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Il ne reste plus que la guerre

Puisque la diplomatie, au sens où l’entend l’Occident, a dégénéré en un échange d’insultes et en un processus laborieux de négociation d’accords que personne n’a jamais l’intention de respecter, il ne reste plus que la guerre. Ou peut-être que le pluriel — les guerres — est plus approprié, puisqu’il y en a plusieurs qui se déroulent simultanément. Dans chaque cas, il y a un champ de bataille, des actions militaires sont menées (ou en cours de préparation) et il y a, inévitablement, une issue finale. Les motivations de ces conflits vont de l’illusion pure et simple à l’opportunisme politique, en passant par les impératifs idéologiques et les exigences de la survie nationale.

On a déjà beaucoup parlé et écrit sur la mort de la diplomatie en Occident, mais un échange récent est tout simplement trop parfait pour être ignoré. Lorsque les Russes ont fait remarquer que les Américains avaient renié les accords conclus lors du sommet Poutine-Trump à Anchorage, en Alaska, le 15 août 2025, le secrétaire d’État américain Marco Rubio a rétorqué qu’il ne s’agissait pas d’accords, mais simplement de propositions. Or, il s’avère que ce sont les Américains qui ont proposé ces solutions et les Russes qui les ont acceptées. Ainsi, les Américains ont formulé des propositions auxquelles ils n’ont eux-mêmes pas donné leur accord. À quoi cela pourrait-il bien servir d’essayer de conclure un accord de paix avec de telles personnes ? Cela ne sert à rien, et il ne reste donc plus que la guerre.

Bien que l’on pense généralement que le but de la guerre est la victoire — et c’est le plus souvent l’objectif déclaré de toute guerre, afin de préserver le moral des troupes et de conserver le soutien de la population qui la finance —, il arrive tout aussi souvent que le but soit la poursuite perpétuelle du conflit. La Guerre froide constitue un excellent exemple d’un tel conflit perpétuel. On peut soutenir qu’il ne s’agissait pas véritablement d’une guerre, car elle n’a jamais été menée ; on peut également affirmer qu’elle a été menée de manière plus ou moins continue. La Guerre froide s’est déroulée à travers des dizaines de conflits régionaux, grands et petits. Au cas où vous auriez besoin d’un petit rappel, en voici un bref résumé :

(Suite)

En marge du Brexit, la Hollande intéressante

En marge du Brexit, la Hollande intéressante « Le pays dans l’UE qui attend les résultats du Brexit avec le plus d’intérêt n’est peut-être pas la France, comme on le croit communément, comme on le proclame et même comme les sondages semblent le dire ; je dirais bien que c’est, secrètement, la Hollande… ». On pourrait résumer symboliquement cette citation assez fataliste ou ironique d’une source européenne par cette formule hypothétique dans laquelle Nexit représente un retrait de la Hollande (Nederland) de l’euro et de l’UE : « Si le Brexit réussit, la campagne pour le Nexit démarrera instantanément, pour profiter de la ‘dynamique de la… 

Stratégie pour une impasse

Nouveauté notable, le président des USA (dito, BHO) s’est rendu sur place, au Pentagone, pour annoncer la nouvelle stratégie de ces mêmes USA. D’habitude, le Président fait cela de la Maison-Blanche, pour mieux marquer le caractère solennel de la chose. Nous verrions dans ce déplacement un signe symbolique de deux chose qui se complètent après tout : 1) que le fondement de cette stratégie se trouve au Pentagone, ce qui est logique, mais qu’il se trouve plus précisément dans les problèmes insolubles où se débat le Pentagone, ce qui n’est pas une surprise ; et 2) que le président, comme les autres d’ailleurs, est effectivement… 

Considérations sur un spasme d’une agonie en coma assisté

Les deux textes que nous avons cités dans notre rubrique Ouverture libre, celui de Francine Kiefer et celui de Andrew Sullivan, fournissent justement, nous l’espérons, une bonne ouverture pour commenter la turbo-décision du président BHO concernant le remplacement de bonnet blanc par blanc bonnet (McChrystal et Petraeus, dans l’ordre alphabétique). Nous commencerons cette réflexion par quelques considérations sur une photo Il s’agit de la photo de l’annonce de la décision du Grand Timonier Quelques hommes martialement alignés sur le perron du Rose Garden de la Maison-Blanche. Côte-à-côte, Joe Biden, le Vice-Président, en général pétulant mais assez sobre pour l’occasion ; Obama devant son micro, le…