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RapSit-USA2026 : ‘You are fired ! »

RapSit-USA2026 : ‘You are fired ! »

Il est probable que Tulsi Gabbard, présence fondamentale dans l’administration Trump à ses origines et avec ses promesses, va être limogée par Trump. Si elle s’en va sur décision présidentielle effectivement, Trump aura coupé tous ses liens avec sa « base MAGA », désormais fondamentalement antiguerre et devenue antiTrump. C’est ici le point important concernant le départ à peu près probable de Gabbard.

« Selon le Guardian, le président américain est mécontent que Tulsi Gabbard ait soutenu l’ancien directeur du Centre national de lutte contre le terrorisme, Joe Kent, qui a démissionné pour protester contre l’opération militaire en Iran.

» Les doutes de Trump se sont accentués après son discours devant le Congrès, où elle a refusé de condamner la position de Kent. Dans son introduction, Gabbard a confirmé qu’après les frappes américaines contre les installations nucléaires iraniennes en juin 2025, Téhéran n’avait entrepris aucune tentative de reprise de l’enrichissement d’uranium. Trump a déjà admis avoir des divergences d’opinions avec la directrice du renseignement concernant le programme nucléaire iranien.

» Malgré les tensions, la décision finale concernant sa démission n’a pas encore été prise. Des conseillers mettent en garde le président contre le risque de laisser un poste clé vacant sans avoir de remplaçant désigné. Cependant, le simple fait que des discussions soient en cours est un mauvais signe pour Gabbard, car Trump n’engage généralement ce genre de conversations que lorsqu’il a décidé de virer la personne impliquée. »

Par ailleurs, une autre façon d’apprécier ce probable départ est de le placer dans la vague de limogeage actuelle concernant des personnages de la direction civile autant que des généraux (le dernier en date est le chef d’état-major de l’US Army) en désaccord avec ses projets de batille terrestre contre l’Iran. Les divers épisodes évoqués pour les uns et les autres limogeage portent sur des matières extrêmement sensibles, où Trump ne trouve nullement son compte et essuie défaite sur défaite, déconvenue sur déconvenue. D’où selon Michael Wolff biographe de Trump et acteur de la rubrique « In Trump’s Head » de ‘Daily Beast‘, la remarque cyniquement moqueuse qu’il s’agit autant de réactions de caprice de sa pathologie narcissique repoussant absolument toute responsabilité dans ces erreurs et ces déconvenues, – et dans le cas abordé ici, l’événement hier du limogeage de la Secrétaire à la Justice Pat Bondi :

Joanna Coles : « Est-ce vraiment la gestion des dossiers Epstein qui pose problème [dans le cas de Bondi] ? »

Michael Wolff : « Non, je ne crois pas. C’est plutôt un sentiment général d’insatisfaction face aux faits. Qui blâmer ? Je ne pense pas que ce soit lié à un seul problème. Je pense que c’est lié à deux choses qui ne vont pas. Il faut bien trouver un coupable, « autre que moi, moi Donald Trump. Alors, je vais virer quelqu’un »… Il se dit, « Je ne pense pas que je parle ni parlerai de Kristi Noem [secrétaire à l’Intérieur] la semaine dernière, Pam Bondi cette semaine, Tulsi Gabbard la semaine prochaine, RFK Jr la semaine d’après, et Howard Lutnick [commerce] qui arrive inévitablement. Je les avais oubliés, tous ces gens ». Vous savez, c’est un effet domino. »

« Vous êtes viré ! »

L’épisode-Bondi, qui a eu un certain retentissement à cause de l’affaire Epstein, est donc une illustration de cette pathologie trumpienne symbolisée par une seule phrase, caractérisant curieusement les échecs sans nombre qui ont marqué sa vie de businessman triomphant dans un flot de $millions/$milliards hérités de son père : « Vous êtes viré ! ». Cet épisode-Bondi est autant préoccupant en lui-même (affaire Epstein évoluant à côté d’autres catastrophes) que pour l’état mental de la démence-Trump qui est désormais un problème constitutionnel d’actualité (comment activer l’application du 25ème amendement de la Constitution) à Washington D.C.

Le cas Gabbard est une affaire grave en soi puisqu’elle concerne complétement et absolument l’aventure iranienne. Au contraire de Bondi, qui était perçue comme une exécutrice des basses œuvres de Trump (et qu’il a balancée évidemment sans le moindre scrupule), Gabbard est perçue comme une adversaire de Trump. Après un certain flottement lorsque Joe Kent a démissionné, puis alors que Kent a complètement absous et justifié Gabbard, l’actuelle DNI est apparue comme extrêmement populaire dans les milieux antiguerre et nouvellement antiTrump (voir par exemple ce qu’en dit Meggy Kelly, un des plus grands noms de cette tendance avec Tucker Carlson). Son soutien implicite à Joe Kent est d’ailleurs une des causes personnelles de l’hostilité de Trump à son égard, lorsqu’il se rappelle qu’elle existe, et une des causes de sa popularité chez les nouveaux adversaires de Trump.

Tout cela pour spéculer que Gabbard ferait une parfaite coupable-victime désignée d’une offensive terrestre en Iran qui tournerait mal : puisqu’elle s’y opposait avec les généraux félons, elle est responsable du désastre avec eux. A partir de là, de son départ donc (‘You are fired !‘), les affaires de Trump continuant à empirer de même que son chaos mental, Gabbard pourrait occuper une place de choix dans l’opposition patriotique et antiguerre s’imposant comme alternative au trumpisme discrédité, – éventuellement, en attendant JD, s’il parvient à s’en sortir à temps.

Mis en ligne le 3 avril 2026 à 17H40