{"id":82026,"date":"2026-05-09T00:00:00","date_gmt":"2026-05-08T22:00:00","guid":{"rendered":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/2026\/05\/09\/les-pieges-du-langage-decadent\/"},"modified":"2026-05-09T00:00:00","modified_gmt":"2026-05-08T22:00:00","slug":"les-pieges-du-langage-decadent","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/2026\/05\/09\/les-pieges-du-langage-decadent\/","title":{"rendered":"Les pi\u00e8ges du langage d\u00e9cadent"},"content":{"rendered":"<p><h2 class=\"titleset_b.deepgreen\" style=\"color:#75714d;font-size:1.65em;font-variant:small-caps;\"><strong>Les pi\u00e8ges du langage d\u00e9cadent<\/strong><\/h2>\n<\/p>\n<blockquote>\n<p><p>&bull; Constantin von Hoffmeister, commentateur politique et culturel allemand, auteur du &lsquo;Destin de l&rsquo;Am\u00e9rique blanche&rsquo; et directeur de Multipolar Press, <strong>est un grand admirateur de Douguine<\/strong>. &bull; &Iuml;l prend ici <strong>la d\u00e9fense du philosophe russe, stupidement accus\u00e9 de racisme antiblanc<\/strong>. &bull; Le plaidoyer de Hoffmeister est essentiellement une mise en accusation de ;la modernit\u00e9 et du lib\u00e9ralisme, <strong>toutes choses initi\u00e9es par les \u00ab\u00a0Blancs\u00a0\u00bb emport\u00e9s par l&rsquo;hubris de la d\u00e9cadence<\/strong>. &bull; Il est vrai qu&rsquo;il faudrait r\u00e9apprendre \u00e0 \u00e9crire et \u00e0 lire, d&rsquo;un m\u00eame \u00e9lan.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>_________________________<\/p>\n<\/p>\n<\/blockquote>\n<p><\/p>\n<p>9 mai 2026 (19H55) &ndash; Il y a eu un grand chambard sur tweeterX, le 5 mai, lorsque le philosophe russe Douguine a post\u00e9 le message suivant, aussit\u00f4t interpr\u00e9t\u00e9 comme une prise de position favorable au \u00ab\u00a0racisme antiblanc\u00a0\u00bb :<\/p>\n<\/p>\n<blockquote class=\"normal\" style=\"font-size:1.05em;\">\n<p><p>&laquo; <em>Les Blancs ? Ils ont d\u00e9truit le monde et eux-m\u00eames. &Ecirc;tre blanc, c&rsquo;est \u00eatre nihiliste. C&rsquo;est une race qui se hait elle-m\u00eame. Elle a caus\u00e9 tant de maux aux autres et \u00e0 elle-m\u00eame. Elle a perdu le droit d&rsquo;exister. Aucun argument ne justifie son existence<\/em>. &raquo;<\/p>\n<\/p>\n<\/blockquote>\n<p><p>L&rsquo;\u00e9crivain et philosophe Constantin von Hoffmeister a aussit\u00f4t pris sa d\u00e9fense et l&rsquo;a publi\u00e9e sur <a href=\"https:\/\/www.rt.com\/news\/639581-alexander-dugin-attacking-whites\/\">RT.com<\/a> le 7 mai. RT.com n&rsquo;a pas h\u00e9sit\u00e9 et lui a ouvert largement ses colonnes. Constantin von Hoffmeister s&rsquo;est donc employ\u00e9 \u00e0 d\u00e9montrer que le philosophe russe \u00e9crivait en tant que philosophe et m\u00e9taphysicien, et nullement en pol\u00e9miste d&rsquo;une \u00e9poque qui pense au ras des pi\u00e8tres p\u00e2querettes, comme un de ces pol\u00e9mistes plong\u00e9s dans la soupe inf\u00e2me et d\u00e9gradante des querelles racialistes o&ugrave; s&rsquo;\u00e9brouent les restes de la pens\u00e9e de notre civilisation agonisante.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Cette d\u00e9fense est une \u00e9vidence pour qui conna&icirc;t un peu Douguine, &ndash; d&rsquo;ailleurs blanc lui-m\u00eame selon le sch\u00e9ma racialiste. La seule r\u00e9serve, voire le seul reproche qu&rsquo;on pourrait adresser \u00e0 Douguine est bien d&rsquo;avoir utilis\u00e9 ce langage (celui du philosophe m\u00e9taphysicien) sur un m\u00e9dia de la cat\u00e9gorie des \u00ab\u00a0r\u00e9seaux sociaux\u00a0\u00bb, qui interdit \u00e0 la plupart de ses utilisateurs d&rsquo;avancer un jugement philosophique et m\u00e9taphysique sous peine d&rsquo;\u00eatre incompris, diffam\u00e9 et brul\u00e9 en Place de Gr\u00e8ve. A moins, &ndash; hypoth\u00e8se farfelue et m\u00e9prisante pour l&rsquo;\u00e9poque mais hautement possible, &ndash; qu&rsquo;il ne l&rsquo;ait fait sciemment, pour observer la fa\u00e7on dont les utilisateurs de ce r\u00e9seau accueilleraient sa sortie. Il a d&ucirc; \u00eatre \u00e9difi\u00e9.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>L\u00e0-dessus, Constantin von Hoffmeister s&#8217;emploie \u00e0 d\u00e9tailler la pens\u00e9e douguinienne qui est, \u00e9videmment, absolument antimoderne, traditionnaliste et spiritualiste. Cela nous permet de lire un proc\u00e8s d\u00e9taill\u00e9 et d&rsquo;une compl\u00e8te pertinence sur la catastrophe engendr\u00e9e par la modernit\u00e9 lib\u00e9rale et le massacre de tout ce qui fit la civilisation jusqu&rsquo;\u00e0 l&rsquo;or\u00e9e du XVIII\u00e8me si\u00e8cle, voire du XVI\u00e8me si\u00e8cle. Un proc\u00e8s de plus d&rsquo;ailleurs, et toujours le m\u00eame proc\u00e8s, en cours depuis un ou deux si\u00e8cles, et dont le verdict ne peut \u00eatre que connu d&rsquo;avance et partag\u00e9 par les esprits ind\u00e9pendants.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Il est vrai que le langage de la modernit\u00e9 postmoderne est en soi un pi\u00e8ge, un outil \u00e0 peine subtil pour d\u00e9structurer la pens\u00e9e, pour la r\u00e9duire \u00e0 une bouillie lanc\u00e9e sur pente entropique menant effectivement au nihilisme. La langue, la vraie langue, la haute-langue, celle qui prend son temps et qui veille \u00e0 toutes les nuances et ne recule au terme, s&rsquo;il le faut, devant aucune frappe directe (\u00ab\u00a0la philosophie \u00e0 coup de marteau\u00a0\u00bb de Nietzsche), cette langue est l&rsquo;ennemie jur\u00e9e de la modernit\u00e9. Il faut savoir la manier, l&rsquo;utiliser dans toute sa puissance, et conduire son lecteur \u00e0 suivre la pente d\u00e9licate qui permet \u00e0 la pens\u00e9e de se d\u00e9velopper vers la pl\u00e9nitude et de conserver les grandes valeurs de la tradition, de l&rsquo;ordre et de la grandeur de l&rsquo;\u00e2me.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Dans cette perspective, un penseur qui a si bien d\u00e9crit la n\u00e9cessit\u00e9 et la puissance du haut-langage pour d\u00e9fendre et consolider une civilisation fut Joseph de Maistre, ap\u00f4tre antimoderne incontestable de la logocratie. On retrouve chez l&rsquo;IA, encore une fois bien inspir\u00e9e, quelques remarques \u00e9videntes et \u00e9lev\u00e9es sur la force et la n\u00e9cessit\u00e9 du haut langage, celui que vous aurez bien du mal \u00e0 trouver sur les r\u00e9seaux sociaux, y compris tweeterX (curieuse contradiction au sein des technologies de communication de la modernit\u00e9 entre l&rsquo;IA et les r\u00e9seaux sociaux) :<\/p>\n<\/p>\n<blockquote class=\"normal\" style=\"font-size:1.05em;\">\n<p><p>&laquo; <em>&bull; <strong>Le Langage comme Miroir de la Civilisation :<\/strong> Maistre a observ\u00e9 que toute d\u00e9gradation individuelle ou nationale est annonc\u00e9e par une d\u00e9gradation du langage. Une langue qui se corrompt, qui perd sa pr\u00e9cision ou sa noblesse, signale la chute prochaine de la soci\u00e9t\u00e9 qui l&rsquo;utilise.<\/em><\/p>\n<\/p>\n<p><p><em>&bull; <strong>La Parole et la Tradition :<\/strong> Contrairement aux th\u00e9ories modernes de son \u00e9poque qui voyaient le langage comme une simple invention humaine, Maistre soutient une vision providentialiste : &laquo; les langues ont commenc\u00e9; mais la parole jamais, et pas &raquo;. Le langage est un don divin, une structure de la raison et du bon sens.<\/em><\/p>\n<\/p>\n<p><p><em>&bull; <strong>Contre le Langage R\u00e9volutionnaire :<\/strong> Il critique violemment le langage abstrait, abstrait et n\u00e9ologique de la R\u00e9volution fran\u00e7aise. Pour lui, la &laquo; d\u00e9cence &raquo; dans le discours est une forme de respect pour l&rsquo;histoire, la tradition et la v\u00e9rit\u00e9. L&rsquo;usage de &laquo; mots vides de sens &raquo; est un artifice destin\u00e9 \u00e0 tromper les foules. <\/em><\/p>\n<\/p>\n<p><p><em>&bull; <strong>Un Style &Eacute;lev\u00e9 et Provocateur :<\/strong> Bien qu&rsquo;il pr\u00f4ne la d\u00e9cence, Maistre est connu pour un style incisif, parfois &laquo; provocateur &raquo;. Son \u00e9criture est cependant marqu\u00e9e par une grande \u00e9rudition et une volont\u00e9 de d\u00e9fendre des v\u00e9rit\u00e9s \u00e9ternelles contre les id\u00e9es nouvelles<\/em>. &raquo;<\/p>\n<\/p>\n<p><p>&laquo; <em>En r\u00e9sum\u00e9, pour Joseph de Maistre, <strong>la d\u00e9cence du langage est un rempart contre le chaos<\/strong>. Respecter la langue, c&rsquo;est respecter l&rsquo;ordre naturel et divin.<\/em> &raquo;<\/p>\n<\/p>\n<\/blockquote>\n<p><p>Enfin, pour terminer ce point de vue sur le haut-langage et la logocratie au travers de Joseph de Maistre, on citera cet extrait d&rsquo;une conf\u00e9rence de George Steiner, en 1982 \u00e0 Bruxelles, que PhG <a href=\"https:\/\/www.dedefensa.org\/article\/ma-verite-de-situation\">aime \u00e0 citer<\/a> \u00e0 toutes les bonnes occasions :<\/p>\n<\/p>\n<blockquote class=\"normal\" style=\"font-size:1.05em;\">\n<p><p>&laquo; [i]<em>l existe un accord ontologique entre les mots et le sens parce que toute parole humaine est l&rsquo;\u00e9manation imm\u00e9diate du &lsquo;logos&rsquo; divin<\/em>. &raquo; [&#8230;]   &laquo; [Maistre] <em>fit valoir la congruence essentielle existant entre l&rsquo;\u00e9tat du langage, d&rsquo;un c\u00f4t\u00e9, la sant\u00e9 et les fortunes du corps politique de l&rsquo;autre. En particulier, il d\u00e9couvrit une corr\u00e9lation exacte entre la d\u00e9composition nationale ou individuelle et l&rsquo;affaiblissement ou l&rsquo;obscurcissement du langage : \u00ab\u00a0En effet, toute d\u00e9gradation individuelle ou nationale est sur-le-champ annonc\u00e9e par une d\u00e9gradation rigoureusement proportionnelle dans le langage\u00a0\u00bb&hellip;<\/em> &raquo;<\/p>\n<\/p>\n<\/blockquote>\n<p><p>Ainsi en revenons-nous aux mauvaises querelles faites \u00e0 Douguine avec le texte de Constantin von Hoffmeister, qui est effectivement un expos\u00e9 remarquable du proc\u00e8s tonique et impitoyable fait \u00e0 la modernit\u00e9 agonisante.<\/p>\n<\/p>\n<p><h4><em>dedefensa.org<\/em><\/h4>\n<\/p>\n<p><p>_________________________<\/p>\n<\/p>\n<\/p>\n<p><h2 class=\"titleset_b.deepgreen\" style=\"color:#75714d;font-size:1.65em;font-variant:small-caps;\"><strong>Douguine contre les \u00ab\u00a0Blancs\u00a0\u00bb<\/strong><\/h2>\n<\/p>\n<p><p>Pourquoi Alexandre Douguine s&rsquo;en prend-il soudainement aux &laquo; Blancs &raquo; ? Le philosophe russe a suscit\u00e9 l&rsquo;indignation, mais sa cible n&rsquo;est pas la race : il s&rsquo;attaque au lib\u00e9ralisme et au nihilisme de la civilisation occidentale moderne.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>&laquo; Les Blancs ? Ils ont d\u00e9truit le monde et eux-m\u00eames. &Ecirc;tre blanc, c&rsquo;est \u00eatre nihiliste. C&rsquo;est une race qui se hait elle-m\u00eame. Elle a caus\u00e9 tant de maux aux autres et \u00e0 elle-m\u00eame. Elle a perdu le droit d&rsquo;exister. Aucun argument ne justifie son existence. &raquo;<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Voici ce qu&rsquo;\u00e9crivait le philosophe russe Alexandre Douguine sur X le 5 mai 2026, d\u00e9clenchant une avalanche de r\u00e9actions acerbes, souvent injurieuses, l&rsquo;accusant pour la plupart de racisme anti-Blancs et d&rsquo;hypocrisie. Cette r\u00e9action t\u00e9moigne d&rsquo;une incompr\u00e9hension totale de la pens\u00e9e de Douguine.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Ses d\u00e9tracteurs l&rsquo;interpr\u00e8tent comme s&rsquo;il s&rsquo;exprimait dans le langage des politiques raciales modernes, de la construction identitaire et des calculs d\u00e9mographiques. Or, il parle le langage de la civilisation, de la m\u00e9taphysique et du destin historique. Lorsqu&rsquo;il s&rsquo;attaque aux &laquo; Blancs &raquo;, il s&rsquo;attaque \u00e0 une condition spirituelle fa\u00e7onn\u00e9e par des si\u00e8cles de lib\u00e9ralisme, de mat\u00e9rialisme et de d\u00e9sacralisation. Il d\u00e9nonce une civilisation qui a abandonn\u00e9 la m\u00e9moire, la foi, la hi\u00e9rarchie, l&rsquo;enracinement et la continuit\u00e9 historique au profit de la consommation, des app\u00e9tits individuels, de l&rsquo;acc\u00e9l\u00e9ration technologique et de l&rsquo;abstraction. Sa cible est l&rsquo;Occident moderne en tant que mode d&rsquo;existence, et non les Europ\u00e9ens en tant que peuple biologique. Il d\u00e9crit un type de civilisation qui a dissous ses propres fondements par l&rsquo;universalisme et une autocritique incessante, jusqu&rsquo;\u00e0 ce que toute structure h\u00e9rit\u00e9e devienne un objet de suspicion ou de destruction. Ce propos s&rsquo;apparente moins \u00e0 de la haine raciale qu&rsquo;\u00e0 une condamnation virulente de la modernit\u00e9 elle-m\u00eame.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Quiconque conna&icirc;t l&rsquo;&oelig;uvre de Douguine peut imm\u00e9diatement percevoir cette tendance. L&rsquo;ensemble de son projet intellectuel s&rsquo;articule autour du rejet de l&rsquo;universalisme lib\u00e9ral et de la d\u00e9fense des civilisations distinctes contre l&rsquo;homog\u00e9n\u00e9isation. Il a longtemps soutenu la Nouvelle Droite fran\u00e7aise et les traditions europ\u00e9ennes en r\u00e9sistance \u00e0 la culture lib\u00e9rale occidentale. Ce seul fait r\u00e9fute l&rsquo;interpr\u00e9tation superficielle avanc\u00e9e par ses adversaires. Un homme qui appelle \u00e0 l&rsquo;an\u00e9antissement des Europ\u00e9ens passerait difficilement des d\u00e9cennies \u00e0 dialoguer avec des philosophes europ\u00e9ens, \u00e0 faire l&rsquo;\u00e9loge des mouvements traditionalistes europ\u00e9ens ou \u00e0 s&rsquo;inspirer intellectuellement de figures telles que Martin Heidegger, Julius Evola et Alain de Benoist. Il est rest\u00e9 remarquablement constant pendant des ann\u00e9es dans son hostilit\u00e9 envers la modernit\u00e9 lib\u00e9rale et dans sa distinction entre civilisation, ontologie et race au sens biologique. Son vocabulaire para&icirc;t souvent extr\u00eame car il \u00e9crit comme un m\u00e9taphysicien plut\u00f4t que comme un commentateur politique conventionnel.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>La v\u00e9ritable erreur consiste \u00e0 interpr\u00e9ter chaque d\u00e9claration \u00e0 travers le prisme \u00e9troit du discours identitaire. La culture politique contemporaine conditionne les individus \u00e0 interpr\u00e9ter chaque conflit \u00e0 travers les cat\u00e9gories de la gestion des races, les r\u00e9cits d&rsquo;oppression, les blocs d\u00e9mographiques et les cycles d&rsquo;indignation m\u00e9diatique. Douguine aborde ces questions par le biais de la philosophie, de la religion, du mythe, de l&rsquo;histoire sacr\u00e9e et du destin civilisationnel. Il per\u00e7oit la crise de l&rsquo;Occident comme une crise de l&rsquo;\u00e2me plut\u00f4t que comme un simple conflit politique ou ethnique. Selon lui, l&rsquo;Occident moderne a dissous ses propres traditions dans une qu\u00eate effr\u00e9n\u00e9e de progr\u00e8s, d&rsquo;expansion \u00e9conomique, de confort consum\u00e9riste et d&rsquo;universalisme id\u00e9ologique. Le christianisme a perdu sa transcendance et s&rsquo;est r\u00e9duit \u00e0 une simple administration morale. La politique s&rsquo;est mu\u00e9e en r\u00e9gulation sociale. La culture est devenue divertissement. L&rsquo;identit\u00e9, consommation. Les \u00eatres humains eux-m\u00eames sont devenus des unit\u00e9s interchangeables au sein d&rsquo;une civilisation de march\u00e9 mondialis\u00e9e. Ce processus a engendr\u00e9 le vide qu&rsquo;il associe au nihilisme.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Ceci explique \u00e9galement la contradiction profonde inh\u00e9rente au lib\u00e9ralisme lui-m\u00eame. Le lib\u00e9ralisme se pr\u00e9sente comme universel, humanitaire et post-racial, mais dans les faits, il constitue l&rsquo;ultime forme de domination culturelle occidentale \u00e0 l&rsquo;\u00e9chelle mondiale. La modernit\u00e9 lib\u00e9rale universalise des pr\u00e9suppos\u00e9s historiques sp\u00e9cifiquement occidentaux et les pr\u00e9sente comme des v\u00e9rit\u00e9s \u00e9ternelles s&rsquo;appliquant \u00e0 tous les peuples et \u00e0 toutes les civilisations. La d\u00e9mocratie parlementaire, l&rsquo;individualisme, la la\u00efcit\u00e9, l&rsquo;id\u00e9ologie de march\u00e9 et le culte des droits de l&rsquo;homme \u00e9mergent d&rsquo;une exp\u00e9rience historique occidentale particuli\u00e8re, or l&rsquo;id\u00e9ologie lib\u00e9rale les \u00e9rige en normes imp\u00e9ratives pour l&rsquo;humanit\u00e9 enti\u00e8re. En ce sens, le lib\u00e9ralisme devient la forme la plus aboutie et la plus \u00e9tendue de la supr\u00e9matie blanche, pr\u00e9cis\u00e9ment parce qu&rsquo;il vise \u00e0 dissoudre toute civilisation dans un mod\u00e8le occidental unique, tout en se r\u00e9clamant de la neutralit\u00e9 morale. L&#8217;empire lib\u00e9ral r\u00e9pand les &laquo; valeurs &raquo; et les id\u00e9es occidentales \u00e0 travers le monde et qualifie ce processus de &laquo; progr\u00e8s &raquo;. La critique de Douguine cible cet universalisme civilisationnel plut\u00f4t que les Blancs en tant que tels. Il s&rsquo;attaque \u00e0 l&rsquo;impulsion missionnaire de la modernit\u00e9 lib\u00e9rale et au vide spirituel engendr\u00e9 par son triomphe mondial.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Cette vision comporte \u00e9galement une dimension profond\u00e9ment fataliste. Le philosophe et historien allemand Oswald Spengler d\u00e9crivait les civilisations comme des organismes vivants traversant des phases de vigueur, d&rsquo;hypertrophie, de scl\u00e9rose, de s\u00e9nescence et, finalement, de mort. Selon lui, la civilisation faustienne de l&rsquo;Occident est entr\u00e9e depuis longtemps dans sa phase terminale. La vitalit\u00e9 organique a c\u00e9d\u00e9 la place \u00e0 la rationalisation technocratique, \u00e0 la domination financi\u00e8re, au d\u00e9sastre d\u00e9mographique et \u00e0 l&rsquo;atrophie spirituelle. La culture s&rsquo;est calcifi\u00e9e en civilisation, et la civilisation s&rsquo;est ossifi\u00e9e en pur m\u00e9canisme. Douguine h\u00e9rite en grande partie de cette morphologie. Lorsqu&rsquo;il parle des &laquo; Blancs &raquo;, il \u00e9voque le stade cadav\u00e9rique de l&rsquo;ordre occidental contemporain : une civilisation consum\u00e9e par la d\u00e9cadence, l&rsquo;auto-intoxication et un coma historique. L&rsquo;Occident appara&icirc;t moins comme une culture vivante que comme un gigantesque appareil administratif maintenu en vie par l&rsquo;inertie, la stimulation artificielle et des proth\u00e8ses technologiques. De ce point de vue, son d\u00e9clin semble presque physiologique, puisque la civilisation elle-m\u00eame a perdu le principe vital qui, jadis, irriguait ses art\u00e8res. Les empires s&rsquo;\u00e9l\u00e8vent, d\u00e9clinent et sombrent dans l&rsquo;oubli. Les paradigmes p\u00e9rissent et de nouvelles formes se cristallisent sur les vestiges d&rsquo;\u00e9poques r\u00e9volues. On peut donc esp\u00e9rer que ce qui succ\u00e9dera \u00e0 l&rsquo;ordre occidental actuel retrouvera forme, enracinement, hi\u00e9rarchie, intensit\u00e9 sacr\u00e9e et vigueur civilisationnelle, autant de qualit\u00e9s absentes du monde lib\u00e9ral moribond qui approche de son ultime convulsion.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Le langage de Douguine op\u00e8re donc \u00e0 un niveau ontologique. La &laquo; blancheur &raquo;, dans ce contexte, renvoie moins \u00e0 une race qu&rsquo;\u00e0 une condition existentielle moderne fa\u00e7onn\u00e9e par un individualisme lib\u00e9ral d\u00e9racin\u00e9. Douguine oppose souvent cette condition aux civilisations qui ont pr\u00e9serv\u00e9 des identit\u00e9s collectives plus fortes, des institutions religieuses ou des fondements m\u00e9taphysiques. Il per\u00e7oit le monde atlantique moderne comme la derni\u00e8re expression d&rsquo;une civilisation qui s&rsquo;est coup\u00e9e de la transcendance et a substitu\u00e9 au sens sup\u00e9rieur l&rsquo;\u00e9conomie, la technocratie et le relativisme moral. Que l&rsquo;on adh\u00e8re ou non \u00e0 cette analyse, la structure philosophique sous-jacente \u00e0 l&rsquo;argument de Douguine demeure \u00e9vidente pour quiconque est capable de d\u00e9passer les lamentations superficielles.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Des figures de proue du mouvement identitaire le comprennent parfaitement. Leur indignation feinte rel\u00e8ve davantage du th\u00e9\u00e2tre politique que d&rsquo;une v\u00e9ritable confusion. Elles d\u00e9fendent une conception abstraite de la blancheur, ancr\u00e9e dans les politiques identitaires modernes, la conscience raciale et les cat\u00e9gories d&rsquo;identit\u00e9 collective propres \u00e0 l&rsquo;\u00e8re lib\u00e9rale. Douguine s&rsquo;attaque au noyau lib\u00e9ral qui a engendr\u00e9 ces cat\u00e9gories. Pour lui, la modernit\u00e9 lib\u00e9rale d\u00e9truit tout peuple authentique en r\u00e9duisant l&rsquo;identit\u00e9 \u00e0 une \u00e9tiquette biologique d\u00e9connect\u00e9e de toute dimension spirituelle, de toute mission historique et de tout ordre traditionnel. Les identitaires placent la race au centre du politique. Douguine, quant \u00e0 lui, consid\u00e8re le Logos des civilisations, l&rsquo;existence primordiale et la destin\u00e9e des peuples comme le v\u00e9ritable centre du politique. Ces deux visions du monde se recoupent parfois, mais elles \u00e9manent d&rsquo;\u00e9coles intellectuelles radicalement diff\u00e9rentes.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Toute cette controverse r\u00e9v\u00e8le la superficialit\u00e9 de l&rsquo;interpr\u00e9tation politique moderne. Les personnes form\u00e9es exclusivement aux conflits des r\u00e9seaux sociaux et au tribalisme id\u00e9ologique perdent la capacit\u00e9 de reconna&icirc;tre un langage m\u00e9taphysique ou civilisationnel. Chaque affirmation se trouve r\u00e9duite au vocabulaire du discours racial, du factionnalisme en ligne et de la mise en sc\u00e8ne de l&rsquo;indignation. Les arguments philosophiques deviennent des captures d&rsquo;\u00e9cran. Les cat\u00e9gories ontologiques se transforment en hashtags. Un penseur ancr\u00e9 dans le langage heidegg\u00e9rien, le mysticisme orthodoxe et la th\u00e9orie des civilisations est interpr\u00e9t\u00e9 comme un simple participant \u00e0 l&rsquo;agitation raciale en ligne. Il en r\u00e9sulte une d\u00e9sint\u00e9gration compl\u00e8te de la profondeur d&rsquo;interpr\u00e9tation.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Nul n&rsquo;est tenu d&rsquo;adh\u00e9rer aux conclusions de Douguine. Un lecteur peut rejeter sa vision g\u00e9opolitique ou son interpr\u00e9tation de la modernit\u00e9. Pourtant, l&rsquo;honn\u00eatet\u00e9 intellectuelle \u00e9l\u00e9mentaire exige d&rsquo;interpr\u00e9ter un penseur selon la logique qu&rsquo;il emploie r\u00e9ellement, et non selon celle impos\u00e9e par ses adversaires. Lire Douguine \u00e0 travers le prisme du discours racial lib\u00e9ral garantit l&rsquo;incompr\u00e9hension d\u00e8s le d\u00e9part. Son langage rel\u00e8ve du domaine de la m\u00e9taphysique civilisationnelle, des modes d&rsquo;\u00eatre pluriels et du conflit spirituel. Quiconque aborde s\u00e9rieusement son article sur X peut le constater presque imm\u00e9diatement.<\/p>\n<\/p>\n<p><h4>Constantin von Hoffmeister<\/h4><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>&bull;&nbsp;Constantin von Hoffmeister, commentateur politique et culturel allemand, auteur du &lsquo;Destin de l&#39;Am&eacute;rique blanche&rsquo; et directeur de Multipolar Press, <strong>est un grand admirateur de Douguine<\/strong>. &bull;&nbsp;&Iuml;l prend ici <strong>la d&eacute;fense du philosophe russe, stupidement accus&eacute; de racisme antiblanc<\/strong>. &bull;&nbsp;Le plaidoyer de Hoffmeister est essentiellement une mise en accusation de&nbsp;;la modernit&eacute; et du lib&eacute;ralisme, <strong>toutes choses initi&eacute;es par les &ldquo;Blancs&rdquo; emport&eacute;s par l&rsquo;hubris de la d&eacute;cadence<\/strong>. &bull;&nbsp;Il est vrai qu&rsquo;il faudrait r&eacute;apprendre &agrave; &eacute;crire et &agrave; lire, d&rsquo;un m&ecirc;me &eacute;lan.<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"","ping_status":"","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"neve_meta_sidebar":"","neve_meta_container":"","neve_meta_enable_content_width":"","neve_meta_content_width":0,"neve_meta_title_alignment":"","neve_meta_author_avatar":"","neve_post_elements_order":"","neve_meta_disable_header":"","neve_meta_disable_footer":"","neve_meta_disable_title":"","_jetpack_memberships_contains_paid_content":false,"footnotes":""},"categories":[14],"tags":[17500,2657,2631,2792,22545,2659,4595,4596,14153,2658],"class_list":["post-82026","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-ouverture-libre","tag-antiblanc","tag-constantin","tag-de","tag-douguine","tag-haut-langage","tag-hoffmeister","tag-joseph","tag-maistre","tag-tweeterx","tag-von"],"jetpack_featured_media_url":"","jetpack_sharing_enabled":true,"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/82026","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=82026"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/82026\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=82026"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=82026"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=82026"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}