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Bloc-Notes

Rousseff, leader antiSystème à l’ONU

Pour notre compte, s’il fallait en juger de cette journée de l’assemblée générale de l’ONU où se succèdent chefs d’État et de gouvernement, ou leurs ministres représentatifs, nous dirions qu’elle réserva une surprise de taille. Notre jugement est que ce qu’on retiendra de cette assemblée n’est pas le bavardage étourdissant et contradictoire sur la Syrie, l’offensive dite de charme attendue du président iranien Rouhani, le discours somme toute assez piteux et ambigu du président Obama que l’on peut traduire de façon réaliste et assez froidement sous la formule de «Bad News. The American Empire is dead» (titre de l’article de Foreign Policy, le 24 septembre… 

L’Iran au chevet des USA …

Jeudi, le secrétaire d’État John Kerry rencontrera en tête-à-tête son homologue iranien, Javad Zarif. Ce sera la première rencontre de cette sorte, tête-à-tête des ministres des affaires étrangères, depuis l’installation de la République Islamique d’Iran, en 1979. Cette rencontre se place évidemment dans le grand courant de communication (rien d’autre, pour l’instant) qui enfle à l’approche de la session générale de l’ONU où l’on chuchote à grands renforts d’articles et de titres considérables que Rouhani et Obama, se croisant dans les couloirs de l’IONU, pourraient trouver brusquement le temps de s’entretenir, eux aussi, en face-à-face. La rencontre Kerry-Zarif permettra sans doute de parler de sujets… 

Le plan Rousseff : internet comme le dollar

Nous avons déjà évoqué certains aspects de cette affaire, cette sous-crise de la crise Snowden/NSA avec la crise Brésil-USA résultant de la surveillance intrusive de la présidente Rousseff par la NSA, engendrant elle-même des mesures qui, on le verra plus loin, débouchent sur une autre crise (sous-sous-crise, comme on dit arrière-petite-fille ?). Nous en disions ceci, le 21 septembre 2013 : «Comme on l’a vu, notamment au travers de l’exemple latino-américain (Brésil-Argentine, notamment), il y a une dynamique de balkanisation de cette infrastructure, selon le mot de Jenkins, ce qui active d’une façon significative une dynamique exactement contraire à la globalisation que prétendrait présenter l’internet,… 

Snowden/NSA en mode turbo

On a vu par ailleurs, ce même 21 septembre 2013, la dimension considérable que la crise Snowden/NSA a acquise dans sa dimension extérieure, accouchant d’une crise secondaire chronologiquement mais essentielle par ailleurs, avec l’installation des relations entre les USA et l’Amérique latine dans une situation de confrontation ouverte, Brésil en tête, ce qui n’est pas rien. On veut compléter cette évolution chronologiquement en temps réel par une observation générale de ce que nous désignerions comme la maturité de cette crise Snowden/NSA. Cette crise a réussi à franchir l’obstacle de la désorientation de l’attention du système de la communication vers l’épisode paroxystique de la crise syrienne,… 

NSA & Cie, ou la guerre contre l’Amérique latine

Des affaires courantes révèlent l’étendue de l’activisme des USA contre l’Amérique latine, sans aucun doute exprimant un activisme radical et automatisé du Système. Le point intéressant est que l’étendue considérable de cet activisme, considéré dans la perspective des années précédentes, ne cesse de se renforcer alors que la NSA, et des pans entiers du complexe militaro-industriel, ne cessent de s’affaiblir par dissolution dans leurs positions fondamentales, essentiellement intérieures. Il s’agit d’un antagonisme intéressant, qui a son explication révélatrice. Le point le plus brûlant et le plus prometteur à la fois dans ces développements est celui qui concerne la crise Rousseff-NSA ayant conduit à l’annulation du… 

L’Égypte et l’aimant russe

L’Égypte a suivi l’épisode paroxystique (21 août-14 septembre) de la crise syrienne avec discrétion mais en n’en pensant pas moins. Manifestement, elle était du côté d’Assad et, surtout, de la Russie. Il s’agit d’un état d’esprit, d’un climat, mais déjà substantivé par une visite du ministre des affaires étrangères à Moscou dont on a dit bien peu de choses. Le caractère essentiel implicite à ce climat est la distance grandissante avec l’alliance établie par Sadate-Moubarak avec les USA. Il n’y a pas encore de grande décision, ni même de grand événement à proprement parler, mais certains jugent que ce n’est qu’une question de temps, en… 

Bras d’honneur de Rousseff aux USA et à la NSA

La diplomatie US est au mieux de sa forme pour cette rentrée automnale de 2013. A peine sortie de son éblouissante performance syrienne, voilà qu’elle encaisse un choc majeur avec la décision de la présidente brésilienne Dilma Rousseff de postposer son grand voyage de réconciliation du Brésil avec les USA, préparé de longue date par le département d’État pour la mi-octobre. Ce second exploit enchaînant sur la performance syrienne est évidemment un cadeau incontestable de la NSA. On a suivi l’offensive dévastatrice de Greenwald-Snowden contre (entre autres) les activités de la NSA espionnant directement et sans la moindre vergogne la correspondance électronique de la présidente… 

L’insoutenable fragilité de la NSA

Le général de l’USAF Michael Hayden, ancien directeur de la CIA et prédécesseur du général Alexander à la tête de la NSA, présentement dans une retraite active et bien entretenue, est l’un des commentaires appointés les plus diserts de la presse-Système sur le sort de la NSA. Il en est le défenseur acharné, certes, mais aussi, on s’en aperçoit, presque le confesseur inquiet et le psychiatre bien préoccupé … Cela se passait lors du séminaire de l’Air Force Association, ou Hayden prenait la parole dans la matinée de mardi. Syndney J. Freedberg, Jr., de BreakingDefense.com, assistait à cette intervention. Il en rapporte la substantifique moelle,… 

L’Amérique, la Syrie et “le roi est nu”

Dans cette période qu’on dirait d’entre-deux, la menace d’utiliser la force contre la Syrie, cette menace remplacée par des négociations et un accord encore fragile, de très nombreuses réflexions ont été et sont développées à propos de l’idée même de l’emploi de la force, et cela dans le chef des États-Unis d’Amérique, puisque seul ce pays en a fait ce qui pourrait être définie comme une politique fondamentale, on dirait presque une politique principielle selon l’usage de l’inversion dans le sens des choses, usage propre au Système. C’est un exercice par ailleurs fascinant, comme seule peut nous offrir notre époque absolument acquise au système de… 

Trajectoire russe

Objectivement parlant, on acceptera le verdict de Patrick Cockburn, dans The Independent du 15 septembre 2013 d’une Russie plus influente aujourd’hui qu’elle n’a jamais été depuis la chute du communisme, et sans doute d’une influence qui est presque égale à celle de l’URSS-superpuissance selon le contexte nouveau qu’on connaît. Cockburn développe son affirmation actuelle à partir de l’épisode onusien de la Libye, début 2011, où la Russie fut grugée et roulée dans la farine en adhérant à une résolution qui ouvrit la porte à une intervention par ailleurs illégale dans son esprit de l’OTAN menée par la France. Nous parlerions dans ce cas, plutôt d’un… 

Poutine, l’“ennemi intérieur”

Certes, ce n’est pas tous les jours qu’un président de Russie, ex-pion du KGB comme on dit dans les salons de Washington D.C., publie dans le journal de référence des références, le New York Times. Sa « pièce » d’opinion du 11 septembre 2013, en signe de happy birthday, a fait des dégâts. Pourtant ce n’était pas la première fois et certains s’y sont même trompés, citant la « lettre ouverte » du nouveau Premier ministre d’alors Vladimir Poutine, le 14 novembre 1999, expliquant avec une prescience que certains noteront le danger islamiste que lui-même venait d’expérimenter en Tchétchénie. Justin Raimondo, qui est plutôt très satisfait de l’article du… 

Deus ex machina relance la crise Snowden/NSA

Alors que la phase paroxystique de la crise syrienne accaparait beaucoup l’attention, la crise Snowden/NSA se poursuivait. A cet égard, on pourrait parler de résilience tant cette crise persiste et même s’installe dans la vie quotidienne des USA. Il nous paraît évident que la crise Snowden/NSA, à partir du moment où elle est devenue spécifiquement US, avec les révélations concernant la surveillance des citoyens US (à peu près à partir de la mi-juillet), a constitué une puissante et permanente intervention de communication. Notre appréciation, comme hypothèse, est que la crise Snowden/NSA dans son activisme touchant la majorité de la population aux USA, a fortement préparé… 

Une journée de dupes dont il n’est pas nécessaire d’être dupe

La phase actuelle et évidemment paroxystique de la crise syrienne a produit le 10 septembre 2013 (en partie 9 septembre aux USA à cause du décollage horaire) une journée [symbolique] étonnante, qu’on pourrait qualifier de journée de dupes sans pourtant être assuré en quoi que ce soit de savoir qui en est/sont la/les dupe(s) principalement. Nous irions même jusqu’à avancer, 1) qu’on ne parviendra sans doute pas à le déterminer (qui est la dupe?), pour aussitôt poursuivre en avançant 2) que cela n’a pas vraiment d’importance, car cette journée de dupes, et le nom de la dupe éventuellement, ne laisseront pas une trace essentielle dans… 

Leur guerre sans fin, signe de leur pathologie incurable

Il a été porté à notre attention un texte déjà ancien du 28 août 2013, de Brandon O’Neill, sur son site Skiped (O’Neill collabore aussi au Daily Telegraph). Bien que datant (à cause de la rapidité des choses) par rapport aux événements de la phase paroxystique actuelle de la crise syrienne, le texte garde tout son intérêt parce qu’il aborde un sujet qui ne dépend pas de l’actualité pressante de l’heure en cours mais plutôt de la tendance du bloc BAO à ces guerres d’agression présentant comme principal argument la nécessité de défendre la vertu morale de ceux qui attaquent ; et qu’il aborde le… 

Au G20, BHO a la tête ailleurs

Il y a deux jours, le Guardian annonçait l’arrivée au G20 d’un Obama renforcé, pas encore triomphant mais avec lui (BHO) on n’en est jamais si loin dans sa façon de déployer sa rhétorique du Yes, we can. C’était dans l’édition du 4 septembre 2013, où BHO semblait bien armé pour la bataille qui l’attendait contre un Poutine toujours discrédité d’avance, selon la technique anglo-saxonne standard : «But Obama arrives at the summit with his hand strengthened by the growing impression that he will win the support of Congress next week to take military action. In signs that the political tide was slowly turning Obama’s… 

L’Égypte face à la crise syrienne

L’on sait que l’Égypte a officiellement condamné toute frappe US contre la Syrie, selon le principe du refus d’une intervention extérieure dans ce conflit. D’autre part, cette attitude correspond bien à une péripétie politique fondamentale pour l’Égypte : la chute de Morsi, exécutée par les militaires, a été en un sens la conséquence directe de l’engagement massif annoncé par Morsi derrière les rebelles, contre le régime Assad en Syrie. Cette annonce a été l’élément déclencheur de la phase de l’élimination de Morsi, et peut-être la cause centrale de cette élimination. Au niveau intérieur, il semble que cette opposition au projet d’intervention occidentale, essentiellement américaniste, contre… 

La Syrie à la lumière du “modèle libyen”

Dans ces heures de folie syrienne, qui se souvient encore de la folie libyenne du printemps-été 2011 et des ambitions du bloc BAO à cet égard ? La Libye devait devenir le modèle libyen, c’est-à-dire la démocratie et les droits de l’homme apportés par le bloc BAO par un pays identifié comme dictatorial, rétrograde, éventuellement État failli, et tout cela sous la bannière éclairée du commandant-en-chef de notre inspiration civilisatrice, le colonel-type-Malraux BHL. Si la Russie y avait été plus impliquée et plus ferme dans sa politique, sous la direction du président Medvedev, elle avait approuvé la résolution de l’ONU à partir de laquelle le… 

La France et la question du “chaos”

Constatons d’abord deux points qui nous paraissent avérés : 1) depuis Sarko et son évolution 2009-2011 (réintégration de l’OTAN et intervention en Libye), la France a changé de politique fondamentale, ou, plus exactement, est passée d’une politique fondamentale héritée du gaullisme (avec bien des dégradations, certes) à une anti-politique fondamentale, ce qui est façon d’avoir tout de même une politique en choisissant son inversion ; et 2) depuis 9/11, la France n’a jamais débattu des aspects expéditionnaires et bellicistes (disons neocons, pour faire vite) : dans le cas de l’Irak, elle suivit sans débat la position antagoniste des USA de Chirac-Villepin, dans le cas de… 

Du Brésil au G20 et à la Syrie, en passant par la NSA

Question : Glenn Greenwald, résidant au Brésil, et la chaîne TV de Globo, de Rio de Janeiro, ont-ils calculé leur coup pour sortir ces très remarquables révélations alors que le président Obama cherche à réunir une coalition pour punir Assad, et compte bien avancer dans cette voie au G20 de Saint-Petersbourg, notamment, c’est nous qui faisons cette hypothèse qui répond par ailleurs à l’évidence, en sollicitant à cet égard la présidente du Brésil Dilma Rousseff, puisque BHO et les USA, c’est bien connu, ne doutent de rien? Quoi qu’il en soit, les dernières révélations de Snowden/Greenwald concernent effectivement un espionnage très actif de la NSA,… 

Tous au G20 !

Les dieux font bien les choses puisque 1) l’attaque contre la Syrie est reportée au moins jusqu’au vote du Congrès, à partir du 9 septembre ; 2) que le sommet du G20 a lieu cette semaine avec notamment la participation du POTUS soi-même ; et 3) qu’il se tient à Saint-Petersbourg, sous la présidence de Vladimir Poutine. Par conséquent, la réunion du G20 sera du plus haut intérêt, d’autant que le président en fonction n’entend nullement écarter le sujet, bien au contraire. Poutine s’explique à ce propos, sur un ton presque conciliant, dans tous les cas plein de cette rationalité qu’affectionnent les Russes pour parler… 

Discrètement mais résolument, le Pentagone rechigne

A côté des divers affrontements, empoignades et rebuffades dans le champ diplomatique et, surtout, dans celui de la communication, à l’intérieur du bloc BAO et dans diverses autres directions, le projet d’attaque « punitive » contre la Syrie demeure. Il est même urgent de l’expédier puisque BHO quitte Washington mardi prochain (vers la Suède puis le G20 de Saint-Petersbourg où l’atmosphère sera fraîche). Il voudrait avoir lancé cette « affaire courante » avant son départ. L’attaque pourrait donc être notre gâterie du week-end. Pour autant, l’unanimité n’est pas la règle, notamment à Washington même, dans le cœur du Système. Il apparaît peu à peu que les généraux et la… 

Où était la NSA ? Que devient la NSA ?

Le grand débat sur les preuves de l’attaque chimique, tout cela lourdement chargé de divers guillemets, a commencé à vive allure et a pris aussitôt une tournure mauvaise. Les documents officiels n’ont pas encore été publiés, mais diverses sources évidemment officieuses en ont laissé filtrer l’essentiel. Aux USA, c’est Noah Shachtman, de Foreign Policy, qui les a publiés en exclusivité le 27 août 2013. (Voir aussi, pour la documentation, le Guardian du 28 août 2013). Le caractère doublement sympathique de ces preuves telles qu’elles sont exposées officieusement est 1) qu’elles sont d’origine israélienne alors qu’il s’agit essentiellement, sinon exclusivement d’écoutes téléphoniques ; et 2) qu’elles… 

Le fantôme de Tony Blair ricane jaune…

Les Français qui savent encore ce que cela signifie qu’être Français, ces Français-là éprouveront un sentiment mêlé d’ironie devant le paradoxe du Système et de tristesse fatiguée devant l’usage courant de la République-poire en constatant que, soudain, un accroc se manifeste du côté britannique. Les Français sont sous l’empire patelin du président-poire, parfaite illustration d’une soumission de type notaire-de-province monté à Paris au diktat du Système, et ils ne se posent aucune question. La démocratie fonctionne, proclament les salons ; ils n’imaginaient certainement pas, les salons, qu’un spasme qu’on serait conduit alors à décrire comme anti-démocratique puisse venir du majestueux Royaume-Uni, allié si fidèle de… 

Hamlet entre crédibilité et popularité

Même si une attaque chirurgicale contre la Syrie, si effectivement une intervention US a lieu et si elle est cantonnée à cette sorte d’action, ne devrait pas être considérée comme une guerre en soi, elle le sera dans l’atmosphère d’extraordinaire tension qui règne aujourd’hui. (Une frappe chirurgicale est un acte de guerre, une action d’agression illégale, etc., mais elle ne répond pas à la définition d’une guerre comme, par exemple, le Vietnam ou l’Irak 1990-91 et en 2003. Mais c’est la perception qui parle en l’occurrence, et la perception y verra une guerre, comme elle le voit déjà dans l’examen des projets discutés d’une façon…