-post-title&#038;isFreemail=true&#038;token=eyJ1c2VyX2lkIjoxODkyMzgwMywicG9zdF9pZCI6MTkzMDg5Njk0LCJpYXQiOjE3NzUzMTc4NjAsImV4cCI6MTc3NzkwOTg2MCwiaXNzIjoicHViLTM5OTcxNDAiLCJzdWIiOiJwb3N0LXJlYWN0aW9uIn0.IlMHqbWcSJziUMmuEEJ6SllGrbMt5N-uziz_KgzrKDA&#038;r=b9lp7&#038;triedRedirect=true&#038;utm_medium=email#_ftnref18\">[18]<\/a> Steven Runciman, <em>A History of the Crusades<\/em>, vol. 1: <em>The First Crusade and the Foundation of the Kingdom of Jerusalem, <\/em>Cambridge UP, 1994, p. 42.<\/p>\n<\/p>\n<p><p><a href=\"https:\/\/kosmotheos.substack.com\/p\/la-civilisation-de-la-croisade?utm_source=post-email-title&#038;publication_id=3997140&#038;post_id=193089694&#038;utm_campaign=email-post-title&#038;isFreemail=true&#038;token=eyJ1c2VyX2lkIjoxODkyMzgwMywicG9zdF9pZCI6MTkzMDg5Njk0LCJpYXQiOjE3NzUzMTc4NjAsImV4cCI6MTc3NzkwOTg2MCwiaXNzIjoicHViLTM5OTcxNDAiLCJzdWIiOiJwb3N0LXJlYWN0aW9uIn0.IlMHqbWcSJziUMmuEEJ6SllGrbMt5N-uziz_KgzrKDA&#038;r=b9lp7&#038;triedRedirect=true&#038;utm_medium=email#_ftnref19\">[19]<\/a> Norman Housley, <em>Contesting the Crusades, <\/em>Blackwell, 2006, p. 158 ; <em>Runciman, A History of the Crusades, <\/em>vol. 2, <em>op. cit., <\/em>pp. 274-275.<\/p>\n<\/p>\n<p><p><a href=\"https:\/\/kosmotheos.substack.com\/p\/la-civilisation-de-la-croisade?utm_source=post-email-title&#038;publication_id=3997140&#038;post_id=193089694&#038;utm_campaign=email-post-title&#038;isFreemail=true&#038;token=eyJ1c2VyX2lkIjoxODkyMzgwMywicG9zdF9pZCI6MTkzMDg5Njk0LCJpYXQiOjE3NzUzMTc4NjAsImV4cCI6MTc3NzkwOTg2MCwiaXNzIjoicHViLTM5OTcxNDAiLCJzdWIiOiJwb3N0LXJlYWN0aW9uIn0.IlMHqbWcSJziUMmuEEJ6SllGrbMt5N-uziz_KgzrKDA&#038;r=b9lp7&#038;triedRedirect=true&#038;utm_medium=email#_ftnref20\">[20]<\/a> Joshua Prawer, <em>The Latin Kingdom of Jerusalem: European Colonialism in the Middle Ages<\/em>, Weidenfeld &#038; Nicolson, 1972, p. ix. Voir \u00e9galement George Demacopoulos,<em>Colonizing Christianity: Greek and Latin Religious Identity in the Era of the Fourth Crusade, <\/em>Fordham<em> <\/em>UP, 2019.<\/p>\n<\/p>\n<p><p><a href=\"https:\/\/kosmotheos.substack.com\/p\/la-civilisation-de-la-croisade?utm_source=post-email-title&#038;publication_id=3997140&#038;post_id=193089694&#038;utm_campaign=email-post-title&#038;isFreemail=true&#038;token=eyJ1c2VyX2lkIjoxODkyMzgwMywicG9zdF9pZCI6MTkzMDg5Njk0LCJpYXQiOjE3NzUzMTc4NjAsImV4cCI6MTc3NzkwOTg2MCwiaXNzIjoicHViLTM5OTcxNDAiLCJzdWIiOiJwb3N0LXJlYWN0aW9uIn0.IlMHqbWcSJziUMmuEEJ6SllGrbMt5N-uziz_KgzrKDA&#038;r=b9lp7&#038;triedRedirect=true&#038;utm_medium=email#_ftnref21\">[21]<\/a> Tyerman, <em>God&rsquo;s War, op. cit., <\/em>p. 676.<\/p>\n<\/p>\n<p><p><a href=\"https:\/\/kosmotheos.substack.com\/p\/la-civilisation-de-la-croisade?utm_source=post-email-title&#038;publication_id=3997140&#038;post_id=193089694&#038;utm_campaign=email-post-title&#038;isFreemail=true&#038;token=eyJ1c2VyX2lkIjoxODkyMzgwMywicG9zdF9pZCI6MTkzMDg5Njk0LCJpYXQiOjE3NzUzMTc4NjAsImV4cCI6MTc3NzkwOTg2MCwiaXNzIjoicHViLTM5OTcxNDAiLCJzdWIiOiJwb3N0LXJlYWN0aW9uIn0.IlMHqbWcSJziUMmuEEJ6SllGrbMt5N-uziz_KgzrKDA&#038;r=b9lp7&#038;triedRedirect=true&#038;utm_medium=email#_ftnref22\">[22]<\/a> Carol Delaney, <em>Columbus and the Quest for Jerusalem, <\/em>Free Press, 2012, pp. 27, 10; Carol Delaney, &laquo; Columbus&rsquo;s Ultimate Goal: Jerusalem &raquo;, sur www.amherst.edu<\/p>\n<\/p>\n<p><p><a href=\"https:\/\/kosmotheos.substack.com\/p\/la-civilisation-de-la-croisade?utm_source=post-email-title&#038;publication_id=3997140&#038;post_id=193089694&#038;utm_campaign=email-post-title&#038;isFreemail=true&#038;token=eyJ1c2VyX2lkIjoxODkyMzgwMywicG9zdF9pZCI6MTkzMDg5Njk0LCJpYXQiOjE3NzUzMTc4NjAsImV4cCI6MTc3NzkwOTg2MCwiaXNzIjoicHViLTM5OTcxNDAiLCJzdWIiOiJwb3N0LXJlYWN0aW9uIn0.IlMHqbWcSJziUMmuEEJ6SllGrbMt5N-uziz_KgzrKDA&#038;r=b9lp7&#038;triedRedirect=true&#038;utm_medium=email#_ftnref23\">[23]<\/a> Norman Cantor, <em>The Civilization of the Middle Ages, <\/em>HarperPerennial, 1994, p. 290.<\/p><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>&bull;&nbsp;Ce long article de Laurent Guyenot, sp&eacute;cialiste (docteur) en &Eacute;tudes M&eacute;di&eacute;vales, rend compte du ph&eacute;nom&egrave;ne des Croisades comme mythe fondateur des guerres actuelles, dont celle de l&rsquo;Iran. &bull;&nbsp;&Eacute;clairant et &eacute;crasant.<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"","ping_status":"","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"neve_meta_sidebar":"","neve_meta_container":"","neve_meta_enable_content_width":"","neve_meta_content_width":0,"neve_meta_title_alignment":"","neve_meta_author_avatar":"","neve_post_elements_order":"","neve_meta_disable_header":"","neve_meta_disable_footer":"","neve_meta_disable_title":"","_jetpack_memberships_contains_paid_content":false,"footnotes":""},"categories":[14],"tags":[2963,11889,22502,11676,22503],"class_list":["post-81981","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-ouverture-libre","tag-christianisme","tag-colonialisme","tag-goyenot","tag-laurent","tag-papaute"],"jetpack_featured_media_url":"","jetpack_sharing_enabled":true,"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/81981","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=81981"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/81981\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=81981"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=81981"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=81981"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}