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L’Irak-2006 pire que le Viet-nâm-1968? Et comment!

Dans notre note précédente, nous observions à propos de la situation en Irak par rapport à celle de 1968 : «Au niveau opérationnel, la comparaison est beaucoup moins convaincante. La position militaire des USA au Viet-nâm en 1968 était bien meilleure que celle qu’ils ont aujourd’hui en Irak.» Un lecteur (voir ZedroS, en commentaire du texte cité) relève cette assertion et la conteste vigoureusement. Il cite les 100.000 Vietminh prêts à attaquer les Américains et les attaques efficaces contre les bases US au Viet-nâm, par contraste avec l’absence de telles attaques en Irak. Extraits : «Comment pouvez vous dire que la situation militaire US actuelle… L’Irak-2006 pire que le Viet-nâm-1968? Et comment!

Le rapport Baker et l’humiliation britannique

Il est rare de lire un commentaire de l’intensité de celui de Simon Jenkins sur la situation en Irak et sur la position britannique. Mais la rareté est aujourd’hui monnaie courante, aussi l’article de Jenkins ne nous étonne pas même s’il reste particulièrement instructif à lire. Jenkins décrit, aujourd’hui dans le Guardian la situation apocalyptique de l’Irak. Il décrit une Amérique en train de prendre conscience de cette réalité et soudain plongée dans la fièvre d’un débat sur la catastrophe irakienne : «America has finally taken on the grim reality of Iraq The US is radically rethinking its exit strategy» Jenkins ne peut s’empêcher d’une… Le rapport Baker et l’humiliation britannique

L’état du désastre

L’expert militaire Andrew J. Bacevich publie un article où il retrace l’historique des ambitions et de l’échec colossal de la politique et de la stratégie US en Irak. (C’est dans The American Conservative, daté du 23 octobre.) Bacevich donne notamment quelques précisions chiffrées sur l’état actuel des forces armées US (U.S. Army principalement). Ces chiffres sont effrayants. «How long U.S. forces can sustain their current holding action is now emerging as a pressing question. As if to emphasize the growing scarcity of troops, the Pentagon in recent weeks has both extended the tours of units already in Iraq and moved up the deployment dates of… L’état du désastre

L’énigme de l’“esprit fermé” de GW

Les Américains, même dans les Main Stream Medias (MSM) commencent à s’interroger sérieusement sur la psychologie de leur président. Exemplaire à cet égard est cette analyse de Ximena Ortiz, analyse pour UPI ce 13 octobre. (Ximena Ortiz est éditeur de National Interest online.) L’article est titré «Understanding W The Man» et nous conduit à des conclusions particulièrement effrayantes sur la psychologie du président, sur son closed mind, sur sa vie intellectuelle toute entière gouvernée par des non-réalités, par des images naïves, par des raisonnements absolument spécieux ou sophistiques. Tout cela se fait dans la plus complète franchise, dans une candeur sans faille. C’est une situation… L’énigme de l’“esprit fermé” de GW

Ah, au fait, vous saviez pourquoi on a attaqué l’Irak?

Vous avez un voisin beaucoup moins fort que vous. Vous allez un jour chez lui et vous lui flanquez une raclée qui l’envoie à l’hôpital, peut-être au cimetière. La famille est terrorisée dans un coin de la maison. Vous laissez toutes les portes ouvertes. On vient voler, piller, menacer. Des squats élisent domicile. Des sans-papiers s’installent dans le jardin. Vous proclamez alors : Il importe que je reste là pour défendre cette famille terrorisée et protéger tous ses biens face au désordre qui s’installe. D’ailleurs, c’est tout le quartier que je dois protéger contre ce centre de désordre, contre le Mal qui s’est installé en… Ah, au fait, vous saviez pourquoi on a attaqué l’Irak?

Défaite et capitulation sans discuter

Défaite et capitulation sans discuter 14 octobre 2006 Le Times d’aujourd’hui nous rappelle qu’un Churchill exaspéré disait à Montgomery qu’il le trouvait imbattable dans la défaite, insupportable dans la victoire («in defeat unbeatable, in victory unbearable»). Joli mot qui permet de tenter d’expédier la sortie du général Dannatt sans trop de dégâts, par un clin d’il un peu bourru accompagnant le rappel des gloires churchilliennes qui constitue aujourd’hui l’essentiel et l’accessoire de l’argumentation du Times en faveur de la politique dont il fait la promotion. (Le Times est un de ceux qui, sous l’inspiration éclairée de Rupert Murdoch, voudraient que l’on sauvât et grandît la… Défaite et capitulation sans discuter

L’armée de Sa Majesté se révolte

L’armée de Sa Majesté se révolte 13 octobre 2006 Les déclarations du général Sir Richard Dannatt (au Daily Mail), le chef d’état-major général des forces armées britanniques, sont sans précédent dans l’histoire moderne du Royaume-Uni. Le CEM britannique se place en position de révolte ouverte contre le gouvernement, sa politique, la présence britannique en Irak, etc. Son constat sur la présence britannique en Irak, voire sur la guerre elle-même telle qu’elle fut déclenchée par les Anglo-Américains, est dévastateur : «We are in a Muslim country and Muslims’ views of foreigners in their country are quite clear. »As a foreigner, you can be welcomed by being… L’armée de Sa Majesté se révolte

655.000 morts ? Comment ont-ils calculé cela ?

L’étude d’un groupe de statisticiens de la John Hopkins University sur les pertes en Irak depuis mars 2003 (655.000 morts) est l’objet d’une intense polémique. Elle ajoute un élément intensément tragique au discrédit qui caractérise aujourd’hui la guerre en Irak. Amy Goodman, de la station de radio Democracy Now !, a reçu hier l’un des auteurs de cette étude, Les Roberts. Parmi les questions posées, celles qui concernent la méthodologie employée (avec l’intervention d’un autre intervieweur, Juan Gonzales). AMY GOODMAN : It’s good to have you with us. Why don’t you lay out exactly what you found? LES ROBERTS: Sure, we, as you said, went… 655.000 morts ? Comment ont-ils calculé cela ?

Des gens sérieux nous disent, tout compte fait, qu’il y a eu 655.000 morts en Irak depuis mars 2003 — pensez-y

Finalement, les critiques de l’efficacité des armées américanistes en Irak pourraient se trouver sèchement remballés. Les dernières estimations calculées des pertes en Irak, depuis mars 2003 et le conflit déclenché par ces mêmes forces, ce qui implique directement ou indirectement leur responsabilité dans ces pertes, sont impressionnantes. Elles font de l’Irak un conflit meurtrier, une vraie guerre si l’on veut. Diantre : 655.000 morts depuis mars 2003 (Selon les calculs : 601.000 morts directement dues aux violences, le reste dû à des maladies et causes diverses connectées à la guerre.) L’étude devrait normalement faire du bruit. Elle est le fait d’une équipe déjà connue, qui… Des gens sérieux nous disent, tout compte fait, qu’il y a eu 655.000 morts en Irak depuis mars 2003 — pensez-y

Le spin doctor, la dépression, le virtualisme et la crise de la civilisation occidentale

Alastair Campbell, venu de la presse britannique, fut, pendant les années cruciales, le conseiller pour les communications en titre de Tony Blair. C’est lui qui, en avril 1999, débarqua à l’OTAN, conquérant, et vira toute l’équipe de communication de l’OTAN (le porte-parole Jamie Shea en tête) pour assurer la promotion de la guerre du Kosovo. C’est lui qui, plus fameusement encore, assura toute la promotion de l’avant-guerre en Irak pour Tony Blair puis les suites, jusqu’à son départ de Downing Street en 2004. Aujourd’hui, dans deux articles dans The Independent, Campbell révèle ce que fut son état durant toutes ces années : une terrible dépression.… Le spin doctor, la dépression, le virtualisme et la crise de la civilisation occidentale

Un sujet majeur de mésentente entre Britanniques et Américains : les livraisons d’armes iraniennes en Irak

Il existe un sujet majeur de mésentente entre Britanniques et Américains. Il n’est pas exposé comme une mésentente ; simplement, les deux versions cohabitent sans jamais vraiment être confrontées. Elles sont pourtant diamétralement opposées. Les Américains affirment que les Iraniens ravitaillent massivement et régulièrement les insurgés irakiens en armes et munitions. Les Britanniques affirment le contraire. Un article (4 octobre) du Washington Post expose cette mésentente de façon très précise. «Britain, whose forces have had responsibility for security in southeastern Iraq since the war began, has found nothing to support the Americans’ contention that Iran is providing weapons and training in Iraq, several senior military… Un sujet majeur de mésentente entre Britanniques et Américains : les livraisons d’armes iraniennes en Irak

Les “noisettes salées” de Kissinger

Comme on l’a déjà vu, la révélation du livre de Woodward sur les contacts de Kissinger avec GW Bush comme conseiller concernant la situation en Irak a eu des échos importants. Ces contacts Kissinger-Bush ont notamment été concrétisés par la remise d’une copie d’un mémo secret de Kissinger à Nixon datant de septembre 1969, que Kissinger a remise à Bush comme pouvant servir à la stratégie de l’administration en Irak. Ce mémo est surnommé le Salted Peanuts memo parce que Kissinger compare l’éventualité du retrait progressif de troupes US du Viet-nâm à l’absorption de noisettes salées par le public : au plus il y aurait… Les “noisettes salées” de Kissinger

Confirmation : le plus génial géopoliticien de la Guerre froide a ajouté, dans les catastrophes à son actif, l’Irak au Viet-nâm

Recueillant les premiers échos du livre de Bob Woodward, State of Denial, nous avions déjà noté la révélation que constituait le rôle de conseiller écouté joué par Henry Kissinger auprès de GW Bush. Nous en avions déduit, en constatant les résultats de ces conseils en Irak, une appréciation très critique des conseils donnés au nom de cette réputation mondiale de géopoliticien génial qui accompagne partout Kissinger. Des précisions sont arrivées depuis, qui montrent, selon Woodward, que les conseils de Kissinger étaient effectivement, non pas de modération ou de mesure, mais du plus stupide entêtement à rester en Irak au nom de la mythique crédibilité de… Confirmation : le plus génial géopoliticien de la Guerre froide a ajouté, dans les catastrophes à son actif, l’Irak au Viet-nâm

GW, Dieu (dans l’ordre) et l’Irak comme “virgule” de l’Histoire

Quelques blogers-commentateurs se sont attachés au dernier discours de GW pour y découvrir ce qui serait une allusion à peine déguisée mais limpide pour ses électeurs chrétiens fondamentalistes à l’appréciation divine actuelle de la catastrophe irakienne. Le conseil implicite du Seigneur à GW serait, dans ce cas, de ne pas trop prêter attention à la susdite catastrophe qui ne serait qu’une virgule (comma) de l’Histoire. On trouve ce débat sur le blog de The American Prospect, de la part de Greg Sargent. «President Bush’s speech yesterday got tons of attention for its attack on Dems, but there was another key moment that’s passed unnoticed. Bush… GW, Dieu (dans l’ordre) et l’Irak comme “virgule” de l’Histoire

La litanie jusqu’à la nausée des rapports : nous nous sommes trompés, nous alimentons le terrorisme…

Encore un rapport. Encore une condamnation. Comment, au nom de la simple décence de l’esprit, peut-on encore discuter, comme l’on fait dans les salons de réception des think tanks chic, de la validité du jugement que la politique occidentale (anglo-saxonne, avec ses clowns Bush-Blair) est d’une stupidité si profonde, d’une brutalité si aveugle , qu’elle en coupe littéralement le souffle? Comment ces porte-parole, ces fonctionnaires assermentés qui ont le sens du devoir jusqu’au bout des ongles, peuvent-ils encore discuter ces jugements de l’évidence énoncés dans les rapports qui s’empilent? Le dernier en date, dans la litanie ad nauseam, est britannique et il nous est signalé… La litanie jusqu’à la nausée des rapports : nous nous sommes trompés, nous alimentons le terrorisme…

L’EXTRAORDINAIRE désordre américaniste

On possède une illustration assez édifiante du degré de désordre qu’a atteint le débat politique sur l’Irak à Washington avec l’article de Robert Scheer, A War on Intelligence, sur Truthdig.com du 26 septembre. Autant le texte de Scheer que les commentaires mis en ligne par les lecteurs doivent être lus. On y découvre toutes les critiques, tous les déchirements, toutes les contradictions que ce conflit cruel et absurde suscite, notamment chez ceux qui en font aujourd’hui la critique. Scheer aborde la question de la publication des conclusions de la NIE (National Intelligence Estimate) qui secoue Washington depuis quelques jours. Scheer critique GW Bush pour ne… L’EXTRAORDINAIRE désordre américaniste

Inéluctabilité et impossibilité de l’attaque US contre l’Iran

Inéluctabilité et impossibilité de l’attaque US contre l’Iran 25 septembre 2006 On a lu Jim Lobe, il y a trois jours, expliquer l’étrange dualité contradictoire entre la diplomatie US d’une part, de plus en plus inclinée, ou forcée à être inclinée à l’accommodement dans la crise iranienne, et la ligne dure plus que jamais partisane d’une attaque de l’Iran. Lobe: «If you’re feeling increasingly confused about whether the administration of President George W. Bush is determined to go to war with Iran or whether it is instead truly committed to a diplomatic process with its European allies to reach some kind of modus vivendi, you’re… Inéluctabilité et impossibilité de l’attaque US contre l’Iran

Il faut plus de troupes pour l’U.S. Army, et vite

On croirait qu’il s’agit d’une lubie de plus du Weekly Standard, des allumés néo-conservateurs : il faut plus de troupes US, et vite. Mais cette adresse ne concerne pas l’Irak, ni une nouvelle entreprise de conquête. Elle vise l’U.S. Army en général, et la crise de l’armée. Elle a pour but de résoudre la crise de l’armée. Ces paragraphes, extraits de l’éditorial de Frederick W. Kagan et William Kristol dans le Weekly Standard daté du 2 octobre, exposent le cas d’une logique qui n’est nullement celle d’une rhétorique extrémiste. (Notre souligné en gras souligne la chose.) «To those who warn that Iraq is breaking the… Il faut plus de troupes pour l’U.S. Army, et vite

Negroponte joue sa tête, et les républicains le Congrès

Washington et la bande à GW, parlementaires républicains compris, sont en grand état de panique depuis samedi et la publication, par le New York Times notamment, d’une synthèse nationale des agences de renseignement (National Intelligence Estimate) mettant en évidence que l’intervention US en Irak a aggravé la situation générale, donc accru le danger pour les Etats-Unis par rapport à la situation après le 11 septembre 2006. Cette évidence était jusqu’alors un anathème pour le langage officiel anglo-saxon (les Britanniques compris) et, en général, pour les pays occidentaux obligés de ne pas trop condamner la politique américaniste. Le rapport démolit toutes les thèses tendant à contenir… Negroponte joue sa tête, et les républicains le Congrès

Wanted” ! $20 millions sur deux ans pour une “image positive” de la guerre, mensonges inclus dans le contrat

Dans le vieil Ouest, on voyait de ces affiches (Wanted pour avoir la tête de Joe Machin, suivi d’une somme rondelette). Aujourd’hui, le Pentagone entreprend une campagne similaire, avec la récompense de $20 millions sur deux ans. Cette fois, ce qui est wanted, c’est une image positive de la guerre. Il y en a assez de ces vérités négatives, passons aux mensonges positifs. A dedefensa.org, on réfléchit, on se gratte, on se cure le nez à force de peser le pour et le contre. $20 millions sur deux ans, c’est une somme rondelette. Nous avons cinq jours pour décider. Le 6 septembre, le Pentagone clôt… Wanted” ! $20 millions sur deux ans pour une “image positive” de la guerre, mensonges inclus dans le contrat

L’offensive finale de Rumsfeld

Tout le monde fait grand cas du grand discours prononcé par le secrétaire à la défense Rumsfeld le 29 août, à Salt Lake City, devant l’American Legion. Le discours avait comme sujet l’Irak, mais surtout l’attitude de ceux qui, aux USA, critiquent la politique US en Irak. Rumsfeld a fait l’historien, parlant de 1919 et du Traité de Versailles conduisant à la période d’apeasment des années 1930. Bien entendu, ceux qui s’opposent à la politique irakienne de l’administration sont comparés à ceux qui, dans les années 1930, pratiquèrent cette sorte de capitulation avant l’heure devant Hitler. Il y a eu de nombreuses réactions aux USA,… L’offensive finale de Rumsfeld

Impitoyable, Carter se paye Tony Blair

Le Prix Nobel de la Paix Jimmy Carter est toujours on the road, infatigable et beaucoup plus efficace comme ex-président que comme président (1977-81). Son interview au Sunday Telegraph, aujourd’hui, fait un certain bruit. Carter critique impitoyablement Tony Blair. Il le désigne comme le principal responsable de la guerre en Irak, à cause de la façon dont il a cédé à GW Bush. Son observation, qui n’est pas si mauvaise, revient à dire : des deux, Blair, le plus raisonnable, aurait dû jouer son rôle de frein dans cette entreprise folle, et il ne l’a pas fait. On a rarement observéé une attaque si violente… Impitoyable, Carter se paye Tony Blair

Cette fois, on s’y prend à l’avance : comme avec l’Irak, le renseignement US sur l’Iran est particulièrement nul

La catastrophe irakienne avait été commencée à partir d’un renseignement américain complètement manipulé, désinformé et catastrophiquement faux. Il semble que l’Iran, avec qui on envisage également un affrontement, ne soit pas mieux loti. Un article du Guardian d’aujourd’hui signale la diffusion hier d’un rapport de la Chambre des Représenants : « A new report by the staff of the House of Representatives intelligence committee suggested that the administration was ill-equipped to drive a hard bargain. It found significant gaps in our knowledge and understanding of the various areas of concern about Iran and said policymakers will need high-quality intelligence to assess Iranian intentions to prepare… Cette fois, on s’y prend à l’avance : comme avec l’Irak, le renseignement US sur l’Iran est particulièrement nul

Le goût des audaces d’apparence dans la prison du système : John McCain

Déclaration significative et sans surprise, lors de l’émission Meet the Press de la NBC, hier matin (20 août). Le sénateur républicain de l’Arizona John McCain est pour un accroissement de la guerre US en Irak : plus d’hommes, frapper fort, etc. Formule de l’escalade classique (McCain est un ancien du Viet-nâm, pilote de la Navy fait prisonnoer en 1967, torturé, libéré en 1973). Transcription du passage, via ThinkProgess.com : MCCAIN: The question is, are we going to be able to bring the situation under control now? I still believe we can. I think part of it has to do with the Madhi army and Sadr.… Le goût des audaces d’apparence dans la prison du système : John McCain