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RapSit-USA2026 : Le clair-obscur de JD

RapSit-USA2026 : Le clair-obscur de JD

Les derniers événements ont définitivement fixé le cadre incontestable de la GrandeCrise autour du centre américaniste de Washington D.C. Ainsi en est-il de l’agression contre l’Iran autant que de l’action et de l’influence d’Israël sur Trump principalement, encore plus que sur Washington. Tout se concentre, s’alimente et se renforce dans la crise du centre vital de l' »Empire ».

Ainsi peut-on dire qu’à côté des acteurs (Pakistan et Chine) ayant joué un grand rôle dans l’évolution de l’Iran face aux menaces et au désespoir de Trump, un acteur bénéficie de la réputation (véridique ou surfaite) d’avoir joué un rôle particulièrement important dans cette séquence vitale, à Washington D.C. : le Vice-Président (VP), JD Vance. Il faut consulter pour cela un commentateur dont nous commençons à tenir grand compte, Ben Meiselas (dans ‘MeidasTouch‘), ce commentateur dont l’audience ne cesse d’augmenter et qui dépasse désormais régulièrement le million

« Donald Trump, vous feriez mieux de faire attention, car JD Vance semble bien décidé à vous trahir. Il constate que votre état physique et cognitif se détériore à une vitesse alarmante. Et JD Vance continue de faire fuiter des informations dans les médias, prétendant être le véritable décideur à la Maison Blanche, que c’est grâce à ces fuites que la guerre en Iran a instauré un cessez-le-feu. C’est grâce à lui qu’une voix dissidente s’est élevée à la Maison Blanche pour vous dire, Donald, de ne pas envahir l’Iran. Mais vous avez pris la décision avec Hegseth, Netanyahou et d’autres, tandis que Vance affirmait être celui qui prenait les décisions, Donald.

» JD Vance continue de faire fuiter des informations au New York Times, à mon avis, et à d’autres. Il se présente comme quelqu’un prêt à prendre la Maison Blanche au pied levé, comme le successeur de Donald Trump. Sa santé se détériore rapidement et JD trahit Donald Trump de multiples façons. Vous savez, je ne pense pas que Donald Trump ait même lu ou même eu connaissance du plan de cessez-le-feu en 10 points, le cadre iranien. »

Nous fixons bien la situation. ‘MeidasTouch‘ est clairement un site d’une gauche très affirmée, d’abord très fortement sinon exclusivement antiTrump (site créé en 2020 pour contrer le maintien de Trump pour un deuxième mandat). Il est pourtant désormais en train d’évoluer vers une position antiwar et populiste de gauche qui se rapproche de celle de ‘The Young Turks‘. Pour bien définir ce site et sa tendance, un court extrait de Wiki :

« MeidasTouch a été qualifié de progressiste, libéral et de gauche.

» En juin 2024, la Columbia Journalism Review décrivait ‘MeidasTouch’ comme étant conçu pour les réseaux sociaux, contrairement à de nombreux médias de gauche plus traditionnels, et comme exploitant mieux que la plupart le sentiment que les médias traditionnels étaient trop favorables à Trump. »

Vance sur le fil du rasoir

Ben Meiselas terminait sa chronique du 8 avril en s’adressant à ses téléspectateurs et en leur disant en substance: « J’ai tendance à accorder ma confiance à JD Vance. Dites-moi ce que vous en pensez ». Le lendemain (aujourd’hui), il devait en rabattre alors que le cessez-le-feu (qui concernait également le Liban) avait été violé quelques minutes après son entrée en vigueur par une attaque israélienne contre le Liban.

A son départ de Budapest où il était allé soutenir Orban pour les législatives et où il intervint avec une autorité qui semblait être quasiment « présidentielle », Vance répondait à quelques questions de journalistes ; ainsi effectua-t-il quelques marches arrières par rapport aux intentions que des gens comme Meiselas lui prêtaient, contestant notamment certaines interprétations iraniennes de la réponse US à leurs « dix points » et affirmant une supériorité US (« Nous avons toutes les cartes en main ») selon une rhétorique à-la-Trump qui n’est guère prometteuse pour les négociations face à un Iran considérant qu’il a démontré sa capacité de remporter la victoire face aux USA.

Entretemps, on avait pu entendre Ana Kasparian des ‘Young Turks‘, autre chaîne nettement de cette nouvelle gauche populiste antiwar, émettre des réserves extrêmement pressantes concernant le comportement de JD Vance, alors qu’elle continue à jeter des bouquets de fleurs sur les républicains dissidents, populistes antiwar (Carlson, Greene-Taylor, Kelly, Owen, etc.). Pour elle, Vance est un « politicien de plus, selon le standard du Congrès aujourd’hui ».

Ces mêmes républicains dissidents, populistes-antiwar possédant une influence de plus en plus importante, ont une attitude d’attente éventuellement favorable vis-à-vis de Vance, – mais loin de lui être acquise. L’expérience Trump leur a appris à être très méfiants et, de ce point de vue, Vance évolue dans un environnement très critique ; son rôle de référence pour les antiwars qui sont de plus en plus nombreux qui semble à première vue lui être favorable sinon très favorable, peut le faire basculer au premier faux-pas trop visible dans une catégorie sans retour de traître à son électorat (à-la-Trump) qui devient aujourd’hui une condamnation sans appel de la part d’un électorat très activiste et très bien informé.

Les Américains n’aiment plus (du tout) Israël

Par ailleurs et pour poursuivre un registre de rangement des choses, on note que la réaction de Netanyahou au cessez-le-feu, qui a ruiné cet aspect de la « politique » américaniste, n’a pas été partout apprécié dans l’extrême-droite israélienne. Des parlementaires qualifient cette affaire de « catastrophe stratégique majeure » pour Netanyahou, et de sa propre faute.

A côté de cela, ou plutôt contre cette tendance, des sondages montrent une évolution sur le long terme catastrophique pour Israël, chez les citoyens américains adultes ; les résultats très changeants et anti-israéliens sont surtout perceptibles chez les jeunes. Les résultats de ces sondages montrent un déplacement de 18% des avis depuis 2022, dans un sens défavorables à Israël. Actuellement, 60% des Américains (42% en 2022) ont une perception défavorable à très défavorable d’Israël ; 37% des Américains (55% en 2022) ont une opinion très favorable ou assez favorable. Ces sondages rendent compte d’un changement énorme dans l’électorat, qui doit produire des effets à mesure dans les votes et dans les engagements des candidats. La dernière enquête de PEW Research Center, l’un des centres statistiques les plus prestigieux aux USA, a été effectuée entre le 23 et le 29 mars. Les plus récents événements, notamment l’attaque israélienne brutale contre le Liban qui a saboté le cessez-le-feu temporaire, – et volontairement bien entendu, comme le montre Larry Johnson, – devrait accentuer encore la tendance.

« En pleine guerre contre l’Iran menée en partenariat avec les États-Unis, la réputation d’Israël auprès des Américains continue de se détériorer : 60% des adultes américains ont une opinion défavorable du pays. Cela représente une hausse considérable de 18 points par rapport à 2022, selon une nouvelle enquête du Pew Research Center. Sur la même période, la part des opinions favorables à l’égard d’Israël a chuté de 18 points.

» Si ce taux global d’opinions défavorables est une mauvaise nouvelle pour Israël, la situation est encore plus préoccupante lorsqu’on examine les chiffres plus en détail : la proportion d’Américains ayant une opinion très défavorable d’Israël atteint désormais 28%, soit trois fois plus qu’en 2022. »

Un clair-obscur providentiel

Cette attaque de dernière minute, – ou plutôt « de première minute » du cessez-le-feu, – est la marque à la fois de Netanyahou, d’Israël et de la « géopolitique de la prophétie« . C’est dire que la guerre contre l’Iran pourrait aussi bien se résumer, selon une inversion classique dans notre époque, par l’idée d’une « guerre des USA contre Israël ». Cette idée symbolique est de Nick Fuentès, le plus anti-israélien parmi les influenceurs de la droite populiste et antiwar, qui se verrait bien prendre la place tenue par Charlie Kirk, assassiné dans des conditions douteuses alors qu’il modifiait radicalement son attitude pro-israélienne en une position anti-Israël, au point où certains, de plus en plus nombreux, ont voulu voir dans son assassinat une action précipitée de liquidation du Mossad.

Fuentès part d’une position extrêmement différente de celle de Kirk, déjà complètement anti-israélienne, donc reprenant le flambeau de Kirk pour le conduire beaucoup plus loin. Dans un monologue où il évoque les négociations des USA avec l’Iran, qu’il considère comme sans espoir, notamment et principalement à cause d’Israël, il s’interroge pour savoir si les USA parviendront à se dégager du contrôle qu’exerce Israël sur eux à ce moment-charnière où cette réalité commence à apparaître de façon plus en plus évidente, de plus en plus criante à la façon des plaintes que pousserait un immense « Empire » blessé à mort ou pris dans filet indémêlable.

Sur X, voici la perspective de Fuentès :

« Soit nous sommes en guerre contre l’Iran, soit nous entrons en guerre contre Israël […]

» Et que vont-ils faire à notre pays si Trump dit « non » à Israël ? Nos bippeurs vont-ils exploser ? Starlink va-t-il cesser de fonctionner ? Une bombe sale va-t-elle exploser à New York ? Trump va-t-il se faire assassiner dans son cortège comme JFK ? »

JD Vance est le seul dirigeant de haut niveau US à avoir eu un entretient téléphonique extrêmement agité avec Netanyahou. Il l’a pratiquement accusé d’avoir attiré les USA dans un piège en donnant des indications erronées, – ou volontairement fausses ? – sur les possibilités de décapitation de la direction iranienne. C’est dire si les incertitudes dont est entourée l’attitude de Vance dans cette sous-crise de la GrandeCrise, malgré la réputation d’une position antiwar dont il bénéficie, – ou dont il est chargé, – vont être exacerbées par la bataille feutrée entre les Israéliens et lui. Il peut même s’agir d’un élément qui le force à durcir son attitude antiwar sous la pression populaire, sinon il se sera montré inutile et sans grand intérêt.

Pour l’instant, on ne voit dans cet affrontement, dont les Iraniens sont exclus parce qu’ils ne sont pas le vrai sujet de cette bataille malgré les souffrances qu’ils endurent, et c’est le désordre particulièrement aux USA. Israël n’en profitera pas parce que destinée à disparaître, et cela conformément aux diverses prophéties considérées auxquelles ces dirigeants se montrent d’une fidélité exemplaire. Seule la crise de l’américanisme en sortira plus forte et plus énergique que jamais, grandissant encore cette GrandeCrise qui domine tout notre champ politique et lui désigne la seule porte de sortie possible de cette civilisation de la modernité tombée dans les rets d’un Système impitoyablement et inhumainement satanique.

Mis en ligne le 9 avril 2026 à 16H30