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Bloc-Notes

Un autre “Day of Infamy

Harlan Ullman nous est souvent apparu comme un commentateur judicieux, de l’intérieur de l’establishment US auquel il appartient indiscutablement. (Ce dernier point nous permettant de relativiser les jugements qu’il porte, et le degré de profondeur critique qu’on peut attendre de lui, ainsi les choses sont-elles claires.) C’est lui qui a fort bien synthétisé cette fameuse politique de l’idéologie et de l’instinct à laquelle nous nous référons si souvent. Nous nous tournons à nouveau vers lui pour une appréciation de l’évolution de la situation aux USA depuis la crise de la dette, laquelle nous semble déjà d’une autre époque, puisque les choses vont à cette vitesse… 

La Chine réclame la réduction du budget… du Pentagone

La Chine se conduit selon les pures règles du capitalisme le plus pur et le plus dur. Comme le veut ce capitalisme, et notamment aux USA, la souveraineté, l’Etat régalien, ces vieilles choses, valent bien peu de chose. C’est le dollar, le sacré dollar qui règle tout. Alors la Chine, qui a plus de $1.000 milliards en bons de trésor US et donc se trouve être la premières prêteuse à alimenter la dette colossale des USA, tape du poing. Imaginez qu’elle soit à la table du conseil d’administration du formidable consortium Washington-USA, Inc., comme premier actionnaire extérieur, et qu’elle consulte les comptes, et s’écrie, furieuse,… 

Londres (et ROW) brûle(nt)

Le reste, ce n’est pas seulement le reste de l’Angleterre, mais, éventuellement, le reste du monde, the Rest Of the World (ROW), cette fois USA compris. L’embrasement du Royaume-Uni, qui rappellent à certains la France-2005, la Grèce-2008 et d’autres, répond à tous les critères habituels. Que ce soit le Daily Telegraph (le 8 août 2011 : «London’s rioters are the products of a crumbling nation, and an indifferent political class that has turned its back on them.»), que ce le Guardian (9 août 2011 : «Young looters from poor estates have nothing to lose and no reason to obey social norms, say experts»), ceux-là et… 

De la dissolution de “BHO-Bizarro

Devant la montée des périls comme on dit, Barack Obama, qui s’était tenu coi durant la fin de la crise de la dette et les premiers remous financiers qui avaient suivi, tenant en cela son étrange rôle de président à éclipse selon la vigueur des événements, BHO, donc, est intervenu. Il entendait contrer décisivement les effets de la dégradation de la notation des USA par S&P (de AAA à AA+), notamment la chute des marchés et les pertes en cours à Wall Street, tout en mettant en question cette dégradation. Piquons deux phrases, dans un article qui résume l’affaire (Guardian, 8 août 2011). D’abord :… 

Washington en mode turbo de dissolution

Le brave Alex Spillius, dans le Daily Telegraph, a soulevé l’espoir que la dégradation de la notation des USA, de AAA à AA+ (l’expression devrait figurer comme exercice de phoniatrie pour soigner les troubles de la parole), constituerait un choc tel qu’elle rétablirait le bon usage des vertus de l’imperium américaniste, et, par conséquent, la prépondérance de l’Empire. Ainsi écrivait-il le 6 août 2011 (voir notre Bloc Notes, ce 8 août 2011) : «Perhaps S&P’s decision could be the shock that Congress needed. The downgrade may well raise interest rates for consumers, which could make both sides think again about being so intransigent and finally… 

La fulgurante intégration de la crise

Commençons par la fureur d’un ancien, parce qu’elle va au cur du problème du Système en crise. Gordon Brown est sans aucun doute un homme du Système, mais un homme du Système retiré des affaires et sans responsabilité. Son témoignage, sa colère pleine d’amertume, sont précieux, s’ils sont pris dans le sens qui va, avec les erreurs habituelles d’un jugement d’un homme du Système considérées objectivement Donc, fureur de Gordon Brown, dans The Independent, le 7 août 2011 «Gordon Brown today launches an extraordinary attack on the leaders of America, France and Germany, accusing them of being « wrong » on the big economic decisions and failing… 

“Indignation = intégration”, nouvelle formule israélienne

L’indignation israélienne prend ses aises et s’amplifie à un rythme satisfaisant. En une semaine, le mouvement israélien dit d’indignation a quantitativement doublé, et, surtout, il a pris une dimension qualitative remarquable. L’aspect quantitatif, c’est la journée de samedi au cours de laquelle les manifestations du mouvement ont rassemblé 300.000 personnes, contre 150.000 la semaine précédente. Le mouvement est vieux de trois semaines, il a la sympathie grandissante de la population, il a le soutien des médias Reprenant Reuters le 7 août 2011, RFI fait rapport de la journée du 6 août… «Plus de 200 000 manifestants à Tel-Aviv, 30 000 à Jérusalem, sans compter d’autres… 

“Resplendis, République agonisante”

« Resplendis, République agonisante » Justin Raimondo, chroniqueur incisif et polémique, sacrifie depuis quelques temps, – ou bien, devrait-on dire qu’il se hausse depuis quelques temps vers des accents tragiques et métaphysiques ? Son sujet, bien entendu, c’est le sort de l’Amérique, et pour notre compte nous dirions que le sujet est la dissolution de cette peste psychologique qu’est l’American Dream, l’effondrement de la modernité, du monde comme nous l’avons fait, de cette contre-civilisation entière qui porte en elle le Mal que nous avons laissé pénétrer dans notre destin, par faiblesse, par fatigue et par abandon, – sans être mauvais nous-mêmes, sans aucun doute, la faiblesse suffisant… 

Hillary, le JSF, l’Inde et la narrative comme stratégie

Il faut dire que nous devons commencer par dire quelques mots d’autre chose que le sujet annoncé ; savoir que, depuis le 2 août, nul ne peut plus ni voler, ni faire joujou sur la piste avec le JSF, avec les vingt exemplaires existants et en cours d’expérimentation. Un incident semble-t-il assez sérieux a eu lieu au cours d’une expérimentation au sol, et la décision a aussitôt été prise d’immobiliser toute la flotte, y compris, ce qui est assez rare, pour les essais de sol. (Le 5 août 2011, Bill Sweetman, d’Aviation Week, rapporte que l’immobilisation du JSF pourrait durer quelques semaines.) Avec d’autres, DoDBuzz.com… 

Le président électronique, ou le coup d’Etat aux USA selon TGA

La phrase dit à peu près : La politique américaine est dans un état si désespéré que je commence à avoir de l’espoir. Nous pourrions l’avoir écrite nous-mêmes, si l’on se réfère à nos considérations courantes. Ce sera donc une surprise d’apprendre qu’il s’agit de la première phrase d’un article de Timothy Garton-Ash (TGA), lequel n’est pas nécessairement notre tasse de thé. (Nous parlons de l’orientation générale de ses commentaires, nothing personal, TGA.) Eh bien, TGA montre, par rapport au système washingtonien, le plus complet pessimisme, allant jusqu’à s’enorgueillir implicitement d’avoir été, dans son milieu ripoliné, parmi ceux qui, il y a deux ans, parlait… 

Israéliens indignés, – eux aussi…

Aljazeera.net, dépendant de la fameuse station TV à la réputation un peu ternie ces derniers mois par une politique éditoriale qui épouse un peu trop les intérêts politiques des dirigeants qataris, se rattrape lors qu’il s’agit d’Israël. Ce qui a fait avec une couverture très détaillée des événements intérieurs d’Israël, dont on a commence à avoir un écho depuis les deux dernières semaines, et qui, depuis samedi, commencent à figurer d’une façon intéressante sur le scène de la communication, à la rubrique, assez inattendue pour Israël, des indignés, nom désormais générique de la colère confuse mais clairement antiSystème des populations civiles. D’abord, Aljazeera a consacré,… 

Puisque les talibans sont au Congrès, parlons-en…

S’il y a un article qui a fait quelque bruit dans le sens du sensationnalisme qu’affectionne le système de la communication, c’est celui de l’ancien parlementaire démocrate du Texas Martín Frost, sur Politico.com le 29 juillet 2011. Passons aussitôt au contenu, qui est d’assimiler Tea Party aux talibans. «Ten years ago, the Taliban in Afghanistan destroyed two gigantic figures of Buddha, carved into a hillside 18 centuries before. The world was aghast at this barbarian act taken in the name of religious purity. But was powerless to stop it. »We now have a group of U.S. politicians seeking political purity, who seem to have much… 

Pyrrhus en lambeaux, épuisé…

Ce fut une victoire, on ne sait pour qui, et une victoire à la Pyrrhus où l’on ne sait qui, exactement, est Pyrrhus. Tout juste observe-t-on qu’il est épuisé, et déjà préparé à de nouvelles batailles, à de nouvelles épreuves. (Tout juste [bis] suggérerions-nous qu’après tout et après réflexion, dans une telle bataille, Pyrrhus en lambeaux, épuisé, ne saurait être que le Système lui-même.) Ainsi en est-il de la situation washingtonienne, où, même l’issue conjoncturelle d’un paroxysme d’une crise devenue structurelle et caractérisée par le désordre, est elle-même complet désordre. Encore la chose, l’accord sur la dette colossale du gouvernement, n’est-elle pas complètement bouclée puisqu’il… 

L’USAF et l’Evangile selon Von Braun

Un épisode bref mais significatif, conduit par le site Truthout.org, nous rappelle les fondements d’une des forces essentielles de l’américanisme, qui est le système du technologisme et le prolongement de l’idéal de puissance, ainsi que la similitude métahistorique des courants pangermaniste et panaméricaniste. Cet épisode concerne l’USAF, un des fondements, là aussi, de la puissance technologique des USA (système du technologisme) et du complexe militaro-industriel, lesquels sont à leur tour un domaine essentiel de l’américanisme qui est l’expression essentielle de l’Amérique et de l’American Dream. Tout cela n’est pas Tea Party, que le monde conformiste du Système dénonce comme une sorte de résurgence du fascisme… 

Week-end pré-révolutionnaire

La situation à Washington, dans le chaos tournoyant du débat sur la dette, est devenue le point central de l’intérêt du monde. Les tensions diverses et sans cesse renforcées conduisent évidemment à des hypothèses de plus en plus audacieuses, mais qui le sont finalement de moins en moins, objectivement, dans un contexte qui invite évidemment à l’audace. Ainsi de l’hypothèse fameuse et toujours excitante de la possibilité de troubles publics aux USA, dans le flux déstructurant des événements de Washington. Les Russes ont toujours été friands de ces hypothèses et scénarios de déstructuration des USA, dislocation, sécession, etc. Aucune surprise, par conséquent, de voir et… 

McCain écrit au CNT…

Une lettre de John McCain au CNT révolutionnaire de Libye, et voici un élément de plus dans l’exemplaire chaos que représentent l’affaire libyenne, l’engagement du bloc BAO (France, Royaume-Uni, OTAN, etc.), et la position, voire l’autorité (?) du CNT. Cette lettre, qui est peut-être une fuite plus ou moins manipulée, a été obtenue par Kim Sengupta et Solomon Hughes de l’Independent, avec publication du contenu de la lettre et de commentaires, ce 29 juillet 2011. Il s’agit d’un sérieux avertissement au CNT du sénateur McCain, institué pour l’occasion non moins sérieux acteur de la politique extérieure des USA. En cause, les divers incidents désormais rapportés… 

A Washington, effondrement subreptice et turbo

Il ne manque ni d’avis, ni d’analyses, ni d’appréciations pour vous prédire ce qui va survenir à Washington, d’ici le 2 août et après le 2 août, et dans tous les sens possibles. Nous pouvons d’ores et déjà vous dire ce qui survient en ce moment même : le tourbillon du chaos tournant dans tous les sens, et dans le même sens, pour nous signifier l’effondrement subreptice de la puissance US En mode turbo et, selon la formule consacrée, la surpuissance du Système tournant toujours à fond, mais désormais pour soutenir sa dynamique d’autodestruction. Le Système a le sens de la solidarité. Comment choisir entre… 

Notre kafkaïenne bouffonnerie générale, domaine libyen

Ainsi donc, nous avons appris simultanément que le ministre français des affaires étrangères Juppé (Alain), retrouvant ses accents grandioses de l’époque pré-BHL, estime que le colonel et Guide-Suprême Kadhafi pourrait rester en Libye, débarrassé de toutes ses fonctions de direction (il n’en a d’ailleurs officiellement aucune, mais passons), dans le cadre d’un accord général auquel la France et l’OTAN ne dédaigneraient pas d’aboutir ; que, lundi, au terme d’une rencontre avec my friend Alain, le britannique secrétaire au Foreign Office Hague a tenu les mêmes propos, à propos du même Guide-Suprême Dans le cadre de cette nouvelle approche, Malcolm Rifkind, ancien secrétaire au Foreign Office… 

La “somme de toutes les peurs”

L’intérêt de la crise US du moment (dette, affrontement Obama-majorité républicaine) est qu’elle nous conduit, bien plus que la crise européenne, au cur du problème, au cur de la cause fondamentale de cette même crise. Un texte de Ambrose Evans-Pritchard (AEP), du Daily Telegraph, le 26 juillet 2011, nous décrit parfaitement la chose, involontairement, presque psychanalytiquement, comme l’on dirait presque d’un lapsus révélateur (et, dans ce cas, on le verra, d’une prudence intellectuelle qui en dit long, en renforçant le lapsus). AEP nous livre une analyse sur la crise de la dette à Washington. Comme à l’habitude dans ses textes, AEP a le ton péremptoire… 

Danse de Saint-Guy sur un volcan furieux

Il est connu et d’ailleurs rappelé dans l’une ou l’autre analyse que le Congrès des USA a déjà débattu sans grand fracas et voté sans réel problème le relèvement du plafond de la dette des USA plus de 60 fois depuis la fin de la Deuxième Guerre mondiale. Il semblerait au sens commun si à l’ouvrage ces derniers temps impossible de penser que cette fois encore, alors que l’enjeu est capital pour les USA en termes d’abord d’image, de réputation, de confiance des autres en eux-mêmes, le Congrès ne ferait pas de même. Mais c’est peut-être se tromper de sens commun, et faire d’une illusion… 

Conditions et avenir d’une crise

Plus que le scandale Murdoch, l’affaire est devenue pour nous la crise Murdoch. L’événement est entré dans une phase plus structurée, pour ne pas dire presque institutionnalisée. On a rassemblé ici quelques éléments sur la crise Murdoch, dans deux domaines : le passé, avec la description d’un cas particulier d’une action de pression de News International, illustrative des méthodes du groupe, contre un parlementaire britannique à la suite d’un impair de celui-ci par rapport aux normes en vigueur avant le scandale devenue crise (une question dérangeante posée à Rebekah Brooks par ce parlementaire inconscient et imprudent, ou courageux, ce qu’il n’aurait pas dû faire) ;… 

“Croissance vide” et “croissance productrice de vide“

« Croissance vide » et « croissance productrice de vide » Comment peut-on lire à une journée d’intervalle, deux titres aussi complètement contradictoires que «Budget Storm Could Sink U.S. Plan to Rule Sea and Sky» (« l’ouragan budgétaire peut détruire le plan hégémonique naval et aérien des USA », sur Danger Room, le 20 juillet 2011) et «Cuts to Pentagon Don’t Make a Dent» (« les réductions budgétaires au Pentagone ne changeront rien », le 21 juillet 2011 sur Antiwar.com) ? On peut les lire parce qu’il s’agit du Pentagone, dit Moby Dick, des USA, de notre époque postmoderne et du Système fou. Tout est possible dans ce contexte, surtout le plus contradictoire… 

La minorité majoritaire et la schizophrénie règnent

Bien plus que les négociations elles-mêmes sur la fixation d’un nouveau plafond de la dette des USA, bien plus que l’issue de ces négociations, avec les perspectives diverses, y compris les enchaînements crisiques ou les menaces de dégradations de la sacro sainte notation (AAA) de cette puissance, il faut répéter qu’importe absolument le climat politique régnant autour de ces négociations comme aspect le plus important de la situation washingtonienne. C’est autour de ce thème, essentiellement, qu’il faut mesurer le poids de l’événement qui doit formellement être conclu le 2 août (limite pour fixer le nouveau plafond). L’événement nous emmènera bien au-delà, quelle qu’en soit la… 

Le JSF menace-t-il Lockheed Martin?

En juin, Lockheed Martin (LM) avait annoncé qu’il mettait à pied 3.300 de ses employés. Le 19 juillet, la société a annoncé un nouveau contingent de mise à pied de 6.500 personnes C’est simplement une touche dans la toile de fond de ce qui commence à ressembler à la possibilité précise et pressante d’un terrible affrontement, une véritable guerre. Le JSF, qui n’est prêt pour rien, n’y participera certainement pas, mais il en serait la cause si elle éclatait. Car la réaction de l’amiral Venlet, chef du JSF Program Office (JPO) du Pentagone, après l’annonce de nouveaux dépassements de coûts , commence à ressembler à…