{"id":82308,"date":"2026-10-27T00:00:00","date_gmt":"2026-10-26T22:00:00","guid":{"rendered":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/2026\/10\/27\/perspectives-sur-lesperance-ou-pas-de-linconnu\/"},"modified":"2026-10-27T17:00:04","modified_gmt":"2026-10-27T15:00:04","slug":"perspectives-sur-lesperance-ou-pas-de-linconnu","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/2026\/10\/27\/perspectives-sur-lesperance-ou-pas-de-linconnu\/","title":{"rendered":"Perspectives sur l&rsquo;esp\u00e9rance ou pas de l&rsquo;inconnu"},"content":{"rendered":"<blockquote>\n<p>&bull; Nous pr\u00e9sentons un texte de Lorenzo Carrasco :  &laquo; <em>L&rsquo;Europe th\u00e9\u00e2tralise la guerre avec la Russie tandis que son ordre lib\u00e9ral s&rsquo;effondre: un rituel de peur sans promesse de r\u00e9demption, sur la voie de l&rsquo;autodestruction<\/em>. &raquo;. &bull; Th\u00e8me int\u00e9ressant pour le spectacle <strong>du ridicule impuissant et d\u00e9sesp\u00e9r\u00e9 <\/strong>de nos mannequins-vedette dirigeants de nos pays, &bull; Le texte, comme le reste, se heurte <strong>au mur  infranchissable de l&rsquo;\u00e9nigme<\/strong> de notre avenir.&bull; <strong>Tous nos commentaires connaissent le m\u00eame sort<\/strong>.  <\/p>\n<p>_________________________<\/p>\n<\/blockquote>\n<p><\/p>\n<p>Nous prenons ici l&rsquo;exemple de plusieurs textes italiens o&ugrave; la r\u00e9flexion fondamentale sur la <a href=\"https:\/\/www.dedefensa.org\/article\/glossairedde-la-gces\">GrandeCrise<\/a> est tr\u00e8s actif. Le site, que nous consultons souvent, &lsquo;<em>euro-synergies.hautetfort.com<\/em>&lsquo; est particuli\u00e8rement indiqu\u00e9 pour nous fournir de ces textes venant de pays europ\u00e9ens dont nous ignorons souvent le bouillonnement. Il s&rsquo;agit donc ici de l&rsquo;Italie, qui conna&icirc;t une agitation proche de celle de la France, incontestable vedette du continent<\/p>\n<p>L&rsquo;extrait principal annex\u00e9 ici, &mdash; \u00e0 la fin du <a href=\"https:\/\/newsnet.fr\/329169\">texte ci-dessous<\/a> de Lorenzo Carrasco (<a href=\"http:\/\/euro-synergies.hautetfort.com\/archive\/2026\/10\/20\/fictions-bellicistes-la-theatralisation-de-la-guerre.html\">traduction<\/a>), &mdash; est plus le d\u00e9veloppement illustratif de cette tendance sur un th\u00e8me essentiel  pour notre simulacre g\u00e9n\u00e9ral (\u00ab\u00a0Guerre contre la Russie !\u00a0\u00bb) que le centre d\u00e9cisif de notre r\u00e9flexion. On notera aussit\u00f4t et sans surprise ni le moindre reproche que cette r\u00e9flexion ne nous apporte rien de nouveau comme nous-m\u00eames n&rsquo;apportons rien de nouveau dans notre pr\u00e9sent commentaire philosophique et civilisationnel. La raison en est simple : il n&rsquo;y a rien de nouveau dans ces \u00e9v\u00e9nements sinon leur d\u00e9ferlement hyst\u00e9rique, sinon par cons\u00e9quent \u00e0 observer le d\u00e9ferlement de ces \u00e9v\u00e9nements qui vont tous dans le m\u00eame sens qui nous est insaisissable et incompr\u00e9hensible parce qu&rsquo;au-dessus de nos capacit\u00e9s.<\/p>\n<p>Pour expliciter ce sentiment, il suffit de reprendre les paragraphes de conclusion du texte cit\u00e9 <em>in extenso, <\/em>et qui devient ainsi une simple illustration du th\u00e8me g\u00e9n\u00e9ral plut\u00f4t que le d\u00e9veloppement d&rsquo;une id\u00e9e nouvelle et originale<em>. <\/em><a href=\"Lorenzo%20Carrasco\">Le texte<\/a> (avec <a href=\"http:\/\/euro-synergies.hautetfort.com\/archive\/2026\/10\/20\/fictions-bellicistes-la-theatralisation-de-la-guerre.html\">la traduction<\/a>) est de Lorenzo Carrasco, sous le titre &laquo; <em>Fictions bellicistes: la th\u00e9\u00e2tralisation de la guerre <\/em>&raquo;&#8230; On parle de guerre, plus que jamais de \u00ab\u00a0dr\u00f4le de guerre\u00a0\u00bb mais le th\u00e8me sous-jacent jusqu&rsquo;\u00e0 en \u00eatre \u00e9touffant est bien l&rsquo;autodestruction et l&rsquo;effondrement de la civilisation<\/p>\n<blockquote class=\"normal\" style=\"font-size:1.05em\">\n<h3 class=\"subtitleset_c.deepgreen\" style=\"color:#75714d; font-size:1.25em\"><strong>&laquo; <em>Les signes d&rsquo;un changement d&rsquo;\u00e9poque<\/em><\/strong><\/h3>\n<p>&laquo; <em>C&rsquo;est \u00e0 ce stade que l&rsquo;on peut v\u00e9ritablement parler d&rsquo;autodestruction. Une civilisation peut commencer \u00e0 se d\u00e9truire non parce qu&rsquo;elle aurait cess\u00e9 de croire, mais parce qu&rsquo;elle a transform\u00e9 son propre ordre historique en objet de foi absolue. Lorsque les dirigeants cessent de concevoir un avenir diff\u00e9rent de celui qu&rsquo;ils administrent; lorsque la guerre remplace la politique et que la peur se substitue au projet; lorsque la pr\u00e9servation des institutions devient plus importante que les personnes pour lesquelles elles ont \u00e9t\u00e9 cr\u00e9\u00e9es, nous ne sommes plus seulement confront\u00e9s \u00e0 une crise politique ou \u00e9conomique. Nous sommes face \u00e0 une profonde d\u00e9b\u00e2cle civilisationnelle.<\/em><\/p>\n<p>&raquo; <em>Le moment o&ugrave; une \u00e9lite perd sa capacit\u00e9 de concevoir, de cr\u00e9er et de convaincre constitue g\u00e9n\u00e9ralement le signe avant-coureur de la fin d&rsquo;une \u00e9poque. Cela ne signifie toutefois pas n\u00e9cessairement que la civilisation soit condamn\u00e9e; cela peut impliquer exactement le contraire. Cela indique que les structures incapables de r\u00e9pondre aux d\u00e9fis du pr\u00e9sent ouvrent la voie \u00e0 d&rsquo;autres formes d&rsquo;organisation, \u00e0 de nouvelles id\u00e9es et au r\u00e9tablissement de vertus qui semblaient oubli\u00e9es. Apr\u00e8s tout, l&rsquo;\u00e9puisement cr\u00e9atif d&rsquo;un ordre n&rsquo;\u00e9puise pas la capacit\u00e9 d&rsquo;invention humaine. Lorsque ceux qui gouvernent ne con\u00e7oivent plus rien au-del\u00e0 de leur propre perp\u00e9tuation, c&rsquo;est peut-\u00eatre pr\u00e9cis\u00e9ment le premier signe que quelque chose de nouveau &mdash; d&rsquo;enti\u00e8rement nouveau &mdash; est sur le point d&rsquo;advenir<\/em>. &raquo;<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>On trouve, toujours dans le domaine italien d&rsquo;autres exemples, sur d&rsquo;autres th\u00e8mes, du m\u00eame sens pr\u00e9cis\u00e9ment de la r\u00e9flexion. On en pr\u00e9sente deux qui aborde pourtant des th\u00e8mes tr\u00e8s diff\u00e9rents, &mdash; toujours avec la m\u00eame conclusion, l&rsquo;inconnu charg\u00e9 ou pas d&rsquo;une esp\u00e9rance vaguement mais puissamment exprim\u00e9e, ou d&rsquo;une absence d&rsquo;esp\u00e9rance accompagn\u00e9e de la n\u00e9cessit\u00e9 de forcer la pens\u00e9e \u00e0 tout de m\u00eame en trouver une.<\/p>\n<p>On, donne ici deux exemples, avec seulement leurs conclusions allant dans le sens qu&rsquo;on dit, rejoignant les conclusions du texte ci-dessous montrant les m\u00eames caract\u00e8res.<\/p>\n<p>&bull; Un texte <a href=\"https:\/\/www.ilprimatonazionale.it\/primo-piano\/europa-rivo...\">tr\u00e8s centr\u00e9<\/a> ;sur l&rsquo;actualit\u00e9 imm\u00e9diate pour le compte, sur les \u00e9v\u00e9nements en cours, surtout  en Italie et en France, de <a href=\"http:\/\/euro-synergies.hautetfort.com\/archive\/2026\/10\/20\/fictions-bellicistes-la-theatralisation-de-la-guerre.html\">Sergio Filacchioni<\/a> (toujours avec la t<a href=\"http:\/\/euro-synergies.hautetfort.com\/archive\/2026\/10\/26\/l-europe-en-revolte-et-les-decombres-de-la-prophetie-progressiste-ou-allons.html)\">raduction<\/a>). Le titre : &laquo; <em>L&rsquo;Europe en r\u00e9volte et les d\u00e9combres de la proph\u00e9tie progressiste: o&ugrave; allons-nous?<\/em> &raquo; Le th\u00e8me est ici l&rsquo;Europe, mais il s&rsquo;agit toujours de la civilisation et de la GrandeCrise.<\/p>\n<blockquote class=\"normal\" style=\"font-size:1.05em\">\n<p>&laquo; <em>Il existe une question existentielle<\/em><\/p>\n<p>&laquo; <em>Les barricades n&rsquo;\u00e9difient pas spontan\u00e9ment un monde nouveau. Elles montrent plut\u00f4t que le monde pr\u00e9sent peine \u00e0 tenir ses promesses. Pour ceux qui aspirent \u00e0 une transformation radicale, ce n&rsquo;est pas une victoire d\u00e9j\u00e0 acquise: c&rsquo;est une responsabilit\u00e9 qui reste enti\u00e8rement \u00e0 assumer. Ne pas \u00eatre les gardiens de l&rsquo;ordre existant, ni les figurants dans la r\u00e9volte d&rsquo;autrui. La question qui revient des rues europ\u00e9ennes n&rsquo;est pas seulement de savoir contre qui protester, mais quelle Europe peut encore \u00eatre construite<\/em>. &raquo;<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>&bull;  <a href=\"https:\/\/www.ariannaeditrice.it\/articoli\/gli-eredi-del-pri...\">Un texte<\/a> de Marcello Veneziani (<a href=\"http:\/\/euro-synergies.hautetfort.com\/archive\/2026\/10\/21\/les-heritiers-du-prince-parmi-les-ruines-de-la-democratie.html\">traduction<\/a>) sur \u00ab\u00a0les h\u00e9ritiers du Prince\u00a0\u00bb (de Machiavel), s&rsquo;il y en a aujourd&rsquo;hui (hypoth\u00e8se si audacieuse). Le texte est incertain malis l&rsquo;id\u00e9e est tr\u00e8s caract\u00e9ristique du temps o&ugrave; l&rsquo;on r\u00e9pond cat\u00e9goriquement \u00ab\u00a0non !\u00a0\u00bb \u00e0 cette sorte de question. La fin est tr\u00e8s pessimiste, voire nihiliste, mais elle ne peut s&#8217;emp\u00eacher d&rsquo;un mot d&rsquo;\u00e9vocation de quelque chose d&rsquo;autre (\u00ab\u00a0ailleurs\u00a0\u00bb) tant la pression de ce nihilisme devient insupportable jusqu&rsquo;\u00e0 la folie et l&rsquo;\u00e9vocation implicite du suicide a-la-Lincoln.<\/p>\n<blockquote class=\"normal\" style=\"font-size:1.05em\">\n<p>&laquo; <em>La d\u00e9mocratie est malade, incapable de se relever par ses propres forces, et elle recourt parfois au rem\u00e8de extr\u00eame des raccourcis impraticables, comme le populisme. Le suffrage universel est une offense \u00e0 l&rsquo;intelligence, \u00e0 la qualit\u00e9 et au m\u00e9rite; il est en outre d\u00e9tourn\u00e9 et trahi en cours de route. La somme arithm\u00e9tique de volont\u00e9s individuelles ne produit pas un r\u00e9sultat coh\u00e9rent et efficace, mais se trouve \u00e0 la merci de celui qui, dans les faits, l&rsquo;interpr\u00e9tera ensuite. Autrement dit, le pouvoir utilise l&rsquo;approbation populaire, mais reste infid\u00e8le \u00e0 son mandat, au demeurant vague et contradictoire. C&rsquo;est vrai, mais par quoi peut-on remplacer la d\u00e9mocratie? Et revient alors, in\u00e9vitablement, la citation de Winston Churchill selon laquelle la d\u00e9mocratie est le pire des r\u00e9gimes, \u00e0 l&rsquo;exception de tous les autres. Nous restons ainsi enlac\u00e9s \u00e0 un fantoche, tandis que la politique agonise, que le peuple oscille entre m\u00e9contentement et d\u00e9sertion, et que la vie se trouve ailleurs &mdash; tout comme le pouvoir.<\/em> &raquo;<\/p>\n<\/blockquote>\n<h3 class=\"subtitleset_c.deepgreen\" style=\"color:#75714d; font-size:1.25em\"><strong>De la difficult\u00e9 d&rsquo;\u00e9crire et de commenter<\/strong><\/h3>\n<p>Cette situation parfaitement d\u00e9crite par ces conclusions, qu&rsquo;on retrouve partout dans les textes abordant les diff\u00e9rents sujets avec loyaut\u00e9, nous placent, nous observateurs et commentateurs, devant une t\u00e2che impossible. Quel que soit le sujet abord\u00e9, et avec quels talent et finesse d&rsquo;analyse qu&rsquo;on y mette, l&rsquo;auteur se trouve confront\u00e9 in\u00e9vitablement \u00e0 l&rsquo;inutilit\u00e9 op\u00e9rationnelle de son travail : \u00e0 quoi bon d\u00e9tailler telle ou telle question, \u00e0 quoi bon soulever telle ou telle probl\u00e9matique, \u00e0 quoi bon critiquer les impuissances, les corruptions et les stupidit\u00e9s ? A quoi bon resasser l&rsquo;historique des catastrophes et des brigandages ? A quoi bon poursuivre la litanies des complots et emprises d&rsquo;organisations myst\u00e9rieuses qui naissent dans nos esprits f\u00e9conds \u00e0 un rythme endiabl\u00e9, &mdash; suivant ce terme d\u00e9riv\u00e9 parasynth\u00e9tique \u00e9vident de \u00ab\u00a0diable\u00a0\u00bb ? Au bout du compte, quelle importance y a-t-il \u00e0 d\u00e9crire le chemin, n\u00e9cessairement catastrophique, qui aboutit au m\u00eame terme n\u00e9cessairement catastrophique, et nous confronte \u00e0 la m\u00eame perspective de l&rsquo;inconnu ? Nous pouvons disserter sur les causes et les responsabilit\u00e9s, saluer les actes de r\u00e9sistance et d&rsquo;ind\u00e9pendance, &mdash;&mdash; au terme du voyage il y a le m\u00eame mur infranchissable de l&rsquo;\u00e9nigme de notre avenir.<\/p>\n<p>Nous-m\u00eames connaissons les m\u00eames difficult\u00e9s, tandis que nombre d&rsquo;autres continuent \u00e0 besogner sans avoir conscience de l&rsquo;inutilit\u00e9 de la chose, comme si l&rsquo;inconnu leur \u00e9tait connu, le diable identifi\u00e9-diabolique, les comploteurs complot\u00e9s et ainsi de suite. C&rsquo;est une situation totalement in\u00e9dite et absurdement contradictoire : nous avons tous les outils, \u00e0 profusion et comme jamais, avec un syst\u00e8me de la communication d&rsquo;une puissance inou\u00efe, et nous pouvons alors explorer les multiples avatars qui m\u00e8nent \u00e0 notre situation, et sugg\u00e9rer les hypoth\u00e8ses qui auraient pu r\u00e9duire \u00e0 merci et \u00e0 notre merci certaines des choses qui nous narguent, &mdash; mais pour aboutir toujours \u00e0 cette m\u00eame \u00e9nigme, ce \u00ab\u00a0mur infranchissable\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p>Alors, que faire ? On ne peut renoncer \u00e0 ce qui fait notre fa\u00e7on de vivre, et pour certains dont nous sommes, notre raison de vivre et notre honneur. Alors, que faisons-nous ? Nous faisons quelque chose comme l&rsquo;un des actes du Petit Poucet qui indique un chemin dans la for\u00eat gr\u00e2ce \u00e0 des petits cailloux blancs qu&rsquo;il a sem\u00e9s sur le chemin. Notre t\u00e2che est alors de retrouver ces \u00ab\u00a0petits cailloux blancs\u00a0\u00bb comme autant de <a href=\"https:\/\/www.dedefensa.org\/article\/glossairedde-verite-de-situation-verite\">v\u00e9rit\u00e9s-de-situation<\/a> qui permettraient d&rsquo;envisager de reconstituer une r\u00e9alit\u00e9 perdue depuis si longtemps, esp\u00e9rant qu&rsquo;elles permette nt d&rsquo;envisager de n\u00e9gocier avec le \u00ab\u00a0mur infranchissable\u00a0\u00bb une indication qui nous rapproche d&rsquo;une identification de l&rsquo;avenir \u00e0 travers l&rsquo;\u00e9nigme qui se dresse.<\/p>\n<p>Nous avons nos convictions et une foi certaine qui nous font penser qu&rsquo;il existe des forces inconnues qui nous dominent et d\u00e9terminent notre destin, et avec une r\u00e9elle confiance, &mdash; c&rsquo;est la d\u00e9finition de la \u00ab\u00a0foi\u00a0\u00bb, &mdash; dans leur bienveillance.  C&rsquo;est une fa\u00e7on de donner un sens \u00e0 notre d\u00e9marche, alors que nous jugeons de plus en plus inutile toutes ces recherches, d\u00e9nonciations, mises \u00e0 nue de tous les outrages de ces \u00eatres aux actes d\u00e9testables qui nous ont conduit jusqu&rsquo;o&ugrave; nous nous trouvons. Ces outrages existent, sans la moindre doute, mais nous savons \u00e9galement que la mise \u00e0 nu et leur mise en cause n&rsquo;ont aucune capacit\u00e9 de nous aider \u00e0 r\u00e9soudre la question du mur infranchissable puisque leurs actions mis\u00e9rables n&rsquo;ont \u00e9t\u00e9 faites que parce que le mur infranchissable, justement, emp\u00eache qu&rsquo;une cause puissante les r\u00e9duisent \u00e0 merci. Ils en usent et en jouissent mais n&rsquo;en connaissent rien de son secret, qui les indiff\u00e8re d&rsquo;ailleurs puisqu&rsquo;ils vivent dans le pr\u00e9sent de leur nihilisme catastrophique.<\/p>\n<p>Tant pis et qu&rsquo;importe, nous poursuivons&#8230; &laquo; <em>Passez outre !<\/em> &raquo; s&rsquo;exclamait glorieusement Jeanne.<\/p>\n<p>Le <a href=\"http:\/\/euro-synergies.hautetfort.com\/archive\/2026\/10\/20\/fictions-bellicistes-la-theatralisation-de-la-guerre.html\">texte ci-dessous<\/a>, dont on a vu la conclusion sans surprise, d\u00e9crit pour notre information courante et sans surprise, la bombastique et ridiculissime transformation des dirigeants europ\u00e9ens en, chefs de guerre des ext\u00e9rieurs, grim\u00e9s jusqu&rsquo;\u00e0 endosser des <em>battle dress<\/em> de pied en cap pour leurs conf\u00e9rences strat\u00e9giques contre la Russie \u00e9videmment, mais essentiellement destin\u00e9e \u00e0 un \u00e9lectorat qu&rsquo;on esp\u00e8re sensible \u00e0 un tel h\u00e9ro\u00efsme durant les actions d\u00e9mocratiques de votation de cet \u00e9lectorat&#8230; Et ainsi la guerre ext\u00e9rieure qui n&rsquo;a pas encore lieu doit-elle d&rsquo;abord constituer une man&oelig;uvre-\u00e9clair int\u00e9rieure de fa\u00e7on \u00e0 prot\u00e9ger la vertu d\u00e9mocratique de la population :<\/p>\n<blockquote class=\"normal\" style=\"font-size:1.05em\">\n<p>&laquo; <em>La guerre cesse alors d&rsquo;\u00eatre seulement un instrument ext\u00e9rieur de la politique et se transforme en n\u00e9cessit\u00e9 interne du syst\u00e8me. C&rsquo;est pr\u00e9cis\u00e9ment \u00e0 ce point que les d\u00e9lires bellicistes contemporains prennent une dimension bien plus profonde que le d\u00e9bat quotidien sur la Russie, l&rsquo;Ukraine, l&rsquo;OTAN ou les d\u00e9penses militaires: la question est civilisationnelle. Un ordre qui a perdu la capacit\u00e9 de concevoir son propre avenir peut commencer \u00e0 accepter des risques qui, dans des circonstances normales, para&icirc;traient inconcevables. Il peut finir par confondre la continuit\u00e9 de ses structures avec celle de la civilisation elle-m\u00eame<\/em>. &raquo;<\/p>\n<\/blockquote>\n<h4><em>dedefensa.org<\/em><\/h4>\n<p>_________________________<\/p>\n<\/p>\n<h2 class=\"titleset_b.deepgreen\" style=\"color:#75714d; font-size:1.65em; font-variant:small-caps\"><strong>Fictions bellicistes : la th\u00e9\u00e2tralisation de la guerre<\/strong><\/h2>\n<blockquote>\n<p>L&rsquo;Europe th\u00e9\u00e2tralise la guerre avec la Russie tandis que son ordre lib\u00e9ral s&rsquo;effondre: un rituel de peur sans promesse de r\u00e9demption, sur la voie de l&rsquo;autodestruction.<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>MSIa Informa, 29 septembre 2026. &mdash; Dans un \u00e9lan de mise en sc\u00e8ne, les dirigeants europ\u00e9ens se sont affich\u00e9s en tenue militaire lors du Sommet europ\u00e9en de l&rsquo;Arctique, organis\u00e9 \u00e0 Rovaniemi, en Finlande, afin de faire clairement comprendre qu&rsquo;ils seraient pr\u00eats \u00e0 affronter la Russie. Pendant ce temps, la machine politique et m\u00e9diatique des principales capitales europ\u00e9ennes r\u00e9p\u00e8te, presque \u00e0 l&rsquo;unisson, ses mises en garde contre la pr\u00e9tendue &laquo;menace russe&raquo; incarn\u00e9e par Vladimir Poutine.<\/p>\n<p>La d\u00e9claration officielle du Sommet de Rovaniemi, tenu les 13 et 14 septembre 2026, a elle-m\u00eame \u00e9tabli que la s\u00e9curit\u00e9 devait \u00eatre au c&oelig;ur des discussions et insist\u00e9 sur la n\u00e9cessit\u00e9 de renforcer la pr\u00e9sence et les capacit\u00e9s europ\u00e9ennes dans l&rsquo;Arctique, r\u00e9gion consid\u00e9r\u00e9e comme strat\u00e9gique pour la s\u00e9curit\u00e9 de l&rsquo;ensemble du continent.<\/p>\n<p>Mais cette mise en sc\u00e8ne rec\u00e8le quelque chose de bien plus profond\u00e9ment inqui\u00e9tant. Ces dirigeants se d\u00e9guisent en porte-parole de soci\u00e9t\u00e9s mobilis\u00e9es pour la guerre, alors qu&rsquo;ils gouvernent des pays profond\u00e9ment divis\u00e9s et font face \u00e0 une \u00e9rosion croissante de la confiance politique. Le d\u00e9calage entre la rh\u00e9torique des dirigeants et les dispositions r\u00e9elles des soci\u00e9t\u00e9s qu&rsquo;ils pr\u00e9tendent repr\u00e9senter devrait, \u00e0 lui seul, inciter \u00e0 la prudence. Au lieu de cela, nous assistons \u00e0 la construction d&rsquo;un climat psychologique de confrontation. Et c&rsquo;est pr\u00e9cis\u00e9ment l\u00e0 que le danger commence.<\/p>\n<h3 class=\"subtitleset_c.deepgreen\" style=\"color:#75714d; font-size:1.25em\"><strong>Le risque r\u00e9el d&rsquo;autodestruction<\/strong><\/h3>\n<p>En premier lieu, ils simulent la puissance, car l&rsquo;Europe ne dispose pas aujourd&rsquo;hui de toutes les capacit\u00e9s industrielles n\u00e9cessaires pour soutenir de fa\u00e7on autonome une mobilisation militaire prolong\u00e9e \u00e0 l&rsquo;\u00e9chelle sugg\u00e9r\u00e9e par l&rsquo;actuelle rh\u00e9torique du r\u00e9armement. Les efforts m\u00eames d\u00e9ploy\u00e9s par l&rsquo;Europe pour reconstituer ses stocks, accro&icirc;tre sa production de munitions et restaurer ses capacit\u00e9s industrielles montrent \u00e0 quel point cette infrastructure a \u00e9t\u00e9 r\u00e9duite au cours des derni\u00e8res d\u00e9cennies. Mais le probl\u00e8me le plus grave n&rsquo;est pas industriel. Il est strat\u00e9gique.<\/p>\n<p>La F\u00e9d\u00e9ration de Russie poss\u00e8de un immense arsenal nucl\u00e9aire et a d\u00e9velopp\u00e9 des syst\u00e8mes d&rsquo;attaque avanc\u00e9s, notamment hypersoniques. Cela ne signifie pas que la Russie dispose d&rsquo;une sup\u00e9riorit\u00e9 technologique dans tous les domaines, mais implique quelque chose de beaucoup plus important pour notre r\u00e9flexion: toute guerre directe entre l&rsquo;OTAN et la Russie mettrait aux prises des forces capables de provoquer des destructions \u00e0 l&rsquo;\u00e9chelle d&rsquo;une civilisation. La Russie et les &Eacute;tats-Unis continuent de d\u00e9tenir l&rsquo;\u00e9crasante majorit\u00e9 des ogives nucl\u00e9aires existantes, tandis que les principales puissances nucl\u00e9aires modernisent leurs arsenaux et que les m\u00e9canismes de ma&icirc;trise des armements s&rsquo;affaiblissent. Par cons\u00e9quent, traiter un affrontement direct entre la Russie et l&rsquo;OTAN comme s&rsquo;il ne s&rsquo;agissait que d&rsquo;une option de politique \u00e9trang\u00e8re parmi d&rsquo;autres n&rsquo;est pas une preuve de courage. C&rsquo;est jouer avec la possibilit\u00e9 imminente d&rsquo;une autodestruction.<\/p>\n<p>Une fois franchi un certain seuil, rien ne garantit plus que les \u00e9v\u00e9nements resteront sous le contr\u00f4le de ceux qui les ont d\u00e9clench\u00e9s. C&rsquo;est pr\u00e9cis\u00e9ment ce point qui semble dispara&icirc;tre de l&rsquo;actuelle th\u00e9\u00e2tralisation belliciste. Et il y a plus inqui\u00e9tant encore: le langage de la destruction est de nouveau ouvertement employ\u00e9 par les dirigeants occidentaux eux-m\u00eames.<\/p>\n<p>En septembre 2026, devant l&rsquo;Assembl\u00e9e g\u00e9n\u00e9rale des Nations unies, le pr\u00e9sident Donald Trump est all\u00e9 jusqu&rsquo;\u00e0 avertir que les &Eacute;tats-Unis pourraient &laquo;an\u00e9antir&raquo; l&rsquo;Iran si aucun accord n&rsquo;\u00e9tait trouv\u00e9. Si une menace de cette nature peut \u00eatre prof\u00e9r\u00e9e devant les Nations unies sans provoquer une rupture politique proportionnelle \u00e0 l&rsquo;\u00e9normit\u00e9 des propos tenus, c&rsquo;est que quelque chose de profond\u00e9ment grave est en train d&rsquo;arriver \u00e0 la perception occidentale des limites de la guerre. Car la normalisation du langage de l&rsquo;an\u00e9antissement ne reste pas n\u00e9cessairement circonscrite \u00e0 l&rsquo;adversaire contre lequel il \u00e9tait initialement dirig\u00e9.<\/p>\n<p>Aujourd&rsquo;hui, il peut s&rsquo;agir de l&rsquo;Iran. Demain, dans une spirale d&rsquo;escalade que plus personne ne parviendrait \u00e0 ma&icirc;triser, il pourrait s&rsquo;agir de villes europ\u00e9ennes. C&rsquo;est en ce sens que les actuels d\u00e9lires bellicistes cessent d&rsquo;\u00eatre une simple mise en sc\u00e8ne politique pour devenir un danger concret d&rsquo;autodestruction de la civilisation europ\u00e9enne elle-m\u00eame. L&rsquo;Europe, qui fut pendant des si\u00e8cles l&rsquo;un des principaux foyers de la civilisation occidentale, a travers\u00e9 deux guerres mondiales et sait directement ce que signifie la transformation de rivalit\u00e9s politiques en guerres d&rsquo;an\u00e9antissement. C&rsquo;est pr\u00e9cis\u00e9ment pourquoi on serait en droit d&rsquo;attendre de ses dirigeants qu&rsquo;ils soient les premiers \u00e0 comprendre qu&rsquo;une guerre entre puissances nucl\u00e9aires n&rsquo;offre aucune seconde chance de corriger les erreurs de calcul.<\/p>\n<p>Pourtant, nous voyons des dirigeants jouer avec les symboles militaires, les discours de mobilisation, les ennemis existentiels et les perspectives de confrontation, comme si nous nous trouvions encore dans le monde d&rsquo;avant Hiroshima. La fiction consiste pr\u00e9cis\u00e9ment \u00e0 repr\u00e9senter la guerre comme un instrument politique encore disponible, sans envisager l&rsquo;issue ultime que pourrait entra&icirc;ner une telle guerre. Et si l&rsquo;affrontement \u00e9chappe \u00e0 tout contr\u00f4le, ce ne seront pas seulement les gouvernements, les partis ou les alliances militaires qui en paieront le prix. Ce pourrait \u00eatre la civilisation m\u00eame que ces dirigeants affirment d\u00e9fendre.<\/p>\n<h3 class=\"subtitleset_c.deepgreen\" style=\"color:#75714d; font-size:1.25em\"><strong>Qui a besoin de la menace?<\/strong><\/h3>\n<p>Posons donc la question: qui se trouve derri\u00e8re toute cette imposture? Qui alimente cette repr\u00e9sentation? Qui a besoin de ce climat permanent de menace? Et pourquoi un ordre politique fissur\u00e9, d\u00e9pourvu de l\u00e9gitimit\u00e9, semble-t-il trouver dans la perspective de la guerre l&rsquo;un de ses derniers alibis pour justifier sa p\u00e9rennit\u00e9? La r\u00e9ponse la plus na\u00efve consisterait \u00e0 expliquer cette pathologie par la tentative de maintenir des r\u00e9gimes impopulaires sous le r\u00e9gime d&rsquo;une menace ext\u00e9rieure imaginaire, tout en condamnant ou en r\u00e9primant les forces politiques \u00e9mergentes, accus\u00e9es d&rsquo;\u00eatre des &laquo;agents de l&rsquo;\u00e9tranger&raquo; ou les instruments d&rsquo;une puissance ennemie &mdash; en l&rsquo;occurrence, li\u00e9s \u00e0 la &laquo;b\u00eate&raquo; russe.<\/p>\n<p>Il y a certainement une part de cela. L&rsquo;histoire offre de nombreux exemples de gouvernements qui recourent \u00e0 la menace ext\u00e9rieure afin de ressouder des coh\u00e9sions internes d\u00e9t\u00e9rior\u00e9es, de discr\u00e9diter leurs adversaires et de justifier des mesures qui, dans des circonstances normales, rencontreraient une plus forte r\u00e9sistance. Mais cette explication reste insuffisante. Lorsque nous parlons de crise, nous ne faisons pas seulement r\u00e9f\u00e9rence \u00e0 la l\u00e9gitimit\u00e9 d&rsquo;un groupe de dirigeants europ\u00e9ens. La d\u00e9composition atteint le syst\u00e8me m\u00eame qui les a port\u00e9s au pouvoir. Et c&rsquo;est pr\u00e9cis\u00e9ment ce syst\u00e8me qui s&rsquo;effondre.<\/p>\n<h3 class=\"subtitleset_c.deepgreen\" style=\"color:#75714d; font-size:1.25em\">E<strong>ffondrement de l&rsquo;ordre lib\u00e9ral et financier<\/strong><\/h3>\n<p>Le pr\u00e9tendu &laquo;monde fond\u00e9 sur des r\u00e8gles&raquo;, la mondialisation financi\u00e8re, le libre-\u00e9change \u00e9rig\u00e9 en dogme et le remplacement progressif de l&rsquo;\u00e9conomie productive par l&rsquo;interm\u00e9diation financi\u00e8re se heurtent aujourd&rsquo;hui au retour de l&rsquo;&Eacute;tat national souverain. Cette r\u00e9surgence donne la priorit\u00e9 \u00e0 la politique industrielle, \u00e0 la s\u00e9curit\u00e9 \u00e9nerg\u00e9tique, aux cha&icirc;nes de production strat\u00e9giques et \u00e0 la d\u00e9fense des int\u00e9r\u00eats \u00e9conomiques propres \u00e0 chaque pays. Paradoxalement, ce centralisme \u00e9tatique pourrait \u00e9galement indiquer une voie permettant \u00e0 l&rsquo;Occident de renouer avec une partie de ses racines civilisationnelles &mdash; essentiellement chr\u00e9tiennes &mdash;, selon lesquelles le pouvoir politique n&rsquo;\u00e9tait pas con\u00e7u comme une r\u00e9alit\u00e9 absolue, mais comme soumis \u00e0 un ordre moral sup\u00e9rieur.<\/p>\n<p>Au fond, derri\u00e8re ces chim\u00e8res se dessine une faille encore plus profonde: la crise du mod\u00e8le lib\u00e9ral et financier articul\u00e9 autour de banques centrales &laquo;ind\u00e9pendantes&raquo;. Cette logique a consolid\u00e9 l&rsquo;autonomie croissante du capital par rapport aux &Eacute;tats nationaux, sous l&rsquo;impulsion d&rsquo;une conception \u00e9conomique qui, pendant des d\u00e9cennies, a progressivement d\u00e9plac\u00e9 le centre de gravit\u00e9 de la richesse de la production r\u00e9elle vers la sp\u00e9culation renti\u00e8re.<\/p>\n<p>Les racines de cette structure remontent \u00e0 la gestation de l&rsquo;ordre commercial anglo-n\u00e9erlandais des XVII et XVIII si\u00e8cles, par la suite projet\u00e9 \u00e0 l&rsquo;\u00e9chelle mondiale \u00e0 travers l&rsquo;expansion imp\u00e9riale et bancaire britannique. Au fil du temps, ce mod\u00e8le a rev\u00eatu de nouvelles formes, tout en conservant une caract\u00e9ristique essentielle: la capacit\u00e9 du pouvoir financier \u00e0 se pr\u00e9senter comme une r\u00e9alit\u00e9 ext\u00e9rieure \u00e0 la politique et \u00e0 placer ses d\u00e9cisions sous le signe de proc\u00e9d\u00e9s techniques, neutres et ind\u00e9pendants des choix souverains de la soci\u00e9t\u00e9. C&rsquo;est pr\u00e9cis\u00e9ment cette architecture dissimul\u00e9e qui commence aujourd&rsquo;hui \u00e0 \u00eatre remise en question.<\/p>\n<h3 class=\"subtitleset_c.deepgreen\" style=\"color:#75714d; font-size:1.25em\"><strong>Une religion s\u00e9culi\u00e8re sans promesse de r\u00e9demption<\/strong><\/h3>\n<p>Le cerveau cach\u00e9 des oligarchies occidentales a perdu la capacit\u00e9 de produire des id\u00e9es et des projets susceptibles de mobiliser les soci\u00e9t\u00e9s en direction d&rsquo;un avenir prometteur. Cette st\u00e9rilit\u00e9 se manifeste \u00e9galement dans la m\u00e9diocrit\u00e9 d&rsquo;une grande partie des dirigeants actuels, devenus de simples administrateurs d&rsquo;un ordre r\u00e9gressif plut\u00f4t que les cr\u00e9ateurs d&rsquo;une nouvelle r\u00e9alit\u00e9 politique. La politique lib\u00e9rale s&rsquo;est ainsi transform\u00e9e en une sorte de religion s\u00e9culi\u00e8re d\u00e9pourvue de promesse de r\u00e9demption, ce qui constitue peut-\u00eatre l&rsquo;une de ses caract\u00e9ristiques les plus inqui\u00e9tantes.<\/p>\n<p>Les grands mouvements politiques des XIX et XX si\u00e8cles, m\u00eame lorsqu&rsquo;ils ont conduit des soci\u00e9t\u00e9s enti\u00e8res \u00e0 la catastrophe, promettaient encore une certaine forme de r\u00e9demption historique: la soci\u00e9t\u00e9 sans classes, la grandeur nationale, l&#8217;empire, la r\u00e9volution, l&rsquo;homme nouveau ou un ordre futur pr\u00e9tendument d\u00e9finitif. &Agrave; l&rsquo;inverse, la religion s\u00e9culi\u00e8re de l&rsquo;ordre lib\u00e9ral en d\u00e9composition n&rsquo;offre m\u00eame plus cela. Elle exige des sacrifices sans pr\u00e9senter de paradis futur: elle r\u00e9clame l&rsquo;appauvrissement au nom de la stabilit\u00e9, la perte de souverainet\u00e9 au nom des r\u00e8gles, la d\u00e9sindustrialisation au nom de l&rsquo;efficacit\u00e9 et la censure au nom de la d\u00e9mocratie. Finalement, elle accepte m\u00eame le risque de la guerre afin de pr\u00e9server un ordre dont elle n&rsquo;est plus capable d&rsquo;expliquer la finalit\u00e9.<\/p>\n<p>Il n&rsquo;existe plus de v\u00e9ritable promesse de r\u00e9demption. Il ne subsiste que la promesse que le syst\u00e8me continuera d&rsquo;exister. &laquo;Nous sommes le jardin d&rsquo;&Eacute;den; tout le reste est la jungle&raquo;. &Agrave; ce stade, la politique cesse de d\u00e9fendre la soci\u00e9t\u00e9 et exige de celle-ci un sacrifice aveugle pour d\u00e9fendre le syst\u00e8me! C&rsquo;est pr\u00e9cis\u00e9ment l\u00e0 qu&rsquo;une religion s\u00e9culi\u00e8re peut devenir autodestructrice: lorsque la pr\u00e9servation de l&rsquo;ordre existant importe davantage que celle des personnes qui vivent sous cet ordre, r\u00e9duites en esclavage.<\/p>\n<h3 class=\"subtitleset_c.deepgreen\" style=\"color:#75714d; font-size:1.25em\"><strong>De la minorit\u00e9 cr\u00e9atrice \u00e0 la minorit\u00e9 dominante<\/strong><\/h3>\n<p>C&rsquo;est peut-\u00eatre l&rsquo;un des signes les plus profonds d&rsquo;un \u00e9puisement civilisationnel. Une \u00e9lite cesse d&rsquo;\u00eatre cr\u00e9atrice lorsqu&rsquo;elle ne parvient plus \u00e0 imaginer un avenir qui ne soit pas la simple continuation d&rsquo;elle-m\u00eame. Le grand historien britannique Arnold Toynbee avait per\u00e7u ce ph\u00e9nom\u00e8ne avec une remarquable profondeur en \u00e9tablissant une distinction entre la minorit\u00e9 cr\u00e9atrice et la minorit\u00e9 dominante.<\/p>\n<p>Une minorit\u00e9 cr\u00e9atrice exerce son autorit\u00e9 parce qu&rsquo;elle apporte des r\u00e9ponses capables de susciter l&rsquo;adh\u00e9sion. Son autorit\u00e9 na&icirc;t de sa capacit\u00e9 \u00e0 r\u00e9pondre aux d\u00e9fis historiques et \u00e0 produire de nouvelles formes d&rsquo;organisation, de culture et de sens de l&rsquo;\u00eatre. Lorsque cette capacit\u00e9 dispara&icirc;t, l&rsquo;ancienne minorit\u00e9 cr\u00e9atrice peut devenir une minorit\u00e9 dominante. Elle ne dirige plus parce qu&rsquo;elle inspire : elle se maintient parce qu&rsquo;elle contr\u00f4le. La persuasion est progressivement remplac\u00e9e par la discipline; l&rsquo;imagination, par l&rsquo;administration ; le projet, par la propagande; et la confiance, par la peur. C&rsquo;est \u00e0 ce moment-l\u00e0 que le syst\u00e8me risque de transformer sa propre crise en justification de sa survie. Plus il \u00e9choue, plus il exige de pouvoir. Plus il perd sa l\u00e9gitimit\u00e9, plus il a besoin d&rsquo;ennemis. Moins il parvient \u00e0 imaginer l&rsquo;avenir, plus il \u00e9prouve le besoin dramatique de pr\u00e9senter le pr\u00e9sent comme une bataille existentielle.<\/p>\n<h3 class=\"subtitleset_c.deepgreen\" style=\"color:#75714d; font-size:1.25em\"><strong>Lorsque le temporel prend la place du transcendant<\/strong><\/h3>\n<p>C&rsquo;est ici que la r\u00e9flexion du philosophe et politologue germano-am\u00e9ricain Eric Voegelin (1901-1985) sur les religions politiques rejoint celle de Toynbee sur la d\u00e9sint\u00e9gration des civilisations. Lorsqu&rsquo;une soci\u00e9t\u00e9 perd la r\u00e9f\u00e9rence \u00e0 un ordre transcendant, le besoin humain d&rsquo;absolu ne dispara&icirc;t pas; il est simplement transf\u00e9r\u00e9. La nation, la race, la classe, le parti, la r\u00e9volution, le march\u00e9, les &laquo;r\u00e8gles&raquo; ou la d\u00e9mocratie &mdash; entendue non plus comme un r\u00e9gime politique, mais comme une cat\u00e9gorie morale absolue &mdash;: toute r\u00e9alit\u00e9 temporelle peut \u00eatre sacralis\u00e9e et \u00e9lev\u00e9e \u00e0 un statut qui ne tol\u00e8re aucune remise en question. Dans ce processus, le profane usurpe la place du transcendant.<\/p>\n<p>Il existe toutefois une diff\u00e9rence d\u00e9cisive entre les anciens mouvements politiques et cette religion s\u00e9culi\u00e8re potentielle d&rsquo;un ordre \u00e9puis\u00e9. Les premiers promettaient une r\u00e9demption future, tandis que la seconde semble exiger le sacrifice pr\u00e9sent dans le seul but d&#8217;emp\u00eacher l&rsquo;effondrement du syst\u00e8me. Il s&rsquo;agit d&rsquo;une religion s\u00e9culi\u00e8re d\u00e9pourvue d&rsquo;eschatologie: sans paradis, sans homme nouveau et sans horizon v\u00e9ritablement in\u00e9dit. Son seul avenir r\u00e9side dans la prolongation ind\u00e9finie du pr\u00e9sent.<\/p>\n<h3 class=\"subtitleset_c.deepgreen\" style=\"color:#75714d; font-size:1.25em\"><strong>Lorsque la peur remplace l&rsquo;imagination<\/strong><\/h3>\n<p>C&rsquo;est peut-\u00eatre pr\u00e9cis\u00e9ment cette absence d&rsquo;avenir qui explique l&rsquo;importance croissante de la peur: peur de l&rsquo;ennemi ext\u00e9rieur, de la rupture, de la dissidence et de la perte de contr\u00f4le. Peur que ce qui a \u00e9t\u00e9 pr\u00e9sent\u00e9 pendant des d\u00e9cennies comme in\u00e9luctable cesse soudain de l&rsquo;\u00eatre. Lorsqu&rsquo;un ordre ne parvient plus \u00e0 susciter l&rsquo;espoir, il se voit contraint d&rsquo;inspirer l&rsquo;effroi. Et si la terreur se substitue \u00e0 l&rsquo;imagination, le conflit peut devenir un moyen de l\u00e9gitimation.<\/p>\n<p>La guerre cesse alors d&rsquo;\u00eatre seulement un instrument ext\u00e9rieur de la politique et se transforme en n\u00e9cessit\u00e9 interne du syst\u00e8me. C&rsquo;est pr\u00e9cis\u00e9ment \u00e0 ce point que les d\u00e9lires bellicistes contemporains prennent une dimension bien plus profonde que le d\u00e9bat quotidien sur la Russie, l&rsquo;Ukraine, l&rsquo;OTAN ou les d\u00e9penses militaires: la question est civilisationnelle. Un ordre qui a perdu la capacit\u00e9 de concevoir son propre avenir peut commencer \u00e0 accepter des risques qui, dans des circonstances normales, para&icirc;traient inconcevables. Il peut finir par confondre la continuit\u00e9 de ses structures avec celle de la civilisation elle-m\u00eame.<\/p>\n<p>Cette confusion est peut-\u00eatre l&rsquo;une des erreurs les plus dangereuses qu&rsquo;une \u00e9lite puisse commettre. Les institutions, les r\u00e9gimes \u00e9conomiques et les syst\u00e8mes politiques sont historiques, tandis que les civilisations les transcendent tous. Lorsqu&rsquo;un rouage en vient \u00e0 exiger que l&rsquo;humanit\u00e9 se mette en danger pour garantir sa propre survie, le rapport entre les moyens et les fins s&rsquo;est enti\u00e8rement invers\u00e9.<\/p>\n<h3 class=\"subtitleset_d.deepgreen\" style=\"color:#75714d; font-size:1.05em\"><strong>Les signes d&rsquo;un changement d&rsquo;\u00e9poque<\/strong><\/h3>\n<p>C&rsquo;est \u00e0 ce stade que l&rsquo;on peut v\u00e9ritablement parler d&rsquo;autodestruction. Une civilisation peut commencer \u00e0 se d\u00e9truire non parce qu&rsquo;elle aurait cess\u00e9 de croire, mais parce qu&rsquo;elle a transform\u00e9 son propre ordre historique en objet de foi absolue. Lorsque les dirigeants cessent de concevoir un avenir diff\u00e9rent de celui qu&rsquo;ils administrent; lorsque la guerre remplace la politique et que la peur se substitue au projet; lorsque la pr\u00e9servation des institutions devient plus importante que les personnes pour lesquelles elles ont \u00e9t\u00e9 cr\u00e9\u00e9es, nous ne sommes plus seulement confront\u00e9s \u00e0 une crise politique ou \u00e9conomique. Nous sommes face \u00e0 une profonde d\u00e9b\u00e2cle civilisationnelle.<\/p>\n<p>Le moment o&ugrave; une \u00e9lite perd sa capacit\u00e9 de concevoir, de cr\u00e9er et de convaincre constitue g\u00e9n\u00e9ralement le signe avant-coureur de la fin d&rsquo;une \u00e9poque. Cela ne signifie toutefois pas n\u00e9cessairement que la civilisation soit condamn\u00e9e; cela peut impliquer exactement le contraire. Cela indique que les structures incapables de r\u00e9pondre aux d\u00e9fis du pr\u00e9sent ouvrent la voie \u00e0 d&rsquo;autres formes d&rsquo;organisation, \u00e0 de nouvelles id\u00e9es et au r\u00e9tablissement de vertus qui semblaient oubli\u00e9es. Apr\u00e8s tout, l&rsquo;\u00e9puisement cr\u00e9atif d&rsquo;un ordre n&rsquo;\u00e9puise pas la capacit\u00e9 d&rsquo;invention humaine. Lorsque ceux qui gouvernent ne con\u00e7oivent plus rien au-del\u00e0 de leur propre perp\u00e9tuation, c&rsquo;est peut-\u00eatre pr\u00e9cis\u00e9ment le premier signe que quelque chose de nouveau &mdash; d&rsquo;enti\u00e8rement nouveau &mdash; est sur le point d&rsquo;advenir.<\/p>\n<h4>Lorenzo Carrasco<\/h4>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>&nbsp;Nous pr&eacute;sentons un texte de Lorenzo Carrasco&nbsp;: &nbsp;&laquo;&nbsp;<em>L&rsquo;Europe th&eacute;&acirc;tralise la guerre avec la Russie tandis que son ordre lib&eacute;ral s&rsquo;effondre: un rituel de peur sans promesse de r&eacute;demption, sur la voie de l&rsquo;autodestruction<\/em>.&nbsp;&raquo;. &bull;&nbsp;Th&egrave;me int&eacute;ressant pour le spectacle <strong>du ridicule impuissant et d&eacute;sesp&eacute;r&eacute; <\/strong>de nos mannequins-vedette dirigeants de nos pays, &bull;&nbsp;Le texte, comme le reste, se heurte <strong>au mur &nbsp;infranchissable de l&rsquo;&eacute;nigme<\/strong> de notre avenir.<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"closed","ping_status":"","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"neve_meta_sidebar":"","neve_meta_container":"","neve_meta_enable_content_width":"","neve_meta_content_width":0,"neve_meta_title_alignment":"","neve_meta_author_avatar":"","neve_post_elements_order":"","neve_meta_disable_header":"","neve_meta_disable_footer":"","neve_meta_disable_title":"","footnotes":"","jetpack_post_was_ever_published":false},"categories":[14],"tags":[22780,19633,2631,6648,2645,12632,21731,2711,12693,8015,3286,18608],"class_list":["post-82308","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-ouverture-libre","tag-carrasco","tag-commentateur","tag-de","tag-enigme","tag-guerre","tag-infranchissable","tag-lavenir","tag-le","tag-lorenzo","tag-mur","tag-pour","tag-simulacres"],"jetpack_featured_media_url":"","_links":{"self":[{"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/82308","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=82308"}],"version-history":[{"count":1,"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/82308\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":82309,"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/82308\/revisions\/82309"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=82308"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=82308"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=82308"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}