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La vision 2006 de l’IISS est crépusculaire

La vision 2006 de l’IISS est crépusculaire 25 mai 2006 — L’IISS de Londres (International Institute of Strategic Studies) est connu comme un des piliers du système militaro-politique occidental et anglo-saxon. Qualifié d’ »indépendant », l’IISS est en réalité un relais à façade indépendante pour le débat et la diffusion de la pensée stratégique dominante dans le monde de la sécurité anglo-saxon et atlantique. L’édition annuelle de son annuaire analysant la situation stratégique, les forces en présence, etc., est un exercice qui fixe en général les normes de la pensée stratégique de ce même univers. On ne sait ce qu’il faut dire de l’édition 2006 : fait-elle… La vision 2006 de l’IISS est crépusculaire

La guerre en virtualisme

L’excellent chroniqueur et auteur Tom Engelhardt a entrepris une série d’interviews sur son site TomDispatch.com. Celui (première partie) qui paraît aujourd’hui, sur son site et repris par Antiwar.com, est du plus haut intérêt. Engelhardt interroge Andrew Bacevich, un des auteurs les plus qualifiés et les plus critiques de la politique impériale et militariste des USA. Bacevitch est un conservateur qui fut un faucon interventionniste, proche des néo-conservateurs, particulièrement engagé dans une politique de très grande fermeté durant la Guerre froide (il fut un collaborateur régulier de National Review

L’U.S. Army en gangs organisés

Tandis qu’on célèbre la formation du gouvernement irakien dans une débauche discrète et obscène d’espérances démagogiquement démocratiques, arrivent des précisions sur la transformation de l’U.S. Army. Les gangs y prolifèrent désormais, à partir de l’engagement dans l’armée de membres de gangs organisés aux USA. Dans sa chronique du jour sur Antiwar.com, Justin Raimundo décrit le phénomène qui explique encore plus clairement le nombre de crimes de guerre commis par l’U.S. Army en Irak, ainsi que son comportement général prédateur et nihiliste. Raimundo cite notamment un article du Chicago Sun Times : « An extensive piece in the Chicago Sun-Times reports: » The Gangster Disciples, Latin… L’U.S. Army en gangs organisés

Retour de Basra

Les pertes britanniques en Irak (et en Afghanistan) sont un sujet très sensible pour une opinion publique majoritairement opposée à ces guerres. The Independent décrit, aujourd’hui, le retour de cercueils de la région de Basra, avec, partout présentes, l’impopularité de cette guerre et celle de Tony Blair. L’impopularité de Blair est telle qu’il évite systématiquement tout contact avec le public, surtout dans des circonstances si dramatiques que le retour de cercueils, et cette absence est dénoncée. The Independent note : « Rose Gentle, whose son Gordon died two years ago, and Reg Keys, whose son Thomas died in 2003, have received letters inviting them to… Retour de Basra

A la recherche du paradis (“haven”) sans doute égaré

Au-delà de la logique fermée et de la cruauté psychologie complète du système, il y a la drôlerie de type nonsense, comme disent les Britanniques, dans la dialectique de la bureaucratie pour expliquer la réalité en la maquillant comme il se doit. C’est la bataille, épuisante pour cette même bureaucratie, entre virtualisme et réalité. Nous avons ici un exemple de cette bataille autour des grandes questions qui préoccupent les experts du State department: les US en Irak, est-ce vraiment un succès de la guerre contre la terreur? Ne risque-t-on pas de croire que c’est un échec? Pour le dernier rapport du State department sur le… A la recherche du paradis (“haven”) sans doute égaré

La Turquie comme pour l’Irak

La Turquie commence à prendre ses marques pour la prochaine crise dans la région, l’attaque contre l’Iran qui est le sujet des dîners en ville. Cette fois, le gouvernement turc ne semble même pas attendre un vote du Parlement pour prendre la position qu’il prit avant l’attaque US contre l’Irak (refus du transit d’une division américaine pour une attaque complémentaire de l’Irak par le Nord). Un rapport très bref du site israélien ynetnews.com/, relaie une interview du ministre turc des affaires étrangères à un journal émirati. Il y est dit que les Turcs refusent que les Américains utilisent leur territoire pour une attaque contre l’Iran.… La Turquie comme pour l’Irak

L’horreur technologique

L’horreur technologique Dans un F&C du 15 mars, nous nous attachions à une information concernant les moyens technologiques employés pour lutter (notamment) contre les voitures-suicide piégées en Irak. La somme de $6,1 milliards prévue pour cette lutte spécifique nous avait impressionnés. Nous sommes toujours impressionnés. Nous avons développé notre analyse dans la rubrique To The Point de notre Lettre d’Analyse Context. En voici le texte français original. Impasse de la technologie ? Un nouveau Manhattan Project Détaillons ce qui nous a frappés et constituera à la fois le prétexte et la cause de cette analyse, et l’esquisse de la logique qui la conduira. Il s’agit… L’horreur technologique

Madeleine en est malade

Lors du lancement de l’aventure irakienne, l’ancienne secrétaire d’État Madeleine Albright avait une vue critique de ce projet mais restait modérée dans cette critique. Elle fit son devoir de membre éminent de l’establishment et apporta un soutien du bout des lèvres au moment de l’attaque. Les termes qu’elle emploie désormais pour décrire son sentiment sont d’une singulière violence. Ils rendent compte de l’état d’esprit d’affrontement, de frustration, de férocité qui règne aujourd’hui dans l’establishment américaniste devant le désastre de l’entreprise bushiste. Madeleine Albright a 69 ans. Ses réponses sèches et sans réplique à quelques questions du New York Times, le 23 avril, ajoutent encore à… Madeleine en est malade

Stallone, John Wayne et l’U.S. Army : mais, finalement, qui imite qui ?

Le très sérieux et britannique brigadier général Alan Sharpe, 46 ans, porteur de médailles telles que la OBE évidemment britannique et la Bronze Star américaine, a écrit un rapport critique étonnant sur ses frères d’armes, les généraux américains. Sharpe s’est battu à leurs côtés, en Irak. Il qualifie le régime mis en place par les Américains en Irak d’ autocratique et de dictature transitoire. Le document trace un éblouissant et extraterrestre portrait psychologique indirect du général américain standard, sorte de fils naturel de John Wayne et Sylvester Stallone, sans préciser lequel des deux est le géniteur mâle. Le plus étonnant dans la façon dont ce… Stallone, John Wayne et l’U.S. Army : mais, finalement, qui imite qui ?

Que représentent les généraux révoltés ?

David Ignatius, l’un des commentateurs attitrés du Washington Post, a été partisan de la guerre en Irak. Il a souvent effectué des visites dans ce pays depuis son invasion par les troupes US. Il a eu beaucoup de contacts avec les militaires. C’est un témoin intéressant pour une matière qui concerne une critique violente de la guerre chez les militaires, puisqu’on peut être raisonnablement assuré qu’il ne biaisera pas son jugement en faveur de cette critique. Dans son plus récent commentaire, le 14 avril, il traite de la révolte des généraux. L’intérêt de son texte, nous semble-t-il, est d’abord de donner une appréciation de ce… Que représentent les généraux révoltés ?

Ça bouge sérieux dans les rangs

Si l’on voulait une indication sérieuse du très grave malaise qui est en train de gagner les rangs des militaires américains, on l’a avec cette réaction du président du JSC (le général du Marine Corps Peter Pace) à la suite d’une tribune (le 9 avril) du général Gregory Newbold (récemment retiré) dans Time Magazine. C’est une querelle de famille, et de quelle prestigieuse famille! Pace et Newbold sont tous deux des généraux des Marines. La grande nouveauté apportée par Newbold, c’est qu’il ne recommande rien moins que la révolte : les militaires doivent parler, ils doivent dire ce qu’ils pensent. Pace s’exclame : « We… Ça bouge sérieux dans les rangs

Le mouvement anti-guerre US est-il en train de l’emporter?

Le mouvement anti-guerre US est-il en train de l’emporter? 9 avril 2006 Dans les quelques derniers jours, plusieurs événements sont survenus, qui font penser à certains qu’on pourrait être à ce fameux tipping point, ce tournant à la fois de tendance et d’opinion devenant un enchaînement politique qui conduirait au retrait US d’Irak. Ce n’est pas la première fois qu’on annonce la chose. Pourquoi cette fois plus que les autres? Contentons-nous d’enregistrer la rumeur tout en notant, comme ferait monsieur de La Palisse, que chaque fois qu’on annonce le tipping point il a plus de chance de se concrétiser parce que la situation en Irak… Le mouvement anti-guerre US est-il en train de l’emporter?

Condi ? Je ne sais vraiment pas de quoi elle parle…

Certains ont eu le cur réchauffé par les déclarations de Condoleeza Rice, le 31 mars en Angleterre. Elle avait admis qu’il y avait eu des « milliers d’erreurs tactiques en Irak ». Manifestement, elle parlait de la guerre et des opérations militaires. Il était judicieux de se tourner vers l’homme qui connaît le mieux les opérations militaires pour avoir quelques précisions là-dessus. Il s’agit de Donald Rumsfeld. Stupéfaction sans bornes du secrétaire à la défense. De quoi parle donc Condi? Rapide résumé des réactions typiquement rumsfeldiennes, d’après le Daily Digest de l’Air Force Association de ce jour : « The Great Divide. Defense Secretary Donald… Condi ? Je ne sais vraiment pas de quoi elle parle…

Et GW? De quoi il parle, celui-là?

Entre-temps, il y a du nouveau dans le jeu des milliers d’erreurs en Irak. GW lui-même s’est aperçu que les militaires américains avaient fait des erreurs en Irak. Des erreurs ? Les militaires ? I don’t know what [he is] talking about? Voici quelques mots de Reuters à propos de cet étrange aveu de GW, sans consultation préalable de Rumsfeld : « President George W. Bush admitted on Thursday the U.S. military made mistakes in Iraq but defended his domestic eavesdropping program, insisting to a hostile questioner he had no reason to apologize for it. Beset by low approval ratings dragged down by pessimism over… Et GW? De quoi il parle, celui-là?

Finalement… Condi savait de quoi elle parlait, mais “figurativement”

Voici le fin mot de l’histoire sur les milliers d’erreurs identifiées par Condi, qui ont tant étonné Rumsfeld, lors d’une conférence de presse du même Rumsfeld, le 5 avril en fin d’après-midi. De Reuters, dans le New York Times du 7 avril : « Rumsfeld also said he spoke to Rice about her comment last week that the United States had made thousands of tactical errors’ in the Iraq war. I talked to Condi about that, and she pointed out the transcript, where she said she was speaking figuratively, not literally, Rumsfeld said. (In a radio interview on Tuesday, Rumsfeld said labeling as errors changes… Finalement… Condi savait de quoi elle parlait, mais “figurativement”

Selon l’expression consacrée, ce serait grotesque si ce n’était tragique

La situation en Irak est en train d’atteindre des domaines inexplorés jusqu’ici, dans le grotesque et le bouffon, en même temps que se poursuit la tragédie quotidienne dans les rues et les campagnes. L’épisode actuel suit la visite non moins grotesque, et dérisoire pour le compte, du couple Condi-Straw représentant le monde anglo-saxon venu à Bagdad faire rentrer ses ouailles dans le rang. Les ouailles rechignent. Le premier ministre Jaafari, nommé évidemment par les Anglo-Saxons pour établir la transition conforme aux vux de la Maison-Blanche, acclamé in illo tempre (assez proches) comme un collaborateur modèle de la démocratie, refuse de s’en aller comme lui enjoignent… Selon l’expression consacrée, ce serait grotesque si ce n’était tragique

Le calvaire de l’“anglosphère”, section UK

Le calvaire de l’anglosphère, section UK 3 avril 2006 L’Irak, l’Irak Ce mot devient une malédiction pour les dirigeants anglo-saxons. Une fois les séquelles de l’Irak ont-elles frappé à Londres qu’elles frappent à Washington à nouveau, puis à Londres à nouveau. Aujourd’hui, nous sommes donc à Londres, et les Anglais en ont assez. Ils le disent par un sondage. Pour la première fois, une majorité substantielle de Britanniques veut un départ des troupes britanniques d’Irak, immédiatement ou dans un an au plus tard. « For the first time, a substantial majority wants troops to be withdrawn, either immediately or within 12 months, regardless of conditions… Le calvaire de l’“anglosphère”, section UK

Inquiétudes britanniques

Voilà deux articles britanniques sur les relations USA-UK qui nous ont paru intéressants, autant par leur simultanéité de parution que par leur complémentarité de contenu. Ils viennent d’horizons différents, l’un dans The Observer, l’autre dans The Sunday Times de ce jour. D’une façon générale et quelle que soit l’approche choisie, ils témoignent de la très forte inquiétude britannique actuelle pour les relations privilégiées avec les USA. • L’éditorial de The Observer (centre-gauche) fait un panégyrique à couper le souffle des relations USA-UK à l’occasion du passage de la visite de Condi Rice au Royaume Uni (visite décrite comme ceci par Michael Portillo [voir ci-dessous] :… Inquiétudes britanniques

Tactiques américaines en Irak

Tactiques américaines en Irak 2 avril 2006 Ci-dessous, on trouve un texte de John Chuckman sur les tactiques extrêmement brutales que suivent les Américains en Irak. On complète ce commentaire par l’information très récente publiée sur les circonstances et la cause de l’attaque américaine contre une mosquée de Bagdad, le week-end dernier (16 à plus de 40 morts selon les sources). C’est notamment un commentaire (en date du 30 mars) de U.S. News.com qui nous éclaire. Il y a deux choses remarquables dans ce commentaire : que cette attaque ait pu être conçue par les militaires américains, simplement comme un avertissement tactique (« a little… Tactiques américaines en Irak

Les déserteurs US au Canada

Un article du Guardian signale la prochaine décision sur des demandes d’asile politique de déserteurs américains qui refusent de participer à la guerre en Irak. Dans l’article, divers chiffres et précisions sont donnés sur cette question. Si l’on se réfère aux informations disponibles il y a un an et demi, il semblerait que l’on soit passé de plus de 5.500 à plus de 9.000. « Hundreds of deserters from the US armed forces have crossed into Canada and are now seeking political refugee status there, arguing that violations of the rules of war in Iraq by the US entitle them to asylum. » A decision… Les déserteurs US au Canada

Les mauvais “scénars” de Hollywood-on-the Potomac

Les mauvais scénars de Hollywood-on-the Potomac 19 mars 2006 Sans doute la massive opération d’assaut aérien (assaut aéro-terrestre) autour de la ville rebelle de Samarra, désigné par le code de Operation Swarmer, convient-elle pour fêter à la mesure de l’événement le troisième anniversaire de la guerre en Irak. L’aspect remarquable de cette affaire est la rapidité de l’usage publicitaire qui en fut fait, et la rapidité égale de la mise à jour et de la dénonciation de cet usage publicitaire. Quarante-huit heures après son déclenchement et sa présentation comme « the largest air assault operation since the overthrow of Saddam Hussein in 2003 », la… Les mauvais “scénars” de Hollywood-on-the Potomac

…Jusqu’à 500.000 morts?

Jusqu’à 500.000 morts? Nous avons été conduit à retrouver un récent article de Andrew Cockburn que nous avions ignoré au moment de sa publication. Andrew Cockburn est le fils de l’un des éditeurs de la Newsletter et du site CounterPunch. Son article a été publié sur ce site il y a un peu plus de deux mois, le 9 janvier 2006. L’article de Andrew Cockburn nous paraît d’un réel intérêt et nous le faisons figurer, vu sa date de publication, dans Notre Bibliothèque. Il propose une nouvelle comptabilité des victimes de la guerre en Irak. Ses conclusions sont particulièrement dramatiques puisque sa comptabilité peut conduire… …Jusqu’à 500.000 morts?

Qui dirige la Grande République ?

Qui dirige la Grande République ? 8 mars 2006 Dans plusieurs domaines essentiels de la sécurité nationale, des signes puissants montrent à Washington un désordre complet et une fragmentation sans précédent du pouvoir. Répondent à ce phénomène une fragmentation des perceptions, voire une fragmentation des réalités selon les factions dans l’administration, les commentateurs extérieurs, le public lui-même. Au désordre de la situation en Irak correspond le désordre des évaluations dans l’administration ; au désordre de l’évolution budgétaire et structurelle du Pentagone répond le désordre des réactions au Congrès, qui garde le pouvoir de modifier complètement le budget de la défense. Ci-dessous, nous présentons les points… Qui dirige la Grande République ?

Une victime de l’Irak : le dépit et la colère de Niall Ferguson

Comme on l’a vu plusieurs fois, l’historien anglais et pro-impérialiste Niall Ferguson a connu des phases successives marquant le déclin de son enthousiasme pour la course impériale des USA. D’abord soutien enthousiaste de la guerre contre l’Irak, il est devenu de plus en plus sceptique, jusqu’à mettre profondément en cause le destin impérial de l’Amérique. Son article d’hier dans le Sunday Telegraph marque une étape de plus dans ce processus. C’est une attaque à la fois méprisante et radicale contre la politique actuelle de l’administration. Ferguson pense que seul un Gladstone (« the only true genius among 19th century British politicians ») pourrait relever l’Amérique.… Une victime de l’Irak : le dépit et la colère de Niall Ferguson