RapSit-USA2026 : Tulsi, héros de notre temps
La directrice du renseignement national US (DNI) quittera ses fonctions le 30 juin, comme elle l’avait annoncé à la fin mai. Avant de partir, elle a posé un geste d’une audace inouïe dans le contexte de Washington-Système, renvoyant à la case départ tous les commentateurs éclairés qui l’avaient accablée de sarcasmes bien informés, d’abord pour avoir rejoint l’équipe Trump dans une fonction pourrie (on verra plus loin cet aspect de la fonction de DNI, au titre ronflant), ensuite pour n’avoir rien fait d’exceptionnel et accepté d’être marginalisée, enfin pour démissionner sans avoir rien accompli….
…Cela, pour le dernier point, jusqu’au 12 juin, avec sa vidéo largement mis en ligne : « Tulsi Gabbard Exposes US Global Biolab Program ». (Voir aussi son site.) Dans cette vidéo, elle rend public un rapport rédigé à partir d’informations obtenues des différents services (CIA, DIA, NSA, etc.) sur les laboratoires de recherches sur les virus épidémiques type-COVID utilisables comme « armes » biologique de contagions mortelles, — 150 labos dans le monde entier, financés par les USA. Ils étaient très nombreux en Ukraine (une quarantaine) et furent neutralisés par les Russes, qui publièrent tous les documents révélateurs en 2022 ; révélations aussitôt couvertes de lazzis et classées dans la rubrique FakeNews/mésinformation de la propagande russe. Au contraire, le rapport de la DNI, cette fois de source officielle US, confirme tout ce que les Russes disaient, — et confirme également, pour le troupeau des ordures de l’endoctrinement-Système, que cette femme est bien un pion des Russes, — et qu’elle aille au diable pour soi-disant soigner son mari, et célébrons plutôt, femme pour femme, Victoria Nuland. (Nuland, grande organisatrice du « coup de Kiev », le ‘Maidan‘ de février 2014, témoigna sous serment à plusieurs reprises sur la véracité de la version-Système et l’infamie une nouvelle fois démontrée des Russes.)
Ce qui nous conduit à conclure ici, pour ce qui la concerne : l’histoire de Tulsi Gabbard est pathétique et sublime. Elle est bien « un héros de notre temps »
Note de PhGBis : « Le masculin est employé pour la mettre, elle qui est stricto sensu « une héroïne », dans le Panthéon bien peu habité des êtres qui ont accompli l’honneur de leur carrière dans la lutte contre l’invasion satanique du Système. Dans ce cas, l’emploi du masculin indique une action qui transcende tous les caractères personnels pour inscrire le sujet dans la galerie des serviteurs de l’humanité. Les féministes conséquentes devraient en être honorées plutôt que de grogner dans leur guerre picrocholine de l’emploi du genre dans la grammaire. »
Le rapport du DNI
Donc, son rapport du 12 juin a mis en lumière, son habileté dans des circonstances dramatiques, son sens de la tactique bureaucratique malgré le drame personnel qui la touche (la maladie de son mari), et enfin son exceptionnel héroïsme patriotique, dans le respect de la légalité constitutionnelle.
RT.com a interviewé Larry Johnson (qui n’aimait pas beaucoup Gabbard, surtout d’un point de vue professionnel, tout en étant bien entendu complètement dans son camp) sur la signification générale du rapport.
« Selon Larry Johnson, ancien analyste de la CIA et PDG de BERG Associates, des éléments récemment rendus publics par Tulsi Gabbard — qui a occupé le poste de directrice du renseignement national (DNI) des États-Unis — suggèrent que la Russie aurait pu être la cible ultime d’un réseau de laboratoires biologiques financé par les États-Unis à travers le monde, notamment en Ukraine.
» Vendredi, Mme Gabbard a publié une série de documents déclassifiés révélant que Washington avait financé 120 installations biologiques dans plus de 30 pays. Un tiers d’entre elles étaient situées dans un seul pays : l’Ukraine. D’après ces documents, les laboratoires collaborant avec l’armée américaine et d’autres agences travaillaient sur des « agents pathogènes particulièrement dangereux », tels que ceux responsables de la maladie du charbon, de la grippe aviaire, d’Ebola, de la peste et de la tuberculose.
» Les éléments mis au jour montrent que ce programme « se concentrait essentiellement sur la Russie », a déclaré Johnson, ajoutant que l’ampleur du projet dépassait « les fantasmes les plus sombres » de quiconque. « C’est incroyable », a-t-il ajouté. »
Il y a eu tout de même quelques réactions de personnalités pour féliciter Tulsi Gabbard. Le message sur X du sénateur du Kentucky Rand Paul est cité :
« Merci à Tulsi Gabbard pour ses efforts herculéens visant à faire basculer l’État profond. Vous êtes une héroïne [un héros] pour avoir rétabli la transparence et la bonne foi dont notre gouvernement a besoin. »
Une autre appréciation nous vient de nos amis C&M (sans M, actuellement à Moscou). Christoforou rapporte comme l’événement du jour cette diffusion du rapport sur les laboratoires d’un Faust qui aurait racheté le Diable pour en faire son ‘âme’ (d’où l’expression « âme damnée ») avant d’investir dans le DeepState. Christoforou est extrêmement élogieux pour Tulsi Gabbard, saisissant ainsi parfaitement la puissance et le courage de l’acte.
« Bravo à Tulsi Gabbard d’avoir mis cela en lumière. On dirait bien qu’elle a gardé la meilleure surprise pour la fin.
» Newsweek en parle ; d’autres grands médias ont également relayé l’information, mais j’ai consulté CNN, le New York Times, le Washington Post, le Financial Times, le Guardian et le Wall Street Journal, et au moment où j’enregistre cette vidéo, ils ne disent rien sur la publication de ces documents par Tulsi Gabbard. Tulsi a publié un message à ce sujet sur X, accompagné d’une vidéo d’environ quatre minutes expliquant la situation et ce qu’elle révélait. Elle a indiqué sur X qu’il existe 120 centres de recherche répartis dans plus de 30 pays, dont l’Ukraine.
» Bravo, Tulsi. Vraiment, bravo. »
Enfin, sur ce point des réactions ou avis, nous retenons ces quelques phrases de John Kiriakou, ancien officier de la CIA ayant témoigné en 2007 devant le Congrès sur une affaire délicate (l’usage de la torture dans les interrogatoires), puis ayant été condamné en 2012 à 30 mois de prison pour divulgation de secrets de la sécurité nationale. Ensuite, Kiriakou le « lanceur d’alerte » a rejoint la cohorte des Samizdat-antiSystème où il tient une place remarquable.
Ici, il est interrogé par les deux compères (Sarah et Christopher Helali) d’un site nouveau pour nous, intéressant par son rythme et ses positions, ‘DDGeopolitics‘. Sarah interroge Kiriakou sur la/les cause(s) de la démission de Gabbard, deux jours avant la diffusion du 12 juin.
« Vous savez, il y a une semaine, je vous aurais probablement donné une réponse différente. Mais je sais désormais de source sûre, de première main, qu’elle a démissionné parce que son mari est vraiment malade. Il a été opéré il y a quelques jours. L’intervention semble avoir été un succès, mais il souffre d’un cancer rare et va nécessiter beaucoup de soins. Il faudra du temps avant qu’il puisse retravailler à Washington.
» La plupart des gens, surtout ceux qui sont déterminés à protéger leur avenir politique, n’auraient jamais démissionné. Ils auraient espéré que tout s’arrange, auraient engagé des soins à domicile et auraient étouffé les rumeurs dans les médias. Mais Tulsi n’est pas comme ça.
» Tulsi est l’une des personnes les plus authentiques que j’aie jamais rencontrées à Washington. Et lorsqu’elle a dit qu’elle démissionnait pour s’occuper de son mari, elle le pensait vraiment. C’était un geste admirable. »
La/les cause(s) d’une démission
Comment s’arranger de l’explication de Kiriakou dite avec la conviction la plus extrême, et qui correspond si bien au personnage de Tulsi Gabbard (voir sa description de ‘Corrupt Washington‘) ? En effet, ils sont nombreux à pointer cet événement (la diffusion du rapport) comme conséquence directe de sa démission. Jimmy Dore, par exemple et toujours excellent, explique clairement comment il appréciait la démission de Gabbard et comment la divulgation de ce document explosif confirme la chose. La même approche est retrouvée sur d’autres réseau, comme ‘Times of India‘, ‘The Economic Time‘, l’excellent commentateur Sebastien Seas, tandis qu’on trouve des réactions dans ce sens lors de l’annonce de la démission, par exemple chez ‘Farron Balanced‘ :
Comment trancher ? Est-il utile de trancher ? Les deux thèses (causes) qui s’opposent peuvent parfaitement co-exister, et même se compléter. On peut même, en effet, avancer l’interprétation que Tulsi Gabbard hésitait à démissionner pour se consacrer à son mari tandis que des rumeurs la mettant en cause pour son absence de soutien à la guerre en Iran se répandaient chez les neocon-sionistes désormais rassemblés autour de Trump et formant une sorte de Garde Prétorienne de la pensée conforme-Système d’un président diminué psychologiquement, instable et incapable d’une pensée stratégique qui définirait une politique, – et finalement, trahissant tous ses engagements et toute sa base initiale d’influence ‘America First‘ pour plonger dans un conflit catastrophique qui pourrait (bonne chose que les esprits limités à l’excitation de l’instant ne peuvent distinguer) emporter l’Empire dans l’abîme de son autodestruction.
Dans de telles conditions qu’on a subies depuis quatre mois, une Tulsi Gabbard, même complètement tenue à l’écart, devient dangereuse et doit être éliminée. Ce qui est fait avec sa démission du 25 mai tandis que la santé de son mari s’aggrave et nécessite une intervention chirurgicale d’urgence. Les deux pressions s’exercent sur la DNI et elle fait son choix. Mais, comme c’est la coutume lorsqu’une personnalité importante (même dans la seule apparence) du gouvernement donne sa démission qu’aucun événement immédiat ne force à rendre immédiate, elle trouve un compromis et propose son départ le 30 juin. Il y aura du temps ainsi pour lui trouver un successeur… Cela est fait, ou tenté d’être fait, dans un désordre complet qui montre le complet désintérêt de Trump et de sa bande pour un poste devenu maudit avec Gabbard.
« Le président Donald Trump a d’abord nommé Bill Pulte, régulateur du logement et directeur de la Federal Housing Finance Agency, en tant que DNI par intérim. Cependant, cette nomination s’est heurtée à une forte opposition du Sénat en raison du manque d’expérience de ce dernier dans le domaine du renseignement.
» Face à une impasse législative, Donald Trump a choisi de nommer Jay Clayton (ancien président de la SEC et procureur américain pour le district sud de New York) pour succéder à Tulsi Gabbard au poste de directeur du renseignement national. » (résumé IA)
C’est à ce point, justement, qu’on trouve le sens tactique du « héros de notre temps ». La fonction de DNI, comme l’explique Kiriakou dans l’entretien déjà cité, est une fonction vide de sens ; beaucoup d’affirmations de pouvoir, aucune possibilité d’imposer ce pouvoir à des agences puissantes, repliées sur des dispositifs de protection bureaucratique d’une redoutable efficacité. Gabbard connaissait bien ce caractère d’impuissance bureaucratique mais elle a décidé d’en faire une sorte d’alibi pour travailler sur le fond d’une affaire qui lui tenait à cœur. La question des ‘biolabs‘, qu’elle avait dénoncés en 2022, amena le républicain Mitt Romney à la qualifier en session du Sénat d’agent au service de la Russie. Tulsi n’oublia pas cette accusation, elle qui est lieutenant-colonel dans l’US Army (Garde Nationale) et qui a effectué quatre déploiements en Irak et en Afghanistan, — ce qui n’est pas le style de Romney, milliardaire mormon et mondain, aux costards du dernier chic et à la coupe de cheveux montrant les tempes grisonnantes de la sagesse..
Cette DNI mise sur la touche dès acquise sa confirmation, héritant de la fausse puissance du poste, devenait un symbole de l’impuissance où l’on pouvait mettre les antiSystème. On ne s’occupa plus guère d’elle et Trump oublia son existence. Elle effectua donc un travail de fourmi, profitant du fractionnement des agences et de leur esprit de concurrence les unes envers les autres, de leur absence haineuse d’information et de coopération entre elles. Elle obtint ainsi des documents de divers côtés, sans que personne ne soit capable de comprendre ce qu’elle était en train de faire, comme lorsqu’on se trouve devant l’empilement des pièces d’un puzzle. Maintenant, on a compris…
Disposant de cinq semaine à partir de sa « cancellation » totale du monde du pouvoir politique, elle boucla son travail sous la forme d’un rapport, non pas « secret », mais réalisé à partir d’éléments disparates mais connus et sans réel intérêt lorsqu’ils sont réduits à eux seuls, pour décrire la monstrueuse entreprise des biolabs. Il ne nous étonnerait pas que son intervention ait pris par complète surprise beaucoup de gens, à la Maison-Blanche, à la CIA, au Pentagone. On ignorait même qu’un DNI était capable de prendre une telle initiative, de son propre chef, et dans la plus complète légalité de ses pouvoirs théoriques et jamais utilisés par ses prédécesseurs depuis la création de la fonction (2002).
Tulsi Gabbard s’en sort avec une « défaite à la Pyrrhus » (faire plus de mal à l’adversaire en capitulant dans ses propres conditions qu’il n’en subissait dans la situation précédente) et le respect dû à un « héros de notre temps ». Elle est auprès de son mari et ne s’inquiétera de l’avenir que lorsque l’avenir la sollicitera. Cela dit, elle doit d’ailleurs s’en garder, de toutes les façons. Tous ces gens du Système ont montré qu’ils ne se satisfont pas d’une victoire tactique sur un adversaire, qu’il leur faut étancher leur haine, qu’il leur faut du sang, — et peut-être essaieront-ils d’avoir la peau de Tulsi.
Trop tard ! Elle leur a fait le mal qu’elle pouvait leur faire. Même si son rapport ne changera évidemment rien au tas d’immondices que sont Washington et l’Empire, la puanteur en sera encore plus forte, encore moins supportable. Ainsi viendra le jour plein de joie où l’insupportabilité des odeurs de la pourriture en décomposition conduira aux choix néo-pascalien si souvent répété d’Abraham Lincoln, — on vous laisse deviner lequel :
« Si la destruction devait un jour nous atteindre, nous devrions en être nous-mêmes les premiers et les ultimes artisans. En tant que nation d’hommes libres, nous devons éternellement survivre, ou mourir en nous suicidant. »
Mis en ligne le 14 juin 2026 à 16H30