{"id":82280,"date":"2026-10-21T00:00:00","date_gmt":"2026-10-20T22:00:00","guid":{"rendered":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/2026\/10\/21\/victor-hugo-et-les-energies-renouvables\/"},"modified":"2026-10-21T18:00:05","modified_gmt":"2026-10-21T16:00:05","slug":"victor-hugo-et-les-energies-renouvables","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/2026\/10\/21\/victor-hugo-et-les-energies-renouvables\/","title":{"rendered":"Victor Hugo et les \u00e9nergies renouvables"},"content":{"rendered":"<h2 class=\"titleset_b.deepgreen\" style=\"color:#75714d; font-size:1.65em; font-variant:small-caps\"><strong>Victor Hugo et les \u00e9nergies renouvelables<\/strong><\/h2>\n<p><strong>Da<\/strong>ns Quatre-vingt-treize, Hugo d\u00e9fie les hommes et leur barbarie. Il se fait le chantre en pleine guerre civile fran\u00e7aise, en pleine horreur r\u00e9volutionnaire, de la sagesse, de la beaut\u00e9 et de la richesse de la nature.<\/p>\n<p>Il d\u00e9crit ainsi une promenade :<\/p>\n<p>&laquo; Pendant que ceci se passait pr\u00e8s de Tanis, le mendiant s&rsquo;en \u00e9tait all\u00e9 vers Crollon. Il s&rsquo;\u00e9tait enfonc\u00e9 dans les ravins, sous les vastes feuill\u00e9es sourdes, inattentif \u00e0 tout et attentif \u00e0 rien, comme il l&rsquo;avait dit lui-m\u00eame, r\u00eaveur plut\u00f4t que pensif, car le pensif a un but et le r\u00eaveur n&rsquo;en a pas, errant, r\u00f4dant, s&rsquo;arr\u00eatant, mangeant \u00e7\u00e0 et l\u00e0 une pousse d&rsquo;oseille sauvage, buvant aux sources, dressant la t\u00eate par moments \u00e0 des fracas lointains, puis rentrant dans l&rsquo;\u00e9blouissante fascination de la nature, offrant ses haillons au soleil, entendant peut-\u00eatre le bruit des hommes, mais \u00e9coutant le chant des oiseaux. &raquo;<\/p>\n<p>Bruit des hommes, chant des oiseaux. Hugo aimait Leopardi (voyez mon texte).<\/p>\n<p>Hugo explique aussi que certains paysages cr\u00e9ent du mal-\u00eatre :<\/p>\n<p>&laquo; En pr\u00e9sence de certains paysages f\u00e9roces, on est tent\u00e9 d&rsquo;exon\u00e9rer l&rsquo;homme et d&rsquo;incriminer la cr\u00e9ation ; on sent une sourde provocation de la nature ; le d\u00e9sert est parfois malsain \u00e0 la conscience, surtout \u00e0 la conscience peu \u00e9clair\u00e9e ; la conscience peut \u00eatre g\u00e9ante, cela fait Socrate et J\u00e9sus ; elle peut \u00eatre naine, cela fait Atr\u00e9e et Judas. La conscience petite est vite reptile ; les futaies cr\u00e9pusculaires, les ronces, les \u00e9pines, les marais sous les branches, sont une fatale fr\u00e9quentation pour elle ; elle subit l\u00e0 la myst\u00e9rieuse infiltration des persuasions mauvaises. &raquo;<\/p>\n<p>C&rsquo;est tout le message de Tolkien (dernier \u00e9crivain romantique et magique) que l&rsquo;on a l\u00e0.<\/p>\n<p>La nature est plus sage et plus belle. L&rsquo;homme \u00e9videmment peut &laquo; d\u00e9passer &raquo; la nature. Cela fait longtemps qu&rsquo;il ne le fait plus. Notez :<\/p>\n<p>&laquo; Restez dans la nature. Soyez les sauvages. Ota\u00efti est un paradis. Seulement, dans ce paradis on ne pense pas. Mieux vaudrait encore un enfer intelligent qu&rsquo;un paradis b\u00eate. Mais non, point d&rsquo;enfer. Soyons la soci\u00e9t\u00e9 humaine. Plus grande que nature. Oui. Si vous n&rsquo;ajoutez rien \u00e0 la nature, pourquoi sortir de la nature ? Alors, contentez-vous du travail comme la fourmi, et du miel comme l&rsquo;abeille. Restez la b\u00eate ouvri\u00e8re au lieu d&rsquo;\u00eatre l&rsquo;intelligence reine. &raquo;<\/p>\n<p>Belle d\u00e9finition de la soci\u00e9t\u00e9 id\u00e9ale (&laquo; nature sublim\u00e9e &raquo;) :<\/p>\n<p>&laquo; Si vous ajoutez quelque chose \u00e0 la nature, vous serez n\u00e9cessairement plus grand qu&rsquo;elle ; ajouter, c&rsquo;est augmenter ; augmenter, c&rsquo;est grandir. La soci\u00e9t\u00e9, c&rsquo;est la nature sublim\u00e9e. Je veux tout ce qui manque aux ruches, tout ce qui manque aux fourmili\u00e8res, les monuments, les arts, la po\u00e9sie, les h\u00e9ros, les g\u00e9nies. &raquo;<\/p>\n<p>Malgr\u00e9 la brutalit\u00e9 et l&rsquo;imb\u00e9cillit\u00e9 de l&rsquo;homme, de ses guerres et de ses fabrications (comme dit Lao Tse)  la nature persiste :<\/p>\n<p>&laquo; La nature est impitoyable ; elle ne consent pas \u00e0 retirer ses fleurs, ses musiques, ses parfums et ses rayons devant l&rsquo;abomination humaine ; elle accable l&rsquo;homme du contraste de la beaut\u00e9 divine avec la laideur sociale ; elle ne lui fait gr\u00e2ce ni d&rsquo;une aile de papillon ni d&rsquo;un chant d&rsquo;oiseau ; il faut qu&rsquo;en plein meurtre, en pleine vengeance, en pleine barbarie, il subisse le regard des choses sacr\u00e9es ; il ne peut se soustraire \u00e0 l&rsquo;immense reproche de la douceur universelle et \u00e0 l&rsquo;implacable s\u00e9r\u00e9nit\u00e9 de l&rsquo;azur. Il faut que la difformit\u00e9 des lois humaines se montre toute nue au milieu de l&rsquo;\u00e9blouissement \u00e9ternel. L&rsquo;homme brise et broie, l&rsquo;homme st\u00e9rilise, l&rsquo;homme tue ; l&rsquo;\u00e9t\u00e9 reste l&rsquo;\u00e9t\u00e9, le lys reste le lys, l&rsquo;astre reste l&rsquo;astre. &raquo;<\/p>\n<p>On r\u00e9p\u00e8te parce que c&rsquo;est trop beau : &laquo; L&rsquo;homme brise et broie, l&rsquo;homme st\u00e9rilise, l&rsquo;homme tue ; l&rsquo;\u00e9t\u00e9 reste l&rsquo;\u00e9t\u00e9, le lys reste le lys, l&rsquo;astre reste l&rsquo;astre. &raquo;<\/p>\n<p>Il est amusant de voir d&rsquo;ailleurs que la nature n&rsquo;a jamais \u00e9t\u00e9 aussi belle alors que l&rsquo;homme \u00e9colo et repenti pr\u00e9tend \u00e0 coups d&rsquo;\u00e9oliennes et d&rsquo;\u00e9ni\u00e8me guerre mondiale la prot\u00e9ger.<\/p>\n<p>Une derni\u00e8re grande envol\u00e9e po\u00e9tique :<\/p>\n<p>&laquo; Ce matin-l\u00e0, jamais le ciel frais du jour levant n&rsquo;avait \u00e9t\u00e9 plus charmant. Un vent ti\u00e8de remuait les bruy\u00e8res, les vapeurs rampaient mollement dans les branchages, la for\u00eat de Foug\u00e8res, toute p\u00e9n\u00e9tr\u00e9e de l&rsquo;haleine qui sort des sources, fumait dans l&rsquo;aube comme une vaste cassolette pleine d&rsquo;encens ; le bleu du firmament, la blancheur des nu\u00e9es, la claire transparence des eaux, la verdure, cette gamme harmonieuse qui va de l&rsquo;aigue marine \u00e0 l&rsquo;\u00e9meraude, les groupes d&rsquo;arbres fraternels, les nappes d&rsquo;herbes, les plaines profondes, tout avait cette puret\u00e9 qui est l&rsquo;\u00e9ternel conseil de la nature \u00e0 l&rsquo;homme. Au milieu de tout cela s&rsquo;\u00e9talait l&rsquo;affreuse impudeur humaine ; au milieu de tout cela apparaissaient la forteresse et l&rsquo;\u00e9chafaud, la guerre et le supplice, les deux figures de l&rsquo;\u00e2ge sanguinaire et de la minute sanglante ; la chouette de la nuit du pass\u00e9 et la chauve-souris du cr\u00e9puscule de l&rsquo;avenir. En pr\u00e9sence de la cr\u00e9ation fleurie, embaum\u00e9e, aimante et charmante, le ciel splendide inondait d&rsquo;aurore la Tourgue et la guillotine, et semblait dire aux hommes : Regardez ce que je fais et ce que vous faites. &raquo;<\/p>\n<p>L&rsquo;homme brise et broie, l&rsquo;homme st\u00e9rilise, l&rsquo;homme tue ; l&rsquo;\u00e9t\u00e9 reste l&rsquo;\u00e9t\u00e9, le lys reste le lys, l&rsquo;astre reste l&rsquo;astre. &raquo;<\/p>\n<p>La France de jadis&hellip;<\/p>\n<p>Enfin Hugo lance m\u00eame un message sublime sur l&rsquo;\u00e9nergie naturelle. L&rsquo;homme doit s&rsquo;aider de la terre pour vivre mieux :<\/p>\n<p>&laquo; Que tout homme ait une terre, et que toute terre ait un homme. Vous centuplerez le produit social. La France, \u00e0 cette heure, ne donne \u00e0 ses paysans que quatre jours de viande par an ; bien cultiv\u00e9e, elle nourrirait trois cent millions d&rsquo;hommes, toute l&rsquo;Europe. Utilisez la nature, cette immense auxiliaire d\u00e9daign\u00e9e. Faites travailler pour vous tous les souffles de vent, toutes les chutes d&rsquo;eau, tous les effluves magn\u00e9tiques. Le globe a un r\u00e9seau veineux souterrain ; il y a dans ce r\u00e9seau une circulation prodigieuse d&rsquo;eau, d&rsquo;huile, de feu ; piquez la veine du globe, et faites jaillir cette eau pour vos fontaines, cette huile pour vos lampes, ce feu pour vos foyers. R\u00e9fl\u00e9chissez au mouvement des vagues, au flux et reflux, au va-et-vient des mar\u00e9es. Qu&rsquo;est-ce que l&rsquo;oc\u00e9an ? une \u00e9norme force perdue. Comme la terre est b\u00eate ! ne pas employer l&rsquo;oc\u00e9an ! &raquo;<\/p>\n<p>le plus beau pour la faim :<\/p>\n<p> &laquo; Utilisez la nature, cette immense auxiliaire d\u00e9daign\u00e9e. Faites travailler pour vous tous les souffles de vent, toutes les chutes d&rsquo;eau, tous les effluves magn\u00e9tiques. Le globe a un r\u00e9seau veineux souterrain ; il y a dans ce r\u00e9seau une circulation prodigieuse d&rsquo;eau, d&rsquo;huile, de feu ; piquez la veine du globe, et faites jaillir cette eau pour vos fontaines, cette huile pour vos lampes, ce feu pour vos foyers. R\u00e9fl\u00e9chissez au mouvement des vagues, au flux et reflux, au va-et-vient des mar\u00e9es. Qu&rsquo;est-ce que l&rsquo;oc\u00e9an ? une \u00e9norme force perdue. Comme la terre est b\u00eate ! ne pas employer l&rsquo;oc\u00e9an ! &raquo;<a name=\"_GoBack\"><\/a><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Dans&nbsp;Quatre-vingt-treize, Hugo d&eacute;fie les hommes et leur barbarie. 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Hugo aimait Leopardi (voyez mon texte).<\/p>\n<p>Hugo explique aussi que certains paysages cr&eacute;ent du mal-&ecirc;tre&nbsp;:<\/p>\n<p>&laquo;&nbsp;En pr&eacute;sence de certains paysages f&eacute;roces, on est tent&eacute; d&rsquo;exon&eacute;rer l&rsquo;homme et d&rsquo;incriminer la cr&eacute;ation ; on sent une sourde provocation de la nature ; le d&eacute;sert est parfois malsain &agrave; la conscience, surtout &agrave; la conscience peu &eacute;clair&eacute;e ; la conscience peut &ecirc;tre g&eacute;ante, cela fait Socrate et J&eacute;sus ; elle peut &ecirc;tre naine, cela fait Atr&eacute;e et Judas. 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