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Bloc-Notes

Dans la crise libanaise, Londres fait de plus en plus désordre

Alors qu’hier la chose était présentée comme tactique, aujourd’hui elle paraît plutôt polémique. Le désordre (créateur ou pas, on verra) étant partout, il est également à Londres. Les écarts de l’adjoint de la secrétaire au Foreign Office Kim Howells se confirment et s’amplifient, commençant à mettre Blair et sa fine politique dans une position difficile. On dit qu’il y a déjà eu des coups de téléphone de Washington. On s’étonne. On s’inquiète. Peut-être ne sera-t-il pas seulement question du tricot Burberry à £90 lors de la rencontre Blair-Bush, vendredi prochain. Bref, puisqu’on s’inquiète à Washington on commence à paniquer à Londres des propos de Howells,… 

Comment faire croire que Bush est intelligent? Essayez ceci: en paraissant plus bête que lui

Sans doute le Daily Telegraph, dans son zèle à regarder Washington avec les yeux de Rita Hayworth regardant Orson Welles (au début), a-t-il trouvé la formule. Il nous signale en effet que la Maison-Blanche vit, rien que ça, a leadership moment. A cause du Liban. Voici le passage de l’article qui nous fait croire effectivement qu’à paraître plus con que l’actuel président des Etats-Unis, on parvient à faire paraître ce dernier intelligent. Et c’est ce qui importe, semble-t-il. « White House aides have said they consider the Lebanon crisis to be a leadership moment for Mr Bush and an opportunity to proceed with his post-September… 

Nouvelles de Bagdad-“neo-con

Les nouvelles courantes de Bagdad poursuivent dans la voie surréaliste de l’effondrement irakien suivant la libération américaniste du pays. Une dépêche de Reuters du 21 juillet nous avise des quelques observations suivantes : « Iraq as a political project is finished, a top government official told Reuters anonymously because the coalition of Shi’ite Prime Minister Nuri al-Maliki remains committed in public to a U.S.-sponsored constitution preserving Iraq’s unity. The parties have moved to Plan B, the official said, saying Sunni, ethnic Kurdish and majority Shi’ite blocs were looking at ways to divide power and resources and to solve the conundrum of Baghdad’s mixed population of… 

Guerre économique et conséquences morales

Intéressante interview de Ali Kaafarani, membre de la direction du mouvement chiite libanais Amal, par l’agence Novosti, en date du 20 juillet. Si Kaafarani confirme l’échec israélien jusqu’ici dans sa tentative de détruire le Hezbollah, il avance des hypothèses plus générales sur des effets annexes, qui pourraient tenir une place importante dans la stratégie israélienne : « Israël n’a pas délivré ses deux soldats, pris en otages par le Hezbollah, et ne s’est même pas approché de cet objectif. Il n’a pas, non plus, démantelé le potentiel militaire, y compris balistique, du Hezbollah. Il n’en a pas liquidé les leaders. Il n’a même pas perturbé… 

Après tout, les Syriens sont sympas, non?

La diplomatie américaniste est faite toute de courbes et de tournants divers, en général d’une sorte de chatoiement de changements d’orientation, contre-pieds, changements de rythme et de bandes de circulation sans avertir. C’est tout son charme. Ainsi commence-t-on à chuchoter que, non, après tout, les Syriens ne sont pas si mauvais types. Et l’on commence à comploter pour les délivrer des mauvaises fréquentations (l’Iran en l’occurrence). Car figurez-vous que la Syrie est centrale dans tout plan pour résoudre la crise au Moyen-Orient (au Liban). Voilà qui nous ouvre des perspectives, çà, qu’il y ait une crise au Moyen-Orient et que la Syrie soit centrale Voyez… 

Tony Blair est-il plus à l’aise avec les tricots Burberry à £90 qu’avec la politique israélienne de GW ?

Les temps ont donc changé. Tony Blair, usé jusqu’à la corde, n’est plus du tout à l’aise dans sa position de soutien inconditionnel à la ligne US, lorsque celle-ci se résume à un soutien inconditionnel à la ligne israélienne. D’où cet étonnant épisode : un ministre de Blair condamne nettement la politique israélienne au Liban et le soutien US ; Tony Blair fait dire que tout va à peu près bien avec Washington mais qu’il ne désavoue absolument pas son ministre, loin de là, et qu’il penserait peut-être bien la même chose. Entre-temps, on apprend qu’il (Blair) a téléphoné à Olmert pour le presser de… 

Les mauvaises surprises

L’armée israélienne n’a eu que des mauvaises surprises depuis qu’elle a lancé son attaque contre le Hezbollah et contre le Liban. Parmi ces surprises, trois peuvent être détaillées, avec les enseignements qui vont avec. • Une attaque contre un bunker, ou supposé tel, avec 23 tonnes d’explosifs, dans la banlieue de Beyrouth dans la nuit du mercredi 19 juillet, s’est avérée un échec complet. Le bunker était censé abriter le quartier général et la direction du Hezbollah. Les Israéliens constatent que les explosifs n’ont pas réussi à percer le béton de la construction. Le Hezbollah a une autre version : il ne s’agissait pas d’un… 

La carrière de John McCain (et le JSF)

Le sénateur républicain de l’Arizona John McCain rue dans les brancards. C’est dans son script : il tient, pour se faire identifier hautement et vertueusement auprès des électeurs, le rôle de maverick, celui qui, à l’image de ces vaches rétives, entend se tenir hors du troupeau. Certes, c’est un rôle de composition et McCain ne prendra jamais aucune initiative dangereuse contre un des fondements du système ; mais dans les bornes du système, il importe qu’il se manifeste. Sa nouvelle bête noire, c’est un repiquage de son rôle favori : pourfendeur des gaspillages dans les grands programmes de l’Air Force, où il a déjà sévi.… 

Tony à nouveau en première ligne

L’étonnante carrière de Tony Blair se poursuit. Le Premier ministre britannique est sur la voie de se trouver de plus en plus isolé dans son soutien total, inconditionnel et aveugle à ce qu’il suppose être la politique américaniste du jour, c’est-à-dire le soutien total, inconditionnel et aveugle à Israël. Blair se trouve contesté dans son gouvernement, dans son parti, voire dans la vie politique britannique au sens large puisque les conservateurs ont pris la précaution de prendre une position officielle critique du comportement israélien. Blair ne bouge pas de sa Ligne Maginot : rien, surtout pas d’un cessez-le-feu qui risquerait de briser le rythme des… 

Les opérations s’étendent et la critique grandit

L’opération Changement de Direction de Tsahal contre le Hezbollah devait durer une semaine ou deux. Le chef d’état-major, le lieutenant général Dan Halutz, vient d’avertir ses forces que la bataille pourrait durer plus longtemps que prévu. Une invasion terrestre n’est pas écartée. D’une façon générale, cet élargissement du conflit est moins perçu comme une affirmation d’ambitions nouvelles que comme l’indice des difficultés de Tsahal à remplir sa mission initiale, qui est la destruction du Hezbollah. Le porte-parole de Tsahal affirme que 50% des capacités du Hezbollah sont détruites, sans avancer l’ombre d’une indication convaincante pour corroborer une évaluation qui semble du pur virtualisme de communication.… 

L’Orient (même Moyen) est compliqué

Les commentateurs américanistes proches de Cheney et de son groupe avaient avancé l’idée triomphante que l’attaque israélienne contre le Hezbollah (pro-iranien) serait soutenue par nombre de pays arabes soucieux de réduire l’influence de l’Iran dans la région. C’est l’habituelle thèse des sunnites (les pays arabes en question) contre les chiites (les Iraniens et le Hezbollah). L’Orient, Moyen ou pas, est compliqué, concluaient tous ces spécialistes de la géopolitique arabe, l’air entendu. Mais l’Orient, Moyen ou pas, est encore plus compliqué que cela. Que dire désormais de cette complication, du même côté américaniste, quand le Premier ministre irakien salué avec forces flonflons par Washington comme preuve… 

Les armes de ratage de haute précision en action au Liban

Tout le monde ou presque a dû voir le film à la télévision : deux camions équipés pour l’extraction, garés dans un sous-bois, dans la banlieue de Beyrouth. Soudain, l’un des deux explose, touché de plein fouet par un missile de haute précision tiré par un avion de combat israélien. Un coup au but imparable, sauf que, nous explique le commentateur, « les Israéliens ont pris ce camion pour un système lance-missiles » (faute compréhensible : l’arrangement du matériel d’extraction, posté sur la plate-forme arrière du camion, peut sans le moindre problème être pris pour une rampe de lancement de missiles). Ainsi sont exposées, in… 

On respire à Washington: on a trouvé un bouc-émissaire et la perspective d’une prochaine guerre

La mobilisation pro-israélienne est absolue à Washington, avec des votes unanimes promettant tout aux Israéliens, y compris le beau temps et on rasera gratis. S’y ajoute désormais la perspective jubilatoire d’un Ennemi enfin complètement identifié pour au moins deux ou trois semaines (jusqu’aux vacances sans aucun doute), comptable de tous les maux du temps (le mauvais temps, l’endettement US, les embouteillages). C’est l’Iran. La veulerie intellectuelle de l’establishment washingtonien, dont GW s’avère le parfait représentant, est une machine qui tourne à plein régime aujourd’hui. Tout y est, jusqu’au retour du gros Friedman, le columnist le plus grossièrement influent de Washington, qui nous parle dans un… 

En marche vers $100 le baril

Le prix du brut qui est aujourd’hui autour de $80 le baril pourrait aisément atteindre et dépasser les $100, selon des experts koweïtiens. Les actuels événements au Moyen-Orient, l’attaque d’Israël contre le Liban constituent les événements qui pourraient concourir à cette hausse. L’agence koweïtienne KUMA, reprise par le Daily Star de Beyrouth, nous donne quelques précisions : « The current oil price level of $80 per barrel of crude could easily jump to $100 and more if the unrest in the Middle East continues, several Kuwaiti oil experts argued on Sunday. The experts, who were speaking in separate interviews with KUNA, said there was no… 

Est-ce l’été 1914 ?

William S. Lind, le spécialiste américain de la guerre de quatrième génération (4thGW), évoque une prospective pour les événements actuels au Liban. Cette crise constitue, selon lui, le premier exemple d’une guerre entre un Etat et une force dépendant de la 4thGW, et l’enjeu est considérable : « If Hezbollah and Hamas win and winning just means surviving, given that Israel’s objective is to destroy both entities a powerful state will have suffered a new kind of defeat, again, a defeat across at least one international boundary and maybe two, depending on how one defines Gaza’s border. The balance between states and 4GW forces will… 

Comme au bon vieux temps

Quel est le sentiment de la population israélienne, du point de vue psychologique, face à la crise avec le Liban et le Hezbollah ? Certains témoignages montrent une attitude presque de soulagement mêlé de nostalgie. Cela est bien rendu par ce texte de l’écrivain Etgar Keret, publié dans l’International Herald Tribune de ce jour. Keret rapporte cette conversation avec un chauffeur de taxi : « When we got on the highway, he said partly to me, partly to himself, It’s a real war, eh? And after taking a long breath, he added nostalgically, Just like in the old days. » Keret explique cette réaction et… 

BAE: vivement la quille! (Qu’on devienne US)

Le patron de BAE, Mike Turner, donne une longue interview à Aviation Week (accès payant), pour le numéro spécial (17 juillet) du Salon de Farnborough. Le patron britannique explique que plus vite il ne sera plus britannique, mieux il se portera. Toute l’interview, avec ces précisions comme point d’orgue, constitue une profession de foi résolument économiste, où les questions de défense (d’industrie de défense) n’ont plus rien à voir ni avec la politique, ni avec la souveraineté, ni avec la nationalité (voir la dernière question de l’extrait ci-dessous) ; c’est de la pure globalisation. L’envie de Mike Turner de devenir US n’a qu’un seul motif,… 

Israël unanime ?

Si on lit le Weekly Standard, certes, on ne peut concevoir qu’une chose : Israël, luttant pour sa survie et pour la civilisation occidentale conjointement et souplement, est unanime derrière la glorieuse Tsahal. Les MSM occidentaux nous en fournissent des tonnes là-dessus : analyses, interviews des gens qu’il faut dans les rues et ainsi de suite. Bien entendu, la réalité est beaucoup, beaucoup plus nuancée. Il y a eu des manifestations anti-guerre en Israël mais elles ne sont pour l’instant pas significatives. Le site WSWS.org nous donne des indications là-dessus, aujourd’hui. Plus intéressants et plus significatifs, des commentateurs de la presse iraélienne sur cet aspect… 

Même Mandelson qui se fâche

A Saint-Petersbourg, le brave Tony Blair, qui continue à vivre dans un univers hollywoodien, avait obtenu des encouragements de GW Bush pour les négociations de Doha. Les transcriptions de l’enregistrement piraté qui a fait le tour du monde montrent un président US attentif aux intentions de Tony Blair, attention qui avait été confirmée par des sources officieuses US. S’agit-il du même Blair qui coordonne son action avec le Commissaire européen Peter Mandelson, un de ses amis tout proches ? Passons. Hier les Américains ont lancé des attaques vicieuses contre l’UE, considérées comme des insultes par le Commissaire Mandelson, via son porte-parole. Voici ce que cela… 

La mouche et le marteau-pilon

Une vaste opération est en cours à Helmand, en Afghanistan. C’est l’opération la plus importante depuis la chute des talibans clament les communiqués commentant cette opération. Celle-ci est évidemment d’inspiration et sous le commandement des Américains. Rien n’a changé et ils n’ont rien appris. C’est « like punching flies » dit le major canadien Lundy, porte-parole de la coalition décrivant l’opération. Description classique. On attaque un gros rassemblement de talibans. L’importance de l’objectif conduit à la sélection d’effectifs alliés importants, à une planification minutieuse et à un déploiement massif et voyant. Ca laisse du temps aux talibans pour prendre les mesures qui s’imposent. L’autre aspect… 

Pourquoi pas la Troisième Guerre mondiale comme argument électoral ?

L’offensive extrémiste est bien lancée à Washington. Objectif : transformer l’actuelle crise du Moyen-Orient, sinon en conflit général, du moins en une perception qu’il s’agit d’un conflit général, pas moins que la Troisième Guerre mondiale. (Quoiqu’il y a débat : certains disent la Quatrième Guerre mondiale, arguant que la Guerre froide a droit au numéro trois. Grave débat, qui mérite qu’on y réfléchisse. Ce sera fait.) Un des architectes de cette nouvelle offensive patriotique pour sauver les USA et le reste du monde civilisé (c’est-à-dire américanisé), Newt Gingrich, l’ancien Speaker (1992-1996) de la Chambre des Représentants. Voici ce que nous en dit The Seattle Times,… 

Le ballet washingtonien des durs et des réalistes, ou le désordre selon John Wayne

Jim Lobe, qui suit avec attention la scène politique washingtonienne et, notamment, les équilibres entres extrémistes et réalistes au sein de l’administration, publie un article où il montre que la reprise en main de la politique extérieure par les réalistes (Rice notamment) est loin d’être un fait acquis. Lobe réagit à un article récent sur « The end of the Cowboy Diplomacy », publié par Newsweek. (D’où le titre de l’article de Lobe : « Cowboy Diplomacy Is Not Dead Yet. ») Cette analyse est d’autant plus notable que Lobe a été l’un des premiers à présenter cette reprise en main par les réalistes, pour… 

L’influence selon la géographie, ou le désordre washingtonien du Liban à Saint-Petersbourg

L’appréciation de l’évolution de la situation washingtonienne et de ses conséquences sur ce qui tient lieu de politique étrangère, doit être faite également (en plus de ce que nous dit Lobe) en fonction de données extrêmement primaires. Bien entendu, cette remarque se place complètement dans l’hypothèse déjà vue du désordre, elle la renforce même d’une dimension inédite. On peut observer aujourd’hui un durcissement américain au Moyen-Orient, d’ailleurs dans un mode très passif, en laissant complètement carte blanche aux Israéliens au Liban. Cela répond à une reprise en main du dossier par l’équipe Cheney, notamment marquée par une rencontre secrète entre Cheney et Benjamin Nétanyahou (président… 

« The End of Pax americana »… Et ce n’est pas fini

L’article de Rupert Cornwell dans The Independent du jour (accès payant) fait partie d’une exaspération générale qui apparaît comme la forme principale de commentaire des derniers événements israélo-libanais. Il ne s’agit pas d’anti-américanisme (Cornwell n’est certainement pas anti-américaniste) mais d’une réaction furieuse à mesure qu’apparaissent sous nos yeux les conséquences de la politique vaniteuse et irresponsable de Washington depuis le 11 septembre 2001 (et auparavant, certes). Deux réflexions s’enchaînent dans ces commentaires : le constat que les diverses crises qui s’empilent aujourd’hui sont la conséquence directe de la politique américaniste et de la prétention de Washington à régir unilatéralement la politique mondiale ; le constat…