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Bloc-Notes

Guantanamo si, Guantanamo no

Les bons esprits libéraux et postmodernes exultent à nouveau, le temps d’un discours, et notre scepticisme ne cesse d’être nourri à ce propos. Le discours du 21 mai de Barack Obama, annonçant la fermeture de la prison de Guantanamo est effectivement salué par les esprits en question. Leur enchantement, très type-postmoderne, est en soi une raison de s’inquiéter, notamment à la lumière des analyses teintées d’un romantisme de midinette qu’ils développent en général. Obama a confirmé qu’il fermerait le camp de détention de Guantanamo. Le Monde du 22 mai 2009 présente ce discours de cette façon: «Le président américain, Barack Obama, a confirmé sa détermination… 

Black shoots of summer”? Les Anglo-Saxons et le AAA qui chancelle

Coup sur coup viennent les nouvelles que les deux grands pays anglo-saxons, inspirateurs du modèle anglo-saxon (comme il se doit) et du Rest Of the World, sont sur le point, ou dans tous les cas menacés de perdre leur classement prestigieux AAA, indiquant le niveau de solvabilité de ces pays, de leurs Etats, ou soi-disant Etats. Ces notations sont à la fois vénérées et contestées; vénérées parce qu’elles font partie, comme autant d’indications faussaires évidemment impératives, du système faussaire qui, de la Federal Reserve aux réunions de Davos, nous a entretenus des leçons de morale que nous méritons pendant quelques années, voire entre une et… 

La “mission” du président de la Fed

Les agitations qui se déroulent dans le monde occidental et américaniste de la communication à propos de la fin de la crise, de la reprise, de l’apparition des green shoots (jeunes pousses) et ainsi de suite ont commencé à se manifester au début mars, le 8 mars exactement avec une intervention du président de la Federal Reserve, Ben Bernanke. (Nous avions signalé cette tendance et le rôle alors exclusif de Bernanke le 17 mars 2009.) Comment, à cette lumière, définir cet aspect de la mission du président de la Fed, ès-qualité, et non pas le seul Bernanke? Cela nous est suggéré, peut-être paradoxalement a contrario… 

Greenspan versusgreen shoots

Le vert de l’espérance est aujourd’hui la couleur au centre du débat sur la crise, avec les green shoots de la reprise ou du printemps c’est selon. L’on a donc la surprise de découvrir que le vieux sage de la Federal Reserve, Alan Greenspan, s’oppose au mouvement général d’auto-satisfaction de ses congénères. On dit que Greenspan a été extrêmement choqué par cette crise, d’une façon personnelle, dans la mesure où elle met en question toutes ses croyances, toutes ses convictions, toute sa politique également; dans la mesure où, selon son propre aveu, il n’y a rien compris et, peut-être bien, n’y comprend toujours rien. Quoi… 

La Maison-Blanche double le Pentagone

Il y a des signes intéressants selon lesquels on pourrait avancer l’hypothèse que la Maison-Blanche veut avoir un droit de regard direct sur certains programmes d’armement à grande importance politique. On fait cette remarque en fonction de la nouvelle de ce 20 mai 2009, selon laquelle le nouveau rapport sur le réseau anti-missiles BMDE en Europe a été remis, du côté US, au général Jones, président du NSC et conseiller direct d’Obama pour les questions de sécurité nationale. C’est une procédure qui peut s’expliquer par l’urgence du sujet (les négociations START en cours à Moscou, où la question du BMDE est à l’ordre du jour),… 

Un rapport décisif?

Les rapports techniques et stratégiques produits par la communauté stratégique abondent et, en général, répondent au conformisme régnant; leur effet est à mesure, un peu d’excitation médiatique puis l’oubli. Celui que doit publier aujourd’hui l’Institut Est-Ouest, think tank indépendant autant présent à New York, Bruxelles et Moscou, pourrait être différent. Il analyse la question du système anti-missiles en Europe (BMDE) et conclut de façon catégorique à son inutilité et son inefficacité contre d’éventuels missiles iraniens, par ailleurs appréciés comme des menaces lointaines et loin d’être assurées. «A planned U.S. missile shield to protect Europe from a possible Iranian attack would be ineffective against the kinds… 

Ron Paul est fed up de la Fed

En anglo-a méricain, fed peut aussi bien suggérer en avoir marre (fed up) ou la Federal Reserver (la Fed). La rencontre tombe bien parce que Ron Paul en a marre, de la Fed justement. Il le dit dans un commentaire pour Forbes, le 15 mai 2009, justement intitulé «Fed up»; il en a marre de l’absence de contrôle de cette énorme puissance, qui mène la politique qui lui importe, avec d’énormes conséquences sur la vie quotidienne, la richesse des Américains, l’équilibre du pays et ainsi de suite. Paul fait donc un procès de la Fed et de son action actuelle «The Federal Reserve’s recent and… 

Pauvre Rebecca

Les réputations se font et se défont dans le petit monde du JSF et de ses polémiques alentour. On connaît le cas de notre amie Rebecca Grant, confrontée malheureusement à son ami Loren B. Thompson, et découverte comme une sur jumelle, ou bien est-ce Loren B. qui serait le frère jumeau? Bref, le texte commun des frère-sur siamois à la gloire du JSF a également été débusqué par Eric Palmer, sur son site ELP Defens(c)e, le 17 mai 2009. Voici les trois quarts du petit texte de Palmer, texte vipérin, sans aucun doute: «Dr. Rebecca Grant has been a researcher on air power issues for… 

L’urgence d’AfPak

William Pfaff estime que les rapports entre l’Afghanistan et le Pakistan renvoient, pour l’état-major et les stratèges US, et pour le président par conséquent dans cette occurrence, aux rapports entre le Vietnam et le Cambodge pour les USA dans les années 1970-1975. La réorientation du binôme AfPak vers le Pakistan depuis l’automne dernier, et, encore plus, avec l’administration Obama qui en a fait sa philosophie en matière de guerre contre la terreur, renvoie précisément à 1970, quand les forces US envahirent le Cambodge parce qu’ils n’arrivaient à rien au Vietnam, après cinq années de féroces combats. Pfaff écrit sur son site WilliamPfaff.com, le 15 mai… 

Les inquiétudes sans pilote de Rebecca Grant

Voici certainement un texte sérieux de Rebecca Grant, la directrice du Mitchell Institute proche de l’Air Force Association et Senior Fellow du Lexington Institute de son ami Loren B. Thompson, nous voulons dire plus sérieux que celui qu’elle a partagé confraternellement avec ce même Loren B. Le sujet est, bien entendu, toujours l’inévitable F-35, alias JSF. (Dans Defense News du 11 septembre 2009.) Cette fois, il ne s’agit plus d’un simple texte de propagande, comme c’est la coutume, mais d’un article plus complexe, avec des plans différents, exposant à peine entre les lignes une réelle préoccupation. Voici le passage qui doit nous arrêter Rebecca Grant… 

Les Marines de Rumsfeld

C’est une étrange circonstance ou une circonstance révélatrice que rapporte le quotidien de Londres The Independent, ce 16 mai 2009, avec l’histoire du MarSOC, une abréviation désignant le Special Operations Command du Corps des Marines. Il s’agit en fait d’une unité de 2.500 hommes, dont la moitié affectée au combat, formée sur l’insistance de Rumsfeld et contre le vu, semble-t-il, de la hiérarchie du Corps, et qui a évolué rapidement en une sorte d’unité incontrôlée, opérant selon ses règles, réalisant évidemment des opérations sanglantes et illégales, en Irak et en Afghanistan. Il semble que MarSOC soit à la base de nombre d’appels à l’appui tactique… 

Vraiment, est-ce le “bon choix”?

La question de l’héritage de l’administration GW Bush pèse de plus en plus lourdement sur l’administration Obama, y compris dans des décisions qui peuvent apparaître à première vue prises pour modifier les situations créées précédemment. Après les remous suscités par le limogeage du général McKiernan, chef des forces US et de l’OTAN en Afghanistan, il y a ceux qui surgissent dans le sillage de la nomination de son successeur, la général McChrystal. Officiellement, cette nomination correspond à la nouvelle orientation qu’Obama et Gates veulent donner aux opérations en Afghanistan. Mais il apparaît de plus en plus clairement que la personnalité, l’expérience et la carrière de… 

BHO, Fouché et Guantanamo

Il s’agit certainement de la décision la plus décevante de la part du président Obama, de la plus médiocre, de la plus injustifiée, de celle qui fait partie en vérité d’une mauvaise politique, celle qu’on pourrait éventuellement qualifier en citant le mot de Fouché à propos de l’exécution du duc d’Enghien («C’est pire qu’un crime, c’est une faute»). Il s’agit de la décision d’Obama de revenir sur sa première décision (déjà, le processus agace) de fermer la prison de Guantanamo, lieu fameux de détention illégale et de torture légalisées, conformément à ses promesses électorales, et de poursuivre au contraire l’existence de ce système avec des… 

A Washington, un sénateur “socialiste” à l’assaut de la Fed

Pendant 16 ans, le démocrate Bernie Sanders a été, à la Chambre des représentants, Représentant du Vermont; le Vermont, ce minuscule Etat de l’extrême Nord-Est de l’Union qui fut un temps (1777-1791) la République Libre du Vermont avant de succomber, au terme de manuvres tordues, au charme incertain de l’Union, qui n’a pas oublié ses origines, qui manifeste régulièrement des tendances sécessionnistes et socialistes, c’est selon. Aujourd’hui, Sanders est dans le cours de son premier mandat de sénateur de l’Etat du Vermont. Il se proclame, plus que jamais et hautement, socialiste, ou democrat socialist. Il a commencé une offensive socialiste en exigeant que la Federal… 

A quand les “excuses” pour Chavez et Castro?

A quand les excuses pour Chavez et Castro? Un cas important d’une future polémique à venir à Washington, très rapidement, peut-être, est celui de l’attitude de BHO vis-à-vis de l’Amérique latine. La performance du président US au Sommet des Amériques, à la fin avril, notamment du plus spectaculaire avec ses entretiens chaleureux avec Chavez, relève moins d’une performance justement, cela étant perçu comme une démarche de relations publiques, que d’une retrouvailles de BHO avec ses réflexes et ses conceptions d’engagement social dans la communauté noire, dans ses jeunes années à Chicago. C’est du BHO vrai populiste dont il est question, et la chose a marqué… 

Oncle Sam qui rit, Oncle Sam qui pleure: une journée de la crise “yo-yo”

La journée du 13 mai 2009 nous a semblé intéressante, c’est-à-dire instructive, d’autant plus que l’on peut s’appuyer pour ce constat sur deux textes d’une même source, Bloomberg.News, source incontestable pour les nouvelles économiques, et deux textes édités à six heures d’intervalle, 10H46 et 16H18, heures de la côte Est (EDT). Le premier est donc, chronologiquement, celui de 10H46 ce 13 mai 2009. C’est Oncle Sam qui rit, parce que, ô divine surprise qu’on prévoyait déjà par avance, voilà le Messie, dito, le consommateur américaniste, qui recommence à faire son devoir de civilisation, consommer, consommer, consommer Le texte est pimenté d’avis impératifs et enlevés d’économistes… 

L’Afghanistan est devenu un désordre US

L’éviction du général McKiernan, chef des forces US et de l’OTAN en Afghanistan, qui apparaît désormais comme un véritable et brutal limogeage, constitue à l’analyse une crise profonde au sein de l’establishment militaro-politique du Pentagone, dépassant les premières évaluations qu’on pouvait en donner. L’aspect conjoncturel d’une mesure à la suite de l’énorme bavure contre des civils afghans apparaît désormais comme un argument de circonstance de plus pour justifier le limogeage. Une source US indépendante proche des affaires militaires, commentant ce qui est désormais effectivement un limogeage brutal et une crise du système militaire US, commentait que l’Afghanistan «is now a total US mess, not a… 

Spéculations sur la stratégie de BHO: en attendant leur chute

Il est maintenant couramment admis que l’administration Obama, BHO en tête, a adopté une stratégie complètement acquise à Wall Street et aux grands établissements financiers. Tout est fait pour dissimuler leur véritable situation, y compris bien entendu les considérables stess tests. Sans débattre de grande théorie économique ou financière à ce propos, Robert Kuttner, qui est un des rédacteurs en chef de The American Prospect fait cette observation de bon sens dans un texte que publie Alternet.org (et Huffington.post) le 11 mai 2009, à propos d’une conférence où il intervenait et où le principal intervenant était le président de la Federal Reserve Ben Bernanke, tout… 

L’anomalie française

Effectivement, en citant l’anomalie, nous voulons parler de ce qui n’est pas normal; de ce qui est, en un sens, la subversion de l’ordre établi. L’anomalie est donc une grande chose lorsque la normalité est ce que nous voyons autour de nous, dans cette planète dévastée, et l’ordre établi le catéchisme en faveur de cette normalité. The Economist, lui, nous la fait à l’anglaise, avec ce souci de parsemer son texte d’expressions française, cette curieuse façon d’illustrer le rapport amour-haine qui rassemble et sépare les deux pays. D’où son titre, ce 7 mai 2009: «The French model Vive la différence!» Il s’agit effectivement de montrer… 

De l’admirable et sophistiquée réinvention du fil à couper le beurre

Nous, nous avons notre interprétation Le départ abrupt du général David McKiernan, qui commande les forces US et de l’OTAN en Afghanistan, ressemble fort, en plus de la version officielle qui a aussi sa valeur, à un limogeage suite à l’attaque de l’USAF qui a massacré un nombre assez élevé de civils afghans. La version officielle est que David McKiernan s’en va, après seulement onze mois de commandement (au lieu de 24 ou 36 mois), parce qu’on a besoin, selon Gates, d’une fresch thinking, pour appliquer la nouvelle stratégie (ce qui semble signifier qu’il y en avait une, désormais ancienne, ce qui est une agréable… 

Le JSF pour Israël (est-ce bien sûr?) et le facteur nucléaire

Ce sont des informations assez inattendues, somme toute, qui viennent de The World Tribune, ce 11 mai 2009. D’une part, elles semblent marquer un durcissement supplémentaire des USA vis-à-vis d’Israël concernant la livraison et le maniement du JSF par Israël, d’autre part elles amènent un élément nouveau, qui dépasse largement le cas du seul JSF, qui est celui de l’éventuelle capacité nucléaire du JSF. Enfin, autre facteur inattendu, qui tend plutôt à politiser la nouvelle, ce fait que les informations et les instructions semblent venir de la Maison-Blanche. «The Obama administration has imposed obstacles on Israeli efforts to procure U.S.-origin fighter-jets. Administration sources said the… 

La paix très vite ou la guerre dans un an

Selon le roi Abdallah de Jordanie, on s’approche du moment décisif pour un ambitieux plan de paix US au Moyen-Orient. Abdallah semblerait devoir y jouer un rôle important, dans tous les cas c’est lui qui lance la machine lors d’un entretien au Times de Londres ce 11 mai 2009. «The Obama Administration is pushing for a comprehensive peace agreement that would include settling Israel’s conflict with the Palestinians and its territorial disputes with Syria and Lebanon, King Abdullah II told The Times. Failure to reach agreement at this critical juncture would draw the world into a new Middle East war next year. If we delay… 

Labyrinthe et imbroglio à Washington, ou la vertu paradoxale de Moby Dick

L’avantage de l’Empire, tel que GW nous l’a laissé, c’est que les complexités des intérêts et la complication des ambitions entretiennent fastueusement les affrontements et les tensions et interfèrent , bien plus qu’al Qaïda, AfPak ou l’Iran nucléaire, sur les politiques en cours. Ainsi, semble-t-il d’après cette chronique du 11 mai 2009 de Jim Lobe et Daniel Luban sur Antiwar.com, et d’ailleurs sans réel étonnement, le Pentagone joue-t-il un rôle majeur de frein contre tout durcissement intempestif contre l’Iran, et certains pourraient alors dire que les ennemis de mes ennemis sont mes amis En cela, dans la situation ainsi décrite, le Pentagone s’oppose au Lobby… 

En attendant le père Murdoch

Qui ne connaît Rupert Murdoch, ce grand magnat de la presse, l’homme qui tient des continents et nos destinées dans ses mains, le bienfaiteur de diverses humanités sans l’avis éclairé duquel Tony Blair ne pouvait imaginer de prendre quelque décision importante que ce soit. Gros groupe de presse, le père Murdoch; et avisé, grande pensée politique et le cur sur la main, il soutint effectivement (et soutient encore) le groupe des neocons qui nous offrit l’inspiration et l’élan de la fiesta des années GW Bush. Rupert Murdoch constate que la presse officielle, type-Pravda est en chute libre. Par contre, il n’est pas mécontent des résultats…