RapSit-USA2026 : Les chaleurs de Lady G.
Dans le joyeux chaos qui caractérise Washington D.C., et notamment la politique extérieure, et notamment la guerre contre l’Iran, le sénateur de la Caroline du Sud, le républicain Lindsay Graham constitue une sorte d’étoile polaire de ralliement pour les esprits égarés. Son langage, qu’il ne perd pas de temps à châtier, ne dissimule rien de ses sentiments ni de ses intentions tactico-stratégiques :
« Le sénateur Lindsey Graham déclare [le 12 mars] : « On va leur faire la peau », et affirme que les frappes en Iran vont s’intensifier. Graham : « Attendez de voir ce qui va se passer dans les deux prochaines semaines. » »
La chaîne TYT (‘Thr Young Turks‘), plutôt de gauche et démocrate mais totalement opposée à la « politiqueSystème » et tout ce qui la caractérise, a décidé de prendre comme tête de Turc, – c’est bien dans leur rôle, les « jeunes Turcs » choisissant leur « tête de Turc », non ? – le sénateur Graham. Les deux commentateurs Uygur et Kasparian (tous deux bel et bien de nationalité US, travaillant aux ISA pour les USA) ont moqué avec un enthousiasme acerbe et ironique la dernière sortie de Graham faisant l’offre d’un traité de défense à l’Arabie, à peu près comme s’il était président, précisant que c’était d’abord pour que l’Arabie s’engage dans la guerre comme ont fait les États-Unis, – un peu comme s’il était Premier ministre israélien…
« Le sénateur Lindsey Graham fait une offre à l’Arabie saoudite, bien qu’il n’en ait pas le pouvoir en tant que sénateur américain. Cenk Uygur et Ana Kasparian en discutent sur The Young Turks. »
… Ce qui nous permet d’enchaîner sur quelques précisions concernant son programme, données par Graham via FoxNews, selon un enchaînement qui tend effectivement à repousser Rubio à un rôle de strapontin :
« À nos alliés, si vous ne pouvez pas vous joindre à ce combat, à quel combat allez-vous vous joindre ?
» À l’Espagne : vous ne nous laissez pas utiliser votre base aérienne – nos bases aériennes – sur votre territoire pour empêcher un régime meurtrier de se procurer des armes nucléaires et de terroriser le monde.
» J’encourage Trump ce soir à retirer toutes nos bases d’Espagne.
» Quant au Liban : il y a un chef militaire à la tête de l’armée libanaise en qui je n’ai aucune confiance.
» Il ignore délibérément le Hezbollah. Il ne désarme pas le Hezbollah.
» Il faut trouver quelqu’un à la tête de l’armée libanaise qui sache s’en servir… »
… Tout cela terminé par ce jugement de Steve Bannon, pourtant rangé dans la catégorie des proches de Trump (on mesure ainsi la confusion des choses…)
« Lindsey Graham devrait être fiché comme agent étranger du gouvernement Netanyahou. »
En effet pour « la confusion des choses », il se passe un phénomène tout à fait original. C’est cette chaîne TYT qui le remarque en signalant les prises de position de personnalités très influentes, surtout du point de vue médiatique, et jusqu’il y a peu encore fortement engagées dans le soutien à Donald Trump. Les gens de TYT, tout en signalant leurs différences dans d’autres domaines, constatent cette convergence avec la droite antiguerre qui ne cesse de grossir, suggérant indirectement qu’une plate-forme antiguerre droite-gauche pourrait se former aux États-Unis :
« Lindsey Graham est secoué par une vague de critiques soudaine de la part de personnalités pro-Trump, comme Tucker Carlson, Megyn Kelly et d’autres, qui prennent la parole pour le dénoncer. Les révélations sur son rôle dans l’incitation de Donald Trump à déclencher la guerre en Iran et ses propres déclarations belliqueuses inquiètent profondément l’opinion publique. »
Pourquoi ‘Lady G.‘ ?
Graham est un étrange personnage, posté à l’extrême de l’extrémisme , juste au bord de la falaise, jusqu’à être vertement critiqué par la fille de John McCain. Cet autre sénateur républicain fut pourtant son « compagnon de route » sur tous les fronts des guerres de la « politiqueSystème » jusqu’à sa mort en 2017. D’ailleurs, Meghan McCain n’est pas contre la guerre :
« Il faut que l’administration se débarrasse de Lindsay Graham. Il » effraie les gens- » avec son discours belliqueux, digne de Rambo, au lieu de convaincre les Américains qu’attaquer l’Iran était une décision judicieuse. »
Le sénateur de la Caroline du Sud est allé à Tel Aviv-Jerusalem près d’une douzaine de fois depuis « la guerre des 12 jours » de juin 2025, – et chaque fois reçu en priorité par Netanyahou. Est-il amoureux de Netanyahou ? On sait depuis 2022 et son baptême du nom-de-code ‘Lady G.‘ que le rumeur est devenue officielle, après avoir flotté durant des décennies. Pour autant, ‘Lady G.‘ ne dit mot à ce propos, comme si nous nous trouvions au temps de l’Inquisition.
Ce sénateur de 70 ans, l’un des hyper-rares de la fonction à être célibataire, est/serait également un ‘gay‘ qui userait des services de « travailleurs du sexe ». Certains ont estimé que cela donnerait la haute main du réseau Epstein-Mossad sur ‘Lady G.‘. Est-ce possible ? Dans nos temps si libérés, alors que faire partie de la minorité florissante des Homos est une vertu florissante, un point d’honneur plutôt qu’une honte d’horreur ? Laissons de côté ces rumeurs-là et observons que l’histoire pas si récente montre des cas d’une ardente collusion des communautés homos avec des groupes et partis plein de sauvages desseins… Voyez les homosexuels allemands derrière Röhm, au sein du parti nazi, selon une analyse historique déjà évoquée en 2015, – et en général fort peu évoquée, – à l’occasion des présences néo-nazies et homosexuelles au sein du nouveau pouvoir ukrainiens.
Quoi qu’il en soit et quelle que soit le rapport entre ceci et cela, on sait effectivement que l’influence de ‘Lady G.‘ sur Trump est énorme sinon décisive, mais surtout du fait d’un amour commun du golf. Graham sait l’exploiter à son avantage en suscitant des parties avec le président, à son club-résidence de Floride, au cours desquelles il lui donne ses cours de politique étrangère. Cela a-t-il l’air pathétique et dérisoire ? Notre époque ne l’est-elle pas, pathétique et dérisoire, et certains expliquent donc le tournant ‘neocon‘ de Trump par cette chaleureuse amitié. L’explication en vaut une autre, si l’on prend la mesure des héros de la pièce.
En attendant novembre
Quoi qu’il en soit (bis), cette attaque contre Graham et exceptionnelle, notamment par sa violence, venue d’un front nouveau constitué des ailes populistes-pacifistes de droite et de gauche. Considérons les circonstances :
• Il est très probable que rien de sérieux ni de décisif (comme une victoire-éclair contre l’Iran) ne se passera, en politique intérieure US, d’ici les élections de novembre prochain ;
`• il est très probable que les retombées d’impopularité de cette guerre, sinon la guerre elle-même, ne seront ni terminées ni résorbées. Ces retombées sont évidemment défavorables à Trump (et à ‘Lady G.‘ certes, et d’ailleurs sera-t-il/elle réélu sénateur malgré le soutien massif de Trump ?) ;
• il est très probable que le rapprochement et le mûrissement en commun des populistes-pacifistes de droite et de gauche auront largement progressés.
Toutes ces probabilités ne sont pas des hypothèses vides qu’un remplit d’air pour impressionner son monde. Elles ont la validité des temps crisiques, ceux-là qui ne cessent de nous étonner.
Novembre 2026 ? Il est bien probable (une de plus !) que le président Trump sera privé d’une majorité de soutien au Congrès. Il sera paralysé, entouré de diverses pressions, de menaces constitutionnelles, peut-être même de son fidèle ‘Lady G.‘ Il aura perdu toute capacité de contrôle sur une base populaire d’ores et déjà en déliquescence. De l’autre côté, le regroupement populiste-pacifiste démocrate-républicain peut s’engager dans la brèche de l’impopularité de la guerre, profitant de l’affrontement auto-paralysant des deux branches du ‘parti unique’ en général très belliciste-‘neocon‘.
C’est une hypothèse prospective qui a l’avantage de la logique métahistorique qui nous guide. Elle reporte le centre de l’affrontement crisique au centre même de la GrandeCrise, – le centre opérationnel replacé au centre de la matrice productive de la GrandeCrise ; c’est-à-dire Washington D.C., avec tous ses tourments, ses bouffonneries, ses aveuglements, ses impuissances de puissance bafouée par sa propre folie de l’hubris. Tout sera pour le mieux dans le meilleur des mondes, – c’est-à-dire un champ de ruines.
Mis en ligne le 14 mars 2026 à 17H00