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Bloc-Notes

Monbiot et ses “strange bedfellows”

La crise conduit à des situations étranges et inédites, où l’on retrouve, selon l’expression américaine, des situations de strange bedfellows, ou encore, selon l’expression en vogue au temps de l’affrontement autour du communisme, d’étranges compagnons de route, mais cette fois sans machination humaine organisatrice, simplement par les logiques paradoxales des situations. L’accélération et l’aggravation de la crise conduisent effectivement à une certaine libération des réflexions et des observations, à une intégration progressive des événements dans des conceptions plus vastes, à l’apparition de jugements plus fermes, qui peuvent paraître de plus en plus paradoxaux à mesure que la crise laisse voir de plus en plus clairement… 

L’Ukraine au rythme de sa crise

L’Ukraine est un bon candidat pour former une crise presque parfaite de type postmoderne. On y trouve des composants de tous ordres, avec les suite de l’ère soviétique, les influences américanistes déstabilisantes, les pressions russes, la corruption générale, les tendances centrifuges et, dernier élément, les pressions sur la stabilité du pays de la crise systémique générale. Après diverses péripéties, on ne dira pas qu’on entre dans la phase décisive, cela a été dit à de trop nombreuses reprises; il n’empêche, on peut faire au moins l’hypothèse que l’on s’en rapproche Les dernières insultes entre les deux ex-alliés orange, la première ministre Ioulia Timochenko et le… 

Le budget français de la défense pour 74.200 soldats de plus

On sait que l’un des projets du President-elect Obama, du temps où il était encore candidat, était d’augmenter les forces effectivement combattantes des forces armées US d’à peu près 90.000 hommes (U.S. Army essentiellement, Marine Corps également). Cela correspond à une tentative de résoudre une situation qui fait qu’aujourd’hui un engagement en Irak chiffré à 150.000-160.000 soldats US au maximum empêche d’augmenter de manière significative (20.000-30.000 hommes) le déploiement US en Afghanistan, pourtant assez faible (autour de 40.000-50.000 hommes). Dans tous les cas, l’U.S. Army, largement concernée, a étudié et chiffré le projet d’Obama, prenant pour base une augmentation effective de 74.200 combattants en plus,… 

Le don d’armement comme outil d’influence

Les Russes entendent offrir au Liban dix chasseurs Mokoyan et Gourevitch MiG-29 Fulcrum, qui seront prélevés sur les réserves des forces aériennes russes. La démarche russe est justifiée par l’objectif de renforcer l’armée libanaise, comme facteur de stabilité du pays, et donc de la région. (La force aérienne libanaise possède actuellement un effectif ridicule de 5 Hawker Hunter britanniques des années 1950 et de 16 hélicoptères. Le don russe va décupler, pour le moins, la puissance aérienne libanaise.) Bien entendu, il est écrit qu’Israël et les USA devraient s’alarmer sans tarder de cette initiative, puisque n’importe quelle souris faisant mine de rugir dans la région… 

La Commission, une crise systémique

En marge, dirait-on, du discours de Sarko devant le Parlement européen, le 16 décembre, le président de la Commission José-Manuel Barroso a défendu son institution, également devant le PE à Strasbourg. S’il l’a défendue, c’est qu’il la juge, ou la sent attaquée; c’est le cas, malgré toutes les choses sucrées, voire mielleuses, que Sarkozy a dispensées en public à propos de Barroso. Le panégyrique de l’Europe des nations fait par Sarko à Strasbourg a été effectivement, et assez justement on le comprend, ressenti par Barroso comme une mise en cause, voire une mise en accusation de la Commission. Délicat moment, alors qu’on arrive au renouvellement… 

La crise? Du jamais vu…

«The truth is, I’ve never seen such uncertainty …», dit le Premier ministre canadien dans une interview à la station de télévision CTV News de Halifax, au Canada. Le Premier ministre Stephen Harper, en position politique archi-délicate dans son pays, mais ce n’est pas le point qui nous intéresse, est sans doute le premier dirigeant d’importance, à notre connaissance, à avoir admis, concédé en un sens, que l’actuelle crise économique, ou crise systémique générale c’est selon, pourrait conduire à une dépression. La référence des années 1930 est donc désormais une référence admise dans les milieux officiels dirigeants. Reuters rapporte aujourd’hui des extraits de cet entretien,… 

Une querelle d’Allemand

La semaine dernière a été l’occasion, avant, autour et après le sommet de l’UE à Bruxelles, de violents commentaires des Britanniques à l’encontre des Allemands, après que les Allemands, par la voix du ministre des finances Peer Steinbrueck, aient dit des choses sévères à l’encontre des Britanniques. Le 12 décembre, Le Monde rendait compte de cette intervention du ministre allemand. , «Dans une interview à l’hebdomadaire Newsweek du mercredi 10 décembre, le grand argentier allemand contre-attaque : il tacle sans ménagement le premier ministre britannique Gordon Brown et ses récentes mesures pour lutter contre la récession. Ceux-là mêmes qui ne touchaient jamais aux dépenses publiques… 

Grève type G4G

Le ravitaillement des forces occidentales en Afghanistan, déjà perturbé par des attaques de talibans, risque de l’être un peu plus par les remous syndicaux, par exemple si une menace de grève d’une majorité des chauffeurs (pakistanais) assurant la conduite des véhicules se concrétise. Bien entendu, les deux événements sont liés, la menace de grève étant causée par les récentes attaques talibanes contre les voies de communication (en général dans des dépôts de véhicules). La route visée, qui assure 60 à 70% du ravitaillement de l’OTAN par le passage de Khyber, avait été fermée il y a neuf jours, après une attaque, et a été rouverte… 

Tous les chemins mènent en Afghanistan

L’affaire afghane est une étrange aventure, une énigme stratégique quand on en vient à examiner le comportement occidental. Personne ne sait exactement ce que l’OTAN, et les pays occidentaux avec elle, y font sinon s’exposer à des revers militaires peu flatteurs, coûteux, politiquement pénalisants et ainsi de suite. On y comprend encore moins quand on voit que la lourdeur de l’appareil occidental, sa boulimie extraordinaire de logistique et de ravitaillement pour accoucher d’une campagne inepte et self-defeating, conduit cette même OTAN et ces similaires pays occidentaux à se placer en obligés des Russes, voire à la merci des Russes en certaines circonstances. (Mais trêve d’hypocrisie:… 

Le f******-scandale, f******-bobo pour BHO?

Toujours, dans cette étrange époque, l’inattendu survient. Nous sommes là, à guetter les signes de la crise qui s’aggrave, à nous interroger et à gravement spéculer sur l’hypothèse Gorbatchev, et c’est un scandale dans le plus pur style Chicago-Hollywood qui survient. Que vaut ce scandale? Quel intérêt de le savoir vraiment? Nous parlons d’image, pas de justice dans cette étrange époque; et, depuis l’élection triomphale du 4 novembre, rien ne compte plus pour Obama que l’image. Il se trouve que celle-ci, l’image, commence à se ternir, puisque le scandale Blagojevich, du nom du gouverneur de l’Illinois au leste langage, commence à toucher un proche du… 

L’omelette norvégienne du JSF, avec cassage d’œufs garanti

L’affaire de la commande de 48 JSF par la Norvège, annoncée avec à-propos le 20 novembre dernier et commentée diversement depuis, commence à provoquer des vagues, ou à casser des ufs c’est selon. Il est probable que ce n’est qu’un début, tant cette affaire est à classer dans les initiatives d’urgence imposées par les pressions US pour tenter de renforcer le dossier du programme JSF qui entre dans les eaux agitées, là aussi, de la transition vers une administration Obama. Le principal remous est un communiqué de SAAB, le candidat suédois malheureux du JSF avec son Gripen JAS39 Nouvelle génération (NG), en date du 10… 

Le F-35, alias JSF, profite-t-il de l’attaque contre le F-22?

Dans la tempête qu’on voit s’élever au-dessus et autour du Pentagone, et au Pentagone même, à la fois pour la crise centrale de ce point Omega et pour celle qui presse le F-22, notre ami le JSF, alias F-35, a un rôle et une place à tenir. Comme on le signale dans une allusion dans la note précédente, les ennuis du F-22 n’impliquent pas nécessairement le bonheur du JSF. D’une façon de plus en plus accentuée, la plupart de ceux qui réclament l’abandon du F-22 réclament à haut cri des réformes et des réductions des dépenses, et cela ne rassure pas le parti du JSF.… 

Haro sur le F-22

Un vent de réforme anti-pentagonesque est en train de prendre un rythme de tempête à Washington. Le point Omega de cette tempête autour du point Omega de la crise systémique américaniste, c’est le chasseur F-22 Raptor et les quelques dizaines d’exemplaires que l’USAF, ou une partie de l’USAF, voudrait encore produire. De tous les côtés, des appels à l’arrêt du programme aux 183 exemplaires actuels se multiplient. Signalons quelques manifestations de la chose: L’amiral Mullen, président du JCS, en a marre. (Non, il s’agit d’une extrapolation par le titre d’une dépêche AFP du 10 décembre, sur Spacewar.com: «US Top Brass Fed Up With F-22 Problems.»)… 

F*** ou f******? BHO et un super-scandal as usual

Il faut dire que l’affaire du scandale du gouverneur de l’Illinois Rod Blagojevich est aux petits oignons. Un gouverneur arrêté, le gouverneur démocrates de l’Etat de l’Illinois, celui du President-elect, négociant aux enchères la succession du siège de sénateur du même President-elect. Les enregistrements du gouverneur Rod Blagojevich négociant les enchères, saisis par les policiers, sont également aux petits oignons, comme il se doit mais encore plus qu’à l’habitude. (Le mot de passe F*** ou f******, selon la volubilité constatée, qu’on retrouve ci-dessous, signifiant, dans le code puritain de la transcription américaniste des choses de la vie, le fameux fuck, ou fuck you, qui semble… 

L’option de la “pause stratégique”

La poussée réformiste du Pentagone existe, il se trouve que nous l’avons rencontrée, – ou, du moins, il nous semble bien l’avoir rencontrée. Il nous semble qu’il existe un ensemble de divers milieux et cercles d’analyse, situés politiquement dans le courant modéré mais avec une légère inflexion réformiste (progressiste), pour effectivement constituer une force d’influence, avec la proposition d’une politique alternative à la poursuite de l’actuelle politique maximaliste du Pentagone. D’une façon générale et d’une façon concrète à la fois, l’option qui se dégage est celle d’une « pause stratégique ». C’est l’expression choisie par le Center for National Policy (CNP), dans un rapport qui a été… 

Too Big or not Too Big?

Il semble que la recette américaniste soit universelle, et elle se nommerait l’option Moby Dick en reconnaissance à l’initiateur de la formule, le Pentagone tel que vu par le secrétaire à la défense William Cohen en 1998. Plus vous avez des problèmes autour de vous, plus vous perdez le contrôle de la situation, plus vous avez de difficultés à comprendre ce qui se passe, plus vous vous faites grossir, plus vous vous faites élargir, plus vous vous faites couvrir de $milliards, plus vous vous bardez de services, d’équipes, de conseillers, de services, d’analystes, de relations publiques Ainsi Tom Engelhardt décrit-il, dans un texte à la… 

Evidemment, Obama est du côté des “révolutionnaires”

En France (et en Belgique, certes, comme dans nombre de pays européens), on est encore habitué à l’une ou l’autre occupation des locaux et autres usines par des grévistes récalcitrants ou des licenciés qui estiment abusive la mesure prise à leur encontre. Aux USA, cette idée fait vaciller les Tables de la Loi et les Pères Fondateurs, et se lever le spectre du socialisme. Ainsi donc, l’affaire des 200 de Chicago (200? A peu près) fait grand bruit, et fait le miel de toute la presse progressiste et dissidente. Il s’agit de 200 employés de la société Republic Windows & Doors de Chicago, qui ont… 

Obama de plus en plus FDR, – a moins que ce ne soit Gorbatchev?

Le President-elect s’installe comme un président en fonction, au moins en paroles. S’il affirme qu’il n’y a qu’un seul président à la fois, Obama agit, au niveau de la communication, comme s’il était effectivement ce seul président à la fois. De quel président parle-t-on, d’ailleurs? Obama, estiment certains, agit de plus en plus comme le fit FDR (Roosevelt) immédiatement après sa prise de fonction. Il communique Effectivement, certains découvrent ce que nous rappelons régulièrement, que l’action de FDR contre la Grande Dépression fut d’abord psychologique, de communication. Cela est si évident pour nous que nous avons tendance à distinguer la période en deux événements différents,… 

La foi vacille

Nous promenant dans les diverses pages que nous offre le Web, nous nous sommes arrêtés à un commentaire de Guy Damman dans The Observer, le 7 décembre, où le chroniqueur faisait rapport d’un séminaire organisé à l’Institute of Directors, vénérable et discret organisme de l’establishment londonien. On y débattait d’une grande question, celle de savoir si le marché libre corrompt le caractère de la moralité. Damman signale également un accès au site The John Templeton Foundation, organisatrice de la réunion, qui enquête auprès de contributeurs prestigieux sur cette Big Question, «Does the free market corrode moral character?». (La Fondation Tampleton, du nom de Sir John… 

Où est passé Joseph Stiglitz?

Oui, où est-il alors qu’il devrait être dans l’équipe Obama? C’est ce que signale, le 4 décembre, Michael Hirsh, sur son site de Newsweek. Car Hirsh assure tenir de source sûre que Stiglitz aurait dû être contacté par l’équipe Obama pour monter à bord, qu’il ne l’a pas été, et qu’on se perd en conjectures à ce propos (Ou bien, au contraire, on a compris.) «This is not speculation. A source close to Stiglitz told me Thursday that the Columbia University economist has been left out in the cold, even though he was expecting at least an offer. (Stiglitz, traveling in Brazil, could not be… 

La chute infernale dans la dépression

Le chiffre a frappé les milieux dirigeants américanistes autant que le public: 533.000 emplois perdus aux USA en novembre 2008, le pire chiffre enregistré pour un mois depuis plus de 30 ans (depuis décembre 1974). Les indications sont d’une façon générale très inquiétantes particulièrement pour ce qui concerne le rythme de la crise. Le Financial Times du 5 décembre rapporte les commentaires de présentation du rapport mensuel du Bureau des Statistiques de l’Emploi: «This is a dismal jobs report, said Keith Hall, commissioner of the Bureau of Labor Statistics, at a congressional hearing. There’s very little in this report that’s positive. This is maybe one… 

La Chine “réprimande” les USA

Il n’y a pas de mot convenable en français pour traduire d’une façon imagée et significative le verbe anglais to lecture. Les termes habituels (réprimander, gronder, faire la leçon) sont justes mais ils ne rendent pas le son et l’effet qu’on éprouve dans une phrase comme celle-ci: «China lectures US on economy» La phrase évoque parfaitement le maître sévère en train de sermonner l’élève poussif ou maladroit. Cette phrase apparaît en titre d’un court article du Financial Times du 4 décembre, sur une visite de Hank Paulson, secrétaire US au trésor, à Pékin. Le ministre aujourd’hui célèbre de l’administration GW Bush allait faire ses remontrances… 

Les Russes jubilent

Pour les Russes, la décision de l’OTAN de ne pas ouvrir la voie à une adhésion de la Géorgie et de l’Ukraine est une « victoire géopolitique ». La même réunion de l’OTAN (ministres des affaires étrangères, 2 et 3 décembre) a décidé la reprise des contacts réguliers entre l’OTAN et la Russie, fermant la parenthèse de la crise géorgienne, ouverte le 7 août dernier, sans aucune des concessions essentielles que l’OTAN demandait aux Russes (notamment dans l’affaire de la reconnaissance de l’Abkhazie et de l’Ossétie du Sud). Les Russes ne cachent pas leur satisfaction, exprimée de diverses manières, plus ou moins diplomatiquement. D’abord, la réaction du… 

La France confirme sa méfiance hostile au BMDE

Après l’intervention tonitruante de Sarkozy contre le réseau anti-missile US en Europe (BMDE), le 14 novembre à Nice, la politique française dans ce domaine est confirmée par une intervention du ministre français de la défense devant le Parlement Européen, le 1er décembre. (Même s’il parle au nom de la présidence française de l’UE, il est évident qu’il s’agit de la politique française en l’espèce, mais dont on pourrait dire que la France en fait bénéficier l’Europe, par générosité sans doute.) Il y avait eu un certain flottement, le lendemain de ce sommet UE-Russie de Nice, lorsque Sarkozy, alors à Washington pour le sommet du G20,…