RapSit-USA2026 : les « secrets » du Secret Service
2 mai 2026 (19H30) – Je m’attarde ici à un événement d’il y a quelques jours, qui s’est produit sans soulever un très-grand intérêt. On s’habitue à l’extraordinaire des événement incompréhensibles, et l’autre jour, parlant avec Garland Nixon, Mercouris disait : « Il y a quelques décennies, une telle affaire aurait écrasé l’actualité pendant des semaines ! Aujourd’hui, on en parle à peine… »
En un mot : Mercouris répondait à une question de Nixon sur le récent « attentat » (est-ce le nom ?) contre Trump, au Hilton, où l’on recevait la presse accréditée. Bien, moi-même n’en ai rien dit, mais je me tourne aujourd’hui, réflexion faite, article conservé et toujours en ligne (détail important), sur cet article-là de R.T.com (‘Russia Today‘, pour bien se comprendre). RT.com est le principal média russe à destination extérieure, suivant en général la ligne du gouvernement, sinon la ligne du président Poutine, et se montrant très attentif à ne rien dramatiser, notamment des rapports Russie-USA déjà dans un état dramatique, comme s’il y avait quelque chose à préserver, – l' »esprit d’Anchorage », peut-être, puisqu’il semble que Poutine rame désespérément pour encore y croire…
Tout cela pour dire :
1). Que RT.com prend bien garde à ne pas diffuser des nouvelles défavorables aux USA qui seraient le fruit d’une méditation ou d’une hypothèse défavorable aux USA ;
2). Que RT.com prend bien garde de ne pas s’attaquer à la personne de Trump ni de faire une place trop importante à ses frasques et à ce qu’elles provoquent ;
3). Que RT.com évite également les développements et hypothèses des critiques de Trump, et notamment des « nouveaux critiques », les Carlson, Kelly, Taylor-Green et les autres qui se disent trahis par les affaires Epstein et guerre d’Iran ; ils sont devenus en 3-4 mois les plus féroces adversaires du président.
On lira ce qui suit avec tout cela à l’esprit, cette modération remarquable et parfois agaçante parce qu’un peu trop visiblement soumise de RT.com. L’article concerne des jugements du colonel Popov, haut gradé dans la réserve des services de renseignement intérieurs de la Russie, le FSB, et plus spécialement du groupe ‘Alpha‘, groupe antiterroriste des forces du FSB, chargé notamment de la sécurité des dirigeants russes. Popov donne donc un avis de spécialiste sur le rôle du Secret Service américaniste, notamment et spécialement chargé de la sécurité du président, durant l’attaque du Hilton.
« Cole Tomas Allen, un enseignant californien de 31 ans, a été inculpé pour tentative d’assassinat du président américain lors d’un dîner à l’hôtel Washington Hilton samedi. Allen aurait pris une chambre à l’hôtel la veille. Le jour de l’attaque, il emprunta un escalier intérieur pour accéder à la terrasse de l’hôtel où se déroulait l’événement. Armé d’un fusil à pompe, d’un pistolet semi-automatique et de trois couteaux, Allen força le portique de sécurité et engagea une fusillade avec les agents du Secret Service. Il fut appréhendé à quelques mètres de la salle de bal. »
…Et ce qu’en dit le colonel Popov, en spécialiste critique et collègue informé du Secret Service washingtonien, n’est pas fait de mots mâchouillés et incompréhensibles :
« Le lieutenant-colonel de réserve Andrey Popov, vétéran du groupe Alpha, unité antiterroriste d’élite du FSB, a affirmé que le Secret Service avait commis plusieurs « erreurs organisationnelles » flagrantes et a suggéré que ses échecs répétés à empêcher les attaques contre le président américain étaient « inhérentes au système ». »
Des précautions sans préoccupation
Tout d’abord parle le spécialiste. Popov détaille selon lui les très nombreuses erreurs, les manquements, les oublis commis par le Secret Service, surtout avant le dîner qui était pourtant prévu depuis longtemps. La liste est impressionnante et Popov ne fait aucun effort pour dissimuler son mépris et son exaspération. Il en vient à vous dire que la sécurité dans le métro de Moscou est mieux assurée qu’elle ne l’était au Hilton Washington pour préparer le dîner.
De qui se moque-t-on, à la fin ? semble s’exclamer Popov. Tout le système de l’hyper-américanisme a l’air désormais de fonctionner à peu près comme son président, comme sur le porte-avion USS ‘Gerald R. Ford‘ et comme à bord d’un F-35, comme à la Maison-Blanche dans le bureau ovale et dans le couple Donald-Mélania…
« Selon Popov, un tel incident ne se serait jamais produit si le Secret Service avait respecté les procédures de sécurité et de lutte contre le terrorisme et avait effectué les vérifications nécessaires en amont de l’événement, notamment en contrôlant rigoureusement tous les clients de l’hôtel, en examinant les plans du bâtiment, en scellant les portes et les systèmes de ventilation, en installant des détecteurs de métaux adéquats et en déployant des forces de sécurité supplémentaires. « Dans un hôtel correct, une personne lambda ne peut tout simplement pas accéder physiquement à l’espace VIP », a-t-il déclaré.
» En Russie, un tel incident n’aurait jamais pu se produire, a affirmé Popov, soulignant que toute attaque contre les plus hautes instances du gouvernement ne pourrait vraisemblablement être perpétrée que par une organisation de très grande envergure, comme une puissance étrangère ou une organisation terroriste majeure.
» Il a fait remarquer que même les systèmes de sécurité du métro de Moscou sont bien plus performants qu’au dîner contre Trump, avec des détecteurs de métaux impossibles à contourner et la présence de nombreux agents de sécurité dans les zones à forte affluence. « Le métro de Moscou peut se le permettre, mais l’hôtel Hilton apparemment non », a-t-il fait remarquer. »
« Tout le monde rit. L’Iran est en train de gagner. »
L’inévitable, l’imparable hypothèse du faux-drapeau, maintenant. Popov admet l’hypothèse quasiment sacrée, absolument inévitable, celle, qui reste exaltante, du coup monté en faux-vrai attentat. Assez curieusement, il la saupoudre de phrases telles que : « Tout le monde rit. L’Iran est en train de gagner. », appréciant assez justement que cela ne doit pas faire grand plaisir à Trump.
Popov remarque certaines anomalies. A-t-il noté celle qui consistait à évacuer en premier le vice-président Vance alors que le Secret Service a pour mission impérative de mettre à l’abri/de sauver d’abord le président, en absolue priorité ? Ou bien, ai-je mal vu ? Ou bien, est-ce un signe qui renforce la dernière hypothèse qu’on verra en fin de texte, pour la détente ?
Redevenons sérieux et passons aux observations et notation du lieutenant-colonel Popov, du groupe ‘Alpha‘.
« Parallèlement, Popov a admis certaines anomalies dans la dernière attaque contre Trump, suggérant qu’elle pourrait avoir été mise en scène. Lui, ainsi que plusieurs internautes attentifs, ont remarqué le calme inhabituel de certains participants aux coups de feu, et même l’attitude de Trump lui-même pendant et après l’incident.
» « Pour lui, cela ne semblait pas être une surprise », a déclaré Popov, ajoutant que « les Américains utilisent activement ce genre de choses pour interrompre une vague d’informations qui leur est défavorable à ce moment-là ». « On le voit déjà dans les résumés d’actualité. Personne ne lit les rapports américains sur la guerre contre l’Iran. Tout le monde rit. L’Iran est en train de gagner. Et cela, à mon avis, ne fait pas très plaisir à Trump ». »
L’hypothèse ultime : un faux-drapeau d’un faux-drapeau
Popov a donc suggéré que les défaillances répétées des services de sécurité révèlent un « problème organisationnel dans la protection des présidents américains », mais surtout un problème « non accidentel, mais systémique », c’est-à-dire voulu, ouvert, au profit de qui aura l’audace de faire et le besoin de réussir son coup. On suppose qu’il, – ce prétendu tueur en puissance, – a à l’esprit le fumet sublime de l’American Dream, et dans sa mémoire les fortes silhouettes et les immortelles paroles des Pères Fondeurs ? Et le tout illustré par le lumineux talent, la véracité de la plume et de la caméra, et les mœurs exemplaires de la tribu hollywoodienne ?
« « On assiste à une destruction systématique du Secret Service, qu’on empêche de se développer ou de se renforcer », a déclaré Popov, pointant du doigt le sous-financement chronique du personnel, les réorganisations et les remaniements fondés sur des « préférences sexistes et genristes absurdes ».
» Selon Popov, le Secret Service semble être maintenu intentionnellement dans cet état pour permettre à « certaines forces » d’avoir « la possibilité d’éliminer physiquement le président américain » s’il « agit contre leur volonté ».
» « Il ne s’agit même pas seulement de Trump. Cela dure probablement depuis Kennedy. Ainsi, le président sent, comme on dit, une menace constante s’il se comporte mal et n’écoute pas les conseils de quelqu’un », a suggéré Popov. Il a prédit que, comme pour les précédentes tentatives d’assassinat contre Trump, personne ne sera tenu responsable de ce dernier incident et qu’aucun changement ne sera apporté au Secret Service, qui doit être « maintenu en état de faiblesse » pour permettre de nouvelles attaques contre les présidents.
» » Cela fait partie de leur démocratie. S’ils élisent soudainement le mauvais président, les forces véritablement démocratiques doivent avoir la capacité de corriger la situation en l’éliminant. » »
Coup de fil entre amis
Pour compléter ce que je disais de RT.com un peu plus haut, on notera que l’interview de Popov n’est pas flatteuse, moins pour le Special Service que pour l’appréciation du Système sur la sécurité nécessaire (ou volontairement inattentive) du président Trump ;
on notera alors que cette interview va à l’encontre de ce qui était dit plus haut sur la bienveillance de RT.com vis-à-vis de Trump, selon la ligne de Poutine ; certes…
on notera également que cette sorte de rupture ainsi observée s’aligne par contre parfaitement sur la « sorte de rupture » réalisé par Poutine à l’encontre de Trump, lors de son coup de téléphone de mercredi, et alors la tonalité indirectement antiTrump de l’interview de Popov se justifie parfaitement ; plus encore, il devient tellement complètement de circonstance qu’on pourrait dire qu’il est, lui aussi, « téléphoné »…
Pour mieux m’en expliquer à propos d’une possible « sorte de rupture » de Poutine vis-à-vis de Trump, je cite un extrait d’un article de cet historien d’une gauche ultra mais classique, naturellement anti-impérialiste et antiTrump, et qui se trouve pour cette circonstance qui écrase toutes les autres, allié à des gens qu’il aurait peu fréquentés en des temps plus « normaux ». Ici, c’est à partir d’un texte que cet Eric Zuesse « d’une gauche ultra mais classique » met en ligne, justement, sur ‘TheDuran‘ où il a pris l’habitude de poster ses articles :
« Alexander Mercouris — sans doute le plus grand analyste des relations internationales au monde, issu d’une famille de diplomates grecs et particulièrement doué pour décrypter les sous-entendus des comptes rendus officiels de communications entre chefs d’État et autres échanges diplomatiques — a rapporté le 30 avril qu’une conversation téléphonique historique avait eu lieu la veille, le 29 avril, entre le président américain Donald Trump et le président russe Vladimir Poutine. Au cours de cet échange, Poutine a averti le président américain, sur un ton diplomatique, que si les forces de Trump venaient à envahir l’Iran une fois de plus, non seulement l’Iran, mais aussi la Russie riposteraient, en se rangeant aux côtés de l’Iran. Voici le compte rendu officiel russe de cette conversation. Cet entretien s’est déroulé juste après que le ministre iranien des Affaires étrangères a rencontré le président Poutine en privé, à Saint-Pétersbourg. Vous trouverez ci-après l’analyse de Mercouris, portant non seulement sur ce compte rendu, mais aussi sur le contexte dans lequel il s’inscrit, ses significations profondes et sa place dans l’histoire :
03:42 … Le second point — qui, je le sais, suscitera de très nombreuses discussions — concerne l’entretien que Poutine et Trump ont eu
03:49 ensemble hier. Il y a plusieurs choses à dire à ce sujet, et je souhaite commencer par les aborder
04:02 avant de passer aux questions. Tout d’abord, ce sont les Russes qui ont pris l’initiative de cet appel ;
04:08 et ils l’ont fait directement à la suite d’une rencontre entre Poutine et [le vice-ministre iranien des Affaires étrangères] Araghchi
04:15 à Saint-Pétersbourg. Selon Ouchakov, le principal sujet de discussion fut la situation dans le golfe
04:25 Persique, et plus précisément le conflit opposant les États-Unis à l’Iran. Il s’agissait donc d’un appel que les Russes ont initié
04:36 dans le but de lancer un avertissement aux Américains — ils ont certes évoqué l’Ukraine, mais sans s’y attarder outre
04:44 mesure ; nous y reviendrons, j’en suis certain.[…]
[…]
05 :42 Très bien. Quel a été l’avertissement de Poutine à l’adresse de Trump ?
05:48 Quel était cet avertissement ?
05:49 Eh bien, très simplement : ne relancez pas la guerre contre l’Iran.
05:50 Vous avez cessé les hostilités. Vous allez vous en tenir là.
05:56 Vous devriez d’ailleurs reconsidérer votre projet de blocus.
06:00 Mais, en aucun cas, ne menez de nouvelles attaques contre l’Iran.
06:05 Si vous lisez la déclaration d’Ouchakov, c’est écrit noir sur blanc.
06:07 Sinon, quoi ?
06:09 Eh bien, nous l’ignorons.
06:10 Mais l’essentiel, c’est qu’il a eu un entretien avec Araghchi.
06:13 Il était accompagné de Kostyakov, son chef des services de renseignement de l’armée [le GRU].
06:19 Il y a eu énormément de spéculations et de discussions
06:23 quant à une éventuelle assistance militaire russe à l’Iran.
06:27 Je soupçonne que l’avertissement signifie ceci : la Russie assure les arrières de l’Iran
06:32 et continuera de l’approvisionner et de le soutenir tout au long de cette crise.
06:37 Et si les États-Unis font de nouveau monter les enchères,
06:43 alors ils s’exposent à une guerre d’une très, très, très longue durée,
06:48 qu’ils ne pourront pas gagner. »
Alors, que dire de Popov ?
… Eh bien, dire d’abord que s’il n’existait pas, Popov, il faudrait l’inventer. Mais je crois qu’il existe car ce n’est pas l’habitude des Russes, dans leur montages humains du type ‘maskirovka‘ (à différencier de la méthode universelle dite-« village Potemkine ») : ils n’inventent pas complètement un fait, un acte, un être, ils aménagent quelques vérités avec beaucoup d’imagination autour pour en faire un objet-narrative d’une orientation générale habilement trompeuse, un peu comme on joue aux échecs. Donc, nous prenons le parti de croire que Popov existe, dans les fonctions qui nous sont indiquées, et nous prenons ce qu’il nous dit à peu près pour du comptant. Le résultat est alors stupéfiant, – surtout le dernier paragraphe, – et tout cela dans RT.coim :
« Cela fait partie de leur démocratie. S’ils élisent soudainement le mauvais président, les forces véritablement démocratiques doivent avoir la capacité de corriger la situation en l’éliminant. »
Qu’est-ce que Popov entend par « véritablement démocratiques » ? Etn dans les autres passages, les « certaines forces », les « conseils de quelqu’un » pour liquider le personnage, c’est quoi, ça ? Oh, il y a beaucoup de constructions barboteuses et comploteuses à notre disposition, des aliens à la vue perçante à l’immonde DeepState en passant par la Bête666 de ‘Wide Eyes Shut‘. Mais rien de tout cela ne clôt l’affaire ni ne nous satisfait d’une quelconque manière. Ces choses prêtent serment de dire le vrai pour un rien et se défilent aussitôt en ricanant.
Nous restons comme je suis, plume en l’air et vidée de son encre, sans voix ni phrase-pirouette, nous disant une fois encore que le système de la communication est une chose bien étrange, qui va fort bien avec l’intelligence artificielle, pour représenter une image et une tension hypermoderne de l’énigmatique et éternel Sphinx. C’est une sorte de piège que d’essayer de tout comprendre, comme les chants des sirènes que le rusé Ulysse voulut absolument écouter et entendre, mais non sans s’être fait attacher au mat de son navire, – en cela, sublimement rusé comme l’avait bien vu le divin Homère. Reste l’inconnaissance.
Pour nous et pour moi plus encore, l’inconnaissance est ce mat salvateur qui nous oblige à résister à la tentation de l’esprit qui veut tout savoir, et particulièrement ce qui échappe à sa portée, au-delà de l’œil cosmique du télescope John Webb, – cette sorte de Cyclope qui prétendrait qu’un seul œil est nécessaire pour comprendre les origines du monde, – de ce monde sans origines, né de Rien et né de Tout comme disent les esprits forts… Eux non plus devraient essayer l’inconnaissabce.