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La grosse erreur de Trump

Je n’ai pas pu écrire car je n’arrivais pas à rattraper mon retard en lecture : le rythme des événements est tel que le volume d’actualités et d’analyses que je dois traiter est devenu écrasant. Ce torrent d’informations n’a pas non plus permis de clarifier grand-chose quant à ce que ces événements donneront une fois que les décombres auront cessé de voler dans tous les sens et que les incendies se seront éteints.

Je parle, bien sûr, des événements autour du plus grand goulot d’étranglement du monde : le détroit d’Ormuz, par lequel d’énormes volumes de pétrole, de gaz naturel liquéfié, d’engrais azotés et des quantités plus modestes mais néanmoins très importantes de matières premières essentielles telles que l’hélium doivent passer pour atteindre le marché mondial. En tant que personne qui aime tirer des conclusions et faire des prédictions, cette situation me frustre. Mais elle m’offre aussi une excellente occasion de m’émerveiller devant ce spectacle grandiose de la folie humaine.

Mais mes lecteurs m’attendent ! Je suis donc heureux d’annoncer que j’ai découvert la nature exacte de la grosse erreur commise par Trump en lançant sa dernière guerre contre l’Iran.

Tout d’abord, quelques mots sur le détroit d’Ormuz. Bien que divers journalistes occidentaux ignorants se soient empressés de débiter des sornettes sur l’Iran « bloquant »ou « minant » ce maudit détroit, rien de tel ne s’est jamais produit. Au lieu de cela, une dizaine de navires tentant de traverser le détroit ont été incendiés, par le Corps des gardiens de la révolution islamique, faut-il supposer. En conséquence directe, les tarifs d’assurance maritime ont grimpé en flèche et le trafic maritime dans le détroit s’est pratiquement arrêté. Il ne s’est pas arrêté complètement car l’Iran a commencé à accorder un passage sûr aux navires qui se conformaient à certaines exigences : ils ne devaient avoir aucun lien avec les États-Unis ou Israël, la cargaison devait être payée en yuan (ou renminbi), la monnaie chinoise, et il fallait également s’acquitter d’une somme considérable pour obtenir ce passage sûr. La route pour le passage en toute sécurité traverse les eaux territoriales iraniennes, où les forces iraniennes peuvent l’inspecter de près.

(Suite)

Croisière en Mer d’Azov

Croisière en Mer d’Azov Il s’agit d’une crise « apparemment sortie de nulle part »… Elle rappelle à notre bon souvenir la crise ukrainienne datant de février 2014 et jamais close ni seulement en partie résolue. Tous les détails sont aujourd’hui connus, sur l’arraisonnement accomplie avant-hier de trois navires ukrainiens en Mer Noire, se dirigeant vers le détroit de Kerch conduisant à la Mer d’Azov, celle-ci complètement sous le contrôle russe avec un arrangement de passage de navires ukrainiens après demande d’autorisation et contrôle russe (demande qui n’a pas été faite dans ce cas, selon les Russes). La saisie des trois navires avec 24 marins… 

Tocqueville dans les déserts américains

Tocqueville dans les déserts américains Splendeur méconnue, Quinze jours dans le désert. Le texte est bref, disponible sur archive.org, profitez-en. Je l’ai redécouvert par une lectrice qui m’en a envoyé un extrait. Notre auteur décrit sa confrontation avec les déserts américains, dans la région de Détroit qui n’est pas la plus belle de ce paradis encore presque intact. Il voyage avec Beaumont et oppose le paradis présent au futur développé. On l’écoute qui révèle ici sa prodigieuse sensibilité et son fatalisme inquiet. On pensera une autre fois à l’école de peinture de Hudson, à Thomas Cole, à l’allemand Bierstadt qui devait s’illustrer un peu plus… 

Le fric se tire : Chicago comme Detroit ?

Le fric se tire : Chicago comme Detroit ? Cela fait de nombreuses années (sans remonter à Capone pour rester dans la séquence actuelle) que Chicago subit une situation d’insécurité exceptionnelle aux USA. On peut rappeler ici la récente « Brèves de crise » à propos de l’intervention de Bill Clinton dans une affaire polémique, dont l’occasion de départ était une remarque faite par sa femme Hillary concernant l’activité des gangs africains-américains à Chicago, cette remarque remontant à 1997. Ces derniers temps, divers échos nous ont fait part de l’aggravation vertigineuse de la situation de Chicago, avec une véritable « fuite » des « très-riches » de cette ville à cause… 

Detroit et l’Irak, victimes solidaires du Système

Detroit et l’Irak, victimes solidaires du Système Dès que le désordre s’étend en un nouveau spasme paroxystique (comme il ne cesse de s’étendre, chaque nouvelle étape s’ajoutant à la précédente), ressurgit la théorie du chaos (nous préférerions théorie du désordre). En général, elle est mise au crédit des USA, ce qui permet de charger cette puissance d’une capacité machiavélique infinie, d’annoncer pour la nième fois son hégémonie, de rendre faussement compréhensible d’un point de vue rationnel ce qui dépasse la raison et la réduit à la subversion d’elle-même. Contre cette forme d’esprit qui cherche à rationaliser l’extrême irrationalité déstructurante et dissolvante du Système, un texte… 

Des brindilles et des faisceaux

Des brindilles et des faisceaux La partition des centres urbains étasuniens de façon tranchée entre un cur des villes noir et une périphérie blanche est relativement récente. La prolifération des maisons individuelles en série que l’on regagne après un travail effectué dans des centres urbains date de l’après-guerre, celle de 1939-1945. William Levitt a inventé la maisonnette à un étage, construite en masse, qu’il destinait, louées ou vendues, aux soldats revenus du front. Les GI’s bénéficiaient de prêts à taux d’intérêt avantageux. La politique de l’État fédéral consistait à favoriser l’accession à la propriété pour la classe moyenne et celle des cadres, exclusivement blanche à… 

De la Syrie à Ormuz-II, – ou Syrie + Ormuz-II ?

De la Syrie à Ormuz-II, ou Syrie + Ormuz-II ? Dans un mouvement d’une grâce qui n’est pas nouvelle, la machine à narrative du bloc BAO passe, dans tous les cas temporairement, de la Syrie au Golfe de la Mer d’Oman et au détroit d’Ormuz. Nous allons pouvoir recycler nos exclamations admiratives saluant la puissance du bloc BAO, de la Syrie à l’Iran-Ormuz, après avoir effectué le mouvement inverse en janvier-février 2012, de l’Iran-Ormuz à la Syrie. Comme la narrative, les exclamations admiratives son recyclables Ou bien, découvrira-t-on que tout cela peut s’ajouter, s’amalgamer, en un phénomène nouveau qu’on nommerait coordination de crises puis, de… 

Du nucléaire à la cyberguerre, l’Iran déplace le front

Du nucléaire à la cyberguerre, l’Iran déplace le front 27 décembre 2011 Depuis le 24 décembre, la marine iranienne est engagée pour dix jours dans de grandes manuvres navales dénommées Velayat 90, dans le détroit d’Ormouz et le Golfe (mer d’Oman). Ces manuvres sont interprétées, indirectement par les Iraniens, directement par des commentateurs étrangers (les Israéliens de DEBKAFiles), comme un défi lancé à l’U.S. Navy dans le champ de la guerre électronique. L’interprétation se place évidemment dans la logique de la capture du RQ-170 de la CIA par les Iraniens, qui a nourri d’intenses spéculations sur les capacités électroniques de ces mêmes Iraniens. Du côté… 

Monbiot et ses “strange bedfellows

La crise conduit à des situations étranges et inédites, où l’on retrouve, selon l’expression américaine, des situations de strange bedfellows, ou encore, selon l’expression en vogue au temps de l’affrontement autour du communisme, d’étranges compagnons de route, mais cette fois sans machination humaine organisatrice, simplement par les logiques paradoxales des situations. L’accélération et l’aggravation de la crise conduisent effectivement à une certaine libération des réflexions et des observations, à une intégration progressive des événements dans des conceptions plus vastes, à l’apparition de jugements plus fermes, qui peuvent paraître de plus en plus paradoxaux à mesure que la crise laisse voir de plus en plus clairement… 

Une Guerre de Sécession postmoderne?

Une Guerre de Sécession postmoderne? 15 décembre 2008 L’Amérique étant la terre de tous les possibles, c’est bien connu, nous aurons également cette surprise extraordinaire : comment la Guerre de Sécession, Civil War pour la catéchisme américaniste, revient parmi nous par le biais de la crise US en général et de la crise de l’industrie automobile US en particulier. Le rejet par le Sénat du plan de sauvetage des Big Three ($15 milliards pour General Motors, Ford et Chrysler, à Detroit, dans le Michigan, Etat industriel du Nord), essentiellement à cause de l’opposition de sénateurs républicains du Sud, fait effectivement renaître, dans l’amertume de la…