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Bloc-Notes

Portrait de soldat (II)…

Sont-ils dans la même réalité? De quelle réalité parlons-nous ? Qu’est-ce que ça, la réalité? Après le lieutenant général Chiarelli, qui s’écroule devant les journalistes, presque en larmes, à son départ d’Irak, voici le brigadier général Mark O. Schissler, de l’Air Force (toujours U.S., of course). Changement complet de ton. L’un s’effondre, l’autre tient droitement le monde dans ses mains. Avec Schissler, ça va marcher droit. Pardon, avec Schissler, c’est la guerre apocalyptique, la guerre de cent ans, la guerre de tous les temps, avec cette angoisse du formidable guerrier du Pentagone : tiendront-ils, à l’arrière, ces connards de civils? Car Schissler, lui, tient et… Portrait de soldat (II)…

Finalement la guerre est “gagnable” et ceux qui n’y croient pas n’ont qu’à partir

GW Bush continue à organiser la riposte contre le rapport de l’Iraq Study Group de James Baker. Il a reçu un groupe constitué pour apprécier le rapport ISG, composé de trois généraux à la retraite et deux experts académiques. Ce groupe, tout en considérant la situation en Irak comme difficile, considère que la guerre est gagnable et que le problème repose en bonne partie sur l’équipe de sécurité nationale du président qui n’a pas réussi à mener la guerre d’une façon efficace. Ce dernier point semble indiquer que d’autres départs devraient suivre celui de Rumsfeld, ce qu’indique précisément l’article en annonçant la possibilité du départ… Finalement la guerre est “gagnable” et ceux qui n’y croient pas n’ont qu’à partir

L’U.S. Army et le Marine Corps vont être gâtés

Nous reprenons un détail du texte, du Washington Post du 12 décembre, que nous avons cité pour la nouvelle précédente. Voici l’extrait, avec, souligné en gras par nous, le passage qui nous importe. «The group disagreed on the key issue of whether to send more troops to Iraq, with retired Gen. John M. Keane arguing that several thousand additional soldiers could be used to improve security in Baghdad, and others expressing doubt about that proposal, according to sources at the meeting. But the five agreed in telling Bush that the Army and Marine Corps both need to be bigger, and also need bigger budgets.» Cette… L’U.S. Army et le Marine Corps vont être gâtés

Israël a la bombe, dit Olmert, — par inadvertance ou intentionnellement?

C’est au cours d’une émission d’un chaîne de télévision allemande que le Premier ministre israélien Elmut Olmert a admis qu’Israël avait la bombe nucléaire. Une gaffe ou une déclaration intentionnelle? L’interprétation générale est celle d’une gaffe, ce qui montre le peu d’estime qu’on cultive pour la maîtrise du Premier ministre israélien. Le Guardian rapporte aujourd’hui l’incident : «Israel’s prime minister, Ehud Olmert, was yesterday trying to fend off accusations of ineptitude and calls for his resignation after he accidentally acknowledged for the first time that Israel had nuclear weapons. () »[Olmert] told Germany’s Sat.1 channel on Monday evening: Iran, openly, explicitly and publicly, threatens to… Israël a la bombe, dit Olmert, — par inadvertance ou intentionnellement?

Google vaut bien la CIA, puisque la CIA s’en lave les mains

Voilà un épisode typique de l’antagonisme et des cloisonnements existant à Washington au sein des diverses bureaucraties de sécurité nationale. Il est rapporté par le Guardian, relayant le Washington Post. L’information vient d’un jeune officier du département d’Etat, qui a travaillé quelques mois sur l’Iran et les personnes connectées au programme nucléaire. Le département d’Etat voulait mettre à jour ses dossiers sur la question. Le jeune officier se tourna vers la CIA. Refus. «The agency claimed that agents on the Iran desk were already overworked, and that such a disclosure could compromise its intelligence sources on Iran. »But it is also believed that the CIA… Google vaut bien la CIA, puisque la CIA s’en lave les mains

“Manque d’expérience” ou “incompétence” : est-ce l’atout irrésistible ?

Une nouvelle vedette politique est en train de s’affirmer aux USA : le jeune sénateur démocrate Barack Obama. Sa victoire massive dans l’Illinois, le 7 novembre, a été marquante. Le Guardian observe aujourd’hui que les pressions grandissent pour qu’il envisage une candidature présidentielle. Les commentaires deviennent enthousiastes, comme un rayon de soleil dans la morosité ambiante : «As Joe Klein put it in his Time profile: Obama seemed the political equivalent of a rainbow a sudden preternatural event inspiring awe and ecstasy.» Première remarque, d’une importance évidente : Obama est noir, ou plutôt : demi-noir Grosse affaire aux USA. Quelques mots là-dessus. «His mother was… “Manque d’expérience” ou “incompétence” : est-ce l’atout irrésistible ?

Chevènement avec Ségolène : un signal ?

Jean-Pierre Chevènement s’est rallié à la candidature de Ségolène Royal. Au-delà des questions internes, électorales, etc., observons qu’il y a le projet que l’ancien ministre de la défense accompagne la candidate socialiste dans diverses capitales européennes pour expliquer la politique européenne de cette dernière. Quelle politique européenne ? On peut alors se référer à l’interview donnée par Gilles Savary au Daily Telegraph, sur la politique européenne de la candidate Royal. L’entrée en piste de Chevènement (connu comme un souverainiste de gauche sans ambiguïté) et son intention d’appuyer cette politique européenne de Ségolène Royal paraissent confirmer l’orientation mise en évidence dans cette interview (noyau dur, une… Chevènement avec Ségolène : un signal ?

Cela va sans dire mais comme c’est mieux en le disant : Washington, meilleur allié du Hezbollah…

Il paraît qu’à Washington, on n’ose pas vraiment le dire tout haut, selon cet article de Tom Lasseter, de McClatchy Newspapers et de State.com, site d’un quotidien de Californie du Sud. Cela nous paraissait aller sans dire. Il semble qu’à Beyrouth on le dise sans vergogne et qu’à Washington on le chuchote. Le soutien US à Israël a considérablement renforcé le Hezbollah, pour deux raisons, dans l’ordre : Ce soutien n’a pas du tout permis à Israël de l’emporter, donc de réduire le Hezbollah, mais Israël a au contraire été battu. Cela renforce le Hezbollah. Les attaques d’Israël ont également eu pour conséquence d’affaiblir le… Cela va sans dire mais comme c’est mieux en le disant : Washington, meilleur allié du Hezbollah…

Est-il donc si difficile de dire : “nous avons perdu” ?

Habitués à l’hypocrisie structurelle de la politique anglo-saxonne (y compris la branche américaniste, cela va de soi), souvent relayée par la presse officielle, saluons avec d’autant plus de respect le commentaire de Matthew Parris dans le Times de Londres du 9 décembre. Le titre illustre l’état d’esprit de l’auteur, que nous essayons pour une fois de rendre en bon français : «Je devrais applaudir le rapport Baker. Alors, pourquoi est-ce qu’il me rend malade?» Cette chronique ne dissimule rien des formidables hypocrisies de la politique US-UK en Irak. Elle ne dissimule rien de la formidable hypocrisie du rapport Baker qui prétend rejeter la responsabilité de… Est-il donc si difficile de dire : “nous avons perdu” ?

Bush-père a-t-il pleuré en public sur le sort et le malheur de GW et de la Grande République?

Il y a une semaine, au cours d’un discours public qu’il donnait et dans le cours duquel il évoquait une bataille électorale de son fils Jeb, on vit Bush-père s’effondrer un instant en larmes avant de se reprendre. Ce moment d’intense émotion avait d’abord été attribué à l’évocation qu’il faisait directement, à propos de Jeb, larmes d’émotion sans interprétation tragique nécessaire. Le Times de Londres en donne une autre interprétation, à partir d’une déclaration d’une ancienne collaboratrice de Bush-père. Les larmes de Bush-père ont jailli lorsqu’il a dit cette phrase sibylline, qui convenait à la description qu’il faisait de la situation passée de Jeb mais… Bush-père a-t-il pleuré en public sur le sort et le malheur de GW et de la Grande République?

Le destin annoncé du rapport de l’ISG : l’accélérateur paradoxal du désordre washingtonien

Le rapport de l’Iraq Study Group (ISG) de James Baker est sans doute promis à un destin étrange. Composé comme un document parfait du consensus bipartisan habituel à l’establishment US quand les choses vont mal, il pourrait se révéler comme la pomme de discorde idéale, la référence même du désordre washingtonien. Ce serait alors le signe de la profondeur de la crise. Aujourd’hui, le désordre est si grand à Washington que les médecines éprouvées qu’on y applique pour résorber ce désordre, au contraire l’alimentent, l’accroissent. Le texte de Jim Lobe, le 8 décembre sur Antiwar.com, nous paraît excellent à cet égard. Il décrit implicitement cette… Le destin annoncé du rapport de l’ISG : l’accélérateur paradoxal du désordre washingtonien

Mobilisation générale sur le front du gros temps…

L’Europe s’éveille à la crise climatique. Le global warming est aujourd’hui le mot d’ordre d’une alerte générale qui parcourt des institutions aussi diverses que la Commission européenne ou l’OSCE. Le sens de l’urgence de la crise s’est installé en quelques jours, après le coup d’envoi lancé par le rapport Stern, décidément perçu comme le facteur déclenchant de la prise de conscience en cours. Le thème est désormais d’une actualité brûlante et dépasse tous les autres en urgence. Attendez-vous à voir ce problème de la crise climatique prendre une place centrale dans la planification bureaucratique européenne, dans ce cas relayée (sinon précédée dans plusieurs cas) par… Mobilisation générale sur le front du gros temps…

L’Iraq Study Group qui ne perd pas le nord

Certes, le climat (au sens politique) est tragique ; certes, Junior en prend un peu à son aise avec les vieux sages de l’establishment. Pour autant, l’ISG (Iraq Study Group) ne perd pas du tout le nord. Une sacrée boussole, même Hier, la station de radio Democracy Now!, avec Amy Goodman comme excellente animatrice, recevait l’activiste Antonia Juhasz pour l’interroger sur un aspect très particulier du rapport de l’ISG : la privatisation du pétrole irakien. Ce détail du rapport est à vous couper le souffle. Dans cette tragédie immense qui secoue les USA aujourd’hui, avec des enjeux humains et politiques considérables, avec la perspective de… L’Iraq Study Group qui ne perd pas le nord

Les projets du Sud…

Après la victoire de Hugo Chavez à l’élection présidentielle vénézuélienne, Pépé Escobar, de Atimes.com s’attache à la situation du continent sud-américain. Il estime que Chavez, après sa victoire, voit son statut considérablement renforcé, et apparaît plus que jamais comme l’inspirateur des mouvements anti-américanistes. La popularité de Chavez dépasse très largement l’Amérique Latine et se marque aujourd’hui dans des régions aussi diverses que le Moyen-Orient (Irak, Palestine, Iran) qu’en Russie, voire en Chine. Ce que semble indiquer Escobar, c’est que des mouvements internationaux sérieux vont être développés autour des thèmes que développe Chavez, sinon à partir de son inspiration. On cite ci-après quelques précisions intéressantes à… Les projets du Sud…

Les experts militaires sont pessimistes

En même temps que le rapport de l’ISG est rendu public, les experts s’affairent autour de la principale hypothèse présentée par le document : un retrait des forces US d’Irak. Leurs analyses sont en général pessimistes. L’essentiel de ce pessimisme est alimenté par les problèmes que poserait la prise en main de la sécurité du pays par les forces irakiennes. Defense News publie une analyse de Reuters sur la question. En voici quelques éléments, à partir de l’interview de deux de ces experts. Il faut observer qu’il s’agit d’experts proches des milieux militaires. Leurs analyses recoupent le scepticisme profond des forces armées pour la situation… Les experts militaires sont pessimistes

Une difficile journée pour la situation américaniste en Irak

La journée de mercredi fut symbolique puisqu’on assista à Washington à la remise officielle du rapport du Iraq Study Group (ISG) au président. Elle fut aussi une journée particulièrement difficile, également symbolique (de la difficulté de la situation en Irak), avec deux nouvelles significatives. D’une part, le co-président de l’ISG, le démocrate Lee Hamilton, a annoncé que, d’après les estimations du groupe, le coût de la guerre en Irak dépasserait largement le trillion de dollars ($1.000 milliards). Hamilton ne donne pas de date-butoir pour cette estimation et implique que l’option générale proposée par l’ISG du retrait des forces soit mise en application, d’une façon ou… Une difficile journée pour la situation américaniste en Irak

2007 et l’ombre de la guerre des protectionnismes

Il faudra peut-être oublier les soi-disant bruits de botte du Japon vers le continent asiatique, particulièrement audibles par des pays comme la Corée du Sud et la Chine bien qu’ils sembleraient destinés d’une façon prioritaire à un pays tel que la Corée du Nord. Certains analystes voient des développements complètement différents, notamment et précisément pour 2007. La réalité, disent ces analystes, est que, derrière une apparente hostilité naissante, le Japon est engagé dans des négociations secrètes avec la Chine et la Corée du Sud pour se préparer à ce qui serait appréhendé comme l’événement essentiel de 2007 : une guerre économique passant nécessairement par un… 2007 et l’ombre de la guerre des protectionnismes

La fureur post-impériale de Zbigniew Brzezinski

Certains esprits mal intentionnés vont jusqu’à avancer que l’article publié par Zbigniew Brzezinski dans le Financial Times du 5 décembre reflète également une certaine frustration de cet expert prestigieux (conseiller de sécurité nationale du président Carter, 1977-81), devenu vieux sage entre temps, de n’avoir pas été choisi pour faire partie de l’Iraq Study Group (ISG) de James Baker. Il faut dire que Zbig n’est pas spécialement tendre pour l’exercice de style de l’ISG (noter la remarque de la fin de cette citation): «a lengthy compromise statement reflecting a typical, middle-of-the-road consensus among an elite Washington "focus group", composed of esteemed individuals not handicapped by much… La fureur post-impériale de Zbigniew Brzezinski

Irak : comment tout a commencé

A l’heure où le futur secrétaire à la défense américain est en train d’annoncer que les USA ne sont pas en train de gagner la guerre, Tom Pritchard, auteur d’un livre sur la bataille de Nasiraya (Ambush Alley: the Most Extraordinary Battle of the Iraq War), présente dans un article les péripéties de cette bataille commencée le 23 mars 2003, trois jours après le déclenchement de l’invasion de l’Irak. La thèse de Pritchard tend à réconcilier les conceptions diverses sur les événements d’Irak: y a-t-il eu deux guerres, l’une que les USA ont gagnée et la seconde qu’ils sont en train de perdre? Y a-t-il… Irak : comment tout a commencé

Bye bye, Bolton

Après tout, avec Bolton, il suffit de renverser les titres (celui-ci après notre «Bolton, bye bye» du 11 novembre). La prétention de GW de conserver Bolton comme ambassadeur US à l’ONU, sa tentative de faire passer sa confirmation avec le 109ème Congrès républicain dans ses dernières semaines, avant l’arrivée du nouveau Congrès démocrate (1er janvier 2007), étaient plutôt dérisoires. Sur Bolton, les démocrates avaient fait comprendre qu’ils ne céderaient pas, et même certains républicains : il s’agissait bien autant de vindicte personnelle que de politique, tant l’ambassadeur US à l’ONU s’est fait d’ennemis acharnés parmi ses adversaires politiques, et aussi un nombre non négligeable parmi… Bye bye, Bolton

Les satisfactions de Riga : 20 journalistes pour un soldat de plus

Que s’est-il passé à Riga, outre ce qu’on en a dit ? Il paraît que l’atmosphère y fut particulièrement bonne, ce qui indique bien, selon un commentaire d’une source européenne, «que l’on a évité d’explorer trop au fond les sujets qui fâchent». Sur le plan de l’organisation et du déroulement de la chose, on ne trouve effectivement rien à redire. Il y eut quelques petits frottements imperceptibles, qui marquent tout de même la profondeur des problèmes qui ne furent pas abordés en profondeur. Un de ces petits frottements imperceptibles mais finalement perçus : lorsque le secrétaire général sortit de la salle des conférences, triomphant, pour… Les satisfactions de Riga : 20 journalistes pour un soldat de plus

Yamamah : panique et mobilisation

La mobilisation générale est lancée dans l’industrie britannique de l’armement. L’affaire du scandale Yamamah bouleverse l’industrie autant qu’elle secoue le gouvernement britannique. The Independent d’aujourd’hui nous donne quelques précisions sur la situation : «Britain’s biggest defence companies are writing to the Government to warn that tens of thousands of jobs and orders worth billions of pounds are at risk unless a fraud investigation into an arms contract between BAE Systems and Saudi Arabia is resolved soon. »The letter from the chief executive of Rolls-Royce, Sir John Rose, acting in his capacity as chairman of the Defence Industries Council, is due to go to the Trade… Yamamah : panique et mobilisation

Litvinenko, Poutine et le dilemme de la droite atlantiste

On trouve un très intéressant commentaire dans le Times de Londres de ce matin, sous la plume de Tim Hames. Le thème en est cette affaire Litvinenko (sous-titré : Poutine coupable), l’humeur en est passablement agacée. «Were it not that a man has died, the Litvinenko affair might be viewed as the most extraordinarily effective publicity campaign for the new James Bond movie. It has everything that once made 007 so successful. There are a host of shady spies, unseen masterminds in the background and a mystery poison that has led to luxury hotels, a fleet of aircraft and even an entire football stadium being… Litvinenko, Poutine et le dilemme de la droite atlantiste

Pour Kofi Annan, on peut dire que la situation aujourd’hui en Irak est pire qu’au temps de Saddam

On sent bien que le secrétaire général des Nations Unies, Kofi Annan, va s’en aller (fin de son mandat à la fin de l’année). Il ne se retient plus vraiment pour dire certaines choses que beaucoup n’apprécieront pas, les Américains en premier. On comprend cela, dans l’entretien qu’Annan a donné à la BBC, qui est retransmis aujourd’hui. Quelques extraits le montrent. Guerre civile ou pas? C’est un grand débat dialectique qui agite Washington. Annan répond : mais c’est pire «Etant donné le niveau de violence, le nombre de personnes tuées et l’amertume et la façon dont les forces s’organisent les unes contre les autres, il… Pour Kofi Annan, on peut dire que la situation aujourd’hui en Irak est pire qu’au temps de Saddam