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Et Loomer vit la lumière

Et Loomer vit la lumière

27 juillet 2026 – J’ai remarqué dans ‘dedefensa.org‘, cette publication incertaine et improbable qui devrait prendre un peu plus hautement garde à la beauté de la Vérité de notre époque si douée en ce domaine, une pseudo-diatribe disons pseudo-virulente. Elle concernait une analyse d’Andrew Korybko, notamment et essentiellement, sur le cas de la sémillante Laura Loomer, — dont il jugeait que l’information russe, notamment la presse, cultivait à son égard une vision trop critique : manifestement, son argument n’a pas convaincu RT qui développe aujourd’hui avec précision tous les mensonges émaillant cette rencontre qui fut un simulacre grotesque.

Alors, je prends le relais. Je dois être un peu amoureux d’elle, diriez-vous ? Surtout de ses vertus, c’est ça, de sa franchise, de sa loyauté, de sa droiture, toutes ces belles choses qui caractérisent l’actuelle Amérique trumpiste (Loomey est une super-hyper-trumpiste). Écoutez donc sur le sujet Max Blumenthal et Aaron Maté, de ‘GrayZone‘, une des sources les plus sûres dans cet océan déchaîné de bavardages hystériques et de simulacres montés par des bras-cassés.

Blumenthal a déjà eu des ennuis dans divers de nos aéroports démocratiques pour avoir fait des reportages en Iran lors de l’enterrement de l’ayatollah Khameini ou assisté aux tueries sordides des troupes de l’IDF israélienne contre les enfants de Gaza ; Blumenthal est en tête sur la liste noire des gens à emprisonner pour ses articles subversifs car tous ces sujets sont effectivement subversifs… Tout cela vaut bien une médaille, non ? Dans tous les cas, cela vaut qu’on doive l’écouter, surtout dans cette intervention.

« « Je ne suis absolument pas impartial. Je ne suis pas objectif et le concept d’objectivité tel que nous le comprenons, est défini par la presseSystème selon les paramètres conçus pour eux par leurs propriétaires, la classe dirigeante sioniste militante, qui possédent littéralement les chaînes sur lesquelles vous apparaissez ». Et par « vous », il désignait Piers Morgan, son interrogateur de type gestapiste-douce, avec un certain mépris. »

Donc, avec son compère Maté, il vous explique comme Loomer a monté une entreprise d’influenceuse et travaille en conséquence, suivant Trump à la trace de ses méandres et Netanyahou au flot de ses imprécations.

Mais là, elle change de champ de bataille, elle passe à l’Ukraine de Zelenski, qu’elle haïssait jusqu’ici conformément à l’ami-Trump, pour l’encenser sous la forme de cette interview de Mister Z, — puisqu’entretemps le président semble être redevenu l’ami-Trump et qu’il est aujourd’hui manifeste qu’Israël est nettement du côté ukrainien (Poutine saura s’en souvenir). Compliqué ? Difficile ? Exténuant à suivre ces chamboulements des engagements ?

Pas sûr. Il y a aux États-Unis une véritable corporation de faiseurs de convictions, de tailleurs d’âmes, de fabricants de personnes humainement acceptable, d’apparence chaleureuse, — on appelle ça « les influenceuses (/rs pour les mecs) ». La technique doit transformer ces idées de passage selon l’air du temps en véritables fondations d’une belle conviction dans une nouvelle époque.

Vous avez « vu la lumière », à vous de la faire partager aux autres. Jusqu’alors détesteuse professionnelle de Mister Z., Loomer, la voilà admiratrice jusqu’à littéralement boire les paroles du petit maître. (N’oubliez pas de supprimer au montage les bruits de missiles russes qui explosent.)

« Les démocrates, beaucoup de haut responsables démocrates ou de libéraux célèbres ont applaudi Loomer d’aller à Zelenski après l’avoir trainé dans la boue, Loomer, qui a célébré une fusillade de masse dans une mosquée aux Etats-Unis, est l’une des commentatrices racistes les plus en vues du pays. Et les libéraux disent simplement « Oh ! Eh bien c’est bien, elle a changé d’avis ».

» C’est juste que, simplement, vous savez, elle a enfin vu la lumière. Et on ne peut pas vraiment reprocher à Zelenski de l’y avoir amené.

» C’est David Axelrod. C’est le directeur de campagne de Barack Obama. C’est le type qui a en gros transformé Barack Obama étudiant diplômé et auteur plutôt quelconque en président apparemment charismatique qui a dupé des millions d’Américains.

» Quand vous la voyez assise avec Zelenski, si vous en restez bouche bée… C’est normal, reprenez votre souffle. »

L’idée centrale, explique Blumenthal, est que Loomer va remplacer ‘Lady G.‘ (Lindsay Graham, tué effectivement par un projectile russe mal intentionné en visitant une usine à drones) comme figure de proue du soutien non gouvernemental mais tout à fait sanctifié de l’Ukraine zélenskiste. Son accès constant sinon étouffant à Trump pourrait paraître un avantage mais cela ne l’est guère à notre sens. Trump n’est pas influençable, c’est plutôt une toupie qu’on fait tourner à volonté mais qui ne s’arrête pas nécessairement là où on attend qu’il le fasse.

En fait le choix de Loomer est très discutable. Elle n’a aucune position légitime ni institutionnelle, elle a une réputation à la fois sulfureuse et peu attirante, elle suscite d’une façon étonnante à la fois la haine et le mépris. Elle n’inspire pas la confiance et fait immédiatement songer à la corruption. Ses attaches israéliennes vont gravement entraver sa nouvelle position : elle « bénéficiera » de l »extrême impopularité d’Israël actuellement en développement aux USA. Un problème, avec Trump et elle, c’est qu’elle est le genre de personne qui serait capable de convaincre Trump de tirer une arme nucléaire. Entre dingues…

Il est probable qu’elle a obtenu sa position à cause des pressions de Trump dans ce sens. Tout cela est rétribué bien entendu et l’on dit qu’elle a été payé 2 $millions pour réaliser l’interview. La mise en place de Loomer est plutôt un signe de plus de la dégradation de la situation aux USA, tant au niveau des personnalités que des moyens pour influer sur la perception des politiques (des guerres) en cours. Un signe de panique, une illustration de l’effondrement des USA dans les pratiques alternatives et étranges, dans l’univers pervers-)narcissique peuplé de sorcières et de jeteuses de sort du président Trump…. Car Loomer est bel et bien une sorcière jeteuse de sorts.

Tout cela ne fait pas sérieux direz-vous, de concert avec les experts et les analystes ? Sans le moindre doute. Tout cela fait « fin d’empire », étalement flasque de la pensée dans la corruption et dans le nihilisme désintégration, navigation au gré des vents et des courants, avec un capîtaine fou à la barre d’un navire qui effectue un slalom spécial entre des icebergs. Même Mister Z. ne s’est même pas aperçu des risques de l’opération. Ne croyez pas que le Choix de Loomer et le rôle qui lui est attribués soient anodins. Ils sont un signe extrêmement puissant de l’effondrement, peut-être bien plus que les guerres et les escroqueries parce qu’il vous montre que nous sommes bel et bien, avec Alice déguisée en Laura, au Pays des Horreurs.

Reste à tenter de comprendre comment un Korybko se laisse prendre dans de tels filets et en fait des conseils pour une grande politique étrangère russe. La folie n’épargne personne, heureusement qu’il me reste l’inconnaissance.